Philippe Starck

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Philippe Starck

alt=Description de l'image Phillippe Starck 2011.jpg.
Naissance 18 janvier 1949 (65 ans)
Paris (Seine)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Décorateur d'intérieur,Créateur, Designer
Formation

Philippe Starck, né le 18 janvier 1949 à Paris, est un créateur et décorateur d'intérieur français. Connu aussi bien pour ses décorations intérieures que pour ses productions en série de biens de consommation courante et son design industriel Philippe Starck connaît depuis les années 1980[1] un succès international[2],[3].

Il a conçu notamment la flamme olympique des Jeux olympiques d'hiver de 1992 à Albertville.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'André Starck, ingénieur-inventeur-dessinateur d'avions (Avions André Starck)[4], étudiant à l’École Nissim de Camondo à Paris, Starck conçoit en 1969 une structure gonflable, amorce d’une réflexion sur la matérialité, et témoigne d'un intérêt pour les lieux de vie. Peu de temps après, Pierre Cardin, lui propose le poste de directeur artistique de sa maison d’édition.

Parallèlement, il fonde sa première école de design industriel, Starck Product, qu’il rebaptisera Ubik[4] en référence au célèbre roman de Philip K. Dick, et entame ses collaborations avec les éditeurs italiens tels que – Driade, Alessi, Kartell - et internationaux – les Autrichiens de Drimmer, le Suisse Vitra, ou l’Espagnol Disform. Starck s'est principalement consacré à la création en série de produits de consommation courante avec son concept de design démocratique, à savoir baisser le coût, augmenter la qualité pour diffusion auprès du plus grand nombre[5][réf. insuffisante].

C'est en 1983 que le grand public découvre Philippe Starck lorsque le président François Mitterrand, sur la recommandation de Jack Lang, ministre de la Culture, choisit son projet pour la décoration des appartements privés de l'Élysée. Dès l’année suivante sa renommée devient internationale grâce au succès du Café Costes[6] ; qu'il remaniera plusieurs fois par la suite.

L'œuvre prolifique de Philippe Starck a progressivement touché tous les domaines où peuvent s'appliquer le design : mobilier, décoration intérieure, architecture, mobilier urbain, industrie (éolienne, photomaton, Freebox, etc.), équipement de la maison ( cuisines, ustensiles, revêtements, sanitaires etc.), luminaires, électroménager, bureautique (de la télévision au presse-citron et de la brosse à dents à l'agrafeuse, etc.), arts de la table, habillement et accessoires (vêtements, chaussures, lunetterie, bagagerie, horlogerie, etc.), jouets, verrerie (parfum, miroirs, etc.), graphisme et édition, ou même alimentation (pâtes Panzani, bûche de noël Lenôtre), et véhicules (vélo, moto, yacht, avion, etc.), sur terre, sur mer, comme dans les airs et l'espace[7].

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Alhondiga, Bilbao, 2010.

Philippe Starck conçoit dès 1989 au Japon plusieurs immeubles. Le premier, à Tokyo, Nani Nani est un bâtiment anthropomorphique impressionnant, recouvert d’un matériau vivant qui évolue avec le temps. Apparaît alors une conviction forte : la création doit investir un environnement, certes, mais sans le bouleverser.

Un an plus tard, il crée l’Asahi Beer Hall à Tokyo, puis Le Baron Vert en 1992, un ensemble de bureaux à Osaka. En France il signe l’extension de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD) à Paris (1998).

En 1994, il crée une maison de bois en kit pour les 3 Suisses[8]. Vendue 4 900 FFR sous la forme d'un coffret contenant plans, cassette vidéo, croquis et instructions, ce sera son seul échec[6].

Une de ses œuvres récentes est l'Alhondiga à Bilbao ouvert en 2010. L'Alhondiga est un lieu de vie, culturel et sportif de 43 000 m2[9].

Passionné par la mer et les bateaux, Starck a inauguré en avril 2012 le Port Adriano, port dont il a conçu l'esthétique extérieure et la direction artistique intérieure situé sur la côte Sud de l’île de Palma de Majorque. Il a également designé le bateau Venus de Steve Jobs qui a été mis à l'eau en octobre 2012[10].

