Viticulture en France

La viticulture en France trouve ses sources à l'époque de la colonisation grecque. La France étant l'un des pays de l'héritage latin, le vin fait partie intégrante de sa culture. La façon dont la culture française s'est investie dans l'élaboration de ses vins lui a même valu la réputation internationale d'être « le pays du vin »[1].
La France compte 59 000 exploitations viticoles[2],[3]. Elle est le premier pays producteur mondial de vin en 2023 en volume avec 45,8 millions d'hectolitres devant l'Italie (43,9) et l'Espagne (30,5)[4].
Histoire
[modifier | modifier le code]Antiquité
[modifier | modifier le code]Dans les civilisations antiques du Proche-Orient ancien, la boisson principale était la bière, consommée quotidiennement de par sa facilité de fabrication : préparée le matin, elle était bue dans la journée. L'élaboration du vin exigeait une plus grande maîtrise, sa technologie se diffusa plus lentement dans le monde grec puis dans le monde gaulois. Ainsi, les Gaulois consommèrent de l'hydromel et surtout de la bière avant d'importer du vin, puis de l'exporter et de devenir, sous l'Empire romain, d’excellents viticulteurs[5].
Les premiers comptoirs grecs établis sur les rivages méridionaux de ce qu'aujourd'hui est la France furent fondés entre le VIIe et le VIe siècles av. J.-C. par les Grecs phocéens, qui y apportèrent la culture de la vigne, les vignobles étant alors circonscrits à d'étroits espaces proches du littoral avant de se diffuser dans la Gaule celtique[6]. Le vin fut quant à lui introduit par les marchands venus des cités étrusques à la fin du VIIe siècle avant notre ère[7],[8].

Les Gaulois buvaient le vin pur. Selon l'hypothèse de l'archéologue Matthieu Poux[9], couper le vin était tabou car ce produit était assimilé au sang. Le développement du vin gaulois disparut avec l'extension de la production romaine en Gaule, car seuls les citoyens romains avaient le droit de planter des vignes. Il réapparut au Ier siècle av. J.-C. L'avancée romaine en 125 av. J.-C., le long du couloir rhodanien vers le nord, et à l'ouest vers le Languedoc, vit alors la diffusion de la vigne et le développement de son industrie en Gaule : les importations vinaires empruntaient deux axes de distribution principaux. La voie par l'Aude et la Garonne alimentait l'Ouest de la Gaule, l'autre le Nord par le Rhône ou les voies secondaires de l'Allier et de l'Hérault[10]. L'importation en masse de vin romain perdura jusqu'au Ier siècle av. J.-C. Le vin était payé par deniers, troc (bétail, céréales, biens manufacturés) voire par échange d'esclaves (un esclave contre une amphore de vin selon l'écrivain grec Diodore de Sicile) et sa production était alimentée par les guerres entre les tribus gauloises. Le vin était transporté essentiellement par voie maritime (commerce hauturier ou par cabotage) et fluviale, à l'aide d'amphores ou en vrac dans les dolia disposées à poste fixe au centre de bateaux-citernes. Le commerce terrestre étant plus coûteux. Lorsque la Gaule fut conquise et que les aristocrates gaulois ne pouvaient plus utiliser le commerce du vin romain pour assurer leur domination politique, la viticulture gauloise se développa sur tout le territoire afin de réduire les distances de transport du vin en charrettes sur des routes mal carrossées qui le malmenaient (multiplication des surfaces de vignes et des installations viticoles avec des pressoirs et des chais équipés de foudres ou de dolia) et s'exporta vers l'ensemble de la Méditerranée[11].
Le vin étant un marqueur de prestige, il était consommé en premier lieu par les élites[12]. La présence d'amphores dans les habitations modestes suggère que la consommation s'était démocratisée, mais ces récipients pouvaient être là juste en réemploi[13]. Vers la fin du Ier siècle av. J.-C., la production de la Gaule narbonnaise commençait à concurrencer les vins italiens. En 92, l’empereur Domitien fit interdire la plantation de vignes et ordonna l’arrachage de 50 % du vignoble méditerranéen, interdiction levée seulement en 276 par un édit de Probus qui « remplit la Gaule de vignobles », selon l'expression d'Aurelius Victor, pour s'attirer la faveur des Gaulois face à la menace des invasions barbares[14]. Les vignobles bordelais, languedocien et rhodanien s’épanouirent et la vigne atteint alors la région parisienne, qui restera longtemps l’une des plus grandes régions viticoles françaises. Les Gallo-romains, en développant la culture viticole, améliorèrent les procédés de vinification par la technique du vieillissement en fûts de chêne. Le déclin de l’Empire romain au Ve siècle aurait porté un coup au développement de l’agriculture gauloise[12].
Du Moyen Âge aux temps modernes
[modifier | modifier le code]
Au cours du Moyen Âge, le paysage viti-vinicole français évolua et subit de profondes modifications. En Bretagne et en Normandie par exemple, la noblesse, séduite par le cidre importé du Pays basque par voie maritime, arracha entièrement ses vignes en les remplaçant par des pommiers. À partir du IVe siècle, le christianisme concourut au renforcement de la valeur attachée au vin, prenant la relève sur l'Empire romain. La liturgie de la communion sous les deux espèces (le pain et le vin) pratiquée jusqu’au XIIIe siècle, fut l’un des moteurs du maintien de la tradition viticole. Alors que les vins de l’Antiquité étaient coupés d’eau et agrémentés d’herbes et d’aromates, le vin sous sa forme moderne apparu au Moyen Âge. Les cathédrales et les églises étaient propriétaires de nombreux vignobles et, sous couvert de l’activité du « vin de messe », les moines géraient de nombreux vignobles monastiques, contribuant ainsi à la création de vignobles existant jusqu'à nos jours. L’expansion de la civilisation chrétienne fut ainsi à l’origine de l’expansion de la viticulture dans le monde.
Dans les siècles qui suivirent, les vignobles français dessinèrent peu à peu le paysage actuellement connu la fin du Xe siècle, le vignoble de Bordeaux, seule région viticole à ne pas être sous influence de l’Église, commença à se développer. Le duché d’Aquitaine, uni à la couronne d’Angleterre, remplit les flottes anglaises de clairet dont les Anglais raffolaient. Au début du XIIe siècle, le vignoble de Champagne fut créé par la Grande Charte champenoise, donnée par Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons-sur-Marne. Dès le XVIIe siècle, le Champenois produisait essentiellement des vins mousseux ; le Bergeracois découvrit la botrytisation ; Paris et l'Île-de-France était alors le plus grand vignoble de France, qui approvisionnait les villes, grandes consommatrices de vin[16].
Au cours de la seconde moitié du XVIe siècle, les crises frumentaires devenues cycliques influencèrent la culture de la vigne. Lors de la famine de 1566, Charles IX ordonna l'arrachage des vignobles en France pour semer du blé. Cet édit fut annulé sous le règne de Henri III, le roi recommandant alors aux gouverneurs de ses provinces de contrôler que « les labours n'ont pas été négligés dans leurs circonscriptions en faveur d'une culture excessive de la vigne »[17].
