Jean-Pierre Elkabbach

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Jean-Pierre Elkabbach
Image illustrative de l'article Jean-Pierre Elkabbach
Jean-Pierre Elkabbach en 1991.

Naissance 29 septembre 1937 (76 ans)
Oran, Algérie
Profession Journaliste
Politique, Interview
Distinctions honorifiques Officier de la Légion d'honneur (2009)
Commandeur de la Légion d'honneur (2014)
Médias
Média principal Télévision, radio
Pays France
Télévision ORTF, Première Chaîne, Antenne 2, France 3, France Télévisions, Public Sénat
Radio France Inter, Europe 1
Fonction Dirigeant puis Président de chaîne et de station
Conseiller auprès de dirigeants

Jean-Pierre Elkabbach, né le 29 septembre 1937 à Oran, en Algérie[1],[2], est un journaliste et éditorialiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Elkabbach lors de la matinale d'Europe 1 en Gare de Lyon à Paris le 21 mars 2014

Jean-Pierre Elkabbach fait ses études à l'Institut français de presse, à la faculté des lettres de l'université de Paris et à l'Institut d'études politiques de Paris.

D'abord journaliste à Oran, Alger et Constantine, il travaille à l'Office de radiodiffusion télévision française jusqu'en 1968, quand, pour avoir fait grève, il est mis au placard et muté à Toulouse, puis envoyé comme correspondant à Bonn[3].

En 1970, il devient présentateur du journal télévisé de la Première Chaîne. En 1972, il rejoint la deuxième chaîne pour y occuper la même fonction jusqu'en 1974, tout en animant le magazine Actuel 2. En 1974, il présente la tranche d'information de midi de France Inter, puis il est successivement, à partir de 1975, rédacteur en chef de France Inter, rédacteur en chef à la direction de l'information de Radio France, et directeur de l'information d'Antenne 2 en 1977. En octobre 1979, il écarte Claude Sérillon de la présentation de la revue de presse de la chaîne dans laquelle ce dernier avait traité l'affaire des diamants de Bokassa[4]. Il avait été le commentateur du couronnement de Bokassa Ier, empereur de Centrafrique en décembre 1977. De 1977 à 1981, il anime différentes émissions dont Cartes sur table avec Alain Duhamel. Durant l'une de ces émissions, Georges Marchais, secrétaire du Parti communiste, lui aurait lancé « Taisez vous, Elkabbach ! » mais aucune trace de cet incident n'a pu être trouvée dans les archives de l'Institut national de l'audiovisuel[5]. Cette phrase est entrée dans les mémoires par sa répétition systématique par les humoristes, au point de devenir le titre d'un livre écrit par le journaliste et son épouse, Nicole Avril, en 1992. Cette phrase semble être un raccourci d'une phrase - « me coupez pas la parole... » - que Georges Marchais a pour habitude de lancer dans ses interviews quand il était agacé par l'intervention hâtive d'un journaliste.

Jugé proche de l'ancienne majorité, il est évincé de l'antenne à la suite de l'élection de François Mitterrand en 1981. Il rejoint Europe 1 en 1981[3], où il est successivement animateur de Découvertes jusqu'en 1987, directeur d'antenne et présentateur du 8 h - 9 h de 1987 à 1988, puis directeur général adjoint en 1988.

En novembre 1990, il devient conseiller auprès du président et du directeur général de La Cinq, Yves Sabouret. Il conservera cependant à Europe 1 ses fonctions de directeur général adjoint ainsi que ses émissions. En 1991, pour cette chaîne de télévision, il anime le magazine Pile et Face et coanime avec Pierre Géraud l'émission dominicale Dimanche, 20 h 10, Elkabbach. Il anime ensuite l'émission Repères sur France 3 de 1992 à 1993. Entre avril 1993 et juin 1994, il interviewe François Mitterrand pour le documentaire François Mitterrand : conversations avec un Président, diffusé en cinq volets après la mort du président de la République.

En décembre 1993, il est élu président de France 2 et France 3 qui deviennent France Télévisions. Il est contraint de partir en 1996 à la suite de la polémique sur les contrats qu'il a consentis à certains animateurs-producteurs, notamment Jean-Luc Delarue.

Il revient alors à Europe 1 pour animer l'émission L'invité du matin à h 20 et le Club de la presse jusqu'en juillet 2000. Nommé conseiller spécial pour la stratégie des médias du groupe en 1990 par Jean-Luc Lagardère, il devient en avril 2005 directeur général de l'antenne d’Europe 1 et administrateur de Lagardère Active Broadcast, tout en conservant son émission matinale. En 2005, il est nommé président d'Europe 1 par Arnaud Lagardère, président de Lagardère Media. Il est contesté au sein de sa rédaction, d'abord en février 2006, pour avoir demandé conseil à Nicolas Sarkozy avant de choisir un journaliste politique suivant le ministre de l'intérieur[6], puis, durant la campagne présidentielle de 2007, où il est accusé d'être partial en faveur du candidat de l'UMP. Après l'annonce erronée de la mort de Pascal Sevran, dans le journal de 19 heures d'Europe 1 du 21 avril 2008, qu'il considère d'abord comme « une erreur collective », il doit confirmer qu'il est l'auteur de l'information, et qu'il s'agit là d'une faute individuelle[7]. En mai 2008, il doit s'expliquer devant le Conseil supérieur de l'audiovisuel, qui adresse une mise en demeure à la station[8]. Un mois plus tard, début juin 2008, il est remplacé à la présidence d'Europe 1 par Alexandre Bompard, dirigeant jusqu'alors le pôle sport de Canal+. Tout en restant à l'antenne pour son interview matinale, Jean-Pierre Elkabbach est nommé à la tête de Lagardère News, une structure rassemblant les médias d'information du groupe Lagardère.

