Lapalud

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Lapalud
Entrée de Lapalud
Entrée de Lapalud
Blason de Lapalud
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Avignon
Canton Bollène
Maire
Mandat
Guy Soulavie
2014-2020
Code postal 84840
Code commune 84064
Démographie
Gentilé Lapaluciens, Lapaluciennes
Population
municipale
3 910 hab. (2011)
Densité 225 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 18′ 19″ N 4° 41′ 23″ E / 44.3052777778, 4.6897222222244° 18′ 19″ Nord 4° 41′ 23″ Est / 44.3052777778, 4.68972222222  
Altitude 47 m (min. : 42 m) (max. : 59 m)
Superficie 17,37 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.mairie-lapalud.fr

Lapalud est une commune française, située dans le département de Vaucluse en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Lapalud est située sur la point à l'extrême nord-ouest du département du Vaucluse, à environ une cinquantaine de kilomètres au nord d'Avignon.

De par sa position, elle est limitrophe avec des communes d'autres départements. On trouve ainsi au nord de la commune, Pierrelatte dans le département de la Drôme, puis à l'ouest, Saint-Marcel-d'Ardèche et Saint-Just-d'Ardèche en Ardèche. Nous sommes aussi à proximité de Pont-Saint-Esprit dans le Gard, bien que cette commune ne soit pas limitrophe avec celle de Lapalud.

Pour le Vaucluse, on trouve au sud Lamotte-du-Rhône et à l'est, Bollène.

Accès[modifier | modifier le code]

Du nord, depuis Pierrelatte, arrive au bourg la route nationale 7, qui repart au sud, tout comme la route départementale 63 (vers Lamotte-du-Rhône et Pont-Saint-Esprit dans le Gard). Les routes départementales 204 (Vers Saint-Paul-Trois-Châteaux), 204a et route départementale 8 (Vers Bollène) partent vers l'est.

La ligne T.G.V. Paris-Avignon et la ligne S.N.C.F. Paris-Lyon-Marseille passent sur la commune.

Relief[modifier | modifier le code]

Avec une altitude minimale de 42 mètres et une altitude maximale de 59 mètres, la commune présente une topographie relativement plate.

Sismicité[modifier | modifier le code]

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[1].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le Rhône passe en bordure ouest de la commune et celle-ci est traversée par le Lauzon[2].

Le Rhône a par le passé de nombreuses fois débordé voire changé de cours. Ses crues furent dévastatrices, les plus désastreuses furent celles de 1840 et surtout de 1856 où 120 maisons furent détruites[3]. Mais les anciens construisaient leur maison à des emplacements privilégiés, légèrement en hauteur, empêchant les eaux boueuses de faire de gros ravages. Ils mettaient leurs bêtes dans une écurie surélevée, « lou recati ». Les animaux pouvaient y accéder par une pente et s'y abriter en cas d'inondation. Les deux dernières furent en 2002 et 2003.

Un plan d'eau est présent à l'est du bourg et le lac de Deves au sud-est.

Climat[modifier | modifier le code]

La commune est située dans la zone d’influence du climat méditerranéen. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée en altitude des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare.

Relevés de la station météorologique de référence située à Orange :

Données météorologiques d'Orange de 1961 à 1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 1,3 2,6 4,4 7,2 10,8 14,4 17 16,3 13,8 9,7 4,9 1,9 8,7
Température moyenne (°C) 5,4 6,9 9,4 12,5 16,4 20,2 23,3 22,5 19,4 14,7 9,1 5,7 13,8
Température maximale moyenne (°C) 9,4 11,3 14,4 17,8 22,1 26,1 29,6 28,8 25 19,7 13,3 9,5 18,9
Record de froid (°C)
date du record
−13,4
1958
−14,5
1956
−9,7
2005
−2,9
1970
1,3
1979
5,7
1984
9
1953
8,3
1974
3,1
1974
−1,1
1973
−5,4
1952
−14,4
1962
−14,5
1956
Record de chaleur (°C)
date du record
20,3
2002
23
1960
27,2
1990
30,7
2005
34,5
2001
38,1
2003
40,7
1983
42,6
2003
35,1
1966
29,6
1985
24,6
1970
20,2
1983
42,6
2003
Ensoleillement (h) 132 137,1 192,5 230,4 264,6 298,9 345,3 310,7 237,6 187,1 135,2 123,8 2 595,3
Précipitations (mm) 44,4 57,5 61,1 58,9 72,4 43,6 27,8 56,3 67,6 97,4 57,7 48,9 693,4
Source : Relevés météorologiques d'Orange, (Vaucluse), de 1961 à 1990[4]
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
9,4
1,3
44,4
 
