Monieux

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Monieux
Image illustrative de l'article Monieux
Blason de Monieux
Blason
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Arrondissement de Carpentras
Canton Canton de Sault
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Sault (Vaucluse)
Maire
Mandat
Alain Gabert
2008-2014
Code postal 84390
Code commune 84079
Démographie
Gentilé Moniliens, Moniliennes
Population
municipale
338 hab. (2010)
Densité 7,2 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 04′ 05″ N 5° 21′ 35″ E / 44.0680555556, 5.3597222222244° 04′ 05″ Nord
       5° 21′ 35″ Est
/ 44.0680555556, 5.35972222222
  
Altitude 700 m (min. : 439 m) (max. : 1 022 m)
Superficie 47,12 km2
Localisation

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Monieux est une commune française, située dans le département de Vaucluse et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Les habitants sont les moniliens et les moniliennes.

Il se distingue de la commune de Bonnieux, plus au sud dans le même département, dans le massif du Luberon.

Sommaire

Géographie [modifier]

La commune de Monieux est situé sur les plateaux des Monts de Vaucluse, proche de la commune de Sault.

Elle abrite sur son territoire une partie des sites classés « Réserve de Biosphère » du Mont Ventoux.

Transports [modifier]

La route départementale 942 permet de parcourir par les hauteurs avec plusieurs arrêts point de vue dont un « belvédère » (734 m) d'impressionnantes gorges dont fait partie le rocher de cire Lou Roucas dou Cire, chanté par le félibre Mistral. C'est un passage très emprunté par les cyclistes et touristes qui l'apprécie pour sa grande beauté et sa nature préservée. Le bourg est à 6 kilomètres de Sault en continuant par la route départementale 942, 30 kilomètres d'Apt et 40 kilomètres de Carpentras.

Le chemin de grande randonnée 9 passe par les gorges.

Les routes départementales 1 et 943 passent sur la commune.

Relief [modifier]

Plateau de Sault, en bordure des Monts de Vaucluse et Gorges de la Nesque (dont certaines falaises mesurent plus de 200 mètres de hauteurs).

Géologie [modifier]

Le massif des monts de vaucluse est formé de calcaires de l'ère secondaire, souvent perméables. L'eau s'enfonce dans la roche, créant des réseaux souterrains (système karstique), ressortant aux points bas comme la Fontaine-de-Vaucluse, où encore au niveau de la source de la Nesque.

Sismicité [modifier]

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse, dont celui de Sault, auquel appartient la commune, sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[1].

Hydrographie [modifier]

Le plan d'eau de Monieux

La Nesque passe sur la commune, alimentant au passage deux plans d'eau dont un plan d'eau d'environ 2,5 hectares, puis creuse des gorges : les Gorges de la Nesque, qu'elle parcourt sur environ 25 kilomètres pour finir au pied du bourg de la commune de Méthamis.

Climat [modifier]

La commune est située dans la zone d’influence du climat méditerranéen. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée en altitude des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare. Il y 275 jours de soleil par an[2].

Histoire [modifier]

Préhistoire et antiquité [modifier]

Les gorges de la Nesque ont abrité nombre de populations préhistoriques. L'abri sous roche du Baou de l'Aubesier fut occupé par une tribu moustérienne, durant le paléolithique, soit environ 200 000 ans avant notre ère. L'abri du Castellaras fut occupé par une population néolothique. Il fut ensuite un des sites importants de la civilisation laténienne avec La Peysonnière. La colonisation romaine a laissé de nombreux fragments de poteries et un autel dédié à Mars Nabelcus[3].

Moyen Âge et Renaissance [modifier]

Au début du Moyen Âge, création du village de Monilis dépendant du Comté de Sault qui deviendra Monjeu au XVIIIe siècle et Monieux au XIXe siècle. Le village fut frappé d'une épidémie de peste en 1630-1631. Ce fut pour éviter le retour d'un tel fléau que fut édifiée une chapelle dédiée à saint Roch en 1632. Démolie, sans que nulle archive en garde trace, elle fut reconstruite deux siècles plus tard lors d'une épidémie de choléra[4].

