Sébastien Loeb

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Sébastien Loeb
Sébastien Loeb lors du photocall du festival automobile international 2012
Sébastien Loeb lors du photocall du festival automobile international 2012
Biographie
Date de naissance 26 février 1974 (40 ans)
Lieu de naissance Drapeau de la France Haguenau, Alsace
Nationalité Drapeau de la France Française
Site web www.sebastienloeb.com
Carrière professionnelle en rallye
Années d'activité depuis 1997
Équipe Citroën Racing
Copilote Drapeau de Monaco Daniel Elena
Statistiques
Dép. Vic. Pod. E.S.
WRC 168 78 116 900
J-WRC 5 5 5 41
ERC 3 2 2 -
Ch. de France 24 9 11 -
Palmarès
1er 2e 3e
WRC 9 1 -
J-WRC 1 - -
Ch. de France 1 - -

Sébastien Loeb (né le 26 février 1974 à Haguenau en Alsace) est un pilote de rallye français reconverti au circuit. Engagé avec Citroën Sport et son copilote Daniel Elena depuis ses débuts en compétition, il remporte le championnat du monde des rallyes neuf fois consécutivement, de 2004 à 2012, en dix saisons complètes. Détenteur de la plupart des records du WRC, il est le pilote le plus titré du sport automobile. Il connaît le succès dans d'autres compétitions comme le GT Tour FFSA, les 24 Heures du Mans, les X Games, les FIA GT Series et remporte trois fois la Course des Champions. Vainqueur de la course de côte de Pikes Peak pour sa première participation, il bat le record de l'épreuve, désormais entièrement disputée sur asphalte.

Issu d'un milieu modeste, Sébastien Loeb est destiné à une carrière d'électricien lorsqu'il tente sa chance par la filière de détection de la FFSA avec l'opération Volant Rallye Jeunes. Remarqué par Dominique Heintz qui lui donne les moyens de faire ses preuves en compétition et après des résultats prometteurs au niveau national, il remporte, en 2001, le championnat de France des rallyes ainsi que le championnat du monde Junior au cours duquel il termine premier de toutes les épreuves. La même année, il intègre la structure de Citroën Sport en championnat du monde lors du rallye Sanremo. Il poursuit son apprentissage l'année suivante et remporte sa première victoire lors du rallye d'Allemagne.

En 2003, Loeb dispute à sa première saison complète en WRC dans un contexte disputé, avec la présence des six derniers champions du monde de la discipline et de sept constructeurs différents. Il devance ses coéquipiers Carlos Sainz et Colin McRae pour terminer l'année deuxième du classement général, à un point du titre. Loeb remporte tous les titres mondiaux en rallyes de 2004 à 2012. Il devient le premier pilote à remporter toutes les spéciales d'un même rallye lors du Tour de Corse 2005 et le premier pilote non nordique à remporter le rallye de Suède et plusieurs fois le rallye de Finlande. Il est le seul pilote à s'être imposé sur tous les rallyes classiques du calendrier et sur les six surfaces différentes du WRC.

Nonuple champion du monde en titre, il prend sa retraite en rallye en 2013 sans être candidat à sa succession et entame sa reconversion sur circuit dans le cadre des FIA GT Series où il remporte la victoire pour sa première course.

Il est, depuis le 8 mars 2013, vice-président de la commission FIA des pilotes.

Sommaire

Carrière en rallye[modifier | modifier le code]

Débuts en compétition (1995-1999)[modifier | modifier le code]

Dans sa jeunesse, Sébastien Loeb était un gymnaste de très bon niveau : quatre fois champion d’Alsace (concours général, de minimes à benjamins) et une fois champion du Grand Est (concours général) en individuel, une fois champion d'Alsace par équipes en poussins (le tout au club d'Oberhoffen-sur-Moder), dixième aux championnats de France benjamins[1],[2]. Sébastien Loeb voulait faire une carrière d'électricien[3], commençant même un apprentissage à la compagnie Socalec proche de l'aéroport d'Haguenau en septembre 1994.

  • 1995 et 1996 : premiers pas au « Volant Rallye Jeunes »

Il fait ses débuts en rallye en 1995, en participant à l'opération Volant Rallye Jeunes, et échoue en finale à deux reprises consécutives[4].

  • 1997 : élu « Espoir Échappement de l'année »

Remarqué par Dominique Heintz[5] et Rémi Mammosser, il intègre en 1997, à 23 ans, l'association qu'ils montent pour l'aider : Ambition Sport Auto. Après quelques succès dans des rallyes régionaux, il passe rapidement aux rallyes nationaux en Volant 106 et remporte les quatre épreuves auxquelles il participe, en catégorie 1 300 cm3 puis 1 600 cm3 classe N1 (rallyes régionaux du Florival, du Vignoble alsacien, des Vins de Mâcon, et de Charlemagne). À l'issue de la saison, il est élu Espoir Échappement de l'année.

  • 1998 : participation au Trophée « Citroën Saxo Kit Car »

Rejoint alors par Daniel Elena, ils disputent ensemble quelques rallyes et terminent à la 6e position du Trophée annuel. Il se distingue en terminant 1er en classe A6 au rallye des Vins de Champagne, au rallye du Touquet et au rallye de La Rochelle. Sa plus belle performance est de finir 1er au scratch sur le rallye du Val d'Agout.

  • 1999 : vainqueur du Trophée « Citroën Saxo Kit Car »

En 1999, membre de l'équipe de France Espoirs FFSA, il remporte le Trophée annuel Citroën Saxo Kit Car. Il est de nouveau vainqueur au scratch du trophée au rallye du Val d'Agout, il remporte aussi dans sa catégorie (classe A6) les rallyes des Vins de Mâcon, du Rouergue, et de La Rochelle.

Pour ses premiers pas et en championnat de France, il gagne dans sa catégorie (classe A6) le rallye Alsace-Vosges.

Il fait aussi ses premiers pas en championnat du monde des rallyes, lors du rallye de Catalogne, où à la suite d'un accident il doit abandonner. Mais il obtient de bien meilleurs résultats pour ses deux autres apparitions au niveau mondial où il gagne en classe A6 (1 600 cm3) le Tour de Corse et le rallye Sanremo, sur Citroën Saxo Kit Car.

L'ascension en rallye (2000-2003)[modifier | modifier le code]

2000 : Champion de France des Rallye Terres 2 roues motrices[modifier | modifier le code]

Sébastien s'adjuge le titre de champion de France des Rallyes Terres 2 roues motrices en catégorie 2 litres sur Citroën Saxo Kit Car. Dans ce championnat il s'adjuge dans sa catégorie les rallyes Terres de l'Auxerrois, de l'Auvergne, de Diois, de Langres, de Drailles, de Corse et des Cardabelle. Ses bons résultats lui permettent aussi de prendre la 3e place du Championnat de France Rallye Terre.

Citroën lui offre alors une Xsara Kit Car pour disputer le rallye du Var, qu'il remporte en fin de saison en championnat de France asphalte. Il est alors engagé par Citroën pour disputer le championnat de France 2001 complet. Dans le cadre de l'équipe de France FFSA, il découvre le pilotage d'une WRC à bord d'une Toyota Corolla au Tour de Corse et au rallye Sanremo.

2001 : Champion de France des Rallyes, champion du monde des Rallyes Junior (JWRC) et premier podium en WRC[modifier | modifier le code]

En 2001, il remporte aisément le championnat de France des Rallyes Asphaltes (six victoires sur les huit rallyes qu'il a disputés), et devient le premier champion du monde junior en catégorie Super 1600 (JWRC) en réalisant le grand chelem : cinq victoires sur cinq rallyes. C'est au rallye Sanremo qu'il participe à sa première course en catégorie WRC pour le compte de Citroën, ses deux précédentes tentatives ayant été réalisées sur une Toyota Corolla WRC. Il accroche le top 5 dès les premières spéciales et doit rivaliser avec quatre pilotes expérimentés et spécialistes de l’asphalte. C'est lors de la deuxième étape qu'il signe 2 temps scratchs et parvient à passer l'ancien champion du monde Didier Auriol et son coéquipier Citroën Philippe Bugalski. Le dernier pilote de la marque aux chevrons, Jesus Puras, arrache une roue alors qu'il est en tête. Loeb termine finalement deuxième, signant son premier podium en championnat du monde, à seulement 11 secondes du vainqueur Gilles Panizzi, surnommé « Tarmac Master », la référence sur asphalte.

Sébastien Loeb et Daniel Elena sur Citroën Saxo S1600 au rallye de Finlande 2001

2002 : Programme partiel d'apprentissage et première victoire en WRC[modifier | modifier le code]

Son titre de champion de France des rallyes et sa deuxième place au Sanremo conquis l'année précédente permettent à Sébastien Loeb d'aller plus avant dans sa collaboration avec la structure Citroën Sport. L'écurie française engage le jeune pilote alsacien dans le cadre de son programme partiel en championnat du monde pour la saison 2002, construit dans un premier temps autour de sept épreuves et destiné à préparer le débarquement de la marque aux chevrons pour la course aux titres en 2003.

Loeb fait sensation dès la manche d'ouverture au rallye Monte-Carlo, prenant les commandes dans la première étape et maintenant un écart de plusieurs dizaines de secondes sur ses aînés[6]. Il tiendra tête au quadruple champion du monde Tommi Mäkinen pendant la totalité de l'épreuve au terme de laquelle il aurait du remporter sa première victoire en mondial. Mais une pénalité de deux minutes lui est infligée après l'arrivée. Les mécaniciens de Citroën avaient procédé à un changement de pneus sur sa Xsara WRC au soir de la deuxième étape au lieu de le faire le lendemain matin avant le départ des spéciales, conformément à une clause spécifique du rallye monégasque. Bien qu'aucun avantage en termes de performance n'ait pu être obtenu par cette erreur administrative, le pilote français se voit déclasser à la deuxième marche du podium[7], [8].

Sébastien Loeb en mai 2002 lors d'une séance d'essais privés avec Citroën Sport pour la préparation du rallye de Finlande.

Il termine dix-septième du rallye de Suède, seule épreuve neige du calendrier sur lequel il avait tout à apprendre. Malgré une sortie de route et une touchette sur un mur de neige lui faisant perdre plusieurs minutes, il améliore au fur et à mesure ses classements intermédiaires en spéciale, notamment dans les deuxièmes passages[9]. Loeb retrouve sa surface de prédilection, l'asphalte, pour sa troisième épreuve de la saison au rallye de Catalogne. Il accroche la quatrième place dès le coup d'envoi mais ne peut tenir la comparaison face aux Peugeot 206 WRC de Gilles Panizzi et du champion du monde en titre Richard Burns[10]. Il sera finalement victime d'une sortie de route au cours de la dernière journée alors qu'il défendait son rang face à Marcus Grönholm.

Il inaugure sa saison sur terre avec le rallye de l'Acropole. Sur un terrain réputé cassant, il part sur un rythme prudent avec pour objectif d'y acquérir de l'expérience. Comme le veut la tradition, les incidents mécaniques et les sorties de route sont conséquents sur la manche grecque. Loeb parvient à en éviter les pièges et rejoint l'arrivée en septième position, à la porte des points[11]. Avec le Rallye Safari, le Français participe pour la première et dernière fois de sa carrière à une épreuve typée endurance. Il y signe ses premiers temps scratchs sur terre et atteint provisoirement la quatrième place au terme de la deuxième journée. Il sera finalement repris par l'estonien Markko Märtin au terme d'un combat serré peu avant l'arrivée et se contentera de la cinquième position finale.

La réputation de terrain atypique et de chasse gardée des pilotes nordiques associée au rallye de Finlande se vérifie une nouvelle fois en 2002. Loeb se voit ainsi relégué au-delà de la vingtième place dès l'entame de l'épreuve. Il gagne progressivement en confiance et réduit au fur et à mesure les écarts intermédiaires avec ses adversaires. Il achèvera le « Rallye des 1000 lacs » à la dixième place. C'est au rallye d'Allemagne, dont c'est la première édition dans le cadre du championnat du monde, que Sébastien Loeb remporte sa première victoire officielle en WRC, confirmant ainsi son statut de star montante[12]. Organisée sur les rives de la Moselle et proposant des spéciales profilées asphalte, la manche germanique est le terrain d'un duel très serré entre l'Alsacien et le pilote Peugeot Richard Burns. Le champion du monde en titre s'inclinera sur un écart final de quelques secondes.

C'est à cette période que Loeb participe hors championnat au rallye d'Anatolie pour préparer l'arrivée de la manche turque au calendrier mondial, mais il est contraint à l'abandon sur un problème de colonne de direction. L'opportunité pour lui de s'engager au rallye d'Australie se présente alors par l'intermédiaire de la structure privée Piedrafita Sport[13]. Absent du programme de Citroën en raison des coûts logistiques élevés, cette manche des antipodes doit lui permettre d'acquérir davantage d'expérience sur terre. Pointant tout d'abord aux alentours de la quinzième place, ses temps en spéciales s’amélioreront progressivement. Sans commettre la moindre erreur, il terminera septième, à la porte des points.

Son programme en WRC s'achève au rallye de Grande-Bretagne. Dans des conditions détrempées et boueuses, Loeb gravite aux environs de la dixième place du général et signe quelques bons chronos. Il sera finalement victime d'une casse de suspension dans l'avant dernière spéciale et occupait alors la septième position. Avec une première victoire en championnat du monde, deux podiums et des premiers temps scratchs sur terre, le bilan de la saison de Sébastien Loeb conforte l'écurie Citroën Sport, par l'intermédiaire de son directeur Guy Fréquelin, dans son choix de titulariser le jeune alsacien à temps plein pour 2003 et l'engagement officiel de la marque.

2003 : Vice-champion du monde pour sa première saison complète[modifier | modifier le code]

L'année 2003 marque l'officialisation de l'engagement de Citroën Sport au championnat constructeur ainsi que la première saison complète de Sébastien Loeb en catégorie reine. Trois Xsara WRC sont engagées par la marque aux chevrons, les deux premières étant cette fois-ci confiées à deux anciens champions du monde : Carlos Sainz et Colin McRae, avec lesquels le jeune pilote français devra faire équipe[14],[15].

Il s'impose dès le rallye Monte-Carlo, manche d'ouverture du calendrier qui lui avait échappée l'année précédente sur tapis vert, au terme d'un duel serré avec le numéro un mondial Marcus Grönholm. Citroën réalise dans le même temps un triplé inédit en principauté depuis 1989 grâce aux podiums de McRae et Sainz[16]. Désormais leader du classement pilote pour la première fois de sa carrière, Loeb écope du handicap de balayeur au rallye de Suède, terrain spécifique réputé chasse gardée des pilotes nordiques. Il signe un temps scratch et plusieurs chronos dans le trio de tête, démontrant une amélioration significative de ses performances sur neige par rapport à 2002. Il terminera septième du général[17],[18].

Le rallye de Turquie fait son entrée au championnat du monde et constitue la première épreuve terre de la saison. Sébastien Loeb et Daniel Elena n'en verront pas l'arrivée, tous deux victimes d'une panne d'essence sur une liaison de la première étape, le copilote monégasque s'étant embrouillé dans ses cartes[19]. L'Alsacien impressionne par sa rapidité d'adaptation au rallye de Nouvelle-Zélande, un terrain qu'il découvre. Il se classe quatrième du général et premier pilote Citroën en ayant pointé dans les cinq meilleurs temps sur plus de la moitié des spéciales[20],[21].

Troisième épreuve inédite consécutive pour Loeb, le rallye d'Argentine présente des profils de spéciales très variés pour lesquels l'expérience doit être conséquente. Après avoir signé plusieurs temps dans le trio de tête, le Français est finalement contraint à l'abandon à la fin de la deuxième journée alors qu'il occupait la cinquième place[22]. Le dénouement est identique au rallye de l'Acropole : lâché par le moteur de sa Xsara dès la toute première spéciale, il se retrouve rapidement mis hors course[23].

Loeb décroche le premier podium sur terre de sa carrière au rallye de Chypre, marqué par une hécatombe dans le clan Peugeot qui occupait un temps trois des quatre premières places. Distancé par le leader Petter Solberg, il terminera néanmoins à la troisième place après avoir été à la lutte pour la deuxième marche du podium en fin d'épreuve[24]. C'est à cette période que son employeur, au vu de ses résultats, lui annonce une extension de deux ans de son contrat de titulaire[25].

Il retrouve un environnement plus familier au rallye d'Allemagne sur lequel il avait signé la première victoire de sa carrière l'année précédente. Après un départ en demi-teinte relatif à un mauvais choix de pneus et une position sur la route peu avantageuse, le Français prend la tête au soir de la deuxième étape dans une lutte face à l'armada Peugeot. Le duel qui l'oppose au champion du monde en titre Marcus Grönholm perdurera jusqu'à la dernière spéciale au terme de laquelle Loeb s'imposera pour une poignée de secondes[26],[27].

Ses performances sont logiquement plus en retrait au rallye de Finlande en comparaison des pilotes locaux. Il augmentera peu à peu son rythme, signant quelques bons chronos dans la deuxième journée pour remonter jusqu'en cinquième position[28]. Il confirme sa progression sur les revêtements terre en signant quatre temps scratchs dès l'entame du rallye d'Australie pour pointer en tête au soir de la première étape. Il devra finalement se contenter de la deuxième place en raison d'un mauvais choix de pneus en toute fin d'épreuve, laissant la victoire à Subaru et Petter Solberg. Il réalise cependant une bonne opération au classement mondial en se hissant au quatrième rang, à dix longueurs du leader Richard Burns et tenant compte du fait que trois des quatre derniers rallyes doivent se dérouler sur asphalte, sa surface de prédilection[29].

Loeb prend rapidement les commandes du rallye Sanremo en signant quatre temps scratchs dans la première étape. Alors solide leader avec près d'une minute d'avance sur ses poursuivants, il adopte un rythme de gestionnaire dans les secteurs restants. Il s'impose finalement d'un souffle après que l'arrivée tardive de la pluie en fin d'épreuve provoque la remontée inattendue de Gilles Panizzi[30],[31]. Le Tour de corse est alors l'occasion pour l'Alsacien de prendre une sérieuse option pour le titre. Il prend la tête du rallye à mi-distance de la première étape et une lutte pour la victoire se dessine peu à peu face au pilote Ford Markko Märtin. Mais les deux hommes sortent de la route à l'entame de la deuxième journée dans des conditions pluvieuses. La Xsara de Loeb reste bloquée pendant dix minutes au sommet d'un talus et il ne terminera sa course qu'à la treizième place[32].

La dernière partie du triptyque asphalte de fin de saison a lieu dans le cadre du rallye de Catalogne. Le Français prend les commandes dès la deuxième spéciale et accentue continuellement son avance en signant plusieurs temps scratchs. Les deux dernières journées sont le théâtre d'un match à trois avec Gilles Panizzi et Markko Märtin. Loeb parvient à contenir le retour de ses poursuivants et semble avoir course gagnée à deux spéciales de l'arrivée. Mais la pluie modifie une fois de plus la donne. Grâce à un choix de pneus particulier qui n'était alors pas connu de Citroën, Panizzi parvient à reprendre près d'une minute à son compatriote pour lui arracher la victoire sur le fil[33],[34].

Au départ de la dernière manche de la saison, au rallye de Grande-Bretagne, trois pilotes peuvent encore prétendre au titre : les deux co-leaders Carlos Sainz et Sébastien Loeb, et le norvégien Petter Solberg à un point seulement. Celui qui s'imposera sera ainsi certain d'être titré[35]. Sainz se retrouve rapidement hors jeux en raison d'un incendie survenu à bord de sa Xsara. Loeb et Solberg se partagent quant à eux la totalité des temps scratchs et prennent tour à tour les commandes du rallye. Mais une hécatombe survenue parmi les pilotes Peugeot, seule équipe pouvant encore contester le titre constructeur à Citroën, va bouleverser les différentes stratégies mises en place par la marque aux chevrons. Entrevoyant une issue facile pour décrocher la couronne, les instances dirigeantes de l'écurie française ordonnent à Loeb d'assurer un podium, suffisant pour s'assurer du titre. L'Alsacien s'exécute et laisse échapper la victoire et le championnat pilote dans l'escarcelle de Petter Solberg[36],[37].

Sébastien Loeb achève ainsi sa première saison complète en catégorie reine au rang de vice-champion du monde, devançant ses deux coéquipiers totalisant à eux seuls trois couronnes mondiales et plus de cinquante victoires[38].

Champion du monde sur Citroën Xsara WRC (2004-2006)[modifier | modifier le code]

2004 : Premier titre - Concrétisation de quatre années d'effort[modifier | modifier le code]

L'intersaison fut l'occasion pour Citroën de multiplier les essais sur un maximum de surfaces différentes dans le but de gommer les derniers points noirs rencontrés l'année passée. Le nouveau réglement de la saison 2004 ayant réduit à deux par équipes le nombre de voitures nominées pour les points constructeurs, la marque aux chevrons fut contrainte de se séparer de Colin McRae pour ne conserver que Carlos Sainz et Sébastien Loeb[39].

Sébastien Loeb remporte sa première victoire sur terre en championnat du monde lors du rallye de Chypre 2004 après la disqualification de la Peugeot 307 WRC de Marcus Grönholm.

À la lutte avec Marcus Grönholm dans les premières spéciales du rallye Monte-Carlo, l'Alsacien prend les commandes de l'épreuve et creuse d'importants écarts en signant tous les temps scratchs de la deuxième étape. Inaugurant la nouvelle Peugeot 307 WRC, son rival finlandais part finalement à la faute et laisse le Français s'imposer pour la deuxième année consécutive en principauté[40],[41]. Loeb subit sa position d'ouvreur dans la première journée du rallye de Suède, distancé par Grönholm et l'estonien Markko Märtin. Mais le triple vainqueur de l'épreuve, victime des problèmes de jeunesse de la 307, abandonne finalement plusieurs minutes faute de direction assistée et Märtin arrache une roue de sa Ford Focus WRC dans le foulée. Seul en tête, le vice-champion du monde rentre dans l'Histoire en devenant le premier pilote non nordique à s'imposer en Suède depuis la création de l'épreuve en 1950[42],[43].

Pour la première édition du rallye du Mexique au calendrier mondial, Sébastien Loeb fait face au champion du monde en titre Petter Solberg dès le coup d'envoi. Les deux hommes se partageaient la plupart des temps scratchs lorsque le norvégien écope d'une pénalité de retard au soir de la première journée en raison d'un problème moteur survenu sur sa Subaru Impreza au parc d'assistance. Pensant avoir course gagnée, l'Alsacien est finalement contraint à l'abandon le lendemain matin après qu'une pierre ait transpercé son carter d'huile[44],[45]. Il effectue un début de course en retrait lors du rallye de Nouvelle-Zélande, victime du handicap du balayage et du dysfonctionnement du système de départ de sa Xsara. Devant l'impossibilité de suivre le rythme des pilotes scandinaves occupant la tête, il terminera à la quatrième place du général et devra céder le leadership du classement mondial à Markko Märtin[46].

Loeb abandonne plus de quarante secondes dès la première spéciale du rallye de Chypre en raison d'un mauvais réglage des différentiels et prend de gros risques pour refaire son retard et accrocher la troisième place en fin de première étape. Il parvient à dépasser Harri Rovanperä le lendemain mais reste hors de portée du leader Marcus Grönholm. Le finlandais s'impose avant d'être déclassé quelques jours plus tard en raison d'une irrégularité constatée sur une pièce des pompes à eau des Peugeot 307 WRC, offrant ainsi sur tapis vert sa première victoire sur terre à l'Alsacien[47],[48]. De nouveau leader du classement mondial, le Français subit fortement le handicap de sa position d'ouvreur dans la première étape du rallye de l'Acropole et ne pointe qu'en cinquième position au terme de celle-ci. Il signe ses premiers temps scratchs à partir du lendemain et remporte en fin d'épreuve son duel face à Harri Rovanperä pour le gain de la deuxième place[49].

Les fortes pluies survenues la veille du départ annulent le balayage que devait subir le Français au rallye de Turquie. Il prend rapidement la tête et se retrouve un temps menacé par Marcus Grönholm pour finalement s'imposer et décrocher sa première victoire sur terre à la régulière[50],[51]. Au coup d'envoi du rallye d'Argentine, Loeb éprouve des difficultés à trouver le rythme mais parvient à signer ses premiers temps scratchs à la fin de la première étape. Débarrassé de Petter Solberg, Markko Märtin et Marcus Grönholm, tous trois partis à la faute, il rallie l'arrivée en deuxième position derrière son coéquipier Carlos Sainz qui s'adjuge le record de victoires en championnat du monde[52],[53].

Sébastien Loeb clôture la saison 2004 en s'imposant sur le rallye d'Australie, égalant ainsi le record de victoires en une saison établi par Didier Auriol en 1992.

Trop prudent et ressentant plus que prévu les effets du balayage, le Français ne pointe qu'en dixième position à l'issue des premiers secteurs du rallye de Finlande. Il entamera alors progressivement une lente remontée qui le conduira jusqu'à la quatrième place finale et expliquera pendant l'épreuve souffrir de séquelles aux cervicales consécutives à une sortie de route survenue lors d'une séance d'essais[54],[55]. Il s'impose ensuite pour la troisième année consécutive au rallye d'Allemagne, marqué par de fortes pluies et un duel serré avec son coéquipier Carlos Sainz et le jeune belge François Duval. Désormais titulaire d'une marge de trois victoires au classement mondial à six manches de la fin de la saison, les médias commencent à évoquer l'hypothèse d'un premier titre pour l'Alsacien[56],[57].

Le balayage est encore une fois très présent pour la première édition du rallye du Japon. Derrière Petter Solberg, qui semble intouchable sur les terres de son employeur, Loeb se retrouve face à Marcus Grönholm pour le gain de la seconde place. Il remportera finalement son duel après que le finlandais eut été victime d'un problème de boîte de vitesses[58]. Passé la Super-Spéciale d'ouverture, Sébastien Loeb prend les commandes du rallye de Grande-Bretagne sur un terrain rendu très piégeux par les intempérie mais se voit menacé par Petter Solberg dans les deuxièmes passages. L'affrontement entre les deux hommes rappelle la passe d'arme qu'ils se livrèrent en clôture de la saison 2003 et c'est le norvégien qui, une fois de plus, l'emporte pour une poignée de secondes[59],[60].

Le traditionnel rallye Sanremo laisse sa place au rallye de Sardaigne, dont le profil des spéciales fait craindre au vice-champion du monde un effet démultiplié du balayage. Ses inquiétudes se confirment et le Français perd un temps significatif en début d'épreuve avant de remonter péniblement à la deuxième place, héritée des problèmes mécaniques de Marcus Grönholm. Devant lui, Solberg collectionne les temps scratchs et s'impose pour une troisième victoire de rang[61],[62]. Loeb n'a alors besoin que de cinq points au Tour de Corse pour décrocher son premier titre mondial. Il se résout après réflexion à adopter un rythme prudent et laisse les deux Ford Focus de Markko Märtin et François Duval prendre la tête. Lâché par son moteur, le jeune belge abandonne la deuxième place à l'Alsacien qui, dix ans après Didier Auriol, se voit à son tour sacré champion du monde des rallyes pour la première fois. La troisième place de Carlos Sainz permet également à Citroën de conserver sa couronne chez les Constructeurs[63],[64].

Le nouveau champion du monde se retrouve à nouveau face aux pilotes Ford lors du rallye de Catalogne. Les deux titres étant attribués, il reçoit carte blanche pour jouer la victoire et prend les commandes de l'épreuve dans la deuxième spéciale. Il les conservera sur le fil au soir de la première journée avant d'être contraint à l'abandon le lendemain matin, victime comme au Mexique d'une pierre qui transperça son carter d'huile[65],[66]. La saison s'achève au rallye d'Australie, marqué par la décision du groupe PSA de retirer ses deux marques du WRC à l'horizon 2005 pour des raisons de coûts. Sous le choc, Sébastien Loeb fait face à Petter Solberg et Marcus Grönholm dans cette épreuve de clôture et s'impose pour la sixième fois de l'année après que les deux pilotes scandinaves soient tour à tour partis à la faute. Malgré ces résultats, il porte un regard pessimiste sur son avenir sportif et sur celui du rallye en général[67],[68],[69].

2005 : Deuxième titre - La saison de tous les records[modifier | modifier le code]

Sur une épreuve réputée être un enfer pour la mécanique, Sébastien Loeb et Daniel Elena allient vitesse et fiabilité à travers quatorze temps scratchs consécutifs lors de l'édition 2005 du rallye de Chypre. Dominateur sur les manches asphaltes depuis ses débuts, le duo est alors en passe de trouver la même recette à succès sur le gravier.

Sébastien Loeb est champion du monde en titre au moment du coup d'envoi de la saison 2005. Son ami Carlos Sainz ayant choisi de prendre sa retraite des rallyes mondiaux, l'Alsacien se voit affecter un nouveau coéquipier chez Citroën Sport en la personne du jeune belge François Duval, 24 ans seulement et transfuge de chez Ford[70]. La décision du groupe PSA concernant le retrait de ses deux marques est quant à elle définitivement entérinée, laissant le français face à un avenir incertain pour la suite de sa carrière[71].

Il s'impose pour la troisième fois consécutive dans la manche d'ouverture du championnat, au rallye Monte-Carlo, après avoir occupé la tête de l'épreuve de bout en bout. Les malversations de certains spectateurs ramenant de la neige sur certains virages de la dernière étape auraient néanmoins pu lui être fatales, mais n'ont pas épargné ses principaux rivaux Marcus Grönholm et Petter Solberg[72],[73]. Loeb ne parvient pas à rééditer son exploit de l'an passé au rallye de Suède. Longtemps troisième du général à environ quinze secondes des leaders, il connaîtra des problèmes de surchauffe moteur qui l'obligeront à réduire son rythme en fin de deuxième étape. Il abandonne définitivement dans l'avant dernière spéciale, les réparations de fortune effectuées par Citroën sur sa Xsara n'ayant pas tenues[74],[75].

Victime de problèmes d'amortisseur dans la deuxième spéciale du rallye du Mexique, il lâche près de trois minutes dans la première journée et rétrograde de la deuxième à la dix-huitième place. S'engage alors une lente remontée pour le champion du monde qui le conduira au pied du podium, son rival Petter Solberg engrangeant quant à lui une deuxième victoire consécutive[76],[77]. Le rallye de Nouvelle-Zélande voit l'introduction en compétition des nouveaux pneus terres Z BTO du manufacturier Michelin. Parti sur un rythme soutenu, Loeb se retrouve dans un duel serré l'opposant à Grönholm et Solberg avant de prendre les commandes à mi-parcours de la première étape. Il signera huit temps scratchs pour finalement remporter pour la première fois de sa carrière cette épreuve des antipodes[78].

Équipé de réglages de suspensions inadaptés, il subit dans la première spéciale du rallye de Sardaigne avant de corriger le comportement de sa Xsara en liaison et de prendre la tête de la manche italienne. Creusant des écarts importants dans les portions clés, il remporte la course et reprend par la même occasion la tête du classement mondial[79],[80]. Malgré les contraintes du balayage du à son nouveau rang, il domine le rallye de Chypre dès la première étape, enregistrant un total de quatorze temps scratchs consécutifs sur toute la durée de l'épreuve, et s'impose finalement une deuxième fois sur l'île d'Aphrodite[81].

Sur le rallye de Turquie, Loeb retrouve son ami et mentor Carlos Sainz, sorti de sa retraite et appelé en renfort par Citroën en raison des résultats jugés décevants de son coéquipier François Duval[82]. Le champion du monde poursuit sa domination sur terre avec une nouvelle victoire obtenue en signant la quasi-totalité des meilleurs temps de la première journée[83]. Il subit davantage les contraintes de sa position d'ouvreur à l'entame du rallye de l'Acropole, pointant alors en sixième position avant de s'emparer de la tête sur le fil au soir de la première étape. Il creuse de gros écarts le lendemain avec un total de neuf temps scratchs consécutifs et décroche pour la première fois de sa carrière une victoire sur la manche hellénique[84].

À la lutte face à Petter Solberg au coup d'envoi du rallye d'Argentine, Loeb parvient à construire une avance significative dans la deuxième boucle de la première journée, mais frôle l'accident en évitant une vache en sortie de virage. Le lendemain, sur un terrain offrant des spéciales larges et roulantes, il contrôle la remontée de Marcus Grönholm puis s'impose à l'arrivée, devenant ainsi le premier pilote à remporter six victoires consécutives en WRC[85],[86]. Sa série s'arrête à l'issue du rallye de Finlande, sur les terres de Grönholm. Quadruple vainqueur des 1000 Lacs, le Scandinave est considéré comme la référence mondiale sur les surfaces terres roulantes et jugé pratiquement imbattable à domicile. Auteur de quatre temps scratchs, Loeb ne sera pas en mesure de rivaliser avec la pointe de vitesse de son adversaire et s'inclinera à la deuxième place[87],[88].

À la suite de la mort accidentelle du copilote Michael Park lors du rallye de Grande-Bretagne, Sébastien Loeb refuse une victoire acquise et synonyme de deuxième titre mondial en s'infligeant volontairement une pénalité avant de franchir la ligne d'arrivée.

Il retrouve sa surface de prédilection lors du rallye d'Allemagne, première épreuve asphalte depuis la manche d'ouverture du championnat. En tête dès la première spéciale, l'Alsacien creuse progressivement des écarts importants sur la concurrence, seul son coéquipier François Duval parvenant à suivre le rythme à une dizaine de secondes. Citroën décide finalement de figer les positions après que ses deux pilotes aient manqué de peu la sortie de route au départ de la deuxième journée[89],[90]. Désormais titulaire d'une avance de plus de trente points au classement mondial, Loeb peut mathématiquement remporter le titre à l'issue du rallye de Grande-Bretagne. D'abord devancé par Grönholm, il hérite de la tête en raison de problèmes de freins perturbant le finlandais puis se construit une marge importante en enlevant la totalité des temps scratchs au programme de la deuxième étape. La course semble gagnée pour le français, mais les événements prennent une tournure dramatique lors du dernier jour de course. La deuxième Peugeot 307 WRC pilotée par Markko Märtin est victime d'une violente sortie de route provoquant la mort du copilote anglais Michael Park. La spéciale est neutralisée et décision est prise par les organisateurs d'annuler le parcours restant ainsi que la cérémonie du podium. En signe de deuil vis-à-vis de son coéquipier, Grönholm prend la décision de se retirer de la course. Alors virtuellement sacré champion du monde, Sébastien Loeb refuse de se voir couronner dans ces conditions et choisit de pointer volontairement en avance au parc fermé et d'écoper ainsi d'une pénalité de deux minutes le rétrogradant en troisième position[91],[92],[93].

Au départ du rallye du Japon, l'Alsacien n'a besoin que d'une troisième place pour remporter son deuxième titre. Parti sur un rythme prudent et subissant le handicap du balayage sur les premières spéciales, il parvient à revenir dans le trio de tête et assure ses trajectoires sans prendre de risques. En lutte pour la victoire face à Grönholm, Petter Solberg part à la faute et offre une deuxième place plus que suffisante pour permettre à Loeb de décrocher un deuxième sacre consécutif[94],[95]. Désormais double champion du monde, il reçoit carte blanche de la part de Citroën pour jouer la victoire au Tour de Corse qui lui avait jusque-là toujours échappé. Il se porte nettement en tête dès la première spéciale et rentre une fois de plus dans l'Histoire en devenant le premier pilote à signer la totalité des temps scratchs d'un rallye mondial. Un fait sans précédent depuis la création du championnat en 1973[96].

Il porte son score de victoires à dix cette saison en s'imposant sur le rallye de Catalogne, dernière épreuve asphalte qui manquait à son palmarès. La deuxième place de son coéquipier François Duval permet à Citroën de réaliser le doublé et de remporter pour la troisième fois consécutive le titre constructeur. La marque aux chevrons profite alors de l'occasion pour annoncer son retour en championnat du monde en 2007 après avoir obtenu des garanties sur la réduction des coûts de la part de la FIA[97],[98]. La saison s'achève aux antipodes avec le rallye d'Australie. Handicapé par les contraintes de sa position d'ouvreur en début d'épreuve, Loeb parvient finalement à se porter en tête avant de partir à la faute dans la neuvième spéciale. Trop optimiste sur un point de freinage, il percute un arbre frontalement, causant des dommages irréparables sur sa Xsara[99].

2006 : Troisième titre - Pilote privé chez Kronos et blessure en fin de saison[modifier | modifier le code]

En dépit d'une prise de risque conséquente, Sébastien Loeb sera une nouvelle fois mis en échec par Marcus Grönholm au rallye de Finlande, le Scandinave demeurant invincible sur ses terres.

