Malemort-du-Comtat

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Malemort-du-Comtat
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Blason de Malemort-du-Comtat
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Arrondissement de Carpentras
Canton Canton de Mormoiron
Intercommunalité Communauté de communes Ventoux Sud
Maire
Mandat
Ghislain Roux
2014-2020
Code postal 84570
Code commune 84070
Démographie
Gentilé Malemortais, Malemortaises
Population
municipale
1 558 hab. (2011)
Densité 131 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 01′ 18″ N 5° 09′ 37″ E / 44.0216666667, 5.16027777778 ()44° 01′ 18″ Nord 5° 09′ 37″ Est / 44.0216666667, 5.16027777778 ()  
Altitude 208 m (min. : 160 m) (max. : 364 m)
Superficie 11,92 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.malemortducomtat.fr

Malemort-du-Comtat est une commune française, située dans le département du Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont les Malemortais et les Malemortaises.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune est située à la fin des gorges de la Nesque, côté ouest, entre Carpentras et le Monts de Vaucluse.

Sismicité[modifier | modifier le code]

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse, dont celui de Mormoiron dont dépend la commune, sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[1].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La Nesque passe sur la commune. L'on peut remarquer au niveau du bourg de nombreuses fontaines et lavoirs.

Climat[modifier | modifier le code]

La commune, située dans la zone d’influence du climat méditerranéen, est soumise à un rythme à quatre temps : deux saisons sèches, dont une brève en fin d'hiver, une très longue et accentuée en été ; deux saisons pluvieuses, en automne, avec des pluies abondantes sinon torrentielles, et au printemps. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers, souvent doux peuvent aussi rencontrer de fortes baisses de températures : les oliviers que l'on cultive ici sont d'une variété pouvant résister à -15°. De nombreuses autres variétés ne sauraient s'y adapter. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare[2].

Mois
Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc Année
Températures maximales moyennes (°C) 10 12 16 18 23 27 30 30 25 20 13 10 19,75
Températures minimales moyennes (°C) 2 3 6 8 12 15 18 18 14 11 6 3 9,6
Températures moyennes (°C) 6 7,5 11 13 17,5 21 24 24 19,5 15,5 8,5 7,5 14,7
Moyennes mensuelles de précipitations (mm) 36,5 23,3 24,9 47,5 45,6 25,4 20,9 29,1 65,8 59,6 52,8 34,0 465,4
Source : Données climatologiques de Carpentras 2000-2007

Le mistral[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mistral (vent).

Dans cette commune qui produit des Ventoux (AOC), aucun vigneron ne se plaint du mistral, même violent, car celui-ci a des avantages bénéfiques pour le vignoble. Appelé le « mango-fango », le mangeur de boue, il élimine toute humidité superflue après les orages, dégage le ciel et lui donne sa luminosité, préserve les vignes de nombre de maladies cryptogamiques et les débarrasse d'insectes parasites[3].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Une légende locale voudrait que l'origine du nom de Malemort-du-Comtat provienne du fait que, lors d'une bataille au moment des Grandes Invasions, les locaux furent tous tués à l'exception d'une dame et d'un coq. Le nom « Malemort » viendrait donc de « mauvaise mort ».

un des anciens lavoirs

Un texte du XIIe siècle, soit plusieurs siècles après la fameuse bataille, mentionne la « paroisse de Malemortis »[4] .

Le village s'est aussi appelé « Malemort-les-Lavoirs » en raison des nombreux lavoirs que le village possédait. Il en reste certains en très bon état, d'autres ont disparu. Il a finalement pris le nom de Malemort-du-Comtat pour se différencier du Mallemort qui se situe dans les Bouches-du-Rhône[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Des vestiges de peuplement datant du Néolithique[5] (environ 5 000 ans avant notre ère), ont été trouvés surs les sites de Bonnefont et de Lagardy. Le château Unang et ses alentours se sont révélés très riches en vestiges du Néolithique, de l'âge de bronze, et de la colonisation romaine. Le nom du château lui vient d'ailleurs de la villa gallo-romaine qui fut édifiée ici et qui était nommée illa Unango[6].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au moment des Grandes Invasions, une importante bataille décime la population locale[6]. Quelques décennies plus tard, en 875, Charles, roi de Provence-Viennois, donnait à Jean, évêque de Carpentras, la Villa Unango avec ses dépendances, esclaves, terres et vignes[7].