À partir de décembre 1999, parallèlement à ses activités sur Europe 1 et pendant trois mandats, il préside la chaîne parlementaire Public Sénat, où il anime l'émission littéraire Bibliothèque Médicis[9]. En avril 2009, Gilles Leclerc lui succède à la présidence de la chaîne mais Jean-Pierre Elkabbach poursuit toutefois son émission littéraire Bibliothèque Médicis[10]. En avril 2012, il fait partie du jury de l'émission Qui veut devenir président ? sur France 4[11].

Le Point le considère comme « proche de la droite »[12],[13].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Marié à Nicole Avril, il est le père de l'actrice Emmanuelle Bach.

Distinctions[modifier | modifier le code]

En mai 2009, l'ancien président français Jacques Chirac lui remet les insignes d'officier de la Légion d'honneur[14],[15]. En juillet 2014, le Premier ministre Manuel Valls l'élève au grade de commandeur par décret du président de la République.

En avril 2011, il est fait citoyen d'honneur de sa ville natale d'Oran[16].

Critiques[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Elkabbach est accusé d'être trop proche du pouvoir, par exemple par l'émission satirique Les Guignols de l'info ou par Vincent Quivy[17]. Dans son essai intitulé Profession : Elkabbach, paru en 2009[18], l'auteur explique la longévité du journaliste par sa familiarité avec les dirigeants et ses concessions pour s'attirer leurs grâces[19]. Pour ses confrères Éric Zemmour et Christophe Barbier, Jean-Pierre Elkabbach pratique un journalisme propre à une génération, où l'« allégeance » est de mise[20].

Le chanteur Alex Beaupain cite « Elkabbach » et sa « mise au placard » après l'arrivée de François Mitterrand au pouvoir en 1981 dans sa chanson Au départ (album Pourquoi battait mon coeur, 2011).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Elkabbach avec Nicole Avril, Taisez-vous Elkabbach !, éditions Flammarion,‎ 1992 (ISBN 978-2-08-064421-3, LCCN 82153307)
  • Jean-Pierre Elkabbach, 29 mois et quelques jours, Paris, éditions Grasset,‎ 1997 (ISBN 978-2-246-54341-1, LCCN 97169395)
  • Jean-Pierre Elkabbach avec Édouard Balladur, Passion et longueur de temps, Paris, éditions Fayard,‎ 1989 (ISBN 978-2-213-02330-4)
  • « François Mitterrand : conversations avec un président » : documentaire tourné entre avril 1993 et juin 1994, diffusé sur France 2 au mois de mai 2001 en cinq épisodes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bertrand de Saint-Vincent, Tout Paris, Grasset,‎ 2011 (ISBN 9782246785132, lire en ligne), p. 175.
  2. (en) Alex Hughes et Keith Reader, Encyclopedia of Contemporary French Culture, Taylor & Francis,‎ 2002 (ISBN 9780415263542, lire en ligne), p. 183.
  3. a et b (fr) « Le CV de Jean-Pierre Elkabbach », sur Challenges.fr,‎ 3 juin 2008
  4. (fr) « L’homme du jour : Claude Sérillon », sur L'Humanité,‎ 10 août 2001
  5. (fr) « Georges le cathodique », de Yves Jeuland, de France 5 / France 2 / Lobster Films / INA, 2007 [présentation en ligne]
  6. (fr) « Europe 1 prête pour 2007 », sur L'Humanité,‎ 10 mars 2006
  7. (fr) « Comment Elkabbach a tué Pascal Sevran », sur Libération,‎ 22 avril 2008
  8. (fr) « Affaire Sevran : Europe1 écope d'un carton jaune », sur Le Figaro,‎ 6 mai 2008
  9. (fr) Julien Lalande, « Gilles Leclerc nouveau PDG de Public Sénat », sur Ozap.com,‎ 29 avril 2009
  10. (fr) « La chaîne Public Sénat proposera à la rentrée une grille "plus dynamique" avec moins d'émissions », sur telesatellite.com,‎ 8 juillet 2009
  11. (fr) Kevin Boucher, « "Qui veut devenir président ?" sur France 4, à la recherche des futurs talents de la politique », sur PureMédias,‎ 3 avril 2012
  12. Europe 1 : Jean-Pierre Elkabbach sauvé par François Hollande, Le Point 14/05/2012
  13. Un élu PS saisit le CSA pour comptabiliser les journalistes de droite, Par Slate.fr 30/03/2012
  14. (fr) « Décoré par Chirac, Elkabbach fait un tabac », sur Le Parisien,‎ 13 mai 2009
  15. (fr) « Jean-Pierre Elkabbach décoré par Jacques Chirac », sur Leblogtvnews.com,‎ 13 mai 2009
  16. (fr) Renaud Revel, « Les mots de Jean-Pierre Elkabbach », sur L'Express,‎ 23 avril 2011
  17. (fr) F. Dumas, « Toulon - Un Toulonnais s'attaque à Elkabbach », sur Var-Matin,‎ 22 mars 2009
  18. Vincent Quivy, Profession : Elkabbach, Paris, éditions du Moment,‎ février 2009, 219 p. (ISBN 978-2-35417-039-4, LCCN 2009402837)
  19. « Profession Elkabbach : une biographie à charge contre le journaliste politique », sur politique.net,‎ 8 avril 2009
  20. (fr) « Sarkozy, conseiller en recrutement d’Elkabbach : de quoi enflammer les rédactions ? », sur Acrimed,‎ 27 février 2006