Des intellectuels de la Renaissance, du siècle des Lumières ou du XIXe siècle ont donné l'image erronée d'une société de « buveux » au Moyen Âge. Si tout le monde à cette époque boit du vin, y compris les femmes et les enfants, sa consommation dans le peuple reste toutefois modeste et est essentiellement l'apanage des hauts dignitaires de l'Église, des nobles, des patriciens des villes. La consommation chez ces derniers ainsi que chez les membres des communautés monastiques peut dépasser le litre par jour mais il faut rappeler que la teneur en alcool des vins est alors faible, que l'eau est considérée comme polluée et le vin et le cidre sont des boissons peu valorisées[18]. Jusqu’au XVIIe siècle, le vin constituait la seule boisson stockable et sûre. Ce n’est qu’avec le développement des bières d'une part, l'importation des lointaines colonies du thé, du café et du chocolat faisant apparaître de nouvelles boissons d'autre part, ainsi que le déploiement de l’eau courante, que le vin fut détrôné.
XIXe siècle
[modifier | modifier le code]
C'est sous le règne de Napoléon III que fut établi la classification officielle des vins de Bordeaux de 1855 à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris de 1855.
Ce n'est qu'au XIXe siècle que la consommation de vin par les Français se démocratise et progresse fortement, en lien notamment avec une politique de libéralisation (suppression des octrois ; article 4 de la loi du 17 juillet 1880 qui autorise quiconque à ouvrir un débit de boisson, sur simple déclaration en mairie, ce qui fait passer le nombre de 280 000 en 1830 à 350 000 en 1850 et 470 000 en 1930, soit un débit pour 85 habitants[19]). La consommation moyenne par habitant double ainsi entre le début du règne de Louis-Philippe en 1830 (entre 1830 et 1860, la consommation annuelle moyenne de chaque Français s'élève à 81 litres de vin, moins d'un quart de litre par jour, 13 litres de bière et 6 litres de cidre) et la veille de la Seconde Guerre mondiale[20]. Le vin est alors perçu comme un élément de santé dans la médecine populaire, comme l'atteste l'avis de l'Académie nationale de médecine du 10 août 1915, qui considère que la norme tolérable de consommation se situe autour de 50 à 75 centilitres de vin pris par repas[21]. À la fin du XIXe siècle, la consommation excessive de vin est désormais perçue comme une pathologie : les transformations du travail (évolution du monde d'agriculteurs et d'ouvriers dont le travail pénible physiquement est facilité par le développement du machinisme), la naissance de l'alcoolisme et l'hygiénisme participent à cette nouvelle perception.


Durant la seconde moitié du XIXe siècle, la catastrophe du phylloxéra menaça de rayer de la carte les vignobles européens. Il s'agit d'un petit puceron, dont les larves s'en prennent aux racines et dont les pontes forment des galles sur les feuilles, finissant par tuer le pied de vigne. L'insecte, arrivée d'Amérique, est repéré dans le Gard en 1863, dans les Bouches-du-Rhône en 1865, en Gironde en 1866, puis de là de proche en proche dans tous les vignobles, touchant la Saône-et-Loire en 1875, le Loiret et la Haute-Alsace (alors allemande) en 1876, la Moselle en 1877, la Côte-d'Or en 1878 et la Champagne en 1892. À chaque fois, il faut quelques décennies pour que toutes les parcelles soient infestées. De nombreux petits propriétaires vendent leurs terrains, de vastes vignobles se réduisent à des lambeaux (Île-de-France, Orléanais, Poitou, Lorraine, Tonnerrois, arrière-côte bourguignonne, etc.) et la main d'œuvre part en ville. Dès 1869, on repère que les vignes américaines des pépinières survivent au puceron. La solution fut de greffer les cépages de cuve (de Vitis vinifera) sur des porte-greffes américains résistants (Vitis labrusca ou Vitis rupestris), ou d'utiliser des hybrides. Au final, la quasi-totalité du vignoble français est progressivement replantée, changeant ainsi radicalement de visage : les vignes en foule, reproduites par marcottage (provignage) sont arrachées pour faire place à des vignes en rangs et sur fils de fer, permettant l'introduction du cheval, puis des tracteurs. Le phylloxéra a épargné une petite partie du vignoble du Languedoc car les sols sableux empêchent le déplacement de la forme souterraine du phylloxéra[22]. Pour les mêmes raisons, une partie du vignoble des Landes aurait été épargnée.
Reconnaissance des appellations
[modifier | modifier le code]
La crise du phylloxéra avait entrainé le recours à de nombreux mélanges pour fournir la demande (vins d'autres régions, mouillage à l'eau, rajout de colorants, d'alcool ou de sucre) ; une dénomination sur l'étiquette ne garantissait pas la provenance du produit, ni sa qualité. Pour combattre ces pratiques, dans un contexte de surproduction, fut votée la loi du reconnaissant comme fraude punissable de prison une « origine faussement attribuées » (article 1) et utilise les termes d'« appellations régionales et de crus particuliers » (article 11)[23]. Le texte fut modifié par la loi du , qui indique qu'il faut désormais une « délimitation des régions pouvant prétendre exclusivement aux appellations de provenances des produits. Cette délimitation sera faite en prenant pour bases les usages locaux constants »[24]. Furent donc délimitées par décrets (rédigés par le ministère de l'Agriculture, puis validés par le Conseil d'État) les aires de production des « dénominations » ou « qualifications » champagne (), du cognac (), de l'armagnac (), du banyuls (), de la clairette de Die (), du bordeaux () et du « champagne deuxième zone » ()[25].
Le mécontentement des producteurs exclus s'exprima par des manifestations, qui tournèrent à l'émeute dans la Marne et l'Aube en 1911. D'où le projet de loi du porté par le ministre de l'Agriculture Jules Pams sur « la protection des appellations d'origine », incluant une procédure judiciaire, avec expertise sur la qualité des vins, les cépages, les modes de culture et les sols. S'ensuivirent de longs débats parlementaires ; seule l'origine fut finalement retenue, les autres critères de qualité rejetés au nom de la liberté (selon la Fédération des associations viticoles de France, fondée en février 1913). Après une pause due à la Grande Guerre, le système des appellations d'origine (AO) fut donc établi par la loi du (parfois appelée loi Jenouvrier)[26] qui autorise de poursuivre un présumé usurpateur d'appellation devant le tribunal de grande instance (du lieu d'origine du produit), mais aussi que « sur la base d'usages locaux, loyaux et constants, le juge pourra délimiter l'aire géographique de production et déterminer les qualités ou caractères du produit ». Cela enclenche une série de batailles judiciaires entre producteurs, ainsi qu'une jurisprudence controversée. Une centaine de délimitations d'appellation d'origine se font ainsi[27], la première étant celle du montrachet le par le tribunal de Beaune.
Mais des abus apparurent rapidement, beaucoup de producteurs replantant avec des cépages très productifs pour bénéficier de ce système d'appellation, faisant baisser la qualité. La loi du (dite loi Capus) subordonne désormais l'attribution d'une appellation d'origine à un encépagement et une aire de production (au sens « terrains aptes à produire l'appellation ») consacrés par les mêmes « usages locaux, loyaux et constants »[28]. Malgré cette révision du cadre législatif, la multiplication du nombre d'AO, l'augmentation des rendements et le détournement des « usages »[29] entraînent une surproduction.
