Philippe Jaroussky

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Philippe Jaroussky

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Philippe Jaroussky, lors du Misteria Paschalia Festival, avec le Kraków Philharmonic, le 21 avril 2011.

Naissance 13 février 1978 (36 ans)
Maisons-Laffitte, Yvelines, Drapeau de la France France
Activité principale Artiste lyrique
Contreténor
Style Opéra
Site internet philippejaroussky.fr/

Philippe Jaroussky est un contre-ténor français né le 13 février 1978 à Maisons-Laffitte (Yvelines, France)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Philippe Jaroussky découvre sa passion pour la musique au collège à Sartrouville grâce à un professeur de musique qui fait écrire et interpréter des chansons à ses élèves. À la suite de cette heureuse expérience, il commence l'étude du violon à 11 ans[1]. Il obtient un premier prix au CNR de Versailles. Il s'intéresse ensuite au piano, souhaitant trouver dans son étude les moyens de comprendre plus en profondeur la composition et la ligne musicale.

À l'âge de 18 ans, il assiste à un concert de musique baroque dans une église de Paris où chante le contre-ténor Fabrice di Falco. Troublé par cette voix, il décide de rencontrer son professeur de chant, Nicole Fallien, avec laquelle il travaille encore[2].

Philippe Jaroussky explique son choix concernant le développement de sa tessiture de tête grâce à son aisance et son plaisir d'interprétation dans ce registre. Il précise qu'il fut question d'une décision prise en accord avec son professeur de chant, révélant ainsi à quel point le travail d'une voix cherche à mettre en valeur ses particularités.

Sa carrière commence tôt, en 1999. Lors d'un stage de chant à Royaumont en septembre, il est choisi par le contre-ténor Gérard Lesne pour incarner Ismaele, le fils de Sedecia (chanté par Gérard Lesne) dans l'oratorio Sedecia, Re di Gerusaleme d'Alessandro Scarlatti. Il a 21 ans et seulement trois ans de chant derrière lui[3].

Le 14 novembre 1999, le producteur Philippe Maillard organise son premier récital à Paris au théâtre Grévin, où il interprète des airs de Serse et d'Ariodante (Haendel).

Il acquiert en 2001 son diplôme de chant au département de musique ancienne du conservatoire national de région de Paris avec les félicitations du jury.

En 2002, il crée l'ensemble Artaserse, afin d'explorer en toute liberté les partitions qui l'intéressent[2]. L'ensemble était constitué à l'origine de Claire Antonini au théorbe, Nanja Breedijk à la harpe baroque, Christine Plubeau à la viole de gambe et Yoko Nakamura au clavecin et à l'orgue.

Début 2008, il publie deux albums en collaboration, l'un avec Emmanuelle Haïm et Natalie Dessay, où ils proposent une interprétation du Magnificat de Bach et du Dixit Dominus de Haendel, l'autre avec Marie-Nicole Lemieux et Jean-Christophe Spinosi, où il chante le Nisi Dominus de Vivaldi.

En février 2009, avec Opium Philippe Jaroussky reprend des mélodies françaises qu'il affectionne : Reynaldo Hahn, Cécile Chaminade, Gabriel Fauré ou encore Guillaume Lekeu. Les musiciens qui l'accompagnent sont Jérôme Ducros (piano), Renaud Capuçon (violon), Gautier Capuçon (violoncelle) et Emmanuel Pahud (flûte).

Son disque La dolce fiamma - airs de castrats oubliés, sorti le 2 novembre 2009, reprend des airs composés par Jean-Chrétien Bach. Le contre-ténor est accompagné par Le Cercle de l'Harmonie, dirigé par le jeune chef d'orchestre Jérémie Rhorer.

Caldara in Vienna (octobre 2010) est consacré à des airs d'Antonio Caldara écrits pour les castrats italiens du 'settecento'.

Par ailleurs, Philippe Jaroussky est parrain de l'association IRIS[4], une association qui soutient les familles de patients atteints de Déficits Immunitaires Primitifs. Ces personnes sont particulièrement sensibles aux maladies infectieuses et le pronostic vital est parfois en jeu.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Victoires de la Musique Classique (France)

  • 2004 : « Révélation artiste lyrique »
  • 2005 : Nommé dans la catégorie « Artiste de l'année »
  • 2007 : « Artiste lyrique de l'année »
  • 2008 : Le 13 février, jour de son trentième anniversaire, il remporte la victoire du « meilleur enregistrement de l'année »
  • 2009 : « Grand Prix Charles Cros »
  • 2010 : « Artiste lyrique de l'année »

Echo-Klassik Musikpreis (Allemagne)

  • 2008 : chanteur de l'année

Chevalier des Arts et des Lettres (France)

  • 2009 : le 18 janvier, le contre-ténor a reçu l'insigne de chevalier, de la Ministre de la Culture, Christine Albanel, dans le cadre du Midem à Cannes[5].

