Germinal (roman)

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Germinal
Image illustrative de l'article Germinal (roman)
Annonce de la parution de Germinal dans le magazine Gil Blas du 25 novembre 1884.

Auteur Émile Zola
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Gil Blas
Date de parution 1885
Type de média Livre
Chronologie
Précédent La Joie de vivre L'Œuvre Suivant

Germinal est un roman d'Émile Zola publié en 1885. Il s'agit du treizième roman de la série des Rougon-Macquart. Écrit d'avril 1884 à janvier 1885, le roman paraît d'abord en feuilleton entre novembre 1884 et février 1885 dans le Gil Blas. Il connaît sa première édition en mars 1885. Depuis il a été publié dans plus d'une centaine de pays.

Résumé[modifier | modifier le code]

Fils de Gervaise Macquart et de son amant Lantier, le jeune Étienne Lantier s'est fait renvoyer de son travail pour avoir donné une gifle à son employeur. Chômeur, il part, dans le Nord de la France, à la recherche d’un nouvel emploi. Il se fait embaucher aux mines de Montsou et connaît des conditions de travail effroyables (pour écrire ce roman, Emile Zola s'est beaucoup documenté sur le travail dans les mines).

Il trouve à se loger dans une famille de mineurs, les Maheu, et tombe amoureux de la jeune Catherine. Mais celle-ci est la maîtresse d'un ouvrier brutal, Chaval, et bien qu'elle ne soit pas insensible à Étienne, elle se refuse à passer d'amant en amant.

Lorsque la Compagnie des Mines, arguant de la crise économique, décrète une baisse de salaire, il pousse les mineurs à la grève. Il parvient à vaincre leur résignation et à leur faire partager son rêve d'une société plus juste et plus égalitaire.

Lorsque la grève éclate, la Compagnie des Mines adopte une position très dure et refuse toute négociation. Affamés par des semaines de lutte, les mineurs durcissent leur mouvement. Les soldats rétablissent l'ordre, mais la grève continue. Lors d'un mouvement de rébellion, de nombreux mineurs défient les soldats qui se mettent à tirer sur les manifestants : Maheu, l'ouvrier chez qui Étienne avait pris pension, est tué.

Les mineurs se résignent à reprendre le travail. C'est alors que Souvarine, un ouvrier anarchiste, sabote la mine. De nombreux mineurs meurent dans l'effondrement de la mine. Étienne, Catherine et Chaval son amant, sont bloqués dans la mine. Chaval provoque Étienne qui le tue. Il devient enfin l’amant de Catherine qui meurt dans ses bras avant l'arrivée des sauveteurs. Étienne sort vivant de cet enfer et repart pour vivre plus paisiblement à Paris.

Un jour, Étienne l'espère, il en est persuadé, les ouvriers vaincront l'injustice…

Analyse[modifier | modifier le code]

Aspect documentaire[modifier | modifier le code]

La fosse Renard telle qu'Émile Zola l'a connue.

Le roman inclut un bref historique du capitalisme charbonnier à Lille[1] et relate l'envolée des actions minières[2]. Pour décrire de la façon la plus réaliste possible le monde de la mine, Émile Zola vint se documenter dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, du 23 février au 2 mars 1884, alors que commençait la grande grève des mineurs d'Anzin. Pendant huit jours, il parcourut les corons d'Anzin et de Bruay[3]. Il descendit dans la fosse Renard de la Compagnie des mines d'Anzin à Denain[A 1].

Il interrogea les mineurs, porions et ingénieurs sur leur vie quotidienne et rencontra en particulier Émile Basly, meneur de la grève. Rentré à Paris, il continua de suivre les évènements par la presse, et compila cette documentation dans Mes notes sur Anzin.

Explication du titre[modifier | modifier le code]

Page de titre de l'édition originale de 1885.

Germinal est un mois du calendrier républicain ; il correspond au début du printemps et à la renaissance de la nature. Zola établit un parallèle avec l'éveil de la conscience ouvrière. Il choisit le mois d'un calendrier révolutionnaire - germinal, et non pas du calendrier chrétien - mars ou avril.

La dernière phrase du roman évoque la germination, dans l'esprit des ouvriers, du refus de leurs conditions de vie misérables. Zola fusionne les mineurs avec les végétaux, qui sortent de terre et bourgeonnent. La révolte ouvrière se fait ainsi métaphore de la germination printanière.

