Xi Jinping
Xi Jinping (chinois : 习近平 ; pinyin : Xí Jìnpíng ; API : [ɕǐ tɕînpʰǐŋ]), né le 1er juin 1953 à Pékin[1], est un homme politique chinois, président de la République populaire de Chine depuis le 14 mars 2013, secrétaire général et président de la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois depuis 2012.
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Biographie [modifier]
Xi Jinping est le fils de Xi Zhongxun, ancien vice-président de l'Assemblée populaire et vice-Premier ministre[2] qui a été écarté du pouvoir par Mao Zedong lors d'une « purge » en 1962 avant d'être réhabilité lors de la prise du pouvoir de Deng Xiaoping[3].
Xi Zhongxun est l'un des huit immortels du Parti communiste chinois qui ont joué un rôle clef dans l'initialisation et le démarrage des réformes économique de la Chine dans les années 1980, puis sa supervision dans les années 1990[4].
Jeunesse et études [modifier]
Jusqu’à ce que survienne la disgrâce de son père, Xi Jinping a passé les premières années de sa vie, à Zhongnanhai, la « nouvelle cité interdite » des hauts dirigeants du Parti communiste[5]. Xi Jinping est le deuxième des quatre enfants de la seconde femme de Xi Zhongxun. Avec ses frères et sœurs, il est élevé dans un « milieu privilégié ». En effet, au sein de Zhongnanhai, la famille de Xi a sa propre cuisinière, des nounous pour les enfants et une voiture avec chauffeur est à disposition[6].
En 1969, lors de la Révolution culturelle, il est envoyé comme travailleur rural dans le village de Liangjiahe, dans la province de Shaanxi. Il y vit près de sept ans, de 15 à 22 ans, dans une habitation troglodytique. À cette époque, les enfants des hauts fonctionnaires intègrent en général l'armée, mais son père Xi Zhongxun étant exclu du PCC a perdu tout appui. Toutefois, la région est l'ancienne base révolutionnaire de son père, et Xi Jinping y est bien accueilli[7],[8]. Après quelques mois, il s'enfuit et regagne Pékin, où il est découvert et envoyé dans un camp de travail pour avoir déserté la campagne. Il regagne par la suite Liangjiahe, et cette fois s'attelle aux tâches requises[9].
Il rejoint la Ligue de la jeunesse communiste chinoise[10] en 1971, puis le Parti communiste chinois en 1974. Il étudie le génie des procédés à l'université Tsinghua de 1975 à 1979, mais son champ d'études est dicté par le Parti, et il ne fera jamais carrière dans ce domaine[9].
Carrière politique [modifier]
Après l'université il devient, grâce aux relations de son père, le secrétaire particulier de Geng Biao, membre de la commission militaire et futur ministre de la défense.
Sa première affectation en 1982 sera comme premier secrétaire d'un comté du Hebei réputé pour l'élevage des porcs[8]. En 1985 le réformateur Hu Yaobang le désigne en tant que vice-maire de Xiamen, une ville de la province du Fujian, en remplacement de sa propre belle-fille, l'épouse de Hu Deping, suite aux accusations de népotisme portées par les conservateurs.
Puis il exercera des responsabilités dans les provinces côtières. Il devient gouverneur du Fujian en 1999, il cherchera à y attirer des capitaux de Taïwan. Au Zhejiang, secrétaire du parti de 2002 à 2007, il y promeut l'écologie et combat la corruption. Cette province, située à l'est de la Chine, est un laboratoire pour les élections rurales et accueille beaucoup d'entreprises privées[8].
En octobre 2010, il est nommé vice-président de la Commission militaire centrale du Parti communiste chinois[11]. Cette nomination « implique qu'il deviendra sans aucun doute le secrétaire-général du PCC en octobre 2012, puis le président en mars 2013 », selon Willy Lam, analyste politique de l'Université chinoise de Hong Kong[12]. À cette occasion, Libération titre « Xi Jinping, le futur président chinois », expliquant que Xi est devenu « logiquement […] le successeur du président Hu Jintao en 2013 »[13].