 
 
11,3
2,6
57,5
 
 
 
14,4
4,4
61,1
 
 
 
17,8
7,2
58,9
 
 
 
22,1
10,8
72,4
 
 
 
26,1
14,4
43,6
 
 
 
29,6
17
27,8
 
 
 
28,8
16,3
56,3
 
 
 
25
13,8
67,6
 
 
 
19,7
9,7
97,4
 
 
 
13,3
4,9
57,7
 
 
 
9,5
1,9
48,9
Moyennes : • Temp. maxi et mini °CPrécipitation mm
Donnée Vaucluse Canton d'Orange moyenne nationale
Ensoleillement 2 595 h/an 2 800 h/an 1 973 h/an
Pluie 693 mm/an 700 mm/an (sur 80 jours) 770 mm/an
Neige 4 j/an 14 j/an
Vent 110 j/an essentiellement du Mistral
Orage 23 j/an 22 j/an
Brouillard 31 j/an 40 j/an

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Quand les Romains envahirent la région, ils construisirent des oppida pour défendre le Tricastin sur des éperons surplombant le vide ou à des points stratégiques. Des traces apparaissent le long du Rhône. Au Nord Ouest, de Lapalud sur le bord même d'un ancien bras du Rhône, il y a un mur semi-circulaire d'environ 50 m de diamètre. Sa présence permet d'envisager une installation portuaire.

Cadastre d'Orange

Peu après 77, dans la plaine alluviale du Rhône, les fouilles TGV ont mis en évidence sur la commune de Lapalud, au lieu-dit les Girardes, un important vignoble. Ses 35 ha était à cheval sur quatre centuries du cadastre B d’Orange. Le domaine incluait une villa rustica et trois nécropoles, les vignes se répartissant autour en monoculture à l’exception de quelques terres céréalières. Ce vignoble fut exploité jusqu’à la fin du Ier siècle où les indices de la viticulture disparaissent. En effet, en 90, un décret impérial de Domitien imposa l’arrachage de la moitié des vignes de la Narbonnaise) et les archéologues ont noté une nette remontée des aquifères (Lapalud signifiant le marais) et à une reconquête de la forêt[5].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Ce fief des comtes de Toulouse, comtes de Provence, est décrit pour la première fois, avec ses confronts, en 1212, dans une charte du cartulaire de Saint-Paul-Trois-Châteaux, lors de la donation de terres qui est faite à l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Installés sur place, les Hospitaliers durent d'abord rendre hommage, en 1274 à Guillaume de Villaret, premier Recteur du Comtat Venaissin. Puis deux ans plus tard, ils transigèrent avec Hugues de La Tour du Pin, évêque de Viviers pour obtenire en fief le Domaine d'Auriol[2].

Vers la fin du XIIIe siècle, il se composait d'une centaine de maisons. Au XIVe siècle, on construisit une ceinture de murailles larges de 1 m et haut de 6 à 7 m. Il y avait des tours rondes et carrées à 8 ou 10 m d'intervalle et ils s'ouvraient par deux portes. La promenade des Platanes et le cours du Barry étaient de grands fossés profonds et pleins d'eau. Le village se divisa, dès lors, en deux parties. Le bourg neuf hors des remparts, le bourg vieux circonscrit dans les fortifications[3].

En 1265, Lapalud fait partie du Comtat Venaissin. Tout au long du Moyen Âge, un péage était établi à Lapalud sur le halage des navires remontant le Rhône, halage exclusivement humain jusqu’à la fin du XVe siècle[6].