La décennie 1930 fut une période de crise économique, qui eut parmi ses conséquences une forte baisse de la demande de vins : les prix de vente devinrent souvent inférieurs aux prix de revient. Ce contexte difficile fut favorable à un renforcement du contrôle des vins prétendant à être de qualité. Le , un décret-loi créé la notion d'appellation d'origine contrôlée (AOC) et fonde le « Comité national des appellations d'origine et des vins et eaux-de-vie » (CNAO, renommé en 1947 l'Institut national de l'origine et de la qualité, INAO), chargé de leur règlementation (notamment de la délimitation des aires parcellaires, mais aussi de l'encépagement, du rendement et du degré d'alcool)[30]. Les demandes de reconnaissance affluèrent auprès du Comité ; le , une série de décrets reconnaissent les premières AOC : arbois, cassis, cognac, châteauneuf-du-pape, monbazillac et tavel.
Première Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]La Première Guerre mondiale se déclenche en août 1914, juste avant les vendanges. Les combats touchent une petite partie du vignoble, notamment en Alsace (tout au sud lors de la bataille des Frontières en août 1914, puis surtout de la bataille du Hartmannswillerkopf en 1915), en Champagne (dans la vallée de la Marne en septembre 1914, puis en juin-juillet 1918) et en Lorraine (sur les côtes de Meuse lors de la bataille des Éparges en février-avril 1915 et de la bataille de Saint-Mihiel en septembre 1918). Le conflit est une période difficile pour la viticulture, par manque de main-d'œuvre (sous l'uniforme), de chevaux (réquisitionnés) et de matières premières (produits chimiques, fil de fer, sucre, verre, liège, etc.).
Durant la Grande Guerre, le vin est rajouté à la ration journalière du militaire français : chaque soldat a droit à un quart de litre à partir de l'automne 1914, augmenté à un demi-litre en janvier 1916, puis à trois-quart de litre en janvier 1918. Il s'agit d'un vin rouge de qualité très médiocre (d’où son surnom dépréciatif de « pinard »), un mélange de plusieurs origines (les vins du Midi, d'Algérie ou importés renforcent les vins français trop légers), souvent mouillé (titrant vers 9°). Pour fournir, l'intendance met en place toute une logistique, avec des réquisitions, des cargo-pinardiers, de vastes stockages en fûts, des wagon-foudres et une distribution en bidon jusque dans les tranchées[31]. À ces distributions, se rajoutent ce que les individus achètent avec leur solde, auprès des cantines militaires, débits de boissons et vendeurs ambulants présents dans la zone des étapes et à l'arrière. Les boissons alcoolisées (y compris les eaux-de-vie, notamment le rhum) aident le combattant à supporter les conditions de combat et l'ennui, ainsi qu'à renforcer l'esprit de corps et la solidarité au sein des unités (sociabilité masculine), mais développe l'alcoolisme de toute la population masculine française. Charles-Joseph Pasquier en fait une chanson : « Le pinard, c'est de la vinasse, ça réchauffe là oùsque ça passe, Vas-y Bidasse, remplis mon quart, vive le pinard, vive le pinard ! »[32].
Du 16 au , en application des conventions d'armistice, toute l'Alsace est occupée par l'armée française, puis cédée à la France par le traité de Versailles le . En raison du maintien du droit local (correspondant aux lois françaises antérieures à 1871 et aux lois allemandes de 1871 à 1918), l'Alsace a un statut à part au sein des vignobles français, car la loi allemande du sur les vins y est appliquée jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale : mouillage et chaptalisation restent courants.
Seconde Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale prive de nouveau le vignoble de ses vendangeurs : la mobilisation est partielle le , puis générale à partir du . Le nouveau conflit voit le retour des distributions massives de rations de vin aux militaires français, avec notamment à partir d'octobre 1939 l'« Œuvre du vin chaud du soldat » (l'hiver de la drôle de guerre fut particulièrement froid) animée par Édouard Barthe, député SFIO de l'Hérault. Les combats de mai 1940 concernent surtout le Nord de la France ; ceux d'arrière-garde en juin (notamment sur les ponts de la Loire et de la Marne) n'endommagent guère les vignes alentours. En marge de la défaite des forces armées françaises, des caves sont pillées par des réfugiés de l'Exode et par des militaires ; deux jeunes soldats allemands pris en plein cambriolage chez Perrier-Jouët à Épernay furent condamnés par une cour martiale[33]. Les troupes d'occupation s'installèrent dans le calme, réquisitionnant des bâtiments, initiant immédiatement des achats de vins (facilité par la dévaluation forcée du franc français à 0,05 Reichsmark, soit 20 F pour un RM, qui donne un très confortable pouvoir d'achat aux Allemands). Les expropriations ne touchèrent que les quelques propriétaires britanniques, juifs ou résistants.
En application de l'armistice du 22 juin 1940, la France est divisée par la ligne de démarcation : se retrouvent en zone occupée les vignobles de Bordeaux, de Cognac, de la vallée de la Loire, de Champagne, de Bourgogne (Mâconnais excepté) et du Jura ; ceux d'Alsace et de Moselle sont annexés de facto. À Paris, dans l'ex hôtel Majestic, s'installe le Militärbefehlshaber in Frankreich (commandement militaire en France) avec en son sein un « service des vins en France »[34], qui délégué un Importbeauftragter des Reiches (« responsable des importations du Reich », surnommé par les Français Weinführer) dans chaque grand vignoble : Heinz Bömers à Bordeaux, Otto Klaebisch à Reims et Friedrich Doerrer (remplacé par Adolf Segnitz au printemps 1941) à Beaune. Il s'agit tous de négociants allemands spécialisés dans le vin, francophones, chargés d'acheter d'énormes volumes pour la Wehrmacht et la population allemande. Ces achats sont financés par les frais d'occupation prévus par l'armistice (400 millions de francs par jour, qui passent à 500 millions à partir de la mi-décembre 1942)[35]. Presque tous les négociants français et de nombreux propriétaires, en grande difficulté financière à cause des méventes des années 1930, font ainsi de gros bénéfices en vendant des dizaines de millions de bouteilles (au moins 60 millions estimés rien que pour la campagne 1940-1941)[36]. En parallèle, les unités allemandes font leurs propres achats, tout comme la SS, l'Abwehr, Göring, la chancellerie du Reich, etc. Les distilleries tournèrent à plein pour fournir l'Allemagne en alcool utilisé comme carburant[37] (chaque missile V2 consomme 3,8 tonnes d'éthanol). En 1943-1944, l'occupant se plaint de difficultés de livraison, à cause du manque de camions et de wagon-foudres, de vols, d'attaques de la Résistance et de bombardements aériens, ainsi que des lenteurs administratives françaises[38].