Influence au sein du Parti communiste [modifier]
Dans les années 2000, Xi Jinping est l'une des figures de proue de la 5e génération de dirigeants du Parti communiste chinois qui accède au pouvoir[14].
Xi Jinping est considéré comme le chef de file de la faction des Princes rouges constituée des descendants des anciens du régime. Cette faction s'opposerait à celle de la Ligue de la jeunesse communiste chinoise dont le chef de file est l'ancien président Hu Jintao[3]. Par ailleurs, les princes rouges sont proches de la faction de Shanghai menée par l'ancien président Jiang Zemin[15]. Xi Jinping, fut le patron du Parti communiste à Shanghaï[16].
Apparente disparition [modifier]
Entre le 1er et le 15 septembre 2012, Xi Jinping est absent de la vie publique en Chine. Il ne se présente pas à plusieurs rencontres prévues avec des dirigeants étrangers et manque au moins un sommet du Parti communiste chinois[17]. Le dernier dirigeant étranger à le rencontrer est Angela Merkel lors de sa visite fin août[18]. Personne ne justifie de son absence et des pages de blogs qui s'interrogent sur sa disparition sont bloquées par la censure. Xi Jinping réapparaît le 15 septembre, lors d'une manifestation publique[19].
XVIIIe congrès du Parti communiste chinois [modifier]
Le Parti communiste chinois a renouvelé sa direction, en place depuis dix ans, à l'occasion du XVIIIe congrès national du Parti communiste chinois, qui se tenait du 8 au 14 novembre 2012. À la veille du congrès, le climat politique était tendu en Chine. Le Premier ministre Wen Jiabao, considéré comme un réformateur, a fait l'objet d'une enquête sur sa fortune, dont les sources « pourraient ainsi provenir des partisans de Bo Xilai » exclu du parti pour corruption[20],[21].
Les participants au congrés ont élu le nouveau Comité central du Parti communiste chinois composé de 205 dignitaires. Ces derniers ont désigné le Bureau politique du Parti communiste chinois composé de 25 membres, dont deux femmes. C’est parmi eux qu’a été choisi le Comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois, réduit de neuf à sept membres, tous des hommes. Le 15 novembre 2012, Xi Jinping, nouveau secrétaire général du Parti communiste chinois a présenté ces 7 membres : Zhang Gaoli, Liu Yunshan, Zhang Dejiang, le futur président Xi Jinping, le futur Premier ministre Li Keqiang, Yu Zhengsheng et Wang Qishan. Lors de son allocution, Xi Jinping a indiqué que la nouvelle équipe faisait face à d' « énormes responsabilités », précisant que le Parti communiste chinois était confronté à de « graves défis, dont la corruption »[22],[23].
Vie privée [modifier]
Famille [modifier]
Sa première épouse, Ke Lingling, était la fille de l'ambassadeur de Chine au Royaume-Uni. Le couple divorce au bout de trois ans[9]. En 1987, Xi Jinping épouse en secondes noces la chanteuse populaire Peng Liyuan[24]. Celle-ci est par ailleurs major général dans l'Armée populaire de libération, où elle s'est engagée à l'âge de 18 ans. Peng se produit aussi lors de manifestations officielles, comme en 1997 lors de la rétrocession de Hong Kong. La fille du couple, Xi Mingze, « étudierait aujourd'hui aux États-Unis », à l'université Harvard[3].
Fortune [modifier]
En juin 2012, le quotidien Bloomberg publie un article sur sa fortune et celle de sa famille[25], ce qui entraîne sa censure par les autorités chinoises. Les investissements à hauteur de 297 millions d’euros ne sont pas attribués directement à Xi Jinping, à son épouse Peng Liyuan ou à sa fille Xi Mengze. Selon Bloomberg, cette fortune est gérée par sa sœur aînée Qi Qiaoqiao, son beau-frère Deng Jiagui et leur fille Zhang Yannan. Cette fortune se situe dans les domaines de la téléphonie mobile, des minerais, de l'immobilier ou encore des terrains[26],[27]. Xi Yuanping, oncle de Xi Jinping, est actuellement président-directeur général de l’International Energy Conservation Environmental Protection Association, à Pékin[28]. Il est précisé que rien ne laisse penser que Xi Jinping ait commis des malversations[29],[30].
