Justin Trudeau

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Justin Trudeau
Image illustrative de l'article Justin Trudeau
Fonctions
Chef du Parti libéral
En fonction depuis le
Prédécesseur Bob Rae
Député fédéral de Papineau
En fonction depuis le
Législature 40e et 41e législature
Groupe politique Libéraux
Prédécesseur Vivian Barbot
Biographie
Nom de naissance Justin Pierre James Trudeau
Date de naissance (42 ans)
Lieu de naissance Ottawa (Ontario, Canada)
Nationalité Canadienne
Parti politique Parti libéral
Père Pierre Elliott Trudeau
Mère Margaret Trudeau
Conjoint Sophie Grégoire
Diplômé de Université McGill
Université de la Colombie-Britannique
Profession Professeur
Religion Catholicisme

Justin Pierre James Trudeau, né le à Ottawa en Ontario, est un homme politique canadien. Il est député libéral de la circonscription de Papineau à la Chambre des communes, depuis l'élection de 2008, et devient le chef du Parti libéral le 14 avril 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

Justin Trudeau est le fils aîné de l'ex-premier ministre du Canada Pierre Elliott Trudeau et de Margaret Sinclair. Lui et son frère, Alexandre (Sacha), sont nés le même jour (25 décembre) à deux ans d'intervalle. Leur frère Michel, né le 2 octobre 1975 et cadet de la famille, est décédé à l'âge de 23 ans dans une avalanche au lac Kokanee en Colombie-Britannique, le 13 novembre 1998. Ses parents se sont séparés en 1977, quand il avait six ans.

Les enfants Trudeau ont grandi à Montréal. Justin s'est rappelé les bons souvenirs de son père dans une interview en 2008, en disant qu'il aimait les excursions de camping avec son père parce que c'était « durant ces excursions que mon père a eu la chance d'être juste mon père - un père dans le bois »[1]. À propos du divorce de ses parents, il a dit dans une interview en septembre 2008, « J'ai réalisé que mon père avait deux priorités : ce pays et ses enfants[2].» Son père a cessé ses fonctions comme premier ministre en 1984.

Après un cours secondaire au Collège Jean-de-Brébeuf, il obtient un baccalauréat en littérature anglaise à l'Université McGill et un baccalauréat en éducation à l'Université de Colombie-Britannique. En 1994, il entreprend avec quelques amis un voyage qui le mènera à travers la France, l'Espagne, le Maroc, le Sahara, le Bénin, la Russie, la Chine, la Thaïlande et le Viêt Nam[3].

De retour au Canada, il travaille comme enseignant de français à la West Point Grey Academy et à l'école secondaire Sir Winston Churchill à Vancouver. En 2002, il revient s'établir à Montréal et entreprend des études d'ingénieur à l'École Polytechnique de Montréal (2002-2003)[4]. Il devient président du programme Katimavik en 2003 et travaille pour la station de radio CKAC en 2004. De 2005 à 2006, il est inscrit à une maîtrise en géographie environnementale à l'université McGill[5].

Il épouse le 28 mai 2005 Sophie Grégoire, une ancienne mannequin et animatrice de télévision, qui est également instructrice de yoga. Ils ont trois enfants : Xavier James Trudeau (né le 18 octobre 2007), Ella-Grace Trudeau (née le 15 février 2009) et Hadrian Trudeau (né le 28 février 2014).

Dans l'histoire du pays, Justin Trudeau est le second enfant d'un premier ministre canadien à être né alors que son père était au pouvoir. L'autre est Margaret Mary Macdonald, née en 1869, alors que son père, John A. Macdonald, était premier ministre du Canada.

