Dany Laferrière

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Dany Laferrière

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Dany Laferrière lors du Salon du livre de Paris en mars 2010

Nom de naissance Windsor Klébert Laferrière
Activités Écrivain
Naissance 13 avril 1953 (61 ans)
Port-au-Prince, Drapeau d'Haïti Haïti
Langue d'écriture français,
créole haïtien
Genres roman, récit
Distinctions Prix Médicis 2009, membre de l'Académie française depuis 2013

Œuvres principales

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Dany Laferrière, né Windsor Klébert Laferrière à Port-au-Prince (Haïti) le 13 avril 1953, est un intellectuel, écrivain, et scénariste canadien d'origine haïtienne, vivant au Québec, à Montréal. Il a reçu le prix Médicis 2009 pour son roman L'Énigme du retour.

Le 12 décembre 2013, il devient membre de l'Académie française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Port-au-Prince le 13 avril 1953, Dany Laferrière passe son enfance à Petit-Goâve avec sa grand-mère Da, un des personnages marquants de son œuvre. Marie Nelson, sa mère, l'y envoie vers l’âge de quatre ans par crainte qu’il ne subisse des représailles de la part du régime de François Duvalier (Papa Doc), en raison des idées politiques de son père, Windsor Klébert Laferrière (maire de Port-au-Prince, puis sous-secrétaire d’État au Commerce et à l’Industrie), alors en exil au Québec[1],[2].

À onze ans, il retourne vivre avec sa mère à Port-au-Prince, où il fait ses études secondaires. Il devient ensuite chroniqueur culturel à l’hebdomadaire Le Petit Samedi Soir et à Radio Haïti-Inter[1]. Le 1er juin 1976, son ami journaliste Gasner Raymond, alors âgé de vingt-trois ans comme lui, est assassiné par les Tontons Macoute. À la suite de cet événement, craignant d'être « sur la liste », il quitte de manière précipitée Haïti pour Montréal, n'informant personne de son départ, à l'exception de sa mère[2]. En 1979, il retourne pendant six mois à Port-au-Prince et y rencontre Maggie, sa conjointe avec qui il a eu trois filles – la première (Melissa) est née à Manhattan, où vivait alors Maggie, les deux autres (Sarah et Alexandra) sont nées à Montréal.

Lors de son arrivée à Montréal en juin 1976, il habite rue Saint-Denis et travaille entre autres dans des usines, jusqu’en novembre 1985, date à laquelle est publié pour la première fois un de ses romans, intitulé Comment faire l’amour avec un Nègre sans se fatiguer. La publication du roman lui donne une visibilité immédiate dans les médias. Il sera adapté pour le cinéma par Jacques W. Benoît en 1989, en plus d’être traduit en de nombreuses langues. Par la suite, il travaille pour diverses stations de télévision en tant que chroniqueur, ainsi qu’en tant qu’annonceur météo, tout en continuant son activité d’écriture à saveur autobiographique. Autodidacte, il suivra néanmoins des cours à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

À partir de 1990, il vit à Miami avec sa famille en poursuivant son travail d'écriture, puis il se réinstalle à Montréal en 2002. À l'été 2007, il propose une chronique matinale sur Radio Canada (vers 8h15). Par la suite, il occupe le poste d'éditorialiste à l'émission de Marie-France Bazzo, Bazzo.tv, pendant la saison 2008-2009.En novembre 2009, il reçoit le prix Médicis pour L'Énigme du retour[2].

Laferrière se trouvait en Haïti lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Son épouse a reçu un courriel de l'écrivain affirmant qu'il était sain et sauf[3]. Il est rentré à Montréal où le 17 janvier il était honoré en étant nommé la Personnalité de l'année 2009 au Gala Excellence La Presse/Radio-Canada[4]. Un an après le séisme, il témoigne de ce qu'il a vécu en Haïti dans Tout bouge autour de moi[5].

Lors de l'élection générale québécoise de 2008, il écrit une lettre pour soutenir Françoise David, candidate du parti souverainiste de gauche Québec solidaire dans Gouin[6].

