Michel Sardou

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Michel Sardou

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Michel Sardou en concert à Paris-Bercy, en 1998.

Informations générales
Naissance 26 janvier 1947 (67 ans)[1]
Paris (France)
Activité principale Chanteur, parolier, compositeur
Activités annexes acteur
Genre musical Variété française
Instruments Piano, guitare
Années actives Depuis 1965
Labels Barclay
Trema
Universal
Site officiel michelsardou.net

Michel Sardou, né le 26 janvier 1947 à Paris (17e)[1], est un chanteur français. Fils des comédiens Fernand Sardou et Jackie Sardou, il est aussi le petit-fils du comédien et humoriste Valentin Sardou. Il compte, depuis les années 1970, parmi les chanteurs français les plus populaires, comme en attestent ses ventes de disques et l'affluence du public lors de ses rentrées parisiennes et de ses tournées.

Après des débuts difficiles chez la maison Barclay Records, il connaît la notoriété grâce à la censure de la chanson Les Ricains en 1967. Depuis, dans les années 1970 et 1980, il multiplie les tubes (Les Bals populaires, Les Villes de solitude, La Maladie d'amour, Le France, Je vais t'aimer, La Java de Broadway, En chantant, Les Lacs du Connemara, Être une femme, Afrique adieu, Chanteur de jazz, Musulmanes). Cette accumulation de grands succès ralentit dans les années 1990, mais il n'en demeure pas moins un des plus gros remplisseurs de salles français, battant souvent des records de fréquentation dans les salles du Palais omnisport de Paris-Bercy et de l'Olympia. En 2004, il retrouve le sommet des chartes musicales avec l'album Du plaisir, certifié disque de diamant[2]. Il se produit toujours sur scène, et ce jusqu'à aujourd'hui, à la régularité d'une tournée tous les deux ans.

Il développe, tout au long de sa carrière, une identité artistique unique, de par la grande diversité des thèmes abordés dans ses chansons. Bien qu'il récuse le terme de « chanteur engagé »[3], les nombreux regards qu'il jette sur la société (Les Ricains, J'habite en France, Le France, J'accuse, Je suis pour, Les Deux écoles, Le Bac G, Allons danser...) ont divisé la population française et les commentateurs à de multiples reprises. Il a en effet déclenché plusieurs controverses dans les années 1970 et s'est attiré les foudres de nombreuses associations, dont le MLF, entre autres.

En près de cinquante années de carrière, sa discographie compte 43 albums, 25 albums studios et 18 albums live, ainsi que près de 350 chansons. Ses ventes sont estimées à plus de 90 millions de disques[4],[5], ce qui fait de lui un des français les plus vendeurs de tous les temps. Michel Sardou a obtenu à deux reprises une Victoire de la musique pour avoir fédéré le plus grand nombre de spectateurs au Palais omnisports de Paris-Bercy, en 1989 puis en 1998[6]. Il est le recordman du nombre de séances et de spectateurs dans cette salle, tous artistes, spectacles et époques confondus avec 91 représentations à ce jour[7]. Il est par ailleurs comédien au théâtre et, plus occasionnellement, au cinéma.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et enfance[modifier | modifier le code]

Michel Sardou est l’héritier d’une longue tradition familiale dans les métiers du spectacle. Ses grands-parents paternels étaient comiques de scène à Marseille ; sa grand-mère maternelle était danseuse. Il passe son enfance dans des cabarets parisiens et suit ses parents en tournée.

Sa situation scolaire peu brillante et la vie qu'il mène, entre coulisses et salles de spectacles, le poussent petit à petit à envisager d'arrêter ses études. En 1964, âgé de dix-sept ans, il projette de s'enfuir au Brésil. Son père Fernand le rattrape à l'aéroport.

Les débuts (1965-1970)[modifier | modifier le code]

Michel Sardou débute dans la chanson en 1965 avec Le Madras, coécrite avec Michel Fugain et Patrice Laffont. Cette chanson lui offre un premier passage à la télévision, mais tombe rapidement dans l’oubli. S’ensuit une série de 45 tours, qui font petit à petit connaître ce nouveau venu dans la chanson (il n’a pas encore vingt ans), sans pour autant rencontrer de véritable succès commercial.

Sa carrière est réellement lancée en 1967, grâce à une censure : alors que la France est sortie de l’OTAN un an plus tôt, et que la guerre du Viêt Nam provoque une vague d’antiaméricanisme en France, Michel Sardou sort Les Ricains, chanson qui insiste sur le devoir de reconnaissance envers les États-Unis, sans qui, d’après lui « Vous seriez tous en Germanie[N 1]/À parler de je ne sais quoi/À saluer je ne sais qui », claires allusions à la Libération de 1944 par les forces alliées. La chanson n’est pas du goût du Général de Gaulle, interdit sa diffusion sur les ondes.

Cet épisode confère au chanteur une notoriété nouvelle. Elle jette surtout les bases de son style futur. Entre 1967 et 1970, il peinera néanmoins à rencontrer un franc succès.

Devant l’enchaînement de 45 tours au succès très mitigé, Eddie Barclay, qui le produit à l’époque, décide en 1969 de résilier son contrat, ne l’estimant « pas fait pour ce métier ».

Sardou crée alors, avec Jacques Revaux, qui deviendra son plus fidèle compositeur, et Régis Talar, le label Tréma (Talar Revaux Édition Musicale Association), qui produira désormais ses disques.

L'ascension (1970-1975)[modifier | modifier le code]

Chanson no 1[8] Année Nb. sem.
Et mourir de plaisir 1970 1
J'habite en France 1970 2
Le Rire du sergent 1971 1
La Maladie d'amour 1973 9
Les Vieux mariés 1973 3
Un accident 1975 1

1970 est l’année qui le propulse véritablement au rang de vedette. Il enregistre l'album J'habite en France, dont est extrait le 45 tours qui deviendra son premier grand succès radiophonique et commercial : Les Bals populaires. Alors qu’il n'en voulait initialement pas, cette chanson le place en première place du hit parade. Il retrouvera cette place à deux reprises dans l’année, avec les tubes J’habite en France et Et mourir de plaisir.

Le style de l’album J'habite en France, qui obtient le prix de l'Académie Charles-Cros en 1971, vaut à Sardou d'être classé dans la catégorie « chanteur populaire ». La chanson du même nom l’impose même comme le chanteur de la « France profonde » aux yeux des médias. C’est une image dont il ne se débarrassera jamais au cours de sa carrière, bien qu’il ne se soit pas éternisé dans le registre de la chanson à boire.

Les Bals populaires ont cependant ouvert la voie à une décennie de succès permanent : à chaque sortie d’album, Sardou se hisse dans les premières places du hit parade. C’est le cas avec Le Rire du sergent (1971), Le Surveillant général (1972), et en 1973, avec La Maladie d'amour. Cette chanson reste à ce jour son plus gros succès radiophonique, l'album du même nom restant 21 semaines en tête des ventes[9], un record pour l'époque. Cette réussite sera confirmée par le succès rencontré par les chansons qui suivront : Les Vieux mariés, Les Villes de solitude (1973), Une fille aux yeux clairs (1974).

En 1971, Michel Sardou se produit pour la première fois à l'Olympia, confirmant son statut de vedette. Parallèlement à sa popularité, le chanteur fait l’objet de polémiques de plus en plus vives. Des voix féministes s’élèvent contre les chansons Les Villes de solitude, où Sardou se mettant dans la peau d'un homme sous l'emprise de l'alcool, chante « J'ai envie de violer des femmes, de les forcer à m'admirer » et Les Vieux mariés, au ton perçu comme très patriarcal.

En novembre 1975 sort le 45 tours Le France, chanson dans laquelle Sardou s'exprime au nom du paquebot du même nom, à cette époque amarré à un quai du port du Havre, alors que le gouvernement de Jacques Chirac a annoncé mettre fin à la prise en charge de son déficit : « Ne m'appelez plus jamais France / La France, elle m'a laissé tomber », chante Michel Sardou. La chanson se vend à plus d’un million d’exemplaires et vaut à Sardou d'être salué par les syndicats et le Parti communiste français[10], malgré son image de chanteur engagé à droite. Cette chanson précède un album — La Vieille — qui, malgré son succès, causera au chanteur bien des désagréments...

Controverses et succès (1976-1977)[modifier | modifier le code]

1976 débute sous de mauvais auspices pour le chanteur, dont le père meurt en janvier.

En outre, malgré le grand succès public de l'album La vieille, plusieurs titres susciteront la polémique : J'accuse, Le temps des colonies et surtout Je suis pour, lui vaudront bien des déboires.

Avec Le temps des colonies, Sardou se voit accusé de faire l'apologie d'un colonialisme primaire et raciste. Les radios refusent de diffuser le titre, sauf France Inter — qui ne le diffusera qu'une seule fois. Libération commente alors : « Le fascisme n’est pas passé et Sardou va pouvoir continuer à sortir ses sinistres merdes à l’antenne[11]. »

Mais le chanteur ne renonce pas à occuper le terrain du politique. Il lance en octobre 1976 Je suis pour qui, cette fois, est massivement diffusée. La chanson évoque un père dont l'enfant a été assassiné, qui clame à cor et à cri : « Tu as tué l'enfant d'un amour, je veux ta mort, je suis pour ». Le titre sort en pleine affaire Patrick Henry, et met définitivement le feu aux poudres, Sardou se voyant accusé de faire l'apologie de la peine de mort.

