Viticulture en France

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Les principaux vignobles de France.

La viticulture en France trouve ses sources à l'époque de la colonisation grecque. La France étant l'un des pays de l'héritage latin, le vin fait partie intégrante de sa culture. La façon dont la culture française s'est investie dans l'élaboration de ses vins lui a même valu la réputation internationale d'être « le pays du vin ». Cependant l'Espagne et l'Italie rivalisent tous les ans avec la France pour ce qui est de la production de vin par an. En 2017, la France est le deuxième producteur mondial de vin derrière l'Italie et devant l'Espagne[1], et le troisième exportateur mondial[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans les civilisations antiques du Proche-Orient ancien, la boisson principale était la bière, consommée quotidiennement de par sa facilité de fabrication : préparée le matin, elle était bue dans la journée. L'élaboration du vin exigeait une plus grande maîtrise, sa technologie se diffusa plus lentement dans le monde grec puis dans le monde gaulois. Ainsi, les Gaulois consommèrent de l'hydromel et surtout de la bière avant d'importer du vin, puis de l'exporter et de devenir, sous l'Empire romain, d’excellents viticulteurs[3].

Vignerons (environs d'Obernai) par Charles Spindler (1902).

Les premiers comptoirs grecs établis sur les rivages méridionaux de ce qu'aujourd'hui est la France furent fondés entre le VIIe et le VIe siècles av. J.-C. par les Grecs phocéens, qui y apportèrent la culture de la vigne, les vignobles étant alors circonscrits à d'étroits espaces proches du littoral avant de se diffuser dans la Gaule celtique[4]. Le vin fut quant à lui introduit par les marchands venus des cités étrusques à la fin du VIIe siècle avant notre ère[5],[6].

Les Gaulois buvaient le vin pur. Selon l'hypothèse de l'archéologue Matthieu Poux[7]. couper le vin était tabou car ce produit était assimilé au sang. Le développement du vin gaulois disparu avec l'extension de la production romaine en Gaule, car seuls les citoyens romains avaient le droit de planter des vignes. Il réapparu au Ier siècle avant notre ère. L'avancée romaine en 125 av. J.-C., le long du couloir rhodanien vers le nord, et à l'ouest vers le Languedoc, vit alors la diffusion de la vigne et le développement de son industrie en Gaule. L'importation en masse de vin romain perdura jusqu'au Ier siècle av. J.-C. Le vin était payé par deniers, troc (bétail, céréales, biens manufacturés) voire par échange d'esclaves (un esclave contre une amphore de vin selon l'écrivain grec Diodore de Sicile) et sa production était alimentée par les guerres entre les tribus gauloises. Le vin était transporté essentiellement par voie maritime (commerce hauturier ou par cabotage) et fluviale, le commerce terrestre étant plus coûteux. Lorsque la Gaule fut conquise et que les aristocrates gaulois ne pouvaient plus utiliser le commerce du vin romain pour assurer leur domination politique, la viticulture gauloise se développa et s'exporta vers l'ensemble de la Méditerranée[8]. Contrairement à l'opinion populaire, le vin n'était pas consommé par tout le peuple, il s'agissait plus d'un marqueur diacritique de prestige[9]. Vers la fin du Ier siècle av. J.-C., la production de la Gaule narbonnaise commençait à concurrencer les vins italiens. En 92, l’empereur Domitien fit interdire la plantation de vignes et ordonna l’arrachage de 50 % du vignoble méditerranéen, interdiction levée seulement en 276 par un édit de Probus qui « remplit la Gaule de vignobles », selon l'expression d'Aurelius Victor, pour s'attirer la faveur des Gaulois face à la menace des invasions barbares[10]. Les vignobles bordelais, languedocien et rhodanien s’épanouirent et la vigne atteint alors la région parisienne, qui restera longtemps l’une des plus grandes régions viticoles françaises. Les Gallo-romains, en développant la culture viticole, améliorèrent les procédés de vinification par la technique du vieillissement en fûts de chêne. Le déclin de l’Empire romain au Ve siècle aurait porté un coup au développement de l’agriculture gauloise[9].