De son côté, le régime de Vichy, mis en place en juillet 1940, garde le contrôle de la zone libre, du moins jusqu'à son invasion le ; la Corse, les Alpes et la Provence de Nice à Toulon puis de là jusqu'à Avignon et le long du Rhône forment de cette date jusqu'au la zone d'occupation italienne en France, puis toute la métropole est intégralement occupée par les Allemands jusqu'à la Libération. La politique de collaboration autorise d'un côté le commerce avec l'Allemagne (interdit depuis le , légalisé par le décret-loi du )[39], tout en rationnant la population (instauration des tickets de rationnement) et luttant contre l'alcoolisme (loi du : alcools forts interdits sauf pour l'export ; consommation autorisée que les mardis, jeudis et samedis ; restreinte aux majeurs ; publicité pour les apéritifs interdite)[40]. Malgré une forte contraction de la consommation (175 litres de vin par an et par personne en 1939 ; 82 en 1941 ; 60 en 1942-1943)[41], la pénurie s'installe rapidement, les prix s'envolent et les fraudes se généralisent (faux tickets, tromperie sur l'origine[42], fausses déclarations de récolte, vente au marché noir[43]). Pour répondre efficacement aux besoins allemands, la production française est réorganisée, notamment avec des interprofessions réunissant négociants et producteurs tel que le CIVB à Reims en 1941, avec des équivalents à Cognac et à Bordeaux. Quelques appellations sont créées par décret durant l'Occupation, ainsi que les premiers crus bourguignons : la défense de l'origine d'un vin correspond bien aux principes agrariens et conservateurs de Vichy (le « mythe fantasmé du terroir éternel »)[44]. Durant toute la période, les producteurs durent faire face à la pénurie de main-d'œuvre (1,8 million de Français sont prisonniers de guerre), de cuivre (pour les fongicides), de verre (bouteille), de fil de fer (pour le palissage), de liège (bouchon), de bois (piquets, futailles), de sucre (chaptalisation), de chevaux (réquisitionnés) et de machines (sans carburant). S'ils ont largement profité des ventes non-déclarés, ils ont subi aussi les réquisitions du Ravitaillement (qui payait les vins d'appellation comme vins ordinaires).
Les combats de la Libération épargnèrent l'essentiel des vignobles de Provence (malgré le débarquement du 15 août 1944), de la vallée du Rhône, de Bourgogne et de Champagne. La conquête en avril 1945 de la poche de Royan et de la pointe de Grave ne détruisit pas les vignes du Blayais voisines. Par contre, la bataille d'Alsace (à partir de ) et surtout de la poche de Colmar (janvier-) ravagèrent une partie du vignoble alsacien et plusieurs villages (Mittelwihr, Bennwihr, Sigolsheim, Ammerschwihr, etc.)[45], d'où la nécropole de Sigolsheim, entourée de vignes. Lors de l'épuration, les tribunaux et les comités de confiscation des profits illicites (appliquant l'ordonnance du ) ciblèrent entre autres les négociants en vins. Ils se trouvèrent confrontés à l'impossibilité d'estimer les bénéfices : vente directe contre des billets neufs, double comptabilité, destruction des preuves, trucage des bordereaux et factures, adresse de facturation fictive, bénéficiaire inconnu, société-écran (notamment des maisons monégasques prête-noms)[46], contournement des règles d'export en expédiant via l'Alsace-Moselle[47], etc. Les collabo' les plus notoires furent sanctionnés pour servir d'exemples.
Après-guerre
[modifier | modifier le code]Le choix des cépages pour la production viticole est encadré en France depuis la parution en 1953 d'un décret portant sur l'orientation de la production viticole. En 1955 les cépages furent classés en trois catégories :
- cépages recommandés ;
- cépages autorisés ;
- cépages tolérés.
En 1970, la réglementation communautaire ne reconnaît que deux catégories : les cépages recommandés, issus de cultivars de Vitis vinifera adaptées à leur zone de culture, et les cépages autorisés, dont la culture n'est pas souhaitable (il est pratiqué un abattement des surfaces de 30 % en cas de replantation en cépage autorisé).
La fin du XXe siècle est marquée par la concurrence des pays traditionnellement exportateurs (France, Italie, Portugal et Espagne) et les pays dits du Nouveau Monde (États-Unis, Argentine, Chili, Australie, Afrique-du-Sud) plutôt orientés vers les vins de cépage (appelés aussi vins technologiques)[48].
Période récente
[modifier | modifier le code]Le consommateur européen est devenu plus exigeant, plus sélectif, plus sensible à la qualité, et curieux des vins d'autres contrées. En France, la consommation moyenne a régressé de près de 10 % de l'an 2000 à 2005. Les exportations ont chuté de 3 % en 2003 et au premier trimestre 2004, elles enregistrent une baisse de 7 % en valeur et de 4,6 % en volume, par rapport au premier trimestre 2003. La consommation de vin par Français est presque divisée par trois en cinquante ans, passant de 140 litres par habitant en 1960 à 80 litres en 1999 puis 50 litres en 2010[49]. Les Français restent au début du XXIe siècle les consommateurs de vin les plus importants au monde, mais ils ont pourtant l'un des taux d'infarctus du myocarde les plus bas. Ce phénomène est désigné sous le nom de paradoxe français et s'explique potentiellement par la présence de resvératrol dans le vin rouge, un antioxydant protégeant les artères (également présent dans le jus de raisin rouge).
En France, 2,1 % des zones cultivées sont consacrées à la viticulture en 2006[50], les vignes occupant 3,7 % de la surface agricole utile en 2011[51]. Celles-ci consomment 20 % de la masse totale des pesticides utilisés en France[52] et 30 % des fongicides[51], dont les effets néfastes pour la santé s'exercent sur les viticulteurs, mais aussi sur les personnes qui manipulent ensuite le raison où sur les riverains[53] et personnes travaillant à proximité des zones traitées, comme le montre un rapport de l'ANSES de 2014[54]. Une vaste étude nationale (PestiRiv, menée conjointement par Santé publique France et l'Anses entre 2021 et 2022, sur 265 sites dans six grandes régions viticoles, auprès de 2 700 participants, dont 742 enfants) a confirmé une surexposition des riverains de zones viticoles aux pesticides (56 molécules phytopharmaceutiques dosées dans l'air ambiant, l'air intérieur, les poussières, les urines et les cheveux, retrouvées en plus grande quantité chez les habitants vivant à moins de 500 mètres des vignes, par rapport à ceux résidant à plus d'un kilomètre de toute culture : jusqu'à +45 % dans les urines, +1 000 % dans les poussières et jusqu'à 45 fois plus dans l'air ambiant en période de traitement. Les enfants de 3 à 6 ans y sont particulièrement vulnérables, par leur comportement et de leur proximité du sol. Ces résultats corroborent des travaux antérieurs sur les risques accrus de leucémie infantile en milieu viticole. Les auteurs précisent qu'« il est à noter que les faibles pluies et les températures élevées du printemps et de l’été 2022, période de l’étude, ont pu limiter les besoins de traitement. Les niveaux d’exposition en zones viticoles pourraient donc être plus élevés en cas de temps pluvieux » ; et les agences sanitaires recommandent de moins traiter chimiquement la vigne, dont en mettant mieux en œuvre plan Écophyto 2030[55], et appellent à des mesures de protection pour les riverains[56].
Quinze ans plus tôt, le nombre moyen de traitement en France était de 12 par an pour les fongicides, deux par an pour les insecticides et deux par an pour les herbicides[57],[58], modulé par les conditions climatiques et géographiques. Et en 2016, selon une enquête nationale sur les pratiques phytosanitaires en viticulture faite dans 21 bassins viticoles, la vigne recevait 20,1 traitements/an, surtout contre les maladies cryptogamiques. Par rapport aux mesure faites en 2013 et 2010 sur les mêmes parcelles sur 13 bassins, on a constaté en 2016 une forte hausse par rapport à 2010 +: 23 % de traitements, et +21 % d’IFT, en partie en raison de la météo et d’autres facteurs, tels que l’évolution des produits disponibles ou des pratiques agricoles. Ces enquêtes montrent aussi des disparités marquées entre les bassins et au sein de chacun, notamment liées aux contextes sanitaires locaux[59].
