Le Petit Prince

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Le Petit Prince
Image illustrative de l'article Le Petit Prince

Auteur Antoine de Saint-Exupéry
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Gallimard
Collection Blanche/Jeunesse
Date de parution 1943
Dessinateur Antoine de Saint-Exupéry
Couverture Antoine de Saint-Exupéry
Nombre de pages 104
ISBN 978-0152465032

Le Petit Prince est une œuvre de langue française, la plus connue d'Antoine de Saint-Exupéry. Publié en 1943 à New York simultanément en anglais et en français. C'est un conte poétique et philosophique sous l'apparence d'un conte pour enfants.

Le langage, simple et dépouillé, parce qu'il est destiné à être compris par des enfants, est en réalité pour le narrateur le véhicule privilégié d'une conception symbolique de la vie. Chaque chapitre relate une rencontre du petit prince qui laisse celui-ci perplexe quant au comportement absurde des « grandes personnes ». Chacune de ces rencontres peut être lue comme une allégorie.

Les aquarelles font partie du texte[1] et participent à cette pureté du langage : dépouillement et profondeur sont les qualités maîtresses de l'œuvre.

On peut y lire une invitation de l'auteur à retrouver l'enfant en soi, car « toutes les grandes personnes ont d'abord été des enfants. (Mais peu d'entre elles s'en souviennent.) ». L'ouvrage est dédié à Léon Werth, mais « quand il était petit garçon ».

Résumé[modifier | modifier le code]

Le narrateur[modifier | modifier le code]

Le narrateur est un aviateur qui, à la suite d'une panne de moteur, a dû se poser en catastrophe dans le désert du Sahara et tente seul de réparer son avion (Antoine De Saint-Exupéry se met en scène lui-même dans son œuvre).

Le lendemain de son atterrissage forcé, il est réveillé par une petite voix qui lui demande : « S'il vous plaît… dessine-moi un mouton ! »

Très surpris par cette apparition miraculeuse et incongrue, l'aviateur obéit, mais aucun de ses moutons ne convient au petit prince. Excédé, le narrateur dessine la caisse du mouton : « Ça, c'est la caisse. Le mouton que tu veux est dedans ». Le petit prince s'en montre cette fois-ci satisfait et remarque que le mouton « s'est endormi ».

Jour après jour, le petit prince raconte son histoire au narrateur. Il vit sur une autre planète, l'astéroïde B 612, « à peine plus grande qu'une maison ». Son astéroïde avait été découvert, en 1909, par un astronome oriental (turc) que personne n'avait pris au sérieux à cause de ses vêtements traditionnels. Refaisant sa conférence, en 1920, en costume et cravate après une réforme dans son pays, il avait cette fois-ci été longuement applaudi.

Les activités du petit prince consistent essentiellement à ramoner les volcans et à arracher les baobabs pour qu'ils n'envahissent pas sa planète. Une aquarelle pleine page montre une planète rendue inutilisable par trois baobabs qu'on a trop attendu pour arracher. L'auteur indique que si ce dessin est effrayant c'est qu'il était « animé par le sentiment de l'urgence » en le dessinant. S'il s'agit des trois forces de l'Axe, la symbolique de la vigilance envers les baobabs et volcans à surveiller « même éteints » devient un message fort clair.

Après ces activités, le petit prince va contempler un coucher de soleil ; son astéroïde est si petit qu'il lui suffit de déplacer sa chaise de quelques mètres pour cela : une fois, il a vu plus de quarante couchers de soleil à la suite.

Ayant assisté à la naissance d'une rose superbe — orgueilleuse, coquette et exigeante —, le petit prince découvre que l'amour… peut avoir des épines. Il décide alors de quitter sa planète et d'aller explorer les étoiles, en quête d'amis. Il dira au narrateur qu'il n'aurait jamais dû quitter sa planète, car "il ne faut jamais écouter les fleurs". Il a ainsi rencontré, murés dans leur solitude, une galerie de personnages : le monarque d'un empire factice (qui ne voit en lui qu'un sujet), le vaniteux (qui le voit comme un admirateur), le buveur qui boit pour oublier qu'il boit, le businessman propriétaire d'étoiles, l'allumeur de réverbère qui obéit à une consigne sans se poser de questions, et le géographe écrivant d'énormes livres qui, au chagrin du petit prince, ne recensent pas les choses importantes de la vie, mais uniquement les pérennes...

