Blauvac

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Blauvac
Mairie de Blauvac
Mairie de Blauvac
Blason de Blauvac
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Carpentras
Canton Mormoiron
Intercommunalité Communauté de communes Ventoux Sud
Maire
Mandat
Max Raspail
2008-2014
Code postal 84570
Code commune 84018
Démographie
Gentilé Blauvacois, Blauvacoises
Population
municipale
462 hab. (2011[1])
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 01′ 52″ N 5° 11′ 59″ E / 44.0311111111, 5.19972222222 ()44° 01′ 52″ Nord 5° 11′ 59″ Est / 44.0311111111, 5.19972222222 ()  
Altitude 420 m (min. : 224 m) (max. : 831 m)
Superficie 20,8 km2
Localisation

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Blauvac est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

Accès[modifier | modifier le code]

La commune est située à 15 kilomètres à l'est de Carpentras. On y accède par la D4 et la D5 ou bien par la D942 en passant par Mazan en bifurquant ensuite par la D150.

Relief[modifier | modifier le code]

Le village est perché au sommet d'une colline avec une vue sur la plaine et les monts de Vaucluse, ainsi que le mont Ventoux au nord.

Géologie[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune repose sur un substrat très diversifié où l'on passe d'un faciès de type urgonien à un complexe chimique carbonaté, dit de Blauvac, avec dolomies blanches, marnes vertes et brunes[2].

Sismicité[modifier | modifier le code]

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[3].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le territoire de Blauvac constitue un apport important au bassin versant de L'Auzon, bien que cette rivière ne soit pas située sur son territoire puisqu'elle sourd au quartier des Brebonnets à Villes sur Auzon, à la limite de la commune de Flassan. (20= Jean AVON, Histoire de l'Auzont -Carpentras, 1994)

Climat[modifier | modifier le code]

La commune, située dans la zone d’influence du climat méditerranéen, est soumise à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches, dont une brève en hiver, une très longue et accentuée en été ; deux saisons pluvieuses, en automne, avec des pluies abondantes sinon torrentielles, et au printemps. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée en altitude des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Les archéologues ont repéré un ancien oppidum celto-ligure sur le site de Notre-Dame des Anges. Les fouilles ont dégagé à Saint-Estève, en couches successives, un habitat néolithique, de la céramique gallo-romaine et des poteries médiévales. Robert Bailly situe ici la mythique Aeria' citée par le géographe Strabon. C'est l'un des 261 emplacements proposés pour cette cité dans le nord Vaucluse ou le sud Drôme[5].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Aux XIIe et XIIIe siècles, l’église paroissiale et le prieuré Saint-Estève appartenaient à l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon[6]. La paroisse de Blauvac fut constituée, en 1273, par le partage de la montagne de Méthamis[5].

Son habitat dispersé en fit une proie facile pour les pillards. Aussi, dès le début du XIVe siècle, sur ordre de Clément V, le Recteur du Comtat Venaissin, son neveu Raymond Guilhem de Budos fit construire un château autour duquel se regroupa le village. Son successeur, Jean XXII, ôta ce fief aux Budos-Clermont pour le remettre à Othon de Foix, évêque de Carpentras[7].

Renaissance[modifier | modifier le code]

Le château actuel, dont l'existence est documentée dès le XVe siècle, a été totalement remanié à partir de 1552[8]. Cette grosse bâtisse carrée était flanquée, comme de nombreux châteaux provençaux de la même époque, de quatre tours rondes qui existaient encore à la fin du XIXe siècle[9]. Il en reste une qui comporte encore ses bouches à feu[8].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Le 12 août 1793 fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

Article détaillé : Histoire de Vaucluse.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La combe de Vautorte abrite un des plus beaux ensembles troglodytiques du département de Vaucluse. C'est l'ancien hameau de Bouquet qui fut doté d'une école communale qui ferma lors de la Première Guerre mondiale. Les maisons, qui s'étagent sur trois niveaux, sont reliées entre elles par un chemin en lacets caladé. L'étage supérieur comprend, outre la maison de maître, datée de 1731 et aujourd'hui en ruines, une aire à battre et un grand aiguier qui pouvait alimenter deux citernes[10].

Au niveau intermédiaire se trouvent les bergeries. Placées sous un abri sous roche de 40 mètres de long environ, elles sont closes par un muret de pierre sèche[10].

L'étage inférieur a servi d'habitat troglodyte. Utilisant un profond abri sous roche, une vaste demeure, actuellement restaurée, donnait sur une terrasse; elle abritait l'école publique et comportait un four à pain[10].

La commune, qui compte aujuourd'hui 414 habitants, en comptabilisait 337 dans la seconde moitié du XXe siècle, contre 650 au milieu du XIXe siècle[11], puis 507 en 1880[9].

En 1900, pour la première fois apparait l’appellation côtes-du-ventoux. Ce baptême a lieu pour un repas de noce. Sur le menu est calligraphié vins des Côtes du Ventoux et des Crans. Ces vins sont tous millésimés et datés de 1870, 1890 et 1895, soit des vins vieux de 5 à 30 ans. C'est à partir de 1939, que les vignerons du secteur constituent un syndicat des vins du Ventoux. Grâce à leur action, leurs vins sont classés en Vin Délimité de Qualité Supérieure (VDQS) dès 1953[12] puis accèdent enfin à l’AOC le .