Au cours du Moyen Âge le paysage viti-vinicole français évolua et subit de profondes modifications. En Bretagne et en Normandie par exemple, la noblesse, séduite par le cidre importé du Pays basque par voie maritime, arracha entièrement ses vignes en les remplaçant par des pommiers. À partir du IVe siècle, le christianisme concourut au renforcement de la valeur attachée au vin, prenant la relève sur l'Empire romain. La liturgie de la communion sous les deux espèces (le pain et le vin) pratiquée jusqu’au XIIIe siècle, fut l’un des moteurs du maintien de la tradition viticole. Alors que les vins de l’Antiquité étaient coupés d’eau et agrémentés d’herbes et d’aromates, le vin sous sa forme moderne apparu au Moyen Âge. Les cathédrales et les églises étaient propriétaires de nombreux vignobles et, sous couvert de l’activité du « vin de messe », les moines géraient de nombreux vignobles monastiques, contribuant ainsi à la création de vignobles existant jusqu'à nos jours. L’expansion de la civilisation chrétienne fut ainsi à l’origine de l’expansion de la viticulture dans le monde.

Dans les siècles qui suivirent, les vignobles français dessinèrent peu à peu le paysage actuellement connu la fin du Xe siècle, le vignoble de Bordeaux, seule région viticole à ne pas être sous influence de l’Église, commença à se développer. Le duché d’Aquitaine, uni à la couronne d’Angleterre, remplit les flottes anglaises de clairet dont les Anglais raffolaient. Au début du XIIe siècle, le vignoble de Champagne fut créé par la grande charte champenoise, donnée par Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons-sur-Marne. Dès le XVIIe siècle Le Champenois produisait essentiellement des vins mousseux dès le ; le Bergeracois découvrit la botrytisation ; Paris et l'Île-de-France était alors le plus grand vignoble de France, qui approvisionnait les villes, grandes consommatrices de vin[11].

Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, les crises frumentaires devenues cycliques influencèrent la culture de la vigne. Lors de la famine de 1566, Charles IX ordonna l'arrachage des vignobles en France pour semer du blé. Cet édit fut annulé sous le règne de Henri III, le roi recommandant alors aux gouverneurs de ses provinces de contrôler que « les labours n'ont pas été négligés dans leurs circonscriptions en faveur d'une culture excessive de la vigne »[12].

Jusqu’au XVIIe siècle, le vin constituait la seule boisson stockable et sûre. Ce n’est qu’avec le développement des bières d'une part, l'importation des lointaines colonies du thé, du café et du chocolat faisant apparaître de nouvelles boissons d'autre part, ainsi que le déploiement de l’eau courante, que le vin fut détrôné.

Napoléon III établit la Classification officielle des vins de Bordeaux de 1855.

À la fin du XIXe siècle la catastrophe du phylloxéra (un puceron) menaça de rayer de la carte les vignobles européens. La solution fut de greffer les cépages français sur des porte-greffes américains résistants. Le phylloxéra a épargné une petite partie du vignoble du Languedoc car les sols sableux empêchent le déplacement de la forme souterraine du phylloxéra[13]. Pour les mêmes raisons, une partie du vignoble des Landes aurait été épargnée.

Le système d'appellations fut établi par la loi d'août 1905.

La fin du XXe siècle est marquée par la concurrence des pays traditionnellement exportateurs (France, Italie) qui privilégient les vins de terroir, et les pays dits du Nouveau Monde (États-Unis, Argentine, Chili, Australie, Afrique-du-Sud) plutôt orientés vers les vins de cépage (appelés aussi vins technologiques)[14].