Le retrait de Citroën Sport du championnat WRC est désormais effectif à l'entame de la saison 2006. Sébastien Loeb se retrouve dès lors rattaché à la structure privée belge Kronos Racing, cette dernière bénéficiant d'une assistance technique de la marque aux chevrons sur chaque épreuve[100]. Deux jeunes coéquipiers espagnols viennent l'épauler au sein de sa nouvelle équipe : Xavier Pons et le champion du monde des rallyes junior en titre Dani Sordo[101]. L'Alsacien poursuit également en parallèle de la compétition le développement de la Citroën C4 WRC dont l'inauguration est prévue pour le retour du constructeur français en 2007.

Il se porte en tête du rallye Monte-Carlo dès la première spéciale et creuse des écarts déjà significatifs sur son poursuivant direct Marcus Grönholm, fraîchement débarqué chez Ford. Il commet une faute dans le dernier secteur de la journée, victime d'une plaque de verglas mal négociée dans un virage à gauche, et doit faire appel à la règle du Super Rally et ses cinq minutes de pénalité pour repartir le lendemain[102]. Auteur d'une remontée offensive lors des deux dernières étapes, il achèvera sa course en deuxième position à une minute de Grönholm, vainqueur de son premier rallye asphalte[103]. Le Finlandais confirme la réputation de chasse gardée des pilotes nordiques attribuée au rallye de Suède en s'y imposant pour la quatrième fois. Jamais distancé et auteur de quelques temps scratchs, Loeb ne parviendra pas à égaler la pointe de vitesse de son adversaire, toujours légèrement en avance dans les spéciales clés, et terminera une fois encore à la seconde place[104].

Les deux hommes souffrent de leur position d'ouvreur lors du rallye du Mexique, première manche terre de la saison. Bénéficiant de conditions de route plus avantageuses, Petter Solberg s'empare de la tête tandis que Grönholm part à la faute en abordant un virage avec une vitesse excessive[105]. Sébastien Loeb parvient à revenir sur le Norvégien au cours de la deuxième étape puis se met définitivement à l’abri après que son adversaire ait été victime d'une casse de direction assistée. Il remporte sa première victoire de la saison et prend la tête du classement mondial[106]. L'Alsacien effectue un début de course en demi-teinte lors du rallye de Catalogne, gêné par des problèmes de freins et un Set-Up qui se révélera inadapté. Après modification du comportement de sa Citroën Xsara WRC à l'assistance, il signe ses premiers temps scratchs et revient sur le leader Marcus Grönholm. Le Finlandais connaît finalement des problèmes de turbo, laissant le champ libre à Loeb qui s'impose[107],[108].

Le Français poursuit sa domination lors du Tour de Corse dont il occupera la première place de bout en bout. Seul son jeune coéquipier Dani Sordo parviendra à rester un temps à son contact avant de s'incliner dans la deuxième étape[109],[110]. Victime du balayage et d'un tête-à-queue dans les premiers kilomètres du rallye d'Argentine, Loeb doit hausser son rythme et prendre des risques conséquents pour revenir sur ses adversaires. Il reprend la deuxième place de Petter Solberg puis se hisse en tête en profitant des problèmes de transmission de Grönholm pour finalement s'imposer pour la deuxième fois sur cette épreuve[111],[112].

Toujours contraint par le handicape du balayage, il abandonne plus de quarante secondes à son rival finlandais dans les premières spéciales du rallye de Sardaigne[113]. L'Alsacien doit attendre la deuxième boucle puis la deuxième journée de course pour signer ses premiers scratchs et rattraper progressivement le temps perdu. Grönholm heurte finalement une pierre à vive allure et laisse filer son adversaire vers une cinquième victoire consécutive[114],[115]. La série d'invincibilité de Loeb s'arrête lors du rallye de l'Acropole au départ duquel le Français concède un temps significatif en raison de sa position d'ouvreur. Mais contrairement au scénario de la manche italienne, il ne parvient pas à reprendre le temps perdu lors des deuxièmes passages. Le duel avec Marcus Grönholm se termine à la fin de la deuxième étape lorsque, victime d'une crevaison, il doit abandonner la lutte pour assurer sa deuxième place[116],[117].

Avec un vingt-septième succès en carrière, acquis au terme d'un duel extrême contre Marcus Grönholm, Sébastien Loeb dépasse le record de victoires en championnat du monde de son ami Carlos Sainz lors du rallye du Japon 2006.

Il s'impose pour la cinquième fois consécutive sur le rallye d'Allemagne au terme d'une course dominée de bout en bout. La deuxième place occupée par son coéquipier Dani Sordo lui permet de creuser davantage l'écart au championnat pilotes[118]. Motivé à l'idée de remporter le rallye de Finlande sur les terres de son principal adversaire, Sébastien Loeb prend des risques conséquents dès le départ de l'épreuve et avoue rouler à son maximum. Mais l'expérience du Scandinave ainsi que sa pointe de vitesse lui permettent de conserver la tête tant en accentuant progressivement son avance de quelques secondes spéciale après spéciale[119]. L'Alsacien abandonne finalement la lutte après avoir heurté une pierre dans un virage rapide et se contente dès lors d'assurer sa deuxième place[120],[121].

Le rallye du Japon sera le théâtre du duel le plus serré de la saison entre les deux pilotes. Tout d'abord victime d'un balayage intensif le reléguant en quatrième position, Loeb parvient à hausser son rythme et signer ses premiers temps scratchs pour revenir au contact du Finlandais[122]. Les deux hommes se partagent alors la totalité des meilleurs temps, reléguant le reste du peloton à plusieurs minutes au général. Le Finlandais craque le premier sous la pression en manquant un point de freinage, mais loin d'abdiquer, poursuit son offensive jusque dans la dernière spéciale[123]. L'Alsacien remportera la victoire pour un écart final de cinq secondes et, avec ce vingt-septième succès, dépassera le record de son ami Carlos Sainz[124]. Il concède un temps significatif à l'entame du rallye de Chypre en raison d'un balayage particulièrement significatif sur ce terrain abrasif[125]. Il enregistre ses premiers temps scratchs pendant les deuxièmes passages puis entame une remontée sur Marcus Grönholm. Le Finlandais commet ses premières fautes sous la pression au cours de la deuxième étape, permettant à Loeb de s'emparer de la première place qu'il conservera jusqu'à l'arrivée après avoir signé un total de dix meilleurs temps[126],[127].

Titulaire de trente-cinq points d'avance au championnat pilotes sur son dauphin, Sébastien Loeb n'a alors besoin que d'une quatrième place dans l'un des quatre rallyes restant de la saison pour s'adjuger un troisième titre mondial. Mais le 28 septembre 2006, la presse révèle que le champion français s'est fracturé la clavicule lors d'une chute en VTT[128]. Forfait pour la manche turque, il assiste impuissant à la victoire de Marcus Grönholm, désormais sans concurrence et seul homme à pouvoir encore lui contester mathématiquement le sacre[129]. Mais le Finlandais perd définitivement toutes ses chances lors du rallye d'Australie. Parti en tonneaux dans la troisième spéciale, il ne terminera l'épreuve qu'à la cinquième place, mettant ainsi Loeb hors d'atteinte au classement mondial[130]. C'est donc depuis chez lui, en Suisse, que l'Alsacien décroche son troisième titre pendant que son principal adversaire de la saison s'impose dans les deux dernières manches du championnat, permettant ainsi à Ford de remporter aux dépens de Kronos Racing son premier titre constructeur depuis 1979[131],[132].

Nouveaux titres sur Citroën C4 WRC (2007-2010)[modifier | modifier le code]

2007 : Quatrième titre - L'apogée de la rivalité avec Marcus Grönholm[modifier | modifier le code]

Sébastien Loeb égale le record de victoires au rallye Monte-Carlo pour la première apparition de la Citroën C4 WRC en championnat du monde.

L'année 2007 marque le retour officiel de Citroën en WRC ainsi que la réintégration de Sébastien Loeb en tant que pilote d'usine, six mois après sa blessure à l'épaule. C'est également l'année du débarquement de la Citroën C4 WRC, nouvelle arme de la marque aux chevrons, amenée à remplacer la vieillissante Xsara[133].

Le triple champion du monde débloque le compteur de temps scratchs de sa nouvelle voiture dès la première spéciale du rallye Monte-Carlo, manche d'ouverture de la saison. À la lutte face à son jeune coéquipier Dani Sordo dans un premier temps, il creuse finalement un écart significatif en fin de deuxième étape et s'impose pour la quatrième fois sur l'épreuve monégasque, en tête de bout en bout[134]. Vainqueur sortant et principal rival de l'Alsacien l'année passée, Marcus Grönholm prend sa revanche lors du rallye de Suède. Handicapé par sa position d'ouvreur, Loeb parvient à rester au contact du Scandinave à l'issue de la première étape mais doit ensuite s'incliner en raison d'un mauvais choix de pneus. Il assure néanmoins une deuxième place et conserve la tête du classement mondial[135].

En tant que second rallye neige de la saison, la première édition du rallye de Norvège fait figure de précédent inédit depuis 1978. Mikko Hirvonen, l'autre Finlandais de l'équipe Ford, se distingue en prenant la tête devant ses deux aînés. Auteur de plusieurs temps scratchs, Loeb occupe la troisième place provisoire avant de commettre deux erreurs successives dans la deuxième étape qui lui coûteront plusieurs minutes. Il termine quatorzième du général et cède le leadership du championnat pilotes à Grönholm[136],[137]. Les deux adversaires subissent le handicape du balayage au départ du rallye du Mexique, première manche terre de la saison, et se voient devancer par Petter Solberg, bénéficiaire d'une route nettoyée. Loeb entame une remontée sur le Norvégien à partir des deuxièmes passages et prend finalement la tête à la suite de l'abandon du pilote Subaru sur fuite d'huile. Il se construit une avance significative au cours de la deuxième étape et remporte une seconde victoire en terre mexicaine[138].

Le rallye du Portugal fait son retour au sein du calendrier mondial après six années d'absence. À la lutte face à Marcus Grönholm, l'Alsacien parvient à prendre l'avantage au cours de la deuxième étape à l'issue d'un pari risqué sur le choix des pneumatiques. Il signe huit temps scratchs consécutifs et remporte une nouvelle victoire. Le déclassement de son rival Finlandais pour épaisseur des vitres latérales non conformes sur sa Ford Focus lui permet de reprendre le leadership du classement mondial sur tapis vert[139]. Le triple champion du monde s'impose ensuite pour la troisième fois consécutive en Argentine au terme d'un rallye amputé d'un tiers de sa distance en raison de problèmes logistiques[140]. Auteur de plus de la moitié des temps scratchs au programme, il prit l'avantage dans des conditions boueuses et détrempées[141].

Sébastien Loeb poursuit sa série au rallye d'Allemagne en signant une sixième victoire consécutive sur les rives de la Moselle de façon dominatrice.

Le handicape du balayage se fait en revanche davantage ressentir lors du rallye de Sardaigne au départ duquel il ne pointe qu'en cinquième position. Il entame une remontée à partir de la deuxième boucle et s'empare des commandes après que Grönholm ait détruit l'un de ses amortisseurs contre une pierre. Détenteur d'une avance de plus de trente secondes après avoir monopolisé le haut de la feuille des temps au matin de la deuxième étape, Loeb abandonne finalement lors de la dernière journée de course à la suite d'une mauvaise réception sur un sommet en aveugle et perd la tête du classement mondial[142]. Il subit une nouvelle fois l'abrasivité du terrain dans les premières spéciales du rallye de l'Acropole et se classe quatrième au soir de la première journée. Il se hisse en seconde position grâce à quatre scratchs enregistrés le lendemain mais doit s'incliner face à la performance significative de Marcus Grönholm dans les 50 km de Agii Theodori[143].

Le Scandinave signe une troisième victoire consécutive sur ses terres, au rallye de Finlande, et conforte sa première place au championnat pilotes. Jamais pleinement distancé dans le classement intermédiaire des spéciales, Loeb se révèle néanmoins une fois de plus impuissant à égaler la pointe de vitesse de Grönholm sur son épreuve nationale[144]. Le Français profite du retour des manches asphaltes avec le rallye d'Allemagne pour inverser la tendance. Il s'y impose une sixième fois en autant de participations après une édition marquée par une météo difficile. La deuxième place de François Duval, acquise sur une vieillissante Citroën Xsara WRC, lui permet de reprendre quatre points à Marcus Grönholm[145].

Le rallye de Nouvelle-Zélande marque le paroxysme du duel qu'il se livre avec le Finlandais depuis plusieurs saisons. Prenant des risques significatifs, les deux hommes s'emparent de la quasi-totalité des temps scratchs au programme et abordent la dernière étape sans s'être clairement départagés. Le pilote Ford l'emporte sur le fil au terme de la Super-Spéciale de clôture avec un écart final de trois dixièmes de seconde en sa faveur, soit le plus faible enregistré jusqu'alors en WRC[146]. Loeb poursuit sa domination sur asphalte en s'imposant sur le rallye de Catalogne. Auteur du meilleur temps dans les secteurs clés, il devance son coéquipier Dani Sordo dont la seconde place permet à Citroën de signer le doublé[147].

C'est au rallye de Grande-Bretagne, manche de clôture de la saison, que Sébastien Loeb remporte son quatrième titre de champion du monde au terme d'une ultime passe d'armes face à Marcus Grönholm.

Les progrès de Marcus Grönholm sur le bitume se font ressentir à l'occasion du Tour de Corse, le Finlandais prenant la tête au départ du rallye. Ce n'est que lors de la deuxième étape que l'Alsacien parvient à creuser un écart significatif sur son adversaire et signer ainsi une troisième victoire à domicile lui permettant de revenir à quatre points au championnat pilotes[148]. Riche en rebondissements, l'édition du rallye du Japon voit le Scandinave partir à la faute dans la première étape puis abandonner en raison des dégâts occasionnés sur sa voiture. Loeb manque l'occasion de prendre une avance presque définitive au classement mondial en sortant à son tour de la route le lendemain, son copilote Daniel Elena s'étant trompé dans l'annonce d'un virage[149].

Le tournant de la saison a finalement lieu sur une épreuve asphalte inédite avec la première édition du rallye d'Irlande. L'Alsacien se porte rapidement en tête sur sa surface de prédilection mais découvre un problème sur son amortisseur arrière gauche en liaison le contraignant à réduire son rythme jusqu'à l'assistance. Mis au courant du problème touchant son rival, Grönholm prend la décision d'attaquer au maximum pour creuser l'écart mais perd finalement le contrôle de sa Focus dans un long virage longeant le bord de mer. Il heurte un muret en pierre frontalement et arrache deux roues sous le choc avant d'être conduit à l'hôpital pour des examens de prévention[150]. Loeb s'impose quant à lui sur la manche gaélique, lui permettant ainsi de se présenter au rallye de Grande-Bretagne clôturant la saison avec une avance de six points au classement mondial[151]. N'ayant besoin que d'une cinquième place pour s'adjuger mathématiquement le titre, il prend le parti de rouler sur un rythme assuré sans chercher à lutter contre les pilotes Ford. Il s'installe en troisième position qu'il sécurisera jusqu'à l'arrivée malgré des conditions d'adhérence très précaires et des problèmes de phares l'ayant contraint de piloter en aveugle. Il décroche finalement une quatrième couronne mondiale consécutive, égalant ainsi le record des Finlandais Juha Kankkunen et Tommi Mäkinen, Grönholm terminant à la deuxième place pour son départ en retraite[152],[153].

2008 : Cinquième titre - Premier quintuple champion du monde de l'histoire des rallyes[modifier | modifier le code]

Sébastien Loeb devient en 2008 le premier pilote de l'Histoire à s'adjuger cinq victoires au rallye Monte-Carlo.

Avec l'absence de Marcus Grönholm, son principal adversaire des saisons précédentes, Sébastien Loeb s'affirme peu à peu en tant que doyen des pilotes d'usine. Si l'environnement immédiat dans lequel évolue l'Alsacien change peu, le championnat du monde connaît quant à lui de nombreux bouleversements avec notamment l'imposition de Pirelli en manufacturier unique de pneumatiques, l'interdiction de certains types de gommes et la suppression de la grille inversée pour définir l'ordre des passages en spéciales[154].

Le nouveau quadruple champion du monde remporte facilement une cinquième victoire record sur le rallye Monte-Carlo, manche d'ouverture traditionnelle du mondial, en creusant de gros écarts sur ses concurrents dès le début de l'épreuve. Seul son coéquipier Dani Sordo parviendra un temps à maintenir le contact avant d'être relégué à près d'une minute et d'abdiquer sur casse moteur[155]. Le rallye de Suède marque le centième départ en WRC du duo Loeb-Elena. Les deux hommes sont victimes d'une sortie de route dès la première étape tandis qu'ils occupaient la troisième place provisoire. Repartis le lendemain avec ving-cinq minutes de pénalité, ils signent deux temps scratchs dans la première boucle matinale avant de renoncer à poursuivre la compétition pour épargner leur bloc moteur[156].

L'entame du rallye du Mexique, première manche terre de la saison, est le théâtre d'une passe d'armes entre Loeb et l'étoile montante Jari-Matti Latvala. L'Alsacien parvient à prendre le dessus sur son rival finlandais au début de la deuxième étape et conservera les commandes de l'épreuve jusqu'à la ligne d'arrivée[157]. Disputé sous des conditions météorologiques difficiles, le rallye d'Argentine marque les premiers travers de la nouvelle réglementation imposant aux pilotes de monter des pneus qui se révèlent inadaptés. Loeb se contente dès lors d'assurer son rythme en évitant les pièges et remporte finalement la course avec plusieurs minutes d'avance après que ses principaux adversaires soient un à un partis à la faute[158].

Sébastien Loeb s'adjuge une quatrième victoire record lors du rallye d'Argentine au terme d'une édition marquée par une réglementation imposant aux pilotes des pneus inadaptés aux conditions de route.

Le calendrier WRC accueille pour la première fois le rallye de Jordanie, épreuve jusque-là confinée au championnat du Moyen-Orient. De nouveau leader du classement mondial, l'Alsacien subit la position d'ouvreur et doit attendre les deuxièmes passages en spéciales pour trouver des conditions de route similaires à celles de ses rivaux. Il prend alors la tête et creuse des écarts déjà insurmontables à la régulière. Semblant avoir course gagnée, il est percuté en liaison par le pilote privé Conrad Rautenbach et doit attendre la dernière étape pour repartir. Il entamera alors une remontée qui le conduira à la dixième place finale[159]. Loeb signe la quarantième victoire de sa carrière au rallye de Sardaigne. Après s'être construit une marge significative au terme de la première journée, il parvient à surmonter le handicape du balayage dans les deux dernières étapes et à contrôler ainsi la remontée des pilotes Ford[160].

Parti sur un rythme élevé en dépit des pistes cassantes, l'Alsacien se hisse en tête du rallye de l'Acropole à mi-parcours de la première étape tandis que ses rivaux de la marque à l'Ovale endommagent leur Focus contre les pierres parsemant le tracé. Il cède provisoirement les commandes à son coéquipier Dani Sordo en raison d'une crevaison avant de reprendre le leadership pour finalement s'imposer[161]. Dernière épreuve de la saison disputée sur terre abrasive, le rallye de Turquie est marqué par la rupture de l'accord de fair-play qui unissait jusque-là les écuries vis-à-vis de l'abandon de la grille inversée pour définir l'ordre de passage en spéciales. En demandant à ses pilotes de ralentir volontairement en fin de première étape, l'équipe Ford ouvre une boîte de Pandore et contraint Sébastien Loeb à jouer le rôle de balayeur sur les deux tiers du parcours. Le Français terminera sa course à la troisième place[162].

Il affiche sa suprématie et marque l'Histoire après la pause estivale en remportant pour la première fois le rallye de Finlande, réputé chasse gardée des pilotes locaux. En tête de bout en bout et auteur de quinze temps scratchs, il s'impose au terme d'une lutte serrée face à Mikko Hirvonen[163]. Il poursuit sa série d'invincibilité au rallye d'Allemagne avec une septième victoire consécutive. Jamais véritablement inquiété, il y remporte près des trois quarts des spéciales et manque le Grand Chelem afin d'économiser son bloc moteur[164].

Sébastien Loeb poursuit sa série d'invincibilité au rallye d'Allemagne en s'y imposant pour la septième fois consécutive après avoir mené la course de bout en bout.

Désormais à nouveau leader du classement mondial, Loeb subit sa position d'ouvreur lors de la première boucle matinale du rallye de Nouvelle-Zélande. Profitant des deuxièmes passages pour réaliser ses premiers scratchs dans des conditions de route moins pénalisantes, il est en passe de prendre la tête lorsqu'il écope d'une pénalité de trente secondes pour un retard lié à un problème de démarreur. Il s'imposera finalement au terme d'un retournement de situation qui aura vu l'abandon simultané des deux pilotes Ford dans la dernière étape[165]. Le champion du monde confirme sa suprématie sur asphalte avec une quatrième victoire consécutive au rallye de Catalogne. En tête de bout en bout, seul son coéquipier et local de l'épreuve Dani Sordo sera parvenu à suivre son rythme[166].

Il récidive en remportant une nouvelle fois le Tour de Corse, dernière épreuve de la saison sur cette surface. Auteur de quatorze temps scratchs sur seize possibles, il survole son rallye national , Sordo étant parti à la faute dès les premiers secteurs, et franchit la ligne d'arrivée avec près de trois minutes d'avance sur son plus proche poursuivant[167]. C'est finalement dans la pénultième manche du calendrier, au rallye du Japon, qu'il devient le premier quintuple champion du monde de l'Histoire du WRC. N'ayant besoin que de six points pour s'assurer d'un nouveau sacre, Loeb fait le choix d'assurer une troisième place tout au long de l'épreuve[168].

La saison s'achève avec le rallye de Grande-Bretagne disputé dans des conditions hivernales particulièrement piégeuses. Une lutte serrée se dessine dès les premières spéciales entre l'Alsacien et Jari-Matti Latvala, les deux hommes monopolisant la totalité des temps scratchs et afficheant un écart inférieur à dix secondes au moment d'aborder la dernière journée de course. Loeb remporte finalement la victoire sur le fil en s'imposant dans tous les secteurs de la dernière étape malgré une pénalité imaginaire infligée par les commissaires pour faux départ. Avec ce onzième succès de la saison, il réussit à battre son propre record de 2005 et comble son palmarès par la dernière épreuve qui lui faisait défaut, devenant ainsi le premier pilote à s'imposer sur tous les rallyes classiques du calendrier[169],[170].

2009 : Sixième titre - Milieu de saison catastrophique et sacre sur le fil[modifier | modifier le code]

Sébastien Loeb, désormais premier quintuple champion du monde de l'histoire des rallyes, entame la saison 2009 en tant que grand favori, toujours chez Citroën. Pour la première fois depuis 1996, le rallye Monte-Carlo ne figure pas au calendrier du WRC pour cause de conflit entre les organisateurs et la FIA, et laisse ainsi sa place au rallye d'Irlande dont c'est la deuxième édition seulement. À l'exception de la première spéciale, jugée dangereuse et non conforme par la plupart des pilotes en raison des risques d'aquaplaning[171],[172],[173], Loeb se montre d'entrée dominateur sur sa surface de prédilection et enlève les cinq autres scratchs de la première étape[174],[175]. Avec des conditions pluvieuses rendant les routes très dangereuses à cause de l'eau stagnante, les écarts creusés par le champion alsacien sont encore plus importants et la concurrence est déjà loin et résignée au soir de la première journée, amputée de deux spéciales pour des raisons de sécurité[176],[177]. Le Français remporte facilement l'épreuve et signe sa deuxième victoire en terre celtique[178],[179],[180]. Son plus proche poursuivant, le spécialiste de l'asphalte Dani Sordo, est relégué à plus d'une minute.

Le quintuple champion du monde créé ensuite l'exploit en remportant pour la première fois le rallye de Norvège, chasse gardée des pilotes scandinaves au sein de laquelle les pilotes latins peuvent difficilement exister[181],[182],[183],[184]. Il ajoute ainsi un deuxième rallye sur terre enneigée à son palmarès, après sa victoire en 2004 au rallye de Suède. Ce succès aura été construit au terme d'une lutte très serrée avec le finlandais Mikko Hirvonen, spécialiste des surfaces glacées, que Loeb ne parviendra jamais à distancer complètement[185],[186],[187],[188]. Il avouera avoir dû prendre tous les risques au cours de la deuxième journée pour conserver l'avantage en raison de sa première position pénalisante sur la route[189],[190]. L'écart entre les deux hommes sera ainsi inférieur à 10 secondes à la fin du rallye.

Sébastien Loeb maintient sa domination sur le rallye de Chypre qui inaugurait pour la première fois en 2009 un format mixte terre/asphalte.

Épreuve suivante de la saison, le rallye de Chypre adopte cette année-là pour la première fois un format mixte terre/asphalte qui tranche avec sa réputation de rallye le plus cassant et le plus éprouvant du championnat[191],[192]. Le Français creuse d'entrée un écart important sur ses adversaires en décrochant les cinq premiers scratchs de la première étape, celle-ci présentant les fameuses nouvelles spéciales goudronnées[193],[194],[195]. Son avance confortable lui permet alors de contrôler son rythme sans prise de risques lors des deux étapes restantes, et de remporter de bout en bout une quatrième victoire consécutive sur l'Ile d'Aphrodite, la cinquantième de sa carrière, battant ainsi le record de l'Italien Alessandro Fiorio[196],[197],[198].

Le rallye du Portugal commence mal pour Sébastien Loeb qui sort légèrement de la route 300 m après le départ de la deuxième spéciale spéciale. Il parvient à repartir aussitôt mais perd pratiquement 30 secondes dans la mésaventure à cause de la poussière soulevée par son travers[199],[200],[201]. Il limite néanmoins les dégâts dans les spéciales suivantes malgré sa position de balayeur et achève la première journée à 18 secondes du leader. C'est lors de la deuxième étape, au cours de laquelle il retrouve une position de route moins pénalisante, qu'il revient fortement sur ses adversaires en signant tous les temps scratchs au programme[202],[203],[204]. Il s'empare alors de la tête du rallye pour ne plus jamais la lâcher et s'offre finalement une deuxième victoire de rang au Portugal, une fois encore devant Mikko Hirvonen et son coéquipier Dani Sordo[205],[206].

Le championnat du monde fait ensuite escale au rallye d'Argentine, remporté une nouvelle fois par le Français pour la cinquième fois consécutive[207],[208]. Là encore, la position de balayeur de Loeb l'empêche de bien figurer lors de la première étape, mais il reste au contact des leaders en n'y concédant que 16 secondes[209]. Il rattrape alors son retard en signant six temps scratchs dans la deuxième journée et construit une avance de près d'une minute sur son coéquipier Dani Sordo[210],[211]. Son principal adversaire au championnat Mikko Hirvonen a pour sa part été contraint à l'abandon pour cause de surchauffe moteur[212]. Loeb creuse ainsi un écart de 20 points sur son dauphin au classement mondial, soit l'équivalent de deux victoires, grâce à ses cinq succès en autant de rallyes. Cela lui permet de signer le meilleur début de saison de l'histoire du championnat du monde pour un pilote, effaçant les records de 1988 et 1989 de Massimo Biasion. Il affole également les statistiques en signant sa sixième victoire consécutive, son quinzième podium consécutif et sa treizième victoire dans les 15 derniers rallyes.

Mais cette série s'arrête nette au rallye de Sardaigne. Comme à l'accoutumé, l'Alsacien souffre lors de la première journée pour cause de position de route pénalisante vis-à-vis de ses adversaires, mais il concède cette fois-ci plus de 40 secondes face au jeune leader Jari-Matti Latvala, fougueux et désireux de laver ses échecs de début de saison[213],[214]. Loeb commence à rattraper son retard dès le début de la deuxième étape[215] mais est bloqué net dans son élan. Il écope tout d'abord d'une pénalité de 10 secondes pour avoir pointé une minute en retard au départ de la SS9, à cause du temps perdu sur le parcours routier pour purger des freins défectueux[216],[217]. Puis il est victime d'une crevaison deux spéciales plus loin, lui ôtant tout espoir de victoire[218],[219],[220]. Il termine finalement de justesse sur le podium en reprenant Petter Solberg sur le fil à la fin du rallye[221], avant de recevoir une nouvelle pénalité de 2 minutes et d'être déclassé à la quatrième place après l'arrivée. Au moment de leur crevaison, son copilote Daniel Elena avait en effet détaché son harnais de sécurité pour préparer le changement de roue alors que la voiture était encore en mouvement[222],[223].

Sébastien Loeb ne parvient pas à rééditer son exploit de la saison passée au rallye de Finlande 2009 et doit s'incliner face à Mikko Hirvonen au terme d'un duel très serré.

Toujours numéro un au classement mondial, Loeb continue de se voir imposer le statut de balayeur pour ses adversaires au rallye de l'Acropole, sur le terrain le plus cassant du calendrier et où la position d'ouvreur est donc la plus handicapante. Il parvient à limiter les dégâts lors de la première journée en accrochant la troisième position, 20 secondes derrière le leader[224],[225],[226]. Mais dès le lendemain, il est très vite contraint à l'abandon lors de la première spéciale de la deuxième étape. Sorti trop large dans un virage à droite, l'Alsacien prend la corde pour rattraper sa Citroën C4 mais heurte une pierre cachée dans l'herbe, sort de la route et part en tonneau[227],[228],[229]. L'arceau de sécurité étant touché, il ne peut espérer reprendre la course pour la dernière journée. Mikko Hirvonen, vainqueur de la manche grecque, comble alors en grande partie son retard au classement mondial[230],[231].

La série noire se poursuit au Pologne dont c'est le retour en mondial depuis sa première et unique édition en 1973. Alors en lutte pour la première place face à son rival finlandais pour moins de trois dixièmes[232], Loeb heurte une souche d'arbre qu'il n'avait pas repéré lors des reconnaissances dans la quatrième spéciale et endommage une suspension[233],[234],[235]. Il repart le lendemain en trente-deuxième position, à 18 minutes de la huitième place, synonyme des premiers points. Il entame alors une remontée au cours des deux dernières étapes et parvient finalement à atteindre la onzième place à la régulière. À ce moment-là, l'équipe Citroën donne des consignes aux autres pilotes de la marque Evgeny Novikov et Conrad Rautenbach afin de les faire ralentir et laisser passer le Français[236]. Les abandons de Sébastien Ogier sur problème moteur[237] et de Jari-Matti Latvala sur casse de suspension[238] permettent ensuite à Loeb d'accrocher la septième place. Malgré ce retour dans les points, il doit céder la position de leader du championnat à Mikko Hirvonen, vainqueur du rallye, pour une seule unité[239],[240].

Le rallye de Finlande est toujours délicat à aborder pour les pilotes latins, tant les Scandinaves sont réputés quasi-imbattables sur leur terrain. Cette édition ne déroge pas à la règle et Loeb ne parvient pas à rééditer son exploit de 2008. Fort désormais de son nouveau statut de numéro un mondial, Mikko Hirvonen l'emporte au terme d'un duel serré entre les deux hommes au cours duquel les écarts seront souvent inférieurs à 10 secondes[241],[242]. Mais Loeb ne parviendra jamais à prendre le dessus sur son principal adversaire au championnat et perd définitivement toutes ses chances de victoire dans une crevaison lors de la quinzième spéciale[243],[244],[245]. Il décide finalement de relâcher son rythme en fin d'épreuve pour assurer sa deuxième place.

Bien que dominateur aux antipodes, Loeb se voit retirer sa victoire lors du rallye d'Australie 2009 à cause d'une erreur administrative de Citroën Racing, compliquant ainsi dangereusement sa quête d'un sixième titre mondial consécutif.

Le rallye d'Australie fait son grand retour au calendrier mondial après deux saisons d'absence[246]. Il se distingue cette année par un nombre très important de spéciales (35) pour l'époque moderne et par leur longueur très réduite (souvent moins de dix kilomètres), ce qui empêche de creuser des écarts importants en une seule boucle. Loeb et Hirvonen, handicapés par le balayage de par leur position d'ouvreur, sont tous deux relégués à plus de 20 secondes de la tête au terme de la première étape[247],[248]. Ce n'est qu'à partir du lendemain que les deux hommes vont se partager la quasi-totalité des temps scratchs restants avec l'Espagnol Dani Sordo et former ainsi un trio de tête avec des écarts très serrés. Loeb prend finalement un avantage définitif lors de la dernière journée et remporte le rallye pour 12 secondes, Hirvonen parvenant in extremis à passer Sordo en toute fin d'épreuve pour cueillir la deuxième place[249],[250]. Mais quelques jours après l'arrivée, l'Alsacien, ainsi que les autres pilotes Citroën Dani Sordo et Sébastien Ogier, écopent chacun d'une pénalité d'une minute prononcée par les commissaires techniques de la Fédération internationale de l'automobile à cause d'une photographie manquante dans le dossier d'homologation d'une attache de barre anti-roulis utilisée sur les C4 WRC. Bien que cette faute administrative de l'écurie française n'apporte aucun avantage compétitif, Loeb se voit déclassé à la deuxième place et Hirvonen remporte sur tapis vert son quatrième rallye de rang, portant à cinq points son avance au championnat à seulement deux rallyes de la fin de la saison[251],[252].

Pour l'équipe Citroën, le calcul est simple : Loeb doit remporter les deux dernières manches et réaliser le doublé avec Sordo, hors course pour le championnat, au rallye de Catalogne pour être certain d'être titré. C'est ce qui est convenu entre les deux pilotes et Olivier Quesnel, directeur de Citroën Racing, avant le départ de l'épreuve catalane[253],[254]. Tous deux spécialistes des rallyes asphaltes, contrairement aux pilotes finlandais du rival Ford, le Français et son coéquipier espagnol partent sur un rythme suffisant pour s'emparer de la tête du rallye mais sans prendre de risques[255],[256]. Sordo prend soin de laisser volontairement la première place à Loeb en cours d'épreuve, assurant dans la foulée le doublé Citroën permettant à l'écurie française de s'adjuger un cinquième titre mondial des constructeurs[257],[258]. Hirvonen accroche la dernière marche du podium et compte encore un point d'avance sur Loeb avant l'ultime manche de la saison, dont le vainqueur sera ainsi certain d'être le nouveau champion du monde[259],[260].

Le rallye de Grande-Bretagne va logiquement se résumer à une lutte acharnée pour la victoire entre les deux pilotes qui se partageront la totalité des temps scratchs sur un terrain particulièrement glissant et piégeux[261],[262],[263]. Dans un premier temps, l'écart reste faible entre les deux hommes avant que Sébastien Loeb ne creuse un trou de plus de 20 secondes dans la première boucle de la deuxième étape[264],[265],[266],[267]. N'ayant plus rien à perdre, le finlandais décide alors de prendre tous les risques en fin d'épreuve. Lors d'un saut abordé de manière trop agressive, le capot du moteur de sa Ford Focus WRC s'ouvre au moment de la réception, le privant de toute visibilité[268],[269]. Il perd une minute dans l'aventure et toutes ses chances de victoire et de sacre. Loeb remporte finalement 9 des 16 spéciales chronométrées et s'impose pour la deuxième fois consécutive en terre britannique devant Hirvonen, en ayant conservé la tête de bout en bout.

Il décroche finalement son sixième titre mondial consécutif avec panache et devant son principal rival qui échoue à seulement un point au classement général[270],[271]. Malgré un début de saison historique, Loeb se sera heurté à la régularité sans faille de Mikko Hirvonen. Ce dernier aura quant à lui su profiter des coups du sort qui se sont abattus sur le Français en milieu d'année ainsi que d'un barème de points privilégiant les places d'honneur plutôt que les victoires. Cette situation sera justement corrigée dès l'année suivante par la Fédération internationale de l'automobile sur tous les championnats du monde qu'elle sanctionne, en attribuant un avantage plus important au vainqueur d'une épreuve en termes de points par rapport aux autres places. Sébastien Loeb parachève enfin son année sportive par la manche de clôture du championnat de France des rallyes avec son épouse Séverine en tant que copilote. Il remporte ainsi pour la deuxième fois le rallye du Var au volant de sa Citroën C4 WRC, signant au passage 9 temps scratchs sur 11 spéciales[272].

2010 : Septième titre - Domination absolue face à la nouvelle génération[modifier | modifier le code]

Sébastien Loeb signe une victoire de bout en bout lors de la première édition du rallye de Bulgarie en 2010.

La saison 2010 marque la fin d'une ère pour les World Rally Cars avec la dernière apparition en mondial de voitures équipées de moteur 2 L Turbo, parmi lesquelles figurent la Citroën C4 WRC de Sébastien Loeb.

