Philippe Bouvard

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Philippe Bouvard

alt=Description de l'image Bouvard.jpg.
Nom de naissance Philippe Pierre Louis Bouvard
Naissance 6 décembre 1929 (85 ans)
Coulommiers (Seine-et-Marne)
Nationalité Drapeau : France Française
Profession
Autres activités
Ancien directeur de la rédaction de France-Soir
Formation
Distinctions
Conjoint
Colette Sauvage (depuis 1953)
Descendants
2 filles

Philippe Pierre Louis Bouvard, né le 6 décembre 1929 à Coulommiers, est un journaliste français, humoriste et présentateur de télévision et de radio, également écrivain, auteur de théâtre et dialoguiste au cinéma.

Il est l'animateur de 1977 à 2014 de l'émission radiophonique Les Grosses Têtes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Philippe Pierre Louis Bouvard est né le 6 décembre 1929 à Coulommiers[3]. Fils unique, issu d'un père catholique, Marcel Bouvard (qui abandonne sa mère le jour de son accouchement, après lui avoir volé ses bijoux[4]), primeuriste au Maroc avant de devenir directeur de sociétés en France[5], et d'une mère juive d'origine alsacienne Andrée Gensburger, opticienne de métier[6]. Sa mère se remarie avec un juif, Jules Luzzato, petit-fils de rabbin, d’origine lorraine par sa mère et italienne par son père. Au printemps 1942, son père adoptif Jules Luzzato, tailleur pour homme, est arrêté par la Gestapo et interné à la prison de la Santé pour avoir livré des costumes civils aux déserteurs allemands. Sa mère sollicite un de ses proches, le recteur influent de la Grande Mosquée de Paris, Si Kaddour Benghabrit, qui parvient à le faire libérer quinze jours plus tard[7]. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il se cache avec sa mère et échappe aux arrestations en déménageant une dizaine de fois, mais la famille Luzzato est envoyée en déportation[8].

Il est successivement élève aux lycées Rollin (aujourd'hui Jacques-Decour), Chaptal, Condorcet, Carnot et Janson-de-Sailly[9].

Sa vocation d'écrivain naît à huit ans alors qu'il passe des vacances avec ses parents sur la Côte d'azur. Il croise sur La Croisette Jean Cocteau conduit en limousine par une chauffeur de couleur en livrée et croit que l'écriture apporte la fortune. Le 24 janvier 1944, il lance son premier journal de lycée, Schola 44 dans lequel il publie les éditoriaux et les nouvelles[10].

Après avoir échoué trois fois au baccalauréat, il entre à l'École supérieure de journalisme de Paris en 1948, dont il est renvoyé après quelques mois avec l'appréciation « n'est pas doué pour le journalisme mais réussira dans les professions commerciales », la direction s"étant aperçue qu'il se fait rémunérer par ses camarades pour rédiger des devoirs à leur place[11]. Pendant son service militaire en Allemagne, il est rédacteur en chef d'une revue de régiment, le Kléber Digest[12].

Le 31 octobre 1953, au Vésinet, il épouse Colette Sauvage, avec qui il a deux filles, Dominique et Nathalie[3]. Il dissimule un temps ses origines à sa future femme et se fait baptiser en cachette (son parrain est le dessinateur Piem), alors qu'à 17 ans, elle est enceinte de leur premier enfant : « Je n'ai su qu'après qu'il était juif » confie-t-elle plus tard[4].

Presse écrite[modifier | modifier le code]

En 1952, il entre au service photographique du Figaro comme coursier et en profite pour obtenir un stage au service des informations générales, ce qui lui permet d'écrire quelques lignes pour légender les photos. Il décroche sa carte de presse le 5 janvier 1953 puis obtient quelques mois plus tard la rubrique parisienne et mondaine : auteur à la plume redoutée, il obtient le Prix de la Chronique parisienne le 22 mai 1957. De 1962 à 1973, il dirige les pages parisiennes du Figaro, puis devient rédacteur en chef, directeur et enfin éditorialiste de France-Soir de 1973 à 1998. Il a été conseiller technique, notamment pour l'hebdomadaire L'Express en 1977. Il est chroniqueur à Paris Match de 1977 à 1992, puis au Point en 1983[3].

Chroniqueur puis rédacteur en chef du journal France-Soir depuis 1973, il est nommé en 1987 directeur général adjoint et directeur de la rédaction du quotidien. L'actionnaire du journal, la Socpresse met fin en 1989 à son contrat à la direction générale, Bouvard n'ayant pu empêcher la baisse de diffusion du journal de 20 % en deux ans malgré une énorme campagne de publicité[13]. Il reste jusqu'à la direction de la rédaction jusqu'en 2003. Il collabore depuis à la rédaction de Nice-Matin où le site internet publie son éditorial quotidien. Il tient aussi un bloc-notes hebdomadaire dans Le Figaro Magazine.