Une nouvelle vague épidémique ravage le vignoble : un rapport parlementaire sur les maladies de la vigne publié en juillet 2015 évalue à 13 % la part du vignoble français rendu improductif en une quinzaine d'années ; l'ensemble du vignoble européen est touché. Selon l’Institut français du vin, cette disparition d’une partie des vignes représenterait un manque à gagner d’environ 1 milliard d’euros sur les 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires de la profession. Selon l’organisme public France AgriMer, ce sont 3 à 5 millions d’hectolitres qui font défaut. Le mal continue de progresser touchant, selon le rapport, 0,5 % à 1 % du vignoble chaque année ; la région de Cognac et le Jura sont particulièrement touchés. Deux maladies qui s’attaquent au bois sont désignées : l’Esca causée par un champignon et la flavescence dorée transmise par un insecte. Le seul remède est l'arrachage[15].

Le Languedoc-Roussillon reste en 2015 la première région viticole de France par sa superficie et ses volumes avec un tiers de la superficie viticole totale française et un tiers de la production de la production française (13,5 millions d’hectolitres en 2013, soit 5 % de la production mondiale)[16].

Vignobles[modifier | modifier le code]

Carte des vins de France en 1905

La France possède de nombreux vignobles, ayant chacun des sols, des pratiques culturales et une histoire différente. Ces caractéristiques définissent le terroir. Le nom du terroir dont le vin est issu est indiqué sur l'étiquette de la bouteille. En Bourgogne, le terroir est généralement désigné par l'appellation de domaine alors que le Bordelais préfère celle de château.

Le terroir viticole est une notion qui permet de reconnaître à chaque vin une personnalité de par les cépages utilisés, de par les terrains sur lesquels les vignes poussent, de par les microclimats dont ils profitent, de par le savoir-faire des vignerons qui le cultivent, le vinifient et l'élèvent.

Dans le Bordelais, les terroirs portent le nom du propriétaire parfois précédée de la dénomination « château ». Cette appellation n'accepte que les vignes de la propriété sur laquelle le château se trouve. L'étiquette des vins de Bordeaux cite le nom du château et son classement en « premiers crus classés » établi en 1855. Une exception notable, le vin Petrus n’a jamais apposé la mention « château », car il n'en existe pas.

En Bourgogne, le terroir, nommé « climat », est souvent délimité par les parcelles bien identifiées au cadastre et par des murets. Il existe des centaines de terroir portant le nom des parcelles.

Vignobles produisant au moins une IGP ou une AOP[modifier | modifier le code]

Vignoble superficie (km²) production (M bout.) ventes (M€) rendement (hL/ha) prix moyen (€/bt) rentabilité (€/m²)
Vignoble d'Alsace 156 150 610 72.1 4.07 3.91
Vignoble du Beaujolais 157 100 47.7
Vignoble de Bordeaux 1120 720 3740 48.2 5.19 3.34
Vignoble de Bourgogne 283 185 1400 49 7.57 4.94
Vignoble du Bugey
Vignoble de Champagne 337 307 4500 68.3 14.66 13.35
Vignoble de Corse 70 49 120 52.5 2.45 1.71
Vignoble du Jura 19 10 39.5
Vignoble du Languedoc-Roussillon 2260 1680 2200 55.8 1.31 0.97
Vignoble du Limousin
Vignoble de Lorraine
Vignoble du Lyonnais
Vignoble de Normandie
Vignoble de Provence 260 185 610 53.4 3.3 2.35
Vignoble de Savoie 22.7 16 50 52.9 3.13 2.2
Vignoble du Sud-Ouest[17] 500 450 67.5
Vignoble du Val de Loire 650 380 1500 43.8 3.95 2.31
Vignoble de la Vallée du Rhône 700 376 1470 40.3 3.91 2.1

Vignobles produisant au moins un VSIG sans IGP ni AOP[modifier | modifier le code]

Autres vignobles[modifier | modifier le code]

Cartes de vignobles[modifier | modifier le code]

Réglementation française[modifier | modifier le code]

Encépagement[modifier | modifier le code]

Le choix des cépages pour la production de vin de table n'est plus libre en France depuis la parution en 1953 d'un décret portant sur l'orientation de la production viticole.