Alors que le chanteur semble se positionner nettement à droite, ses principaux détracteurs sont Libération, Rouge et Le Quotidien du peuple, trois journaux marqués à gauche. Sardou déchaîne des batailles éditoriales, comme dans les colonnes de L’Humanité. Mais il suscite également de profondes interrogations sur le sens sociologique de son succès. Dans Rouge, on peut lire par exemple[12] :

«  Le propre d’un chanteur comme Sardou est d’être parvenu à donner forme à une chanson réactionnaire, au sens fort du mot. Il exprime les effets de la crise des valeurs et de l’idéologie traditionnelle sur ceux qui ne sont pas prêts à remettre présentement celle-ci en cause. »

Les pro et les anti-Sardou, journalistes comme artistes, font entendre leur voix. Ses soutiens écrivent dans les colonnes du Figaro, de Paris Match ou même du Monde.

Début 1977, plusieurs « comités Anti-Sardou » se forment, qui se donnent pour but d’empêcher le chanteur de donner ses récitals au cours de la tournée qui commence en février 1977 : ils organisent des manifestations en province contre sa venue, l’accueillent par des insultes à son arrivée, peignent des croix gammées sur les véhicules de sa caravane, distribuent des tracts très virulents. Une bombe est même retrouvée dans la chaufferie de Forest National, à Bruxelles. Michel Sardou prendra la décision d’annuler les quatre dernières dates de sa tournée.

En 1978 paraît un opuscule intitulé Faut-il brûler Sardou ?, symbole du climat hostile qui entoure la carrière du chanteur à cette époque.

Vers un Sardou plus consensuel (1977-1980)[modifier | modifier le code]

Chanson no 1[8] Année Nb. sem.
La Java de Broadway 1977 6
En chantant 1978 8

Devant l’ampleur des évènements, Michel Sardou prend du recul avec la chanson à caractère social — sans y renoncer pour autant, témoin les chansons Le Prix d'un homme et Monsieur Ménard, extraits de l'album de 1978, qui évoquent respectivement un enlèvement (l'actualité de cette année-là étant marquée par l'enlèvement d'Aldo Moro en Italie ou encore celui du baron Empain en France) et la violence scolaire (un professeur frappé par un élève).

En 1977, sort un album qui renoue avec la chanson d'amour et lui vaut quelques sommets dans les hits parade. Cet opus tout comme celui de 1978 lui permettent d’enregistrer des records de vente (preuve que les événements récents n’ont pas altéré sa popularité). Les chansons font la part belle à l'introspection, au retour vers l'enfance et à l'amour (Dix ans plus tôt, En chantant, Je vole...).

En 1978, du 28 octobre au 29 novembre, Michel Sardou se produit pour la première fois au Palais des congrès de Paris[13], confirmant son statut d'artiste de premier plan de la scène Française (avant lui, seul Johnny Hallyday parvenait à se produire sur une période aussi longue sur une scène parisienne). Le Temps des colonies est au programme, mais pas J'accuse, ni Je suis pour, l'artiste ayant définitivement renoncé à l'interpréter sur scène[N 2].

Les albums de 1979 et 1980, qui poussent plus loin cette logique intimiste et personnelle, afficheront moins de tubes.

Des rumeurs circulent d’ailleurs un temps sur une éventuelle maladie grave, car Sardou se fait plus rare dans les médias. Il semble que les événements de 1976 l’aient durablement affecté.

À propos de la chanson En chantant, il déclarera :

«  J'avais besoin d'une vraie chanson populaire, facile à entendre et simple à retenir. Les chansons de combat commençaient à me fatiguer. J'avais dans l'idée de changer de métier. J'étais malade, et aucun médecin ne savait de quoi je souffrais. Quelqu'un m'a conseillé de partir en voyage ; en m'assurant que j'allais m'ennuyer partout, mais qu'en rentrant je serais guéri. Je suis parti…[14] »

En 1980, il est, sur le double album Les Misérables, la voix d'Enjolras, personnage du roman du même nom de Victor Hugo.

Une popularité toujours croissante (1981-1991)[modifier | modifier le code]

Pendant les années 1980, qui ont pourtant représenté pour beaucoup de chanteurs de sa génération un changement d’époque fatal, Michel Sardou voit sa popularité atteindre des sommets. Tout au long de cette période, il enchaîne les tubes, aidé par la diffusion radiophonique massive, avant chaque sortie d'album, d'une chanson qui semble conçue spécialement pour la bande FM (Afrique adieu, Chanteur de jazz, Musulmanes, La même eau qui coule...). L’album de 1981, qui contient deux de ses plus grands succès (Les Lacs du Connemara, Être une femme) entre au Livre Guinness pour le niveau de ses ventes.

Chanson no 1 Année Nb. sem.
Être une femme 1981 1[réf. nécessaire]
Les Lacs du Connemara 1981 3[réf. nécessaire]

En outre, la fréquentation de ses spectacles, au Palais des congrès de Paris, puis à partir de 1989, au Palais omnisports de Paris-Bercy, est sans cesse croissante. Il se produit la plupart du temps à guichets fermés et bat des records de durée dans plusieurs salles. Les Français le citent régulièrement comme leur chanteur préféré, devant Johnny Hallyday et Jean-Jacques Goldman[réf. nécessaire].

On note par ailleurs que les textes de Sardou sont devenus beaucoup plus consensuels. Même les quelques titres « engagés » (le chanteur réfute encore et toujours ce qualificatif) qu’il sort pendant la décennie ne suscitent aucun émoi, que ce soit Vladimir Ilitch (1983), à la fois hommage aux idéaux de Lénine et dénonciation des dérives du régime communiste en URSS, Les Deux écoles (1984), qui évoque l’opposition école libre / école publique au moment du projet de loi Savary, ou Musulmanes (1987), regard amer sur la condition de la femme dans les pays arabes. Cette dernière chanson, qui se veut avant tout un hommage aux femmes arabes, fera par ailleurs l'effet d'un démenti aux suspicions de racisme qui avaient pu planer sur lui, tout comme Le Privilège (1990) sera perçu comme un démenti aux accusations d’homophobie portées à son égard.

En 1988, Michel Sardou obtient la reconnaissance de ses pairs en recevant la Victoire de la musique de la meilleure chanson pour Musulmanes. trois ans plus tard, ce sera la Victoire de la musique du Meilleur interprète masculin pour l’album Le Privilège et la tournée Bercy 91.

Michel Sardou, qui était un ami de Coluche et était présent le jour de la création des Restos du Cœur, participera avec Jean-Jacques Goldman, Johnny Hallyday, Véronique Sanson et Eddy Mitchell à la toute première tournée des Enfoirés en 1989 (il y participera également en 1998, 2004 et 2005).

Un succès plus discret, mais un public fidèle (1991-2001)[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, Michel Sardou se fait plus discret sur la scène médiatique et sur les ondes. Ses chansons marchent moins bien en radio ; il n'y a guère que le Bac G (1992), chanson polémique sur le système éducatif français, qui fasse parler d'elle. La machine à tubes semble s'essouffler.

Sardou est sûrement moins dans l’air du temps, mais cette relative discrétion s’explique en partie par sa rupture avec ses principaux collaborateurs (Pierre Delanoë pour les paroles et Jacques Revaux pour les compositions), ainsi que par une priorité nouvelle donnée à ses activités d’acteur. Ainsi, après avoir joué dans le film Promotion canapé, Sardou joue dans plusieurs téléfilms et monte plusieurs fois sur les planches.

S’il se distingue moins en radio, Sardou n’en rencontre pas moins toujours le même succès sur scène, continuant à battre des records de fréquentation (il obtient en 1998 la victoire de la musique du plus grand nombre de spectateurs en tournée). De même, ses ventes de disques ne déclinent pas, du fait de la fidélité de son public.

Au terme de la tournée Bercy 2001, Sardou annonce vouloir mettre fin à sa carrière de chanteur[15].

Les années 2000[modifier | modifier le code]

Concert de Michel Sardou au Palais des sports en 2005.

Sardou semble dans un premier temps se retirer de la scène musicale pour se consacrer à ses activités de comédien et de directeur du théâtre de la Porte-Saint-Martin.