Une nouvelle mention fut faite du village quand, en 1160, Raymond V, comte de Toulouse et marquis de Provence, octroya contre 2 000 sous, à l'évêque Raymond de Carpentras, le château de venasque et ses dépendances dont Malemort et la Villa S. Felice (château Saint-Félix)[6].

En 1348, la Peste Noire toucha plus de la moitié des Malemortais[5]. Et à la fin du XIVe siècle, la cité fut fortifiée par des remparts qui s'épaulaient à onze tours et s'ouvraient par trois portes toujours visibles[6].

Renaissance[modifier | modifier le code]

La population eut plus de chance lors des épidémies suivantes en 1587 et 1628/29[5].

Période moderne[modifier | modifier le code]

Mais la commune fut à nouveau fortement touchée par la peste de 1720. Aujourd'hui encore, dans le village, se trouve la rue « l'endroune ». Cette rue avait été créée pour séparer les pestiférés du reste de la population. Au détour d'une balade aux alentours du village, on peut également trouver des restes du mur de la peste créé à cette occasion.

Le 12 août 1793 fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

Article détaillé : Histoire de Vaucluse.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1900, pour la première fois apparait l’appellation côtes-du-ventoux. Ce baptême a lieu pour un repas de noce. Sur le menu est calligraphié vins des Côtes du Ventoux et des Crans. Ces vins sont tous millésimés et datés de 1870, 1890 et 1895, soit des vins vieux de 5 à 30 ans. C'est à partir de 1939, que les vignerons du secteur constituent un syndicat des vins du Ventoux. Grâce à leur action, leurs vins sont classés en Vin Délimité de Qualité Supérieure (VDQS) dès 1953[8] puis accèdent enfin à l’AOC le 27 juillet 1973.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason de Malemort-du-Comtat

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

Gironné d'or et de sable de douze pièces, à l'écusson d'or au coq de gueules, brochant en abîme sur le tout.

Devise : ortus a morte (né de la mort)

Si l'emblème du village est un coq, c'est parce qu'il semblerait que lors d'une bataille, il fut, avec une dame, le seul rescapé du village.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 Mars 2008 Ghislain Roux    
Mars 2008 en cours Ghislain Roux    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 558 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 133 1 122 1 209 1 360 1 559 1 539 1 531 1 576 1 559
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 521 1 446 1 350 1 247 1 191 1 084 973 939 897
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
827 797 780 670 651 642 591 612 698
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
733 746 706 814 985 1 203 1 383 1 409 1 558
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2004[10].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

La commune a encore quelques commerces de détail, des cafés-restaurants, une auto-école et une pizzéria.

Agriculture[modifier | modifier le code]

Coopérative oléicole
Huile d'Olive du Moulin du Colombier

Les nombreuses vignes constituent une importante ressource économique de la zone et donnent naissance au vin AOC Ventoux (anciennement Côtes du Ventoux). On peut aussi noter des cultures fruitières sur la commune comme la culture des cerisiers ou des oliviers. Les propriétaires d'oliviers se sont regroupés dans une coopérative, le Moulin du Colombier qui assure à la fois l'extraction, le conditionnement et la commercialisation de l'huile d'olive[11].

Cette coopérative agricole oléicole, située route de Blauvac a été construite en 1933[12].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Pour l'accueil des touristes, la commune dispose de gites, locations vacances et d'un camping[13].

Vie locale[modifier | modifier le code]

La Fête de la cerise se déroule le dernier dimanche de juin[14].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Les enfants de la commune sont accueillis dans un groupe scolaire (écoles maternelle et primaire), une crèche et une cantine scolaire. Les collèges, lycées (classique ou d'enseignement professionnel) se trouvent sur Carpentras.

Sports[modifier | modifier le code]

Le village comporte diverses associations dont certaines à vocation sportive, pour la pratique de la randonnée pédestre, le judo (avec salle de judo), la gymnastique ou encore le foot de table[14].

De plus, le cadre des Monts de Vaucluse et des proches gorges de la Nesque sont propices aux randonnées pédestres, cyclotouristiques, VTT et moto, ainsi qu'à la pratique de l'escalade.