En 1955 les cépages furent classés en trois catégories :

  • cépages recommandés ;
  • cépages autorisés ;
  • cépages tolérés.

Depuis 1970, la réglementation communautaire ne reconnaît que deux catégories : les cépages recommandés, issus de cultivars de Vitis vinifera adaptées à leur zone de culture, et les cépages autorisés, dont la culture n'est pas souhaitable (il est pratiqué un abattement des surfaces de 30 % en cas de replantation en cépage autorisé).

À noter qu'il existe aussi des cépages interdits, ne figurant pas dans le cahier des charges des appellations : le clinton, l'herbemont, l'isabelle, le jacquez, le noah et l'othello.

Le choix des cépages est très strictement réglementé pour les appellations d'origine contrôlée, et plus libre pour les vins de pays.

Selon les vignobles, les cépages peuvent être vinifiés seuls (vins mono-cépages) ou mélangés (vins d'assemblage). L'Alsace et la Bourgogne sont par exemple des vignobles traditionnels de vins mono-cépages alors que le châteauneuf-du-pape et le gaillac sont l'illustration la plus flagrante du concept d'assemblage (jusqu'à treize cépages différents sont autorisés). Dans un même vignoble, les deux pratiques peuvent coexister : ainsi à Bordeaux, les médoc résultent souvent d'assemblage, alors que les saint-émilion et pomerol sont fréquemment de purs merlot.

Ces pratiques de vinification ne sont pas à confondre avec la notion récente de vins de cépages, qui correspond à des vins de pays mono-cépages dans lesquels est recherchée l'expression du cépage sans interférence du terroir : par exemple un château-grillet est un cru prestigieux élaboré à partir du seul cépage viognier sur le terroir de Château-Grillet, au sein de l'appellation du condrieu, tandis qu'un vin de pays de la Drôme viognier est un vin de cépage, dans lequel le consommateur s'attend à retrouver les caractéristiques du cépage viognier et elles seules.

Réforme de la filière viti-vinicole française[modifier | modifier le code]

Le consommateur européen est devenu au cours des années, plus exigeant, plus sélectif, plus regardant sur la qualité et curieux des vins d'autres contrées. En France, la consommation moyenne a régressé de près de 10 % de l'an 2000 à 2005.

En juillet 2004, le ministre de l'Agriculture Hervé Gaymard a lancé la réforme de filière viti-vinicole française en recevant les représentants des organisations professionnelles qui siègent au conseil de l'Onivins (Office national interprofessionnel des vins). Il s'agit de sortir d'une des plus grandes crises que le secteur ait connue de son histoire (la plus grave restant la crise phylloxérique qui a vu disparaître certains vignobles entiers), car pas une région n'échappe à la chute dramatique des ventes et aux faillites en nombre.

Trois causes sont responsables de la situation actuelle, une baisse constante de la consommation aux plans mondial et national (la France restant le premier pays consommateur au monde), la concurrence des vins étrangers, renforcée par un euro trop fort, mais également une complexité extrême de la production française et son inadéquation aux marchés étrangers. Le pire peut côtoyer le meilleur et les consommateurs sont décontenancés devant les étiquettes des vins français et leur classement entre les vins de table, les vins de pays, les AOVDQS, les AOC et les crus.

René Renou, président du comité des vins et spiritueux de l'INAO, chargé des AOC et auteur d'un projet de réforme radical, annonce: « Si nous ne faisons pas le ménage nous-mêmes, le marché le fera à notre place (…). Le consommateur ne s'y retrouve pas, il faut regagner sa confiance et produire toujours de meilleurs vins ». Les exportations ont chuté de 3 % en 2003 et au premier trimestre 2004, elles enregistrent une baisse de 7 % en valeur et de 4,6 % en volume, par rapport au premier trimestre 2003.