Avec les révélations d'octobre 2012 sur la fortune du Premier ministre Wen Jiabao, selon l'AFP, de nombreux Chinois sont convaincus que la nomenklatura communiste « bénéficie d'une vie dorée et de nombreux privilèges, dans un climat d'impunité »[31].
Réaction [modifier]
En juin 2012, alors que des Tibétains s'immolent par le feu, le dalaï-lama espère que Xi Jinping examinera la question tibétaine « de manière plus ouverte, plus réaliste »[32].
Notes et références [modifier]
- (en) "Profile: Xi Jinping - China's next leader?", BBC, 14 février 2012
- Biographie officielle de Xi Zhongxun Beijing review,6 juillet 1981
- Arnaud de La Grange, Xi Jinping : le futur maître de la puissance chinoise Le Figaro, 19 octobre 2010
- Les nouveaux visages au sommet du régime chinois en 2012, 6 février 2012
- Pierre Haski, Cinq choses à savoir sur le président chinois Xi Jinping Rue89, 14 mars 2013
- Xi Jinping, un prince rouge nouveau maître de la Chine Le Monde, 15 novembre 2012
- (en) "Xi Jinping : Cave dweller or princeling?", BBC, 14 février 2012
- Brice Pedroletti, « Les États-Unis, passage obligé pour le futur numéro un chinois Xi Jinping », Le Monde, 14 février 2012
- (en) "China’s political star Xi Jinping is a study in contrasts", Los Angeles Times, 14 février 2012
- Ursula Gauthier, Ligue de la jeunesse communiste 22 février 2012
- « Xi Jinping nommé vice-président de la Commission militaire centrale », Radio Chine internationale, 18 octobre 2010
- « Chine : le vice-président Xi Jinping nommé à la commission militaire », Agence France-Presse, 18 octobre 2010
- « Xi Jinping, le futur président chinois », Libération, 18 octobre 2010
- Yidir Plantade « Chine : de Hu Jintao à Xi Jinping, la stabilité à tout prix ? » Le Monde, 17 juin 2011
- Bhaskar Roy, Some Serious Introspections in China
- Arnaud de La Grange, Contrôle militaire étroit à Shanghaï Le Figaro, 30 avril 2010
- bbc.co.uk
- spiegel.de
- « Le futur numéro un chinois Xi Jinping réapparaît en public », Le Monde.fr avec AFP, 15 septembre 2012
- Lina Sankari, « En Chine, les rivalités explosent en scandales », humanite.fr, 30 octobre 2012.
- SIPA/AP, Chine: l'élite du PCC prépare le transfert du pouvoir à Xi Jinping Le Nouvel Observateur, 1 novembre 2012
- Gabriel Gresillon, Xi JinpingXi Jinping prend les rênes de la Chine en imprimant son style, Les Echos, 15 novembre 2012
- AFP, Xi Jinping, nouveau chef du Parti communiste chinois, Libération, 15 novembre 2012
- (en) "China Vice-President Xi Jinping given key military job", BBC, 18 octobre 2010.
- (en) Xi Jinping Millionaire Relations Reveal Fortunes of Elite, Bloomberg, 29 juin 2012. Consulté le 4 juillet 2012
- Aujourdhui la Chine, « La fortune cachée du futur « numéro un » chinois », Rue89, 4 juillet 2012. Consulté le 4 juillet 2012
- Reporters sans Frontière, Pékin étend la censure, 3 juillet 2012,
- Patrick Boehler, « Fils de princes, affaires et corruption » Le Monde diplomatique, septembre 2012
- « Pékin bloque le mot-clé Xi Jinping après parution d'un article sur la fortune de sa famille », La Tribune, AFP, 30 juin 2012
- (en) Bloomberg, "Xi Jinping Millionaire Relations Reveal Fortunes of Elite", 29 juin 2012
- « Chine : la fortune cachée de Wen Jiabao », Le Point, 26 octobre 2012
- Nouvelles immolations de Tibétains, le dalaï-lama considère les discussions comme inutiles Le Monde, juin 2012