Période moderne [modifier]

Le 12 août 1793 fut créé le département de Vaucluse, constitué des districts d'Avignon et de Carpentras, mais aussi de ceux d'Apt et d'Orange, qui appartenaient aux Bouches-du-Rhône, ainsi que du canton de Sault, qui appartenait aux Basses-Alpes.

Article détaillé : Histoire de Vaucluse.

Période contemporaine [modifier]

Au cours du mois d'août 1944, une importante colonne de la Wehrmacht qui avait emprunté la « Route des Alpes » (RN 100) remontait d'Avignon vers Digne. Informée de la présence de barrages installés par les résistants à l'entrée d'Apt, elle préféra bifurquer en direction de Sault par la RN 143[5]. Dès que ce changement de direction fut connu, l'alerte fut donnée par les Aptésiens à leurs compagnons de Saint-Jean-de-Sault, qui tenaient une permanence devant la cabine téléphonique du hameau[5].

Cette section du « Maquis Ventoux » était composée d'officiers et sous-officiers de l'Armée de l'air. Largement prévenue à temps, elle tendit une embuscade, après Monieux, dans des gorges de la Nesque. Le tir nourri, déclenché dès que la colonne fut engagée, la cloua sur place et fit 110 morts[6]. Les résistants se replièrent alors tandis que le reste de la colonne reprit la route, en évitant Sault après quelques tirs d'obus. Les rescapés, la nuit tombée, dressèrent leur campement dans un bois sur le plateau d'Albion et poursuivirent leur route le lendemain. Totalement désemparés, les Allemands laissèrent derrière eux blessés et éclopés qui furent fait prisonniers le 25 août et incarcérés à Sorgues[6].

Article détaillé : Maquis Ventoux.

Le 31 janvier 2001, un syndicat intercommunal dit « syndicat intercommunal d'aménagement de la Nesque » regroupant 11 communes du bassin versant de la Nesque a été créé par arrêté préfectoral dans le but d'assurer sa protection[7].

Étymologie [modifier]

Ce site a été dénommé Mon Jovis à l'époque gallo-romaine, ce nom évolua jusqu'à de Montilis en 1380. Ce lieu était donc dédié à Jupiter à l'époque antique.

Héraldique [modifier]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason de Monieux

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

D'argent au loup ravissant d'azur, à la bordure de gueules.[8]

Administration [modifier]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Alain Gabert PRG  
mars 2008 en cours Alain Gabert PRG Conseiller régional
Toutes les données ne sont pas encore connues.

Démographie [modifier]

En 2010, la commune comptait 338 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
882 786 798 932 988 1 006 962 971 946
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
919 914 869 837 804 792 786 724 627
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
577 556 495 391 317 281 259 234 211
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2010
163 151 122 171 158 250 323 344 338
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1962[9] puis Insee à partir de 1968[10].)

Histogramme de l'évolution démographique


Économie [modifier]

La buvette du plan d'eau

Tourisme [modifier]

Le tourisme tiens une part importante de l'économie locale. La commune bénéficie d'ailleurs des services d'un office de Tourisme.

Parmi les points d'attrait touristique : Village perché, Gorges de la Nesque, plan d'eau avec buvette/créperie. Gîtes, chambres d'hôtes et restaurant.

Agriculture [modifier]

Elle se cantonne essentiellement dans une activité de moyenne montagne de type provençal avec une production de lavande, de lavandin, d'épeautre et des produits dérivés. L'élevage ovin et la production de miel tiennent aussi une place importante.