Les exportations de vin français représentaient 15,2 millions d'hectolitres en 2006-2007 pour 6,7 milliards d'euros. Principaux clients en volume, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Belgique. En valeur, en revanche, les États-Unis (1,08 milliard d'euros) talonnaient le Royaume-Uni (1,43 milliard d'euros)[60]. Cependant 2008 et 2009 ont connu une baisse importante (-16 % sur le premier trimestre 2009)[61].
La France produit 16 % du vin de la planète[62] et reste le premier producteur mondial en 2010 avec 44,75 millions d'hectolitres[63] mais chaque année voit la production baisser dans des proportions variant entre 2 et 5 %[64]. Elle reprend sa première place en 2014, avec 46,2 millions d'hectolitres (+10% par rapport à 2013), devant l'Italie (44,4 millions d'hectolitres) et l'Espagne (37 millions d'hectolitres)[65]. En 2010 le montant des exportations ne représentait plus que 6,2 milliards d'euros[62].
Une nouvelle vague de flavescence dorée ravage le vignoble : un rapport parlementaire sur les maladies de la vigne publié en juillet 2015 évalue à 13 % la part du vignoble français rendu improductif en une quinzaine d'années ; l'ensemble du vignoble européen est touché. Selon l'Institut français du vin, cette disparition d'une partie des vignes représenterait un manque à gagner d'environ 1 milliard d'euros sur les 20 milliards d'euros de chiffre d'affaires de la profession. Selon l'organisme public FranceAgriMer, ce sont 3 à 5 millions d'hectolitres qui font défaut. Le mal continue de progresser touchant, selon le rapport, 0,5 % à 1 % du vignoble chaque année ; la région de Cognac et le Jura sont particulièrement touchés. Deux maladies qui s'attaquent au bois sont désignées : l'esca causée par un champignon et la flavescence dorée transmise par un insecte. Le seul remède est l'arrachage[66].
Le Languedoc-Roussillon reste en 2015 la première région viticole de France par sa superficie et ses volumes avec un tiers de la superficie viticole totale française et un tiers de la production de la production française (13,5 millions d'hectolitres en 2013, soit 5 % de la production mondiale)[67].
En 2016, la FEVS (Fédération des exportateurs de vins & spiritueux de France) annonce un nouveau record pour les exportations françaises de vins (deux tiers des exportations) et spiritueux (un tiers), soit 11,7 milliards d'euros, le secteur des vins et spiritueux restant néanmoins le second secteur d'exportation bénéficiaire en France derrière l'aéronautique, devant le secteur des parfums et cosmétiques (9,2 milliards)[68].
En 2017, la France est le deuxième producteur mondial de vin derrière l'Italie et devant l'Espagne[69], et le troisième exportateur mondial[70].
En 2020, le secteur de la viticulture est affecté par la pandémie de Covid-19 en France, à cause des secteurs administrativement fermés depuis le 15 mars 2020 et des marchés à l'exportation. Cette crise s'ajoute à celle provoquée par l'instauration des sanctions américaines sur les importations de vin en novembre 2019[71]. Un plan spécifique de soutien de la filière viti-vinicole française est mis en place[72]. Les exportations ont baissé de 11,3 % en 2020[73]. En France, 27.461 hectares de vignes seront arrachés d'ici la mi-2025 pour lutter contre la surproduction. 1.300 viticulteurs prévoient en outre d'arrêter totalement la culture de la vigne sur 8.700 hectares. La consommation moyenne a régressé en 2023 a 40 litres par an et par personne[74].

D'après l'atlas des pesticides publié en 2023, si la France reste un des trois pays européens qui autorisent le plus de pesticides, et peine à réduire son utilisation, elle est aussi première à l'échelle mondiale sur les surfaces de vignes cultivées en bio avec 20 % du vignoble total en 2021[75].
Vignobles
[modifier | modifier le code]La France possède de nombreux vignobles, ayant chacun des sols, des pratiques culturales et une histoire différents. Ces caractéristiques définissent le terroir. Le nom du terroir dont le vin est issu est indiqué sur l'étiquette de la bouteille. Le terroir viticole est une notion qui permet de reconnaître à chaque vin une personnalité de par les cépages utilisés, de par les terrains sur lesquels les vignes poussent, de par les microclimats dont ils profitent, de par le savoir-faire des vignerons qui cultivent la vigne, vinifient et élèvent le vin.
Dans le Bordelais, les terroirs portent le nom du propriétaire parfois précédé de la dénomination « château ». Cette appellation n'accepte que les vignes de la propriété sur laquelle le château se trouve. L'étiquette des vins de Bordeaux peut citer le nom du château et son éventuel classement en « cru » des vins du Bordelais. Une exception notable, le vin Petrus n’a jamais apposé la mention « château », car il n'en existe pas.
En Bourgogne, le terroir, nommé « climat », est souvent délimité par les parcelles bien identifiées au cadastre et par des murets. Il existe des centaines de terroirs portant le nom des parcelles.
Les vignobles de cette liste sont ceux du Portail Wikipédia de la vigne et du vin, mais le terme « vignoble » a ici un sens général et ne signifierait aucunement une sorte d'organigramme des vignobles. Par exemple le vignoble du Val de Loire est constitué de vignobles plus petits, comme le vignoble d'Anjou ou le vignoble de Touraine. À leur tour ces derniers sont constitués d'autres vignobles encore plus petits ou tout simplement des territoires correspondant aux appellations. Ces mêmes territoires peuvent être appelés à leur tour des vignobles, sans que cela ait un sens officiel.
Vignobles produisant au moins une AOC
[modifier | modifier le code]| Vignoble | superficie (km²) | production (M bout.) | ventes (M€) | rendement (hL/ha) | prix moyen (€/bt) | rentabilité (€/m2) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Alsace | 156 | 150 | 610 | 72.1 | 4.07 | 3.91 |
| Beaujolais | 157 | 100 | 47.7 | |||
| Bordelais | 1120 | 720 | 3740 | 48.2 | 5.19 | 3.34 |
| Bourgogne | 283 | 185 | 1400 | 49 | 7.57 | 4.94 |
| Champagne | 337 | 307 | 4500 | 68.3 | 14.66 | 13.35 |
| Charentes | ||||||
| Corse | 70 | 49 | 120 | 52.5 | 2.45 | 1.71 |
| Jura | 19 | 10 | 39.5 | |||
| Languedoc-Roussillon | 2260 | 1680 | 2200 | 55.8 | 1.31 | 0.97 |
| Lorraine | 1.8 | |||||
| Lyonnais | 2.6 | 1.3 | ||||
| Provence | 260 | 185 | 610 | 53.4 | 3.3 | 2.35 |
| Savoie-Bugey | 22.7 | 16 | 50 | 52.9 | 3.13 | 2.2 |
| Sud-Ouest | 500 | 450 | 67.5 | |||
| Val de Loire | 650 | 380 | 1500 | 43.8 | 3.95 | 2.31 |
| Vallée du Rhône | 700 | 376 | 1470 | 40.3 | 3.91 | 2.1 |
Vignobles produisant au moins une IGP
[modifier | modifier le code]Autres vignobles
[modifier | modifier le code]- Vignoble de Bretagne : beaucoup de vignes municipales, associatives et de nombreux particuliers ;
- Vignoble d'Ile-de-France : plusieurs centaines de vignes municipales, associatives et de nombreux particuliers ;
- Vignoble de La Réunion : un vin (cilaos) ayant fait une demande d'IGP ;
- Vignoble du Nord-Pas-de-Calais : quelques vignes municipales, associatives et de nombreux particuliers ;
- Vignoble de Picardie : uniquement des vignes municipales, associatives et quelques particuliers ;
- Vignoble de Tahiti : un vin « vin-de-tahiti ».