Durant près de deux siècles, le village ne se développa pas. En effet au XIIe siècle, la route entre Avignon et Valence, ne passe pas par Lapalud mais par Saint-Paul, Bollène et Mondragon. Heureusement, au début de XIVe siècle, la construction du Pont Saint-Esprit développa le Bourg. Auparavant, seulement 3 ponts romains subsistaient encore dans la vallée de Rhône à Vienne, Viviers, Beaucaire. Ils étaient vieux et menaçaient ruines. La confrérie des Hospitaliers du Pont du Saint-Esprit entreprit la construction d'un pont près d'un petit hameau qui s'appelait Saint-Saturnin du Port. Après 45 ans de travaux, en 1306, ce pont fut utilisable et ce fut nommé Pont du Saint- Esprit. Toute la population de Nîmes, Narbonne, et de toutes les villes du Languedoc qui voulait se rendre dans le Dauphiné, traversa le Rhône ici. À l'inverse, les pèlerins de l'Allemagne, du Sud de la Suisse, qui se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne, s'arrêtèrent à Lapalud avant de traverser le Rhône. De là découle la création de nombreuses auberges et hostelleries pour loger les voyageurs.

Sous la Papauté d'Avignon plusieurs évènement changèrent le cours des choses. Tout d'abord en 1317, Jean XXII récupéra pour le Magistère tous les biens des Hospitaliers. Puis de 1360 à 1361, les grandes compagnies investirent la ville et le pont du Saint-Esprit. Et de là firent maintes incursions dans le Comtat Venaissin. À chaque raid, le village pâtit. Plus tard, lors du Grand schisme d'Occident, la Révérende Chambre Apostolique - le ministère des Finances pontificales - qui était Dame foncière de Lapalud l'inféoda au cardinal Jean de La Grange auquel l'Église devait d'importantes sommes d'argent[2].

Période moderne[modifier | modifier le code]

Au fil des ans Lapalud a vu sa population augmenter.

  • Au début du XVIIe siècle il y avait « 800 âmes en âge de communion ».
  • En 1757, le territoire compte 1 034 habitants.

C'est une ville qui est devenue très passagère après la fin des travaux de construction de la portion de route entre Lapalud et Mondragon en 1763. Située à la limite des États Pontificaux et des États de Roi de France, au contact de deux provinces françaises : le Languedoc et le Dauphiné, Lapalud est devenue un relais de poste vers Pierrelatte, Mondragon, Bagnols sur Cèze...

Les troupes de soldats passaient fréquemment à Lapalud, ainsi que les diligences, les chaises de poste, les véhicules chargés de toutes sortes de denrées

En dehors des anciens remparts, des maisons se sont construites le long de la grande route formant ainsi le bourg neuf avec des bourreliers, maréchal à forge, et de nombreuses auberges, des cafés (11 en 1650). Ce sont pour toutes ces raisons que dans les registres d'état civil, on trouve de nombreux décès, mariages ou même naissances de personnes qui n'étaient que de passage, venant de tous les coins de France, et même de l'étranger. Les soldats se mariaient avant de partir au combat, certaines femmes accouchaient avant de reprendre la route, des voyageurs décédaient.

  • Le tabac :
    La vente de tabac étant autorisé dans le Comtat, sa culture se développe au XVIIe siècle. Par contre en France, elle faisait déjà l'objet d'un monopole d'état et des taxes très élevées étaient perçues. Un important trafic de contrebande avait lieu. Lapalud tira profit de sa situation géographique et développa au maximum sa culture de tabac. Mais la France finit par obtenir gain de cause et la culture fut interdite dans tout le Comtat à partir de 1734.
  • L'élevage des vers à soie :
    L'élevage des vers à soie ou sériciculture, introduit dans le Comtat par les Italiens qui servirent les papes à Avignon, intéressait presque tous les habitants de Lapalud. Elle avait atteint un tel niveau en 1601 que le maire de l'époque affirmait que les revenus dus aux cocons et au vin représentaient le principal[réf. incomplète] revenu de la commune. Une véritable forêt de mûriers constituait en 1654 le paysage de la commune. Il y en avait le long des chemins, des champs, au bord des fossés, le long des remparts (à la place de nos platanes actuels).
  • La garance :
    La garance des teinturiers introduite dans la région d'Avignon par un agronome d'origine arménienne, Jean Althen, se développa considérablement à la fin de XVIIIe siècle.

Tous ces revenus font de Lapalud un village très prospère. Comme en pareil cas, la population augmenta jusqu'en 1666, date à laquelle elle atteignit son maximum avec 2 701 habitants.