Le petit prince sur Terre[modifier | modifier le code]

Toujours en quête d'amis, le petit prince arrive sur Terre, et c'est encore la solitude et l'absurdité de l'existence qu'il va découvrir : sa rencontre avec le serpent qui ne parle que par énigmes, celle d'une fleur « à trois pétales », l'écho des montagnes.

Enfin, il arrive dans un jardin de roses. Il se rend alors compte que sa fleur n'était pas unique et devient bien malheureux. C'est alors qu'il rencontre un renard ; ce dernier lui explique ce que signifie « apprivoiser ». C'est grâce à l'enseignement du renard que le petit prince découvre la profondeur de l'amitié :

  • « On ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. »
  • « Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. »
  • « C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante. »
  • « Droit devant soi on ne peut pas aller bien loin. »

Plus tard, le petit prince rencontre successivement un aiguilleur et un marchand avant de rencontrer l'aviateur — avec lequel il restera huit jours. Guidé par la fragilité et la candeur du petit prince, celui-ci finit par découvrir un puits dans le désert : « Ce qui embellit le désert, dit le Petit Prince, c'est qu'il cache un puits quelque part. » Peu après, le petit prince explique au narrateur qu'il est arrivé sur Terre depuis près d'un an : il doit rentrer sur sa planète pour s'occuper de sa fleur dont il se sent désormais « responsable ». Il ne peut en revanche emporter son corps trop lourd et dont un serpent qui parle toujours par énigmes accepte de le libérer. En compagnie de l'aviateur, le petit prince revient sur le lieu exact où il était arrivé : « Il tomba doucement comme tombe un arbre. Ça ne fit même pas de bruit à cause du sable. »

Le petit prince sourit, il rira même éternellement dans les étoiles d'après le texte de Saint-Exupéry.

Naissance du personnage[modifier | modifier le code]

« J'aurais aimé commencer cette histoire à la façon des contes de fées. » Le regret du narrateur est clair. Pourtant, lors de sa parution, Le Petit Prince n'a pas reçu l'accueil de Terre des hommes ni de Pilote de guerre, considéré par les Américains comme « la plus grande réponse que les démocraties aient trouvée à Mein Kampf »[2]. Pourtant, malgré sa chevelure dorée, son écharpe aérienne et son rire délicieux d'enfant, le Petit Prince est foncièrement grave. Il a vu le jour en temps de guerre et un dessin terrifiant d'une planète envahie par trois baobabs que l'on n'a pas su couper à temps, dessiné « avec le sentiment de l'urgence » écrit l'auteur, peut faire penser aux trois puissances de l'Axe.

En 1935 paraît Terre des hommes. Dans le train qui le conduit à Moscou, Saint-Exupéry rencontre un couple d'ouvriers : « Entre l'homme et la femme, l'enfant, tant bien que mal, avait fait son creux et il dormait. Mais il se retourna dans le sommeil, et son visage m'apparut sous la veilleuse. Ah ! quel adorable visage ! Il était né de ce couple-là une sorte de fruit doré. Il était né de ces lourdes hardes cette réussite de charme et de grâce. Je me penchai sur ce front lisse, sur cette douce moue des lèvres, et je me dis : voici un visage de musicien, voici Mozart enfant, voici une belle promesse de la vie. Les petits princes des légendes n'étaient point différents de lui. »[3] Le personnage était déjà nommé.

Le 29 décembre de la même année, Saint-Exupéry tente d'assurer la liaison de Paris-Saïgon mais son avion s'écrase le 31 décembre dans le désert de Libye. C'est une caravane de nomades qui le sauvera : la rencontre « miraculeuse » et comme « tombée du ciel » vient de naître.

Michel Quesnel précise que « lorsqu'il fréquente les petits restaurants, Saint-Exupéry alimente sa patience en griffonnant, sur le papier gaufré qui lui tient lieu de nappe, l'esquisse d'un jeune personnage auquel il suffira qu'on l'ampute d'ailes inutiles et qu'on laisse rayonner ses cheveux pour qu'il devienne le Petit Prince »[4].