Pour la première fois depuis 1996, le rallye de Suède tient le rôle de manche d'ouverture du championnat du monde. Loeb se place en tête dès le début de la première étape, mais se fait ensuite rejoindre par son dauphin, le finlandais Mikko Hirvonen, très à l'aise sur neige[273],[274],[275]. L'écart est de seulement quelques secondes et les deux hommes se rendent coup pour coup dans les spéciales suivantes. Les positions de tête sont toujours très serrées lorsque Ford prend le risque d'utiliser les derniers pneus neufs d'Hirvonen plus tôt que prévu, permettant ainsi au Scandinave de porter son avance à plus de 15 secondes[276],[277],[278]. Surpris par cette stratégie et se remémorant ses nombreux déboires passés sur les rallyes neiges, Loeb s'incline et préfère assurer sa seconde place plutôt que de prendre des risques[279],[280],[281].

Le Mexique inaugure la série de rallyes terres traditionnelle de début de championnat. En tant que second du classement mondial, l’Alsacien retrouve comme à son habitude une position de balayage handicapante sur la route et ne parvient à accrocher que la troisième place au terme de la première étape, derrière Petter Solberg et son jeune coéquipier Sébastien Ogier[282],[283],[284]. De nouveau en mesure de se battre à la régulière, il prend rapidement les commandes du rallye dès le lendemain en seulement deux spéciales et signe huit temps scratchs consécutifs[285],[286],[287]. Désormais détenteur d'une avance confortable de près d'une minute sur son plus proche poursuivant, il relâche son rythme et remporte une quatrième victoire consécutive sur les terres mexicaines[288],[289],[290]. Cette bonne opération lui permet de reprendre la tête du classement mondial.

Le même schéma se reproduit à l'identique au rallye de Jordanie, que Loeb n'avait pu remporter la saison passée après s'être fait percuter par un de ses coéquipiers en liaison. Toujours de corvée de balayage, il pointe en troisième position à l'issue de la première étape, à 30 secondes du leader finlandais Jari-Matti Latvala[291],[292],[293]. Désormais crédité d'une position de départ similaire à celle de ses rivaux, il prend rapidement les commandes du rallye lors de la deuxième journée, creusant notamment des écarts de plusieurs dizaines de secondes dans les deux passages de Jordan River, une spéciale de plus de 40 km[294],[295],[296]. Afin d'éviter que Loeb n'ait encore à balayer lors du dernier jour, mais aussi pour répliquer aux stratégies similaires de Ford ayant eu lieu la veille, l'équipe Citroën fait en sorte que l'autre pilote de la marque Sébastien Ogier, plus loin au classement, prenne en charge la position d'ouvreur en le faisant pointer en avance. L'Alsacien peut ainsi se battre dans les mêmes conditions que Latvala pour finalement remporter pour la première fois la seule épreuve du calendrier située au Moyen-Orient, après y avoir signé un total de 9 temps scratchs[297],[298],[299]. Bien que cette nouvelle victoire ait pu sembler facile d'un point de vue extérieur, le sixtuple champion du monde avoue avoir dû aller souvent à la limite à cause de sa position de balayeur sur la plupart des spéciales. Cette situation, ainsi que les différentes stratégies contraires à l'esprit sportif qui ont animées l'épreuve, accentuent à nouveau les critiques vis-à-vis du règlement récent de la FIA destiné à accroître artificiellement le suspense en WRC[300],[301].

Victime de problèmes de freins et de la perte de son pare-chocs avant, Sébastien Loeb parvient malgré tout à accrocher le podium au rallye de Finlande 2010.

Après une absence de cinq ans, le rallye de Turquie fait son retour au calendrier mondial en adoptant pour la première fois un profil mixte terre/asphalte. Double vainqueur de l'épreuve, Loeb souffre toujours de son éternel rôle de balayeur lors de la première étape, au terme de laquelle il pointe à la cinquième place, à 25 secondes de son coéquipier Sébastien Ogier[302],[303],[304]. Il revient lentement mais surement sur la tête dès le lendemain, grâce notamment aux portions asphaltes, et prend les commandes du rallye peu avant la fin de la deuxième journée. Le danger est au fur et à mesure écarté avec les déboires de ses plus proches poursuivants Sébastien Ogier et Petter Solberg, respectivement sur une crevaison et une touchette contre un arbre[305],[306],[307]. L’Alsacien signe finalement une troisième victoire de rang en survolant la dernière étape disputée dans des conditions éprouvantes et conforte par la même occasion sa place de leader du classement mondial[308],[309],[310].

Loeb ne remportera pas le rallye de Nouvelle-Zélande cette année mais signera ce qui est peut-être sa performance sportive la plus remarquable. Après avoir perdu plus de 80 secondes à la suite d'une touchette sur un pont dès la première étape, le Français tombe à la huitième place du classement général. De l'avis de tous les observateurs, les chances de victoires se sont envolées pour le multiple champion du monde[311],[312]. Néanmoins, il parvient à la surprise générale à combler l'intégralité de son retard lors de la deuxième étape et à se hisser en tête de l'épreuve, reprenant plus de 50 secondes sur le leader Jari-Matti Latvala rien que sur les deux passages de la spéciale Te Akau Coast[313],[314]. Cet exploit suscitera l'admiration de ses pairs, y compris celle de Malcolm Wilson, directeur de l'écurie Ford, principal rival de Citroën, qui commentera à ce sujet : « C'est incroyable, j'ai vu pas mal de bons pilotages dans ma vie, mais je n'avais jamais vu ça. C'est un privilège d'y avoir assisté. Ça restera dans l'histoire. Peu importe ce que chacun peut dire, vous ne pouvez qu'être admiratif face à une telle performance[315]. » Un tête à queue lors de la dernière étape l'empêchera de remporter le rallye. Il se classera finalement troisième, à seulement 15 secondes du vainqueur Jari-Matti Latvala[316],[317].

Le format cassant et abrasif du rallye du Portugal handicape une fois encore l'Alsacien dans son rôle de balayeur, dû à son statut de leader du classement mondial. À la fin de la première étape, il accuse plus de 40 secondes de retard sur le pilote de tête, son coéquipier Sébastien Ogier, parti plus loin dans l'ordre de départ et bénéficiant ainsi d'une piste nettoyée[318],[319],[320]. À partir du lendemain, Loeb retrouve des conditions de route plus standards et revient fortement sur ses adversaires, signant au passage 8 temps scratchs sur les 11 spéciales encore au programme avant l'arrivée[321],[322]. Mais la distance restante à parcourir ne sera pas suffisante et le champion du monde doit se contenter de la deuxième place, à seulement 8 secondes d'Ogier qui signe là sa toute première victoire en mondial[323],[324].

Loeb devient le premier pilote de l'histoire des rallyes à s'imposer huit fois sur une même épreuve lors du rallye d'Allemagne 2010.

Après la pause estivale, Loeb retrouve l'asphalte, sa surface de prédilection, dans le cadre de la première édition du rallye de Bulgarie. Cette fois encore, la domination du Français sur le bitume est telle que le déroulement de l'épreuve est clairement à sens unique. Il prend ainsi la tête dès la première spéciale et signe les 5 premiers scratchs au programme, creusant une avance de plus de 30 secondes sur son coéquipier Dani Sordo, le seul qui sera parvenu un temps à suivre le rythme du champion du monde[325],[326],[327]. Loeb limitera sa cadence sur celle de ses adversaires lors des deux dernières étapes pour s'offrir finalement une nouvelle victoire de bout en bout dans un rallye mondial[328],[329],[330],[331],[332]. L'équipe Citroën remporte quant à elle l'intégralité des temps scratchs de l'épreuve et signe même un quadruplé inédit en mondial depuis la victoire des Toyota en 1993 au Safari Rally, avec notamment Juha Kankkunen[333].

Le rallye de Finlande opte cette année pour un format concentré sur deux jours seulement, comme l'autorise la nouvelle réglementation, obligeant ainsi Sébastien Loeb à jouer le rôle de balayeur sur plus de la moitié des spéciales au programme. Le Français tente de limiter les dégâts mais est très vite victime de problèmes de freins et concède environ une quinzaine de secondes dans la cinquième spéciale avec la perte d'aérodynamisme de sa voiture, due à la destruction de son pare-choc avant. Il pointe ainsi en quatrième position au soir de la première étape, à plus de 30 secondes de la tête[334],[335]. Il signe 3 temps scratchs dès le lendemain mais affirme ne pas prendre tous les risques et penser avant tout au championnat, compte tenu de l'écart déjà important avec ses rivaux. Il parvient néanmoins à reprendre sur le fil la troisième place de Petter Solberg et termine ainsi sur le podium, derrière Jari-Matti Latvala et Sébastien Ogier[336],[337],[338].

Le calendrier mondial renoue ensuite avec l'asphalte dans le cadre de l'édition 2010 du rallye d'Allemagne. Sébastien Loeb prend les commandes dès l'entame de l'épreuve en signant les trois premiers scratchs au programme et maintient sa position de leader jusqu'au soir de la première étape. En embuscade à moins de 10 secondes, l'Espagnol Dani Sordo est le seul à être parvenu à suivre le rythme du champion du monde, les autres concurrents étant déjà relégués à plus d'une minute[339],[340],[341]. C'est lors de la deuxième journée, dans les deux passages de Panzerplatte, la spéciale la plus longue du rallye, que l'Alsacien creuse un écart significatif sur son coéquipier. Le pilote ibérique pointe désormais à plus de 30 secondes et les positions ne bougeront plus[342],[343],[344]. Avec cette nouvelle victoire, Loeb reste invaincu sur les rives de la Moselle et établit un nouveau record en devenant le premier pilote à remporter 8 fois un même rallye mondial, dépassant ainsi Marcus Grönholm et ses 7 victoires au rallye de Finlande[345],[346],[347]. Citroën réalise de surcroît le triplé grâce à Sébastien Ogier qui complète le podium.

C'est sur ses terres, lors de la première édition du rallye d'Alsace, que Sébastien Loeb est sacré champion du monde des rallyes pour la septième fois consécutive.

Après une année blanche, le rallye du Japon fait son grand retour en tant qu'unique représentant du continent asiatique. Loeb renoue de facto avec la corvée de balayage lors de la première journée de course, très important au pays du Soleil Levant. Il accumule ainsi beaucoup de retard, auquel s'ajoute un problème d'amortisseur, et ne parvient à faire mieux que sixième au soir de la première étape, à près d'une minute du leader[348],[349],[350]. Bénéficiant de conditions de route plus optimales le lendemain, il reprend environ 20 secondes aux pilotes de tête mais avoue ne pas avoir de bonnes sensations et manquer de rythme, sans pouvoir en expliquer la raison[351],[352],[353]. Il terminera finalement à la cinquième place à la suite des problèmes de transmission de Mikko Hirvonen, soit sa plus mauvaise performance à la régulière depuis le rallye de Norvège 2007[354],[355].

Après une saison d'absence au titre de l'alternance votée par la FIA, la France fait son grand retour en tant que nation organisatrice d'un rallye mondial. Le traditionnel Tour de Corse a cependant laissé sa place au rallye d'Alsace, dont c'est la première édition. Avec 43 points d'avance sur son dauphin et coéquipier Sébastien Ogier à trois manches de la fin de la saison, Loeb dispose de fortes chances d'être titré à domicile, dans sa région natale. L'Alsacien prend les commandes dès l'entame du rallye en signant les quatre premiers temps scratchs, creusant un écart déjà significatif sur ses adversaires au soir de la première étape[356],[357]. La course est définitivement pliée le lendemain lors du premier passage dans Pays d'Ormont, la spéciale la plus longue de l'épreuve. Loeb y relègue son plus proche poursuivant Dani Sordo à près de 20 secondes, construisant par là même une avance irrémédiable au classement général[358],[359],[360],[361]. Il assure alors sereinement les parcours chronométrés restants pour venir coiffer sa septième couronne consécutive de champion du monde, engrangeant de fait sa 60e victoire en championnat du monde des rallyes et dépassant la barre des 1000 points marqués[362],[363],[364]. De son côté, Citroën remporte pour la sixième fois le titre constructeur en réalisant de surcroît le triplé à domicile avec Dani Sordo et Petter Solberg qui complètent le podium. Les deux championnats étant joués, Sébastien Loeb peut désormais rouler libéré sans la pression des points à assurer.

L'édition 2010 du rallye de Catalogne bouleverse le format traditionnel de cette épreuve en y introduisant pour la première fois un parcours mixte terre/asphalte avec une première journée entièrement sur terre. Loeb, quintuple vainqueur de la manche ibérique, se voit donc contraint de renouer avec le handicap du balayage. Il parvient malgré tout à prendre la tête du rallye dès la première spéciale et à maintenir un mince avantage de quelques secondes jusqu'au soir de la première étape[365],[366],[367]. C'est lors de la deuxième journée, sur les surfaces goudronnées qu'il domine outrageusement, que le pilote français s'envole au classement général avec un écart de plus de 40 secondes sur son plus proche poursuivant[368],[369],[370]. Il s'impose finalement sur les terres catalanes pour la 6e fois d'affilée, Citroën réalisant une fois de plus le triplé avec Petter Solberg et Dani Sordo, battant ainsi le record de triplés en une saison détenu jusqu'alors par Lancia depuis 1989[371],[372].

La saison 2010 se clôture cette année encore par le mythique rallye de Grande-Bretagne, dans des conditions très humides et pluvieuses. La première étape est le théâtre d'un affrontement très serré entre les pilotes, au cours duquel un quatuor de tête, dont Loeb, se dessine très nettement sur les autres. L'Alsacien, qui subit à cause des ornières saturées d'eau, prend finalement de justesse la tête de l'épreuve lors de la dernière spéciale du jour[373],[374],[375]. Jari-Matti Latvala est le premier à lâcher prise sur crevaison dans le même chrono, puis c'est au tour de Sébastien Ogier sur sortie de route dès l'entame de la deuxième étape[376]. Le rallye se résume alors à un mano a mano entre Sébastien Loeb et le pilote privé Petter Solberg. Les deux hommes, roues dans roues, se partagent la quasi-totalité des temps scratchs. Moins de 5 secondes les séparent avant la dernière étape[377],[378]. Loeb hausse alors son rythme et signe les deux premiers scratchs du jour, portant son avance à près de 15 secondes. Solberg ne peut suivre et commence à commettre des erreurs de pilotage. Sébastien Loeb continue de creuser l'écart et offre in fine une dernière victoire à la Citroën C4 WRC pour son dernier rallye, la marque aux chevrons décidant dans le même élan d'offrir la monture à son pilote vedette[379],[380],[381]. Le changement de réglementation technique devant intervenir à partir de la saison prochaine rendra en effet non conformes toutes les voitures actuellement présentes dans le championnat du monde. La saison s'achève ainsi par une huitième victoire de l'Alsacien, affichant un score final de 12 podium en 13 manches, sans le moindre abandon ni recours au Super Rally.

Derniers titres sur Citroën DS3 WRC (2011-2012)[modifier | modifier le code]

2011 : Huitième titre - Nouveau sacre en dépit du règlement et des coups du sort[modifier | modifier le code]

La saison 2011 marque le retour du manufacturier Michelin et introduit de profondes modifications dans la réglementation technique des voitures homologables pour le championnat du monde des rallyes, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle ère avec pour ligne de mire la réduction des coûts. Le traditionnel moteur 2 L Turbo, qui était jusque là la norme depuis la saison 1987 et la fin du mythique Groupe B, laisse sa place à une cylindrée réduite à 1 600 cm3. La puissance maximale reste fixée à 300 chevaux et la transmission est toujours répartie sur quatre roues motrices, mais le couple s'en trouve réduit de près de 40%, laissant présager un handicap plus important qu'auparavant pour le balayage sur les rallyes terres. Le plateau s'en trouve donc entièrement renouvelé au sein de toutes les équipes engagées, avec des modèles de voitures plus courtes. C'est l'occasion pour la marque aux chevrons d'introduire sa nouvelle arme avec la Citroën DS3 WRC. Cette nouvelle saison est également la dernière pour laquelle Sébastien Loeb dispose d'un contrat effectif avec le constructeur français, avant un possible renouvellement attendu pour la fin de l'été.

Le coup d'envoi du championnat du monde est une nouvelle fois donné dans le cadre du rallye de Suède, seul épreuve neige de la saison dans laquelle le natif d'Haguenau a toujours eu un certain manque de réussite. Cette année, les intempéries jouent contre lui avec une météo capricieuse la veille du départ. Son statut de champion du monde en titre l'oblige à ouvrir la route et à balayer des spéciales recouvertes de 30 cm de neige lors de la première étape, au cours de laquelle il est également victime de deux crevaisons. Il pointe ainsi en neuvième position au soir de la première journée, avec un retard déjà insurmontable de près de 3 minutes[382],[383]. Il signe 4 temps scratchs dès le lendemain et parvient à remonter à la sixième place, reprenant plus d'une minute sur les pilotes de tête malgré une nouvelle crevaison[384],[385],[386],[387]. L'écart avec le Top 5 étant néanmoins trop important, Loeb estime qu'il n'y a plus rien à espérer pour améliorer la situation et assure son rang jusqu'à l'arrivée sans prendre de risques[388],[389]. Le baptême de la Citroën DS3 WRC a néanmoins failli être encore pire pour l'Alsacien, avec un problème de démarreur survenant sur la liaison vers le point final de rendez-vous pour le podium, l'empêchant de reprendre la route sans l'aide providentielle de Petter Solberg[390],[391].

Loeb peut se consoler en sachant qu'il n'aura pas à souffrir de sa position coutumière de balayeur au rallye du Mexique, première épreuve terre de la saison. La première journée est le théâtre d'un duel très serré entre l'Alsacien et son compatriote Sébastien Ogier, étoile montante de Citroën et appelé à prendre la relève. Les deux hommes prennent la tête à tour de rôle et se partagent la quasi-totalité des scratchs, maintenant en permanence un écart inférieur à 5 secondes entre eux. Leurs adversaires sont très vite éliminés de la course à la victoire, sur crevaison pour Jari-Matti Latvala et sur problème moteur pour Petter Solberg[392],[393],[394]. Loeb hausse le rythme à l'entame de la deuxième étape et prend nettement la tête du rallye, creusant un écart de près de 20 secondes sur Ogier[395]. Mais le mauvais sort lancé en Suède semble s'acharner sur lui. Le champion du monde est victime d'un problème de boîte de vitesses sur la ligne de départ de la spéciale 14, et écope d'une pénalité de retard de 50 secondes à cause du temps perdu pour réaliser les réparations de fortune nécessaires[396]. Sébastien Ogier saisi là son opportunité pour passer en tête avec une marge de 25 secondes sur Loeb, réduite à environ 10 secondes au soir de la deuxième journée[397],[398],[399]. C'est à ce moment qu'Olivier Quesnel, directeur de Citroën Racing, pense figer les positions pour assurer le doublé. Sébastien Loeb se refuse à respecter cette consigne, arguant qu'en tant que septuple champion du monde en titre, on ne peut pas lui demander de se coucher dès la deuxième manche de la saison, et que sans le problème de fiabilité rencontré sur sa DS3 c'est lui qui serait en tête. L'Alsacien décide donc de prévenir son coéquipier de sa décision le dimanche matin au départ de la dernière étape et il est finalement décidé que la seule consigne d'équipe officielle pour les deux pilotes sera de ne pas sortir. Ogier devra donc attaquer s'il veut défendre sa première place. Mais comme Petter Solberg, Marcus Grönholm et tant d'autres pilotes avant lui, le gapençais craque sous la pression de Loeb et sort de la route dès le premier chrono du jour[400]. Le champion du monde signe ainsi sa cinquième victoire consécutive au Mexique et refait une partie de son retard au classement général[401],[402],[403],[404].

Sébastien Loeb perdra plus de 40 secondes au rallye du Portugal 2011 en raison d'une attitude peu éthique du finlandais Mikko Hirvonen.

Mais la contrepartie n'est pas négligeable puisqu'il se verra affecter la deuxième position sur la route au rallye du Portugal et subira ainsi le balayage associé. Loeb limite les dégâts lors de la première étape, accrochant le trio de tête à l'arrivée de chaque spéciale et conservant ainsi des chances de bien figurer au classement final. Le dernier chrono de cette première journée voit le retour des mauvaises habitudes de la saison dernière, avec des stratégies consistant à ralentir pour laisser ses adversaires balayer la piste le lendemain. Ogier, pourtant premier, se cale derrière l'Alsacien, qui lui, laisse le soin aux finlandais Jari-Matti Latvala et Mikko Hirvonen d'ouvrir la route pour la deuxième étape[405],[406],[407]. Loeb signe alors ses premiers scratchs avant de consentir une perte de plus de trente secondes dans la neuvième spéciale lorsqu'il s'est retrouvé huit secondes derrière Hirvonen qui venait de crever[408]. Ce dernier refusa d'appliquer le Gentlemen's Agreement en vigueur consistant à laisser passer son adversaire pour ne pas lui faire perdre de temps. Gêné par la poussière du finlandais, Loeb dut se résoudre à ralentir son rythme pour retrouver une visibilité convenable. Il parvient à terminer la deuxième journée en deuxième position en profitant d'un problème de transmission de Latvala, mais sa mésaventure a contribué à creuser un écart de près de 40 secondes sur le leader Ogier[409],[410],[411]. La distance restante n'étant pas suffisante pour remonter à la régulière, l'Alsacien décide d'assurer sa place d'honneur et les points qui vont avec[412],[413].

Le championnat du monde fait ensuite escale au Moyen-Orient avec le rallye de Jordanie. Ce dernier se voit d'emblée amputé de l’intégralité de la première étape et des six épreuves spéciales qui la composaient, la faute à l'arrivée trop tardive du bateau transportant le matériel technique de toutes les équipes[414],[415]. C'est une mauvaise nouvelle pour les deux pilotes partant aux avant-postes, Mikko Hirvonen et Sébastien Loeb, qui devront donc balayer la piste pendant plus de la moitié de la distance totale restante. Le Français n'a d'autres solutions que d'attaquer fort en prenant des risques s'il veut avoir une chance de bien figurer au classement final. Il réussit ainsi l'exploit de remporter le premier scratch mais subit logiquement les contraintes de sa position lors des deux passages dans Jordan River, la spéciale la plus longue du rallye. Il parvient finalement à limiter partiellement les dégâts en pointant à la deuxième place du général au soir de la première journée, mais avec déjà 30 secondes de retard sur Sébastien Ogier qui bénéficiait de conditions de route beaucoup moins pénalisantes, et sous la menace directe de Jari-Matti Latvala[416],[417],[418]. Les chances de victoire se révèlent être minces compte tenu de la typographique des spéciales du lendemain, avec des trajets plus courts empêchant de construire des écarts importants. L'Alsacien décide néanmoins d'attaquer fort dès l'entame de cette dernière étape, signant 2 temps scratchs lors de la première boucle et revenant à 20 secondes d'Ogier, mais il se fait reprendre dans le même temps par Latvala, auteur d'une remontée impressionnante. Estimant que la distance restante est insuffisante pour s'imposer à la régulière, Loeb décide d'assurer sa troisième place, lui permettant de prendre la tête du classement mondial devant Mikko Hirvonen[419],[420],[421]. Pour l'anecdote, il égale sur ce rallye le record du nombre de podiums en championnat du monde, détenu jusqu'alors par son ami Carlos Sainz depuis 2005.

Le septuple champion du monde retrouve au rallye de Sardaigne sa position handicapante de balayeur qu'il avait jusque là abandonné à Mikko Hirvonen sur les rallyes terres. Mais l'édition 2011 de la manche italienne du mondial propose pour la première fois une première étape moins pénalisante pour l'ouvreur, avec des pistes moins sablonneuses et offrant plus de grip. Héritant ainsi de conditions de route presque similaires à celles de ses rivaux, Loeb peut entamer le rallye sur un rythme agressif. Il signe ainsi quatre temps scratchs sur les huit spéciales au programme de la première journée, prenant la tête de l'épreuve en fin de matinée[422],[423]. Derrière lui, les autres pilotes sont peu à peu distancés : Jari-Matti Latvala part en tonneaux, Hirvonen subit une crevaison à la suite d'une sortie de piste, quand Petter Solberg et Sébastien Ogier ne parviennent tout simplement pas à suivre le rythme. Crédité de plus de 30 secondes d'avance au soir de la première étape, l'Alsacien ne se pose pas de questions et maintient sa cadence lorsque ses adversaires s'observent mutuellement, usant des stratégies habituelles pour laisser aux autres le soin de balayer les spéciales du lendemain[424]. Toujours en position d'ouvreur, Loeb ne peut cette fois-ci que tenter de limiter les dégâts lors des deux dernières étapes, au cours desquelles le côté traditionnellement cassant et abrasif du rallye de Sardaigne se fait beaucoup plus présent. Son avance n'est ainsi plus que d'une vingtaine de secondes sur Mikko Hirvonen au soir de la deuxième journée[425],[426],[427]. Il parvient finalement à résister à la pression jusqu'au bout et renoue avec la victoire en s'imposant avec une marge réduite à 11 secondes après avoir balayé la totalité des spéciales de l'épreuve[428],[429],[430].

Le rallye de l'Acropole marque le paroxysme de la saison 2011 concernant le handicap du balayage que l'Alsacien a du subir presque toute l'année. Les conséquences médiatiques seront telles que le règlement en sera profondément modifié à partir de 2012, mais les relations avec Citroën et Sébastien Ogier n’en sortiront pas indemnes.

Cette année, les organisateurs du rallye d'Argentine innovent en proposant un parcours composé de 20 % de portions asphaltes. Cette initiative, destinée initialement à renouveler l'image de la manche sud-américaine, sera vivement critiquée par l'ensemble des pilotes dès les reconnaissances à cause de sa dangerosité. Les pneus terres utilisés par les équipes ne sont en effet pas conçus pour résister aux nouvelles parties goudronnées, situés pour la plupart sur de longues lignes droites empruntées à haute vitesse. Quintuple vainqueur de l'épreuve, Sébastien Loeb hérite toujours du rôle de balayeur pour ses adversaires. Auteur du temps scratch lors de la spéciale d'ouverture[431], il ne peut ensuite que limiter les dégâts et reste impuissant face aux attaques du finlandais Jari-Matti Latvala, auteur de quatre scratchs consécutifs lors de la première journée. Mais le pire survient lors de la cinquième spéciale pour le Français. Alors en quatrième position à 25 secondes de la tête, il se voit infliger une pénalité d'une minute pour avoir involontairement pointé deux secondes en avance à l'entrée du parc de ralliement, la faute à l'absence d'un panneau de fin de zone et à un nombre important de personnes devant l'horloge de pointage. Cette mésaventure doit lui confisquer toute chance de bien figurer au classement final et le meilleur temps qu'il signe lors du dernier chrono de cette première journée semble ne rien pouvoir y changer[432],[433],[434]. N'ayant plus rien à perdre, Loeb prend tous les risques lors de la deuxième étape au cours de laquelle il retrouve des conditions de route similaires à celles de ces rivaux et signe cinq scratchs sur les huit au programme. Il parvient ainsi à reprendre plus de la moitié du temps perdu et pointe en troisième position au soir de cette deuxième journée, en partie aidé par la casse de suspension de Jari-Matti Latvala et les problèmes de direction assistée de Petter Solberg. Avant l'entame de l'ultime étape, l'Alsacien n'est qu'à une poignée de secondes de la deuxième place de Mikko Hirvonen, mais le leader Sébastien Ogier semble inaccessible avec plus de 45 secondes d'avance[435],[436],[437]. Pourtant, c'est dans la première spéciale de cette dernière journée de course, Ascochinga et ses 48 km, qu'un nouveau tournant du rallye se produit. Parti sur un rythme effréné, Loeb engloutit rapidement Hirvonen et reprend déjà plus de 10 secondes sur Ogier dans les temps partiels lorsque le gapençais craque une nouvelle fois sous la pression de son aîné et part en tonneaux. Le jeune pilote parvient à reprendre la route malgré tout mais avec la direction assistée endommagée et une avance réduite à 20 secondes. L'écart ne sera dès lors plus suffisant et Loeb réussit l'exploit de décrocher sur le fil une sixième victoire consécutive en Argentine malgré sa pénalité d'une minute, reprenant la tête de l'épreuve dans le dernier chrono pour moins de 10 secondes[438],[439],[440].

La traditionnelle tournée méditerranéenne de début de saison s'achève avec le rallye de l'Acropole, caractérisé par les pistes les plus cassantes et les plus abrasives du championnat. Du fait de son statut de leader du classement général, l'Alsacien est cette fois encore contraint d'ouvrir la route pour ses adversaires, sur une épreuve où le balayage atteint son paroxysme. La première étape est ainsi synonyme d'impuissance pour Sébastien Loeb, d'autant plus que sur les six spéciales au programme, une seule fait office de deuxième passage pour les pilotes. Au terme de l'avant dernier chrono du jour, le Français pointe en cinquième position à plus de 50 secondes du leader Petter Solberg, auteur de quatre scratchs consécutifs et bénéficiant d'une position de départ bien plus avantageuse. Cette relégation loin de la tête du rallye devait lui permettre en contrepartie de disposer de conditions de route plus optimales le lendemain, mais la sixième et dernière spéciale de la journée voit resurgir les stratégies de courses consistant à freiner pour laisser délibérément aux autres le soin de balayer la piste. C'est ainsi que Loeb se retrouve deuxième au soir de la première étape, une poignée de secondes devant Mikko Hirvonen et Sébastien Ogier, et près d'une minute derrière Solberg, le norvégien ayant eu le bon goût ne pas appliquer ces tactiques antisportives[441],[442],[443]. L'Alsacien a beau ne plus jouer le rôle de l'ouvreur, le balayage reste très significatif dans sa position. Il parvient ainsi à contenir Hirvonen à distance mais ne peut rien faire face à Ogier, ce dernier enchaînant facilement les scratchs. Solberg, handicapé à son tour par le balayage, est finalement repris par les deux pilotes français, le gapençais virant en tête dans l'avant dernière spéciale de cette deuxième étape avec 15 secondes d'avance sur Loeb. Mais le jeune pilote refuse à nouveau de se plier aux contraintes de l'ouvreur et décide de réitérer sa stratégie de la veille, jugeant l'avance sur son aîné insuffisante pour l'affronter sans handicap. Une nouvelle polémique va naître de ce fait de course : le GPS d'Ogier, chargé entre autres d'indiquer les temps intermédiaires des autres pilotes, étant en panne lors de la dernière spéciale de la deuxième journée, la direction de Citroën Racing prend le parti de lui communiquer directement le temps de Loeb pour qu'il puisse se positionner juste derrière lui au général et laisser ainsi au champion du monde le soin d'ouvrir la route le dimanche[444],[445],[446],[447]. Crédité d'une marge insignifiante d'à peine 2 secondes, l'Alsacien prend tous les risques dans cette dernière étape mais le combat semble perdu d'avance avec la typologie des pistes grecques. Il doit finalement se contenter d'une deuxième place, à 10 secondes de son coéquipier, dont la victoire est qualifiée de dommageable en termes d'image par la presse médiatique. Loeb se console en signant sur cette épreuve le centième podium de sa carrière avec panache, malgré une position d'ouvreur sur la quasi-totalité des spéciales[448],[449],[450]. Ce nouvel épisode malheureux du à un règlement imparfait cristallise malgré tout pour la première fois des tensions entre Citroën et son pilote vedette, dont le contrat qui les unissent doit expirer en l'état à la fin de l'année. Des rumeurs évoquent alors la volonté du multiple champion du monde de quitter l'univers des rallyes pour une reconversion sur circuit, chose qui avait déjà été suggérée à de nombreuses reprises par le passé. Il est également question de tractations en coulisse avec le constructeur Volkswagen dans le but d'intégrer l'écurie allemande qui prépare son retour en WRC dès 2013, cette dernière mettant également en avant ses autres programmes sportifs en Endurance ou en DTM pour tenter de séduire l'Alsacien[451].

En 2011, Sébastien Loeb devient le premier pilote non nordique à remporter deux fois le rallye de Finlande. Victime des stratégies de ses adversaires, il aura pour cela du balayer la totalité des spéciales de l'épreuve.

Après la pause estivale, le championnat du monde met le cap sur le rallye de Finlande, tranchant radicalement avec les six rallyes cassants consécutifs disputés jusque là. Bien que moins significatif sur ces pistes scandinaves très roulantes où les vitesses moyennes dépassent facilement les 100 km/h, le balayage reste présent et c'est encore et toujours Sébastien Loeb qui écope de ce handicap. La première étape n'est composée que de trois spéciales, insuffisant pour creuser de gros écart, mais elle n'échappe pas aux stratégies de course de fin de journée qui font rage depuis le début de saison, au point d'en devenir une habitude. Jari-Matti Latvala et Sébastien Ogier calculent ainsi leur temps dans les derniers chronos dans le but de laisser une nouvelle fois à Loeb le soin d'ouvrir la route lors de la deuxième étape. Mikko Hirvonen est quant à lui déjà hors course, victime d'une sortie de route[452],[453]. Avec une marge de moins de 3 secondes sur ses adversaires, le septuple champion du monde ne peut compter que sur son talent pour combler l'avantage dont bénéficient ses poursuivants. Partie sur un rythme très élevé, il fait mieux que limiter les dégâts en pointant en deuxième position, une seconde à peine derrière Ogier, alors que se profile la fin de la deuxième journée. Mais lors du dernier chrono, le gapençais refuse à nouveau d'affronter Loeb en ouvrant la route, préférant une fois encore se caler dans ses roues en ralentissant le temps nécessaire. L'Alsacien devra donc nettoyer également les onze spéciales au programme de la dernière étape, la plus longue du rallye[454],[455],[456]. Parti sur un rythme effréné et stimulé par l'envie d'en découdre après les tensions à l'Acropole, il parvient à signer les deux premiers scratchs en dépit de ce désavantage, creusant un écart de près de 10 secondes sur Ogier qu'il maintiendra jusqu'à la fin de la première boucle. Se voyant distancé, c'est à ce moment-là que le jeune pilote tente le tout pour le tout mais est stoppé net par une crevaison qui lui coûte sa deuxième place. Loeb dispose alors d'une quinzaine de secondes d'avance sur Jari-Matti Latvala et assure son rythme pour contenir le retour du finlandais. C'est finalement en ayant balayé la totalité des spéciales à l'exception de la Power Stage finale que le Français devient le premier pilote non nordique à s'imposer deux fois sur le rallye des mille lacs[457],[458],[459]. Cette victoire permet également à Citroën d'égaler le record de Ford du plus grand nombre de victoires en championnat du monde des rallyes.

C'est en marge du rallye d'Allemagne, première épreuve asphalte de la saison, que Citroën et Sébastien Loeb mettent fin au suspense et annoncent la poursuite de leur collaboration en sport automobile. Le nouveau contrat prévoit la poursuite du programme en WRC entre les deux parties pendant une saison supplémentaire, à laquelle s'ajoutent une deuxième saison purement optionnelle et à terme la perspective d'une reconversion sur circuit, répondant ainsi au sentiment de lassitude des rallyes ressenti par le Français. Ce dernier s'engage en contrepartie à rester fidèle à la marque aux chevrons en tant qu'ambassadeur actif, douchant ainsi les espoirs de Volkswagen pour récupérer l'un des meilleurs pilotes de sa génération[460]. Désormais serein pour son avenir, l'Alsacien retrouve sa surface fétiche, sur laquelle le balayage qu'il subit depuis le début du championnat est inexistant. La météo étant incertaine, il opte pour un choix de pneus prudent et perd logiquement du temps à l'entame de la première étape. Il réalise finalement son premier scratch dès la troisième spéciale et prend par la même occasion la tête du rallye qu'il conserve au soir de la première journée, signant au passage deux meilleurs temps supplémentaires. Seul son coéquipier Sébastien Ogier parvient à s'accrocher en pointant à la deuxième place à moins de 8 secondes. Derrière les deux Français, le trou est fait avec plus d'une minute d'avance, Mikko Hirvonen étant partie à la faute et Jari-Matti Latvala victime d'un problème moteur[461],[462]. Ce doublé pratiquement assuré met en exergue la perspective du championnat constructeur pour Citroën, dont l'avance sur le rival Ford est d'à peine plus d'une épreuve. C'est donc à la fin de cette première journée de course que les consignes de l'écurie tombent, imposant le gel des positions entre les deux pilotes. Ogier accepte difficilement cette situation et va tenir par voie de conséquence des propos qualifiés de peu respectueux dans la presse à l'encontre de son coéquipier, l'accusant d'être à l'origine des consignes et de refuser le duel[463]. Sébastien Loeb rejette ces accusations en bloc et, voyant son image ternie, décide de rompre ses relations amicales avec son compatriote[464]. Citroën justifie ses décisions vis-à-vis du gapençais au regard des performance de Loeb qui ne sont plus à prouver sur la manche germanique et du fait que le jeune pilote est, par deux fois déjà, partie à la faute sous la pression de l'Alsacien cette saison[465]. Les deux tricolores se contentent alors d'adopter un rythme assuré, calqué sur celui de leurs adversaires, jusqu'au dernier chrono de la deuxième étape. C'est alors qu'un coup de théâtre se produit. Alors qu'il était en tête, Sébastien Loeb est victime d'une crevaison dans une ligne droite pourtant sans risque et perd plus d'une minute dans la mésaventure[466],[467]. Les pneus Michelin asphaltes nouvellement introduits sur cette épreuve sont directement mis en cause[468], le nombre de crevaisons s'élevant à plus d'une quinzaine chez les pilotes rien que sur la deuxième journée de course. L'Alsacien rétrograde ainsi à la deuxième place qu'il assurera jusqu'à l'arrivée, échouant à s'imposer pour la première fois depuis 2002 sur les rives de la Moselle et mettant ainsi fin de manière incongrue à six années d'invincibilité sur asphalte[469],[470].