Cartes de vignobles
[modifier | modifier le code]-
Vignoble de Bourgogne (vignoble de l'Auxerrois non inclus).
Réglementation française
[modifier | modifier le code]Réforme de la filière viti-vinicole française
[modifier | modifier le code]En juillet 2004, le ministre de l'Agriculture Hervé Gaymard a lancé la réforme de filière viti-vinicole française en recevant les représentants des organisations professionnelles qui siègent au conseil de l'Onivins (Office national interprofessionnel des vins). Il s'agit de sortir d'une des plus grandes crises que le secteur ait connue de son histoire (la plus grave restant la crise phylloxérique qui a vu disparaître certains vignobles entiers), car pas une région n'échappe à la chute dramatique des ventes et aux faillites en nombre.
Trois causes sont responsables de la situation actuelle, une baisse constante de la consommation aux plans mondial et national (la France restant le premier pays consommateur au monde), la concurrence des vins étrangers, renforcée par un euro trop fort, mais également une complexité extrême de la production française et son inadéquation aux marchés étrangers. Le pire peut côtoyer le meilleur et les consommateurs sont décontenancés devant les étiquettes des vins français et leur classement entre les vins de table, les vins de pays, les vins de qualité produits dans des régions déterminées, les vins sous appellations d'origine vins délimités de qualité supérieure, les vins sous appellation d'origine contrôlée et les crus.
René Renou, président du comité des vins et spiritueux de l'INAO, chargé des AOC et auteur d'un projet de réforme radical, annonce : « Si nous ne faisons pas le ménage nous-mêmes, le marché le fera à notre place (…). Le consommateur ne s'y retrouve pas, il faut regagner sa confiance et produire toujours de meilleurs vins ».
La nouvelle organisation proposée s'articule autour de deux grands groupes de produits :
- ceux dont l'offre est bâtie sur le terroir et la typicité, comme les AOC (« marketing de l'offre ») ;
- ceux capables de répondre aux attentes de chaque catégorie de consommateurs et à même de s'adapter aux exigences des marchés internationaux (« marketing de la demande »), ceux où la concurrence est la plus dure, et où l'on va proposer des vins identifiables par leur cépage ou par leur marque, et qui pourront avoir accès à de nouvelles technologies.
La réforme de la filière viti-vinicole française a conduit, en 2006, à la création des conseils de bassin viticole.
Appellations
[modifier | modifier le code]Le système d'appellations visant à protéger les produits agricoles, dont le vin, fut d'abord établi en France par la loi du . Les autres pays du reste du monde commencèrent alors à l'imiter. La France faisant partie de l'Union européenne, la classification de ses vins d'appellation doit s'harmoniser avec celle de l'UE. Pour être reconnu et commercialisé, un vin doit obtenir un agrément de FranceAgriMer ou respecter un cahier des charges tout d'abord soumis à l'INAO[76]. L'officialisation de l'appellation est alors publiée dans le Journal officiel. Depuis le 1er août 2009, les vins français sont classés en trois catégories :
- les vins sans indication géographique (IG), sous le contrôle de FranceAgriMer[77]. Ces vins portent la mention « Vin de France ». Leur nombre peut varier d'année en d'année en fonction des agréments accordés par FranceAgriMer aux opérateurs et des choix de ces derniers.
- les vins sous indication géographique protégée (IGP), sous le contrôle de l'INAO[78]. Ces vins regroupent 75 appellations[79] au 31 juillet 2018.
- les vins sous appellation d'origine contrôlée (AOC), sous le contrôle de l'INAO[80]. Ces vins bénéficient également de l'AOP. Ces vins regroupent 313 appellations[81] au 31 juillet 2018. Le décompte direct des vins sous AOC n'est cependant pas représentatif. En effet, ces vins disposent d'un système interne de classement permettant à certains d'entre eux d'apposer la mention « Cru » sur l'étiquette du produit. Le classement des crus n'est cependant pas homogène au niveau national, ni même parfois au niveau régional.
Encépagement
[modifier | modifier le code]Pour la production de vins sans indication géographique, la liste des cépages autorisés est définie par la législation[82]. Pour la production de vins sous IGP ou sous AOC, les cépages indiqués dans cette liste sont autorisés à condition d'être inscrits, et dans les conditions fixées, dans le cahier des charges de chaque appellation.
Selon les vignobles, les cépages peuvent être vinifiés seuls (vins mono-cépages) ou mélangés (vins d'assemblage). L'Alsace et la Bourgogne sont par exemple des vignobles traditionnels de vins mono-cépages alors que le châteauneuf-du-pape et le gaillac sont l'illustration la plus flagrante du concept d'assemblage (jusqu'à treize cépages différents sont autorisés). Dans un même vignoble, les deux pratiques peuvent coexister : ainsi dans le Bordelais, les médoc résultent souvent d'assemblage, alors que les saint-émilion et pomerol sont fréquemment de purs merlot.