Mais avec la signature, en 2004 soit après trente-cinq ans chez Tréma, d’un nouveau contrat auprès de la major du disque Universal Music, la sortie d’un nouvel album intitulé Du plaisir, la participation comme parrain à l’émission Star Academy, et l’organisation d’une nouvelle grande tournée en 2004 et 2005 au Palais des sports de Paris, à l’Olympia, en province, en Belgique (où il sera fait officier de l'ordre de la Couronne), en Suisse et au Canada, Michel Sardou a prouvé qu’il n’avait pas renoncé à sa carrière de chanteur. Ce retour est couronné d’un succès commercial certain, puisque son album s’est vendu à plus de 1 200 000 exemplaires et que Sardou a été, en 2004, le chanteur le mieux payé de France[16]. Le duo avec le chanteur québécois Garou, La Rivière de notre enfance, lui ouvre à nouveau les portes des principales radios musicales généralistes, chose qui n’était plus arrivée depuis 1992.

Son nouveau double album, intitulé Hors format, est sorti le 13 novembre 2006. Il comprend vingt-trois nouvelles chansons dont un duo avec Chimène Badi, Le chant des hommes. Le premier extrait de cet album est Beethoven, disponible en téléchargement légal depuis le 11 septembre 2006. Hors format, a atteint depuis les 400 000 exemplaires vendus[17], il est double platine.

En 2007, lors d'une conférence de presse pour la présentation de sa tournée, il annonce que celle-ci sera « la dernière »[18]. Il est au Zénith de Paris du 25 avril au 6 mai 2007 et en tournée en France, Belgique et Suisse, du 9 mai au 15 décembre 2007.

En 2008, Michel Sardou est, à partir d'octobre, au Théâtre des Variétés dans la pièce Secret de famille d'Éric Assous, avec son fils Davy Sardou et Laurent Spielvogel[19]. La pièce est jouée jusqu'à fin avril 2009. En septembre 2009, la troupe entame une tournée en France, en Belgique et en Suisse.

Les années 2010[modifier | modifier le code]

L'album Être une femme 2010 sort 30 août 2010 ; la chanson éponyme remixé par le DJ Laurent Wolf, et Et puis après sont les titres phares de cet opus qui inclus un duo avec Céline Dion Voler[20].

Le chanteur se produit à l'Olympia du 13 janvier au 6 février 2011, puis il tourne, du 11 février au 8 mai, à travers la France, la Belgique et la Suisse. Son périple s'achève au Palais des sports de Paris, où il chante du 11 au 15 mai.

En mars 2011, il annonce sur son site se séparer de son producteur Jean-Claude Camus, pour retravailler avec Gilbert Coullier.

Le 30 novembre 2012, Michel Sardou débute au Havre une nouvelle tournée nommé les Grands moments, qui est censée durer jusqu'à décembre 2013 dans toute la France, la Belgique, la Suisse, le Canada, le Luxembourg, la Principauté de Monaco et le Liban. Elle passe notamment par le Palais omnisports de Paris-Bercy les 12, 13 et 14 décembre 2012[21], Montréal le 28 mars 2013, (...) et l'Olympia pour cinq dates en juin, suivie d'une tournée d'été et d'automne. Mais des ennuis de santé contraignent le chanteur à annuler, en novembre 2013, les dernières dates du tour les Grands moments[22].

A partir du 27 septembre 2014, il sera au Théâtre, à la Comédie des Champs-Élysées dans Et si on recommençait ?, une pièce écrite par Éric-Emmanuel Schmitt et mise en scène par Steve Suissa. Il partagera les planches avec entre autres Françoise Bertin et Florence Coste.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Michel Sardou a été marié trois fois :

Michel Sardou a 5 petits-enfants :

  • Loïs fille de Sandrine
  • Aliénor, Gabriel, Victor-Scott enfants de Romain
  • Lucie fille de Davy

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Michel Sardou.

Chansons[modifier | modifier le code]

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Chansons emblématiques[modifier | modifier le code]

Nota : Classement par ordre chronologique.