Révolution française et Premier Empire[modifier | modifier le code]

En 1791, Lapalud, avec tout le Comtat Venaissin, est rattaché à la France. En 1792, Lapalud avec tout le Nord Vaucluse est rattaché à la Drôme. En 1793, la population s'élève à 1 517 habitants.

En 1793, le Vaucluse, 97e département, est créé. Lors du retour de lîle d'Elbe de Napoléon, en 1813, le duc d'Angoulême décida de lui barrer la route. Mais l'empereur fut plus rapide et il arriva à Paris alors que le duc et ses 5 000 hommes étaient encore dans la vallée du Rhône. Il reflua vers Lapalud où, en butte à l'hostilité des populations et traqué par les troupes impériales, il préféra ses cantonnert. Il y fut assiégé puis contraint de capituler le 8 avril 1815[3].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

À partir du XVIIIe siècle, le bourg déclina, ses activités diminuèrent, sa population passa de 2 701 habitants à 1 675 en 1696, puis à 1 215 en 1936. Plusieurs raisons en sont la cause :

  • la récolte de la garance fut peu à peu remplacée par un produit obtenu en distillant de la houille l'alizarine chimique. En 1861, plus personne ne cultive de la garance.
  • l'importation de la soie de Chine, l'arrivée sur le marché d'une fibre textile artificielle qui remplaça la soie. L'élevage des vers à soie disparu totalement à partir de 1910.
  • la création de la ligne de chemin de fer Paris Lyon Marseille enleva une grande partie de la clientèle des diligences et diminua le transport des marchandises par la route.
  • la Première Guerre mondiale accentua ce déclin : le 11 novembre 1918, lors du cesser le feu, sur 230 Lapalutiens ayant participé directement au combat, 76 ont trouvé la mort et plus de 100 furent blessés.
  • beaucoup de jeunes à la recherche de travail partirent travailler dans les villes où l'industrie prenait de l'ampleur et s'y installèrent : Bollène, Orange, Avignon...

Lapalud connut un nouvel essor depuis 1936 grâce à plusieurs facteurs:

  • la fabrication des balais. En effet, depuis 1870, la culture de sorgho a progressivement remplacé celle de la garance. On fabriquait de nombreux balais avec ce sorgho. Une trentaine de fabriques existaient en 1945. Tous les jeunes Lapalutiens, après avoir faits leurs études, y travaillaient à la confection des balais. Lapalud avait une certaine célébrité pour ses balais qui étaient exposés et vendus dans toutes les maisons bordant la nationale 7. Mais la création de la déviation entraîna la disparition de ces commerçants. Il n'existe plus aujourd'hui qu'une seule entreprise.
  • la construction du canal Donzère - Mondragon. Mis en circulation en 1952, il amena durant plusieurs années beaucoup de monde travaillant sur le chantier. Certains s'établirent définitivement à Lapalud. En 1962, la population était de nouveau en hausse avec 1 477 habitants.
  • la construction de l'usine du CEA. En 1965, la construction de l'usine du CEA, entraîne la construction de 120 nouveaux logements CEA, 10 villas particulières et 60 logements en copropriété vont être mis en chantier. La population passe de 1 457 à 2 451 habitants.
  • la construction du site nucléaire du Tricastin. Dans les années 1970 avec Eurodif, la centrale EDF, Cogema...qui amena le dernier contingent d'une population très jeune. En 1975, le nombre de Lapalutiens passa à 2 260 et en 1969 à 3 133. Au dernier recensement, elle est de 3 354 habitants.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La forme la plus ancienne est de Palude, attestée en 1138 qui évolua ensuite vers Paludis, en 1267, puis in villa de Palaude, en 1268[2]. Ce toponyme est formé du mot latin palus (marais) auquel a été accolé le suffixe -udis[7].

Lapalud doit son nom aux marais qui s'étendaient à l'Ouest et au Nord Ouest, et qui, partant des remparts allaient rejoindre le Rhône. Le nom latin d'un marais est palus, de plusieurs marais : paludis. L'usage et le temps en ont fait La Palud, d'abord en 2 mots puis en un seul. Sur certaines plaques à la sortie du village il y a 20 ans, le nom était écrit en 2 mots. Ces marais couvraient entièrement le quartier des Planières, une partie des Frémigières et du quartier des Oriols. Ils rendaient le pays insalubre et permettaient au Rhône de venir battre les remparts à la moindre inondation. Certaines parties de ces marais étaient assez profondes, elles atteignaient la nappe d'eau naturelle et on pouvait y circuler en barque toute l'année.