Style[modifier | modifier le code]

L'explicit et l'incipit du roman d'Émile Zola Germinal constituent une épanadiplose : le même personnage marche seul sur la même route. Dans la première page il arrive accablé dans la nuit froide au pays minier : « Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. »[4] et dans la dernière il quitte Montsou mais sous le soleil et dans l'espérance « Pénétré de cet espoir, Étienne ralentit sa marche, les yeux perdus à droite et à gauche, dans cette gaieté de la nouvelle saison. »[5]

Personnages[modifier | modifier le code]

Étienne Lantier : Personnage principal dans le roman. Herscheur, puis haveur au Voreux ; devient le chef de la grève. Rival de Chaval, amoureux de Catherine, mais ne l'admet pas. Après la défaite, et l'inondation du puits, quitte la mine et s'en va à Paris.

Toussaint Maheu : Fils du vieux Bonnemort, époux de la Maheude, haveur au Voreux. Tué par des soldats venus défendre la mine.

La Maheude : Femme de Toussaint Maheu. Acharnée à ne pas faiblir pendant la grève. Après la mort de son mari et de ses enfants Alzire, Catherine et Zacharie, redescendra à la mine pour nourrir les quatre enfants qui lui restent.

Bonnemort : De son vrai nom, Vincent Maheu, père de Toussaint Maheu, a cinquante-huit ans. Ancien haveur, a fait tous les postes dans la mine en cinquante ans de travail, devenu charretier à la fosse du Voreux. Atteint d'une bronchite chronique qui lui fait cracher une boue de charbon (maladie plus tard dénommée silicose). Ayant perdu la raison, après la tuerie du Voreux, étrangle Cécile Grégoire. Le surnom de Bonnemort lui a été donné pour rire car il a failli être tué 3 fois dans la mine (citation, première partie de Germinal, chapitre premier : « On m'a retiré trois fois de là-dedans en morceaux, une fois avec le poil roussi, une autre avec de la terre jusque dans le gésier, une troisième avec le ventre gonflé d'eau comme une grenouille… Alors, quand ils ont vu que je ne voulais pas crever, ils m'ont appelé Bonnemort pour rire. »)

Zacharie Maheu : Fils aîné des Maheu ; vingt et un ans. Amant puis époux de Philomène Levaque. Meurt dans une explosion de grisou, en travaillant au sauvetage de sa sœur et d'Étienne.

Catherine Maheu : Deuxième enfant des Maheu ; herscheuse au Voreux. Devient la maîtresse de Chaval, tout en aimant Étienne Lantier. Elle se donne à celui-ci, avant de mourir, au fond de la mine inondée.

Jeanlin Maheu : Troisième enfant des Maheu ; onze ans, vicieux et malfaisant. Reste boiteux à la suite d'un éboulement dans la mine. A deux "amis", Lydie et Bébert qu'il soumet et maltraite : il prend Lydie comme "sa petite femme", mais eux le considèrent comme "le capitaine". Il partagera sa cachette souterraine avec Etienne quand ce dernier devra se cacher, poursuivi par les gendarmes. Tue le petit soldat Jules, la sentinelle du terri, sous prétexte qu'il "en avait envie". Retourne travailler à la mine avec sa mère après la grève.

Alzire Maheu : Quatrième enfant des Maheu, petite bossue de huit ans ; meurt de froid et de faim pendant la grève, gravement fiévreuse.

Lénore Maheu : Cinquième enfant des Maheu ; six ans.

Henri Maheu : Sixième enfant des Maheu ; quatre ans.

Estelle Maheu : Septième enfant des Maheu ; trois mois.

Nicolas Maheu : Grand-père de Toussaint Maheu.

Guillaume Maheu : Bisaïeul de Toussaint Maheu.

Antoine Chaval : Amant de Catherine, et rival d'Étienne. Il est un ouvrier brutal, vaniteux, qui se battra souvent avec Étienne en ne récoltant que des défaites humiliantes. Chaval brisera la grève, puis sera humilié par les mineurs. Il meurt pendant l'inondation de la mine, tué par Étienne après l'avoir provoqué.