Déconcentré par l'écran des temps intermédiaires, Loeb manque un point de freinage et part à la faute dès la première journée du rallye d'Australie 2011. Reparti le lendemain avec trente minutes de pénalité, il parviendra à remonter jusqu'à la dixième place.
Le rallye d'Alsace 2011 tourne court pour Sébastien Loeb. Victime d'une surchauffe moteur due à une erreur de montage, il doit abandonner dès le début de l'épreuve et voit s'envoler l'avance qu'il avait construite sur ses rivaux au classement du championnat du monde.

Le championnat du monde met ensuite le cap aux antipodes et retrouve les terres du rallye d'Australie qui, après deux ans d'absence, propose un parcours inédit basé à Coffs Harbour[471]. Sébastien Loeb doit encore et toujours s'élancer en première position et ainsi nettoyer la piste pour ses adversaires. Il parvient malgré tout à signer le scratch dans la première spéciale au matin de la première étape, et prend du même coup la tête du rallye, deux secondes devant Sébastien Ogier. Les pilotes finlandais de l'équipe Ford sont quant à eux déjà distancés. Mais dans la spéciale suivante, l'Alsacien perd un court instant sa concentration en regardant l'écran des temps intermédiaires. Il manque son point de freinage dans un virage, percute un talus et part en tonneaux. Ogier ne profite pas de cette aubaine et part à son tour à la faute deux spéciales plus loin[472],[473],[474]. Les deux pilotes Citroën parviennent à reprendre la course le lendemain dans le cadre du Super Rally, mais avec de lourdes pénalités. Loeb est ainsi rétrogradé à la 23e place avec près de 30 minutes de retard sur le leader Mikko Hirvonen. N'ayant plus rien à perdre, la champion du monde signe plusieurs scratchs et entame une remontée qui le conduira en 17e position au soir de la deuxième étape[475],[476]. La dernière journée du rallye laisse entrevoir la possibilité de rentrer dans le Top 10 et donc dans les points. Loeb ne relâche pas son rythme et reprend un à un ses adversaires pour finalement atteindre la 11e place au moment de disputer l'avant dernier chrono. Le pilote qui le précède n'est autre que son coéquipier Sébastien Ogier, mais l'écart entre les deux hommes est de plus de 10 minutes. Afin de répliquer à la décision de Ford contraignant le leader Jari-Matti Latvala à laisser sa victoire, pourtant acquise, à Mikko Hirvonen dans l'optique du championnat pilote, l'équipe Citroën décide de faire de même en demandant à Ogier de ralentir pour laisser le point de la 10e place à Loeb, alors premier du classement. L'Alsacien terminera l'épreuve en décrochant les trois points bonus de la Power Stage finale[477],[478],[479].

Le rallye d'Alsace, disputé sur ses terres et sa surface de prédilection, devait être l'occasion pour le Français de renouer avec la victoire. Mais le passage à vide et la malchance semble le poursuivre. Alors qu'il est en tête de l'épreuve, le moteur de sa Citroën DS3 WRC pourtant neuf est, fait rarissime, victime d'une surchauffe peu avant la fin de la troisième spéciale de la première étape. Les dégâts sont irréparables. Le changement de moteur étant interdit par le règlement, Loeb ne pourra pas repartir le lendemain dans le cadre du Super Rally[480],[481],[482]. La direction de l'équipe Citroën explique qu'un problème d'étanchéité est survenu à la suite d'une erreur de montage[483]. L'avance de Loeb au classement général du championnat du monde fond alors dangereusement. À deux épreuves de la fin de la saison, Mikko Hirvonen revient à égalité de points et Sébastien Ogier, vainqueur de la manche alsacienne, n'est plus qu'à trois unités.

Le rallye de Catalogne conserve son format mixte terre/asphalte introduit la saison précédente, avec une première étape sur terre. Sébastien Loeb est, comme à son habitude, de corvée de balayage pour ses adversaires, mais ce handicap est cette fois-ci en partie compensé par une stagnation significative de la poussière laissée par le passage des différents pilotes, ce qui a pour conséquence de réduire la visibilité de ceux partant plus loin. Le Français signe ainsi le premier scratch du rallye et contient tant bien que mal ses rivaux dans les secteurs où la position d'ouvreur devient pénalisante[484]. Jari-Matti Latvala prend finalement la tête à l'entame de la deuxième boucle de cette première journée. Mikko Hirvonen est quant à lui déjà largement distancé et Sébastien Ogier est victime d'une crevaison en sortant un peu large, compliquant significativement ses chances de victoire. Loeb reprend finalement les commandes au soir de la première étape, en signant le scratch dans le dernier chrono sur terre, et dispose avant les secteurs asphaltes d'une avance de plus de 30 secondes sur Latvala, lui aussi victime d'une crevaison après avoir heurté une pierre[485],[486],[487]. L'Alsacien enlève les meilleurs temps des deux premières spéciales de la deuxième étape, puis gère la marge qu'il s'est construite en se calant sur le rythme du jeune finlandais[488],[489],[490],[491]. Ogier, alors cinquième, est finalement contraint à l'abandon dans l'avant dernière spéciale du rallye à cause d'un problème moteur et voit ainsi ses chances pour le titre s'envoler définitivement. Loeb, toujours sans prise de risques, remporte finalement sa septième victoire consécutive sur les terres catalanes mais ne parvient pas à creuser un écart important avec son poursuivant direct au classement du championnat du monde. Mikko Hirvonen termine en effet deuxième de l'épreuve, en profitant à nouveau de la décision de Ford de faire ralentir son coéquipier Jari-Matti Latvala pour lui céder sa place[492],[493],[494]. À l'instar de la saison 2009, le titre se jouera à nouveau entre les deux hommes au rallye de Grande-Bretagne, dernière épreuve de la saison[495]. La performance de Loeb permet néanmoins à Citroën de décrocher son septième titre des constructeurs[496].

C'est en novembre qu'a lieu le RAC, dans les conditions bien connus qui en ont fait un rallye mythique : très humide, très glissant et très piégeux. L'impact du balayage y est ainsi plus limité, contrairement aux rallyes abrasifs de début de saison. Mikko Hirvonen doit marquer neuf points de plus que Loeb sur cette épreuve pour espérer remporter le titre pour la première fois[497]. L'Alsacien se partage les trois premiers scratchs de la première étape avec les deux finlandais de l'équipe Ford, et se place aux commandes de l'épreuve avec une marge infime de moins d'une seconde. Sébastien Ogier part quant à lui à la faute dès le premier chrono, achevant ainsi sa saison sur un nouvel échec[498]. La deuxième étape est lancée, et Loeb et Hirvonen signent tour à tour les meilleurs temps des différentes spéciales sur des écarts d'à peine quelques secondes, s'échangeant alternativement la tête du rallye. Mais c'est dans le septième chrono que tout va basculer. Parti sur un rythme effréné, le champion du monde est crédité d'une avance significative de 14 secondes dans les temps intermédiaires lorsque son adversaire manque un point de freinage et endommage sa voiture en percutant une souche d’arbre. Les dégâts sont trop importants et le finlandais doit abandonner, permettant à Loeb de décrocher son huitième titre mondial consécutif le 11 novembre 2011[499],[500],[501],[502]. Il rejoint ainsi l'Italien Giacomo Agostini, également octuple champion du monde en 500 cm3 moto, dans le cercle très fermé des pilotes ayant conquis huit sacres mondiaux ou assimilés dans une même catégorie reine en sports mécaniques. Le rallye n'est cependant pas terminé, et Loeb doit désormais se battre contre l'autre pilote Ford, Jari-Matti Latvala, pour le gain de la victoire. Le finlandais revient dangereusement sur l'Alsacien, dont la motivation n'est certes plus la même, et prend finalement les commandes au milieu de la troisième étape alors que les deux hommes se partageaient l'ensemble des temps scratchs[503],[504]. Mais alors qu'une passe d'armes finale semblait se profiler entre les deux pilotes, la malchance et les coups du sort, qui n'ont eu de cesse que de s'abattre sur Loeb tout au long de la saison, vont sévir une dernière fois. Alors qu'il était deuxième à moins de huit secondes du leader, le nouvel octuple champion du monde est percuté frontalement en liaison entre l'ES18 et l'ES19, dans un secteur normalement réservé aux pilotes, par la voiture d'un ami de Dani Sordo, venu en spectateur. Le radiateur est percé, ce qui contraint Loeb à un nouvel abandon et clôture de façon inénarrable une des saisons les plus éprouvantes pour le Français[505],[506].

Vue de l'extérieur, la saison 2011 apparaît comme plus mitigée que les précédentes pour le champion alsacien, avec un total de seulement cinq victoires, alors qu'elle fut sans doute l'une de celles où il dût faire preuve du niveau de performance le plus élevé de sa carrière. Si la montée en puissance de ses jeunes adversaires Jari-Matti Latvala et Sébastien Ogier est indéniable et a joué pour beaucoup dans le bilan final, elle ne constitue pas le seul facteur déterminant. Tandis que le nombre de problème mécaniques et autres coups du sort qu'il rencontra les années passées le situait relativement dans la moyenne sur ce terrain-là, force est de constater que la recrudescence des incidents de course dont a été victime Loeb a cette fois-ci été significative. Entre les problèmes de boîte de vitesse, de moteur, d'absence de signalisation et de fragilité des premiers pneus Michelin sur asphalte, auxquels s'ajoute cette collision frontale avec un spectateur espagnol en Grande-Bretagne, c'est près d'un rallye sur deux au cours duquel le Français a été coupé dans son élan. L'autre facteur ayant sans conteste joué un rôle crucial dans le déroulement de nombreuses épreuves est le handicap du balayage sur les spéciales terres et neiges pour les pilotes contraint de partir aux avant-postes, ainsi que les stratégies de course peu éthiques qui y sont associées. C'est ainsi que sur les 31 étapes inscrites au calendrier dont la typographie présentait de telles contraintes, Sébastien Loeb dû s'élancer en première position dans 15 d'entre elles, auxquelles s'en ajoutent 8 autres effectuées à la deuxième place, soit plus qu'aucun autre pilote. Si le balayage sur les rallyes cassants et abrasifs a plus ou moins toujours existé, il semble que l'effet en soit davantage ressenti sur les voitures issues des nouvelles réglementations techniques. Cela, ajouté à l'utilisation abusive des tactiques de fin d'étapes rendues possibles depuis l'annulation des grilles inversées en 2010, a mis en évidence un règlement jugé aberrant par plusieurs observateurs, et contraint la FIA à revoir entièrement sa copie pour 2012. La saison 2011 a également fait couler beaucoup d'encre concernant le trio Loeb-Ogier-Citroën. Des propos jugés à l'emporte pièce mais souvent peu objectifs et éloignés de la réalité ont été régulièrement lâchés de la part de certains médias ou d'amateurs de rallye, certains visant directement le multiple champion du monde, accusé d'être ouvertement favorisé par la marque aux chevrons au détriment du gapençais[507]. Ces arguments peuvent néanmoins être déconstruits par les faits, en soulignant que la seule consigne en provenance de Citroën pour laquelle Loeb a récolté in fine un avantage en termes de points, fut celle décidée lors du rallye d'Australie, pour un point seulement, quand dans le même temps et dans l'indifférence générale, le rival Ford ordonnait à Jari-Matti Latvala de céder sa victoire à Mikko Hirvonen. Ces échauffourées marquent finalement surtout la complexité de former une équipe à partir de deux des meilleurs pilotes du plateau tout en accordant une importance capitale au titre constructeur, bien souvent synonyme de consignes.

2012 : Neuvième titre - Dernière couronne pour une dernière saison complète[modifier | modifier le code]

Comme le prévoient les termes du contrat signé l'année passée entre Sébastien Loeb et Citroën Racing, la saison 2012 marque le dernier engagement ferme en WRC entre le pilote alsacien et son employeur, la future saison 2013 n'étant qu'optionnelle. Si le panorama des équipes et des constructeurs engagés dans le championnat du monde demeure assez semblable à ce que l'on pouvait trouver les dernières années, il n'en est pas de même concernant les pilotes, le jeux des chaises musicales ayant battu son plein pendant l'inter-saison[508]. Sébastien Ogier a ainsi cassé son contrat qui le liait à la marque aux chevrons pour signer chez Volkswagen, dont le retour en rallye a été annoncé en grande pompe pour 2013. Le gapençais devra d'ici là se contenter de piloter une voiture de la marque allemande en catégorie inférieure. Le nouveau coéquipier de Loeb n'est finalement ni plus ni moins que l'un de ses plus grands adversaires des saisons passées, Mikko Hirvonen[509]. Le finlandais est quant à lui remplacé par l'ancien champion du monde Petter Solberg chez Ford, qui retrouve enfin un volant d'usine pour la première fois depuis 2008 et le départ de l'équipe Subaru.

Sébastien Loeb et Daniel Elena décrochent une sixième victoire au rallye Monte-Carlo pour le retour de l'épreuve la plus mythique du championnat du monde en 2012.

Après trois années d'absence en raison de conflits entre les organisateurs et la FIA, le rallye Monte-Carlo réintègre le calendrier du championnat du monde à la place qu'il occupait traditionnellement : celle de la manche d'ouverture. Le désormais octuple champion du monde Sébastien Loeb réalise d'emblée le temps scratch dans la première spéciale mythique Le Moulinon - Antraigues, mais seulement d'une courte tête devant son ancien coéquipier et pilote de la marque Mini Dani Sordo[510]. C'est alors que le choix cornélien du type de pneus à chausser, et qui a fait la renommée du rallye monégasque, commence à se poser, compte tenu de la météo incertaine. L'Alsacien décide de ne pas prendre de risques en optant pour une stratégie mixte, quand Jari-Matti Latvala opte pour l'audace en chaussant des gommes tendres. Le pari du finlandais était le meilleur choix pour la deuxième spéciale, lui permettant ainsi de prendre les commandes de l'épreuve en creusant un écart significatif de plus de 30 secondes au général sur Loeb[511]. Le Français, finalement monté entièrement en pneus tendres comme son rival, répond à cette attaque dès la seconde boucle de la première journée et hausse brutalement son rythme. Voyant son avance fondre dans les temps partiels, le Scandinave est tenté de sur-conduire pour conserver la tête mais il craque sous la pression et sort violemment de la route dans un long virage à gauche. Le champion du monde reprend ainsi la position de leader au soir de la première étape, crédité d'une marge déjà insurmontable de plus d'une minute[512],[513],[514]. Il poursuit sa main mise sur l'épreuve dès le lendemain en signant cinq des six temps scratchs au programme et double son avance sur son plus proche poursuivant Dani Sordo[515],[516],[517]. Désormais irrattrapable à la régulière, Loeb se contente alors de contrôler la fin du rallye et d'éviter les nombreux pièges des routes ardéchoises[518],[519], pour décrocher finalement une sixième victoire record sur la plus mythique des manches du championnat du monde[520],[521],[522].

Le rallye de Suède est une fois encore la seule épreuve de type terre enneigée de la saison, et l'une des rares sur lesquelles l'Alsacien ne part pas favori au regard du manque de réussite auquel il y est coutumier. Parti sur un rythme soutenu, il parvient à se maintenir dans le sillage des pilotes scandinaves lorsqu'il se voit infliger une pénalité de 10 secondes dès la deuxième spéciale à cause de réglages trop tardifs sur sa Citroën DS3 WRC pour corriger des problèmes de sous-virage. Il signe malgré tout plusieurs temps scratchs par la suite et rejoint le trio de tête, mais perd définitivement toute chance de victoire après s'être enlisé dans un mur de neige lors de la septième spéciale, chutant ainsi à la onzième place. Lâchant près de deux minutes dans la mésaventure, il parvient tant bien que mal à se remotiver et remonte en septième position au soir de la première étape, après avoir signé quelques bons chronos[523],[524],[525]. Le lendemain, Loeb prend en chasse les pilotes qui le précède mais se plaint encore du comportement trop sous-vireur de sa DS3. Victime d'un tête-à-queue et d'une crevaison, c'est non sans mal qu'il accède à la sixième place après avoir dépassé Henning Solberg à la fin de la deuxième journée[526],[527],[528]. L'écart avec ses adversaires étant désormais trop important, le Français préfère assurer son rang et se console en remportant la Power Stage finale, lui permettant ainsi de conserver la tête du championnat du monde[529],[530],[531].

Le rallye du Mexique marque le coup d'envoi de la saison terre et constitue la première d'une série de six épreuves consécutives sur cette surface. Invaincu depuis 2006 dans la Sierra Madre et de ce fait très au courant des nombreux pièges qui y sont disséminés, Sébastien Loeb part sur un rythme prudent et se maintient dans le trio de tête. Plus fougueux et moins prudents, ses adversaires de l'écurie Ford attaquent d'entrée et s'auto-éliminent : Petter Solberg est victime d'une crevaison lui faisant perdre près d'une minute dès la deuxième spéciale, tandis que Jari-Matti Latvala casse sa suspension en sortant trop large et chute à la huitième place. Entre temps, l'Alsacien signe ses premiers temps scratchs et prend la tête du rallye, creusant peu à peu un écart d'une dizaine de secondes sur Mikko Hirvonen au terme de la première étape[532],[533],[534]. C'est le lendemain, dans les plus longues spéciales de la deuxième étape, Ibarrilla et Otates, que le Français construit une avance définitive de plus de 30 secondes sur son nouveau coéquipier[535],[536],[537]. Désormais largement en tête, Loeb cale son rythme sur ses poursuivants pour remporter son sixième succès de rang au Mexique. Revenu à la troisième place, Jari-Matti Latvala part finalement en tonneaux lors de la dernière journée de course, permettant ainsi à l'Alsacien d'accentuer son avance au classement mondial[538],[539],[540].

Le championnat du monde met ensuite le cap vers le rallye du Portugal, dont la première journée doit se dérouler entièrement de nuit. Un premier dilemme intervient alors pour les pilotes dans le choix de leur position de départ. Partir après ses adversaires permet d'être moins pénalisé par le balayage mais la poussière soulevée par les premiers peut engendrer des écarts déjà insurmontables sans la luminosité du jour[541]. Citroën fait le choix de la sécurité en faisant partir ses pilotes en tête, quand le rival Ford opte pour la stratégie inverse[542],[543]. C'est finalement l'écurie anglaise de Malcolm Wilson qui aura vu juste, puisque la pluie s'invite au rendez-vous et annihile le handicap de manque de visibilité. Les conditions sont dantesques avec très peu de grip, et Loeb parvient à limiter les dégâts en accrochant le trio de tête. Mais le rallye de l'Alsacien va tourner court. Il sort de la route et part en tonneaux dès la troisième spéciale après une confusion de note entre lui et Daniel Elena dans un virage en aveugle. L'arceau de sécurité de sa DS3 étant touché, il lui est impossible de repartir le lendemain dans le cadre du Super Rally[544],[545]. La victoire devait in fine revenir à son coéquipier Mikko Hirvonen mais le finlandais fut disqualifié après course par la FIA. Des pièces de son embrayage étaient en effet non conformes à l'homologation à la suite d'une erreur d'un fournisseur de Citroën. Le norvégien Mads Østberg remporte ainsi son premier rallye mondial sur tapis vert tandis que la marque aux chevrons repart de Faro sur un score vierge[546],[547],[548].

C'est avec le statut de grand favori que Sébastien Loeb prend le départ du rallye d'Argentine, une épreuve sur laquelle il n'a plus été battu depuis 2005. Avec ses 500 km de spéciales chronométrées, cette manche mythique du WRC renoue en 2012 avec un format semi-endurance et se pose comme la manche la plus longue de la saison. Les débuts sont difficiles pour le champion du monde. Un mauvais choix de pneus lui fait perdre plus de 10 secondes dès la Super Spéciale d'ouverture à Carlos Paz, longue de seulement 6 km. Il parvient à revenir à la deuxième place du classement général en signant le temps scratch dans le secteur chronométré suivant malgré un tête-à-queue, mais concède aussitôt après plus de 26 secondes dans les 50 km d'Ascochinga à cause de sérieux problèmes de survirage sur sa DS3 et alors qu'il était en tête à mi-parcours[549]. L'Alsacien profite de l'assistance en milieu de journée pour corriger le Set Up de sa voiture. Désormais en mesure de piloter sereinement, il signe deux temps scratchs consécutifs quand, dans le même temps, le leader Petter Solberg casse la direction de sa Ford Fiesta RS WRC. C'est finalement avec une avance infime d'un dixième de seconde sur son coéquipier Mikko Hirvonen que Loeb pointe en tête du rallye au soir de la première étape[550],[551]. Il décroche le meilleur temps dès la première spéciale du lendemain, mais le finlandais réplique aussitôt en signant le scratch dans la suivante. L'Alsacien hausse alors son rythme dans les 40 km d'Intiyaco. Il est crédité de plus de 2 secondes d'avance dans les temps intermédiaires lorsqu'il heurte une pierre et frôle la sortie de route. Il parvient malgré tout à refaire en partie son retard pour ne concéder que trois dixièmes à Hirvonen. C'est alors l'assistance technique de mi-journée et Loeb est en tête avec 2.1 secondes d'avance[552]. Les pilotes Ford sont déjà relégués à plus d'une minute et ne représentent plus une menace. La direction de Citroën Racing convoque ses deux pilotes et décide d'un commun accord de figer les positions pour assurer un doublé après la déconvenue du Portugal[553],[554]. Les deux hommes achèvent l'épreuve sur un rythme contrôlé et rallient l'arrivée sans encombres[555],[556],[557].

Même si depuis plusieurs saisons, le rallye de l'Acropole n'est plus l'enfer qu'il était pour la mécanique lors de son âge d'or, il n'en reste pas moins le rallye le plus cassant et le plus exigeant du calendrier. L'écurie Ford de Malcolm Wilson est bien décidée à prendre sa revanche avec son pilote vedette Jari-Matti Latvala, tout juste rétabli d'une blessure au ski. Le finlandais se porte en tête de l'épreuve en signant les trois premiers temps scratchs. Loeb n'est quant à lui pas satisfait de son rythme mais préserve la deuxième place à environ 3 secondes du leader. C'est finalement lors de la quatrième spéciale que l'Alsacien prend les commandes d'une courte tête lorsque Latvala perd le contrôle de sa Fiesta dans une jonction. Les conditions sont très humides et boueuses, rendant l'adhérence précaire. L'objectif pour l'Alsacien est alors de ne pas sur-attaquer et d'éviter les pièges. Il parvient ainsi à maintenir une marge d'un peu moins de 10 secondes sur ses adversaires et rejoint le point d'arrivée de la première étape en conservant sa position de leader[558],[559],[560]. Il signe le premier scratch de la deuxième journée mais réduit ensuite son rythme en constatant la forte sollicitation des pneus dans les spéciales du jour. Latvala continue d'attaquer et revient dangereusement sur le Français. Il n'est qu'à une poignée de secondes lorsqu'il part à la faute en sortant trop large dans un virage. Contraint de changer une roue en pleine spéciale, il perd plus de trois minutes et toute chance de victoire. Les conditions de route continuent de se détériorer et Loeb assure son pilotage, contrôlant son rythme pour préserver sa voiture. Le deuxième pilote Ford Petter Solberg, jusqu'alors en position attentiste, en profite alors pour attaquer et signe les trois derniers temps scratchs de la deuxième étape pour revenir à 10 secondes de la tête[561],[562],[563]. C'est donc lors de la dernière journée que la victoire doit se jouer entre les deux hommes. Mais le duel tourne court. Ne pouvant suivre durablement le rythme de Loeb, le norvégien part à la faute et sort violemment de la route dès la première spéciale. Désormais sans rival et détenteur d'une avance de plus de deux minutes, le champion du monde a course gagné. Il s'impose finalement pour la troisième fois de sa carrière en terre hellène, malgré une crevaison qui lui aura fait perdre plus d'une minute en toute fin d'épreuve[564],[565].

Sébastien Loeb remporte le rallye de Finlande pour la troisième fois de sa carrière en 2012 au terme d'un duel très serré avec son nouveau coéquipier Mikko Hirvonen.

Comme le prévoit l'alternance des manches sur le continent océanien, le rallye de Nouvelle-Zélande fait son retour en championnat du monde et constitue la première épreuve sur terre rapide de la saison. Le choix de l'ordre de passage est délicat en raison du compromis à faire entre le handicap du balayage et les risques d'humidité pouvant transformer les pistes en bourbier impraticable. Parmi les Tops pilotes, seul Jari-Matti Latvala décide de partir en queue de peloton, ce qui lui permet d'accéder facilement aux commandes de l'épreuve dès le premier chrono. Mais les conditions se dégradent dans la spéciale suivante, Whaanga Coast, réputée pour être la plus belle du mondiale, au cours de laquelle la boue commence à s'inviter. Mikko Hirvonen bénéficie alors pleinement de sa première position sur la route et creuse un écart de plus de dix secondes sur tous ses poursuivants. Petter Solberg est déjà pratiquement hors course du fait d'un mauvais choix de pneus et Loeb accroche la deuxième place. L'Alsacien signe les trois temps scratchs suivants et revient à moins de deux secondes de son coéquipier mais le finlandais réplique dans le deuxième passage de Whaanga Coast. Jari-Matti Latvala, dernier pilote Ford officiel encore en lice pour la victoire, part une nouvelle fois à la faute sur sortie de route et laisse ainsi présager un nouveau doublé pour la marque aux chevrons. Le choix des pneumatiques devient cornélien au regard des conditions météorologiques. Loeb tente des combinaisons originales et hausse fortement son rythme sur les dernières spéciales du jour. Il signe les deux derniers temps scratchs et subtilise les commandes du rallye à Hirvonen pour quatre secondes au soir de la première étape[566]. Le lendemain les conditions d'adhérence restent précaires et piégeuses. Le champion du monde avoue attaquer extrêmement fort et commence petit à petit à creuser l'écart avec le finlandais, mais perd tout le bénéfice de sa prise de risque dans les deux passages de Girls High School, une spéciale qu'il affirme ne pas apprécier. La journée s'achève finalement avec un écart de moins de sept secondes en faveur de Loeb[567],[568]. Le premier pilote Ford, Petter Solberg, étant relégué à près de deux minutes, Citroën décide de figer à nouveau les positions afin d'assurer un doublé pour le championnat constructeur[569]. L'Alsacien n'a dès lors plus qu'à assurer son rythme pour cueillir une troisième victoire de rang[570].

Après une pause estivale de près de deux mois, la reprise a lieu dans le cadre du rallye de Finlande, l'une des rares épreuves où Sébastien Loeb ne part pas favori. Les pilotes locaux ont en effet de tout temps reçus la faveur des pronostics sur ce terrain très spécifique. La première étape est très courte et ne comporte que trois spéciales. Le champion du monde signe le temps scratch dans deux d'entre elles et prend les commandes dès l'entame du rallye, mais avec une avance fragile d'à peine sept secondes sur les Scandinaves Mikko Hirvonen, Jari-Matti Latvala et Mads Østberg[571],[572]. La deuxième journée va se résumer à un mano a mano très serré entre Loeb et son coéquipier finlandais. Neuf spéciales sont au programme et les deux hommes en remporteront quatre chacun avec un écart au général qui descendra jusqu'à trois secondes. Les autres pilotes cèdent déjà le pas et ne parviennent pas à suivre le rythme. L'Alsacien parvient malgré tout à conserver la tête et pointe au soir de la deuxième étape avec un avantage de seulement cinq secondes. Il avait été décidé en avance de phase au sein de l'équipe Citroën qu'il n'y aurait pas de consignes sur le « Rallye des 1000 lacs », d'une part parce que l'avance de la marque française au championnat constructeur lui offre plus de liberté de ce point de vue, et d'autre part pour des raisons éthiques vis-à-vis de Mikko Hirvonen qui court à domicile[573],[574]. C'est donc lors de la dernière journée que la victoire se jouera. Loeb remporte le premier scratch puis deux autres après que son coéquipier ait répliqué, pour porter son avance au général à près de dix secondes avant les deux passages dans Ouninpohja qui clôturent le rallye. Cette spéciale mythique est en quelque sorte un terrain de jeux pour les Scandinaves, qui la connaissent par cœur. Hirvonen remporte logiquement ces deux derniers scratchs mais sans parvenir à distancer suffisamment le champion du monde qui ne concède que trois secondes au total. C'est finalement avec une marge de seulement six secondes et en ayant conservé la tête de bout en bout que Loeb remporte pour la troisième fois de sa carrière le rallye de Finlande[575],[576].

Sur un parcours en grande partie rénové, le rallye d'Allemagne marque le coup d'envoi des manches asphaltes cette saison, surface sur laquelle le champion du monde s'est révélé le plus dominateur depuis l'obtention de son premier titre en 2004. Bien que partie sur un rythme prudent compte tenu du caractère très piégeux des premières spéciales, il signe les trois premiers temps scratchs et prend d'emblée les commandes avec une marge qui frôle déjà les quinze secondes. Hirvonen ne peut suivre le rythme quand Latvala, solide troisième, avoue déjà qu'il ne pourra pas rivaliser avec l'Alsacien. Il accentue encore son avance en assommant la concurrence dans le deuxième passage de Moselland, bien qu'il se dise insatisfait de son temps et de ses trajectoires, et pointe en tête au soir de la première étape avec une avance de plus de 20 secondes sur son plus proche poursuivant Petter Solberg[577],[578]. La deuxième journée est marquée par de fortes précipitations et des changements d'adhérence permanents. Loeb double son avance au général dès le premier chrono et achève de tuer le rallye dans les 40 km de Panzerplatte avec l’impressionnante sortie de route de Solberg. C'est au total cinq pilotes du Top 10 qui partiront à la faute. Le Français n'en commettra aucune et terminera la deuxième étape en tant que solide leader avec une avance de près de deux minutes[579],[580]. Il conclu son rallye par deux scratchs supplémentaires et le gain des trois points de la Power Stage, et signe dans le même temps une neuvième victoire record sur les rives de la Moselle[581],[582],[583].

Le rallye de Grande-Bretagne ne joue pas cette année son rôle traditionnel de manche de clôture du mondial, mais retrouve une date calendaire peu avant l'équinoxe d'automne. Pourtant, les conditions typiques de cette épreuve avec des pistes boueuses et une adhérence précaire et changeante sont au rendez-vous. Ce profil semble mieux convenir aux Ford Fiesta de Jari-Matti Latvala et de Petter Solberg qui prendront rapidement la tête du rallye et signeront in fine la quasi-totalité des temps scratchs. Loeb parvient à accrocher la troisième place à plus de vingt secondes de la tête au soir de la première étape, mais avoue son impuissance avec le matériel dont il dispose et ne pas faire une idée fixe sur la victoire en préférant assurer les points pour le titre[584],[585],[586],[587]. Le lendemain, l'Alsacien signe son premier scratch mais se révèle impuissant face aux Ford dans les deuxièmes boucles et leurs revêtements de boue pommadée. L'écart avec Latvala s'est accentué au soir de la deuxième étape avec plus de trente secondes, mais le champion du monde peut encore espérer reprendre Solberg[588],[589],[590],[591]. Loeb signe d'emblée les deux premiers scratchs de la dernière journée de course et subtilise du même coup la deuxième place du norvégien. Les positions entre les deux hommes changeront encore deux fois pour finalement aboutir à un écart infime d'un dixième en faveur du Français avant le départ de la dernière spéciale. Loeb termine d'un souffle devant Solberg pour le gain de la deuxième marche du podium et consolide ainsi son avance au classement mondial[592],[593],[594].

C'est sur ses terres, au rallye de France-Alsace, que Sébastien Loeb décroche le dernier de ses neufs titres de champion du monde avant de tirer sa révérence pour le monde des circuits.

Le Rallye de France-Alsace marque la première possibilité de la saison d'être mathématiquement sacré champion du monde pour Loeb ainsi que le passage d'un nouveau cap dans la couverture médiatique d'une épreuve du WRC. En effet, la manche française deviendra par cette occasion le premier rallye à être diffusé entièrement en direct à la télévision grâce à d'importants moyens déployés par le groupe Canal+[595],[596]. Seulement septième au terme de la Super Spéciale d'ouverture à Strasbourg, l'Alsacien prend la tête dès le chrono suivant. Compte tenu des conditions détrempées, il adopte un rythme contrôlé avec un choix de pneus prudent et signe quatre temps scratchs dans la première étape malgré un peu de sous-virage. De tous ses adversaires, seul Jari-Matti Latvala, deuxième à treize secondes, est encore dans la course à la victoire[597],[598],[599]. Dès le lendemain, Loeb creuse un écart important dans le premier passage de Pays d'Ormont, la spéciale juge de paix du rallye, et achève l'étape prudemment en raison des conditions piégeuses et du sous-virage persistant sur sa DS3[600],[601],[602]. Crédité d'une avance de près de trente secondes, le Français assure les kilomètres restants de la dernière journée pour finalement s'imposer une deuxième fois dans sa région natale. Ce huitième succès de l'année lui permet de décrocher une nouvelle fois le titre de champion du monde des rallyes, le neuvième de sa carrière et le premier en conservant la tête du classement mondial tout au long de la saison. Une semaine après l'annonce de sa retraite progressive du championnat du monde des rallyes à la fin de la saison 2012, il fête à domicile ce qui pourrait être son dernier sacre dans la discipline. Avec la troisième place de Mikko Hirvonen, les deux pilotes offrent également à Citroën sa huitième couronne chez les constructeurs[603],[604],[605].

Pour la première fois depuis son introduction en championnat du monde, le rallye de Sardaigne se déroule en automne, laissant ainsi augurer des conditions moins sèches et abrasives qu'à l'accoutumée. Tous les titres étant déjà attribués, c'est pour le plaisir que roule Sébastien Loeb. Il prend les commandes de l'épreuve dès la première spéciale et conclu la première étape avec à peine une seconde d'avance sur son coéquipier Mikko Hirvonen, parti sur un gros rythme[606]. Jari-Matti Latvala est quant à lui déjà hors jeux après avoir arraché une roue. Mais la course du nouveau nonuple champion du monde s'arrête nette dès la première spéciale de la deuxième étape lorsque, sorti trop large dans un virage, il tape une pierre et casse la direction de sa Citroën DS3 WRC avant de pouvoir revenir sur la route. Contraint à l'abandon, il fait le choix de ne pas repartir le lendemain dans le cadre du Super Rally[607],[608]. C'est finalement son coéquipier Mikko Hirvonen qui s'impose au terme d'une hécatombe chez tous les autres top pilotes[609],[610].

Le rallye de Catalogne, qui conserve son format mixte terre/asphalte désormais unique au calendrier, marque la fin de la dernière saison complète de Sébastien Loeb. La première étape, entièrement sur terre, est sujette à de très fortes précipitations qui transforment les pistes habituellement arides de la région de Salou en véritable patinoire. Dans ces conditions où plus de la moitié des pilotes de la catégorie WRC sortiront de la route, l'Alsacien avoue que son choix de partir en dernière position était une erreur au regard des prévisions météo qui se sont révélées fausses. Perdant plus de 25 secondes dans la deuxième spéciale, il se contente alors de survivre et d'éviter les pièges jusqu'à la fin de la journée au terme de laquelle il pointera en deuxième position, à près de 30 secondes du jeune norvégien Mads Østberg[611],[612]. La journée du lendemain marque le début des parties asphaltes. Signant le scratch dans El Priorat, la spéciale la plus longue du rallye, l'Alsacien prend rapidement les commandes et dépose Østberg, victime d'un mauvais choix de pneus et d'une sortie de route, à plus d'une minute. Loeb hausse encore son rythme pour se mettre définitivement à l'abris de Jari-Matti Latvala, revenu un instant à moins de vingt secondes, et achève la deuxième étape avec une avance de près d'une demi-minute[613],[614]. Le Français se contente alors d'assurer la dernière journée en se calant sur les temps du finlandais pour finalement s'imposer en Espagne pour la huitième fois consécutive et achever ainsi sa dernière saison complète sur la plus haute marche du podium, celle qu'il aura occupée dans près d'un rallye sur deux[615],[616].