Le Béal des Barrinques fut alors creusé, certainement en même temps que la construction du pont de Pt St Esprit sous la direction des frères pontifes. Il était à l'origine très profond et ce fut une réussite car il assécha une grande partie du pays. Il rendit cette surface cultivable.

L'autre Béal, dit le Béal de La Palud, n'avait d'autre but que d'évacuer les eaux qui faisaient tourner la roue d'un important moulin qui se trouvait à la jonction de la déviation et de la rue du « Vieux Moulin ». Puis la construction du canal Donzère Mondragon a pratiquement asséché les terres de la commune.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.
Blason de Lapalud

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

De gueules à l'ancre d'argent, à la clef d'or et à la clef d'argent passées en sautoir brochant sur le tout[2]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Mairie de Lapalud
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
19 août 1830 12 septembre 1831 Louis Joseph Victor Jullien de Bidon   général de brigade
1965 1972 Marius Bouvier    
1972 1977 René Langlade[8]    
1977 2014 Jean Pierre Lambertin PS  
2014 en cours Guy Sloulavie    
Les données manquantes sont à compléter.

Fiscalité[modifier | modifier le code]

L'imposition des ménages et des entreprises De Sérignan-du-Comtat en 2009[9]
Taxe part communale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation (TH) 9,75 % 7,34 % 0,00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 12,28 % 9,91 % 2,36 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 49,71 % 28,14 % 8,85 %
Taxe professionnelle (TP) 0,00 % 12,63 % 3,84 %

La part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

La taxe professionnelle est remplacée en 2010 par la cotisation foncière des entreprises (CFE) portant sur la valeur locative des biens immobiliers et par la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) (les deux formant la contribution économique territoriale (CET) qui est un impôt local instauré par la loi de finances pour 2010[10]).

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 910 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 469 1 529 1 588 2 070 2 315 2 356 2 493 2 605 2 586
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 655 2 528 2 593 2 502 2 322 2 204 2 071 1 909 1 675
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 629 1 585 1 561 1 371 1 332 1 293 1 215 1 218 1 359
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 477 2 345 2 260 3 133 3 332 3 267 3 442 3 425 3 832
2011 - - - - - - - -
3 910 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

On trouve plusieurs zones d'activités sur la commune : ZA Les planières, ZA de l'Enclos et ZA du Massigas

Tourisme[modifier | modifier le code]

Espace de Loisirs des Girardes comprenant deux lacs d'eau de classe A issue des nappes phréatiques. On y pratique la promenade, le jogging, la pêche à la ligne, la voile, la plongée, la baignade surveillée l'été (juillet et août).

À disposition : La brasserie du Lac, une salle de fête locative.

Plusieurs gites et chambres d'hôtes sont présents sur la commune.

Agriculture[modifier | modifier le code]

On cultive sur la commune céréales (blé, colza, maïs, tournesol), luzerne, fruitiers (pommiers, abricotiers, cerisiers, pêchers) et vignes. Les vins qui ne sont pas en appellation d'origine contrôlée peuvent revendiquer, après agrément, le label Vin de pays de la Principauté d'Orange

On trouve aussi sur la commune des chênes truffiers, plusieurs élevages (chevaux, moutons...) et un abattoir.

Équipements ou Services[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune possède deux écoles : l'école Louis Pergaud et l'école du Parc. On trouve sur la commune voisine de Bollène deux collèges ("Paul Eluard" et "Henri Boudon") et un lycée[13].

Sports[modifier | modifier le code]

Il existe un stade municipal, rue Vigneaux.

Santé[modifier | modifier le code]

On trouve sur la commune plusieurs médecins généralistes, une pharmacie, etc. L'hôpital le plus proche est sur la commune de Bollène à environ 5 kilomètres au sud-est.

Vie locale[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

L'église des Saint-Pierre-ès-Liens dépendait primitivement de l'évêché du Tricastin. D'origine romane, elle fut restaurée au XIVe siècle et au XVe siècle[3]. C'est l'église paroisiale. le Centre Chrétien V.I.E. est l'église Protestante Évangélique implantée à Lapalud depuis 2002.

