Dessinateur de presse

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dessinateur de presse

Ramón Columba y Siulnas.jpg
Code ROME (France)
E1205

Un dessinateur de presse est un artiste qui crée des dessins humoristiques pour un ou plusieurs périodiques. Ses dessins, en plus d'humoristiques, sont souvent satiriques, invitant à la réflexion ou à la critique politique ou sociale. Ses dessins ne sont pas des bandes dessinées à proprement parler, sauf dans les cas où ils consistent en une série de quelques cases, formant ce que dans leur jargon on appelle une comic strip. Très souvent ses dessins ne consistent qu'en une seule case, formant un « dessin unique » (en français) ou cartoon dans les pays anglophones, pays où cartoonist est le terme souvent utilisé pour parler d'un dessinateur de presse. Mais dans le monde anglophone, cartoonist désigne le dessinateur de dessins animés, car cartoon en anglais peut avoir autant le sens de dessin humoristique destiné à la presse que celui de dessin animé. En France, on applique plus volontiers le néologisme (et anglicisme francisé) cartooniste aux auteurs de « dessin unique », pour les différencier des auteurs de bande dessinée — lesquels, du reste, bénéficient de moins en moins de publications dans la presse.

Types de dessin[modifier | modifier le code]

Dans le milieu professionnel, on dit parfois cartoon pour « dessin unique », et cartoonist pour l'auteur. Mais, dans l'esprit du lecteur, le mot cartoon renvoie plutôt au dessin animé (même si, en anglais, cartoon signifie aussi bien « dessin de presse » que « dessin animé »). Le dessinateur de presse peut également réaliser dans les journaux de courtes histoires en trois cases appelées strip (bande). Le cartoon est un peu à la bande dessinée ce que la photo est au cinéma. L'art de raconter une histoire en un seul dessin rapide et efficace.

Dans le dessin unique on peut relever trois catégories :

  1. le dessin sans texte (compréhensible par un plus large public)
  2. le dessin accompagné d'un texte, présentant le dessin dans un certain contexte
  3. le dessin caricatural, dans lequel les personnages sont identifiables

Champ d'activité[modifier | modifier le code]

Le dessinateur de BD dont l'œuvre est publiée ou prépubliée dans un périodique est un dessinateur de presse.

Dans les auteurs de « dessin unique », on peut distinguer deux types :

  • L’humoriste déconnecté de l’actualité (Jean Bellus, Lavergne), qui alimente les journaux populaires à partir des stéréotypes sociaux de son époque, le dessin étant accompagné d'un dialogue imprimé au-dessous ; ou celui qui tend vers une recherche de l'humour plus « absurde » et souvent plus « graphique » (Bosc, Chaval, Mose…), le dessin étant alors souvent « sans paroles ». Ce type de dessinateur, bien qu'existant toujours, a progressivement perdu de son importance par le fait de l'éclatement des médias.
  • Le commentateur de l’actualité (Plantu, Chappatte, Lap, Charb, etc.) qui a recours à l’humour et à la caricature de personnalités pour assurer un rôle d'éditorialiste. Certains journaux, revendiquant la satire sont (presque) exclusivement illustrés par des dessins de presse (le Canard Enchaîné, Charlie Hebdo, Siné Mensuel, le Ravi…)

Mais le champ des activités est plus large : les dessinateurs de presse peuvent être « politiques, d’actualité, humoristes, caricaturistes, portraitistes-charge des théâtres et cabarets, du music-hall et de la télévision, du cinéma, du sport et événements mondains, reporters sur les terres lointaines, croquistes de mœurs, croquistes d’audience[1], etc. »

Statut[modifier | modifier le code]

Quelques dessinateurs vont d'une de ces activités à l’autre[2] (Faizant), certains même se livrant en parallèle à la bande dessinée (Cabu) ou occasionnellement à l'illustration publicitaire. Ce qui ne change rien au système de rémunération : le dessinateur publié dans la presse est un journaliste[3]. Payé le plus souvent « à la pige[4] » (au dessin, en l’occurrence), il a droit au statut de salarié[5]. Comme tous les journalistes il peut, sous certaines conditions de ressources, prétendre à la carte de journaliste, bénéficiant alors des avantages sociaux liés à la détention de celle-ci[6].

Certains dessinateurs optent pour le statut de travailleur indépendant[2] (c’est-à-dire paient eux-mêmes l’intégralité de leurs cotisations sociales[7]), lorsqu’ils travaillent également en dehors de la presse : pour une agence de publicité, par exemple. Ils facturent alors leur travail.

Par ailleurs, ils touchent des droits d'auteur sur la vente des livres qu'ils peuvent éventuellement publier; souvent des recueils de leurs meilleurs dessins de l'année.

Formation[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de cursus d'études spécifique pour être dessinateur de presse. Ce métier demande :

  • une aptitude au dessin, qui s'apprend soit par un cursus artistique, soit en autodidacte ;
  • une grande réactivité et rapidité d'exécution, pour travailler dans l'actualité immédiate, notamment dans la presse quotidienne. Certains dessinateurs mettent à profit cette rapidité pour travailler en direct dans des émissions de télévision ou pour animer congrès, colloques et séminaires ;
  • la capacité, comme chez le journaliste, à recueillir des informations, les synthétiser et les mettre à la portée du public.

Travail[modifier | modifier le code]

  • Le salaire dépend du journal pour lequel le dessinateur travaille. Il peut être payé au mois ou au nombre de dessins[2].

Quelques noms[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Solo, « L’explicateur », no 0, introduction à Plus de 5 000 dessinateurs de presse & 600 supports.
  2. a, b, c, d et e CIDJ, Dessinateur de Presse
  3. « Sont assimilés aux journalistes professionnels les collaborateurs directs de la rédaction, rédacteurs-traducteurs, sténographes-rédacteurs, rédacteurs-réviseurs, reporters-dessinateurs, reporters-photographes, à l’exclusion des agents de publicité et de tous ceux qui n’apportent, à un titre quelconque, qu’une collaboration occasionnelle. » Code du travail, article L. 7111-4 (ordonnance du 12 mars 2007). Cité dans SNJ, Les Journalistes selon la loi
  4. SNJ, Mode de paiement et bulletin de salaire
  5. La loi Cressard de 1974 reconnaît aux journalistes rémunérés à la pige la présomption simple de contrat de travail. SNJ, Les Journalistes selon la loi
  6. Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels
  7. RSI, Panorama de la protection sociale des professions indépendantes

Mounir Belhaoui (respect magazine et rap r&b mag)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Solo, Plus de 5 000 dessinateurs de presse & 600 supports : en France de Daumier à l’an 2000, Solo - Saint-Martin, et Aedis, 2004.

Articles connexes[modifier | modifier le code]