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Son tableau préféré est L'Église d'Auvers de Van Gogh[6].
  • Son nom de famille vient en fait d'une petite confusion... Fuyant la révolution russe, son grand-père arriva à la frontière française, où on lui demanda son nom. Ce à quoi il répondit : « ya - russky » (ce qui signifie « Je suis russe »). Ce nom est resté[7].
  • En voix de poitrine, il est baryton. Selon son propre aveu : « j'ai une voix de baryton très commune sans graves et sans aigus ! » [8]. Même s'il se sent moins à l'aise dans cette tessiture, Philippe Jaroussky interprète parfois sur scène certains passages en voix de poitrine, comme Sombrero de Cécile Chaminade, ou Ohimè ch'io cado de Monteverdi avec L'Arpeggiata. Il joue alors de son agilité pour passer de sa voix de tête à sa voix de poitrine pour produire un effet comique (il se risque à ce genre d'effet plutôt lors des rappels, en fin de récitals).

Citations[modifier | modifier le code]

  • « La voix d’Henri Ledroit m’a beaucoup marqué à mes débuts, elle est dotée selon moi d’une très grande capacité d’émotion. J’ai également subi l’influence d’un Gérard Lesne ou d’un James Bowman. J’admire énormément le travail de David Daniels qui a contribué à élargir le répertoire de contre-ténor, à l’opéra notamment. » [9]
  • « Le timbre du contre-ténor n'est que la voix la plus aiguë dont un homme est capable. L’émission vocale passe par la tête et non par la poitrine. C’est ce qui la différencie de celle de ténor ou de basse. Son ambiguïté naît de ce qu’elle ne se situe pas entre la voix d’homme et de femme, mais entre celle d’homme et d’enfant. » [10]
  • « On parle de haute-contre pour la musique baroque française : Lully, Rameau… La voix de contre-ténor, proche du registre très haut du fausset, s’apparente à une voix de ténor léger, aux aigus puissants. En revanche, un contre-ténor peut chanter Bach, Vivaldi, ou Purcell. » [10]
  • « J'ai rencontré à l'âge de dix huit ans Nicole Fallien, qui est toujours ma professeure, et l'apprentissage du chant fut pour moi une libération. Mes parents n'étant pas musiciens, ce n'est qu'au collège qu'on m'a conseillé d'apprendre la musique. Évidemment, j'avais onze ans, j'adorais le violon, mais je l'ai commencé malheureusement un peu tard. J'ai débuté le piano à quinze ans, avec l'idée de me diriger vers des études plus théoriques (écriture, direction d'orchestre). Ce qui m'a beaucoup plu dans le chant, c'est d'abord le fait que j'avais une facilité naturelle certaine, et que je me suis senti très jeune, ce qui n'était pas le cas avec les instruments. C'est devenu assez logique, très vite : au bout d'un an d'étude, j'ai senti que je ferai du chant. Je suis entré au CNR de Paris, dans le département de musique ancienne, où je suis resté quatre ans, et où je me suis de plus en plus passionné pour ce répertoire. Le chant pour moi, c'est une chance : ce que je voulais, c'était interpréter, et cela, je le sens profondément. » [8]
  • « Si je n'avais pas été musicien, j'aurais adoré être peintre. » [8]

Discographie[modifier | modifier le code]

CD[modifier | modifier le code]

DVD[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Saverio Tomasella, Le chant des songes, Persée, Aix-en-Provence, 2010 : ce roman historique sur le castrat italien Gioacchino Conti, dit Gizziello, est dédié à Philippe Jaroussky.
  • Le roman de Frédéric Wagner, paru chez l'Harmattan en 2010, C'est l'ange qui poignarde - Scènes de la vie gay, est dédié à Philippe Jaroussky. Il y fait même plusieurs apparitions, sous les traits de Daniel D., un jeune contre-ténor surdoué.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Philippe Jaroussky, Par Bertrand Dermoncourt, L'Express, publié le 06/05/2009
  2. a et b Philippe Jaroussky, propos recueillis par Bertrand Bolognesi, Anaclase, 13 février 2004
  3. Philippe Jaroussky, propos recueillis par Noël Godts, Ramifications, 5 février 2004
  4. [1]
  5. Jaroussky et Donovan sont dans un bateau..., par Marc Zisman, QOBUZ, 12 janvier 2009
  6. Philippe Jaroussky, Portrait par Dominique Fernandez, Le Nouvel Observateur, 15 novembre 2007
  7. http://www.desillusionist.com/data/04/07.html
  8. a, b et c Philippe Jaroussky, Propos recueillis par Bernard Schreuders, Forum Opéra, 13 octobre 2002
  9. Philippe Jaroussky, Propos recueillis par Étienne Billault pour Evene.fr - Mai 2007
  10. a et b Philippe Jaroussky, Interviews & Portraits, par Olivier Olgan, 20 novembre 2007, webthea.com

Liens externes[modifier | modifier le code]

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