  • Les Ricains, (1967), quand le général de Gaulle condamne l'intervention américaine au Viêt Nam et claque la porte de l'OTAN. Sardou rend hommage dans cette chanson aux appelés américains de la Seconde Guerre mondiale. La chanson est interdite de diffusion sur les radios françaises. C'est un titre qui tient particulièrement à cœur à Michel Sardou dans ces années-là, au point qu'il l'enregistrera une seconde fois en 1970, sur l'album J'habite en France.
  • Petit, (1967), l'un des premiers titres de Sardou évoquant un thème qui lui est cher : l'enfance.
  • J'habite en France, (1970), sur le ton de l'humour, l'esprit goguenard et chauvin, Sardou évoque la douceur de vivre « à la française » et vante au passage quelques qualités « made in France » telles que l'amour, le bon vin, les jolies femmes, les cafés, les chansons à boire...
  • Les Bals populaires, (1970), premier grand succès de l'artiste (524 000 exemplaires vendus et sujet de nombreuses récompenses[23]) qui mentionne, non sans humour, les fêtes populaires que l'on donne dans les villages.
  • Et mourir de plaisir, (1970), l'une de ses toutes premières chansons d'amour à devenir un hit.
  • Le Rire du sergent, (1971), succès dans la veine comique qui évoque le service national et semble brocarder un sergent quelque peu efféminé. Ce titre a valu à Sardou ses premières accusations d'homophobie.
  • Le Surveillant général, (1972), première chanson sur un thème cher à Sardou, l'éducation et l'enseignement ; le chanteur dénonce ici le comportement abusif de certains maîtres censés incarner l'autorité sur la jeunesse.
  • Un enfant, (1972), évoque la paternité, deux ans après la naissance de sa fille aînée.
  • Le Curé, (1973), plaidoyer contre le célibat des prêtres.
  • Les Vieux mariés, (1973), évoque une vieillesse heureuse et l'amour d'un couple qui a résisté au temps. L'homme remercie son épouse de l'avoir fait père : la rime « Tu m'as donné de beaux enfants, tu as le droit de te reposer maintenant », constitue l'un des premiers malentendus de Sardou avec les féministes. Pierre Delanoë auteur des paroles confia avoir écrit Les Vieux mariés en réaction à la chanson de Jacques Brel Les Vieux qui décrit tragiquement la vieillesse.
  • Les Villes de solitude, (1973), qui évoque l'ennui d'un homme devant la banalité de sa vie. Un ennui qu'il noie dans l'alcool. Le narrateur rêve qu'il ose être un autre et éprouve des fantasmes brutaux, mais sans passer à l'acte (« J'ai envie de violer des femmes, de les forcer à m'admirer »), mais qui, une fois l'alcool et ses effets dissipés, retourne à la monotonie de son quotidien. La chanson est mal reçue par les mouvements féministes, qui protestent vivement.
  • La Maladie d'amour, (1973), sûrement le plus grand tube de Michel Sardou, resté neuf semaines en tête du hit-parade[24]. Elle dépeint l'universalité et la dimension intemporelle de l'Amour. Les vers « elle court, elle court, la maladie d'amour dans le cœur des enfants de 7 à 77 ans » sont restés dans les mémoires[réf. nécessaire].
  • Je veux l'épouser pour un soir, (1974), chanson sous forme de complainte où Sardou confesse son envie de dormir près d'une « enfant dans sa robe du dimanche ». Fermement opposée au mariage, elle s'inscrit dans la même veine que deux autres tirades du chanteur contre cette institution : Vive la mariée (1971) et Bonsoir Clara (1972).
  • Une fille aux yeux clairs, (1974), hommage d'un homme à sa mère. L'une des plus célèbres chansons de Sardou sur le thème des relations filiales.
  • Le France, (1975), hommage au paquebot France alors amarré au « quai de l'oubli » au port du Havre. La chanson, qui reste l'un des plus grands tubes de Sardou, est saluée à sa sortie par les syndicats et les communistes, en même temps qu'elle contribue à donner de lui l'image d'un chanteur patriote.
  • Je vous ai bien eus, (1976), évoque la réussite d'un homme auquel on ne croyait pas : « Je ne vous ressemblais pas, vous ne m'avez pas cru, mais je vous ai bien eus ». Succès d'époque quelque peu oublié aujourd'hui.
  • J'accuse, (1976), pamphlet conservateur dénonçant les grandes dérives de l'humanité (pollution, guerres, génocides...). L'un des plus grands succès de Sardou dans sa veine polémique.
  • Le Temps des colonies, (1976), chanson controversée, à laquelle certains reprochèrent de faire l'apologie de la colonisation. Le chanteur s'en est toujours défendu en évoquant le deuxième degré de la chanson.
  • La Vieille, (1976), qui présente cette fois-ci la vieillesse sous un regard pessimiste.
  • Je suis pour, (1976), chanson évoquant la colère d'un père dont l'enfant a été assassiné. Elle sort - hasard ou pas ? - pendant l'affaire Patrick Henry. La polémique fait rage entre les pro et anti-peine de mort qui lui reprochent de faire l'apologie de la peine capitale ; Sardou s'en défend en affirmant avoir fait une chanson sur la loi du talion et les instincts paternels. Avec le recul, l'auteur considère avoir écrit un polar musical et déclarera à propos du titre Je suis pour « qu'il était bien mal choisi »[25].
  • La Java de Broadway, (1977), qui dépeint une sortie entre amis à Broadway où fusent les comparaisons avec la fête que l'on peut faire en France, notamment à Meudon, ce qui a pu porter certains à imaginer des raisons pour ce rapprochement en apparence hasardeux[26].
  • Dix ans plus tôt, (1977), avec ce titre Michel Sardou confirme son désir d'apaiser les esprits, après les polémiques de 1976 (« S'il y a des idées quelquefois qui dérangent, j'en ai aussi qui font danser »). Il renoue avec la chanson d'amour et fait de ce slow l'un des succès de l'été 1977, qui compte comme l'un de ses grands succès populaires.
  • En chantant, (1978), ritournelle presque enfantine qui sonne comme un retour aux sources, avec l'évocation de l'enfance du chanteur et de son père, thèmes récurrents dans sa carrière.
Michel Sardou à la fin d'un concert à Bercy en 1998.
  • Je vole, (1978), narre la fugue d'un adolescent en pleine nuit, après avoir laissé une lettre à ses parents. On le retrouve dans un train, qui l'emporte toujours plus loin, mal à l'aise entre son désir d'autonomie et l'angoisse de l'inconnu. Sardou évoque plutôt une chanson qui parle du suicide, un fils qui s'est suicidé et qui explique son geste[Cit. 1]. Sardou l'a composée seul.
  • Je ne suis pas mort, je dors, (1979), assez absconse au premier abord, cette chanson évoque la survie de l'âme après la mort du corps, ou encore la persistance, dans la mémoire collective, de l'œuvre d'une vie. Ce titre était, dans le répertoire de Sardou, la chanson préférée de François Mitterrand[Cit. 2]. Cette chanson est un hommage de Michel à son ami Claude François mort brutalement en 1978.
  • Ils ont le pétrole mais c'est tout, (1979), contient de discrètes allusions à une bande dessinée de Christian Godard, L'Émir aux sept bédouins, dont la première édition date de 1974 : « Ils ont le pétrole Mais ils n'ont pas d'eau... Et pour boire où vont-ils ? Chez Moët et Chandon ! (chœurs) ».
  • Victoria (1980), chanson évoquant la vie d'une femme traversant divers époques et événements du XXe siècle (les deux Guerres mondiales, mai 1968 et les vacances à Dinard), la chanson se termine par une longue coda de musique swing.
  • Être une femme, (1981), chanson satirique sur les femmes, prêtant à différentes interprétations. Avec Être une femme, Sardou porte-t-il un regard amusé et railleur sur l'évolution de la condition féminine, en prise avec cette contradiction qui consiste à renier toute féminité pour servir la cause des femmes (« enceinte jusqu'au fond des yeux, qu'on a envie d'app'ler monsieur ; en robe du soir, à talons plats, Qu'on voudrait bien app'ler papa ») ? Ou au contraire, ne présente-t-il pas plutôt la femme des années 1980 comme un objet de désir, paradoxalement plus "féminin" que jamais (« femme des années 80, mais femme jusqu'au bout des seins (...) Qu'on a envie d'appeler Georges, mais qu'on aime bien sans soutien-gorge ») ?
  • Je viens du sud, (1981), chanson qui rapporte, avec mélancolie, l'attachement de Sardou pour ses origines du sud de la France.
  • Les Lacs du Connemara, (1981), évocation lyrique de l'Irlande, sûrement le tube le plus indémodable de son répertoire. Un classique des fêtes de village et des soirées étudiantes. Jacques Revaux en est le compositeur et, pour l'enregistrement studio, a dirigé lui-même l'orchestre symphonique de Londres.
  • Afrique adieu, (1982), chanson typique du goût de Sardou pour le voyage décrit sur un mode lyrique. Vision pessimiste du tiers-monde africain. Chanson rythmée mais mélancolique qui sera par la suite égayée en concert où elle perdra son sens premier.
  • Il était là (le fauteuil), (1982), hommage à son père Fernand Sardou. Le thème du passage de flambeau entre plusieurs générations d'artistes est développé.
  • L'An mil, (1983), chanson historique écrite avec Pierre Barret, qui lie les peurs du Moyen Âge à la crise des repères religieux d'aujourd'hui, les deux époques étant séparées par un intermède de synthétiseurs et d'orgues reprenant le thème du Dies Irae déjà entendu chez Saint-Saëns ou dans la Symphonie fantastique d'Hector Berlioz. Ce titre a souvent donné lieu à des mises en scène grandioses en concert (notamment Bercy 2001).
  • Les Deux écoles, (1984), en cette époque où les Français se divisent et se mobilisent pour ou contre le Projet de loi Savary, Sardou évoque les luttes historiques entre l'école privée et l'école publique, déclare que chacun doit être libre de son choix, « Je veux que mes enfants s'instruisent à mon école, s'ils ressemblent à quelqu'un autant que ce soit moi » et conclut « J'ai fait les deux écoles et ça n'a rien changé ». Il se positionne pourtant en faveur de l'école privée[27].
  • Rouge, (1984), illustration poétique de la couleur rouge, qui se rapporte à de nombreux domaines.
  • Une femme ma fille, (1984), Sardou s'inspire du poème If (Tu seras un homme mon fils) de Rudyard Kipling. Transposant le texte original, il en fait le discours d'un père qui conseille à sa fille, pour devenir une femme heureuse « comme des milliards de femmes l'ont été avant elle », de ne pas écouter les chants des féministes qui l'éloigneront du bonheur (« Si tu n'écoutes pas la voix des mal-aimées qui voudraient à tout prix te citer comme témoin au procès du tyran qui caresse ta main ») et de construire sa vie auprès d'un homme qu'elle aime et l'aimera en retour.
  • Chanteur de jazz, (1985), chanson à haut débit écrite par Jean-Loup Dabadie, visite guidée de New York. Succès populaire, repris dans de nombreux concerts.
  • Musulmanes, (1987), hommage aux femmes musulmanes et regard critique sous-jacent sur leur condition. Grand succès public et critique : elle est sacrée chanson de l'année en 1987 aux Victoires de la musique.
  • Le Privilège, (1990), évoque les sentiments douloureux d'un garçon qui hésite à faire son coming-out auprès de sa famille à propos de son homosexualité (« Qu'est-ce qu'ils vont dire à la maison, un garçon qui aime un garçon ? »). Cette chanson mettra fin aux suspicions d'homophobie qui avaient pu planer sur lui.
  • Le Bac G, (1992), pierre lancée dans le jardin du ministre de l'Éducation nationale Lionel Jospin, abordant le thème des « lycées poubelles ». Jospin s'indigne qu'un « saltimbanque » vienne lui faire la leçon. Sardou pensait que l'abréviation Bac G désignait le bac général[réf. nécessaire], alors qu'il s'agissait de la série de bacs suivante : technique administrative, technique quantitative de gestion et techniques commerciales. Il reconnut son erreur.
  • Maudits Français, (1994), à travers le résumé des caractéristiques typiques de certains pays étrangers, Michel Sardou se demande en quoi consiste le fait d'être français (« À en croire les sondages, qui je suis, j'en sais rien. Un graphique, une image profil américain ») et il insiste sur le rêve d'indépendance des Français.
  • Salut, (1997), ultime collaboration de Sardou avec Jacques Revaux, sur un texte de Jean-Loup Dabadie inspiré de Ma plus belle histoire d'amour de Barbara[réf. nécessaire], - Barbara dont Sardou reprendra L'Aigle noir dans ses concerts de 2005 et de 2013.
  • La Rivière de notre enfance, (2004), en duo avec Garou, grand succès radiophonique et commercial qui permet à Michel Sardou de se hisser à la première place du top singles, après vingt ans d'absence à cette place. Cette chanson marque également son retour sur scène après trois ans d'absence totale.
  • Être une femme 2010, (2010), actualisation de la chanson Être une femme trente années plus tard en dressant le bilan de ce que sont, selon lui, les femmes du XXIe siècle. Il y constate le manque d'évolution profonde sur leur condition sociale (« question salaire, ça ne va pas mieux : celui d'un homme coupé en deux ; on les enfume de parité, mais qui promet l'égalité »). Pourtant, les féministes s'opposent encore à son positionnement[29].
  • Voler (2010), en duo avec Céline Dion, ils y évoquent la passion de Michel Sardou de piloter un avion. La chanson n'était pas prévue pour un duo ; c'est la choriste, Delphine Elbé, qui en a eu l'idée. Elle chantera la chanson lors des deux tournées suivant la parution de l'album, à la place de Céline Dion.

Sardou, un auteur-compositeur-interprète ?[modifier | modifier le code]

Sardou est surtout connu en tant que chanteur. Il sait jouer du piano et de la guitare, mais il a fallu attendre le Tour 2007 pour le voir jouer de ces instruments sur scène (guitare sur Allons Danser en ouverture et piano sur Cette chanson n'en est pas une, en rappel du concert). S'il a très rarement écrit pour d'autres artistes (une chanson écrite pour Dalida : Chanter les voix, ou encore une autre pour Michel Fugain : Derrière une chanson), nombreux sont ceux qui ont collaboré avec lui. Ainsi, pour les compositions, on retrouve très fréquemment les signatures de Jacques Revaux, Jean-Pierre Bourtayre, Didier Barbelivien ou encore Pierre Billon, ses paroliers les plus fréquents étant Pierre Delanoë, Didier Barbelivien et Jean-Loup Dabadie. Depuis 2000, Sardou ne collabore plus avec ces auteurs-là (sauf Barbelivien), mais a fait le choix du renouvellement de son équipe, en se tournant vers des personnalités plus jeunes, comme Jacques Veneruso, Robert Goldman (ce dernier écrivant pour lui sous le pseudonyme de J. Kapler) ou Daran, auteur de huit des vingt-trois chansons de l'album Hors Format.