Le 31 mars 2012, il met KO par décision, après six minutes de jeu, le sénateur conservateur Patrick Brazeau lors d'un combat de boxe à l'occasion d'un gala de bienfaisance pour la lutte contre le cancer[6]. Le résultat surprend les commentateurs, car les paris donnaient Brazeau gagnant à trois contre un[7].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le jeune Trudeau fait son entrée sur la scène publique en octobre 2000, avec l'éloge funèbre qu'il prononce pour les funérailles de son père. Radio-Canada reçoit alors de si nombreuses demandes de retransmission que le doyen de la politique québécoise Claude Ryan suggère que l'on assiste peut-être à la première manifestation d'une dynastie[8].

Justin Trudeau appuie le candidat Gerard Kennedy lors du congrès de 2006 à la direction du Parti libéral. Après l'élimination de Kennedy, il a appuyé Stéphane Dion.

Le , Trudeau est choisi par les militants du Parti libéral du Canada comme candidat libéral dans la circonscription de Papineau pour l'élection fédérale suivante, dont l'électorat est l'un des plus diversifiés sur le plan socio-culturel et l'un des plus pauvres au Canada[9].

Le 25 septembre 2012, Trudeau annonce qu'il sera candidat à la chefferie du Parti libéral du Canada, à la suite de la démission de Michael Ignatieff. Dans une course qui le mettait en lice avec Martin Cauchon, Deborah Coyne, Martha Hall Findlay, Joyce Murray et Karen McCrimmon, il remporte l'élection avec 80,1% des 104 000 suffrages exprimés[10].

Positions politiques[modifier | modifier le code]

Au cours de sa campagne à la tête du Parti libéral du Canada, au printemps 2013, Trudeau s'est présenté comme l'homme d'un renouveau démocratique, avec des positions qui le situent aux antipodes de Stephen Harper.

Réforme démocratique[modifier | modifier le code]

Il est favorable à des votes libres des députés au Parlement, à un processus ouvert de nomination des candidats et à l'élimination de toute publicité gouvernementale à coloration partisane[11]. Lors du débat des candidats à la chefferie du parti, il s'est prononcé contre un mode de scrutin proportionnel, une prise de position pourtant dénoncée par Fair Vote Canada, un organisme citoyen et à but non-lucratif voué à la réforme électorale.

Réforme du Sénat[modifier | modifier le code]

Estimant que le Sénat est miné par les deux problèmes majeurs que sont le sectarisme et le favoritisme politique, il annonce en janvier 2014 un plan de réforme en vertu duquel « seuls les députés élus de la Chambre des communes seront membres du caucus libéral national. » En conséquence, les 32 anciens sénateurs libéraux ne sont plus membres du caucus. Il s'engage également à « mettre en place un processus public, ouvert et transparent pour nommer et confirmer les sénateurs [et à] nommer seulement des sénateurs indépendants[12] ».

Transparence du gouvernement[modifier | modifier le code]

À la suite du scandale Mike Duffy, qui a mis en évidence l'absence de contrôle des dépenses des sénateurs, il propose un plan selon lequel les dépenses de voyage des députés, des sénateurs et de leur personnel seraient publiées à chaque trimestre dans un format facilitant la consultation et la recherche. En même temps, il annonce le dépôt d'un projet de loi visant à ouvrir au public les débats du Bureau de régie interne de la Chambre des communes. Ce projet doit être discuté à l'automne 2013[13].

Rôle du Canada sur la scène internationale[modifier | modifier le code]

Lors d'une visite à Washington le 24 octobre 2013, il déclare que le Canada doit s'impliquer davantage sur la scène internationale et intervenir de façon constructive, notamment dans le conflit israélo-palestinien[14]. Tout en reconnaissant que les anciennes missions de maintien de la paix dans lesquelles le Canada avait joué un rôle majeur durant la Guerre froide ne sont plus adaptées aux réalités du monde actuel, il estime qu'il y a bien des endroits où le Canada, en raison de son histoire, peut être présent et jouer un rôle positif[14].

Défense de la classe moyenne[modifier | modifier le code]

Il insiste sur la nécessité d'éviter l'érosion de la classe moyenne et d'adopter des politiques qui lui rendent sa prospérité[14].