Levaque : Voisin des Maheu, marié à la Levaque, père de Philomène et de Bébert.

Philippe Hennebeau : Directeur de la Compagnie des Mines de Montsou ; oncle de Paul Négrel. Découvre que sa femme est l'amante de Négrel. Il la désire et n'aime pas sa vie.

Mme Hennebeau : Mariée à M. Hennebeau font chambre a part, n'aime pas son mari. le trompe plusieurs fois et dort avec Négrel.

Paul Négrel : Neveu de M. Hennebeau. Ingénieur des mines de la Compagnie ; fiancé à Cécile Grégoire. Amant de Madame Hennebeau.

Dansaert : Maître-porion de la Compagnie. Se fait renvoyer à la fin du roman. Amant de la Pierronne.

Souvarine : Réfugié nihiliste et anarchiste russe. C'est lui qui commettra l'attentat dans le Voreux. Il qualifie la grève de « bêtise » et préconise de « tout raser et tout reconstruire ».

Pologne : Lapine de Rasseneur.

Les Grégoire : Riches bourgeois actionnaires de la compagnie propriétaire de la mine. Ils ont une fille, Cécile, qui sera étranglée par Bonnemort dans un élan de folie.

Pierron : marié avec la Pierrone et père de Lydie.

Bouteloup : logeur des Levaque, amant de la Levaque.

La Brûlée : mère de la Pierronne.

Maigrat : l'épicier qui meurt par accident lors de la grève avant d'être mutilé par les femmes.

La veuve Désir : elle tient le cabaret.

Mouque : père de Mouquet et la Mouquette.

La Mouquette : fille du père Mouque, décrite comme grosse. Va avec de nombreux mineurs et convoite Etienne Lantier qui deviendra son amant dans la partie IV. Herscheuse avec Catherine. Meurt,tuée par les bals de soldats surveillant la mine en voulant protéger Catherine et Etienne.

Deneulin  : Un des "actionnaires de la mine de Jean Bart qui fut refaite et reéquipée 2 ans avant la fameuse grève des mineurs". Il a deux filles qui ont perdu leur mère très jeune :

- Jeanne 18 ans, blonde, folle de peinture

- Lucie 22 ans, brune, veut chanter sur des theâtres

Le petit soldat  : nommé Jules originaire de Plogoff en Bretagne tué par Jeanlin.

Pluchart : un socialiste, responsable départemental de l'Internationale.

Rasseneur : ancien mineur, contre la violence. Propriétaire du bar.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au théâtre[modifier | modifier le code]

Dès 1885, Zola et William Busnach mettent au point le scénario d'un drame en cinq actes tiré du roman. Mais ils se heurtent à la censure, et il faut attendre 1888 pour que la pièce soit jouée. C'est d'ailleurs un échec. Busnach retravaille le scénario, et par la suite la pièce connaît un grand succès, d'abord en banlieue parisienne, puis en Belgique et à Paris. D'autres adaptations ont été réalisées plus récemment, en particulier par Yaak Karsunke et Rainer Werner Fassbinder (1974).

Au cinéma[modifier | modifier le code]

L'adaptation de 1993 de Germinal a été en partie tournée à la fosse Arenberg des mines d'Anzin à Wallers.

Mais on retiendra surtout deux films :

Anecdotes[modifier | modifier le code]

En 1902, à l'enterrement d'Émile Zola, une délégation de mineurs de Denain accompagna le cortège, scandant : "Germinal ! Germinal !"

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
Références à Guy Dubois et Jean Marie Minot, Histoire des Mines du Nord et du Pas-de-Calais. Tome I,‎ 1991

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Aubery, Quelques Sources du thème de l'action directe dans Germinal, Syracuse, Syracuse University,
  • Henri Mitterand, Index des personnages principaux
  • Guy Dubois et Jean-Marie Minot, Histoire des Mines du Nord et du Pas-de-Calais : Des origines à 1939-45, t. I,‎ 1991, 176 p., p. 22 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Bernard Plessis et Louis Challet, La vie quotidienne des mineurs au temps de Germinal, France Loisirs,‎ 1993 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Diana Cooper-Richet, Le Peuple de la nuit, Ed Perrin - Terre d'histoire,‎ 2002 (ISBN 2262013284)

Articles[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]