Depuis la fin des années 1980, Philippe Starck s'est investi dans la conception d'hôtels dans différents pays du monde. Il crée en 1988, il crée le Royalton puis le Hudson à New York, le Delano à Miami en 1995, le Mondrian à Los Angeles, à Londres le Saint Martin’s Lane en 1999 et le Sanderson en 2000. En 2005, Philippe Starck reçoit le prix du meilleur hôtel de l'année pour l'hôtel Faena de Buenos Aires[11] ouvert l'année précédente et le Condé Nast Traveller (en) le distingue pour son ambiance et son design[12]. Toujours en Amérique du Sud, Philippe Starck dessine l'hôtel Fasano à Rio de Janeiro en 2007 avec des matériaux comme le bois, le verre et le marbre. Puis Philippe Starck s'attaque à l'hôtellerie de luxe. En 2008, il revisite Le Meurice, et après deux ans de travaux, c'est le Royal Monceau qui ouvre ses portes en 2010 après sa rénovation[13],[14].

En Amérique du Nord dans les années 2000, Philippe Starck développe avec l'entrepreneur Sam Nazarian une nouvelle chaîne d'hôtels de luxe, les SLS[15], avec toujours cette idée de casser les codes du secteur. Ainsi, le lobby le Bazaar du SLS de Los Angeles[16] devient un centre de vie où se côtoient restaurants de tapas et health bar norvégien, pâtisserie gourmande et encore le concept store Moss.

Starck s’est dans le même temps engagé dés 1990 dans la démocratisation des hôtels dits « de design et de qualité ». D’abord avec le Paramount (en) à New York qui propose des chambres à 100 $ et qui devient un classique du genre. En 2008, associé à Serge Trigano, il applique à Paris cette idée en concevant le Mama Shelter[17]. Un second Mama Shelter s'est installé à Marseille en 2012 et trois autres ont ouvert en 2013 : Istanbul, Lyon et Bordeaux. En 2010, Philippe Starck ouvre la Co(o)rniche, hôtel situé sur le site de la Dune du Pilat.

Alternative textuelle
Mama Shelter, Marseille, 2012.

Philippe Starck est sensible à la gastronomie et a quelques restaurants à son actif : les restaurants Bon (2000), Le Mori Venice Bar (2006) et Le Paradis du fruit (2009), et aux États-Unis l’arrivée notable du Katsuya à Los Angeles en 2006, premier d’une série de restaurants japonais. Un des plus récents est l'A Trego au Cap d'Ail ouvert en 2011. Starck a fait la décoration extérieure et intérieure d'un restaurant qui a ouvert ses portes en septembre 2012 aux Puces de Saint-Ouen, Ma Cocotte. En 2013, il designe le restaurant Miss Ko.

En novembre 2012, Starck publie son premier livre d'entretiens, intitulé Impression d'ailleurs, réalisé avec Gilles Vanderpooten, dans lequel il livre son regard sur les enjeux du monde qui vient (écologie, solidarité, jeunesse, science). Ces propos sont l'illustration d'un autre livre, seul essai critique publié à ce jour sur Philippe Starck par l'universitaire Christine Bauer : Le cas Philippe Starck ou de la construction de la notoriété.

En juin 2014, Philippe Starck et Bruno Borrione s'associent pour créer S++B , une agence d'architecture et d'architecture intérieure.

Discours écologiste et politique[modifier | modifier le code]

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Volteis, Electric Car, 2012.

En août 2011, il déclare au magazine économique Challenges : « Quand j'ai créé mon agence il y a trente-deux ans, j'ai fait adopter une charte éthique en m'interdisant certains secteurs comme les armes, l'alcool, le tabac, le pétrole et la religion. C'est extrêmement coûteux, car ces gens ont beaucoup d'argent et donneraient tout pour prendre votre intégrité[8]. »

À travers son concept de « design démocratique », Starck dit militer pour un design qui ne soit pas destiné exclusivement à une élite. « Le populaire est élégant, le rare est vulgaire »[18], dit-il. Le designer dit chercher à mettre en œuvre cette idée utopique[19] augmentant les quantités produites pour diminuer les coûts et utilisant le canal de la vente par correspondance, avec les 3 Suisses, pour atteindre un large public[20]. Plus récemment, il a dessiné gracieusement la carte Navigo (janvier 2013)[21].

Affichant le désir de faire du design pour tous[22], Philippe Starck développe des meubles en plastique dont la célèbre chaise Louis Ghost de Kartell vendue à plus de un million d'exemplaires. Des brosses à dents Fluocaril, aux éléments de salles de bains (pour Duravit, Hansgrohe, Hoesch, Axor), en passant par le presse citron Juicy Salif de Alessi, les enceintes Zikmu et le récent casque ZIk de Parrot, les couteaux Laguiole dont le dernier le Log, les lunettes Starckeyes de Mikli ou encore la luxueuse lampe Marie Coquine de Baccarat, Starck a conquis un vaste marché et rendu son style familier[23].