Le 12 décembre 2013, il est élu au premier tour de scrutin au fauteuil no. 2 de l'Académie française, devenant le premier auteur d'Haïti et du Canada (et plus précisément du Québec) à y siéger[7],[8].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans et récits[modifier | modifier le code]

Une autobiographie américaine[modifier | modifier le code]

  • Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer, Montréal, VLB Éditeur, 1985.
  • Éroshima, Montréal, VLB Éditeur, 1987.
  • L'Odeur du café, Montréal, VLB Éditeur, 1991 ; Grasset, 2012.
  • Le Goût des jeunes filles, Montréal, VLB Éditeur, 1992 (version revue par l'auteur, 2004).
    Adapté au cinéma par John L'Ecuyer : Le Goût des jeunes filles (2004), scénario de Dany Laferrière.
  • Cette grenade dans la main du jeune Nègre est-elle une arme ou un fruit ?, Montréal, VLB Éditeur, 1993 (version revue par l'auteur, 2002).
  • Chronique de la dérive douce, Montréal, VLB Éditeur, 1994 ; Paris, Grasset, 2012.
  • Pays sans chapeau, Outremont, Lanctôt Éditeur, 1996 ; Montréal, Boréal "Compact", 2006.
  • La Chair du maître, Outremont, Lanctôt Éditeur, 1997.
  • Le Charme des après-midi sans fin, Outremont, Lanctôt Éditeur, 1997 ; Montréal, Boréal "Compact", 2010.
  • Le Cri des oiseaux fous, Outremont, Lanctôt Éditeur, 2000 ; Montréal, Boréal "Compact", 2010.
  • Vers le sud, Montréal, Boréal, 2006. (Ce roman était en lice pour le prix Renaudot 2006)

Autres[modifier | modifier le code]

  • Je suis fatigué, Outremont, Lanctôt Éditeur, 2001 (version revue et augmentée, 2005).
  • Les Années 1980 dans ma vieille Ford, Montréal, Mémoire d'encrier, 2005.
  • Je suis un écrivain japonais, Montréal, Boréal, 2008 et Boréal "Compact", 2009.
  • L'Énigme du retour, Montréal, Boréal, 2009 et Boréal "Compact", 2010 ; Paris, Grasset, 2009.
    Prix Medicis ; Grand prix de Montréal ; Prix des libraires du Québec (Ce roman est en lice pour le prix littéraire des collégiens)
  • Tout bouge autour de moi, Montréal, Mémoire d'encrier, 2010 ; Paris, Grasset, 2011.
    Témoignage de ce qu'il a vécu en Haïti lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010[5].
  • L’Art presque perdu de ne rien faire, Montréal, Boréal, 2011 ; Paris, Grasset, 2014.
  • Journal d'un écrivain en pyjama, Montréal, Mémoire d'encrier, 2013 ; Paris, Grasset, 2013.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

  • Je suis fou de Vava, illustrations de Frédéric Normandin, collection jeunesse, Montréal, Éditions de la Bagnole, 2006 ; réédition 2012.
    Album jeunesse inspiré de son livre L'Odeur du café ; Prix du Gouverneur général catégorie Littérature jeunesse de langue française - texte, 2006.
  • La Fête des morts, illustrations de Frédéric Normandin, collection jeunesse, Montréal, Éditions de la Bagnole, 2009.

Participation[modifier | modifier le code]

Scénarios[modifier | modifier le code]

Entretiens publiés[modifier | modifier le code]

  • J'écris comme je vis, (avec Bernard Magnier), Outremont, Lanctôt Éditeur, 2000, Boréal "Compact", 2010.
  • Conversations avec Dany Laferrière, Interviews de Ghila SROKA, Montréal, Éditions de la Parole Métèque, 2010.

Documentaires[modifier | modifier le code]

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ursula Mathis-Moser, Dany Laferrière. La dérive américaine, Montréal, VLB Éditeur, collection « Les champs de la culture », 2003.
  • Beniamin M. Vasile, Dany Laferrière: l'autodidacte et le processus de création, Paris, l'Harmattan, collection "Critiques Littéraires", 2008.
  • Jean Morency et Jimmy Thibeault (dir.) « Dany Laferrière », Voix et Images, vol. XXXVI, no 2 (107), hiver 2011, p. 5-113.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Alain Dreyfus, « Le nègre de personne », Libération,‎ 31 décembre 2002
  2. a, b et c Isabelle Paré, « Le Médicis à Dany Laferrière - «Je n'ai aucun sens de la carrière. J'écris des livres, c'est tout.» », Le Devoir,‎ 5 novembre 2009
  3. [Dany Laferrière, Tout bouge autour de moi, 2011, Mayenne, Grasset, {ISBN|9782246777311}, 12.01.2012, page 30 "Les premiers messages".
  4. L’écrivain Dany Laferrière est sain et sauf, Canoe.ca, 14 janvier 2010
  5. a et b Article, et extrait du livre, sur L'Express.fr, du 03 janvier 2011.
  6. « Françoise David vise plus haut », Société Radio-Canada,‎ 10 novembre 2008
  7. « Dany Laferrière élu à l’Académie française », Le Devoir,‎ 12 décembre 2013
  8. Mohammed Aïssaoui, « Dany Laferrière, élu à l'Académie française », Le Figaro,‎ 12 décembre 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]

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