Jean des Vallières

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Jean des Vallières, né le 5 avril 1895, mort le 20 septembre 1970, est un militaire, écrivain et scénariste français.

Sommaire

Biographie [modifier]

Famille [modifier]

Issu d'une famille aristocratique et militaire, Jean des Vallières est, le fils du général Pierre des Vallières, héros de la Première Guerre mondiale tué à la tête de sa division en avril 1918, et le petit-fils de Prosper des Vallières qui fut maire de Ville-d'Avray.

Il se marie le 8 décembre 1919 à Anne-Marie de Terris. Il est le père d'Hervé des Vallières (1921-2005), publicitaire et dessinateur humoristique sous le pseudonyme d'Hervé, de Pierre des Vallières (1919-1972), alias Michel Aubriant), critique de cinéma et de Roland des Vallières (1923-2001).

Carrière militaire [modifier]

Ancien élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (promotion De la Croix du Drapeau), il choisit la cavalerie.

Première Guerre mondiale

Il est blessé le 15 août 1914 à Dinant, et quitte à sa demande la cavalerie pour devenir lieutenant-aviateur. Il fait partie des escadrilles N 12 et SPA 12 (avec le sous-lieutenant Georges Pelletier-Doisy, le sous-lieutenant Jean Navarre et le capitaine Raymond de Bernis). Sur l'un des avions, Steinlen avait peint pour Jean des Vallières une mascotte. Décoré de la Légion d'honneur, il est également titulaire de trois citations à l'ordre de l'Armée.

Le 16 décembre 1916, au retour de mission, son avion s'égare en raison du mauvais temps et se voit contraint d'atterrir en territoire occupé. D'abord interné dans un classique camp de prisonniers, il est transféré au camp de représailles du Kavalier Scharnhorst (travaux forcés) d'où il s'évade pour participer à la Révolution allemande à Berlin et à Magdebourg. Il finira la guerre emprisonné dans la forteresse de Magdebourg. Ce sera le thème de deux récits publiés après la guerre, Kavalier Scharnhorst et Spartakus - Parade (récits qui ont inspiré Renoir dans la Grande Illusion. Il reçoit la médaille des évadés.

L'Entre deux guerres

Déçu par la complaisance politique des Français et leurs illusions engendrées par la victoire, il lit L'Action française et fréquente les milieux royalistes. Il publie sous le pseudonyme de Jean Ravennes, une douzaine de romans et d'essais. Il publie aussi sous son propre nom : Kavalier Scharnhorst (1931) et Spartakus Parade (1932), deux romans inspirés de ses souvenirs de prisonnier de guerre et qui connaissent le succès littéraire.

Dégouté par les mœurs politiques de la Troisième République, attiré et convaincu par son beau-frère, le colonel Henri de Corta, qu'il avait connu commandant en Allemagne, il s'engage à la Légion étrangère et part au Maroc. De cette expérience, il publie en 1933 le roman Les Hommes sans nom.

Seconde Guerre mondiale

Mobilisé en 1939 dans un groupe de reconnaissance de cavalerie, il regagne le Sud-Est après l'Armistice.

Sous-préfet [modifier]

Croyant à la nécessité d'une « révolution nationale » et qu'il était « de son devoir, après la débâcle, d'aider ses compatriotes à se ressaisir et à tenir bon contre l'occupant », il accepte le poste de sous-préfet d'Arles. Il se montre au administrateur audacieux, rénovant les traditions locales et le folklore, réhabilitant les traditions provençales. C'est sur son initiative que la culture du riz sera entreprise en Camargue. En avril 1942, il est révoqué à l'arrivée au pouvoir de Pierre Laval.

Après avoir quitté son poste de sous-préfet, il est arrêté au début de 1943 par la Gestapo pour avoir constitué des dépôts d'armes et de munitions[1].

Retranché en Suisse, il est condamné à mort par contumace en juillet 1946 après la Libération par la Cour de Justice de Marseille.

Il passa sept ans d'exil en Suisse.

Il est acquitté à l'unanimité(Manque le détail précis de la décision de Justice - Est-il gracié, sa peine est-elle commuée, est-il blanchi de toute accusation ?), par le tribunal militaire de Reuilly au début de 1952 [2]

Il rentre en France pour poursuivre son œuvre littéraire et cinématographique.