Parallèlement à ce positionnement parfois qualifié de politique[24] il mène des entreprises médiatiques telle la Gun Lamp (Flos, 2005), une lampe d’architecte géante, la Superarchimoon (Flos, 2000), haute de 214 centimètres, les luminaires Haaa!!! Et Hooo!!! Imaginés avec l’artiste Jenny Holzer (Flos/Baccarat, 2009) ou de monumentaux lustres de la collection Darkside, dont l’emblématique Zenith (Baccarat, 2005).

Il emploie fréquemment le ton de l'humour pour nommer ses créations (fauteuil « Ploof », tabouret « Dadada », chaise « Boom ») « Le plus bel exemple quotidien de la relativité, le plus beau symptôme de l'intelligence humaine, c'est l'humour. [...] Un design sans humour n'est pas humain. Le mot « beau » ne veut rien dire. Seule la cohérence compte. Un objet, design ou pas, est avant tout un objet qui réunit tous les paramètres de l'intelligence humaine, qui réconcilie les contraires. Le manque d'humour est la définition de la vulgarité ». Il emploie aussi la tristesse dans ses créations ainsi que le désarroi qui permet une opposition à ses sujets utilisant l'amour.

Philippe Starck a créé le catalogue Good Goods (170 produits écolo) en 1998 avec La Redoute[8],[25], « le catalogue des non-produits pour des non-consommateurs du futur marché moral », ainsi que sa propre compagnie de nourriture organique OAO[26] Il lance le concept d'« écologie démocratique »[27] en proposant des éoliennes personnelles et en annonçant des bateaux solaires ou des véhicules à hydrogène. Ses dernières œuvres à caractères écologiques sont la Volteis, voiture électrique conçu par Electric Car ou encore le vélo Pibal, commandé par la ville de Bordeaux, les chaises Zartan de Magis et Broom de Emeco.

Aujourd'hui devenu l’un des designers français contemporains les plus connus dans le monde[28] de nombreuses sociétés font appel à Philippe Starck que ce soit dans l'alimentaire, la technologie, les transports, l'ameublement, l'aéronautique…

Ses créations sont exposées dans les collections de nombreux musées européens et américains, entre autres au musée national d'art moderne (grâce à plusieurs dons, notamment de ses prototypes) et au musée des arts décoratifs de Paris, au MoMA et au Brooklyn Museum de New York, au Vitra Design Museum de Bâle et au Design Museum de Londres. Plus de 660 de ses œuvres figurent dans les collections publiques françaises en 2011[29].