Radio[modifier | modifier le code]

Pendant les années 1960, en plus de son activité dans la presse écrite, il exerce des activités variées.

À la radio, on l'entend comme intervieweur sur Radio Luxembourg, pour la société le Poste parisien, dans la série « Défendez-vous » au sein d'une équipe menée par André Gillois, qui contient entre autres participants Emmanuel Berl.

Il signe seul ou collectivement les dialogues de plusieurs films (Guerre secrète ; Moi et les hommes de 40 ans).

En 1965 il donne une « Chronique parisienne » sur Radio-Luxembourg (qui deviendra RTL en 1966). Il devient rédacteur en chef et animateur de l'émission « RTL non stop », présentée comme le « plus grand musichall de France », de 1968 à 1974.

Philippe Bouvard sur le plateau des Grosses Têtes, sur RTL (diffusé à la télévision sur Paris Première).

Voulant évoluer hors du divertissement, il est nommé rédacteur en chef du Journal de 13 heures de 1975 à 1976 mais cette fonction plus sérieuse déroute les auditeurs et le journal connaît un échec[14].

En 1977, Jean Farran, directeur de la station, lui propose de revenir à son rôle d'amuseur et d'animer un divertissement quotidien : ainsi naît le 1er avril 1977 l'émission culturelle et humoristique les Grosses Têtes qui va devenir l'émission de radio la plus écoutée de France.

À la fin de l'année 1999, la direction de RTL décide de rajeunir l'antenne, Philippe Bouvard est remercié et est remplacé par Christophe Dechavanne. Philippe Bouvard se retrouve à la rentrée sur la radio Europe 1, avec une chronique matinale quotidienne, et une intervention en tant que chroniqueur dans l'émission On va s'gêner de Laurent Ruquier. Mais Dechavanne n'arrivant pas à s'imposer dans la case horaire, Philippe Bouvard est rappelé pour la reprise des Grosses Têtes, le 26 février 2001.

Philippe Bouvard va reprendre en main les Grosses Têtes et ceci jusqu'en 2014.

En septembre 2014, Philippe Bouvard est remplacé à l'animation des Grosses Têtes par Laurent Ruquier[15],[16] ;.

À compter du 30 août 2014 il anime une nouvelle émission baptisée Allô Bouvard programmée le samedi et dimanche de 11 h 30 à 12 h 30, à la place de La Bonne touche de Jean-Pierre Foucault et Jade. Dans cette émission, il répond aux questions que les auditeurs lui soumettent sur tous les sujets d’actualité[17],[18]. En Belgique, sur Bel-RTL, il tient en semaine une rubrique quotidienne matinale (vers 7 h 20) appelée Papier-Bouvard[19].

Télévision[modifier | modifier le code]

À la télévision, il produit et anime de janvier 1971 à l'année 1975 un talk-show d'actualité culturelle dont le titre sera « Samedi soir » et qui est une adaptation pour la télévision de son émission radiophonique RTL Non Stop. L'émission, en prise sur le présent de la semaine ou même du jour, est réalisée en direct chaque samedi soir à l'étage du restaurant parisien Maxim's. Dans une ambiance de piano-bar chic, il reçoit pour des courtes interview des personnalités en vue, du monde du spectacle mais aussi du sport, de la politique. C'est déjà, avant la lettre, une émission "people", où Bouvard se crée une réputation d'intervieweur à la fois sagace, ironique, vif et impertinent. De là une image d'oursin, qu'il va cultiver et qu'il déclinera dans les titres d'une série de livres, recueils d'anecdotes et de portraits de célébrités. Son expérience de chroniqueur et d'intervieweur lui donne la matière de plusieurs volumes, où il se plait à exercer sa verve en maniant un double registre, à la fois amical et caustique. Preuve de sa célébrité, il interprète son propre rôle en 1976 dans le film L'Aile ou la Cuisse, de Claude Zidi.

À partir de 1982, il anime à la télévision (Antenne 2) : Le Petit Théâtre de Bouvard, une émission d'humour qui fera découvrir toute une génération de comiques, de Mimie Mathy à Chevallier et Laspalès en passant par Les Inconnus, Bouvard en liberté, Dix de der, L'Huile sur le feu, etc.

En 1987, il intègre l'équipe de La Cinq après l'entrée du groupe Hersant dans son capital.

Autres activités[modifier | modifier le code]

Il a été attaché de presse pour les disques Barclay. Il a écrit une quarantaine de livres, des pièces de théâtre ainsi que des sketches.

De 1990 à 2006, il a dirige la salle de spectacles Gaîté-Bobino.