Légalisation de la marijuana[modifier | modifier le code]

Justin Trudeau se montre ouvertement favorable à la légalisation de la marijuana[15] et envisage d'intégrer cet élément à sa plateforme électorale, afin de mieux en encadrer la consommation et de la taxer. Il estime que les dépenses liées à la criminalisation de cette substance par le gouvernement Harper (500 millions de dollars par an) sont du gaspillage, et que la légalisation aurait pour effet d'enlever énormément de profits aux gangs criminels[16]. Le , il déclare en conférence de presse en avoir déjà fumé cinq ou six fois dans sa vie, la dernière fois remontant à 2010, alors qu'il était député. Le fait que son frère Michel, décédé dans une avalanche, ait été poursuivi pour possession de drogue, aurait influencé sa position sur la question[17].

Controverses[modifier | modifier le code]

Le , Trudeau fait des excuses pour avoir critiqué la séparation en éducation des anglophones et des francophones au Nouveau-Brunswick. Il aurait en effet affirmé que « la séparation du français et de l'anglais dans les écoles est une chose qu'il faut réévaluer sérieusement. Ça divise les gens, ça leur met des étiquettes »[18].

Durant la campagne électorale de 2008, Justin Trudeau a été tourné en dérision par les médias en raison d'une vidéo de bienvenue bilingue sur son site Internet où il passait constamment du français à l'anglais[19]. Il remporte néanmoins le siège de la bloquiste Vivian Barbot.

En février 2012, dans une entrevue à Radio-Canada au cours de laquelle il critiquait les politiques du gouvernement Harper, Trudeau en est venu à dire qu'un Canada trop à droite pourrait l'inciter à « vouloir faire du Québec un pays[20]». Plusieurs dans les médias ont critiqué Trudeau pour ses propos, considérant qu'il pousse son désaccord avec les politiques de Stephen Harper vers un extrémisme imprudent. À la Chambre des communes, le 14 février, Trudeau réaffirmera son attachement au fédéralisme, tout en expliquant « On a un Canada qui devient mesquin, qui devient petit d'esprit, qui devient fermé. Qui est anti-intellectuel, qui commence à prôner la division et à s'ingérer dans la vie privée des gens. Excusez-moi, mais je ne reconnais pas ce pays. Et c'est des millions de Canadiens qui, non plus, ne reconnaissaient pas ce pays »[21].

Le 22 novembre 2012, Sun Media revient sur une entrevue qu'avait donnée Trudeau en novembre 2010 à Télé-Québec, au cours de laquelle il avait déclaré « Le Canada fait dur en ce moment parce que c'est des Albertains qui contrôlent notre agenda communautaire et sociodémocratique. Ça ne marche pas!». Ces propos suscitent de nombreux commentaires négatifs dans la classe politique, qui tente d'en faire un « scandale » à la veille d'une élection complémentaire dans Calgary-Centre[22]. Trudeau présente alors des excuses en expliquant qu'il visait Stephen Harper et le Parti conservateur, et non tous les Albertains[23], mais la controverse a ruiné les chances du candidat libéral dans cette élection[24].

En décembre 2012, à quelques jours de l'anniversaire de la tuerie de l'École polytechnique, Trudeau suscite une autre controverse en déclarant que « Le registre des armes d'épaule tel qu'il était fut un échec » et qu'il n'avait pas l'intention de le ressusciter[25]. Cette déclaration est particulièrement mal accueillie au Québec, qui s'est battu contre le gouvernement Harper afin de maintenir son propre registre. Trudeau sera forcé de se justifier, en indiquant qu'il avait voté contre la suppression de ce registre, mais qu'il fallait se rendre à la réalité et ne pas revenir sur une mesure qui s'était avérée un échec[26].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Candidat de la circonscription de Papineau, à Montréal, Justin Trudeau a remporté l'élection de 2008 avec 17 724, soit 41,47% des voix et celle de 2011 avec 16 429, soit 38,41% des voix.