Il a été le premier Français invité à participer aux fameuses conférences TED (Technology, Entertainement & Design) Talks rejoignant des intervenants renommés, tels Bill Clinton ou encore Richard Branson.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Will.i.Am 2 Starck, documentaire réalisé par Alex Fighter, diffusé sur NRJ 12 le 15 décembre 2013.
  • Futur par Starck, documentaire réalisé par Gaël Leiblang, diffusé sur Arte le 4 juin 2013[30].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Années 80, Flammarion, 1984
  2. « Créateur à la renommée internationale de meubles et d'objets d'une structure simple mais inventive, il est attaché à l'expression symbolique des formes comme de l'espace. »Le Petit Larousse illustré 2012
  3. « Devenu célèbre d'être célèbre » — Olivier Boissière et Philippe Starck, Starck®, Ed. Taschen, 1991 (ISBN 978-3822897522), p. 6
  4. a et b « État civil : Starck Philippe, né le 18 janvier 1949, fils d'André Starck, constructeur aéronautique. Études : École Camondo à Paris. Profession : designer, patron de l'agence Ubik. Distinctions : Award pour le Parmount Hotel à New York (1992), Oscar du design pour le bateau Beneteau (1990) ; Platinium Circle Award (Chicago 1987), Créateur de l'année (1985) » — « Le who's who de la star du design », in Management no 24, p. 122, février 1997
  5. Un design pour l'amour - Propos recueillis par Véronique Cauhapé, Le Monde, 9 février 2008
  6. a et b Starck système - Gilles de Bure, Libération, 22 janvier 2010
  7. Produits du designer Philippe Starck par Cassina (en), site www.architonic.com
  8. a, b et c Rencontre avec Philippe Starck, l'homme-marque - Challenges, 26 août 2011
  9. Maître de la métamorphose, Philippe Starck a fait de l'ancienne réserve à vin et à l'huile un centre d'art et de loisir. À chaque fonction son espace, défini par la théorie des ensembles. Figaroscope, juin 2010
  10. Découvrez "Venus", le bateau de Starck pour Steve Jobs - L'Expansion, 29 octobre 2012
  11. Best new Hotel Wallpaper design award, Faena (2005) - Prix et décorations, p. 2 [PDF]
  12. (en) The Gold List 2011 : Faena Hotel + Universe, Buenos Aires - Condé Nast Traveller
  13. Avec le Royal Monceau, Starck réinvente le palace - Francoise Fassin, l'Express, 17 septembre 2010
  14. Plongée dans le « Starck system » - Les Échos, 15 octobre 2010
  15. (en) Partners - SLS Hotels
  16. (en) SLS Beverly Hills - SLS Hotels
  17. Premier hôtel starck à paris. Enfin le design pour tous ? - Paris Match, 9 septembre 2008
  18. Designers dans le siècle, Le Monde, 22 août 1998[réf. insuffisante]
  19. « On peut donc bel et bien parler d'un projet utopique chez Starck » — Benoît Heilbrunn, Écrits sur Starck, Centre Pompidou, 2003 (ISBN 2-84426-208-2)
  20. « Les bons plans de Philippe Starck », « Entre les maillots de bain et les boites à outils, vous trouverez désormais chaque année, dans le catalogue des 3 Suisses, une maison d'architecte... haute couture démocratique... nous allons démontrer que le recours à un architecte n'est pas forcément d'un cout prohibitif », L'Express 1992[réf. insuffisante]
  21. La carte Navigo dessinée par Starck - Le Figaro/AFP, 24 janvier 2012
  22. « Je suis contre l'objet beau. Je préfère l'objet bon. [...] Je ne m'arrêterai que lorsque mes chaises seront à 50 balles, comme n'importe quelle chaise en plastique ! »Philippe Starck : « Il faut en finir avec le design » - Dominique Simonnet, L'Express, 22 octobre 1998
  23. « Philippe Starck rend possible une éducation des masses, il diffuse auprès du plus grand nombre des formes qui éduquent l’œil [...] De l'infime à l'immense, Starck balise des chemins qui réconcilient esthétique, éthique et politique » — Michel Onfray, Écrits sur Starck, Centre Pompidou, 2003 (ISBN 2-84426-208-2)
  24. « Je suis sûr que pour beaucoup ce caractère politique non seulement est difficile à détecter dans ses œuvres, mais offre aussi peu d'intérêt [...] mais pour la plupart d'entre nous ce qu'il y a de plus sensationnel dans l'architecture et le design de Starck c'est l'amusement mêlé à l'inattendu », « Zoom sur Philippe Starck », Courrier international, 2 septembre 1995[réf. insuffisante]
  25. Catalogue Good Goods - Starck.com
  26. Nourriture biologique - Starck.com
  27. Éolienne individuelle - Starck.com
  28. (en) 10 Questions: Philippe Starck - Elle decor US
  29. Portail Design, objets et mobiliers des XXe et XXIe siècles dans les collections publiques françaises
  30. Comment le designer Philippe Starck voit notre futur - Challenges, 5 juin 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christine Colin et Philippe Starck, Starck, Ed. Mardaga, 1989 (ISBN 978-2870093320)
  • Olivier Boissière et Philippe Starck, Starck®, Ed. Taschen, 1991 (ISBN 978-3822897522)
  • Franco Bertoni et Philippe Starck, Philippe Starck, l'architecture, Ed. Mardaga, 1995 (ISBN 978-2870095874)
  • Ed Mae Cooper, Pierre Doze et Elisabeth Laville, Starck, Ed. Taschen, 1996 (ISBN 978-3822838587)
  • Judith Carmel-Arthur, Philippe Starck, Ed. Carlton Books Ltd, 1999 (ISBN 978-1858687384)
  • Faye Sweet, Philippe Starck: Provoking Creativity, Ed. Thames & Hudson, 1999
  • Christine Bauer, Le Cas Philippe Starck ou de la construction de la notoriété, Ed. L'Harmattan, 2001, 255 p. (ISBN 2-7475-0468-9)
  • Philippe Starck, Starck explications, Éditions du Centre Pompidou, 2003 (ISBN 978-2844262103)
  • Écrits sur Starck, Éditions du Centre Pompidou, 2003 (ISBN 2-84426-208-2)
  • Simone Philippi, Philippe Starck, Ed. Taschen, 2010 (ISBN 978-3-8365-2108-6)
  • Philippe Starck : Minimum Design, 24 Ore Cultura, 2011 (ISBN 978-88-6648-030-3)
  • Philippe Starck et Gilles Vanderpooten, Impression d’ailleurs, Éditions de l'Aube, 2012 (ISBN 978-2815905176)

Lien externe[modifier | modifier le code]