Mais ces collaborations ne doivent pas occulter son actif d'auteur et de compositeur, voire d'auteur-compositeur. Il a en effet signé ou cosigné 90 % des textes de son répertoire, dont un tiers en tant qu'unique auteur. Il a également contribué à la composition de 15 % de ses chansons, dont un tiers seul[réf. nécessaire]. Il est également auteur et compositeur unique sur neuf de ses titres : J'y crois (1978), L'Anatole, Méfions-nous des fourmis, Verdun (1979), Les Noces de mon père (1981), 55 jours, 55 nuits, La Chanson d'Eddy (1992), Tout le monde est star (1994), La Vie, la Mort, etc. (2004).

On remarque donc que Michel Sardou n'est pas seulement l'interprète d'un répertoire taillé sur mesure par des collaborateurs, mais bien un auteur à part entière, et un compositeur occasionnel, bien qu'il ne soit pas un auteur-compositeur-interprète au sens strict, c'est-à-dire l'unique artisan de la quasi-totalité de son répertoire.

Le style[modifier | modifier le code]

Comment classer Sardou ?[modifier | modifier le code]

Par la grande diversité des styles explorés et des thèmes abordés, Michel Sardou est difficile à classer dans une catégorie précise. Les qualificatifs le plus souvent employés pour le définir sont : « chanteur populaire » et « chanteur de variétés », en même temps que « chanteur engagé », ce qui est paradoxal (voir article Musique populaire). Ses chansons s'inscrivent dans un style traditionnel, qui ne privilégie ni le texte, ni la mélodie, ni l'orchestration, ni la voix, mais soigne à égalité ces quatre composantes d'une chanson[citation nécessaire].

Style musical[modifier | modifier le code]

Vue de la scène centrale lors du concert de Michel Sardou à Bercy en 2001.

Musicalement, Sardou a plus souvent opté pour un style musical « neutre », difficile à rattacher à un genre précis, et ne cherchant manifestement pas plus à plaire au jeune public qu'au public plus âgé. Par exemple, il est difficile de classer la chanson La Maladie d'amour dans une catégorie plus précise que celle de « variétés ». Cependant, le chanteur a su adapter son style à chaque époque et intégrer les nouvelles sonorités à son identité musicale. On remarque par exemple, dans certaines chansons de la fin des années 1970 ou du début des années 1980, l'influence du disco (J'accuse, Être une femme...), ainsi que l'abondance des synthétiseurs dans les albums des années 1980 (Chanteur de Jazz, La même eau qui coule, Rouge...).

Les seules constantes qui semblent se dégager dans l'hétérogénéité des orchestrations et des mélodies sont l'importance des cuivres et la récurrence des envolées vocales, qui sont mis au service d'un certain sens de la dramatisation et d'un lyrisme que ses détracteurs qualifient volontiers de grandiloquent. Ces traits typiques se retrouvent dans bon nombre de ses succès : Le France, Les Lacs du Connemara, Je vais t'aimer, Vladimir Ilitch, Musulmanes... Certaines de ses chansons, moins connues, poussent à l'extrême ces caractéristiques et rentrent dans une tonalité que l'on peut qualifier d'épique : Un roi barbare, L'an mil, Je ne suis pas mort je dors, Un accident, Vincent, Loin, Beethoven

Style littéraire[modifier | modifier le code]

Michel Sardou en concert à Forest National en 2007.

Du point de vue littéraire, Sardou ne recherche pas l'innovation : ses textes suivent des schémas classiques, marqués par des rythmes réguliers épousant les mélodies, et par la présence constante de la rime, à l'exception de quelques très rares chansons (Une lettre à ma femme, 1985). Cela s'explique en partie par la régularité de ses collaborations avec les paroliers Pierre Delanoë et Didier Barbelivien, gardiens d'un certain classicisme de la chanson française. Les mots sont souvent simples, issus du langage courant, éventuellement familier (voir la chanson Putain de temps, 1994). C'est moins la crudité du langage, qu'illustre par exemple l'œuvre de Léo Ferré, que celle des situations décrites par ses textes qui a pu jouer un rôle dans la cristallisation de réactions violentes à son encontre au cours des années 1970, contribuant à son étiquetage comme chanteur « populiste », voire « démagogue » ou encore « réactionnaire[30] ».

Les thèmes récurrents[modifier | modifier le code]

Dans le répertoire de Sardou cohabitent des thèmes caractéristiques de la chanson de variétés, comme l'amour ou les relations filiales, et des sujets propres à la chanson à texte[précision nécessaire] ou à la chanson engagée (la critique sociale et politique, la mort), mais aussi des domaines plus fréquents en littérature qu'en chanson (l'histoire, le voyage). Cet amalgame de thèmes empruntés à différents genres de chansons opposés empêche de le circonscrire dans un style bien précis, mais forge son identité artistique.

Ainsi les chansons sur l'amour sont les plus nombreuses (on compte parmi les plus célèbres Je vais t'aimer, La Maladie d'amour, Et mourir de plaisir...), ce qui n'est pas étonnant de la part d'un chanteur dit « de variétés ». Mais elles sont suivies de près par les chansons relatives à la politique ou décrivant notre société et ses mœurs (environ trente-cinq chansons). On trouve dans cette catégorie des chansons telles que J'accuse, Le France, Les deux écoles, Le bac G ou, récemment, Allons danser.

Sardou semble également accorder une grande importance à l'enfance, ainsi qu'aux relations entre parents et enfants (une quinzaine de titres) : Je vole, Il était là, Une fille aux yeux clairs, Une femme ma fille, Petit, Merci Pour Tout (Merci Papa), Attention les enfants danger... Non sans lien avec ce précédent thème, on trouve également de nombreuses chansons consacrées au temps qui passe et à la mort (une vingtaine de chansons), parmi lesquelles Je ne suis pas mort je dors, Vivant, La même eau qui coule, Les Routes de Rome, Putain de temps... Il faut sans doute rattacher à ce thème les chansons consacrées à tel ou tel événement historique (une quinzaine), dont Les Ricains, Danton, L'an mil et Vladimir Ilitch.

Le thème de l'armée et de la guerre est omniprésent dans son œuvre. Il semble que Sardou ait été profondément marqué par son service militaire (Le Rire du sergent, Encore deux cents jours) et que la guerre soit un sujet qui l'interpelle (Verdun, La marche en avant, Les Ricains, La bataille, Si j'avais un frère au Viêt Nam...).

Enfin, ce qui marque le plus sa différence par rapport aux autres chanteurs de variétés est le fait que son répertoire comporte de nombreuses chansons de voyage (environ vingt-cinq), évoquant une contrée éloignée : Les Lacs du Connemara, Afrique adieu, Musulmanes.

Exemple : chansons sur l'Amérique[modifier | modifier le code]

Le goût de Sardou pour les chansons de voyage se met le plus souvent au service de son attirance et de sa fascination pour les États-Unis. Bien que Sardou ait souvent été présenté comme un chanteur « cocardier » et « patriote », il a en réalité consacré bien plus de chansons à ce pays, dans lequel il a vécu plusieurs années (il possédait une maison proche de Miami), qu'à la France.

Son tout premier succès, Les Ricains, montre déjà le fort tropisme atlantiste de ses orientations politiques et géographiques. Suivront, parmi les plus célèbres, La Java de Broadway ou Chanteur de Jazz. Cette attirance était vue d'un mauvais œil au début des années 1970, quand Sardou semblait défendre bec et ongles les États-Unis en pleine guerre du Viêt Nam.

Mais s'il évoque souvent ce pays avec un certain idéalisme - comme dans L'Amérique de mes dix ans, Happy Birthday ou Je vous ai bien eus (« Je disais souvent l'Amérique/Je sais que moi j'irai un jour/Et que j'en reviendrai plus riche/Que Dupont de Nemours ») - il exprime par moments un désenchantement réel, comme dans Los Angelien, qui de la vie en Californie dit qu'on passe « trois cents jours sans pluie/Sans rien à raconter », ou encore dans Huit jours à El Paso, qui, écrite à la suite d'un voyage dans le Colorado avec Johnny Hallyday, déplore la disparition de l'ambiance Far West au profit de la modernité.

Michel Sardou continue aujourd'hui à placer Les Ricains, Chanteur de Jazz et La Java de Broadway dans ses spectacles. Il faut savoir que, depuis 1973, il n'a chanté Les Ricains en concert qu'à deux reprises : en 1991, au moment de la guerre du Golfe ; et en 2004 et 2005, lors de la seconde intervention américaine en Irak. Il revisite en 2013 lors de la tournée « Les Grands moments » ce titre des Ricains, en version country.