Arrivé au crépuscule de sa carrière, en ayant conservé neuf fois son titre de champion du monde sur les dix saisons complètes auxquelles il aura participé, Sébastien Loeb a désormais les yeux tournés vers le monde des circuits dans lequel l'attendent de nouveaux défis. Citroën a pour sa part choisi d'assurer la relève avec le lieutenant de l'Alsacien cette saison, Mikko Hirvonen, et le retour de l'Espagnol Dani Sordo.

Fin de carrière en rallye (2013)[modifier | modifier le code]

2013 : Quatre rallyes pour une saison d'adieu au WRC[modifier | modifier le code]

Le 27 septembre 2012, lors d'une interview au Mondial de l'automobile de Paris, Sébastien Loeb annonce aux journalistes qu'en 2013 il ne courra pas pour un dixième titre de champion du monde des rallyes.
La Citroën DS3 WRC version 2013, dernière voiture pilotée par Sébastien Loeb en championnat du monde des rallyes. Red Bull, le sponsor des saisons précédentes, a ici laissé la place à une livrée aux couleurs d'Abu Dhabi, dont le partenariat avec Citroën Racing devait permettre à la marque aux chevrons de poursuivre son engagement dans la compétition.

Le 27 septembre 2012, estimant n'avoir plus rien à prouver en rallye, Sébastien Loeb annonce dans le cadre du Mondial de l'automobile de Paris qu'il ne sera pas candidat à sa succession pour le titre mondial en 2013, déclinant ainsi la possibilité offerte par son contrat d'effectuer une dernière saison optionnelle. Les raisons évoquées sont d'une part, comme il en a souvent été question ces dernières années, la lassitude des rallyes, et d'autre part le besoin de passer plus de temps avec sa famille. Il fait également part de son désir de reconversion sur circuit, avec pour ambition de participer au Championnat du monde des voitures de tourisme (WTCC), toujours avec Citroën, à l'horizon 2014. Il opte donc pour un programme partiel très limité en WRC, pour se faire plaisir et continuer à épauler la marque qui l'a fait connaître entre les phases de préparation de son nouveau challenge[617]. Seuls trois à cinq rallyes sont évoqués dans un premier temps, dont le rallye Monte-Carlo et le rallye de Suède[618].

C'est donc pour le plaisir et sans pression vis-à-vis du championnat[619] que Loeb entame sa dernière saison en mondial par le rallye le plus ancien et le plus prestigieux du calendrier : le rallye Monte-Carlo, épreuve qu'il a remporté pour la première fois il y a tout juste dix ans et qui aurait pu devenir sa première victoire l'année précédente sans une erreur logistique de son équipe. Il retrouve également à cette occasion son compatriote et rival Sébastien Ogier qui inaugure le débarquement de la marque allemande Volkswagen en championnat du monde avec la nouvelle Polo R WRC. Mais le duel au sommet annoncé entre les deux hommes tourne court[620]. Bien que le gapençais parvienne à réaliser le temps scratch dès la première spéciale, Loeb prend les commandes du rallye dès le chrono suivant et creuse un écart déjà significatif sur tous ses adversaires. Les conditions météorologiques sont très éprouvantes avec les plus fortes chutes de neige enregistrées depuis la saison 2000, rendant ainsi les conditions d'adhérence précaires et changeantes. Sur ce terrain particulièrement piégeux, Sébastien Loeb fait parler sa longue expérience du rallye et relègue tous ses poursuivant au-delà de la minute dès la fin de la première étape, Ogier lâchant quant à lui plus de 50 secondes rien que sur la quatrième spéciale[621],[622]. L'épreuve est également marquée par de graves problèmes dans le chronométrage des pilotes du fait d'un changement de prestataire, rendant la quasi-totalité des temps intermédiaires erronés. Le lendemain, l'Alsacien commence déjà à relâcher son rythme pour éviter des prises de risque inutiles, mais les deux scratchs supplémentaires qu'il signe en fin d'après-midi lui permettent d'accroître encore son avance au général[623],[624]. Il récidive le troisième jour en remportant deux des trois spéciales au programme grâce à des choix de pneus improbables, et voit sa marge gonflée à près de deux minutes sur Ogier avant l'entame de la dernière étape et le passage dans le mythique Col du Turini[625],[626]. C'est lors de cette dernière journée du rallye que les conditions de route atteindront leur paroxysme, notamment dans la spéciale 14, avec une surface recouverte de neige fondue réduisant le grip des voitures à néant et imposant une vitesse moyenne en course inférieure à celle des reconnaissances. Trois pilotes de tête, dont Jari-Matti Latvala et Juho Hänninen n'y résisteront pas, quand la fin du rallye sera purement et simplement annulée : les spectateurs quittant l'épreuve par la seule route praticable à Sospel empêcheront les ouvreurs d'atteindre les spéciales. Évitant les derniers pièges, Sébastien Loeb signera finalement la moitié des temps scratchs avant de remporter l'épreuve[627],[628],[629]. Il porte ainsi son record à sept victoires au Monte-Carlo et rejoint Markku Alén et Carlos Sainz dans le cercle très fermé des pilotes ayant remporté au moins un rallye sur douze saisons différentes. Il annonce néanmoins que ce nouveau succès, qui le place une fois encore en tête du classement mondial, ne remet nullement en question sa décision de quitter le monde du rallye sans se soucier du titre cette saison, privilégiant ainsi son programme de reconversion sur circuit[630].

C'est un défi que souhaite se lancer Sébastien Loeb en choisissant de s'engager pour le rallye de Suède, épreuve sur laquelle il a souvent manqué de réussite et dont les pistes sur terre enneigée ne constituent pas sa surface de prédilection. L'histoire semble cette fois encore se répéter : l'Alsacien rate la manche qualificative et hérite d'une position de départ peu optimale pour la première journée de course. Pensant à tort que son temps assez décevant provenait d'un mauvais réglage sur sa DS3, il en fait modifier entièrement le Set Up par ses ingénieurs. Ce choix malheureux aura pour conséquence un comportement très sous-vireur de sa voiture, réduisant significativement l’efficacité de son pilotage. Il parvient néanmoins à limiter partiellement les dégâts et accroche de justesse la deuxième place au soir de la première étape, mais avec un retard déjà conséquent de plus de 30 secondes sur Sébastien Ogier[631],[632]. Le lendemain, bénéficiant d'une position de départ similaire à celle de ses rivaux et Citroën ayant rétablie la configuration d'origine de la DS3, Loeb signe ses premiers scratchs en spéciale et commence peu à peu à revenir sur Ogier au prix d'une prise de risque conséquente[633],[634]. Estimant l'écart restant trop important pour la distance à parcourir et devant également penser aux points du championnat constructeur, il décide de stopper son attaque dans la dernière étape et se contente de la deuxième place finale[635],[636]. Au cours de l'épreuve, Loeb trahit plusieurs fois son manque de motivation, sa lassitude du WRC et son impatience à entamer au plus vite sa reconversion sur circuit dans le cadre de son programme en FIA GT Series[637].

La prise de distance du Français vis-à-vis du monde des rallyes est désormais effective, et le championnat du monde se poursuit sans la présence du pilote qui a marqué la discipline au cours des dix dernières années. Les deux premières manches sur terre de la saison 2013 organisées consécutivement à la Suède ont suffi à démontrer à quel point l'ère Loeb a bouleversé le panorama du mondial. Avec la retraite de Petter Solberg, le rallye du Mexique 2013 est ainsi devenu le premier rallye depuis l'atypique rallye de Côte d'Ivoire 1992 au cours duquel aucun champion du monde n'a pris le départ. Le doyen des Top pilotes est désormais Mikko Hirvonen, âgé de 32 ans seulement, ce qui laisse le WRC dans une situation totalement inédite où la grande majorité des équipages jouant la victoire ne sont pas encore trentenaires, et le gros du plateau constitué de pilotes en cours d'apprentissage. C'est également ce qui semble être la fin d'une autre ère avec la mise en difficulté de Citroën au championnat face au nouvel arrivant Volkswagen, disposant de moyens plus de deux fois supérieurs. La Polo R WRC semble en effet bien née et, de l'avis des pilotes, presque intouchable malgré son jeune âge[638],[639]. Quand la firme allemande semble donner l'impression de signer des chèques en blanc à ses équipes de recherche et développement, Citroën Racing se voit au contraire rattraper par les difficultés économiques de sa maison mère PSA, dont la part dans le budget totale de son programme WRC est passé de 75 % à 40 %[640].

C'est à la demande expresse de son employeur, et seulement deux semaines après l'épreuve GT de Zolder, que Sébastien Loeb s'engage pour le rallye d'Argentine, l'Amérique du Sud étant un marché très important pour la marque aux chevrons. Conscient de l'avance technologique du concurrent allemand, du handicap consécutif à son absence de roulage sur terre en compétition depuis près de 6 mois et de la nécessité de se reconstruire une motivation malgré son engagement sur circuit, l'Alsacien annonce n'avoir pour objectif que de rapporter quelques points constructeurs pour Citroën[641],[642]. Le champion du monde ne réitère cette fois-ci pas la même erreur qu'en Suède et décroche la deuxième place de la manche qualificative, lui permettant ainsi de bénéficier de conditions de route optimales. Dès la toute première spéciale, il avoue se sentir rouillé et éprouve des difficultés à retrouver le rythme et les sensations des rallyes terres. Il se plaint également d'un comportement trop sous-vireur de sa DS3 et demande à changer les réglages. Les Polo R WRC du rival Volkswagen commencent à creuser l'écart. Lors de la deuxième boucle de la première étape, l'Alsacien se trompe de choix de pneus en optant pour des gommes dures puis est victime d'une averse juste avant la ligne d'arrivée de la quatrième spéciale. Il parvient malgré tout à limiter les dégâts et pointe en deuxième position du classement général au soir de la première journée, à environ seize secondes du leader du championnat du monde Sébastien Ogier[643],[644]. Loeb retrouve peu à peu son rythme d'antan et décide d'attaquer fort dès l'entame de la deuxième étape. Alors en tête dans les temps intermédiaires de la sixième spéciale, il commet une petite faute en sortant un peu large dans un virage et lâche encore 1,4 secondes à son compatriote. Mais la prochaine tentative sera la bonne. Loeb hausse encore son rythme dans la spéciale 7. Il est crédité de plus de 6 secondes d'avance dans les temps intermédiaires à mi-parcours lorsque Ogier part à la faute sous la pression de l'Alsacien en faisant un tout droit dans un virage boueux. Le frein à main de la Polo R WRC ne répondant plus, le gapençais perd plus de 40 secondes dans la mésaventure. Loeb, alors solide leader, accroît encore son avance de près d'une minute en signant deux temps scratchs supplémentaires avant la fin de la deuxième étape[645],[646]. Il se contente finalement de caler son rythme sur celui de ses adversaires lors de la dernière journée pour assurer sereinement une huitième victoire consécutive en Argentine depuis 2005 pour son dernier rallye terre en mondial[647],[648].

Du 30 mai au 1er juin 2013, Sébastien Loeb participe pour la deuxième année consécutive au rallye du Chablais, comptant pour le championnat national suisse, cette fois-ci en compagnie de son épouse Séverine. Toujours au volant de sa Citroën DS3 WRC, il remporte facilement l'épreuve avec plus de sept minutes d'avance sur le pilote local Nicolas Althaus en signant comme l'année précédente le meilleur temps de toutes les spéciales au programme[649],[650].

Sébastien Loeb sur ses terres au rallye de France-Alsace 2013, lors de sa dernière apparition en championnat du monde. Citroën décida pour l'occasion d'orner sa DS3 d'une livrée couleur noire et or reprenant les principaux records de la carrière de son pilote vedette.

En championnat du monde, l'équipe Citroën Racing continue de souffrir en l'absence de son pilote vedette, avec de nouveaux résultats décevants au rallye de l'Acropole et au rallye de Sardaigne. Sébastien Ogier et Volkswagen prennent le large dans les deux championnats à la mi-saison, et les deux pilotes officiels de la marque aux chevrons, Mikko Hirvonen et Dani Sordo, comptent toujours moins de points que Sébastien Loeb au classement général, alors que ce dernier n'a participé qu'à trois rallyes sur sept. Cet état de fait contribue à invalider les thèses de quelques détracteurs qui affirmaient que le palmarès de l'Alsacien tenait en grande partie à la supériorité des voitures Citroën et au bridage volontaire de ses coéquipiers par l'écurie française. Au moment où la marque aux chevrons et le champion du monde officialisent enfin leur engagement mutuel en WTCC dès la saison 2014, le directeur de la branche sportive du groupe Yves Matton indique dans une interview qu'il espère faire revenir Sébastien Loeb pour une ou deux manches supplémentaires afin d'aider l'équipe au championnat constructeur[651]. Le rallye d'Allemagne et le rallye de Catalogne, deux épreuves asphaltes, seraient ainsi évoqués mais le principal intéressé fait taire la rumeur en invoquant son emploi du temps trop chargé qui l'obligerait à concourir dans ces rallyes sans participer aux reconnaissances[652]. Cette demande sonne comme un désaveu pour Mikko Hirvonen et Dani Sordo, dont les nombreuses déconvenues ainsi que la suppression des handicaps sur les rallyes terres ouvrent un boulevard à Sébastien Ogier pour les saisons à venir. Dans le même temps, la supériorité des Polo R WRC se confirme rallye après rallye. D'habitude toujours sur la réserve, le pilote finlandais avoue sans détours son impuissance lors du rallye d'Australie : « La VW est trop forte. Il n'y a rien à faire »[653], quand Guy Fréquelin, ancien directeur de la branche sportive de Citroën, met également en lumière les différences de moyens entre les deux constructeurs[654].

Le rallye de France-Alsace 2013 marque le jubilé de Sébastien Loeb qui mettra fin sur ses terres à sa carrière en championnat du monde débutée en 1999. Le contexte pourrait sembler explosif puisqu'il y retrouvera son compatriote Sébastien Ogier, privé du titre pour un point aux antipodes et décidé à viser à tout prix la victoire en France afin d'éviter que son sacre annoncé ne perde toute valeur médiatique[655]. Pour sa part, l'Alsacien est conscient des limites consécutives à son absence de l'univers du WRC au cours des six derniers mois, notamment concernant son acclimatation à l'asphalte du championnat du monde qu'il n'a plus pratiqué depuis le rallye Monte-Carlo. Il annonce ainsi n'avoir aucun objectif particulier pour son dernier engagement, autre que celui de remercier ses supporters[656],[657]. La préparation de son dernier rallye ne se passe également pas dans les meilleures conditions. La modification en cours de saison du calendrier des FIA GT Series, pour permettre l'organisation de l'épreuve de clôture à Bakou en Azerbaïdjan, engendra le déplacement du meeting de Navarra au week-end précédent le rallye d'Alsace[658]. Ce bouleversement contraignit Loeb à condenser la semaine de travail habituellement nécessaire pour aborder sereinement une manche du mondial en une seule journée d'essais, organisée dans les environs du Ménil le lundi 30 septembre 2013, dès le lendemain de ses deux victoires en Espagne[659]. Mais l'arrivée tardive du champion du monde sur place, en raison de l'atterrissage en catastrophe de son hélicoptère la veille pour cause de mauvais temps, ainsi que son départ précipité en fin d'après-midi pour se rendre à l'inauguration d'un complexe sportif qui portera son nom dans sa ville natale d'Haguenau, écourteront cette unique séance de préparation[660],[661]. C'est à partir seulement du jour suivant que le pilote français pu commencer à se concentrer sur son rallye avec l'entame des reconnaissances, au cours desquelles il fut régulièrement sollicité par de nombreux curieux. Contraint de s'élancer en septième position dans l'ordre de passage des spéciales en raison de son classement symbolique au championnat pilote, son inquiétude se porte alors sur les conditions météorologiques annonçant de la pluie dès la première étape, lui engendrant ainsi un handicap difficilement surmontable compte tenu de la boue qui pourrait être ramenée sur la route par les premiers partis[662],[663]. Une fois n'est pas coutume, c'est la Super Spéciale organisée à Strasbourg en tant que coup d'envoi du rallye qui fait office de Power Stage. Sébastien Ogier parvient à engranger le point qui lui manquait pour être sacré champion du monde quand Loeb lâche d'entrée près de trois secondes à la suite de quelques erreurs dans les passages serrés[664],[665]. Il impressionne le lendemain lors de la première étape en signant les trois temps scratchs de la matinée alors qu'il chaussait des gommes dures dans des conditions humides. Il cède néanmoins lors de l'après-midi les commandes de l'épreuve au jeune pilote belge Thierry Neuville, auteur d'un choix de pneus risqué mais finalement payant, et pointe en quatrième position au soir de la première journée[666],[667]. La deuxième étape commence mal pour l'Alsacien et voit les conditions de route se dégrader à mesure que la pluie s'intensifie. Victime de survirage avec sa DS3, il perd plus de quinze secondes sur les deux premières spéciales et avoue que les réglages choisis lors de sa courte séance d'essais du lundi ne sont pas judicieux. L'assistance de la mi-journée ne lui permet toujours pas de trouver le bon équilibre, la prise en main de sa voiture n'est toujours pas bonne et lui fait perdre confiance dans les parties rapides. La crevaison dont est victime Neuville, alors en tête, lui permet cependant de garder le contact avec la première place avant l'entame de la dernière étape[668],[669]. C'est finalement lors de la première spéciale de cette dernière journée que la carrière de Sébastien Loeb en championnat du monde des rallyes s'achève. Après avoir annoncé la veille qu'il tenterait tout pour s'imposer malgré le mauvais comportement de sa voiture, il en perd finalement le contrôle à peine quelques centaines de mètres après le départ, dans un long virage à droite. L'arrière de la DS3 décroche subitement et l'équipage part en tonneaux. L'Alsacien se dit désolé pour les supporters qui s'étaient déplacés pour le voir, mais également déçu de ne pas avoir rallié l'arrivée prévue dans les rues de sa ville natale d'Haguenau[670],[671]. Une cérémonie est organisée en son honneur au Zénith de Strasbourg devant plus de six mille personnes.

Un mois après sa dernière apparition en mondial, Sébastien Loeb s'engage pour la première fois de sa carrière sur une épreuve belge dans le cadre de la quarantième édition du rallye du Condroz-Huy, manche de clôture du championnat de Belgique 2013. L'opération s'est construite avec l'implication de plusieurs partenaires, dont la filiale Bénélux de Citroën, la marque de bière Gordon, le manufacturier Michelin ainsi que le Motor Club de Huy[672]. Au volant d'une Citroën DS3 WRC, le Français est copiloté par son épouse Séverine, tandis que son partenaire de toujours Daniel Elena doit faire équipe sur une Xsara WRC avec le directeur de Citroën Racing Yves Matton, originaire de la région. Loeb remporte facilement l'épreuve en signant le temps scratch dans toutes les spéciales excepté la dernière et s'impose avec plus de six minutes d'avance sur son poursuivant direct Xavier Bouche. Matton termine à la troisième place et permet à Citroën de réaliser un triplé à partir des trois voitures championnes du monde de la marque[673],[674].

Palmarès en rallye[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Saison Titre Voiture Équipe
1999 Trophée Citroën Saxo Kit Car Citroën Saxo Kit Car Drapeau : France Privé
2000 Champion de France des Rallyes Terres 2 roues motrices Citroën Saxo Kit Car Drapeau : France Privé
2001 Champion de France des Rallyes Citroën Xsara Kit-Car Drapeau : Espagne Piedrafita Sport
2001 Champion du monde des Rallyes Junior Citroën Saxo VTS S1600 Drapeau : France Automobiles Citroën
2004 Champion du monde des Rallyes Citroën Xsara WRC Drapeau : France Citroën Total
2005 Champion du monde des Rallyes Citroën Xsara WRC Drapeau : France Citroën Total
2006 Champion du monde des Rallyes Citroën Xsara WRC Drapeau : Belgique Kronos Total Citroën World Rally Team
2007 Champion du monde des Rallyes Citroën C4 WRC Drapeau : France Citroën Total World Rally Team
2008 Champion du monde des Rallyes Citroën C4 WRC Drapeau : France Citroën Total World Rally Team
2009 Champion du monde des Rallyes Citroën C4 WRC Drapeau : France Citroën Total World Rally Team
2010 Champion du monde des Rallyes Citroën C4 WRC Drapeau : France Citroën Total World Rally Team
2011 Champion du monde des Rallyes Citroën DS3 WRC Drapeau : France Citroën Total World Rally Team
2012 Champion du monde des Rallyes Citroën DS3 WRC Drapeau : France Citroën Total World Rally Team

Victoires[modifier | modifier le code]

Résultats en rallye[modifier | modifier le code]

Résultats complets en championnat du monde des rallyes[modifier | modifier le code]

Saison Équipe Départs Victoires Podiums Scratchs Abandons Points Classement final
1999 Drapeau : France Équipe de France FFSA 3 0 0 0 1 0 -
2000 Drapeau : France Équipe de France FFSA 4 0 0 0 1 0 -
2001 Drapeau : France Automobiles Citroën 8 0 1 4 1 6 14e
2002 Drapeau : France Automobiles Citroën
Drapeau : Espagne Piedrafita Sport
9 1 2 19 2 18 10e
2003 Drapeau : France Citroën Total 14 3 7 38 3 71 2e
2004 Drapeau : France Citroën Total 16 6 12 65 2 118 1er
2005 Drapeau : France Citroën Total 16 10 13 129 2 127 1er
2006 Drapeau : Belgique Kronos Total Citroën World Rally Team 12 8 12 86 0 112 1er
2007 Drapeau : France Citroën Total World Rally Team 16 8 13 102 2 116 1er
2008 Drapeau : France Citroën Total World Rally Team 15 11 13 116 1 122 1er
2009 Drapeau : France Citroën Total World Rally Team 12 7 9 88 1 93 1er
2010 Drapeau : France Citroën Total World Rally Team 13 8 12 96 0 276 1er
2011 Drapeau : France Citroën Total World Rally Team 13 5 9 65 2 222 1er
2012 Drapeau : France Citroën Total World Rally Team 13 9 10 71 2 270 1er
2013 Drapeau : France Citroën Total Abu Dhabi World Rally Team 4 2 3 21 1 68 8e
Total 168 78 116 900 21 1619 9 titres

Résultats détaillés en championnat du monde des rallyes[modifier | modifier le code]

Saison Rallye Points Classement final
1999 MON
Drapeau : Monaco
SWE
Drapeau : Suède
KEN
Drapeau : Kenya
POR
Drapeau : Portugal
ESP
Drapeau : Espagne
FRA
Drapeau : France
ARG
Drapeau : Argentine
GRE
Drapeau : Grèce
NZL
Drapeau : Nouvelle-Zélande
FIN
Drapeau : Finlande
CHN
Drapeau : République populaire de Chine
ITA
Drapeau : Italie
AUS
Drapeau : Australie
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
0 -
- - - - Ab.1 19e - - - - - 21e - -
Gr. A6 Ab.1 1er 1er N/A N/A
2000 MON
Drapeau : Monaco
SWE
Drapeau : Suède
KEN
Drapeau : Kenya
POR
Drapeau : Portugal
ESP
Drapeau : Espagne
ARG
Drapeau : Argentine
GRE
Drapeau : Grèce
NZL
Drapeau : Nouvelle-Zélande
FIN
Drapeau : Finlande
CYP
Drapeau : Chypre
FRA
Drapeau : France
ITA
Drapeau : Italie
AUS
Drapeau : Australie
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
0 -
- - - - - - - - Ab.2 - 9e 10e - 38e
Gr. A6 Ab.2 1er N/A N/A
2001 MON
Drapeau : Monaco
SWE
Drapeau : Suède
POR
Drapeau : Portugal
ESP
Drapeau : Espagne
ARG
Drapeau : Argentine
CYP
Drapeau : Chypre
GRE
Drapeau : Grèce
KEN
Drapeau : Kenya
FIN
Drapeau : Finlande
NZL
Drapeau : Nouvelle-Zélande
ITA
Drapeau : Italie
FRA
Drapeau : France
AUS
Drapeau : Australie
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
6 14e
15e Ab.2 - 15e - - 19e - 28e - 2e 13e - 15e
JWRC 1er 1er 1er - 1er 1er 50 1er
Gr. A6 2e Ab.2 N/A N/A
2002 MON
Drapeau : Monaco
SWE
Drapeau : Suède
FRA
Drapeau : France
ESP
Drapeau : Espagne
CYP
Drapeau : Chypre
ARG
Drapeau : Argentine
GRE
Drapeau : Grèce
KEN
Drapeau : Kenya
FIN
Drapeau : Finlande
GER
Drapeau : Allemagne
ITA
Drapeau : Italie
NZL
Drapeau : Nouvelle-Zélande
AUS
Drapeau : Australie
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
18 10e
2e 17e - Ab.1 - - 7e 5e 10e 1er - - 7e Ab.2
2003 MON
Drapeau : Monaco
SWE
Drapeau : Suède
TUR
Drapeau : Turquie
NZL
Drapeau : Nouvelle-Zélande
ARG
Drapeau : Argentine
GRE
Drapeau : Grèce
CYP
Drapeau : Chypre
GER
Drapeau : Allemagne
FIN
Drapeau : Finlande
AUS
Drapeau : Australie
ITA
Drapeau : Italie
FRA
Drapeau : France
ESP
Drapeau : Espagne
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
71 2e
1er 7e Ab.4 4e Ab.1 Ab.2 3e 1er 5e 2e 1er 13e 2e 2e
2004 MON
Drapeau : Monaco
SWE
Drapeau : Suède
MEX
Drapeau : Mexique
NZL
Drapeau : Nouvelle-Zélande
CYP
Drapeau : Chypre
GRE
Drapeau : Grèce
TUR
Drapeau : Turquie
ARG
Drapeau : Argentine
FIN
Drapeau : Finlande
GER
Drapeau : Allemagne
JPN
Drapeau : Japon
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
ITA
Drapeau : Italie
FRA
Drapeau : France
ESP
Drapeau : Espagne
AUS
Drapeau : Australie
118 1er
1er 1er Ab.2 4e 1er 2e 1er 2e 4e 1er 2e 2e 2e 2e Ab.2 1er
2005 MON
Drapeau : Monaco
SWE
Drapeau : Suède
MEX
Drapeau : Mexique
NZL
Drapeau : Nouvelle-Zélande
ITA
Drapeau : Italie
CYP
Drapeau : Chypre
TUR
Drapeau : Turquie
GRE
Drapeau : Grèce
ARG
Drapeau : Argentine
FIN
Drapeau : Finlande
GER
Drapeau : Allemagne
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
JPN
Drapeau : Japon
FRA
Drapeau : France
ESP
Drapeau : Espagne
AUS
Drapeau : Australie
127 1er
1er Ab.2 4e 1er 1er 1er 1er 1er 1er 2e 1er 3e 2e 1er 1er Ab.1
2006 MON
Drapeau : Monaco
SWE
Drapeau : Suède
MEX
Drapeau : Mexique
ESP
Drapeau : Espagne
FRA
Drapeau : France
ARG
Drapeau : Argentine
ITA
Drapeau : Italie
GRE
Drapeau : Grèce
GER
Drapeau : Allemagne
FIN
Drapeau : Finlande
JPN
Drapeau : Japon
CYP
Drapeau : Chypre
TUR
Drapeau : Turquie
AUS
Drapeau : Australie
NZL
Drapeau : Nouvelle-Zélande
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
112 1er
2e 2e 1er 1er 1er 1er 1er 2e 1er 2e 1er 1er - - - -
2007 MON
Drapeau : Monaco
SWE
Drapeau : Suède
NOR
Drapeau : Norvège
MEX
Drapeau : Mexique
POR
Drapeau : Portugal
ARG
Drapeau : Argentine
ITA
Drapeau : Italie
GRE
Drapeau : Grèce
FIN
Drapeau : Finlande
GER
Drapeau : Allemagne
NZL
Drapeau : Nouvelle-Zélande
ESP
Drapeau : Espagne
FRA
Drapeau : France
JPN
Drapeau : Japon
IRL
Drapeau : Irlande
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
116 1er
1er 2e 14e 1er 1er 1er Ab.1 2e 3e 1er 2e 1er 1er Ab.1 1er 3e
2008 MON
Drapeau : Monaco
SWE
Drapeau : Suède
MEX
Drapeau : Mexique
ARG
Drapeau : Argentine
JOR
Drapeau : Jordanie
ITA
Drapeau : Italie
GRE
Drapeau : Grèce
TUR
Drapeau : Turquie
FIN
Drapeau : Finlande
GER
Drapeau : Allemagne
NZL
Drapeau : Nouvelle-Zélande
ESP
Drapeau : Espagne
FRA
Drapeau : France
JPN
Drapeau : Japon
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
122 1er
1er Ab.2 1er 1er 10e 1er 1er 3e 1er 1er 1er 1er 1er 3e 1er
2009 IRL
Drapeau : Irlande
NOR
Drapeau : Norvège
CYP
Drapeau : Chypre
POR
Drapeau : Portugal
ARG
Drapeau : Argentine
ITA
Drapeau : Italie
GRE
Drapeau : Grèce
POL
Drapeau : Pologne
FIN
Drapeau : Finlande
AUS
Drapeau : Australie
ESP
Drapeau : Espagne
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
93 1er
1er 1er 1er 1er 1er 4e Ab.1 7e 2e 2e 1er 1er
2010 SWE
Drapeau : Suède
MEX
Drapeau : Mexique
JOR
Drapeau : Jordanie
TUR
Drapeau : Turquie
NZL
Drapeau : Nouvelle-Zélande
POR
Drapeau : Portugal
BUL
Drapeau : Bulgarie
FIN
Drapeau : Finlande
GER
Drapeau : Allemagne
JPN
Drapeau : Japon
FRA
Drapeau : France
ESP
Drapeau : Espagne
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
276 1er
2e 1er 1er 1er 3e 2e 1er 3e 1er 5e 1er 1er 1er
2011 SWE
Drapeau : Suède
MEX
Drapeau : Mexique
POR
Drapeau : Portugal
JOR
Drapeau : Jordanie
ITA
Drapeau : Italie
ARG
Drapeau : Argentine
GRE
Drapeau : Grèce
FIN
Drapeau : Finlande
GER
Drapeau : Allemagne
AUS
Drapeau : Australie
FRA
Drapeau : France
ESP
Drapeau : Espagne
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
222 1er
6e 1er 2e 3e 1er 1er 2e 1er 2e 10e Ab.2 1er Ab.3
2012 MON
Drapeau : Monaco
SWE
Drapeau : Suède
MEX
Drapeau : Mexique
POR
Drapeau : Portugal
ARG
Drapeau : Argentine
GRE
Drapeau : Grèce
NZL
Drapeau : Nouvelle-Zélande
FIN
Drapeau : Finlande
GER
Drapeau : Allemagne
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
FRA
Drapeau : France
ITA
Drapeau : Italie
ESP
Drapeau : Espagne
270 1er
1er 6e 1er Ab.1 1er 1er 1er 1er 1er 2e 1er Ab.1 1er
2013 MON
Drapeau : Monaco
SWE
Drapeau : Suède
MEX
Drapeau : Mexique
POR
Drapeau : Portugal
ARG
Drapeau : Argentine
GRE
Drapeau : Grèce
ITA
Drapeau : Italie
FIN
Drapeau : Finlande
GER
Drapeau : Allemagne
AUS
Drapeau : Australie
FRA
Drapeau : France
ESP
Drapeau : Espagne
GBR
Drapeau : Royaume-Uni
68 8e
1er 2e - - 1er - - - - - Ab.1 - -
Motifs des abandons :

1. Sortie de route, accident, tonneau(x)
2. Mécanique, moteur
3. Collision sur liaison
4. Panne d'essence

Résultats détaillés en championnat de France des Rallyes Terres[modifier | modifier le code]

Saison Groupe Voiture Catégorie 1 2 3 4 5 6 7 8 9 Points Classement final
2000 A6 Citroën Saxo Kit-Car Générale AUX
6
AUV
4
PRO
Ab.
DIO
5
LAN
3
DRA
4
COR
3
CAR
4
VAU
Ab.
132 3e
2 Roues Motrices AUX
1
AUV
1
PRO
Ab.
DIO
1
LAN
1
DRA
1
COR
1
CAR
1
VAU
Ab.
1er
2001 A6 Citroën Saxo T4 Générale AUX
5
AUV
PRO
DIO
LAN
COR
CAR
VAU
20 45e
A6 AUX
1
AUV
PRO
DIO
LAN
COR
CAR
VAU
N/A

Résultats détaillés en championnat de France des Rallyes (Asphaltes)[modifier | modifier le code]

Saison Groupe Voiture 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Points Classement final
1997 N2 Peugeot 106 Rallye LYC TDC ROC ROU MBL LIM TOU ANT CDC
194
VAR 5 ?
1998 A6 Citroën Saxo Kit-Car LYC ALV
DSQ
TDC LIM ROU MBL TOU
81
ANT CDC VAR 13 51e
1999 A6 Citroën Saxo Kit-Car LYC TDC
191
ALV
31
LIM
83
ROU
51
MBL TOU
Ab.
ANT CDC VAR
Ab.
62 9e
2000 A7 Renault Maxi Megane LYC TOU ALV LIM ROU
42
MBL
54
67 8e
A8 Toyota Corolla WRC TDC
99
ANT CDC
A7 Citroën Xsara Kit-Car VAR
11
2001 A7 Citroën Xsara Kit-Car LYC
11
TLR
11
ALV
11
LIM
11
ROU
Ab.
MBL
11
TOU
Ab.
ANT
11
CDC VAR 180 1er
2008 A6 Citroën C2 S1600 LYC ALV LIM ROU MBL TOU CDC VAR
31
0 n.c.
2009 A8 Citroën C4 WRC LYC ALV LIM ROU MBL TOU CDC VAR
11
0 n.c.
2014 A8 Citroën DS3 WRC TOU LYC LIM ANT ROU MBL CDC VAR
11
0 n.c.
Légende :

1 2 3 ... – Indique le classement dans la catégorie concernée

Carrière sur circuit[modifier | modifier le code]

Formule France (2002)[modifier | modifier le code]

Invité par la fédération française à participer à la manche d'ouverture de la Coupe de France FFSA de Formule France 2002, organisée début avril dans le cadre des Coupes de Pâques, Sébastien Loeb signa la pôle position et remporta la course en enregistrant au passage un nouveau record du tour[675],[676].