Petit à petit, les courriers personnels de l'auteur font apparaître la silhouette très nette que nous connaissons du personnage. En mai 1940, dans une lettre qu'il envoie à Léon Werth, à qui est dédié le livre, apparaît sur son nuage un petit personnage au regard courroucé, en face d'une planète habitée par un vieux mouton cornu, plantée d'arbres et ornée en premier plan par une rose.

Le personnage du petit prince aurait aussi été inspiré à Saint-Exupéry par la personnalité de Pierre Sudreau[5]. Une autre histoire, tenace au Québec, affirme que le Petit Prince serait inspiré de Thomas De Koninck, fils de son ami Charles De Koninck chez qui il a séjourné à Québec en 1942[6].

Phénomène d'édition[modifier | modifier le code]

Deux éditions en anglais et en français du Petit Prince.

Le Petit Prince fait son apparition dans les librairies aux États-Unis en 1943. Mais Saint-Exupéry y pense depuis plus de sept ans déjà. À moins que l'on ne puisse lire l'ouvrage comme une « autobiographie discrète »[7], la mort de son frère François, qu'il nommait « le roi soleil », en juillet 1917 marquant peut-être le passage d'Antoine du stade d'adolescent à celui d'adulte[8]. Prévu comme un conte de Noël devant sortir pour les fêtes de Noël en 1942 selon Eugene Reynal, son éditeur américain qui avait suggéré à Saint-Exupéry de mettre en texte l’histoire du petit bonhomme qu’il n’arrêtait pas de dessiner partout, Le Petit Prince sort finalement en anglais et en français le aux éditions Reynal & Hitchcock (en) puis en France aux éditions Gallimard en novembre 1945[9].

L'ouvrage, vendu à plus de 145 millions d'exemplaires dans le monde et 12 millions d'exemplaires en France[8], est traduit en 270 langues et dialectes, ce qui en fait l'ouvrage de littérature le plus vendu au monde et le plus traduit après la Bible[10] : les langues les plus connues des cinq continents, mais aussi dans des langues moins répandues comme la langue corse, le breton, le tagalog aux Philippines, le papiamento à Curaçao, le féroïen aux îles Féroé, le frioulan en Italie, l'aragonais en Espagne, le romanche en Suisse, l'irlandais (gaelique) en Irlande, le quichua en Équateur, le guarani au Paraguay, ainsi qu'en espéranto[11] et dans les nombreuses langues de l'Inde : l'hindi, le télougou, le marâthî, le panjâbî, le tamoul, le malayalam[12]. En 2005, Le Petit Prince fut traduit en toba, une langue amérindienne du nord de l'Argentine, sous le titre So Shiyaxauolec Nta'a. C'est le premier livre à avoir été traduit dans cette langue après le Nouveau Testament.

Phénomène d’édition, phénomène culturel, Le Petit Prince est international. 270 traductions répertoriées à ce jour, plus de cent trente millions de livres, cassettes, DVD, CD audio vendus dans le monde, un musée au Japon, un opéra aux États-Unis et en Allemagne, une comédie musicale en France et en Corée, une intégration dans les programmes scolaires au Maroc, au Canada, au Liban, au Japon, en Corée, plus de 400 produits dérivés sous licence[8], etc.

Le livre fut initialement publié à New York, et l'édition française fut ensuite tirée par retramage des gravures de cette édition, dont les originaux n'étaient plus disponibles. Un nouveau tirage en collection Folio au début du XXIe siècle restitua tardivement dans une édition française les illustrations à partir des originaux. Indépendamment de la meilleure qualité technique, on s'aperçut que plusieurs dessins des éditions françaises antérieures avaient été remaniés d'autorité par l'éditeur pour des raisons de mise en page (étoile visée par l'Astronome, par exemple)[13].

Le manuscrit original est conservé à la Pierpont Morgan Library à New York sous la cote 131761[14].

Œuvres secondes[modifier | modifier le code]

Adaptations phonographiques[modifier | modifier le code]

Opéras, comédies musicales et chansons[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Dessins animés[modifier | modifier le code]

Monnaie[modifier | modifier le code]

Le Petit Prince sur un billet de 50 francs

Certains éléments du conte ont figuré sur le billet de 50 francs Saint-Exupéry, notamment le Petit Prince debout sur sa planète dont on aperçoit deux volcans et deux fleurs, des étoiles et, au recto, le « boa ouvert ».