La nouvelle organisation proposée s'articule autour de deux grands groupes de produits :

  • ceux dont l'offre est bâtie sur le terroir et la typicité, comme les AOC (« marketing de l'offre ») ;
  • ceux capables de répondre aux attentes de chaque catégorie de consommateurs et à même de s'adapter aux exigences des marchés internationaux (« marketing de la demande »), ceux où la concurrence est la plus dure, et où l'on va proposer des vins identifiables par leur cépage ou par leur marque, et qui pourront avoir accès à de nouvelles technologies, comme celle de l'utilisation des copeaux de bois, etc. Il s'agit notamment de la mention « Vin de France »[18] qui peut contenir aussi bien des vins mono-cépages que des vins d'assemblage, mais sans indication d'origine géographique : on parle alors de vins « Sans Indication Géographique » ou SIG. La mention Vin de France est représentée par L'Anivin de France, interprofessionnelle nationale qui a remplacé l'interprofession des vins de tables le 6 avril 2009[19].

La réforme de la filière viti-vinicole française a conduit, en 2006, à la création des conseils de bassin viticole.

Appellations[modifier | modifier le code]

Le système d'appellations visant à protéger les produits agricoles (dont le vin) fut d'abord établi en France par la loi du . Les autres pays du reste du monde commencèrent alors à l'imiter. La France faisant partie de l'Union européenne, la classification de ses vins d'appellation doit s'harmoniser avec celle de l'UE. Pour être reconnu et commercialisé, un vin doit obtenir un agrément de FranceAgriMer ou respecter un cahier des charges tout d'abord soumis à l'INAO[20]. L'officialisation de l'appellation est alors publiée dans le Journal officiel. Depuis le 1er août 2009, les vins français sont classés en trois catégories :

Le décompte direct des vins sous AOP n'est cependant pas représentatif. En effet, ces vins disposent d'un système interne de classement permettant à certains d'entre eux d'apposer la mention « Cru » sur l'étiquette du produit. Le classement des crus n'est cependant pas homogène au niveau national, ni même parfois au niveau régional :

  • pour les vins effervescents, l'appellation champagne dispose des mentions complémentaires « Premier Cru » et « Grand Cru » pouvant être accordées selon les dispositions du cahier des charges de l'appellation[27].
  • pour les vins tranquilles à l'exception des bordeaux, les crus sont donnés dans le tableau ci-dessous. Le système de classement pourrait cependant être plus homogène en adoptant un unique usage pour chaque type de cru.
Utilisation de la mention « Cru » pour les vins tranquilles à l'exception des bordeaux
Zones géographiques Cru Classé Premier Cru Grand Cru
Alsace 51 grands crus (1 appellation alsace-grand-cru obligatoirement suivie d'une des 51 mentions complémentaires)
Auxerrois 41 premiers crus (1 appellation chablis suivie de la mention « Premier Cru » et éventuellement suivie d'une des 40 mentions complémentaires) 8 grands crus (1 appellation chablis-grand-cru éventuellement suivie d'une des 7 mentions complémentaires)
Beaujolais 10 crus classés ayant chacun sa propre appellation (la mention complémentaire utilisée ici n'est pas « Cru Classé » mais « Cru du Beaujolais »)
Côte Chalonnaise 146 premiers crus (4 appellations suivies de la mention « Premier Cru » et éventuellement suivies d'une mention complémentaire)
Côte de Beaune 341 premiers crus (16 appellations suivies de la mention « Premier Cru » et éventuellement suivies d'une mention complémentaire) 32 grands crus (8 appellations dont une (corton) est éventuellement suivie d'une des 24 mentions complémentaires)
Côte de Nuits 142 premiers crus (7 appellations suivies de la mention « Premier Cru » et éventuellement suivies d'une mention complémentaire) 24 grands crus ayant chacun sa propre appellation
Côte Vermeille 1 grand cru ayant sa propre appellation (banyuls-grand-cru)
Provence 23 crus classés (1 appellation côtes-de-provence pour laquelle la mention « Cru Classé » n'est toutefois pas une mention complémentaire inscrite dans le cahier des charges de l'appellation)
Val de Loire 1 premier cru (1 appellation coteaux-du-layon suivie de la mention « Premier Cru » et obligatoirement suivie de la mention complémentaire « Chaume ») 1 grand cru ayant sa propre appellation (quarts-de-chaume)
  • pour les vins tranquilles de Bordeaux, les différents classements sont difficilement compatibles entre eux et avec ceux des autres régions :
    • le nom de l'appellation saint-émilion-grand-cru apparaît sur l'étiquette des vins de cette appellation. Le classement des vins de l'appellation saint-émilion-grand-cru contient les subdivisions « Premier Grand Cru Classé (distinction A) », « Premier Grand Cru Classé » et « Grand Cru Classé »[28]. La mention « Premier Grand Cru Classé » ou « Grand Cru Classé » peut être apposée sur l'étiquette des vins classés.
    • le classement des vins de Graves inclut exclusivement des vins de l'appellation pessac-léognan. La mention « Cru Classé de Graves » peut être apposée sur l'étiquette des vins classés.
    • le classement des crus artisans concerne les vins du vignoble du Médoc[29]. La mention « Cru Artisan » peut être apposée sur l'étiquette des vins classés.
    • le classement des crus bourgeois concerne les vins du vignoble du Médoc[30]. La mention « Cru Bourgeois » peut être apposée sur l'étiquette des vins classés.
    • le classement de 1855 pour les vins rouges inclut presque exclusivement des vins du vignoble du Médoc, avec l'exception du Château Haut-Brion de l'appellation pessac-léognan. Il contient les subdivisions « Premier Cru », « Second Cru », « Troisième Cru », « Quatrième Cru » et « Cinquième Cru ». Ces subdivisions, bien que non mentionnées dans les cahiers des charges, peuvent apparaître sur les étiquettes des vins classés.
    • le classement de 1855 pour les vins blancs inclut exclusivement les appellations sauternes et barsac. Il contient les subdivisions « Premier Cru Supérieur », « Premier Cru » et « Second Cru ». Ces subdivisions, bien que non mentionnées dans les cahiers des charges, peuvent apparaître sur les étiquettes des vins classés.