Influences et filiations[modifier | modifier le code]

Par l'aspect syncrétique de son répertoire, Sardou n'est l'héritier d'aucun chanteur français en particulier. Il se reconnaît néanmoins dans une tradition de chanteurs francophones à forte popularité[citation nécessaire], celle de Jacques Brel, Jean Ferrat, Charles Aznavour, ou encore Gilbert Bécaud. Vis-à-vis de ses contemporains, il s'apparente aussi bien aux rockers français Johnny Hallyday et Eddy Mitchell qu'aux artistes de variété Claude François et Michel Fugain ou aux chanteurs « engagés » Renaud et Maxime Le Forestier. Mais dans les années 1970, c'est à Serge Lama qu'il sera le plus souvent comparé (son « grand rival »[31]), non pas pour leurs styles bien distincts, mais en opposant et en comparant les chanteurs populaires qu'ils sont alors, pour établir lequel des deux est le digne héritier de la chanson française.

Il revendique avoir voulu « faire du Brel » au tout début de sa carrière, pendant l'époque antérieure aux Bals populaires[Cit. 3]. L'influence du chanteur belge se retrouve dans de nombreuses chansons, particulièrement dans Le Surveillant général[Informations douteuses].
Sardou n'a jamais caché non plus son admiration pour Charles Aznavour et l'influence que celui-ci a pu avoir sur son œuvre. Michel Drucker déclare en 1994 que « dans le registre de la chanson populaire de qualité [...] Michel est le successeur naturel de Charles. »[Cit. 4].
Dans son répertoire, les références à Charles Trenet sont le reflet d'une autre de ses inspirations (L'Anatole en 1979, La Maison des vacances en 1990).
Michel Sardou a aussi souvent fait état de l'influence qu'a eu Johnny Hallyday, l'idole de sa jeunesse, doublé par la suite d'une solide amitié (il le rencontre pour la première fois, en 1963, sur le tournage du film D'où viens-tu Johnny ? auquel participe son père Fernand Sardou). Aux cours des années 1970, nombreuses sont ses chansons marquées par l'influence du « chant d'Hallyday » : Tuez-moi, Les Villes de solitude (1973), J'ai 2000 ans, Le bon temps c'est quand (1974), La Tête assez dure (1978), il n'est pas jusqu'à J'accuse (1976) ou Un accident (1975), qui ne soient dans cette veine « hallydayenne », cette singulière façon de donner de la voix.

Il est également difficile de discerner clairement ses héritiers parmi les chanteurs de la génération qui le suit. Mais on retrouve derrière le succès de Florent Pagny des recettes très proches de celles qui ont assuré la réussite de Sardou[réf. nécessaire]. D'autres chanteurs, comme Patrick Bruel ou Garou, exploitent la fibre « chanteur populaire », et ne cachent d'ailleurs pas leur admiration pour lui. Bénabar est également quelquefois comparé à lui, ayant même été qualifié de « Sardou de gauche », mais, contrairement à Florent Pagny, il nie que Sardou ait eu une influence sur son œuvre[Cit. 5], il prétend même que cette comparaison n'est faite par certains détracteurs que pour le dévaloriser et mettre en évidence, selon eux, le manque de qualité de ses chansons[32].

Controverses[modifier | modifier le code]

Rarement un chanteur français n'aura cristallisé autant de polémiques, de réactions hostiles et de querelles que Michel Sardou. La portée de ses chansons a, tout au long de sa carrière, largement dépassé le simple cadre artistique : elle a une évidente dimension sociologique, voire politique. Il n'est en effet pas commun qu'un chanteur de variété suscite des réactions jusqu’aux plus hauts niveaux de l’État, comme Sardou a pu le faire, depuis Les Ricains en 1967, interdite par le général de Gaulle, jusqu’au Bac G, en 1992, qui lui valut de se faire qualifier de « saltimbanque » par le ministre de l’Éducation nationale de l’époque, Lionel Jospin. Toutefois les polémiques autour du chanteur ont surtout atteint leur paroxysme dans les années 1970.

Les accusations[modifier | modifier le code]

Michel Sardou en 2005.

Ce sont essentiellement les chansons de Michel Sardou, souvent à cause de quelques vers, de quelques mots, mais aussi parfois du fait d'idées exprimées, de prises de positions, qui sont à l'origine des griefs portés contre lui. Pour ses détracteurs, Michel Sardou serait principalement :

En ce qui concerne les textes, les premières critiques arrivent avec Les Vieux mariés (1973), notamment en raison de la phrase : « Tu m'as donné de beaux enfants/Tu as le droit de te reposer maintenant », dont le ton est perçu comme très patriarcal. Mais c'est surtout la violence des Villes de solitude (1973), qui marque, à l'époque, les esprits. Les lignes du second couplet (« J'ai envie de violer des femmes/ De les forcer à m'admirer/ Envie de boire toutes leurs larmes/ Et de disparaître en fumée ») ont fait vivement réagir les mouvements féministes[Cit. 7]. Sardou pousserait donc sa phallocratie au point de faire l'apologie du viol dans ses chansons.
Il serait également le chantre d'une sexualité où le rôle de l'homme serait magnifié et celui de la femme rabaissé, la référence à Sade dans Je vais t'aimer (1976), n'étant pas perçue comme anodine (« A faire pâlir tous les Marquis de Sade/A faire rougir les putains de la rade/A faire crier grâce à tous les échos/A faire trembler les murs de Jéricho/Je vais t'aimer »)[Cit. 8].
Le sexisme supposé de Sardou peut donc se résumer ainsi :

« Ne manque à ce tableau que le sexisme, ou la phallocratie, comme on voudra. Point n'est besoin de chercher très loin. Car la femme est ici conforme aux images d'Épinal d'une société méditerranéenne. […] Épouse, mère ou putain, la femme de l'univers Sardou n'a pas sa place en ces lieux de réjouissance publique, à elle le lit, les couches ou le bordel. Épouse, donc, elle a pour rôle principal de fournir des têtes blondes à la France[33]. »

  • homophobe : Cette accusation est vue comme le corollaire de son sexisme[Cit. 9]. On trouve les éléments à sa charge dans les chansons Le Rire du sergent (1971), où Sardou revient sur son passage à l'armée et semble évoquer le souvenir d'un sergent efféminé (« La folle du régiment, la préférée du capitaine des dragons ») usant du « fayotage » pour progresser dans la hiérarchie, et J'accuse (1976), où le terme « pédé » est employé dans un contexte péjoratif.
Néanmoins, Michel Sardou n'a jamais été victime d'attaques de la part de la communauté homosexuelle et ces accusations se sont rapidement dissipées. La chanson Le Privilège, sortie en 1990, donnera d'ailleurs l'image d'un Sardou tolérant, compréhensif et ouvert à propos du thème de l'homosexualité. Il ira même jusqu'à retoucher ses propres chansons, puisque depuis 1991, il ne prononce plus « J'accuse les hommes de croire des hypocrites/Moitié pédés, moitié hermaphrodites » mais « J'accuse les hommes de se croire sans limites/J'accuse les hommes d'être des hypocrites », lorsqu'il chante J'accuse en concert. En outre, il expliquera dans son autobiographie publiée en 2009 que la « folle du régiment » évoquée dans la chanson Le Rire du sergent n'était pas le sergent, mais lui-même[Cit. 10].
  • fasciste : Il faut le plus souvent comprendre par « fasciste » son diminutif populaire « facho », qui a un sens moins fort et moins marqué idéologiquement et historiquement que l'adjectif « fasciste ». Au cours des années 1970, « fasciste » était cependant une invective beaucoup plus répandue qu'aujourd'hui pour désigner une personne aux idées se rapprochant d'une droite dite dure, voire simplement conservatrice. Même si le journal L'Humanité emploiera ouvertement le terme de fasciste[Cit. 11], on groupera sous cette qualification un certain nombre d'accusations formulées par des analystes de gauche dont les valeurs d'internationalisme, de mondialisme et d'anationalisme sont opposées à certaines prises de positions politiques - réelles ou supposées - de Sardou : patriotisme, nationalisme, colonialisme, conservatisme, poujadisme, populisme
C'est une étiquette qu'on lui accolera très tôt dans sa carrière, dès Les Ricains en 1967, chanson que ceux qui, de France, soutenaient la cause communiste du Nord Viêt Nam (Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes entre autres) ont interprétée comme une prise de position en faveur de l'implication des États-Unis dans la Guerre du Viêt Nam, même si les paroles n'y font pas explicitement référence (rappelons-nous qu'en 1966, le Général de Gaulle sort la France de l'OTAN[34]) :
« Si les Ricains n'étaient pas là
Vous seriez tous en Germanie
À parler de je ne sais quoi
À saluer je ne sais qui.
Bien sûr les années ont passé
Les fusils ont changé de mains
Est-ce une raison pour oublier
Qu'un jour on en a eu besoin ? »
J'habite en France (1970) l'installera par la suite dans le rôle du chantre populiste de la « France profonde », de la « majorité silencieuse »[Cit. 12].
Il a longtemps été présenté comme le principal chanteur de droite français, une droite conservatrice et patriotique modérée[Cit. 13] (ce qui ne l'empêchera pas de citer en 2013 Pierre Mendès France et François Mitterrand parmi ses hommes politiques préférés[35]), mais ses plus ardents pourfendeurs iront beaucoup plus loin dans la dénonciation, comme sur ce tract de 1977, où on peut lire :

« Appel au fascisme : nous n'entendons plus que des chansons racistes, ou l'apologie du nazisme, d'ailleurs son service d'ordre est composé de militants de partis d'extrême droite, néo-fascistes.