Toponymie[modifier | modifier le code]

La forme la plus ancienne est de Blanzaco, attestée en 1143, dans le Cartulaire de l’évêché de Carpentras. Elle dérive ensuite en Blauzacum (1239) et Blauvacum (1272). Ces toponymes suggèrent le nom d'un homme gallo-romain, Blavius, forme latinisée du celte blavos (jaune)[13].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Blauvac

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

De sinople aux deux flèches d'or passées en sautoir, les pointes vers le chef.[14]

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, les productions agricoles de la commune étaient le blé, le vin, l'huile d'olive et le safran[15]. De nos jours, elle produit toujours des céréales, des vins AOC Ventoux et des truffes[7].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme est l'un des points forts de l'économie locale. La situation élevée du village en fait un des lieux privilégiés de séjour estival grâce à un climat plus tempéré que dans la plaine du Comtat. Sont à noter : gîtes ruraux et chambres d'hôtes, etc. Le camping municipal a été nommé « Camping Aeria ».

Vie locale[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

Une école communale existe dans le village. Les collèges, lycées (classique ou d'enseignement professionnel) se trouvent sur Mazan et Carpentras.

Sports[modifier | modifier le code]

La proximité du Mont Ventoux est propice aux randonnées pédestres, cyclotouristiques et à VTT. Le village possède un boulodrome.

Santé[modifier | modifier le code]

Les médecins généralistes les plus proches se trouvent sur Villes-sur-Auzon ou Mazan. Les spécialistes, hôpitaux et cliniques se trouvent sur Vaison-la-Romaine, Carpentras et Orange.

Environnement[modifier | modifier le code]

Cette commune fait partie de la Réserve de Biosphère du Mont Ventoux[16], label attribué par l'UNESCO à 34 communes du massif depuis 1990. Plus récemment, elle est également concernée par le projet de Parc naturel régional du Mont-Ventoux[17].

La collecte et traitement des déchets des ménages et déchets assimilés et protection et mise en valeur de l'environnement se fait dans le cadre de la Communauté de communes Ventoux Sud.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 mars 1995 Robert Jean PS  
mars 1995 en cours Max Raspail PS  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 462 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
97 285 354 300 377 427 486 601 650
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
621 600 564 494 507 465 411 373 338
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
319 350 351 239 219 222 245 235 210
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
198 198 215 228 274 337 414 436 462
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[18] puis Insee à partir de 2004[19])
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Sébastien de Blauvac

L'église paroissiale est placée sous le vocable de Saint-Sébastien. Deux chapelles rurales se trouvent sur le territoire de la commune : Notre-Dame des Neiges et Saint-Estève[15].

Le patronage de Saint-Sébastien pour l'église paroissiale date du XVIIe siècle. Avant, elle était connue sous le titre de Saint-Siffrein, patron de Carpentras. Elle est datée du début du XIIe siècle et sa nef, très étroite, comporte trois travées voûtées en arc brisé. Elle possède deux chapelles latérales et son abside est pentagonale à l'intérieur[8].

Notre-Dame des Neiges, qui porta le nom de Notre-Dame de Blaise, est située sur l'emplacement d'un ancien oppidum celto-ligure, occupé tardivement comme en témoignent les vestiges d'une église paléo-chrétienne qui comprenait un sancturium. Ce lieu d'inhumation a été identifié grâce à de nombreux ossements. Certains murs ont une épaisseur de deux mètres. Des fouilles pour garnir des salons d'antiquités ont été faites sur ce site au cours du XVIIIe siècle. Elles ont révélé des débris de poteries, des lampes, et des tombes à incinérations[8].

Saint-Estève était la chapelle desservant le hameau éponyme. Elle dépendait au XIIIe siècle des bénédictins de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. Puis sous le pontificat de Pie IV, elle passa dans la mense du collège des jésuites d'Avignon[8].

Sur le territoire de la commune est installée l'abbaye de Notre-Dame de Bon-Secours, réservée aux moniales.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, A. Barthélemy, Avignon, 1986,‎ 1986 (ISBN 2903044279)
  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Christian Lacour, Nîmes (réed.), 1997,‎ 1997 (ISBN 284406051X)
  • André-Yves Dautier, Trous de mémoire. Troglodytes du Luberon et du plateau de Vaucluse, Alpes de Lumières, 1999,‎ 1999 (ISBN 2906162493)
  • Jean-Pierre Saltarelli, Les Côtes du Ventoux, origines et originalités d'un terroir de la vallée du Rhône, A. Barthélemy, Avignon,‎ 2000 (ISBN 2879230411)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Recensement 2010 », INSEE
  2. Géologie de Blauvac / Mormoiron
  3. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  4. La climatologie du Vaucluse
  5. a et b Jean-Pierre Saltarelli, op. cit., p. 100.
  6. Guy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du Xe au XIIIe siècle », inGuy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon n° 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN 1254-9371), (ISBN 2-906162-54-X), pp. 215-216
  7. a et b Jean-Pierre Saltarelli, op. cit., p. 101.
  8. a, b, c, d et e Robert Bailly, op. cit., p. 91.
  9. a et b Adolphe Joanne, Département de Vaucluse, Éd. Hachette, Paris, 1880, p. 52.
  10. a, b et c André-Yves Dautier, op. cit., p. 49.
  11. Jacques Marseille (sous la direction de), Dictionnaire de la Provence et de la Côte d'Azur, Éd. Larousse, Paris, 2002, p. 124. (ISBN 2035751055)
  12. L'arrêté du définit les conditions de production du V.D.Q.S. côtes-du-ventoux.
  13. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1707.
  14. Armorial des communes du Vaucluse
  15. a et b Jules Courtet, op. cit., p. 89.
  16. http://www.smaemv.fr/la-reserve-de-biosphere
  17. http://www.smaemv.fr/projet-parc-naturel-regional
  18. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  19. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011