Production française[modifier | modifier le code]

Stands de producteurs sur un salon parisien (2016).

En France, 2,1 % des zones cultivées étaient consacrées à la viticulture en 2006[31]. Celles-ci consommaient 20 % de la masse totale des pesticides utilisés en France[32], dont les effets néfastes pour la santé s'exercent également sur les personnes qui les manipulent où vivent à proximité des zones de traitement, comme le montre un rapport de l'ANSES de 2014[33].

La France produit 16 % du vin de la planète[34] et reste le premier producteur mondial en 2010 avec 44,75 millions d'hectolitres[35] mais chaque année voit la production baisser dans des proportions variant entre 2 et 5 %[36]. Elle reprend sa première place en 2014, avec 46,2 millions d'hectolitres (+10% par rapport à 2013), devant l'Italie (44,4 millions d'hectolitres) et l'Espagne (37 millions d'hectolitres)[37].

Les exportations de vin français représentaient 15,2 millions d'hectolitres en 2006-2007 pour 6,7 milliards d'euros. Principaux clients en volume, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Belgique. En valeur, en revanche, les États-Unis (1,08 milliards d'euros) talonnaient le Royaume-Uni (1.43 milliards d'euros)[38]. Cependant 2008 et 2009 ont connu une baisse importante (-16 % sur le premier trimestre 2009)[39] Résultat, en 2010 le montant des exportations ne représentait plus que 6,2 milliards d'euros[34]. En 2016, la FEVS (Fédération des Exportateurs de Vins & Spiritueux de France) annonce un nouveau record pour les exportations françaises de vins (deux tiers des exportations) et spiritueux (un tiers), soit 11,9 milliards d'euros, le secteur des vins et spiritueux restant néanmoins le second secteur d'exportation bénéficiaire en France derrière l'aéronautique, devant le secteur des parfums et cosmétiques (9,2 milliards)[40].