24 Heures du Mans (2005-2006)[modifier | modifier le code]

La Pescarolo C60 numéro 17 pilotée par Sébastien Loeb lors de l'édition 2006 des 24 Heures du Mans, ici aux mains de son coéquipier Franck Montagny lors des essais préliminaires du 4 juin.
  • Sébastien Loeb participe pour la première fois aux 24 Heures du Mans lors de l'édition 2005 sur invitation de l'équipe Pescarolo Sport[677]. Cette collaboration fut largement rendu possible par l'investissement significatif de la marque PlayStation, leur sponsor commun, et par la bénédiction de Citroën Sport. Engagé en catégorie LMP1 sur la Pescarolo C60-Judd numéro 17 aux côtés de ses compatriotes Éric Hélary et Soheil Ayari, il atteint la deuxième place des qualifications derrière la seconde voiture de l'écurie sarthoise. Ayari, qui assure le premier relais, conserve son rang à l'issue du départ et creuse peu à peu l'écart sur ses poursuivants avant de se faire percuter en milieu d'après-midi par la Panoz Esperante de Patrick Bourdais. Direction endommagée, il se voit contraint de regagner les stands et cède le volant à Éric Hélary qui reprend la course en septième position. Le pilote parisien est finalement victime d'une crevaison et rétrograde à la neuvième place. Loeb entame son premier relais aux alentours de 21 h et rend la voiture en sixième position après soixante-quinze minutes de roulage. Peu avant minuit, Soheil Ayari se retrouve une nouvelle fois victime d'un accrochage contre la Dallara SP1 numéro 8. Les dégâts sont cette fois-ci plus importants, obligeant les mécaniciens à procéder au changement de la plupart des pièces composant la silhouette. Désormais quatorzième, à plus de dix tours de l'Audi R8 numéro 3 de Tom Kristensen occupant la tête, le trio Loeb-Hélary-Ayari réalise malgré tout la meilleure moyenne horaire de la nuit et se concentre sur la conquête d'une place d'honneur. Après être remontés jusqu'en cinquième position, les trois hommes voient finalement leur course s'achever vers 11 h 30 sur un nouvel incident frappant le relais d'Ayari. Victime d'une crevaison à l'avant droit, le pilote savoyard perd le contrôle de la voiture dans une chicane et sort de la piste. Bien qu'étant revenu aux stands au ralenti, Henri Pescarolo opte pour l'abandon compte tenu des dégâts constatés[678],[679].
  • Sébastien Loeb renouvelle sa collaboration avec Pescarolo Sport pour l'édition 2006 des 24 Heures du Mans, toujours au volant de la C60-Judd numéro 17 et avec Éric Hélary et Franck Montagny comme coéquipiers. Parti de la quatrième position sur la grille de départ, l'équipage tricolore peine à suivre la cadence imposée par les nouvelles Audi R10 à moteur diesel. Mais c'est à la tombée de la nuit que le classement général se retrouve significativement modifié. La voiture de tête du septuple vainqueur de l'épreuve Tom Kristensen rencontre des problèmes d'injection l'immobilisant aux stands pendant vingt minutes et cède les commandes à l'autre Prototype de la marque aux anneaux. Héritière de la deuxième place, la Pescarolo C60 numéro 16 en abandonnera quant à elle plus de quatre-vingt-dix quelques heures plus tard en raison de coupures moteur à répétition. Désormais titulaire de la seconde position à deux tours de l'Audi R10 numéro 8, la Pescarolo numéro 17 de Loeb perd définitivement le contact avec sa rivale aux alentours de 1H30 lorsque Montagny est victime d'une sortie de piste. Bloqué dans un bac à sable, le pilote doit attendre l'aide des commissaires qui lui donneront l'élan nécessaire pour repartir. La voiture de l'écurie sarthoise parviendra néanmoins à conserver son rang et à contrôler la remontée de l'Audi numéro 7, permettant ainsi au double champion du monde des rallyes de décrocher le premier podium de sa carrière dans une course internationale disputée sur circuit[680].
  • Il renonce à participer l'année suivante aux 24 Heures du Mans 2007 en raison de son bras toujours affaibli par son accident de moto de l'été 2006.
  • Des rumeurs avaient ensuite régulièrement fait surface quant à son possible retour dans l'épreuve reine de la course d'endurance, notamment par l'intermédiaire de l'équipe Peugeot Sport qui relançaient à cette époque un programme de Sport-Prototypes avec la Peugeot 908 HDi FAP et dont il est très proche (groupe PSA). Son agenda sportif très chargé et son envie de partager du temps avec sa famille lui ont fait refuser cette occasion en 2010 et 2011[681], avant que l'écurie française ne mettent un terme à son engagement au Mans[682],[683].
  • Sébastien Loeb devait faire son retour aux 24 Heures du Mans en 2013 en catégorie LMP2 au sein de sa propre équipe SLR, qui fit l'acquisition l'année précédente d'une Oreca 03-Nissan en vue de participer au championnat European Le Mans Series[684]. L'écurie du nonuple champion du monde des rallyes déclina finalement l'invitation de l'Automobile Club de l'Ouest à cause du désistement d'un partenaire financier du projet[685],[686],[687]. Le budget manquant ne leur aurait pas permis de jouer les avant-postes pendant la compétition[688].

Formule 1 (2007-2008)[modifier | modifier le code]

L'Alsacien a eu l'occasion de tester une Formule 1 à deux reprises. La première fois à l'occasion d'un échange avec la Renault de Heikki Kovalainen fin 2007 dans le cadre d'une opération promotionnelle réalisée par le sponsor commun Total. La seconde occasion a eu lieu dans le cadre d'une vraie séance d'essai F1. Invité par l'écurie Red Bull Racing à participer à une séance fin 2008, la boisson énergétique autrichienne étant également son sponsor principal en Rallye, Loeb va réaliser le 8e chrono de sa journée au volant de la RBR Renault[689]. Plusieurs observateurs (membres d'écuries notamment) présents ce jour-là ne manqueront pas de saluer la performance du Français. Les spéculations sur sa possible reconversion en F1 sont ensuite allées bon train, mais Loeb les a démenties en invoquant son âge (34 ans à ce moment), et certaines douleurs au cou dans les courbes rapides, n'étant pas spécifiquement entraîné pour un pilotage sur circuit.

Il fut question qu'il participe au dernier Grand Prix de la saison 2009 de Formule 1 à Abou Dabi sur une Toro Rosso, mais la FIA lui refusa in fine l'obtention de la super-licence, indispensable pour piloter une Formule 1 en course officielle.

GT Tour (2008-2014)[modifier | modifier le code]

Sébastien au Grand Prix automobile de Pau 2012 au volant d'une Porsche 997 GT3
  • C'est en septembre 2008, dans le cadre de la pénultième manche de la Super Série FFSA organisée sur le Circuit d'Albi, que Sébastien Loeb prend part à la toute première compétition GT de sa carrière. Associé à Jean-Pierre Champeau au volant d'une Porsche 997 RSR de l'écurie Pro GT by Alméras, il termine troisième de la catégorie GT2 lors de la première course tandis que son équipier fut contraint à l'abandon lors de la deuxième manche. Il profite également du même week-end pour s'engager dans les deux épreuves de la Porsche Carrera Cup France au programme. Il se classera septième de la première puis abandonnera dans le premier tour de la seconde.
  • Le 9 juin 2012, dans le cadre du dixième anniversaire du Festival auto-moto, Sébastien Loeb inaugure un virage qui portera son nom sur le circuit de l'Anneau du Rhin à Biltzheim[690]. Il prendra ensuite la piste à bord d'une Porsche GT3 Carrera Cup de son écurie.
Une MitJet 2L du Sébastien Loeb Racing utilisée lors du Grand Prix automobile de Pau 2012
  • Le weekend du 14 juillet 2012, Loeb participe également à une manche du championnat MitJet Series 2L à Magny-Cours, toujours dans le cadre du GT Tour[691].
  • Les 27 et 28 octobre 2012, Sébastien Loeb participe à la finale du Championnat de France FFSA GT 2012 sur le circuit du Castellet à bord d'une McLaren MP4-12C alignée par son écurie et avec Gilles Vannelet pour équipier. Le duo accroche la troisième marche du podium lors des deux courses au programme[692].
  • Du 17 au 20 mai 2013, Sébastien Loeb s'engage à nouveau pour une manche Mitjet Series 2L, mais cette fois-ci dans un meeting hors championnat, en levée de rideau du Grand Prix automobile de Pau 2013. C'est l'occasion pour lui de se confronter à nouveau à Jean-Philippe Dayraut, quadruple vainqueur du Trophée Andros et créateur du concept Mitjet. L'Alsacien signe la pôle position de la première course du dimanche matin avec plus de 4 dixièmes d'avance sur son adversaire[693]. Les deux hommes seront roues dans roues pendant la totalité de la course. Dayraut l'emporte in extremis devant Loeb sur une piste détrempée pour moins de deux dixièmes[694]. La revanche a lieu lors de la deuxième course du dimanche après-midi. L'Alsacien part deuxième de la grille mais parvient à prendre le meilleur départ et passe en tête au premier virage. Il ne lâchera sa première place à Dayraut que très ponctuellement lorsque les deux hommes reviennent sur le retardataire Édouard Hery et que ce dernier perd le contrôle de sa voiture juste devant Loeb, bloquant ainsi le champion du monde des rallyes. Dayraut, auteur du meilleur tour en course, rendra sportivement la place perdue à Loeb qui s'imposera de justesse[695]. Le lendemain, lundi de Pentecôte, Dayraut part à nouveau en pôle position lors de la course du matin, suivi de Sébastien Loeb. Mais l'issue sera cette fois-ci à sens unique. Le toulousain parvient à s'imposer avec un écart significatif de près de 3 secondes sur Loeb qui terminera deuxième et ne parviendra jamais à inquiéter son adversaire. L'explication est donnée par Dayraut à l'arrivée de la course. Celui-ci, en sa qualité de créateur du championnat Mitjet, testait des réglages de pression de pneus différents sur sa voiture afin de démontrer son potentiel, ce qui selon ses dires lui donnait un avantage significatif[696]. La quatrième et dernière course prévue le lundi après-midi se fera sans Sébastien Loeb à cause du retard accumulé dans le programme de la journée par les autres compétitions. Le champion du monde devra ainsi quitter Pau avant le départ pour ne pas manquer son avion.
  • Du 6 au 8 septembre 2013, Sébastien Loeb poursuit ses quelques piges en Mitjet Series 2L dans le cadre du meeting de Magny-Cours organisé par la FFSA, toujours au sein de son écurie SLR et avec Alexandre Tosin comme coéquipier. Les deux courses au programme du champion du monde des rallyes font cette fois-ci partie intégrante du championnat contrairement à Pau, mais son statut d'invité ne l'autorise pas à marquer des points. Il réalise le dixième temps des essais libres du vendredi puis le deuxième temps des qualifications, juste derrière Jean-Philippe Dayraut qui reste la référence de la série qu'il a contribué à créer. Sous une pluie battante et dans des conditions d'adhérence très précaires, Loeb prend le meilleur sur Dayraut dès le départ de la première course puis creuse rapidement l'écart sur ses poursuivants. Il mènera les débats de bout en bout pour finalement s'imposer avec un gouffre de 43 secondes d'avance sur Ronald Basso[697]. Le règlement de la grille inversée impose à l'Alsacien de s'élancer en dixième position de la deuxième course le lendemain. Auteur d'un départ fracassant, il remonte un à un ses adversaires et pointe déjà à la quatrième place à la fin du premier tour. Il terminera finalement deuxième, à moins d'une seconde du vainqueur Nicolas Gomar[698].
  • Du 25 au 27 octobre 2013, Sébastien Loeb s'engage pour la deuxième année consécutive dans la finale du championnat de France GT organisée comme tous les ans sur le circuit Paul-Ricard et rassemblant une trentaine d'inscriptions. Au volant d'une des McLaren MP4-12C de son écurie SLR, estampillée du numéro 19, il fait cette fois-ci équipe avec le champion 2012 de Porsche Carrera Cup France dans la catégorie Gentleman Driver, Christophe Lapierre[699]. Ce dernier réalise les douzième et neuvième temps des séances d'essais libres du vendredi qui lui sont affectées. L'Alsacien réalise quant à lui les treizième et quinzième temps de sa série, avec un écart au tour par rapport au meilleur d'environ une seconde pour son chrono le plus optimisé. Le lendemain, Lapierre signe le douzième temps de la première séance de qualification, définissant la grille de départ de la course du samedi, à environ 1.4 secondes de Luca Stolz sur Mercedes SLS AMG. Loeb décroche quelques minutes plus tard le cinquième temps de la deuxième séance, réservée aux pilotes professionnels et relative à la deuxième course se tenant le dimanche, à moins d'une demi-seconde d'un de ses adversaires en FIA GT Series, le pilote israélien Alon Day[700],[701]. Christophe Lapierre est chargé du premier relais lors de la première course du meeting. Parti en douzième position sur la grille, il remonte à la septième place en profitant du chaos généré par un carambolage impliquant entre autres l'Audi R8 LMS de David Hallyday. Le Safety Car est imposé et neutralise la course pendant plusieurs minutes. Lapierre se fait dépasser successivement par deux concurrents, avant de reprendre la huitième place qu'il tiendra jusqu'au bout de son relais, derrière la Porsche 911 de Christian Ried. Lors du passage de témoin, l'équipage perd beaucoup de temps dans les stands à cause de sangles récalcitrantes, contraignant Sébastien Loeb à ne repartir qu'en douzième position. Le pilote alsacien entame une remontée sur les autres concurrents pour finalement pointer à la septième place à cinq minutes du drapeau à damiers. La McLaren numéro 19 se classera finalement sixième après avoir repris dans les derniers tours la Ferrari 458 d'Arno Santamato[702]. Le lendemain, Loeb s'élance en cinquième position sur la grille de la deuxième course GT du meeting. Il parvient à gagner un rang dès la fin du premier virage après un dépassement sur la McLaren numéro 4 d'Ulric Amado et se lance à la poursuite du trio de tête. Le pilote alsacien porte plusieurs attaques sur la Ferrari 458 de son ancien coéquipier des 24 Heures du Mans 2005 Soheil Ayari pour finalement prendre le dessus au cinquième tour. Désormais troisième, il tiendra sa position jusqu'au passage de témoin de la mi-course. Christophe Lapierre prend le relais et repart en tête après le jeu des arrêts aux stands, les deux équipages initialement aux avant-postes ayant perdu beaucoup de temps dans les changements de pilotes. Il se fera finalement reprendre respectivement par Henry Hassid, qui signe sa deuxième victoire consécutive après avoir remporté la course de la veille, et Luca Stolz à sept tours de l'arrivée. Il défendra sa troisième place jusqu'au bout pour se hisser sur la dernière marche du podium avec Sébastien Loeb à l'issue du week end. Mais quelques heures plus tard, l'équipage de la McLaren numéro 19 est finalement disqualifié par les commissaires techniques pour non conformité de la voiture[703],[704],[705]. C'est une fois encore la pression du turbo qui en cause, comme ce fut le cas par deux fois déjà cette saison en FIA GT Series lors des meetings de Nogaro et Zandvoort où le duo Loeb/Parente s'était vu infliger des pénalités. Le directeur du Sébastien Loeb Racing Dominique Heintz précise après course que ce problème n'est pas imputable au team mais qu'il est de la responsabilité directe du constructeur britannique[706].
  • Le dernier week-end de mai 2014, Sébastien Loeb profite d'une semaine libre entre les meetings autrichien et russe du WTCC pour répondre à nouveau présent à l'invitation de son ami Jean-Philippe Dayraut pour une participation à une manche du championnat Mitjet Series, organisée sur le circuit de Lédenon en lever de rideau du GT Tour. De la même manière que les deux années précédentes, l'Alsacien prend part à la catégorie reine de la discipline, renommée Supertourisme et introduisant cette saison une évolution significative des voitures qui y sont engagées avec des performances supérieures d'environ dix secondes au tour en comparaison des Mitjet 2L utilisées jusqu'à présent. Ces dernières remplacent alors les défuntes versions 1.3L dans le championnat secondaire. Loeb réalise le sixième temps de la première séance des essais privés, à environ deux secondes du double champion en titre de la discipline Ronald Basso, avant de se rapprocher à sept dixièmes des pilotes de tête avec la cinquième place de la deuxième session. Le lendemain matin, il signe le troisième temps des deux séances de qualification à environ une demi-seconde de Basso et Dayraut, ces derniers se partageant les pole positions des deux courses sprint du week-end. Parti troisième sur la grille, le nonuple champion du monde des rallyes porte une attaque sur Dayraut pendant le départ lancé de la première course et prend le dessus sur le créateur du concept Mijet en optant pour l'intérieur du premier virage. Au même moment, un accident impliquant le russe Maxim Dmitrienko et Christian Bottemanne dans la ligne droite des stands provoque la sortie du Safety Car. La suspension prend fin trois tours plus tard et Loeb porte aussitôt plusieurs attaques sur le leader Ronald Basso, les deux hommes se retrouvant parfois latéralement au contact. Durant son offensive, l'Alsacien sort un peu large dans un virage, laissant ainsi l'opportunité à Dayraut de prendre la deuxième place. Mais ce dernier heurte Basso sur son aile arrière droite quelques centaines de mètres plus loin et l'accompagne dans une glissade incontrôlée. Loeb profite de l'incident pour s'emparer des commandes devant Vincent Beltoise puis s'échappera progressivement seul en tête jusqu'à la victoire finale. De nouveau troisième à s'élancer sur la grille de la deuxième course, le pilote Citroën se fait dépasser au premier virage par Dino Lunardi. Malgré plusieurs attaques portées pour tenter de récupérer sa position, Loeb ne parviendra pas à trouver l'ouverture pendant les treize tours que compteront l'épreuve. Alors deuxième derrière Ronald Basso, Jean-Philippe Dayraut s'éclipse comme à son habitude peu avant l'arrivée pour laisser la place aux concurrents du championnat régulier, permettant ainsi à Loeb de terminer à la troisième place. Il participe enfin à la troisième et dernière course de Supertourisme du week-end, qualifiée d'endurance en raison de sa durée de quarante-cinq minutes, soit le double des précédentes, et de la présence d'une fenêtre d'arrêt obligatoire de trois minutes permettant aux pilotes évoluant par paire d'effectuer un relais. Toujours troisième sur la grille, il n'aura cependant pas l'occasion d'affronter les autres pilotes. Victime d'un problème de transmission pendant le tour de chauffe, il rentre immédiatement aux stands dès la fin de celui-ci et abandonne sans avoir pu prendre part au départ de manière effective[707],[708],[709].
  • Sébastien Loeb participe en 2014 à une seconde manche du championnat Mitjet dans le cadre du meeting de Magny-Cours du GT Tour organisé début septembre, toujours en catégorie reine. Il enregistre le dixième temps des essais privés avant de connaître des problèmes techniques lors des qualifications quelques heures plus tard. Contraint de rentrer aux stands après un seul tour chronométré lors de la première séance, dont il se classera sixième, il doit renoncer à prendre part à la session suivante, sa voiture demeurant immobilisée dans le garage de son équipe. Parti dix-septième et dernier sur la grille de la première course, il parvient à remonter la moitié du peloton à la fin du deuxième tour et pointe à la huitième place. Il gagne deux positions supplémentaires peu de temps après, réalisant notamment l'intérieur sur Gregor Raymondis. L'écart avec Ronald Basso, son prédécesseur direct, est cependant trop important au regard de la distance restante et du rythme imposé par le champion en titre de la série. Il se classera finalement cinquième après que Jean-Philippe Dayraut ait décidé de rentrer volontairement aux stands à l'abord du dernier virage. Sixième au départ de la deuxième course, il gagne une position dans la première chicane après la sortie de route sur touchette de Rudy Servol et se retrouve à la lutte avec Christian Bottemanne. Il parvient à doubler son adversaire au freinage dans le quatrième tour après plusieurs tentatives puis se hisse en troisième position après la rentrée aux stands de Jean-Philippe Dayraut. À trois secondes des leaders Mathieu Vaxivière et Ronald Basso dans les derniers tours, il décide finalement de réduire son rythme et de redonner volontairement la dernière marche du podium à Bottemanne pour achever sa course à la quatrième place. Il renonce à participer à la manche d'endurance du lendemain en raison de son emploi du temps. L'Alsacien doit en effet au même moment effectuer une démonstration au volant de la Citroën DS3 WRC pour le quatre-vingtième anniversaire du Grand Prix automobile de Montreux.

Sébastien Loeb Racing (2011-…)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sébastien Loeb Racing.

FIA GT Series (2013)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : FIA GT Series 2013.

Sébastien Loeb annonce son intention fin 2012 de participer dès la saison 2013, en parallèle de son programme partiel en WRC, au tout nouveau championnat FIA GT Series, remplaçant du défunt Championnat du monde FIA GT1 et constituant à ce titre la compétition GT la plus relevée au monde. Son écurie SLR a pour l'occasion fait l'acquisition de deux McLaren MP4-12C GT3. Le Portugais Álvaro Parente sera le coéquipier de Loeb sous le numéro 9 tandis que la deuxième McLaren de l'équipe française estampillée du numéro 10 sera confiée au duo Mike Parisy/Andreas Zuber. Les deux équipages seront engagés en catégorie Pro Cup, imposant la présence de deux pilotes professionnels par voiture.

GT France 2013 - Nogaro[modifier | modifier le code]

Le coup d'envoi de la saison 2013 est donné en France, dans le cadre des Coupes de Pâques, sur le circuit Paul Armagnac à Nogaro avec 22 équipages prétendants à la victoire en lieu et place des 26 prévus à l'origine pour divers problèmes[710].

L'équipier de Loeb Álvaro Parente réalise le deuxième temps des premiers essais libres, deux dixièmes de seconde derrière Mike Parisy, meilleur temps au volant de la deuxième McLaren du Team SLR[711],[712]. L'Alsacien s'octroie le lendemain le troisième temps des essais libres du samedi, cette fois-ci derrière Carlos Viera de l'équipe Novadriver (Audi R8 LMS Ultra) et Allam Khodair du BMW Team Brazil (BMW E89 Z4)[713], avant que l'Audi R8 ne soit déclassée du meilleur temps pour non-respect d'un drapeau rouge[714].

Lors des qualifications, Loeb se classe deuxième de la séance Q1 à deux dixièmes seulement de l'Allemand Maximilian Buhk de l'équipe HTP Gravity Charouz (Mercedes-Benz SLS AMG GT3). Son équipier portugais réalise quant à lui le troisième temps de la séance Q2 derrière Stéphane Ortelli de l'écurie Belgian Audi Club Team WRT (Audi R8 LMS Ultra) et Mike Parisy sur l'autre McLaren du Team SLR. La paire Loeb/Parente pointe donc en tête des temps cumulés et accède facilement à la séance de Superpole qui retient les dix meilleurs. C'est Parente qui disputera cette ultime manche qualificative en y signant le troisième temps derrière le pilote Pro-Am René Rast, auteur de la pôle sur Audi R8 LMS Ultra, et Mike Parisy[715],[716]. Mais la McLaren numéro 10 des coéquipiers de Loeb est finalement déclassée à la neuvième place dans la soirée du samedi sur décision de la FIA pour dépassement de la pression maximale autorisée du turbo à six reprises lors de la Superpole[717],[718],[719].

Álvaro Parente part donc finalement sur la première ligne de la grille de départ de la course 1 (Qualifying Race) le 31 mars 2013. Il maintient sa deuxième position derrière l'Audi numéro 12 du Poleman René Rast. Le Safety Car est déclenché dès le premier tour avec trois voitures hors piste dont l'Audi numéro 11 de Laurens Vanthoor. Une fois la course relancée, le coéquipier portugais de Loeb porte plusieurs attaques sur la voiture de tête. Mais l'Audi semble plus à l'aise sur les parties lentes et la configuration du circuit de Nogaro empêche Parente de mener ses tentatives de dépassement à leurs termes, bien qu'il soit plus rapide et réalise le meilleur tour en course. À l'heure du passage de relais, les deux pilotes de tête sont les derniers à rentrer aux stands : l'Audi numéro 12 dans un premier temps avec René Rast laissant la place à Nikolaus Mayr-Melnhof, puis la McLaren numéro 9 un tour plus tard. Le Team SLR manque encore d'expérience au Pit-Stop et Sébastien Loeb repart deuxième de la course à plusieurs secondes de son adversaire. L'Alsacien entame une remontée sur le pilote Audi et le colle sérieusement au train. Mais il se heurte aux mêmes difficultés que son coéquipier lors du premier relais et ne parvient pas à concrétiser ses attaques. Le Français aurait pu s'arrêter là, la deuxième place lui permettant de récolter le nombre maximum de points car engagé dans une catégorie différente de l'Audi. Mais c'est finalement cinq tours avant la fin que Loeb parvient à prendre l'ascendant sur l'Autrichien avec un dépassement en bout de ligne de droite précédé d'un enchaînement de trois décalages pour feinter son adversaire. Désormais en tête, le nonuple champion du monde des rallyes s'envole, creusant rapidement un écart de plus de trois secondes sur son poursuivant. Il réussi ainsi l'exploit de remporter la victoire pour sa première participation à une course GT de niveau international, ce qui lui permet de s'élancer en pôle pour la course 2 (Championship Race) et de confirmer ses efforts de reconversion sur circuit[720],[721],[722],[723].

La deuxième manche se déroule sous une forte pluie le 1er avril 2013, rendant les conditions d'adhérence précaires et donnant l'avantage aux équipes Audi grâce à leur système de contrôle de traction ASR. Sébastien Loeb prend le premier relais et s'élance en pôle position devant son adversaire de la veille Nikolaus Mayr-Melnhof sur l'Audi numéro 12. L'Alsacien tient sa première place lors du départ et les deux hommes prennent peu à peu le large sur les autres concurrents. L'Autrichien maintient la pression sur Loeb avec un écart ne dépassant jamais les deux secondes, mais le Français tient bon et rend la voiture toujours en tête lors du passage de relais. Álvaro Parente est alors aux commandes de la McLaren numéro 9. Mayr-Melnhof rentre aux stands un tour plus tard et l'expérience de l'équipe belge WRT en championnat GT permet à René Rast de repartir en tête de justesse devant le Portugais. Les deux hommes sont alors roues dans roues quand Parente commet une faute quelques tours plus tard en percutant l'Audi de Rast lors d'une tentative de dépassement dans un virage serré à droite. L'Allemand est éjecté hors de la piste mais parvient à repartir en deuxième position. Le Portugais est quant à lui en tête mais sous la menace d'une sanction des commissaires. Il est finalement soumis peu de temps après l'incident à un passage aux stands obligatoire, mais pour une raison étrangère à l'accrochage : Sébastien Loeb aurait détaché son harnais de sécurité trop tôt lors du passage de relais. Parente rejoint la piste en cinquième position pour être finalement repris par l'Audi numéro 11 de Laurens Vanthoor, vainqueur à Nogaro la saison précédente. Il terminera à la sixième place, distancé par une meute d'Audi qui signe le triplé[724]. Mais de nouvelles sanctions tombent quelques heures après la course. Les vainqueurs René Rast et Nikolaus Mayr-Melnhof écopent dans un premier temps de trente secondes de pénalité[725], ce qui permet au duo Loeb/Parente de récupérer provisoirement la cinquième place générale, avant que la McLaren numéro 9 subisse le même sort pour la touchette de Parente sur Rast, les faisant chuter à la douzième place[726],[727].

GT Belgium 2013 - Zolder[modifier | modifier le code]

La deuxième manche de la saison a lieu trois semaines plus tard en Belgique sur le circuit de Zolder. Un total de 22 équipages sont engagés sur le week end.

Álvaro Parente réalise à nouveau le deuxième temps des premiers essais libres du vendredi, moins d'une demi-seconde derrière le local de l'épreuve Laurens Vanthoor sur Audi R8 LMS Ultra. Sébastien Loeb se contente quant à lui du huitième temps de la deuxième séance, à plus de deux secondes du meilleur temps de l'Allemand René Rast, toujours sur Audi[728].

Le lendemain matin lors des qualifications, l'Alsacien signe le quatrième temps de la séance Q1 à moins de trois dixièmes du meilleur temps du suédois Edward Sandström, actuel leader du championnat. Álvaro Parente décroche le troisième temps de la séance Q2 à plus de six dixièmes du slovaque Štefan Rosina de l'équipe Lamborghini Blancpain Reiter sur Lamborghini Gallardo GT3 FL II. Cela leur permet d'afficher le troisième meilleur temps cumulé et d'accéder facilement à la Superpole. Cette ultime séance est confiée au Portugais qui signe le deuxième meilleur temps et permet ainsi à la McLaren numéro 9 du Team SLR de s'élancer en première ligne, derrière Stefan Rosina auteur de la pôle[729],[730],[731]. Mais quelques heures plus tard, juste avant le départ de la première course, une pénalité leur est infligée à cause d'un problème de turbo qui avait déjà affecté la McLaren numéro 10 de Mike Parisy et Andreas Zuber lors de la première manche à Nogaro. Ils partiront finalement en dernière position sur la grille de départ.

C'est Álvaro Parente qui se charge du premier relais de la première course et s'élance donc vingtième et bon dernier. Il dépasse trois concurrents dès le premier virage et entame alors une remontée spectaculaire, reprenant notamment coup sur coup Karun Chandhok, Fabio Onidi, Cacá Bueno et Alex Buncombe. Il est en dixième position lorsqu'il tente un dépassement sur Sérgio Jimenez, mais le Portugais réitère la même erreur qu'à Nogaro en percutant le Brésilien du BMW Sport Trophy Team Brasil dans la manœuvre. Álvaro Parente est neuvième lorsqu'il rentre aux stands pour le passage de relais à Sébastien Loeb, dès le début de la fenêtre d'ouverture. Le champion du monde des rallyes s'engage dans la course mais écope aussitôt d'un passage aux stands obligatoire pour la touchette de son coéquipier. C'est la quatrième pénalité infligée en seulement trois courses pour les deux pilotes. Il repart en quatorzième position, derrière l'Audi numéro 14 de Carlos Vieira. Les temps au tour du Français commencent alors peu à peu à se dégrader de façon alarmante. L'amortisseur arrière gauche de la McLaren est en fait cassé, ce qui pousse Loeb à l'abandon lors du 33e tour, à six minutes de la fin de la course. L'équipage sera finalement classé dix-septième au général[732],[733].

La McLaren numéro 9 prend donc une nouvelle fois le départ en fin de grille pour la deuxième course de Zolder. Sébastien Loeb s'occupe du premier relais et dépasse quatre concurrents dès le premier virage. Il est alors percuté dans le peloton par la Mercedes numéro 28 de l'Allemand Jan Seyffarth et est contraint de rentrer aux stands à cause des dégâts provoqués sur la McLaren. Il repart en course en dix-huitième position, à un tour des pilotes de tête. Il entame une remontée et reprend successivement Raijan Mascarello (Ford GT) et Jan Stoviček (Mercedes-Benz SLS AMG GT3). Il est quinzième, à près de trente secondes du Brésilien Cláudio Ricci, lorsqu'il passe le relais à Álvaro Parente. Avec le jeu des rentrées aux stands, le Portugais sécurise rapidement la treizième place et attaque fort, signant les meilleurs temps sur la plupart des tours suivants. Mais l'écart avec Fabio Onidi, alors douzième, est de plus de trente secondes et sera trop important pour la distance restante à parcourir. Parente échouera à dix secondes de l'Italien[734],[735],[736],[737].

GT Netherlands 2013 - Zandvoort[modifier | modifier le code]

Quelques jours seulement après sa victoire historique à Pikes Peak International Hill Climb avec Peugeot, Loeb renoue avec son programme en FIA GT Series pour la troisième manche de la saison, disputée sur le Circuit de Zandvoort et à laquelle 20 équipages se sont inscrits.

L'Alsacien n'a que peu de temps pour se réacclimater à la McLaren MP4-12C GT3. Il signe le huitième temps de la deuxième séance des essais libres du vendredi, à environ une demie seconde du meilleur chrono du pilote israélien Alon Day, dont la Mercedes-Benz SLS AMG GT3 se révèle être une des voitures les plus à l'aise sur la piste hollandaise. Son équipier portugais Álvaro Parente décroche quant à lui le dixième temps de la première séance du matin, à plus d'une seconde de Laurens Vanthoor[738]. Au terme de cette première journée, la McLaren s'est révélée être très sensible aux bosses du circuit avec un comportement trop sous-vireur qui devra être corrigé par les ingénieurs du Sébastien Loeb Racing.

Le lendemain matin, le champion du monde français accroche à nouveau le huitième temps de la première séance de qualification, à plus d'une seconde de l'Allemand Maximilian Buhk qui survola la session. Les Mercedes SLS, tenantes du titre, démontrent encore une fois leur bonne adaptation à cette manche du championnat en signant le doublé. Vingt minutes plus tard, Álvaro Parente s'élance à son tour pour la deuxième partie des qualifications et décroche cette fois-ci le deuxième meilleur temps, environ trois dixièmes derrière le triple champion de Porsche Supercup René Rast sur Audi R8 LMS Ultra. L'addition des deux temps permet une nouvelle fois à l'équipage de la McLaren numéro 9 d'accéder à la séance de Superpole. Elle est là encore confiée à Parente qui signe le meilleur temps et donc la Pôle Position de la première course du meeting de Zandvoort, cinq centièmes devant le Russe Sergueï Afanassiev qui confirme la performance des Mercedes SLS[739],[740].

La première course du GT Netherlands tourne court pour Loeb qui n'a même pas pu prendre le volant. Álvaro Parente, chargé du premier relais et parti de la première position sur la grille de départ, se fait prendre en sandwich puis heurter dès le premier virage par l'Audi numéro 11 de Laurens Vanthoor et la Mercedes numéro 2 du suédois Andreas Simonsen, qui recevra une pénalité pour cette manœuvre. La McLaren numéro 9 est la seule à subir des dégâts dans l'accrochage et doit s'arrêter sur le côté de la piste. C'est le quatrième incident consécutif pour Loeb et Parente en seulement cinq courses, hypothéquant ainsi sérieusement leurs chances de bien figurer au classement de fin de saison[741],[742],[743].

Les ingénieurs du Team SLR parviennent à remettre en état la voiture pour la deuxième course du lendemain, mais la double peine est assurée par le règlement en vigueur puisque l'équipage franco-portugais devra s'élancer en dernière position sur la grille de départ. C'est Sébastien Loeb qui se charge du premier relais. Parti vingtième, il passe à la corde quatre concurrents dès le premier virage puis double dans la foulée la Ferrari numéro 51 du pilote tchèque Filip Salaquarda. Il est alors quinzième lorsque l'Audi numéro 14 de César Campaniço heurte violemment la barrière de sécurité sur un problème de frein à l'entame du deuxième tour. Loeb profite de la situation chaotique pour se hisser à la douzième place avant que la voiture de sécurité ne rentre en piste. La course est finalement stoppée quelques minutes plus tard au vu de la quantité de débris à dégager mais également pour remettre en état les rails métalliques bordant le circuit. Un deuxième départ est donné avec un nouveau tour de chauffe au cours duquel l'Audi numéro 5 du Belge Anthony Kumpen est victime d'un problème mécanique. L'Alsacien occupe ainsi la onzième place puis entre dans le Top 10 lorsque la Mercedes numéro 2 de Sergueï Afanassiev part en tête à queue quelques tours plus tard. Loeb gagne une dernière position, toujours sur un fait de course, lorsque Cacá Bueno reçoit une pénalité sous la forme d'un passage aux stands obligatoire pour avoir dépassé sous drapeau jaune. La fenêtre temporelle pour le passage de relais est finalement ouverte, et les pilotes de la McLaren numéro 9 effectuent l'échange au premier tiers du temps imparti. Les techniciens de l'écurie SLR ont beaucoup progressé depuis le coup d'envoi de la saison à Nogaro, notamment dans leur rapidité à changer les pneus, permettant ainsi à Álvaro Parente de repartir en huitième position. Le Portugais signe alors des temps au tour impressionnants dès le début de sa prise de relais et grappille trois places supplémentaires avec le jeu des arrêts aux stands et l'abandon de l'Audi numéro 12 de René Rast sur problème mécanique. Il est alors cinquième, dans les roues de la Mercedes numéro 28 de l'Allemand Jan Seyffarth mais loin du trio de tête. Parente tente régulièrement plusieurs attaques pour le gain de la quatrième place mais sans succès, et préfère assurer son rang à l'approche de la fin de la course. La malchance s'abat néanmoins une fois de plus sur l'équipage franco-portugais. Leur remontée spectaculaire de la vingtième à la cinquième place est stoppée net lors du dernier tour, encore une fois sur problème mécanique, la transmission ayant rendu l'âme. Parente est contraint de se ranger au bord de la piste et sera classé quatorzième du général, concluant ainsi le meeting de Zandvoort sur un score quasi-vierge[744],[745],[746].

GT Slovakia 2013 - Slovakia Ring[modifier | modifier le code]

La quatrième manche du championnat FIA GT Series 2013 marque l'entame de la deuxième partie de la saison et se déroule après la pause estivale sur le circuit du Slovakia Ring. Ce meeting présente la particularité d'organiser les deux courses au programme le même jour, à seulement quelques heures d'intervalle. Les essais libres et les qualifications sont quant à eux planifiés le samedi dans la foulée. Un total de 21 équipages ont répondu présent.

C'est Álvaro Parente qui est aux commandes de la McLaren numéro 9 pour la première séance des essais libres, sur un terrain une fois encore totalement nouveau pour l'écurie SLR. Le Portugais signe le huitième temps, à environ huit dixièmes de la Mercedes SLS du suédois Andreas Simonsen. Pour son retour sur circuit après plus d'un mois d'absence, Sébastien Loeb doit se contenter du onzième temps de la deuxième séance, à près de deux secondes du leader du championnat Laurens Vanthoor et son Audi R8 LMS[747].

Les différents équipages n'ont alors que quelques heures pour valider leurs Set Up définitifs avant le début des qualifications. L'Alsacien prend en charge la première séance et signe le septième temps, à environ une seconde du chrono de référence de Stéphane Ortelli, dont l'Audi semble très à l'aise sur le tracé slovaque. Álvaro Parente confirme quant à lui encore une fois sa réputation le présentant comme l'un des meilleurs pilotes de GT au monde, et s'adjuge sur le fil le meilleur temps de la deuxième séance devant Laurens Vanthoor, lui ouvrant ainsi les portes de la Super Pole pour la quatrième fois consécutive. Le Portugais y décroche le troisième temps derrière l'auteur de la pôle René Rast sur Audi et l'autre McLaren MP4 du Team SLR emmenée par Mike Parisy. Ce tir groupé en haut de grille devait permettre à l'équipe française d'envisager enfin de bons résultats pour les deux courses du meeting. Mais quelques heures après la fin des qualifications, les commissaires décident d'infliger une pénalité aux deux équipages, la sixième depuis le début de la saison. Les deux McLaren ne se seraient en effet pas élancées à l'horaire exact qui leur était attribué lors de la séance de Super Pole et se voient donc rétrogradées respectivement en huitième et dixième position. Le Sébastien Loeb Racing parle d'une différence d'interprétation du règlement[748].