Cépages cultivés en France
[modifier | modifier le code]Cépages les plus courants
[modifier | modifier le code]Lors des vendanges de 2017, les cépages les plus courants sont les suivants[83]:
| Cépages les plus courants en France (situation de 2017, surfaces cultivées > 1 000 ha) | |||
|---|---|---|---|
| Cépage | Couleur | Surface (%) | Surface (hectares) |
| 1. Merlot | rouge | 14.6% | 114 638 |
| 2. Ugni blanc | blanc | 10.9% | 85 158 |
| 3. Grenache | rouge | 10.6% | 82 796 |
| 4. Syrah | rouge | 8.4% | 65 592 |
| 5. Cabernet sauvignon | rouge | 6.2% | 48 439 |
| 6. Chardonnay | blanc | 5.5% | 43 420 |
| 7. Cabernet franc | rouge | 4.2% | 33 171 |
| 8. Carignan | rouge | 4.1% | 31 724 |
| 9. Sauvignon blanc | blanc | 3.9% | 30 691 |
| 10. Gamay | rouge | 3.1% | 24 211 |
| 11. Pinot noir | rouge | 3.0% | 23 377 |
| 12. Cinsault | rouge | 2.4% | 18 588 |
| 13. Colombard | blanc | 1.4% | 10 710 |
| 14. Sémillon | blanc | 1.3% | 10 537 |
| 15. Chenin | blanc | 1.3% | 10 090 |
| 16. Mourvèdre | rouge | 1.2% | 9 170 |
| 17. Melon de Bourgogne | blanc | 1.1% | 8 756 |
| 18. Muscat blanc à petits grains | blanc | 1.0% | 7 674 |
| 19. Malbec | rouge | 0.9% | 7 297 |
| 20. Viognier | blanc | 0.9% | 6 656 |
| 21. Vermentino | blanc | 0.8% | 6 035 |
| 22. Grenache blanc | blanc | 0.7% | 5 804 |
| 23. Marselan | rouge | 0.7% | 5 568 |
| 24. Caladoc | rouge | 0.6% | 4 646 |
| 25. Gros manseng | blanc | 0.5% | 3 669 |
| 26. Riesling | blanc | 0.4% | 3 482 |
| 27. Gewurztraminer | rosé | 0.4% | 3 473 |
| 28. Pinot gris | gris | 0.4% | 3 016 |
| 29. Muscat de Hambourg | rouge | 0.4% | 2 990 |
| 30. Hybrides Divers | Divers | 0.4% | 2 950 |
| 31. Tannat | rouge | 0.4% | 2 835 |
| 32. Alicante Bouschet | rouge | 0.3% | 2 542 |
| 33. Auxerrois blanc | blanc | 0.3% | 2 479 |
| 34. Muscat d'Alexandrie | blanc | 0.3% | 2 467 |
| 35. Roussanne | blanc | 0.3% | 2 128 |
| 36. Clairette | blanc | 0.3% | 2 097 |
| 37. Grolleau | rouge | 0.3% | 2 080 |
| 38. Aligoté | blanc | 0.3% | 1 969 |
| 39. Nielluccio | rouge | 0.2% | 1 921 |
| 40. Marsanne | blanc | 0.2% | 1 699 |
| 41. Piquepoul blanc | blanc | 0.2% | 1 697 |
| 42. Macabeu | blanc | 0.2% | 1 675 |
| 43. Grenache gris | gris | 0.2% | 1 657 |
| 44. Mauzac | blanc | 0.2% | 1 654 |
| 45. Fer servadou | rouge | 0.2% | 1 571 |
| 46. Pinot Meunier | rouge | 0.2% | 1 468 |
| 47. Muscadelle | blanc | 0.2% | 1 456 |
| 48. Petit manseng | blanc | 0.2% | 1 412 |
| 49. Petit verdot | rouge | 0.2% | 1 371 |
| 50. Aramon | rouge | 0.2% | 1 193 |
| 51. Sciaccarello | rouge | 0.2% | 1 193 |
| 52. Pinot blanc | blanc | 0.1% | 1 172 |
| 53. Négrette | rouge | 0.1% | 1 109 |
| 54. Sauvignon gris | gris | 0.1% | 1 062 |
| 55. Chasselas | blanc | 0.1% | 1 051 |
| Tous les cépages blancs | 33.6% | 265 029 | |
| Tous les cépages rouges, rosés et gris | 66.4% | 514 486 | |
| TOTAL | 100.0% | 779 515 | |
Cépages de cuve
[modifier | modifier le code]Cépages blancs
[modifier | modifier le code]
|
|
Cépages noirs
[modifier | modifier le code]
|
|
source : ONIVINS, statistique 2010[84].
Cépages de table
[modifier | modifier le code]
|
|
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Avant ce paysage en rangs, le paysage en foule consiste en la plantation dense et irrégulière de pieds produits par bouturage ou marcottage, attachés à un échalas[15].
- ↑ 1er cépage de table en France, notamment dans la région de Moissac. Synonymes : Chasselas doré de Fontainebleau ou Chasselas de Thomery, Chasselas de Moissac, Fendant (Savoie, Valais), Gudetel (Allemagne)
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Hugues Piolet, Matthieu Lecoutre et Jean-Robert Pitte, Atlas historique du vin en France : de l'Antiquité à nos jours, Éditions Autrement, (ISBN 978-2-7467-5115-6).
- ↑ « Infographie - La viticulture française », sur agriculture.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ Judikael Hirel: Une ferme française sur cinq a disparu en dix ans. en: infochretienne.com, 14. Dezember 2021
- ↑ « Monde. Production mondiale de vin : la France regagne sa première place », sur bienpublic.com (consulté le ).
- ↑ Fanette Laubenheimer, Boire en Gaule, CNRS Éditions, , 192 p..
- ↑ (en) Michael Dietler, Archaeologies of Colonialism : Consumption, Entanglement, and Violence in Ancient Mediterranean France, 2010, University of California Press.
- ↑ Michael Dietler, « L'art du vin chez les Gaulois », sur Pour la Science no 61, .
- ↑ Michael Dietler, Driven by drink: the role of drinking in the political economy and the case of Early Iron Age France, Journal of Anthropological Archaeology 9: 352-406, 1990.
- ↑ Jean-Pierre Brun, Matthieu Poux, André Tchernia, Le vin : nectar des dieux, génie des hommes, Infolio, , p. 97.
- ↑ Fanette Laubenheimer, Boire en Gaule, CNRS Éditions, , p. 109.
- ↑ Jean-Pierre Brun, Archéologie du vin et de l'huile, Paris, Editions Errance, , 267 p. (ISBN 2-87772-304-6).
- Matthieu Poux, Petite leçon de paléo-œnologie : quand les gaulois sabraient les amphores de Rome, émission le Salon noir sur France Culture, 28 décembre 2011.
- ↑ Fanette Laubenheimer, Boire en Gaule, CNRS Éditions, , p. 110.
- ↑ Martin Bouquet, Recueil des historiens des Gaules et de la France : Rerum Gallicarum Et Francicarum Scriptores, Nabu Press, , p. 138.
- ↑ Frédérique Pelsy, Didier Merdinoglu, La vigne, miracle de la nature ? 70 clés pour comprendre la viticulture, éditions Quæ, (lire en ligne), p. 45
- ↑ Le Livre des Vins, Arnaud de Villeneuve, traduit du latin, préfacé et annoté par P. Gifreu, Éditions de la Merci, 2001.
- ↑ (it) Cibo, cucina, feste e banchetti nel Medio Evo e nel Rinascimento, par Paul Lacroix, conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal, Paris.
- ↑ Didier Nourrisson, Le Buveur du XIXe siècle, Éditions Albin Michel, , p. 11-13.
- ↑ Didier Nourrisson, Crus et cuites. Histoire du buveur, Perrin, , p. 147.
- ↑ Didier Nourrisson, Alcoolisme et antialcoolisme en France sous la Troisième République, Documentation française, , p. 62.
- ↑ Didier Nourrisson, « La France est-elle un pays d'alcooliques ? », L'Histoire, no 213, , p. 45.
- ↑ Pierre Casamayor, Le vin en 80 questions, Hachette, 2006.
- ↑ « Loi du 1er août 1905 sur la répression des fraudes dans la vente des marchandises et des falsifications des denrées alimentaires et des produits agricoles », publié au JORF no 0210 du .
- ↑ « Loi du 5 août 1908 modifiant l'article 11 de la loi du sur la répression des fraudes dans la vente des marchandises et des falsifications des denrées alimentaires et des produits agricoles et complétant cette loi par un article additionnel », publié au JORF du .
- ↑ Raymond Guérillon, Les appellations d'origine : loi du 6 mai 1919, Paris, Jouve, , 163 p., p. 27-28, lire en ligne sur Gallica.
- ↑ « Loi du 6 mai 1919 relative à la protection des appellations d'origine », publiée au JORF du .