Élection fédérale de 2011
Candidat Parti # de voix  % des voix
     Shama Chopra Conservateur 2 021 4,73 %
     Vivian Barbot Bloc québécois 11 091 25,93 %
     (x) Justin Trudeau Libéral 16 429 38,41 %
     Marcos Radhames Tejada NPD 12 102 28,29 %
     Danny Polifroni Vert 806 1,88 %
     Peter Macrisopoulos Marxiste-léniniste 228 0,53 %
     Joseph Young Indépendant 95 0,22 %
Total 42 772 100 %


Élection fédérale de 2008
Candidat Parti # de voix  % des voix
     Mustaque Sarker Conservateur 3 262 7,63 %
     (x) Vivian Barbot Bloc québécois 16 535 38,69 %
     Justin Trudeau Libéral 17 724 41,47 %
     Costa Zafiropoulos NPD 3 734 8,74 %
     Ingrid Hein Vert 1 213 2,84 %
     Mahmood Raza Baig Indépendant 267 0,62 %
Total 42 735 100 %

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Scouts du Canada : Conférenciers invités
  2. Cyberpresse : 101 questions avec Justin Trudeau
  3. Althia Raj, Contender: The Justin Trudeau Story, The Huffington Post, p. 6.
  4. Althia Raj, Contender: The Justin Trudeau Story, The Huffington Post, p. 20
  5. Althia Raj, Contender: The Justin Trudeau Story, The Huffington Post, p. 20.
  6. Cyberpresse : Combat caritatif: Justin Trudeau bat Patrick Brazeau
  7. Althia Raj, Contender: The Justin Trudeau Story, The Huffington Post, p. 9
  8. Tonda MacCharles, « Spotlight on Justin sparks talk of dynasty --- Trudeau's final resting place », Toronto Star, 5 octobre 2000, p. 1.
  9. Althia Raj, Contender: The Justin Trudeau Story, The Huffington Post, p. 23.
  10. Huffington Post, 14 avril 2013.
  11. Althia Raj, Contender: The Justin Trudeau Story, The Huffington Post, p. 30.
  12. Mettre fin à la partisanerie et au favoritisme politique au Sénat
  13. (en) The Globe and Mail, 5 juin 2013, Trudeau releases plan to show what MPs are spending
  14. a, b et c (en) The Globe and Mail, 24 octobre 2013, Trudeau makes his first visit to Washington
  15. Radio-Canada avec La Presse Canadienne, « Légalisation de la marijuana : les conservateurs décrient la nouvelle position de Trudeau », sur www.radio-canada.ca,‎ 26 juillet 2013 (consulté le 22 août 2013)
  16. Radio-Canada, « Trudeau fera de la légalisation de la marijuana un élément de sa plateforme électorale », sur www.radio-canada.ca,‎ 21 août 2013 (consulté le 21 août 2013)
  17. Radio-Canada, « Justin Trudeau dit avoir fumé de la marijuana lorsqu'il était député », sur www.radio-canada.ca,‎ 22 août 2013 (consulté le 22 août 2013)
  18. « Trudeau s'explique », sur www.radio-canada.ca, SRC,‎ 7 mai 2007 (consulté le 16 octobre 2008)
  19. Vincent Brousseau-Pouliot, « Justin Trudeau l'emporte dans Papineau », La Presse,‎ 15 octobre 2008 (lire en ligne)
  20. Le Devoir, 15 février 2012
  21. Radio-Canada, 14 février 2012
  22. La Presse, 23 novembre 2012
  23. Trudeau 'Sorry' for Alberta comments
  24. Althia Raj, Contender: The Justin Trudeau Story, The Huffington Post, p. 34.
  25. Radio-Canada, 2 décembre 2012
  26. Le Soleil, 3 décembre 2012

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