C'est le dimanche matin qu'a lieu la première course. Álvaro Parente est chargé du premier relais et s'élance donc de la huitième position sur la grille. Auteur d'un départ peu commun, qualifié d’impressionnant par les commentateurs officiels, le Portugais va prendre l'extérieur et dépasser six concurrents dès la fin du premier virage pour se hisser à la deuxième place, juste derrière le poleman René Rast. Le pilote allemand, à bord de son Audi R8 LMS très à l'aise depuis le début du week end, s'échappe peu à peu en tête au fil des tours. Parente est quant à lui menacé par son poursuivant direct, le local de l'épreuve Štefan Rosina, qui lui porte plusieurs attaques. Le Portugais parvient finalement à hausser son rythme et à prendre également le large. C'est au quatrième tour qu'un des tournants de la course va avoir lieu. La BMW Z4 du pilote indien Armaan Ebrahim est victime d'une surchauffe moteur et doit s'arrêter sur le bas côté. Mais la quantité de fumée provoquée par l'incident est telle que la visibilité en est rendue quasiment-nulle sur une portion du circuit. Le Safety Car entre alors en piste, réduisant à néant les écarts construits par René Rast et Álvaro Parente. La neutralisation de la course ne devait à l'origine durer que quelques minutes, le temps d'éteindre le début d'incendie de la BMW et de la transporter. Mais les officiels rencontrent plusieurs difficultés avec le camion plateau spécialement dépêché et ce n'est qu'environ 20 minutes plus tard, à quelques secondes seulement de l'ouverture de la fenêtre temporelle du passage de relais, que la compétition pourra reprendre. Cet incident n'a pas manqué d'irriter les équipes de tête et de pointer du doigt l'organisation du meeting qualifiée d'amateurisme. Le passage de témoin entre les deux pilotes de la McLaren numéro 9 a lieu à la fin du temps imparti, un tour avant que l'Audi numéro 12 de René Rast ne prennent également le chemin des stands pour transmettre le volant à Nikolaus Mayr-Melnhof. Sébastien Loeb s'élance ainsi dans la course et parvient à conserver sa deuxième place. Mais l'écart avec le pilote de tête s'est accrue, l'équipe belge WRT qui prépare les Audi officielles étant comme souvent bien plus rapide dans le changement des pneus. L'Alsacien hausse son rythme, signant peu à peu les meilleurs temps au tour parmi les pilotes en piste, et parvient à recoller au pilote autrichien, désormais clairement menacé. C'est finalement au seizième tour que Loeb porte une attaque décisive, dans l'intérieur du virage situé au bout de la ligne de départ, et prend la tête de la course. Il ne lâchera plus sa position et poursuivra sur un rythme élevé pour creuser l'écart un peu plus. L'équipage franco-portugais signe ainsi une deuxième victoire pourtant improbable après la pénalité infligée la veille à leur encontre et met fin à une longue série de déception[749],[750].

La deuxième course du meeting a lieu trois heures plus tard. C'est Sébastien Loeb qui se charge du premier relais et doit donc s'élancer en pôle position. Mais la série de coups du sort qui a frappée l'équipage depuis le début de la saison semble ne pas vouloir s'arrêter. Lors du départ lancé, Stéphane Ortelli, alors deuxième sur la grille à bord de l'Audi numéro 11, vole la première place à l'Alsacien bien avant que les lumières ne soient éteintes, ce qui est contraire au règlement. Le monégasque recevra une pénalité plus tard, mais la manœuvre déstabilise les autres pilotes, pensant que le coup d'envoi a été donné. Loeb se fait alors prendre en sandwich dans le premier virage entre la Mercedes SLS d'Andreas Simonsen et la Lamborghini Gallardo de Peter Kox. Le même phénomène qu'à la première course du meeting de Zandvoort se produit : la McLaren numéro 9 est la seule à subir des dégâts, confirmant ainsi la relative fragilité des voitures anglaises au niveau du bouclier avant. Loeb ressort de l'accrochage avec le pare-chocs très enfoncé et un incendie important au niveau de la roue avant gauche. Le Français n'a d'autre choix que de s'arrêter sur le côté de la piste, victime d'un nouveau fait de course pour la septième fois consécutive[751],[752],[753],[754].

GT Spain 2013 - Navarra[modifier | modifier le code]

C'est le dernier week-end de septembre, une semaine avant le jubilé de Sébastien Loeb en championnat du monde des rallyes, que se déroule la pénultième manche des FIA GT Series, sur le circuit de Navarra en Espagne. De la même manière qu'en Slovaquie, les deux courses prévues dans le cadre de ce meeting doivent se dérouler le même jour à quelques heures d'intervalle. Peu avant les engagements, Loeb fait le point sur sa saison frustrante en GT où la performance était au rendez-vous mais anéantie par le manque de réussite. Il affirme ainsi avoir encore du mal à digérer la manœuvre de Stéphane Ortelli qui lui ruina sa dernière course dès le départ, mais s'avoue confiant pour la manche espagnole au regard du tracé qu'il connait bien pour y avoir effectué des essais avec son équipe pendant l'hiver 2012[755].

Les essais libres se déroulent le samedi, la veille des deux courses, et Álvaro Parente signe le quatrième temps de la première séance, à moins de trois dixièmes du meilleur chrono de Yelmer Buurman sur BMW E89 Z4[756], puis le deuxième temps de la deuxième session, à peine huit centièmes derrière l'Audi R8 LMS Ultra de Stéphane Ortelli[757].

C'est sur une piste détrempée, quelques heures plus tard, que se déroulent les séance qualificatives. Sébastien Loeb décroche le cinquième temps de la Q1 à moins de quatre dixièmes d'Ortelli, auteur du meilleur chrono. Les Audi confirment leur niveau de performance élevé dans des conditions humides en monopolisant trois des quatre premières places. Álvaro Parente signe quant à lui le troisième temps de la Q2, à un peu plus d'une demi-seconde de l'Allemand Marc Basseng, champion du monde FIA GT1 en titre. Les temps cumulés permettent une nouvelle fois à l'équipage de la McLaren numéro 9 d'accéder à la Superpole. Au terme d'une séance très serrée où les cinq premiers pilotes se tiendront dans un écart de moins de deux dixièmes, le Portugais réalisera le quatrième temps, synonyme de deuxième ligne sur la grille de départ de la première course[758],[759],[760].

Le départ est donné le dimanche matin sur une piste détrempée mais qui commence progressivement à s'assécher. La grande majorité des équipages de tête choisissent de jouer la prudence en montant des pneus pluie. Álvaro Parente prend le premier relais et réédite son coup d'éclat du Slovakia Ring en prenant l'extérieur lors du coup d'envoi pour se porter en tête dès le premier virage. Son poursuivant direct est l'Audi numéro 13 d'Edward Sandström, mais l'écart se creuse entre eux tour après tour, le Portugais signant continuellement les meilleurs temps, pour atteindre sept secondes à l'ouverture de la fenêtre temporelle du passage de relais. Derrière eux, l'Audi numéro 11 de Laurens Vanthoor, leader du championnat et partie de la septième place au départ, revient fortement pour finalement accrocher la troisième position et menacer directement Sandström. Plusieurs attaques seront portées avant que le pilote belge ne passe son coéquipier suédois juste avant la fin du temps réglementaire pour les passages aux stands. Les passes d'arme successives ont fait perdre du temps aux Audi, permettant à Parente d'augmenter sa marge à plus de onze secondes. Les trois voitures de tête effectuent leur relais en même temps, dans le dernier tour où cela était possible, et le choix des pneus s'avère cornélien compte tenu de l'assèchement continuel de la piste. Sébastien Loeb s'élance, toujours sur pneus pluie, et conserve la première place, mais une demi-douzaine de secondes ont été perdues face à l'écurie WRT, reconnue pour être la plus rapide au jeu des passages aux stands. Les mécaniciens de l'Audi numéro 13 sont les plus efficaces et l'Allemand Frank Stippler reprend la deuxième position devant l'Audi numéro 11, cette fois-ci pilotée par Stéphane Ortelli. Mais le monégasque sera le seul des pilotes de tête à opter pour des pneus slick lors du relais, ce qui lui sera fatal compte tenu de l'humidité persistante sur le circuit. Loeb hausse progressivement son rythme et porte son avance à plus de dix secondes avant de relâcher ses efforts pour préserver ses gommes. Stippler conserve sa deuxième place quand Ortelli sombre inexorablement dans le classement. Encore cinquième à un tour de l'arrivée, il se fait dépasser coup sur coup par la deuxième McLaren MP4-12C du team SLR pilotée par Andreas Zuber puis par l'Audi numéro 14 de César Campaniço pour achever sa course en septième position. Loeb rallie finalement l'arrivée pour décrocher sa troisième victoire de la saison, sans avoir rencontré le moindre problème. Une première depuis la manche d'ouverture à Nogaro[761],[762],[763].

Le coup d'envoi de la deuxième course du meeting de Navarra est donné quelques heures plus tard, sur une piste désormais sèche. Sébastien Loeb prend en charge le premier relais et doit s'élancer en pôle en partageant la première ligne avec l'Audi numéro 13 de Frank Stippler. Lors du départ lancé, l'Alsacien conserve l'avantage sur ses adversaires et ne souffre cette fois-ci d'aucun contact avec d'autres concurrents. Stippler manque son élan et rétrograde en cinquième position dès le premier virage, quand la deuxième McLaren du Sébastien Loeb Racing aux mains d'Andreas Zuber parvient à dépasser quatre concurrents pour prendre la deuxième place, laissant miroiter un premier doublé pour l'écurie française. Plus loin dans le peloton, le co-leader du championnat Stéphane Ortelli part en tête-à-queue avec son Audi et se retrouve aussitôt dernier. Les deux McLaren en tête commencent à prendre le large en maintenant un rythme élevé. Bien que coéquipiers, Zuber n'hésite pas à maintenir en permanence la pression sur Loeb en portant plusieurs attaques, l'écart entre les deux hommes étant inférieur à la demi-seconde. L'avance du team SLR dépasse les huit secondes sur le premier poursuivant lorsque la fenêtre temporelle du passage de témoin s'ouvre. C'est à ce moment que le pilote autrichien est victime d'une crevaison sur la McLaren numéro 10 et doit laisser Loeb s'échapper. Les dégâts sont malgré tout contenus car la ligne des stands est toute proche, permettant ainsi à Zuber de faire remplacer sa roue en même temps que le relais obligatoire. La voiture de tête a également profité de l'occasion pour effectuer le changement d'équipier dans le même tour. Álvaro Parente repart logiquement le premier et pointe en neuvième position avant de reprendre les commandes de la course une fois le jeu des arrêts aux stands terminé pour tous les concurrents. Le Portugais compte alors une dizaine de secondes d'avance sur l'autre McLaren désormais aux mains de Mike Parisy. Derrière eux, l'Audi numéro 13 d'Edward Sandström est suffisamment loin pour limiter l'attaque et la prise de risque. La quatrième place est quant à elle occupée provisoirement par l'équipage leader du championnat, Ortelli-Vanthoor, sur l'autre Audi de l'équipe belge WRT. Mais les deux hommes, auteurs d'une remontée depuis la queue du peloton, devront abandonner après être rentrés aux stands à cinq tours de la fin à cause de problèmes de frein et d'un début d'incendie sur la roue arrière gauche. C'est finalement avec plus de vingt secondes d'avance et sans accrocs que Parente franchi la ligne d'arrivée pour décrocher avec Sébastien Loeb leur quatrième victoire de la saison, la deuxième sur le même meeting. Mike Parisy, associé à Andreas Zuber, offre quant à lui un premier doublé à l'écurie française en terminant deuxième[764],[765],[766].

GT Azerbaijan 2013 - Baku[modifier | modifier le code]

Après avoir été sujette à caution puis décalée plusieurs fois dans le temps, la dernière manche de la saison 2013 des FIA GT Series est finalement organisée à la fin du mois de novembre sur un circuit urbain tracé au cœur de la ville de Bakou, dans le cadre de la première édition du Baku World Challenge. Ce nouvel événement entend fédérer au-delà du championnat Sprint régulier et toucher plus largement les compétiteurs GT internationaux. Plusieurs invitations sont ainsi envoyées à des équipes ayant pris part à d'autres épreuves au cours de l'année, notamment le Blancpain Endurance Series, pour un total record de vingt-huit engagements[658].

Sébastien Loeb réalise le dixième temps de la première séance des essais libres, à un peu plus d'une seconde d'Andreas Simonsen sur Mercedes SLS AMG[767],[768]. Il améliore son classement dans la deuxième session en accrochant le septième temps, toujours à une seconde de la meilleure marque, cette fois-ci réalisée par le triple vainqueur de la Porsche Supercup René Rast sur Audi R8 LMS Ultra[769],[770].

Les qualifications se déroulent quelques heures plus tard. Álvaro Parente se classe neuvième au terme de la première séance, à plus de deux secondes de l'Audi R8 du Phoenix Racing pilotée par Markus Winkelhock. Les voitures de la marque aux anneaux confirment leur efficacité sur le circuit urbain de Bakou en réalisant un doublé lors de la deuxième session, organisée de nuit et dominée par René Rast. Loeb réalise le sixième temps à plus d'une seconde de l'Allemand. Pour la première fois de la saison, c'est le meilleur chrono réalisé par chaque équipage aux cours des deux manches qualificatives qui détermine l'ordre de départ de la première course, en lieu et place de la traditionnelle Superpole. Avec le temps de Loeb, la McLaren numéro 9 du team SLR hérite ainsi de la sixième place sur la grille à la suite du déclassement de l'Audi R8 du Phoenix Racing[771],[772],[773].

Le dimanche matin, la première course est décalée de plus d'une heure en raison des conditions détrempées jugées dangereuses par les organisateurs[774],[775]. Le départ est finalement donné sous Safety Car sur les trois premiers tours, amputant la durée totale de l'épreuve de plus de huit minutes. Álvaro Parente, chargé du premier relais, prend la cinquième place de manière inopinée durant la neutralisation. Partie troisième sur la grille, l'autre McLaren de l'équipe française, pilotée par Mike Parisy, doit rentrer précipitamment aux stands dès la fin du premier tour pour cause de problèmes moteur. La reprise de la course s'effectue sans accrocs et sans dépassements, le peloton étant déjà suffisamment étiré. Les deux Audi R8 de l'équipe WRT parties en première ligne s'échappent en tête. Parente ne parvient pas à suivre le rythme des pilotes le précédant et se voit directement menacé par Kévin Estre, au volant d'une McLaren MP4-12C de l'équipe française Hexis Racing. Nouvellement sacré dans le championnat allemand de Porsche Carrera Cup, le Français porte plusieurs attaques et parvient à trouver l'ouverture dans une longue courbe à gauche après vingt minutes de course. Le Portugais se retrouve en sixième position et tiendra son rang jusqu'au passage de relais, effectué dès l'ouverture de la fenêtre temporelle. Sébastien Loeb repart treizième. C'est à ce moment que la Lamborghini Gallardo LP560-4 de l'Autrichien Hari Proczyk percute violemment un mur en béton bordant la piste. Le pilote se retrouve coincé dans sa voiture, déclenchant une nouvelle sortie du Safety Car pour une dizaine de minutes et un mouvement de panique parmi les équipages n'ayant pas encore effectué leur passage de témoin. Loeb est septième après le jeu des arrêts aux stands. La reprise de la course est chaotique et l'Alsacien rentre en contact par l'avant avec la BMW E89 Z4 du Belge Maxime Martin. Il est percuté un tour plus tard au même endroit par Stoffel Vandoorne. Le choc brise net une partie du diffuseur arrière de la McLaren, réduisant l'efficacité aérodynamique de la voiture. Loeb perd ainsi peu à peu le contact avec la tête et se retrouve à défendre son rang face à ses poursuivants. C'est à ce moment que le Portugais César Campaniço se crash au milieu d'une chicane très serrée à bord de son Audi R8 LMS. La piste étant totalement obstruée, le drapeau rouge est agité pour suspendre la course à quinze minutes de son terme. Les concurrents se rassemblent sur la grille en attente d'un nouveau départ et les équipes sont autorisées à remettre en état les voitures restantes. Les ingénieurs du SLR constatent les dégâts sur la McLaren de Loeb et procèdent à une réparation de fortune sur le diffuseur arrière et au changement des pneumatiques. La course est relancée sous Safety Car puis débloquée un tour plus tard. L'Alsacien prend la sixième place au terme d'un dépassement sur la Mercedes SLS AMG de Sergueï Afanassiev et parviendra à tenir son rang au terme des dix minutes restantes. Une heure après l'arrivée, l'équipage franco-portugais est finalement déclassé en quatorzième position au général et d'autant pour la grille de départ de la deuxième course. Les mécaniciens du Sébastien Loeb Racing n'auraient pas été suffisamment rapides pour le changement de pneus effectué après le drapeau rouge[776],[777],[778].

Le coup d'envoi de la deuxième course est donnée quelques heures plus tard. Le départ lancé est le théâtre d'un encombrement important de la piste et de nombreux accrochages au premier virage. Sébastien Loeb, chargé du premier relais et parti quatorzième, parvient à éviter les collisions et affiche un gain de huit places au terme du premier tour. Alors sixième, le Français perd progressivement le contact avec la Porsche 997 GT3 R de Nick Tandy qui le précède directement. Quelques tours plus tard, au volant de la McLaren numéro 10 du team SLR, Andreas Zuber est percuté latéralement dans une chicane par l'Audi R8 LMS de Nikolaus Mayr-Melnhof. Les débris nés de la collision recouvrent une partie de la piste, déclenchant la sortie du Safety Car. Mais l'accident a également eu pour conséquence l'arrachage d'une partie des vibreurs, laissant des têtes de vis apparentes fixées dans le goudron sur la trajectoire des pilotes. Près de vingt minutes seront nécessaires pour que les techniciens du circuit remettent la piste en état. La relance de la course engendre un désordre significatif parmi les pilotes. La durée de vingt-cinq minutes depuis le départ étant en effet tout juste passée au moment de la rentrée de la voiture de sécurité, plusieurs concurrents se précipitent aux stands pour le passage de relais, croyant la fenêtre temporelle ouverte comme c'est le cas habituellement à cette période. Mais cette dernière ne sera officiellement activée que quelques tours plus tard, obligeant ces mêmes pilotes à effectuer un deuxième arrêt. Sébastien Loeb ne commet pas cette erreur et se retrouve cinquième par voie de conséquence. Il gagne une place supplémentaire en dépassant Nick Tandy, le britannique ayant endommagé le radiateur de sa Porsche à la suite d'un contact sur l'Audi R8 LMS de Markus Winkelhock, puis effectue son passage de témoin dans la foulée. Álvaro Parente pointe en troisième position à la fermeture de la fenêtre temporelle mais perd le contact avec la tête en manquant son point de freinage dans un virage serré à gauche. Il fait un tout droit dans une échappatoire et abandonne une dizaine de secondes, mais sans perdre de position. Aux commandes de la course, Alon Day est victime d'une baisse de régime moteur pendant deux tours sur sa Mercedes SLS AMG. Le pilote israélien se fait ainsi aisément dépassé par Laurens Vanthoor, qui prend la tête, pour se retrouver sous la menace directe de Parente et de Kévin Estre, revenu en quatrième position malgré un accrochage au premier tour qui l'aura fait chuter à la dernière place. Deux tours avant la fin, l'équipier de Loeb porte une attaque avec succès sur la Mercedes en prenant l'intérieur dans une longue courbe à gauche. Estre profite de l'opportunité pour se frayer un passage, mais il percute Day dans la manœuvre puis Parente par réaction en chaîne. La McLaren numéro 9 se retrouve éjectée à l'extérieur du virage avec des dégâts importants sur l'aile arrière gauche et rétrograde en quatrième position. Le Portugais parviendra à rallier le drapeau à damiers au pied du podium. À la suite de cet incident, les commissaires décident d'infliger quelques heures plus tard une pénalité de dix secondes à Kévin Estre et Alon Day pour le contact par l'arrière sur Álvaro Parente, réhabilitant Sébastien Loeb et son équipier à la deuxième place du générale[779],[780],[781].

Bilan de la saison[modifier | modifier le code]

Sébastien Loeb achève sa première saison internationale en compétition GT à la quatrième place du classement général pilote aux côtés de son équipier Álvaro Parente. Bien que les deux hommes aient démontré un niveau de performance équivalent à celui des meilleurs tandems, affichant notamment le plus grand nombre de victoires sur l'année avec quatre succès et le seul doublé sur un même meeting, la course au titre leur est vite devenue mathématiquement impossible. Chacune des huit manches qu'ils n'ont pas remportées s'est en effet soldée par un problème mécanique, un accrochage, ou une pénalité, les classant bien souvent au-delà de la dixième place. Sur un championnat dont le format fut réduit à six meetings distincts, la moindre contre performance engendre des répercussions significatives au classement par points. Pour son premier programme complet à l'international, le Sébastien Loeb Racing se hisse quant à lui à la deuxième place du classement par équipes, derrière l'écurie semi-usine WRT associée à la branche belge d'Audi Sport.

Porsche Supercup (2013)[modifier | modifier le code]

Le 22 avril 2013, Sébastien Loeb annonce sur sa page Facebook qu'il participera aux deux premières manches de la saison 2013 de Porsche Supercup, l'équivalent le plus proche du championnat du monde de Porsche Carrera Cup, traditionnellement organisé en levé de rideau du championnat du monde de Formule 1. Les deux épreuves en question seront disputées en prélude au Grand Prix d'Espagne et au Grand Prix de Monaco. L'Alsacien prendra le volant d'une Porsche 911 GT3 aux couleurs de Martini et estampillée du numéro 88[782],[783],[784],[785],[786]. C'est en tant qu'invité de Porsche qu'il participe à la compétition, et non au sein de sa propre écurie SLR, ce qui le rendra inéligible au marquage de points. Le 6 mai 2013, il effectue une séance d'essai sur le Circuit de Monza pour préparer au mieux son nouveau défi.

C'est donc une semaine seulement après sa victoire au rallye d'Argentine que Loeb s'engage avec 24 autres pilotes dans la manche d'ouverture de la saison 2013 de Porsche Supercup sur le Circuit de Catalogne. N'ayant pu participé aux essais officiels organisés sur le tracé quatre semaines auparavant, le champion français arrive en terrain inconnu sans avoir pu régler sa voiture au préalable. Il réalise le 16e temps des essais libres du vendredi, à 1.284 secondes du norvégien Nicki Thiim auteur du meilleur chrono, et trouve la 911 trop sous-vireuse[787],[788]. Le lendemain, il signe le treizième temps des qualifications, à 1.179 secondes du poleman Sean Edwards[789]. Loeb est convaincu qu'il pouvait faire mieux, mais un problème mécanique sur sa Porsche l'a empêché de chausser son deuxième train de pneus neufs[790]. Le dimanche 12 mai 2013, il s'élance donc dans le peloton et parvient à gagner deux positions dès les premiers tours, sécurisant ainsi la onzième place. Mais malgré plusieurs tentatives de dépassement sur le pilote qui le précède, le britannique Ben Barker, le champion du monde des rallyes ne parviendra plus à progresser davantage au cours des 14 tours de la course[791]. Son statut d'invité ne lui permet pas de marquer les 5 points normalement dévolus à son classement.

Deux semaines plus tard, Sébastien Loeb prend part à la deuxième manche de la saison sur le Circuit de Monaco. Il réalise le treizième temps des essais libres du jeudi puis se classe seizième de la grille de départ sur un total de 26 concurrents, à environ 1.7 secondes du poleman Sean Edwards, déjà vainqueur l'année dernière dans la principauté et l'un des seuls pilotes à avoir pu bénéficier d'une piste libre pour son chrono. La séance de qualification a en effet été marquée par un encombrement important du circuit et plusieurs drapeaux jaunes, empêchant de nombreux pilotes dont Loeb de disposer ne serait-ce que d'un tour dégagé. Lors d'une de ses tentatives, l'Alsacien était ainsi sur les traces du meilleur temps avant d'être stoppé net dans son élan par deux voitures concurrentes se trouvant au milieu de la piste[792]. La grille est néanmoins validée officiellement par les instances de régulation. Lors de la course, Loeb parvient à gagner quelques places au départ mais est poussé à l'extérieur de l'épingle à gauche de l'hôtel « Loews » pour en ressortir dix-septième. Le peloton est désormais étiré et le tracé bien connu du Circuit de Monaco empêchera le moindre dépassement pour les 16 tours à parcourir, quel que soit le pilote. Seule une glissade sur erreur de freinage de l'Italien Alessandro Zampedri permettra à Loeb de gagner une place pour finir seizième[793].

Porsche Carrera Cup Asia (2013)[modifier | modifier le code]

Le 8 octobre 2013, Sébastien Loeb annonce son engagement pour la manche de clôture de la Porsche Carrera Cup Asia, sur invitation du constructeur germanique. Organisée dans le cadre de la soixantième édition du Grand Prix automobile de Macao, cette épreuve doit permettre au nonuple champion du monde des rallyes de découvrir le circuit urbain de Guia pour la préparation de son débarquement en WTCC dès 2014. L'ancien comptoir portugais d'Asie du Sud-Est accueille en effet traditionnellement la finale du mondial de tourisme depuis ses débuts, et le tracé découpé dans la ville n'est habituellement accessible qu'un weekend par an au mois de novembre, à l'exception de cette année anniversaire où deux créneaux consécutifs ont été prévus : « De l’avis de tous, Macao est un circuit très spécifique et les opportunités d’y rouler sont rares. J’ai la possibilité de courir sur ce tracé en ville et je pense que ce sera une expérience enrichissante dans l’optique de mon engagement en WTCC avec Citroën. »[794],[795],[796].

À l'entame de la compétition, Loeb signe le troisième temps des essais libres du samedi, à moins de trois dixièmes des deux pilotes du LKM Racing, le japonais Keita Sawa et le néo-zélandais Earl Bamber, sacré champion de la Porsche Carrera Cup Asia pour sa première saison quelques semaines plus tôt[797]. L'Alsacien tient le même rang lors des qualifications, Sawa prenant cette fois-ci le dessus sur son coéquipier en décrochant la pôle[798],[799]. Le départ de la course est dans un premier temps donné sous Safety Car en raison des conditions détrempées de la piste. Loeb prend rapidement l'avantage sur le japonais dès la fin de la neutralisation et se porte en deuxième position, Earl Bamber se hissant quant à lui en tête. Le jeune champion de la discipline creuse progressivement l'écart au fil des tours avant que la course ne soit une nouvelle fois bridée à la suite d'un accrochage entre Jason Zhang et Benjamin Rouget. L'Alsacien tentera sans succès une attaque au moment de la relance et terminera finalement à la deuxième place pour sa découverte du tracé de Macao[800],[801].

Championnat du monde des voitures de tourisme (2013-…)[modifier | modifier le code]

2013 : Officialisation de l'engagement de Citroën et de Sébastien Loeb[modifier | modifier le code]

La Citroën C-Élysée WTCC dans sa première livrée provisoire, ici lors de la 65e édition du Salon de l'automobile de Francfort pour sa première apparition au grand public.

Le 27 septembre 2012, dans le cadre de la 81e édition du Mondial de l'automobile de Paris, Sébastien Loeb annonce à la presse sa retraite progressive du monde des rallyes et confirme les rumeurs évoquées depuis plusieurs années sur son envie de reconversion sur circuit avec l'objectif de se fixer de nouveaux défis sportifs. Pilote emblématique de la marque Citroën depuis ses débuts en compétition, l'Alsacien affirme également sa volonté de poursuivre cette nouvelle aventure avec le constructeur français, compte tenu de l'inter-dépendance de leurs images respectives aux yeux du grand public. Le choix du Championnat du monde des voitures de tourisme est rapidement mis en avant par les deux parties. Du point de vue de Sébastien Loeb, cette discipline présente un avantage en termes de crédibilité du fait de son statut de championnat du monde officiel FIA. Quant à Citroën, le WTCC leur permettrait de ne pas repartir d'une feuille blanche pour le développement d'une nouvelle voiture puisque le moteur 1.6L Turbo imposé est dérivé du même type de bloc utilisé sur les DS3 WRC mais avec une bride plus large permettant d'atteindre les 380 chevaux. Ce championnat apparaît également séduisant en vertu de ses coûts de participation réduits et de la visibilité internationale qu'il offre, notamment dans des zones géographiques clés pour la marque aux chevrons avec des épreuves en Chine, en Russie et en Amérique du Sud. Aucun engagement officiel n'est cependant évoqué à ce stade, le dossier devant au préalable être validé courant 2013 par la direction du groupe PSA pour une participation effective en 2014[802],[803].

En décembre 2012, l'intérêt de Citroën pour le WTCC se précise à la suite de la validation par la FIA d'un nouveau règlement technique à compter de la saison 2014, prévoyant la fin du système de lest des performances, un package aérodynamique plus spectaculaire, des voitures plus puissantes ainsi qu'une plus grande liberté dans l'homologation de certaines pièces[804],[805],[806],[807],[808]. Une séance d'essai privée est organisée par le constructeur français en mars 2013 sur le circuit du Jarama près de Madrid afin de tester un modèle de DS3 WRC modifié pour la piste en vue de leur participation potentielle en WTCC. La branche sportive de la marque aux chevrons n'ayant aucune expérience dans les compétitions sur circuit, hormis quelques courses en Championnat de France de Supertourisme dans les années 1980, l'objectif était ici de dégrossir les grandes lignes du développement de la voiture qui sera alignée, notamment en matière d'aérodynamisme, de refroidissement du moteur et d'absorption des suspensions. Sébastien Loeb et le pilote suisse Alain Menu, vice champion du monde WTCC 2012, se sont relayés au volant[809],[810].

Le 25 juin 2013, Citroën officialise son engagement en Championnat du monde des voitures de tourisme pour la saison 2014 avec Sébastien Loeb comme premier pilote confirmé[811]. Le communiqué précise alors que d'autres voitures seront alignées en complément de celle de l'Alsacien, mais sans qu'il ne soit encore évoqué officiellement de noms pour ces baquets supplémentaires. Des rumeurs insistantes indiquent néanmoins l'ouverture de négociations avec Alain Menu[812] et Yvan Muller[813], autre pilote alsacien qui domine la discipline depuis plusieurs années et qui, deux ans plus tôt, avait mis à la disposition du champion du monde des rallyes sa propre Chevrolet Cruze version WTCC pour quelques tours de pistes sur le Rockingham Motor Speedway[814]. Il est également question de l'ex-pilote de Formule 1 Robert Kubica, déjà sous contrat avec Citroën en rallye, pour épauler Loeb[815]. La nouvelle voiture conçue par l'équipe française est dévoilée le 24 juillet 2013 au grand public. Alors que les premières rumeurs semblaient indiquer l'utilisation d'un châssis issu de la DS4, c'est finalement le modèle C-Élysée qui a été choisi comme base de développement, confirmant ainsi les intentions de la marque de considérer ce nouvel engagement comme une vitrine axée vers les pays émergents[816],[817]. La version WTCC se voit doter du fameux moteur 1.6L Turbo utilisé en rallye, mais gonflé cette fois-ci à 380 chevaux, ainsi que de voies élargies et de plusieurs appendices aérodynamiques.

Une courte séquence vidéo produite par Citroën Racing et mettant en scène Sébastien Loeb, Yvan Muller et Daniel Elena aux côté de la future C-Élysée WTCC est mise en ligne sur la toile le 6 août 2013. Ce spot promotionnel semble alors confirmer la possibilité pour le duo alsacien de faire équipe lors de la saison 2014[818],[819]. L'annonce est officialisée dès le lendemain par communiqué des différents intéressés[820],[821]. La C-Élysée est quant à elle présentée physiquement pour la première fois le 10 septembre 2013, jour d'ouverture de la 65e édition du Salon de l'automobile de Francfort, aux côtés de ses deux futurs pilotes[822],[823]. L’événement est également l'occasion pour Loeb de faire le point sur son nouvel engagement sportif : « C’est un nouveau projet de Citroën en WTCC avec Yvan Muller comme équipier, Citroën a tous les éléments pour réussir. En ce qui me concerne, je pense progresser rapidement, car je n’ai pas beaucoup d’expérience dans la discipline, c’est un beau challenge. Entre les titres d’Yvan et les miens, cela fait beaucoup de titres, tous les éléments sont réunis pour que ça marche, en ce qui me concerne je dois apprendre, mais je ferais de mon mieux pour faire de bons résultats. »[824]. En fin d'année, Citroën Racing annonce la signature d'un troisième contrat de pilote à plein temps avec José María López, triple champion de TC2000, le championnat de courses de tourisme argentin, et vainqueur d'une manche de WTCC à domicile en 2013[825].

2014 : Première saison[modifier | modifier le code]

Pleinement dédié à son engagement en WTCC, Sébastien Loeb entame sa saison sportive 2014 par une séance d'essais de cinq jours début janvier sur le circuit Yas Marina d'Abou Dabi durant lesquels l'Alsacien s'est relayé avec Yvan Muller et José María López au volant d'une Citroën C-Élysée. Les conditions sèches attendues pour cette session au Moyen-Orient ne furent cependant pas toujours au rendez-vous : « Avec seulement une heure d’essais sur piste sèche le soir, nous n’avons pas pu boucler notre programme dans sa totalité. Nous nous sommes donc focalisés sur le set-up de l’auto et son équilibre. »[826],[827]. Le français prend la direction de l'Argentine la semaine suivante pour effectuer des reconnaissances sur l'Autódromo Termas de Río Hondo, circuit hôte du huitième meeting de la saison 2014, au volant d'une Peugeot 308 du championnat de tourisme local[828].

La première confrontation avec un autre constructeur a lieu à la fin du mois de février lors d'une séance d'essais partagée avec l'équipe d'usine Honda sur le circuit Paul-Ricard. Aucun chrono officiel n'a cependant été enregistré. Deux exemplaires de la Citroën C-Élysée étaient présents avec pour objectif principal, entre autres, de tester la procédure de départ[829],[830]. Un troisième coéquipier est annoncé dans la foulée pour Sébastien Loeb au sein de l'écurie Citroën en la personne de Ma Qing Hua, vainqueur du championnat de tourisme chinois en 2011 et pilote d'essais en Formule 1 pour le compte de Caterham. Le pilote de Shanghai ne participera cependant qu'à cinq meetings de fin de saison[831]. Le quatuor est pour la première fois réuni au grand complet lors de la 84e édition du Salon international de l'automobile de Genève pour une conférence de presse de lancement du programme 2014. Loeb y aborde son engagement avec humilité en se positionnant en outsider du champion du monde Yvan Muller[832],[833]. C'est également à cette période qu'il révèle son choix d'arborer le numéro 9 pour sa première saison. Une référence à ses neuf titre mondiaux en WRC et qu'il avait déjà utilisée l'année passée pour son programme en FIA GT Series avec son équipe privée[834].

Les premiers essais officiels du championnat se déroulèrent à Valence sur le circuit Ricardo Tormo au cours desquels Citroën dévoila la livrée définitive entièrement blanche de sa C-Élysée. Loeb y signa le meilleur temps de la séance, devant les deux Honda Civic d'usine mais sans la présence d'Yvan Muller[835],[836],[837],[838].

Race of Morocco 2014[modifier | modifier le code]

Le coup d'envoi du championnat WTCC est donné lors du deuxième weekend d'avril à Marrakech sur le circuit urbain Moulay El Hassan. Un total de vingt pilotes répartis dans neuf équipes différentes ont répondu présent pour cette première manche.

L'équipe Citroën domine la séance de test du vendredi en accaparant les trois premières places, Sébastien Loeb terminant derrière ses deux coéquipiers à respectivement six dixièmes d'Yvan Muller et deux dixièmes de José María López[839]. L'Alsacien établit un nouveau record du tour dès le lendemain en réalisant le meilleur temps de la première séance des essais libres, deux dixièmes devant Muller[840]. Le quadruple champion du monde de la discipline réagit quelques heures plus tard en pointant en première position de la feuille des temps de la deuxième session, mais sans parvenir à descendre sous le chrono de référence établi précédemment par Loeb, ce dernier terminant troisième à un peu plus d'une seconde[841]. Les premières analyses issues de ces essais préliminaires indiquent une domination assez nette des Citroën C-Élysée, leurs rivales les plus proches, à savoir les Chevrolet Cruze TC1 construites par RML, pointant en moyenne à près de deux secondes au tour.