- ↑ Olivier Jacquet, Un siècle de construction du vignoble bourguignon : les organisations vitivinicoles de 1884 aux AOC, Dijon, Éd. universitaires de Dijon, , 298 p. (ISBN 978-2-915611-21-2).
- ↑ « Loi du 22 juillet 1927 modifiant la loi du 6 mai 1919 sur la protection des appellations d'origine », publiée au JORF du .
- ↑ Claudine Wolikow, « Le recours aux usages locaux, loyaux et constants : de l’acquis au mythe (1908-1935…) », Territoires du vin, no 12, (lire en ligne).
- ↑ « Décret-loi du 30 juillet 1935 relatif à la défense du marché des vins et régime économique de l'alcool », publié au JORF no 0178 du .
- ↑ Christophe Lucand, Le pinard des poilus : une histoire du vin pendant la Grande Guerre (1914-1918), Dijon, Éditions universitaires de Dijon, , 170 p. (ISBN 978-2-36441-131-9).
- ↑ Sébastien Durand, « Produire et consommer les vins et alcools en France de 1914 à 1918 : une autre manière de comprendre la Première Guerre mondiale », .
- ↑ Don et Petie Kladstrup, La guerre et le vin [« Wine and War: The French, the Nazis and the Battle for France's Greatest Treasure »], Paris, Perrin, (ISBN 2-262-02406-5), p. 53.
- ↑ Christophe Lucand, Le vin des Nazis : comment les caves françaises ont été pillées sous l'Occupation, Paris, Grasset, (ISBN 978-2-246-82493-0), p. 56-59.
- ↑ Lucand 2023, p. 66 & 154.
- ↑ Lucand 2023, p. 63.
- ↑ Lucand 2023, p. 186-188.
- ↑ Lucand 2023, p. 262.
- ↑ Lucand 2023, p. 47.
- ↑ Lucand 2023, p. 103.
- ↑ Lucand 2023, p. 103-104.
- ↑ Lucand 2023, p. 98-99.
- ↑ Christophe Lucand, « Négoce des vins et propriété viticole en Bourgogne durant la Seconde Guerre mondiale », Ruralia, nos 16/17, (lire en ligne).
- ↑ Lucand 2023, p. 244-245.
- ↑ Kladstrup 2005, p. 176-178.
- ↑ Lucand 2023, p. 129.
- ↑ Lucand 2023, p. 128.
- ↑ Nomenclatures et classifications : approches historiques, enjeux économiques, Éditions Quae, , p. 193.
- ↑ Alain Marty, Guide des grands amateurs de vin 2011, Le Cherche Midi, 504 p. (ISBN 2749117313).
- ↑ Soit 1 144 579 hectares. Source : Ministère de l'écologie.
- Cemagref, Pesticides, agriculture et environnement : Réduire l'utilisation des pesticides et en limiter les impacts environnementaux, éditions Quæ, , p. 26.
- ↑ Delphine Bossy, « Les viticulteurs victimes des pesticides ? », sur Futura-Sciences, .
- ↑ Teysseire, R. (2023). Exposition des riverains de parcelles viticoles aux pesticides: de la compréhension des déterminants de l’exposition aux moyens de prévention (Thèse de doctorat, Université de Bordeaux) |url=https://theses.hal.science/tel-04496033.
- ↑ « Exposition des travailleurs agricoles aux pesticides », sur anses.fr.
- ↑ « Stratégie Écophyto 2030 », sur Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (consulté le ).
- ↑ « PestiRiv : résultats de l'étude nationale sur l'exposition aux pesticides des riverains de zones viticoles », sur santepubliquefrance.fr (consulté le ).
- ↑ « Pesticides, la fin de la loi du silence ? », sur La Revue du vin de France (consulté le ).
- ↑ Pratiques phytosanitaires dans la viticulture en 2010, Agreste, Numéro 289, Lire en ligne (PDF).
- ↑ « Stratégie Écophyto 2030 », sur Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (consulté le ) ; Simonovici, M. (2019). Enquête Pratiques phytosanitaires en viticulture en 2016. Agreste Les Dossiers, 2(50), 522. [lire en ligne].
- ↑ Panorama complet des exportations de vin en 2006-2007.
- ↑ baisse des exportations de la filière vin
- [1].
- ↑ [2].
- ↑ [3].
- ↑ « La France redevient le premier producteur mondial de vin », sur lemonde.fr, (consulté le )
- ↑ De terribles épidémies font perdre un milliard au vignoble français, Les Échos du 19 juillet 2015.
- ↑ « Un milliard de bouteilles de vin bues en plus par an d'ici cinq ans », sur sud-de-france.com, .
- ↑ Laurence Girard, « Les exportateurs de vins et spiritueux français peuvent sabrer le champagne », sur lemonde.fr, .
- ↑ Production vin .
- ↑ Exportation Vin.
- ↑ « Aux États-Unis, la taxe sur les vins français nous a pris de court », sur La Revue du vin de France, .
- ↑ « Le Gouvernement annonce un soutien exceptionnel à la filière viticole », sur agriculture.gouv.fr, .
- ↑ « Les exportations françaises de vins et spiritueux ont reculé de 13,9% en 2020 », sur lefigaro.fr (consulté le ).
- ↑ (en) Martin Green, « France will uproot 27,500 hectares of vineyards to combat oversupply crisis » [PDF], Decanter, (consulté le ).
- ↑ Heinrich-Böll-Stiftung, « Atlas des pesticides », sur fr.boell.org, (consulté le ).
- ↑ Procédures d'instruction sur le site de l'INAO
- ↑ Vins sans IG sur le site de FranceAgriMer
- ↑ IGP sur le site de l'INAO
- ↑ Liste des appellations viticoles sous IGP sur le site de l'INAO
- ↑ AOC et AOP sur le site de l'INAO
- ↑ Liste des appellations viticoles sous AOC sur le site de l'INAO
- ↑ Accès à la liste des cépages à raisins de cuve publiée au BO-Agri
- ↑ « Superficie des cépages de vin en France », sur public.opendatasoft.com, .
- ↑ FranceAgriMer, surfaces par cépage blanc et surfaces par cépage noir à l'issue de la campagne 2009-2010, publiés sur le site www.onivins.fr.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Victor Rendu, Ampélographie française, Librairie Victor Masson, Paris, 1857.
- Louis Larmat, Carte de la France vinicole, Paris, Louis Larmat, , carte 115 × 83 cm au 1/1 400 000 environ, lire en ligne sur Gallica.
- Pierre Galet, Cépages et vignobles de France, C. Déhan, 1988 (ISBN 978-2-902771-03-5).
- Pierre Casamayor, Antoine Lebègue, Pierre Galet, Dictionnaire des vins de France, Hachette Pratique, coll. « Livret du Vin », 2001 (ISBN 978-2-01-236582-7).
- Antoine Dreyfus, Les raisins du Reich : Quand les vignobles français collaboraient avec les nazis, Flammarion, , 380 p. (ISBN 9782081517301).
Liens externes
[modifier | modifier le code]Vidéos
[modifier | modifier le code]- [vidéo] « Les trésors des vignobles français » sur France 5, , 91 min
- [vidéo] « Des terroirs, des châteaux et des vignes », dans Des racines et des ailes sur France 3, , 122 min