Consommation par Français[modifier | modifier le code]

Des intellectuels de la Renaissance, du siècle des Lumières ou du XIXe siècle ont donné l'image erronée d'une société de « buveux » au Moyen Âge. Si tout le monde à cette époque boit du vin, y compris les femmes et les enfants, sa consommation dans le peuple reste toutefois modeste et est essentiellement l'apanage des hauts dignitaires de l'Église, des nobles, des patriciens des villes. La consommation chez ces derniers ainsi que chez les membres des communautés monastiques peut dépasser le litre par jour mais il faut rappeler que la teneur en alcool des vins est alors faible, que l'eau est considérée comme polluée et le vin et le cidre sont des boissons peu valorisées[41].

Ce n'est qu'au XIXe siècle que la consommation de vin par les Français se démocratise et progresse fortement, en lien notamment avec une politique de libéralisation (suppression des octrois ; article 4 de la loi du 17 juillet 1880 qui autorise quiconque à ouvrir un débit de boisson, sur simple déclaration en mairie, ce qui fait passer le nombre de 280 000 en 1830 à 350 000 en 1850 et 47 000 en 1930, soit un débit pour 85 habitants[42]). La consommation moyenne par habitant double ainsi entre le début du règne de Louis-Philippe en 1830[43] et la veille de la Seconde Guerre mondiale[44]. Le vin est alors perçu comme un élément de santé dans la médecine populaire, comme en atteste l'avis de l'Académie nationale de médecine du 10 août 1915, qui considère que la norme tolérable de consommation se situe autour de 50 à 75 centilitres de vin pris par repas[45].

À la fin du XIXe siècle, la consommation excessive de vin est désormais perçue comme une pathologie : les transformations du travail (évolution du monde d'agriculteurs et d'ouvriers dont le travail pénible physiquement est facilité par le développement du machinisme), la naissance de l'alcoolisme et l'hygiénisme participent à cette nouvelle perception. Cette tendance est confirmée au XXe siècle. La consommation de vin par Français est presque divisée par trois en cinquante ans, passant de 140 litres par habitant en 1960 à 80 litres en 1999 puis 50 litres en 2010[46].

Les Français restent au début du XXIe siècle les consommateurs de vin les plus importants au monde. mais ils ont pourtant l'un des taux d'infarctus du myocarde les plus bas. Ce phénomène est désigné sous le nom de paradoxe français et s'explique potentiellement par la présence de resvératrol dans le vin rouge, un antioxydant protégeant les artères.

Cépages cultivés en France[modifier | modifier le code]

La législation française possède une « liste des variétés de vigne inscrites au catalogue officiel »[47]. Cette liste répertorie les cépages autorisés à la culture commerciale. Elle est séparée entre raisins de cuve et raisin de table.

Cépages de cuve[modifier | modifier le code]

Cépages blancs[modifier | modifier le code]

Cépages noirs[modifier | modifier le code]

source : ONIVINS, statistique 2010[48].