Avec Minute et le Parisien, il est l'outil insidieux d'une fascisation grandissante. Ces chansons et journaux incitent à la haine et à la violence. Ces idées sont dangereuses !! »

Les chansons qui lui valurent bien des déboires et des polémiques de ce point de vue, furent celles de 1976 : Le temps des colonies et surtout Je suis pour. Certains reprochèrent à la première une exaltation aux confins du racisme de l'époque coloniale :
« […] Autrefois à Colomb-Béchar,
J'avais plein de serviteurs noirs
Et quatre filles dans mon lit,
Au temps béni des colonies […]
Y a pas d'café, pas de coton, pas d'essence,
En France, mais des idées ça on en a,
Nous, on pense […] »
Dans Je suis pour, Sardou se met dans la peau d'un père dont l'enfant a été assassiné et qui s'adressant au coupable du crime, lui exprime, sa souffrance, sa colère et sa haine. La chanson met définitivement le feu aux poudres. Sardou se voit accusé d'instrumentaliser les peurs et les polémiques - alors que la France s'émeut et s'indigne du meurtre du petit Philippe Bertrand par Patrick Henry - et de contribuer à l'appel au lynchage. Enfin et surtout, le chanteur est accusé de faire l'apologie de la peine capitale.
« […] Les philosophes, les imbéciles,
Parce que ton père était débile,
Te pardonneront mais pas moi,
J'aurai ta tête en haut d'un mât.
Tu as tué l'enfant d'un amour.
Je veux ta mort.
Je suis pour. »
Michel Sardou se défend de prendre fait et cause pour la peine de mort, déclarant que la chanson ne parle que d'un père qui revendique la loi du talion, mais qu'elle ne reflète en rien une opinion personnelle[réf. nécessaire].

Le point de vue de Sardou[modifier | modifier le code]

  • Le chanteur, loin d’être insensible aux réactions qu’il a pu susciter, les a souvent déplorées, exprimant à la fois son regret d’être mal compris de la part d’un certain public, et son étonnement devant les proportions que peuvent prendre certaines polémiques.
  • Pour se défendre, il utilise régulièrement une argumentation sur la nature et la valeur de ce qu’est une chanson. Il soutient en effet ne pas chercher à transmettre de message politique ou idéologique à travers ses textes et affirme par conséquent que les réactions passionnées et politisées qu'ils ont pu susciter sont injustifiées et erronées, car en décalage avec ses intentions :

« Je ne me rendais pas bien compte non plus de la portée des chansons. Pour moi, ce n'étaient que des chansons. Pas des professions de foi[36]. »

Sa thèse est ainsi celle d’un cantonnement du chanteur dans la sphère artistique : l’artiste peut traiter de sujets politiques et polémiques, mais toujours dans une démarche purement esthétique et scénique, et non par activisme militant.
  • Cette conception exclusivement artistique du rôle du chanteur confère à celui-ci une certaine latitude dans le choix des idées à exprimer : n’étant pas prisonnier de son propre « je » par son refus de délivrer un quelconque message idéologique, il pourrait dès lors interpréter des personnages à la première personne sans qu’il y ait identité entre ses propres idées et celles du personnage incarné. Par exemple, il peut adopter, le temps d'une chanson, le point de vue d'un homme rendant hommage à Lénine (Vladimir Ilitch : « Toi, Vladimir Illitch, […], Toi qui avais rêvé l'égalité des hommes ») et, dans une autre chanson, exprimer le point de vue d'un ancien colon qui regrette le temps de l'empire colonial français (Le Temps des colonies : « Pour moi monsieur rien n'égalait les tirailleurs sénégalais qui mouraient tous pour la patrie »), mais à en croire l'argumentation utilisée par Sardou, il serait une erreur de penser que le chanteur cherche à exprimer, dans un cas ou dans l'autre, ses convictions personnelles.

« Ces gens-là ont du mal à admettre que lorsque l'on interprète comme moi quinze, dix-huit chansons sur scène chaque soir, on n'est pas forcément sincère, on joue des personnages. Comme un acteur va jouer un curé, un pédéraste, un aubergiste, moi je joue un vieux marié, un bateau, un prince. Ce sont des rôles que je me distribue. Alors certains viennent me chercher des idées que je n'ai pas eues en lisant trop entre les lignes[37]. »

  • Aussi bien capable de parler au nom d’un curé (Le Curé), du père d’un enfant assassiné (Je suis pour), d’un bateau (Le France), de Danton (Danton), d'un otage (Le Prix d'un homme), d’une vieille femme (Victoria) ou d’un adolescent homosexuel (Le Privilège), Sardou se met à la place de différents personnages dont il exprime le point de vue, en conservant le « je » comme mode d’expression privilégié. Il brouille ainsi les pistes et les repères, et de son répertoire se dégage une grande quantité d'ambiguïtés et de contradictions. Les polémiques que Sardou a provoquées ne seraient donc que le résultat d'une mauvaise interprétation de ses intentions réelles.
Il dira ainsi, en 1989, à propos du Temps des colonies :

« Le ciel m'est tombé sur la tête. Je croyais camper un de ces personnages de bistrot qui racontent toute leur vie la bataille d'Indochine. J'ai en partie échoué. Certains journalistes ont compris l'opposé : je sublimais les années coloniales ! J'incitais à la haine raciale ! J'aime chanter à la première personne. J'entre ainsi dans un rôle comme le ferait un comédien. L'engagement est joué. La scène n'est pas un lieu où je me confesse. Le malentendu vient toujours de ceux qui n'écoutent pas. On leur dit : « Sardou chante les colonies, c'est honteux ! » Alors c'est un scandale ![14] »

Autres activités[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Il apparaît comme figurant dans :

Téléfilms[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Michel Sardou à la cérémonie des Molières en 2014.

Directeur de théâtre[modifier | modifier le code]

En 2001 il achète le théâtre de la Porte-Saint-Martin, avec son producteur de spectacle Jean-Claude Camus. En 2005, il revend ses parts à son associé.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sardou remplacera plus tard, en concert, le vers « Vous seriez tous en Germanie » par « Nous serions tous en Germanie ».
  2. Pour la première et la dernière fois dans un récital parisien, Je suis pour fut chanté à l'Olympia en 1976. À ce jour, Sardou ne l'a jamais plus repris sur scène. Quant à J'accuse, il faudra attendre 1991, année où le chanteur se produit à Bercy, pour qu'il soit à nouveau inscrit à son tour de chant, dans une version remaniée.

Citations[modifier | modifier le code]