Œuvres [modifier]

Comme écrivain, il est aussi connu sous le nom de Jean Ravennes

  • Tendre Allemagne 1. Kavalier Scharnhorst, préface du général Robert Massenet-Royer de Marancour, Éditions Albin Michel, 1931 (qui a inspiré le film La Grande Illusion)
  • Tendre Allemagne 2. Spartakus Parade, Éditions Albin Michel.
  • Quelques sabres dans la mêlée. Contes de la guerre de 1914-1916 suivis d'autres contes fantaisistes, Éditions Jouve et Cie, 1916
  • Mon ami M. de Bandières, Librairie des Éditons Modernes, 1922
  • L'Ablette, 1922
  • Les poésies d'Arvers, publiées avec une étude critique
  • La nouvelle amazone. Douce France
  • Les Éléphants, roman, Ollendorff, 1923
  • La Jeunesse des dieux, Librairie Perrin, 1924
  • L'Aventurine, roman, La Connaissance, 1926
  • Le Maroc : Aux portes du sud. Volume 2  : de toutes nos colonies, avec une couverture en couleur de Fouqueray et une documentation de Pierre Deloncle. Librairie de la Revue Française A Redier, 1930
  • Fort Dolorès, roman, aux Œuvres françaises de Paris, 1939
  • Sous le drapeau de la Légion étrangère. Les hommes sans nom, roman, Éditions Albin Michel, 1933
  • Sous le drapeau de la Légion étrangère. Extrême sud, nouvelles, Éditions Mont Blanc, 1947 (ISBN 2226042989)
  • Sous le drapeau de la Légion étrangère. Sa grandeur l'infortune, nouvelles, Éditions Albin Michel, Prix de l'Académie française, 1938
  • Les Filles du Rhône, roman, Éditions Albin Michel, 1938
  • Marie de Jérusalem, Plon, 1944
  • Cantique à la reine du matin, roman, Éditions Celta, 1948
  • Lola de Rotterdam, Éditions de la Table ronde, 1953
  • L'Escadrille des Anges (1953)
  • J'avais sept filles, roman, inspiré d'un scénario original de Aldo de Benedetti, 1955
  • Les Rendez-vous de hasard. Au pas de la Légion étrangère, nouvelles, First Editions, 1955
  • Connaissez-vous ce bon Monsieur de Béranger ?, éditions Bloud et Gay, 1958
  • Sourires de l'ancienne France, Éditions de Paris, 1958
  • Au siècle des amours, Éditions de Paris, 1958
  • Le Chevalier de la Camargue - Folco de Baroncelli, marquis de Javon, Éditions André Bonne, collection « par 4 Chemins », 1960
  • Mademoiselle de Malemort, Éditions Albin Michel, 1960
  • Au soleil de cavalerie : avec le général Pierre des Vallières, 1962
  • Et voici la Légion étrangère, 1962
  • Découverte de la Provence, 1965
  • Ses yeux si bleus, roman, Éditions Albin Michel.
  • La Jeunesse des dieux, roman, Librairie académique Perrin.
  • Les poésies d'Arvers, Alexis Rédier.
  • Visions de la cathédrale de Reims, Le croquis,
  • Le beau voyage de Mr de Merfeuil, roman, Ollendorff.
  • Cargo, roman, Grasset.
  • La Fâcheuse Réputation de M. de Percy-Florac, La Gazette de Paris
Livres illustrés par des artistes 
  • Essais sur le théâtre 1921-1922. Six illustrations de Guy Arnoux,en deux volumes, La Douce France, 1922
    • Les Caillettes en paniers, orné de dessins de Steinlen, Orléans, La Connaissance, 1923
  • La vie de Marie (écrit sous le pseudonyme de Jean Ravennes), ornée de quarante-huit aquarelles de Georges Desvallières gravées sur bois en couleurs par P. Gusman et Paul Baudier, 1928, La Revue Française (Editeur : Alexis Rédier). Le tirage a été limité à 300 exemplaires numérotés de 1 à 300 et 25 exemplaires réservés à l'auteur de I à XXV.
  • Adorable Katherine ou erreur ne fait pas compte, roman illustré par son fils Hervé (alias Hervé des Vallières), Éditions Suzerenne, 1951
Livres d'enfants illustrés par Hervé Morvan
  • Nouk, le petit esquimau Éditions P.I.A., 1953
  • Gobi le petit sénégalais Éditions P.I.A. 1953
  • Sara, la petite gitane Éditions P.I.A. 1953
  • Draoui le petit marocain Éditions P.I.A. 1953
  • Thi-Ba la petite annamite Éditions P.I.A. 1953
Portraits d'acteurs 
  • Jeanne Provost, Douce France, 1924
  • Greta Garbo, La Nouvelle Librairie Française, 1931
  • Charlot, avec une notice de Jean Ravennes [pseudonyme de Jean des Vallières] et vingt-quatre photographies horstexte, à La Nouvelle librairie française, 1932
  • Paul Achard - Joan Crawford, La Nouvelle Librairie Française, 1932
  • Annabella, La Nouvelle librairie française
  • Marcelle Romée, La Nouvelle librairie française
  • Kate de Nagy, La Nouvelle Librairie Française, 1932
Essais, discours, préface...
  • A Magdebourg en novembre 1918, Revue des deux mondes, 1932.
  • L'Apothéose d'Alphonse Daudet à Fontvieille: les journées des 29 et 30 juin et des 1er et 2 juillet 1935, avec les discours de Jean des Vallières ... [et al.] ... suivis du Retour à Fontvieille, à-propos inédit et en vers d'Émile Ripert, et de deux lettres inédites d'Alphonse Daudet. Société des Amis des Moulins d'Alphonse Daudet, 1936
  • Fontvieille et sa côte bleue, édité chez l'auteur.
  • Fontvieille et les moulins d'Alphonse Daudet. Sur la route triomphale d'Arles aux Baux (articles de MM. Jean des Vallières, Fernand Benoit, André Bellessort et Hyacinthe Bell).
  • Le costume d'Arles (vingt-deux planches inédites de Léo Lelée, textes de Fernand Benoit, Elisabeth Jossier et Jean des Vallières), La Revue d'Arles, Académie régionale d'Arles, numéro spécial, 1941
  • Préface de Mektoub : roman argotique de la Légion étrangère, Éditions des Antipodes, 1948
  • Article dans Le Curieux du 14 août 1948, en hommage à René Benjamin, 1948
  • Article dans la Revue des deux Mondes, pages 289 et 290 : Le mariage du Kronprinz, 1961
  • Les clefs du Royaume, pages 24 à 27 du no 61 des Cahiers Charles Maurras, 1977