Environnement[modifier | modifier le code]

la Communauté de communes Rhône-Lez-Provence a dans ses compétences la « Protection et mise en valeur de l'environnement ». On trouve, sur la commune voisine de Bollène, une déchèterie acceptant : gravats, déchets verts, objets encombrants, ferraille, papiers / cartons et huiles de vidange et de friture[14].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'agglomération lapalutienne, dans son ensemble, est aujourd'hui très différente de ce qu'elle fut jadis. Depuis la dernière guerre en particulier, on assiste à une profonde modification de la topographie et d'importantes mutations démographiques ont radicalement transformé la vie quotidienne des habitants. Une promenade dans les rues de l'ancien village nous permet cependant d'imaginer ce qu'il fut, il y a deux ou trois siècles. Quelques vestiges architecturaux nous conduisent à évoquer la cité comtadine sous le régime pontifical et les populations rurales qui l'animèrent. Nous puisons d'utiles précisions dans les vieux textes d'archives, précieuse mémoire collective du vieux Lapalud.

La mairie[modifier | modifier le code]

L’hôtel de ville actuel a été construit en 1911. Ce bâtiment, construit peu avant la Révolution de 1789, quand on abattait les remparts et comblait les fossés, fut occupé par la maréchaussée jusqu'en 1833. Autrefois, la maison consulaire était située dans la grande Rue et servait en même temps de maison d'école.

La porte Jullien[modifier | modifier le code]

Porte flamande édifiée au début du XIXe siècle en remplacement de la tour de défense avec herse et pont-levis qui permettait de franchir l'enceinte fortifiée du Moyen Âge. Le dernier pont-levis, refait à neuf en 1624 avait été remplacé par un pont en pierre en 1701. C'est une décision de la commission municipale en date du 11 mai 1862 qui donne le nom du général Louis Joseph Victor Jullien de Bidon à l'entrée nord du village. Auparavant, on disait « porte haute » ou « portail d'en haut ».

Les remparts[modifier | modifier le code]

Dernier vestige de l'enceinte fortifiée, la courtine nord ouest a été consolidée, en même temps que la maison voisine a été reconstruite, avec sa façade du XVIIIe. Les fossés ont été comblés par corvée à partir de 1760. En 1830, la démolition des tours de l'ouest et la récupération des terrains communaux que certains habitants occupaient abusivement, permit d'aménager le cours du Barry, le long du Béal.

Le lavoir[modifier | modifier le code]

Il s'élève à proximité d'une source abondante, aujourd'hui canalisée, qui alimenta, des siècles durant, une fontaine et un abreuvoir et où les femmes venaient laver leur linge. De nombreux travaux, effectués au XVIIe et au XVIIIe siècle permirent d'améliorer progressivement les conditions d'hygiène. Plus tard, au couchant du lavoir, on construisit un abattoir, aujourd'hui détruit.

La maison Cardinale[modifier | modifier le code]

Cette maison de campagne des cardinaux, au temps où les papes résidaient à Avignon, fut remaniée au XVIe siècle puis divisée en plusieurs logements et transformée en maison de rapport. À la base de la tour, bien conservée, l'entrée d'un souterrain est encore visible. S'il faut croire la tradition, ce boyau reliait jadis la maison au château de la Bâtie.

L’église[modifier | modifier le code]

Église de Lapalud

L’abbé Rose pensait qu'une chapelle existait déjà au Xe siècle. La nef principale, de style roman, serait due à Bertrand de Clansaye, évêque de Saint-Paul au XIIIe siècle. Le clocher actuel aurait été édifié au XVe siècle par la Révérende Chambre Apostolique, dame seigneuresse de Lapalud, avec la participation financière de Julien de la Rovère, qui devait devenir le pape Jules II. Les travaux d'agrandissement, entre 1823 et 1828 mirent en conflit la Municipalité et un propriétaire voisin irréductible, le Comte d'Empire Louis Joseph Victor Jullien de Bidon. À l'intérieur, repose sous la chapelle Sainte Anne, Blaise Alexandre Jullien, grand-père du général et Comte d'Empire Jullien.