Publications[modifier | modifier le code]

Théâtre

Animateur de télévision[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, il anime un talk-show dans le :

  • 1971-1975 : Samedi soir (dans le restaurant Maxim's) sur la deuxième chaîne de l'ORTF
  • 1975 : Bouvard en liberté sur Antenne 2
  • 1975-1976 : Dix de der sur Antenne 2
  • 1976-1977 : L'huile sur le feu sur Antenne 2
  • 1977-1978 : Le dessus du panier sur Antenne 2
  • 1978-1979 : Sur la sellette sur Antenne 2
  • 1979-1982 : Passez donc me voir sur Antenne 2
  • 1982-1985 : Le Théâtre de Bouvard sur Antenne 2
  • 1985 : La 2500e des Grosses Têtes sur Antenne 2
  • 1986-1987 : Le Petit Bouvard illustré sur Antenne 2
  • 1987 : Le Nouveau Théâtre de Bouvard sur Antenne 2
  • 1987-1988 : 5 rue du théâtre sur La cinq
  • 1987-1989 : Boulevard Bouvard sur La cinq
  • 1988-1989 : Bouvard et compagnie sur La cinq
  • 1989-1990 : Bar des ministères sur La cinq
  • 1992 : La 5000e des Grosses Têtes sur TF1
  • 1992-1993, il anime à l'émission La Première Fois sur TF1 avec Christophe Dechavanne.
  • 1992-1997, il adapte son émission phare Les Grosses Têtes en version télé sur TF1.
  • 1993-1994 : Le Pied à l’étrier sur TF1
  • 1994-1996 : Les Grosses Têtes en fête sur TF1
  • 1997-1999 : Bouvard du rire sur France 3
  • 2000 : Bouvard des succès sur France 2
  • 2006-2014 : Les Grosses Têtes sur Paris Première
  • 2013 : Les 30 ans du Petit Théâtre de Bouvard sur France 2
  • 2014 : Grosses Têtes : Nos 37 ans de bonheur sur France 2

Filmographie[modifier | modifier le code]

Distinctions et décorations[modifier | modifier le code]

Association[modifier | modifier le code]

Il est l'un des parrains de l'association France Cancer.

Documentaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Bouvard, profession Humorste, Collection documentaire Empreintes, vidéothèque INA, le 4 mars 2011
  2. Comme il nous l'apprend dans son émission des Grosses Têtes du 1er juillet 2010, sa carte de presse porte le numéro 13 781.
  3. a, b et c Jacques Lafitte, Stephen Taylor, Who's Who in France, J. Lafitte,‎ 2003, p. 341
  4. a et b Muriel Frat, « Bouvard, l'homme blessé », Le Figaro, encart Culture, samedi 6 / dimanche 7 décembre 2014, page 37.
  5. A la découverte de leurs racines - Généalogie de 80 célébrités de Joseph Valynseele et Denis Grando, Editions de l'Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux, tome 2 (1994); ISBN 2-908-003-03-1
  6. Entretien accordé à Carol Binder pour Actualité Juive repris par le Blog du site terredisrael.com.
  7. Annette Lévy-Willard, «Justes» oubliés, sur Libération,‎ 26 octobre 2012
  8. Mohammed Aïssaoui, L'étoile jaune et le croissant, Gallimard,‎ 2012, p. 57
  9. Philippe Bouvard, « J’ai découvert la lutte des classes dans la cour de récréation », rubrique « Le bloc-notes », in Le Figaro Magazine, semaine du 17 mai 2013, page 138.
  10. Philippe Bouvard, Journal de Bouvard II, Le Cherche midi,‎ 2000, p. 121
  11. Philippe Bouvard, Je crois me souvenir... 60 ans de journalisme, Flammarion,‎ 2013, p. 57
  12. Je crois me souvenir... 60 ans de journalisme, op. cit., p. 58
  13. Pierre Alexandre, Les patrons de presse, Carrière,‎ 1997, p. 64
  14. Laurent Delahousse, « Philippe Bouvard, ambitions inachevées », émission Un jour, un destin sur France 2, 7 décembre 2014, 48 min 10 s.
  15. Philippe Bouvard arrête Les Grosses Têtes à la fin de la saison après 40 ans de succès
  16. Laurent Ruquier reprend "Les Grosses Têtes", annonce le président de RTL Christopher Baldelli
  17. Thierry Wojciak, « RTL : Philippe Bouvard travaillera le week-end », sur cbnews.fr,‎ 25 juin 2014
  18. Benoit Daragon, « RTL soigne la sortie de Philippe Bouvard », sur ozap.com, Webedia,‎ 26 juin 2014
  19. « Philippe Bouvard reste sur RTL... Belgique! », La Libre Belgique,‎ 30 juillet 2014 (consulté le 20 octobre 2014)
  20. « Le film de la journée », sur Le Nouvel Observateur,‎ 31 mai 2005
  21. « Philippe Bouvard reçoit le Laurier d'or de la radio », sur rtl.fr,‎ 18 février 2014

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Article connexe[modifier | modifier le code]