Panier de truffes du Nord-Vaucluse, dites truffes du Périgord

Fleuron de la gastronomie française, la truffe est une spécialité provençale, puisque la région produit 80 % des truffes en France[11]. Le Vaucluse, autour du piémont du mont Ventoux est, avec la Drôme provençale, le premier producteur de Tuber melanosporum[12]. Son marché reste hors normes car c'est la seule production à échapper aux inspecteurs de l'administration fiscale, aucune transaction n'étant réglée par chèque[12]. L'approche des fêtes de fin d'année fait exploser les prix. Mais les meilleures truffes sont celles du mois de janvier, période où elles sont à pleine maturité[11]. En saison, ce sont les marchés de Carpentras et de Richerenches, les plus importants de la région, qui fixent les cours. Les rabassiers (trufficulteurs) affirment, pour justifier les prix, que le « diamant noir » naît entre les pluies des deux Vierges. Ces précipitations doivent être abondantes entre l'Assomption (15 août) et la Nativité de Notre-Dame (8 septembre). C'est loin d'être faux puisque les spécialistes ont vérifié qu'une bonne année dépend à la fois d'un fort ensoleillement estival suivi de pluies entre la mi-août et la mi-septembre[13].

La truffe se récolte jusqu'à 1 000 mètres d'altitude. Préférant les terrains calcaires, elle se développe toujours en symbiose avec le chêne blanc ou vert, le frêne et le charme. Il est affirmé que les plus fines poussent à l'ombre du tilleul[13]. Les trufficulteurs organisent chaque année des week-ends permettant de découvrir la rabasse in-situ sur les communes de Visan, Bonnieux, Monieux, Orange et Saint-Pierre-de-Vassols[11]

Vie locale [modifier]

Aire de jeux enfants au niveau du plan d'eau

Équipement [modifier]

L'école ayant dû fermer, les élèves doivent se rendre à Sault.

Il n'y a pas d'équipement public de santé, les médecins les plus proches sont à Sault et les centres hospitaliers à Apt et Carpentras.

Fêtes [modifier]

Fête votive le 2e dimanche de juillet.

Fête de l’épeautre le 1er dimanche de septembre.

Environnement [modifier]

La protection et mise en valeur de l'environnement fait partie des compétences de la Communauté de communes du Pays de Sault.

Lieux et monuments [modifier]

Vue de Monieux avant l'entrée dans les Gorges de la Nesque
  • Vestiges d'un ancien château / tour de guet médiévale du XIIe
  • Église Saint-Pierre d’origine romane. coupole sur trompe du XIIe
  • Chapelle Saint-Michel (XIIe)
  • Chapelle Saint-Roch (1632).
  • Chapelle Saint-André
  • Distilleries de lavande
  • Le plan d'eau et les Gorges de la Nesque

Personnalités liées à la commune [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Aimé Autrand, Le département de Vaucluse de la défaite à la Libération (mai 1940-25 août 1944), Aubanel, Avignon, 1965, 1965 
  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, A. Barthélemy, Avignon, 1986 (ISBN 2903044279) 
  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Christian Lacour, Nîmes (réed.), 1997 (ISBN 284406051X) 
  • Guy Barruol, Nerte Dautier, Bernard Mondon (coord.), Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale, Alpes de Lumières, 2007 (ISBN 978-2-906162-92-1) 

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références [modifier]

  1. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  2. plaquette de l'office de tourisme, "Monieux, gorges de la Nesque"
  3. Robert Bailly, op. cit., p. 279.
  4. Robert Bailly, op. cit., p 280.
  5. a et b Aimé Autrand, op. cit., p. 131.
  6. a et b Aimé Autrand, op. cit., p. 132.
  7. syndicat intercommunal d'aménagement de la Nesque
  8. Armorial des communes du Vaucluse.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010
  11. a, b et c Truffe, le diamant noir de la Provence
  12. a et b Jacques Galas, Le mont Ventoux. Encyclopédie d'une montagne provençale, Alpes de Lumières (ISBN 978-2-906162-92-1), p.111.
  13. a et b Jean-Pierre Saltarelli, Les Côtes du Ventoux, origines et originalités d'un terroir de la vallée du Rhône, A. Barthélemy, Avignon, 2000, 2000 (ISBN 2879230411) , p.  180.
  14. Jules Courtet, op. cit., p. 230.

Pour approfondir [modifier]

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Liens externes [modifier]