Stanislas Joseph François Xavier Rovère

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Joseph-Stanislas Rovère (Album du Centenaire)

Stanislas Joseph François Xavier Rovère, né le 16 juillet 1748 à Bonnieux et mort en déportation en Guyane le 11 septembre 1798, est un homme politique français.

Premier député du Vaucluse à la Convention, représentant montagnard en mission à Lyon et dans le Vaucluse, député royaliste au Conseil des Anciens, il sera victime du Coup d'État du 18 fructidor an V et déporté en Guyane.

Son frère, Siméon Rovère, docteur en théologie et grand vicaire d'Apt, né et mort à Bonnieux, a été élu évêque du Vaucluse en août 1793.

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Son père était un aubergiste aisé de Bonnieux. Il fait de bonnes études. Avec une fausse généalogie, il se fait passer pour le marquis de Fontvielle, seigneur de La Ramide. Il entre dans les mousquetaires du roi et malgré son riche mariage, il est obligé de revendre son commandement, à cause de son train de vie dispendieux.

Sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Rovère est candidat de la noblesse de Provence aux États généraux de 1789 mais n'est pas élu. Il dirigea, avec Patrix et Jourdan « Coupe tête », les bandes qui infestèrent le Comtat Venaissin; le massacre de la Glacière d'Avignon (16-17 octobre 1791) trouva en lui un audacieux apologiste, et ce fut grâce à ses démarches et à son intervention auprès de l'Assemblée nationale, le 28 août 1791, que les assassins durent l'amnistie qui leur fut accordée le 8 novembre, d'où son surnom de « portier de la Glacière »[1].

l'Assemblée législative[modifier | modifier le code]

Il est élu le 25 juillet 1792 à l'Assemblée législative par le district de Carpentras, ancien Comtat Venaissin rattaché alors au département de la Drôme.

La Convention[modifier | modifier le code]

Un peu plus d’un mois après, le 7 septembre 1792, il est élu à la Convention cette fois par le district d’Avignon rattaché alors au département des Bouches-du-Rhône [2]. Il intervient avec Agricol Moureau, nouveau procureur de la commune d'Avignon, pour obtenir la création d'un 87e département français qui porterait le nom de Vaucluse. Les deux hommes obtiennent gain de cause le 25 juin 1793 : un décret réunit les districts d'Apt, Avignon, Carpentras et Orange[3]. Il est affecté au nouveau département dont il devient le premier député.

À la Convention, Rovère siège à la Montagne et vote la mort au procès de Louis XVI.

En mars 1793, il est envoyé comme représentant en mission, avec Basire et Legendre, à Lyon. Les trois représentants vont imposer à l’hôtel de ville Antoine-Marie Bertrand, un ami de Chalier, chassé le 18 février, dresser des listes de proscription et décider un impôt forcé de six millions quand éclate l’insurrection du 29 mai.

En juin 1793, il est envoyé en mission par la Convention dans le Vaucluse. Peu après, il achète le couvent des Célestins de Sorgues, près d’Avignon [4]. À la fin de l’année, des plaintes arrivent au Comité de salut public, l’accusant de diriger les bandes noires organisées pour le pillage des biens nationaux et de s’enrichir à l’abri de ses fonctions. Robespierre le fait rappeler[5].

Dès lors, son nom figure avec d’autres représentants en mission rappelés (Barras, Tallien, Fouché, etc.) sur les listes de députés destinés à être livrés prochainement au Tribunal révolutionnaire et que font circuler dans les milieux intéressées, à la veille du 9 thermidor, les opposants à Robespierre.

Il n’intervient pas dans les débats du 8 et 9 thermidor à la Convention mais, dans la nuit du 9 au 10, lorsque la Convention nomme Barras pour commander la force armée, il est l’un des sept membres qu’elle lui adjoint et il l'aide efficacement lors des opérations contre l’Hôtel de ville où s’est réfugié Robespierre.

Après le 9 thermidor, à la Convention, qu’il préside du 20 janvier au 4 février 1795, il se signale, avec Fréron par ses attaques, contre les Jacobins et l’ancien gouvernement révolutionnaire et vire au royalisme. Compromis dans l'Insurrection des royalistes du 13 vendémiaire an IV (5 octobre 1795), il est un moment arrêté, le 15 octobre 1795, comme l'un des promoteurs de l'insurrection.

le Directoire[modifier | modifier le code]

La Convention se sépare le 26 octobre 1795. Anticipant une poussée contre-révolutionnaire aux élections, les conventionnels se sont réservé par décret les deux-tiers des sièges des nouvelles assemblées. Rovere est élu dans le nouveau tiers avec une forte majorité de royalistes et va siéger au Conseil des Anciens.

Rovere est alors partisan d’une monarchie constitutionnelle, comme d’autres anciens conventionnels ayant participé à la chute de Robespierre (Boissy d’Anglas, Durand-Maillane). Il fait partie du Club de Clichy, dont les membres se réunissent rue de Clichy dans l’hôtel de Bertin.

Le 13 octobre 1796, il achète au citoyen Sade le château de La Coste, qui fait face à Bonnieux, son village natal.

Aux élections du 21 mars 1797 pour le renouvellement d’un tiers des membres des deux conseils, la poussée royaliste se confirme. Le conflit entre le Directoire et les Conseils va se résoudre par le Coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797). 42 membres des Cinq-Cents et 11 députés des Anciens, dont Rovere, plus le Directeur Barthélemy et le Président du Conseil des Anciens, André-Daniel Laffon de Ladebat, sont déportés sans jugement.

Rovere est envoyé avec les autres détenus à Rochefort dans des chariots grillagés puis embarqués pour la Guyane. À Sinnamary, il tombe malade et demande alors à pouvoir s'installer à Cayenne. Après plusieurs refus, il est finalement autorisé à se rendre à Cayenne. Fortement affaibli et incapable de marcher, il est embarqué accompagné de l'abbé Brottier à bord d'une goélette. Pour des raisons de mauvaise mer, le bateau doit faire demi-tour pour retourner à Sinnamary où il meurt le 11 septembre 1798[6].

Il avait épousé en secondes noces Mme d'Agoult, épouse divorcée d'un émigré. Elle s'était embarquée pour aller le rejoindre et apprit sa mort en arrivant à Cayenne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Lettres inédites de J.-S. Rovère, membre du Conseil des Anciens, à son frère Simon-Stylite, ex-évêque constitutionnel du département de Vaucluse », Revue des questions historiques, volume 91, Librairie de Victor Palmé, 1912, p. 312.
  2. Liste des députés du département Bouches-du-Rhône
  3. Marc Maynègre, Agricol Moureau in De la Porte Limbert au Portail Peint, histoire et anecdotes d’un vieux quartier d’Avignon, Sorgues, 1991, p. 192.
  4. Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, Éd. A. Barthélemy, Avignon, 1986, p. 413.
  5. on trouve dans le carnet de Robespierre la mention : « Représentans à rappeler : Boursault, Réraut, Rovère » (Albert Mathiez, Études sur Robespierre, Le carnet de Robespierre, Éditions Sociales, 1973, p. 226).
  6. Histoire du Bagne de Guyane

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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