Le Portalet[modifier | modifier le code]

On appelle quelquefois ce bâtiment « le château ». La maison, construite à la fin du XVIIIe siècle par la famille de Jullien, s'élèverait sur l'emplacement de l'ancien manoir des Templiers. C'est là que vécurent les cinq frères Jullien qui devinrent tous officiers supérieurs dans les armées de la Révolution et de l'Empire. Le plus célèbre, Louis Joseph Victor Jullien de Bidon se retira à Lapalud en 1815, comme général de division. Il laissa la maison à sa belle-sœur, Madame Brézun et fit construire, pour y demeurer, le château de Kerchène. Ancien condisciple de Bonaparte à Brienne et à Valence, il avait été pendant 14 ans préfet du Morbihan. Napoléon en avait fait un conseiller d'État, commandeur de la Légion d’honneur et comte d'Empire. Il fut maire de Lapalud en 1830. Cet ancien jacobin, franc-maçon et anticlérical notoire s'était opposé pendant plusieurs années à la municipalité royaliste et au clergé local qui voulaient agrandir l'église sur l'emplacement de l'ancien cimetière. Bonaparte à séjourné à plusieurs reprises dans cette maison. En effet, le 3 mai 1798, Bonaparte quitte Paris pour embarquer à Toulon. Joséphine accompagne son mari et Thomas Prosper Jullien est aussi du voyage. Napoléon et Joséphine auraient passé la nuit du 7 au 8 mai à Lapalud dans la maison des Jullien.

L’hôtel Malijac[modifier | modifier le code]

L'immeuble occupé actuellement par le bureau de poste ne représente qu'une faible partie de ce qui fut l'hôtel des comtes de Malijac, qui était, de loin, la plus vaste demeure du village. Sous l'ancien régime, on y logeait les hôtes de marque en visite à Lapalud : l'évêque de Saint-Paul, le recteur du Comtat ou le vice-légat du pape. L'immeuble fut remanié à plusieurs reprises et connut diverses destinations : hôpital, hospice, école etc. C'est aujourd'hui la propriété du Bureau d'Aide sociale. La Poste en est locataires depuis 1938. Au cours des travaux entrepris au début du siècle, on découvrit par deux fois des pièces d'or et d'argent cachées dans l'épaisseur des murailles.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Patrie de :

Le poète Alain Borne est décédé dans un accident de voiture sur le territoire de la commune le 21 décembre 1962.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  2. a, b, c, d et e Robert Bailly, op. cit., p. 233.
  3. a, b, c et d Robert Bailly, op. cit., p. 234.
  4. « Relevés météorologiques d'Orange, (Vaucluse), de 1961 à 1990 », Infoclimat
  5. Philippe Boissinot, Les vignobles antiques du Tricastin, in Archéologie sur toute la ligne. Les fouilles du TGV Méditerranée dans la moyenne vallée du Rhône, Éd. Le Musée de Valence - Éditions d'Art Somogy, 2001, p. 56 - 57 (ISBN 285056513X)
  6. M. Rossiaud, « Les haleurs du Rhône au XVe siècle », Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public. 7e congrès, Rennes, 1976 : « Les transports au Moyen Âge ». p. 286.
  7. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1876.
  8. suite au décès de Marius Bouvier en 1972, auparavant 1er adjoint
  9. « Impôts locaux Lapalud », Taxes.com
  10. Loi n° 2009-1673 du 30 décembre 2009 de finances pour 2010 (Légifrance)
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  13. Le Lycée Lucie Aubrac, ouvert depuis septembre 2006
  14. Ordures ménagères et encombrants à Bollène

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Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Roze, Notice historique sur la paroisse de Lapalud, Carpentras, 1854.
  • Jules Courtet, Dictionnaire géographique, géologique, historique, archéologique et biographique du département du Vaucluse, Avignon, 1876.
  • Octave Monge, La capitulation de Lapalud. Mars-avril 1815, Annales de Vaucluse, 1894.
  • Louis d'Alauzier, Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Lapalud, Provence Historique, 1968.
  • L. Breysse, La vie quotidienne à Lapalud aux XVIIe et au XVIIIe siècle, 1981.
  • Robert Bailly, Dictionnaire des communes du Vaucluse, Éd. A. Barthélemy, Avignon, 1986. (ISBN 2903044279)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]