  1. « C'est comme Je vole, ce n'est pas un enfant qui se tire c'est un enfant qui se tue ». Source : Sardou, Michel Et qu'on n'en parle plus. XO Éditions, 2009.
  2. « Je dois ma médaille de chevalier de la Légion d'honneur à François Mitterrand. Et ce dernier m'avait dit que, dans mon répertoire, sa chanson préférée datait de 1966 [??]. C'était Je ne suis pas mort, je dors. Comment la connaissait-il ? Mystère ! Il m'avait dit m'avoir entendu la chanter en 1968 [?!]. Je l'ai d'ailleurs remise dans mon spectacle. » Michel Sardou, In Paris Match : 28 octobre 2004, no 2893
  3. « Quand j'ai débuté, je chantais des sous-produits de Brel, j'étais très inspiré par des chansons à texte. Ça ne marchait pas. Un jour je suis tombé sur un filon, comme les pionniers en trouvaient lors de la conquête de l'Ouest quand ils tombaient sur une mine. Ce filon, c'était un personnage un peu violent, sexy, qui m’a apporté mon public. »In Faut-il brûler Sardou ?
  4. « Je pense d’ailleurs que Michel fera une carrière à la Aznavour : une formidable carrière de chanteur, longue, solide, doublée d’une grande carrière d’acteur. N'oublions pas qu’Aznavour a fait trente films ! Dans le registre de la chanson populaire de qualité, je pense sincèrement que Michel est le successeur naturel de Charles. » Michel Drucker ; In Sylvie Maquelle, Les Sardou, une dynastie. voir biblio
  5. « On vous a qualifié de « Sardou de gauche ». Ça vous agace ? On me le ressort régulièrement. Heureusement qu’il y a « de gauche » ! Je ne veux plus m’exprimer là-dessus car je ne veux blesser personne. » D'après le figaroscope.fr, interview de Bénabar par Annie Grandjanin, le 31 mars 2006.
  6. « Cette virilisation du jeu de scène n'est pas, il est vrai, chose nouvelle en France : de Chevalier […] au sexisme de Lama en passant par la misogynie de Brel, tout annonçait qu'enfin viendrait Sardou. Mais elle atteint ici le degré le plus fort, l'agression machiste maximum. » In Faut-il brûler Sardou ? JC Klein et JP Savelli, éd. Savelli, 1978
  7. « Un après-midi, j'étais dans un taxi et j'ai vu passer une centaine de militantes du MLF. Elles portaient des pancartes sur lesquelles je figurais entouré de croix gammées. Elles scandaient : « On ne sera pas violées par Sardou ». Elles m'ont fait peur. » Michel Sardou, La moitié du chemin, Nathan, 1989
  8. « Ainsi cette femme méprisée, rabaissée, se verra offrir, sur un arrangement aux sonorités flamenco, un long poème d'amour romantique (Je vais t'aimer). Mais la contradiction se résout, une fois encore, dans l'image d’Epinal : Reine et Esclave tu es, Reine et Esclave tu seras ». In Faut-il brûler Sardou ? JC Klein et JP Savelli, éd. Savelli, 1978
  9. « Complément indispensable de ce petit portrait en pied d'un phallocrate éclairé, les « pédés » de tous genres sont voués, qui l'eut cru, au mépris le plus noir, ces arrivistes sans vergogne qui savent, eux, comment gagner du galon sans balayer la cour (le Rire du sergent) ». In Faut-il brûler Sardou ? JC Klein et JP Savelli, éd. Savelli, 1978
  10. « ...au moment de déclarer ma profession, j'annonçai "artiste" et, comme partout, lorsqu'on est artiste et un artiste inconnu, on fait forcément un métier de pédé. [...] Vous savez maintenant que le "Rire du sergent" n'était ni une attaque, ni une revanche. Le "pédé", c'était moi ». Et qu'on n'en parle plus, Michel Sardou, 2009
  11. « Sardou qui c'est ? De plus en plus nombreux sont ceux qui répondent : un fasciste. Oui un fasciste, qui à coups de millions, avec l'appui des grands medias, essaie de répandre son venin […] D'un côté, il exalte le mépris de la femme et le crime […] et de l'autre, il appelle au lynchage dans Je suis pour. Le tout enrobé dans un nationalisme du plus pur style fasciste », in L'Humanité, avril 1977
  12. « Il choisira d’être le chantre de la « majorité silencieuse » et, avec J'habite en France, Les Ricains, Monsieur le Président de France, il lance de francs succès réconfortants pour les bourgeois à cheveux et idées courtes ». in Cent ans de chanson française (Seuil, 1972)
  13. « Alors, Sardou fasciste ? Pas davantage. Le fascisme, mot trop galvaudé, est une théorie totalitaire qui repose sur un mouvement de masse et se développe dans certaines circonstances économiques et historiques bien précises. Or, si Sardou a bien des traits de comportement physique comparables à ceux de Mussolini par exemple, il n'en a pas l'implantation sociale et historique.
    Il n'est pas le chantre de Chirac, encore moins de Giscard, mais il est plutôt leur produit, le produit d'une droite frustrée, perdue, à la recherche d'une identité fuyante »
    , in Faut-il brûler Sardou ?

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Biographie De Michel Sardou, sur le site clubsardou.com, consulté le 11 décembre 2012
  2. http://www.rfimusique.com/artiste/chanson/michel-sardou/biographie
  3. http://www.lexpress.fr/informations/les-france-de-sardou_640939.html
  4. Sardou d’hier et d’aujourd’hui illumine l’Axone , Le Pays, 29 mars 2011
  5. http://www.melody.tv/artistes/voir/74/michel-sardou
  6. Michel Sardou entre l'Olympia et Bercy, TV Mag Le Figaro, 23 octobre 2010
  7. http://www.bercyarena.paris/programme/concert/1296/michel_sardou
  8. a et b Toutes les Chansons N° 1 des Années 70, sur le site infodisc.fr
  9. Sardou en dates, 24heures.ch, 29 mai 2009
  10. Michel Sardou se raconte dans un livre-confession, Le Figaro, 21 mai 2009
  11. Libération, 12 mars 1976
  12. Faut-il brûler Sardou ? de Louis-Jean Calvet et Jean-Claude Savelli, aux Éditions Savelli (1978)
  13. Biographie de Michel Sardou, sur le site musicme.com
  14. a et b Michel Sardou, La moitié du chemin, Nathan, 1989
  15. http://www.purebreak.com/personnalite/michel-sardou_e1313
  16. http://www.leparisien.fr/loisirs-et-spectacles/sardou-chanteur-le-mieux-paye-en-2004-25-01-2005-2005646702.php
  17. http://www.zenithdelille.com/annuaire-des-artistes/michel-sardou.html
  18. http://www.ladepeche.fr/article/2007/05/24/388422-michel-sardou-ce-soir-au-zenith-a-guichet-ferme.html
  19. http://spectacles.premiere.fr/Salle-de-Spectacle/Spectacle/Secret-De-Famille-1368129
  20. Le Parisien/Aujourd'hui En France du 23/07/2010
  21. http://www.lefigaro.fr/musique/2012/12/13/03006-20121213ARTFIG00551-michel-sardou-bercy-beaucoup.php
  22. http://www.ouest-france.fr/michel-sardou-malade-il-annule-le-reste-de-sa-tournee-1714216
  23. http://www.clubsardou.com/clubms.php?page=biot&b=13&lang=fr
  24. Les Chansons Classées par Nb de Semaines N° 1, sur le site infodisc.fr
  25. Michel Sardou répondant à Olivier Fogiel : « Le titre était mal choisi je te l'accorde », T'empêches tout le monde de dormir - M6, 2007
  26. « La Java de Broadway », ou comment l’exégèse sardulienne met en lumière le rôle fondamental de Meudon dans notre civilisation., sur le site standardsandmore.fr
  27. http://www.rfimusique.com/artiste/chanson/michel-sardou/biographie
  28. Michel Sardou chante pour Sarkozy ? in : Agora Vox, s.d.
  29. http://www.purepeople.com/article/michel-sardou-violemment-attaque-par-isabelle-alonso-elle-balance_a66477/1
  30. http://www.liberation.fr/tribune/2005/06/28/le-sarko-du-sardou-plus-que-du-le-pen_524954
  31. http://www.voici.fr/news-people/actu-people/serge-lama-s-en-prend-a-sardou-et-gainsbourg-481238
  32. Bénabar en a marre de passer pour «un connard», sur le site parismatch.com du 13 août 2008
  33. In Faut-il brûler Sardou ? JC Klein et JP Savelli, éd. Savelli, 1978
  34. http://www.nato.int/acad/fellow/98-00/giglioli.pdf
  35. Interview accordée au Figaro, publiée le 10 mai 2013
  36. Sardou, le défi permanent. Le Point : 5 janvier 2001, no 1477.
  37. interview accordée au Matin de Paris, le 17 mai 1977
  38. Programme de la Comédie des Champs-Élysées sur le site du théâtre
  39. Article de La Dernière Heure
  40. Sardou, Michel ; Melloul, Richard. En chantant. Flammarion, 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Livres sur Michel Sardou

  • Louis-Jean Calvet et Jean-Claude Klein, Faut-il brûler Sardou ?, éditions Savelli, 1978.
  • Charles Sudaka, Sardou, éditions Alain Mathieu, 1978.
  • Philippe Dampenon, Michel Sardou : je vole… en chantant, éditions Gérard Cottreau, 1978.
  • Jackie Sardou, d'après les notes de Fernand Sardou, Les Sardou de père en fils, éditions Julliard, 1981.
  • Catherine et Michel Rouchon, Sardou, une légende en marche, éditions Verso, 1984.
  • Florence Michel, Michel Sardou, édition Seghers, 1985.
  • Claude Klotz, Michel Sardou, éditions Albin Michel, 1985.
  • Michel Sardou, La moitié du chemin : recueil de chansons, annotées par Michel Sardou, éditions Hachette, 1989.
  • Catherine et Michel Rouchon, Michel Sardou, passionnément, éditions Rouchon, 1992.
  • Thierry Séchan et Hugues Royer, Michel Sardou, éditions du Rocher, 1993
  • Sylvie Maquelle, Les Sardou, une dynastie, éditions Hachette-Carrère, 1994.
  • Gilles Lhote, Sardou de A à Z, éditions Albin Michel, 1996.
  • Annie Réval et Caroline Réali, Michel Sardou, l'ombre et la lumière, éditions France Empire, 2006,
  • Michel Sardou, Et qu'on n'en parle plus, auto biographie, éditions XO, mai 2009.
  • Sandro Cassati, Michel Sardou, une vie en chantant, City Éditions, 2010
  • Frédéric Quinonero, Sardou - Vox populi, Éditions Didier Carpentier, 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]