Les qualifications débutent le même jour en début d'après-midi. Sébastien Loeb signe le deuxième temps de la première session, quatre dixièmes derrière Yvan Muller, avant de s'imposer dans la suivante devant ses deux coéquipiers, les trois hommes se tenant alors dans un écart de cinq millièmes de seconde. La troisième et dernière session réunit les cinq meilleurs pilotes qui disposent alors d'une piste entièrement dégagée pour un tour chronométré. Loeb y décroche le troisième temps, un dixième de seconde derrière le poleman José María López, après avoir pointé en tête dans les deux premiers secteurs du circuit : « Les Q1 et Q2 se sont bien passées. Mon unique tour en Q3 a bien débuté puisque j’étais en avance sur les premier et deuxième secteurs. Je me suis un peu manqué dans la dernière épingle. Je ne me suis pas raté une seule fois dans ce virage durant tout le week-end, sauf pour ce tour qui aurait pu me permettre de signer la pole ! Mais je n’avais pas de quoi être déçu. Partir de la première ligne pour ma première fois en WTCC, c’était déjà très bien et plus qu’encourageant. J’étais satisfait d’être dans le même dixième que mes équipiers. »[842],[843]. Quelques heures plus tard, la décision des commissaires de déclasser Muller en quatrième position pour avoir couper une chicane pendant son tour de qualification lui permet finalement d'accéder à la première ligne de la grille départ[844].

Sébastien Loeb parvient à tenir sa position lors du coup d'envoi de la première course, contrôlant une tentative de dépassement de la part d'Yvan Muller usant de l'aspiration. López conserve la tête après le premier virage et mène le trio des Citroën C-Élysée. Les voitures de la marque aux chevrons accroissent progressivement leur avance sur leurs concurrentes. Le tracé emprunté de type urbain ne facilitant pas les dépassements, l'ordre restera le même jusqu'à l'arrivée malgré quelques attaques de Muller sur Loeb dans la longue ligne droite. Les températures moyennes supérieures à 30 °C enregistrées le jour de la course ont également contribué à figer les positions en provoquant un échauffement trop important des freins et obligeant ainsi les pilotes à sortir plus tôt de l'aspiration pour les refroidir. Le nonuple champion du monde des rallyes termine à la seconde place, sept dixièmes de seconde derrière son coéquipier argentin, et signe le meilleur tour en course pour son baptême en WTCC[845],[846].

Parti neuvième de la deuxième course conformément au principe de la grille inversée, l'Alsacien parvient à ressortir indemne du carambolage survenu lors du départ. Percuté à l'arrière par la Honda Civic de Mehdi Bennani, le poleman Tom Coronel perd le contrôle de sa Chevrolet Cruze et heurte frontalement les glissières de sécurité, causant la destruction de sa voiture. Dans l'élan de son accélération de départ, Yvan Muller ne parvient pas à éviter le pilote hollandais et anéantit l'avant de sa C-Élysée avec le choc. Loeb évite les multiples débris jonchant la piste et ressort du premier virage en troisième position, loin devant López, huitième, auteur d'un départ manqué. Les officiels agitent le drapeau rouge, suspendant ainsi la course le temps pour les commissaires de faire nettoyer la piste. Un nouveau coup d'envoi est donné vingt minutes plus tard. Usant de l'aspiration, Loeb prend le dessus sur Tiago Monteiro pour le gain de la deuxième place et part en chasse du pilote de tête Mehdi Bennani. Il vient à bout du marocain avant la fin du tour, s'emparant ainsi des commandes de la course. Derrière lui, son coéquipier José María López effectue une remontée significative de la huitième à la deuxième place, dépassant un à un tous les concurrents mais pointant toujours à plusieurs secondes de la C-Élysée numéro 9. Victime d'un problème moteur sur sa Chevrolet Cruze, Dušan Borković est contraint de s'arrêter dans la ligne droite des stands, déclenchant la sortie du Safety Car et permettant ainsi à López de revenir dans les roues de Loeb. Le français parviendra à contenir l'argentin jusqu'à la ligne d'arrivée pour décrocher la première victoire de sa carrière en WTCC, devenant ainsi, après Sandro Munari et Walter Röhrl, le troisième pilote de l'Histoire à s'être imposé à la fois en rallye et sur circuit dans le cadre d'un championnat du monde[847],[848].

JVC Kenwood Race of France 2014[modifier | modifier le code]

Absente du calendrier depuis la saison 2009, une manche française fait cette année son retour dans le championnat WTCC. C'est donc à domicile que devront s'engager Citroën, Yvan Muller et Sébastien Loeb. Le lieu de déroulement de l'épreuve est fixée sur le Circuit Paul-Ricard du Castellet qui n'avait plus accueilli de courses de tourisme de niveau mondial depuis 1995[849].

La marque aux chevrons domine une nouvelle fois la séance de test du vendredi avec un meilleur chrono enregistré par José María López, secondé de près par Loeb à environ un dixième. Plus en retrait en raison du rodage de sa C-Élysée, sévèrement endommagée lors de la manche marocaine, Muller pointe en cinquième position à plus d'une seconde[850]. Le lendemain, lors des essais libres, les temps enregistrés semblent indiquer pour la première fois depuis le début de la saison un tassement de l'écart de performance séparant Citroën des autres équipes. Bien que Sébastien Loeb domine la première séance, il devance cette fois-ci non pas l'un de ses coéquipiers mais la Chevrolet Cruze d'Hugo Valente pour moins de deux dixièmes, avant que son compatriote n'enregistre le meilleur chrono dans la deuxième session, une seconde de mieux que Loeb neuvième[851],[852].

Le samedi après-midi, l'Alsacien signe le deuxième temps de la première séance des qualifications à un dixième de la meilleure marque d'Yvan Muller puis récidive dans la session suivante, toujours dans le même ordre mais en abaissant l'écart le séparant du quadruple champion du monde de la discipline à sept centièmes. Dans la séance finale réunissant les cinq meilleurs pilotes, Sébastien Loeb s'élance en avant dernier et améliore de deux dixièmes le précédent chrono de référence établi par López, s'adjugeant au passage le nouveau record de la piste. Il décroche finalement la première pole position de sa carrière pour son deuxième engagement en WTCC après que Muller ait échoué à plus de trois dixièmes lors de son tour chronométré[853]. Mais en début de soirée, les commissaires de la FIA annoncent finalement l'annulation de tous les temps réalisés par Loeb et José María López lors des qualifications après que les valves de sécurité du réservoir d'essence n'aient pas fonctionné sur leur voiture respective lors d'un contrôle technique. Bien que cette anomalie n'apporte aucun avantage en termes de performance, les deux pilotes se voient retirer les points acquis au terme des séances qualificatives puis rétrograder en dernière ligne de la grille de départ des deux courses de la manche française, hypothéquant de manière significative leurs chances d'accéder aux places d'honneur[854],[855].

Parti dix-septième de la première course, Sébastien Loeb choisit de se positionner immédiatement sur l'extrémité gauche de la ligne des stands et remonte plusieurs concurrents pour ressortir du premier virage dans les dix premiers du classement. Septième à l'entame du deuxième tour, il contient une attaque portée par son coéquipier José María López. L'argentin manque son point de freinage et part en glissade sur le côté de la piste. L'Alsacien prend peu de temps après le dessus sur l'ancien pilote de Formule 1 Gianni Morbidelli puis se lance à la poursuite Robert Huff, champion du monde de la discipline en 2012 et premier pilote Lada. Il dépasse le britannique dans le quatrième tour puis son compatriote Hugo Valente dans la foulée sur les abords de la première chicane. Désormais quatrième, le Français réduit en deux tours les trois secondes le séparant de Norbert Michelisz pour accéder au podium, puis continue à imprégner un rythme offensif pour tenter de s'emparer de la deuxième place de Gabriele Tarquini. Quatre tours lui seront nécessaires pour venir au contact de l'Italien, dont la Honda Civic se révèle plus performante en ligne droite et dans les accélérations. Loeb parvient finalement à trouver l'ouverture deux tours avant le drapeau à damiers et achève sa remontée sur la deuxième marche du podium. La quatrième place finale occupée par López lui permet également de s'emparer de la tête du championnat pilotes. Parti en pole, le vainqueur Yvan Muller restait quant à lui inaccessible avec une avance supérieure à dix secondes[856].

Le départ de la deuxième course se déroule trois heures plus tard sur une piste désormais asséchée. Toujours relégué en fond de grille, Loeb décide à nouveau de longer l'extrémité gauche de la ligne des stands et dépasse plusieurs concurrents. Remonté en onzième position aux abords du premier virage, il se voit bloquer dans son élan par plusieurs accrochages survenus quelques mètres devant sa voiture et impliquant notamment Gianni Morbidelli et Yvan Muller. José María López bénéficie quant à lui d'une voie dégagée après avoir opté pour l'autre côté de la piste et parvient à se porter en tête des pilotes Citroën. À l'entame du troisième tour, Loeb gagne deux places supplémentaires dans la même chicane en prenant le dessus sur Hugo Valente et Morbidelli pour se retrouver derrière ses deux coéquipiers. L'Alsacien porte alors une attaque sur Muller en prenant l'intérieur dans un virage serré à droite, mais, arrivé à mi-hauteur et sur le point de prendre l'avantage, se fait percuter par le champion du monde fermant brusquement la porte. Le contact endommage une partie de l'essieu avant de la C-Élysée de Loeb dont les performances commencent à se dégrader et lui font perdre trois places. Dans sa tentative de remontée, il heurte une pile de pneus aux abords d'une chicane, éventrant une partie de son capot moteur et déclenchant ainsi la sortie du Safety Car en raison des débris jonchant la piste. Cet incident permet à ses deux coéquipiers, alors respectivement deuxième et troisième, de revenir sur le leader Tiago Monteiro pour finalement le dépasser. Une deuxième sortie du Safety Car survient quelques minutes plus tard en raison d'un accrochage entre John Filippi et Franz Engstler. Alors neuvième, Loeb gagne une place pendant la neutralisation de la course avec la rentrée aux stands de Tom Chilton pour pénalité puis une supplémentaire avec la sortie de piste de Norbert Michelisz. L'Alsacien poursuit sur un rythme offensif avec en ligne de mire les sixièmes et cinquièmes positions de Dušan Borković et Mehdi Bennani. Après plusieurs tentatives, il parvient à dépasser le pilote serbe deux tours avant l'arrivée mais échoue de peu face au Marocain. Sixième du classement final, le Français se fait reprendre les commandes du championnat par le vainqueur José María López[857],[858].

Race of Hungary 2014[modifier | modifier le code]

Le meeting hongrois se déroule deux semaines après les événements du Castellet sur le circuit du Hungaroring. Troisième manche de la saison, elle marque l'introduction des poids de compensation sur les différents modèles de voiture engagés dans le championnat en se basant sur les résultats des deux premières épreuves. Les Citroën C-Élysée ayant jusqu'alors dominé les débats de manière significative, celles-ci sont maintenues au poids standard réglementaire tandis que les Honda Civic WTCC, les Chevrolet RML Cruze TC1 et les Lada Granta 1.6T se voient accorder un délestage de 60 kg, soit le maximum autorisé[859].

La séance de test du vendredi est dominée par les voitures de la marque Honda avec l'occupation des trois premières places de la feuille des temps. Sébastien Loeb pointe quant à lui au neuvième rang, à environ huit dixièmes de la meilleure marque de Gabriele Tarquini et cinq centièmes derrière son coéquipier Yvan Muller[860]. Les séances d'essais libres du lendemain se déroule sur une piste détrempée en raison des averses survenues durant la nuit. Les temps de la première session s'améliorent nettement au fur et à mesure des passages et de l'assèchement du bitume. C'est finalement José María López qui signe le meilleur chrono à quelques minutes de la clôture, l'Alsacien prenant quant à lui la cinquième place à plus d'une seconde après être rentré aux stands bien avant son coéquipier[861]. L'équipe Citroën impose sa domination au cours de la deuxième séance en réalisant le triplé. Yvan Muller enregistre le meilleur temps suivi de Loeb à moins de quatre dixièmes[862].

Lors de la première partie des qualifications, les pilotes de la marque aux chevrons réalisent un chrono suffisant dès leur première tentative et reviennent à l'assistance au bout de quelques minutes. Sébastien Loeb prend la quatrième position à deux dixièmes de López, le local de l'épreuve Norbert Michelisz s'étant intercalé entre lui et ses deux coéquipiers. La deuxième séance voit pour la première fois de la saison une voiture autre que la C-Élysée décrocher la première place avec la Honda Civic de Gabriele Tarquini aux avant-postes. Loeb pointe quant à lui en cinquième place à deux dixièmes et accède sur le fil à la dernière session après que le portugais Tiago Monteiro ait failli le devancer dans les dernières minutes. Il réalise alors le troisième temps à un peu plus de trois dixièmes de ses deux coéquipiers, Muller remportant pour sa part une troisième pole position consécutive sur le Hungaroring[863].

Parti de la deuxième ligne, Sébastien Loeb prend un mauvais départ lors de la première course et se fait immédiatement débordé par les Honda Civic officielles de Tarquini et Monteiro, réputées performantes à cet exercice. Il opte pour l'extérieur du premier virage à l'abord de celui-ci mais se retrouve bloqué par les pilotes le devançant et rétrograde de deux places supplémentaires, Mehdi Bennani et Norbert Michelisz étant parvenu à emprunter la trajectoire intérieure avec succès. Le tracé sinueux et étroit du Hungaroring ne favorisant pas les dépassements, le classement général restera dès lors figé pendant les quatorze tours que comptent la course, l'Alsacien se retrouvant pour sa part bloqué en septième position derrière le pilote hongrois en dépit de ses tentatives. Il perd finalement la deuxième place du championnat au profit d'Yvan Muller, vainqueur pour la quatrième fois en Hongrie après être parti de la pole position[864].

Huitième sur la ligne de départ de la deuxième course, Loeb parvient à tenir sa position lors du coup d'envoi. À l'approche du premier virage, il opte cette fois-ci pour l'intérieur et se voit bloqué dans son élan par une contention créée par plusieurs voitures, dont la Chevrolet Cruze de Tom Chilton. Partis derrière lui, ses deux coéquipiers, Yvan Muller et José María López, prennent l'extérieur où la voie est libre et profitent du blocage pour gagner plusieurs positions. Le nonuple champion du monde ressort de la courbe à la neuvième place derrière la Honda Civic de Gabriele Tarquini. Malgré plusieurs attaques portées sur l'Italien, le pilote Citroën ne parviendra pas à améliorer son classement. Les difficultés pour trouver l'ouverture sur le circuit hongrois se concrétisent une fois encore avec le gèle des dix premières positions sur l'ensemble de la course[865].

Race of Slovakia 2014[modifier | modifier le code]

Une semaine après le Hungaroring, le calendrier du WTCC s'enchaîne avec le meeting slovaque organisé sur le Slovakia Ring, un circuit que Sébastien Loeb a déjà eu l'occasion d'aborder en compétition l'année précédente dans le championnat FIA GT Series. Calculé à partir de trois manches glissantes, le système de compensation de poids demeure inchangé avec une masse supplémentaire de 60 kg embarquée par les trois Citroën C-Élysée comparativement aux autres concurrents[866].

L'Alsacien enregistre le septième temps de la séance de test du vendredi, à plus d'une seconde de son coéquipier José María López[867]. L'Argentin récidive le lendemain en monopolisant le haut de la feuille des temps lors des deux sessions des essais libres, Loeb prenant respectivement la quatrième puis la troisième place et éprouvant des difficultés à définir un Set-Up le mettant en confiance[868],[869].

Les qualifications débutent le samedi après-midi par une première séance au cours de laquelle les trois Citroën C-Élysée rentrent aux stands dès les premières minutes après avoir enregistré un seul tour chronométré jugé suffisant. Seul pilote de la marque aux chevrons à être parti avec des pneus déjà usés, Sébastien Loeb se voit tout d'abord crédité du septième temps avant de chuter progressivement dans le classement au fur et à mesure du passage des autres concurrents. Douzième à cinq minutes de la clôture de la session, il repart en piste chaussé de gommes neuves pour un dernier tour chronométré et parvient à enregistrer le sixième temps, quatre dixièmes derrière la meilleure marque de Norbert Michelisz. La deuxième séance commence quelques minutes plus tard mais la voiture du Français reste immobilisée dans le garage Citroën en raison d'un problème mécanique au niveau de l'arrivée d'essence. Les mécaniciens tentent de procéder aux réparations malgré le temps imparti qui semble insuffisant. Loeb est en passe de se voir éliminé des qualifications, synonyme de douzième place sur la grille de départ des deux courses, lorsque, six minutes avant la clôture, le capot de la Honda Civic de Gabriele Tarquini s'ouvre au moment où l'Italien abordait un virage en sixième vitesse. Sans visibilité, le pilote sort de la piste mais évite l'accident. Les commissaires lèvent le drapeau rouge pour interrompre la séance[870]. Sa C-Élysée réparée, Loeb peut s'élancer sur le circuit et établit le troisième temps, six dixièmes derrière son coéquipier José María López. Qualifié pour la dernière session, il signe le meilleur temps provisoire devant Yvan Muller avant de se faire à nouveau devancer de plus de trois dixièmes par López, dernier à l'élancer[871].

Le départ de la première course est donné dans des conditions de piste détrempées accompagnées d'une pluie fine permanente et de fortes rafales de vent. Deuxième sur la grille, Sébastien Loeb prend le meilleur élan et dépasse José María López dans la ligne droite pour s'emparer des commandes. Optant pour l'intérieur du premier virage, il parvient à conserver sa position puis creuse progressivement l'écart en tête à la faveur d'une meilleure visibilité sur la route. Parti en troisième position, Yvan Muller écope d'un passage aux stands obligatoire en raison d'un faux départ et chute à la quatorzième place au moment de reprendre la course. La pluie s'intensifie et l'écart entre Loeb et López finit par se stabiliser à un peu plus d'une seconde. La piste devient peu à peu difficilement praticable et les dérapages se multiplient chez plusieurs concurrents. La quantité d'eau stagnante ne permettant plus de maintenir les pneus en température, les pilotes perdent davantage de grip au fur et à mesure que les minutes passent. Les commissaires déclenchent finalement la sortie du Safety Car au septième tour par mesure de sécurité, mais la pluie ne désemplissant pas, la course restera neutralisée jusqu'à l'arrivée. L'Alsacien s'impose ainsi pour la deuxième fois de sa carrière en WTCC devant López et Michelisz, reprenant du même coup la deuxième place du classement mondial à Muller[872],[873].

Les averses pluvieuses ayant persisté sans discontinuer durant la totalité du dimanche après-midi, les commissaires et la FIA prirent la décision d'annuler la deuxième course pour des raisons de sécurité, fait jusque-là inédit en WTCC[874].

Race of Austria 2014[modifier | modifier le code]

L'épreuve autrichienne se déroule deux semaines après les événements ayant conduis à l'annulation de la deuxième manche slovaque. Organisée sur le circuit du Salzburgring, elle propose un tracé rapide et large dit de vieille école, avec des passages en courbe à haute vitesse et deux longues lignes droites privilégiant les performances aérodynamiques des voitures. Les calculs de compensation de poids restent pour leur part inchangés avec un handicape maximum de 60 kg attribué aux Citroën C-Élysée[875].

Sébastien Loeb enregistre le sixième temps de la séance de test du vendredi, écourtée de trois minutes en raison de problèmes techniques rencontrés en piste par Tom Coronel et Gabriele Tarquini, à quatre dixièmes de la meilleure marque de son coéquipier José María López[876]. L'Argentin récidive lors des premiers essais libres du samedi en prenant la tête d'un triplé de la marque aux chevrons, Loeb pointant quant à lui à la troisième place avec un écart toujours figé à environ quatre dixièmes[877]. L'Alsacien s'impose finalement dans la deuxième séance à environ deux dixièmes de López et Muller à l'issue d'une session marquée par le crash frontal d'Hugo Valente dans une courbe rapide[878].

Citroën Racing domine une nouvelle fois l'entame des qualifications avec un chrono de référence établi par Yvan Muller dans les deux premières sessions. Loeb y décroche respectivement les troisième et quatrième temps lui permettant d'accéder à la séance finale. Deuxième à s'élancer dans celle-ci, il parvient à améliorer la marque de José María López d'un dixième avant de se faire battre à son tour par Gianni Morbidelli. L'Italien décrochera la première pole position de sa carrière et la première de la saison pour une voiture n'appartenant pas à l'écurie de Satory après que Muller ait échoué à cinq centièmes de son chrono, le nonuple champion du monde des rallyes récoltant quant à lui la troisième place derrière les deux hommes[879]. Mais quelques heures après la clôture, Morbidelli se voit infliger une pénalité de cinq rangs sur la grille de départ par la direction de course pour ne pas avoir ralenti sous drapeau jaune lors de la première session qualificative, permettant ainsi aux deux Alsaciens de Citroën d'hériter de la première ligne[880].

Parti de la seconde position, Sébastien Loeb prend un bon départ et opte pour l'intérieur de la ligne droite mais se fait rapidement couper la trajectoire par Yvan Muller puis enfermer latéralement par Tom Coronel. Le Hollandais force le passage dans la chicane, heurtant l'ex-pilote de rallye dans la manœuvre et l'éjectant sur le bas-côté. José María López profite de l'occasion pour dépasser à son tour l'Alsacien, qui ressort quatrième de l'incident, puis prend le dessus sur Coronel dans le virage suivant. Le peloton tend peu à peu à s'étirer au fil des tours et Loeb perd progressivement le contact avec ses deux coéquipiers. À la lutte pour la victoire face à Muller, López manque son point de freinage au septième tour dans la chicane lors d'une tentative de dépassement et se retrouve contraint d'emprunter une échappatoire longeant le circuit. Il rejoint la piste en troisième position derrière la Chevrolet Cruze de Coronel et juste devant Loeb. Le classement des places d'honneur restera figé jusqu'à l'arrivée malgré plusieurs attaques de l'Argentin pour remonter sur la deuxième marche du podium[881].

La règle de la grille inversée entraîne l'attribution de la neuvième place au départ de la deuxième course pour Sébastien Loeb. L'Alsacien prend l'ascendant sur plusieurs pilotes dans la ligne droite des stands, dont Tom Chilton et son coéquipier José María López, mais se retrouve tassé dans la chicane et rétrograde en septième position à la sortie de celle-ci, deux rangs derrière l'Argentin. Derrière eux, Yvan Muller perd le contrôle de sa Citroën C-Élysée après avoir mordu l'herbe du bas-côté et vient percuter les deux Lada Granta de Robert Huff et James Thompson, provoquant ainsi un carambolage. Les commissaires déclenchent aussitôt la sortie du Safety Car puis suspendent la course peu de temps après afin de permettre l'évacuation des carcasses de voitures. Muller parvient à rentrer aux stands mais doit se résoudre à l'abandon au vu des dégâts constatés sur son train arrière. La course reprend son cours quinze minutes plus tard avec un départ lancé à l'issue duquel tous les pilotes de tête parviennent à conserver leur rang. Loeb se fait dépasser au huitième tour par Gianni Morbidelli en pleine ligne droite, l'Italien s'aidant de l'aspiration et de la vitesse de pointe de sa Chevrolet Cruze, tandis que López entame une remontée depuis la cinquième place qui le conduira jusqu'à la victoire finale. Le nonuple champion du monde des rallyes parviendra à reprendre sa septième place aux dépens de Mehdi Bennani mais buttera sur Morbidelli jusqu'à l'arrivée en dépit de nombreuses tentatives de dépassement. Il quitte le meeting autrichien sans être parvenu à trouver un rythme suffisant et rétrograde à la troisième place du classement mondial derrière Yvan Muller : « Au restart, je me suis retrouvé septième. Alors que José-Maria était derrière des Honda qu’il pouvait piquer en ligne droite, je suivais une Chevrolet impossible à passer en vitesse de pointe. C’est une situation frustrante, mais c’est ainsi. Je suis déçu parce que José-Maria prend le large mathématiquement et que la situation ne sera pas facile à inverser. »[882],[883].

Lukoil Race of Russia 2014[modifier | modifier le code]

Le calendrier du WTCC s'enchaîne deux semaines plus tard avec le meeting russe, organisé sur la version Grand Prix 9 du Moscow Raceway. Cette sixième manche de la saison est l'occasion pour l'équipe Citroën Racing d'étendre sa formation à quatre voitures avec l'arrivée du pilote chinois Ma Qing Hua[884]. Les compensations de poids restent inchangés pour les C-Élysée avec un lest maximum de 60 kg tandis que les Chevrolet Cruze et Honda Civic, au vu de leurs performances accrues lors des deux derniers événements, se voient dotées de 20 kg supplémentaires par rapport au minimum réglementaire[885].

Pour la première fois depuis le début de la saison, aucune session de test n'est prévue le vendredi pour permettre aux pilotes de roder leurs voitures. Sébastien Loeb enregistre le cinquième temps de la première séance d'essais du samedi, à quatre dixièmes de son coéquipier Yvan Muller, auteur de la meilleure marque, et deux dixièmes devant José María López[886]. Le quadruple champion du monde de la discipline domine à nouveau la deuxième séance, Loeb se classant quant à lui dixième à environ une seconde[887].

Fidèles à leurs habitudes, les pilotes de la marque aux chevrons ne restent que peu de temps en piste lorsque de la première séance qualificative, rentrant aussitôt aux stands après l'obtention d'un premier tour chronométré afin de préserver leurs pneumatiques. Loeb se classe neuvième à plus d'une seconde de la Honda Civic de Gabriele Tarquini et accède ainsi à la deuxième session. Il y signe le troisième temps juste avant la clôture, à moins de trois dixièmes du chrono de référence établi par López. Pour la première fois de la saison en revanche, Yvan Muller échoue sur le fil à intégrer le Top-5 et donc la séance finale déterminant les premières lignes de la grille de départ. Troisième à s'élancer, Loeb enregistre le deuxième temps provisoire devant Tom Chilton, échouant de quatre dixièmes face à Tiago Monteiro. Son chrono sera ensuite successivement battu par Tarquini puis López, l'Argentin signant sa troisième pole position de la saison : « Les essais libres se sont bien passés, malheureusement je me suis un peu manqué lors de la dernière partie des qualifications. J’ai fait une petite erreur dans le premier virage, j’ai voulu la rattraper ensuite en attaquant davantage et j’ai commis à nouveau une faute. Au final, je signe le quatrième temps alors que je pouvais clairement faire mieux. »[888].

Parti quatrième de la grille lors de la première course, Sébastien Loeb opte pour le milieu de la piste et parvient à conserver son rang avant de prendre le dessus sur Monteiro dans le deuxième virage. L'Alsacien arrive au contact de la deuxième Honda officielle pilotée par Tarquini et porte plusieurs attaques sur l'Italien. Seul en tête, José María López signe les meilleurs tours en course en creuse progressivement l'écart sur le reste du peloton. Yvan Muller parvient quant à lui à se hisser en quatrième position, derrière Loeb, après avoir effectué deux dépassements sur Chilton et Monteiro. Le classement de tête restera ensuite inchangé jusqu'au drapeau à damiers : « Dans la première course, j’ai pris un départ correct et je suis arrivé à remonter assez rapidement à la troisième place. Malheureusement, j’étais bouchonné par la Honda de Tarquini, j’ai cherché la faille, essayé de lui mettre la pression mais il n’a jamais fait de faute et c’était impossible de passer. »[889].

Septième au départ de la deuxième course en vertu du système de grille inversée, Loeb gagne plusieurs places en restant une fois encore sur le milieu de la piste avant de se faire bloquer dans son élan par Yvan Muller, victime d'un dérapage juste devant lui après un contact avec Tom Chilton. Les deux coéquipiers repartent respectivement en huitième et neuvième position. Leader du classement mondial et resté à l'arrêt au moment du coup d'envoi, López est finalement contraint à l'abandon à cause de ce qui sera diagnostiqué comme un problème de boîte de vitesses. Pressé par Muller, Loeb sort large dans un virage lors du deuxième tour et rétrograde à la onzième place derrière Gianni Morbidelli. Profitant d'une sortie de route de Tom Chilton et d'un passage aux stands imposé au leader Hugo Valente pour ne pas avoir fixé ses roues au moins cinq minutes avant le départ, l'Alsacien remonte de deux crans puis double Morbidelli en bout de ligne droite après plusieurs tentatives infructueuses. Il accède à la septième place à la suite d'une sortie de piste de Gabriele Tarquini puis comble en deux tours l'écart le séparant de son prédécesseur direct Tom Coronel. En tête de la course, Ma Qing Hua occupe la première position devant Yvan Muller, les deux hommes ayant réussi à prendre le dessus sur Norbert Michelisz. Loeb porte plusieurs attaques sur Coronel mais échoue dans ses tentatives face au pilote hollandais. Il gagne une place supplémentaire à quatre tours de l'arrivée en bénéficiant d'un problème mécanique impactant Tiago Monteiro et occupe l'avant dernière position d'un peloton resserré emmené par la Honda de Michelisz. Sous pression constante, le pilote hongrois finit par sortir trop large dans un virage et reprend la piste en coupant la trajectoire devant Loeb. L'Alsacien parvient finalement à le dépasser sur la ligne d'arrivée, dans l'accélération suivant le dernier virage, et s'empare de la cinquième place du classement final : « La seconde manche a été plus compliquée. Je suis parti septième sur la grille et je me suis plus bien élancé. Je suis arrivé à grappiller quelques rangs avec Yvan derrière moi. J’ai bloqué mes roues en bout de ligne droite, je suis sorti un peu large et j’ai sali mes pneus. Yvan et deux Chevrolet m’ont passé en quelques instants, mais je me suis battu pour revenir dans le Top 5 et c’est finalement à la cinquième place que je termine. ». Son nouveau coéquipier Ma Qing Hua devient quant à lui le premier Chinois à remporter une manche d'un championnat du monde sanctionné par la FIA[890],[891].

Race of Belgium 2014[modifier | modifier le code]

Disputée avant une pause estivale de plus d'un mois, l'épreuve belge marque l'entame de la deuxième partie de la saison ainsi que le retour du championnat WTCC sur le circuit de Spa-Francorchamps, absent du calendrier depuis 2005. Les valeurs des lestes de compensation du poids des voitures restent quant à elles inchangées par rapport à la manche précédente[892].

Sur un tracé qu'il découvre, Sébastien Loeb signe le quatrième temps de la séance de test du vendredi, à un peu plus d'une seconde de son coéquipier José María López[893]. L'Argentin poursuit sa domination lors des deux séances d'essais du samedi en établissant à nouveau le chrono de référence. Loeb se classe quant à lui quatrième de la première puis chute à la huitième place lors de la suivante, enregistrant un écart de près de deux secondes sur les meilleurs en raison d'un déficit de performance dans le premier secteur où se situe notamment le célèbre Raidillon de l'Eau Rouge[894],[895].

En concertation avec ses ingénieurs, l'Alsacien parvient à trouver des solutions lui permettant de combler en partie son manque de rythme à l'approche des qualifications. Il signe le troisième temps de la première séance, derrière ses deux coéquipiers, pour son premier tour complet et rejoint immédiatement les stands. Il maintient son rang lors de la deuxième session, à six dixièmes de la meilleure marque de López, et accède ainsi une nouvelle fois à l'ultime séance permettant de départager les cinq premières places de la grille. Troisième à s'élancer, il enregistre le meilleur temps provisoire devant Hugo Valente et Gabriele Tarquini avant de se faire devancer par Yvan Muller pour un peu plus d'un dixième. José María López ne parvient pas à améliorer le chrono des deux Alsaciens et recule en troisième position[896],[897].

Deuxième sur la grille de départ de la première course, le champion du monde des rallyes prend un bon élan et se déporte instantanément vers l'intérieur de la piste pour bloquer un éventuel débordement de López. Il parvient à conserver sa position entre ses deux coéquipiers à l'issue du premier virage mais subit plusieurs attaques de l'Argentin en sortie du Raidillon. Les trois hommes creusent progressivement l'écart sur les autres concurrents, Muller commençant quant à lui à s'échapper seul en tête à partir du troisième tour. Les offensives de López sur Loeb se font alors de plus en plus pressantes et finissent par aboutir à l'entame du quatrième tour. L'Argentin parvient à faire l'intérieur sur un freinage pour passer devant l'Alsacien avant que ce dernier ne reprenne sa position dans le virage suivant. C'est finalement dans le dernier tour que Loeb se fait surprendre par l'extérieur en bout de ligne droite et rétrograde définitivement sur la troisième marche du podium : « Je découvrais le circuit et j’ai franchement adoré. J’ai fait une bonne qualification et il ne m’a pas manqué beaucoup pour signer la pole. Je me sentais bien sur la totalité du circuit hormis dans le raidillon où j’avais un durcissement brutal à la compression. Cela s’est malheureusement un peu confirmé le lendemain. Dans la première course, j’ai eu une belle bataille avec Pechito López. J’ai longtemps résisté mais il a réussi à passer dans le dernier tour. J’avais toujours ce problème dans le raidillon et il sortait 15 km/h plus vite, donc ce n’était pas évident. »[898],[899].

Neuvième au départ de la deuxième course, le Français garde sa ligne et opte pour l'intérieur du premier virage. Il parvient à passer devant ses deux coéquipiers avant de se faire tasser à l'approche du Raidillon dans lequel il abandonne plusieurs positions. Dixième à la fin du premier tour, il double Mehdi Bennani en ligne droite pour le gain de la neuvième place puis porte plusieurs attaques sur Hugo Valente, dont certaines à la limite de la sortie de piste. Loeb prend finalement le dessus sur son compatriote lors du quatrième tour en faisant l'intérieur puis récupère une place supplémentaire à la suite d'un écart de trajectoire de Gabriele Tarquini. Revenu au contact de Norbert Michelisz deux tours plus tard, il dépasse le pilote hongrois sur un freinage puis accède dans la foulée à la cinquième place en débordant Gianni Morbidelli. À deux tours de la fin, l'Alsacien part en chasse de Tiago Monteiro et réduit l'écart le séparant du Portugais à moins d'une seconde au moment d'aborder la dernière boucle. Malgré plusieurs attaques portées sur la Honda Civic de son adversaire, il échoue d'un dixième sur la ligne d'arrivée[900].

Race of Argentina 2014[modifier | modifier le code]

Après une pause estivale de six semaines, le championnat WTCC met le cap vers le continent américain avec le meeting argentin, disputé sur l'Autódromo Termas de Río Hondo. L'équipe Citroën continue d'écoper d'un lest de poids maximal sur leurs voitures avec un écart tendant à se réduire face aux Chevrolet Cruze[901].

Sébastien Loeb signe le quatrième temps de la séance de test du vendredi, à environ quatre dixièmes de ses deux coéquipiers[902], avant d'accrocher la deuxième place des premiers essais libres du samedi, moins de trois dixièmes derrière José María López évoluant à domicile[903]. Yvan Muller signe la meilleure marque de la dernière session, Loeb se classant à nouveau en quatrième position avec un écart de quinze centièmes[904].

Quelques heures plus tard, le nonuple champion du monde enregistre le quatrième temps provisoire de la première session qualificative en un seul tour chronométré avant de chuter progressivement jusqu'au huitième rang après que les Honda Civic aient amélioré leurs chronos respectifs en fin de séance. Il établit la meilleure marque de la session suivante, devant Muller, mais se voit finalement devancer sur le fil par López à deux minutes de la clôture. Avant dernier à s'élancer lors de l'ultime séance, il commet deux erreurs dans les deux derniers secteurs et achève son tour à un dixième de Muller. Il hérite de la troisième place définitive après le passage de López qui s'adjuge la pole devant les deux Alsaciens[905].

Troisième sur la grille de départ de la première course, Sébastien Loeb se retrouve débordé par les deux Honda Civic de Norbert Michelisz et Tiago Monteiro, plus performantes à l'accélération. Il repasse le Portugais avant la fin du premier tour, lui permettant ainsi de se hisser en quatrième position, et revient au contact de son coéquipier Yvan Muller. Les deux Français ne parviennent par à trouver l'ouverture face à Michelisz tandis que José María López, seul en tête, s'échappe progressivement. Le classement restera dès lors inchangé jusqu'au drapeau à damiers[906].

Huitième à s'élancer lors de la deuxième course, Loeb prend un départ moyen et se fait surpasser par Muller dans la ligne droite. Tentant de prendre l'extérieur sur son compatriote dans le premier virage, ce dernier ferme brusquement la porte et le pousse dans l'herbe du bas-côté de la piste. Profitant de la manœuvre, López dépasse ses deux coéquipiers et entame une remontée qui le conduira à une deuxième victoire sur le meeting argentin. Rétrogradé en di