Mises en scène notables[modifier | modifier le code]

  • 1981 - 2001 Compagnie Guy Gravis, Théâtre National d'Art et d'Essai Le Lucernaire, Paris. Guy Gravis crée le rôle de Saint Exupéry dans « Le Petit Prince », spectacle qu'il produit et qui tient l'affiche pendant 22 ans à Paris, au théâtre National d'Art et d'Essai Le Lucernaire. Ce spectacle a été joué dans 54 pays sur les cinq continents. 70 enfants se sont succédé dans le rôle titre. Grâce au principe d'une triple distribution, a déjà fait l'objet de nombreuses tournées mondiales. À l'instar du succès parisien, le Petit Prince atteint une réussite mondiale : au Canada, en Australie, à l'Ile Maurice et en Amérique du Sud. Il se voit attribué en 1991 le PIAF du meilleur spectacle.
  • 1985 de Bernard Jenny, Théâtre La Choucrouterie Strasbourg

Suite allographe[modifier | modifier le code]

L'homme d'affaires et poète argentin Alejandro Roemmers a écrit une suite au Petit Prince, avec l'aval des frères d'Agay, descendants de Saint-Exupéry. Intitulé El regreso del joven principe, le roman a une publication limitée à l'Argentine, les héritiers de Saint-Exupéry ayant refusé toute idée de publication française tant que l'œuvre originale ne serait pas tombée dans le domaine public, ce qui se produira en 2033. L'auteur présente dans son livre un petit prince adolescent qui découvre l'univers des adultes au cours de son voyage.

Dédicace[modifier | modifier le code]

Saint-Exupéry a dédié Le Petit Prince à l'un de ses meilleurs amis, Léon Werth, écrivain et critique d'art. Ou plutôt, précise-t-il, à l'enfant qu'a été Léon Werth. Mais il a regretté par la suite de ne pas l'avoir dédicacé à son épouse Consuelo de Saint-Exupéry, qui est l'âme du livre, représentée par la rose, orgueilleuse et fragile à la fois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour des raisons techniques, les tirages français, à la différence des tirages américains, n'étaient pas créés à partir des aquarelles d'origine, mais de leurs reproductions imprimées ; de plus, toujours pour des raisons techniques, certaines avaient été remaniées. L'édition Folio de 2004 corrige cette anomalie en reprenant les aquarelles d'origine et mentionne le fait.
  2. Formule du rédacteur en chef du journal The Atlantic.
  3. Terre des Hommes, « Les Hommes » (Œuvres complètes, tome 1, p. 284).
  4. Préface à l'édition de 1993 (Gallimard).
  5. Radio-France, résumé d'une émission du 5 mai 2003.
  6. voir article sur le journal de l'université Laval, archives d'une émission de Télé-Québec
  7. Michel Quesnel dans sa préface à l'édition de la Pléiade.
  8. a, b et c Laurence Houot, « Le Petit Prince a 70 ans », sur France TV,‎ 3 avril 2013
  9. Le Petit Prince (1943)
  10. Pierre Echevin, « Le Petit Prince de Saint-Exupéry : 70 ans et pas une ride », sur Le Nouvel Obs,‎ 21 avril 2013
  11. http://esperanto-france.org/IMG/pdf/2010-10-10CPPetitPrinceEo.doc.pdf Communiqué de presse diffusé à l'occasion de la 3e édition
  12. Anne-Solange Noble, Préface à l'édition Gallimard de 1993.
  13. Source : indications d'accompagnement de l'exemplaire Folio.
  14. (en) The Morgan Library & Museum
  15. Dans la version de 1973 éditée sur disques Déesse (la plus rare de toutes), on retrouve Jean Carmet, Romain Bouteille, Claude Piéplu, Bernard Dimey, et Raoul de Godewarsvelde, le papa d'Arnaud Delbarre, l'actuel directeur de l'Olympia.
  16. Le Petit Prince : Le Spectacle
  17. Big Ben, « Inadapté », dans Comix Club no 10, janvier 2009, p. 50-52.
  18. Site officiel du Petit Prince : http://www.lepetitprince.com/serietv/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bésixdouze, hommage au Petit Prince.

Liens externes[modifier | modifier le code]