Filmographie [modifier]

Scénariste

Notes et références [modifier]

  1. Manque l'explication détaillée de cet épisode. Cela voudrait-il dire qu'un résistant soit en 1946 condamné à mort ?)
  2. Le Figaro du 6 mars 1952 sous la plume de Roland Bochin : « L'écrivain Jean des Vallières, auteur de Kavalier Scharnhorst, et des Hommes sans nom, s'était au début de l'Occupation, retiré dans un mas provençal (où jadis médita Alphonse Daudet) lorsque le gouvernement de Vichy lui offrit le poste de sous-préfet d'Arles. Il l'accepta sans se douter qu'un jour il serait condamné à mort par contumace - c'est la Cour de justice de Marseille qui, en juillet 1946 rendit cette sentence - et que beaucoup plus tard il comparaitrait devant un tribunal militaire. Coup rude pour un homme qui Saint-cyrien, vaillant combattant de la première guerre mondiale, fut trois fois cité, reçut la médaille des évadés, appartint comme aviateur à la 12ème escadrille et qui est le fils du général Pierre des Vallières tué en pleine bataille, à la tête de sa division au cours de l'offensive libératrice de 1918. D'ailleurs, Jean des Vallières n'avait pas occupé longtemps le poste de sous-préfet, puisque les allemands l’arrêtèrent au début de 1943. C'est un acquittement (Manque le détail précis de la décision de Justice) qui est venu lui rendre son honneur (Est-il gracié, sa peine est-elle commuée, est-il blanchi de toute accusation ?), après avoir été soutenu par de nombreuses personnalités. »
  3. cinema-francais.fr
  • Source des modifications du 24/9/2012 : Le Spectacle du monde, septembre 2012, Un légionnaire nommé Jean des Vallières, pages 53 à 57.

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]