Cépages de table[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Production vin .
  2. Exportation Vin.
  3. Fanette Laubenheimer, Boire en Gaule, CNRS Éditions, , 192 p.
  4. (en) Michael Dietler, Archaeologies of Colonialism : Consumption, Entanglement, and Violence in Ancient Mediterranean France, 2010, University of California Press.
  5. Michael Dietler, « L'art du vin chez les Gaulois », sur Pour la Science N°61, .
  6. Michael Dietler, Driven by drink: the role of drinking in the political economy and the case of Early Iron Age France, Journal of Anthropological Archaeology 9: 352-406, 1990.
  7. Jean-Pierre Brun, Matthieu Poux, André Tchernia, Le vin : nectar des dieux, génie des hommes, Infolio, , p. 97
  8. Jean-Pierre Brun, Archéologie du vin et de l'huile, Editions Errance, , 267 p. (ISBN 2877723046).
  9. a et b Matthieu Poux, Petite leçon de paléo-œnologie : quand les gaulois sabraient les amphores de Rome, émission le Salon noir sur France Culture, 28 décembre 2011.
  10. Martin Bouquet, Recueil des historiens des Gaules et de la France : Rerum Gallicarum Et Francicarum Scriptores, Nabu Press, , p. 138.
  11. Le Livre des Vins, Arnaud de Villeneuve, traduit du latin, préfacé et annoté par P. Gifreu, Éditions de la Merci, 2001.
  12. (it) Cibo, cucina, feste e banchetti nel Medio Evo e nel Rinascimento, par Paul Lacroix, conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal, Paris.
  13. Pierre Casamayor, Le vin en 80 questions, Hachette, 2006.
  14. Nomenclatures et classifications : approches historiques, enjeux économiques, Éditions Quae, , p. 193.
  15. De terribles épidémies font perdre un milliard au vignoble français, Les Échos du 19 juillet 2015.
  16. « Un milliard de bouteilles de vin bues en plus par an d'ici cinq ans », sur sud-de-france.com,
  17. « Chiffres clés », Vins du sud-ouest
  18. Mention Vin de France.
  19. [1].
  20. Procédures d'instruction sur le site de l'INAO
  21. Vins sans IG sur le site de FranceAgriMer
  22. Vin de France
  23. IGP sur le site de l'INAO
  24. Liste des appellations viticoles sous IGP sur le site de l'INAO
  25. AOC et AOP sur le site de l'INAO
  26. Liste des appellations viticoles sous AOC sur le site de l'INAO
  27. Accès au cahier des charges de l'appellation champagne sur le site de l'INAO
  28. Arrêté du 29 octobre 2012 portant homologation du classement des crus de l'appellation d'origine contrôlée « Saint-Émilion grand cru »
  29. Arrêté du 3 mai 2002 relatif au règlement d'organisation du classement des crus artisans pour les appellations d'origine contrôlées « Médoc », « Haut-Médoc » et les appellations d'origine contrôlées communales du Médoc
  30. Arrêté du 29 décembre 2017 portant homologation du cahier des charges et du plan de vérification relatifs à la sélection des crus bourgeois pour les appellations d'origine contrôlées produites dans l'aire de l'appellation d'origine contrôlée « Médoc »
  31. Soit 1 144 579 hectares. Source : Ministère de l'écologie.
  32. Delphine Bossy, « Les viticulteurs victimes des pesticides ? », sur Futura-Sciences, .
  33. « Exposition des travailleurs agricoles aux pesticides »
  34. a et b [2].
  35. [3].
  36. [4].
  37. « La France redevient le premier producteur mondial de vin », sur www.lemonde.fr, (consulté le 16 novembre 2014)
  38. Panorama complet des exportations de vin en 2006-2007.
  39. baisse des exportations de la filière vin.
  40. Laurence Girard, « Les exportateurs de vins et spiritueux français peuvent sabrer le champagne », sur lemonde.fr, .
  41. Didier Nourrisson, Le Buveur du XIXe siècle, Albin Michel, , p. 11-13
  42. Didier Nourrisson, Crus et cuites. Histoire du buveur, Perrin, , p. 147
  43. Entre 1830 et 1860, la consommation annuelle moyenne de chaque Français s'élève à 81 litres de vin (moins d'un quart de litre par jour), 13 litres de bière et 6 litres de cidre.
  44. Didier Nourrisson, Alcoolisme et antialcoolisme en France sous la Troisième République, Documentation française, , p. 62
  45. Didier Nourrisson, « La France est-elle un pays d'alcooliques ? », L'Histoire, no 213,‎ , p. 45
  46. Alain Marty, Guide des grands amateurs de vin 2011, Le Cherche Midi, 504 p. (ISBN 2749117313).
  47. « Liste des variétés de vigne inscrites au catalogue officiel » (consulté le 17 novembre 2010).
  48. FranceAgriMer, surfaces par cépage blanc et surfaces par cépage noir à l'issue de la campagne 2009-2010, publiés sur le site www.onivins.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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