Santé[modifier | modifier le code]

Pas de pharmacie ni d'équipement particulier de santé mais un docteur, un kinésithérapeute, un dentiste et des infirmières. Les autres spécialistes, hôpitaux et cliniques se trouvent sur Carpentras.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Malemort du Comtat 3 by JM Rosier.jpg
  • Château Saint-Félix, ancienne résidence d'été des Évêques de Carpentras. C'est le Roi Charles qui, dans une charte de 867, fait donation à Jean, évêque de Carpentras, de divers biens sur le territoire de Malemort. Cette charte marque le début de la Seigneurie des évêques de Carpentras sur le territoire du village (voir plus bas), emprise féodale qui durera neuf siècles jusqu'à la Révolution. Selon les actes administratifs, les évêques sont appelés "Seigneurs", "Barons de Malemort" ou encore "Seigneurs spirituels et temporels". Jusqu'au XVIIIe siècle, ces derniers rendaient, à chaque nomination, hommage au Pape, suzerain temporel, pour la Seigneurie de Malemort (Voir l'ouvrage de Daniel Pleindoux "Le Village des Rouges du Midi").
  • La fontaine de la Grand-Porte propriété de la commune, datée de 1789 et inscrite monument historique par arrêté du 28 octobre 1949[15].
  • Les autres fontaines et lavoirs que l'on trouve dans le village et ses environs.
  • Ancienne porte de la ville.
  • Autel pré-roman découvert à St Antonin, déplacé et exposé en partie dans la mairie[5].
  • dans l'église, divers objets proviennent de l'ancienne chapelle de Sainte-Garde. Un ensemble comporte autel, retable deux statues de la Vierge et saint Joseph et un ensemble de quatre statues en bois doré représentant Sainte Élisabeth, Sainte Anne, Saint Zacharie et Saint Joachim toutes les six attribuées à Jacques Bernus donc datant d'avant 1728 années de sa mort. Ces objets ont été classés le 3 mai 1933. À cette même date a été classé le reliquaire en verre et cuivre doré orné des armoiries du donateur, l'évêque de Carpentras, monseigneur Beni et daté de 1786[16] .

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Les évêques de Carpentras. Quatre-vingt-dix évêques ont occupé le siège épiscopal de Carpentras, parmi lesquels de nombreuses personnalités italiennes dont Giuliano della Rovere, Jacopo Sadoleto, d'autres d'origine française Jean Roger de Beaufort, Guillaume de Lestranges, Joseph-Dominique d'Inguimbert, né et décédé à Carpentras.

Félix Gras, poète et écrivain (1844-1901), né à Malemort-du-Comtat. Auteur du livre, Les Rouges du midi[17].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, A. Barthélemy, Avignon,‎ 1986 (ISBN 2-903044-27-9)
  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Christian Lacour, Nîmes (réed.),‎ 1997 (ISBN 2-84406-051-X)
  • Jean-Pierre Saltarelli, Les Côtes du Ventoux, origines et originalités d'un terroir de la vallée du Rhône, A. Barthélemy, Avignon,‎ 2000 (ISBN 2-87923-041-1)
  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale, Alpes de Lumières,‎ 2007 (ISBN 978-2-906162-92-1)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  2. La climatologie du Vaucluse
  3. Jean-Pierre Saltarelli, op. cit., p. 14.
  4. a et b http://www.malemortducomtat.fr/origin.htm
  5. a, b, c et d http://www.malemortducomtat.fr/origin2.htm
  6. a, b, c et d Robert Bailly, op. cit., p. 252.
  7. Jean-Pierre Saltarelli, op. cit., p. 28.
  8. L'arrêté du 29 décembre 1953 définit les conditions de production du V.D.Q.S. côtes-du-ventoux.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  11. http://www.malemortducomtat.fr/agricult.htm
  12. Base mérimée
  13. http://www.malemortducomtat.fr/gites.htm
  14. a et b http://www.malemortducomtat.fr/assos.htm
  15. « Notice no PA00082071 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. « Notice no 84070 », base Palissy, ministère français de la Culture
  17. http://www.malemortducomtat.fr/fgras.htm

Liens externes[modifier | modifier le code]