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Bourgogne hautes-côtes-de-nuits

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Bourgogne hautes-côtes-de-nuits
Image illustrative de l’article Bourgogne hautes-côtes-de-nuits
Une vallée de l'arrière-côte.

Désignation(s) Bourgogne hautes-côtes-de-nuits
Appellation(s) principale(s) bourgogne
Type d'appellation(s) dénomination au sein d'une AOC / AOP
Reconnue depuis 1961[1]
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Bourgogne
Sous-région(s) vignoble de la côte de Nuits
Localisation Côte-d'Or
Climat tempéré océanique à tendance continentale
Sol argilo-calcaire
Superficie plantée 783 hectares (en 2023)[2]
Cépages dominants pinot noir N[n 1] et chardonnay B
Vins produits 78 % rouges, 21 % blancs et 0,002 % rosés
Production 38 679 hl (en 2023)[2]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 pieds/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 49 hl/ha en rouge et 52 en blanc (en 2023)[2]
Site web bourgogne-hautescotes.fr

Un bourgogne hautes-côtes-de-nuits[n 2], ou plus simplement un hautes-côtes-de-nuits, est un vin de Bourgogne[4]. Il s'agit d'une dénomination géographique au sein de l'appellation d'origine contrôlée bourgogne.

Son aire de production correspond aux villages se trouvant dans l'arrière-côte (appelée aussi les hautes-côtes), à l'ouest de la côte de Nuits.

Période moderne

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En 1728, Claude Arnoux décrit ainsi l'arrière-côte : « Derriere le premier rang de coteaux qui produisent de si bon Vins […], l'on ne trouve plus que des montagnes & des vallées ; les moins eloignées de ces coteaux sont aussi toutes plantées de Vignes, & ces climats s'apellent arrières côtes ; dans les années que le soleil fait le plus sentir sa chaleur, & que les pluïes sont moins frequentes, les raisins y font un Vin très bon : mais il n'a jamais le parfum des Vins que produisent les premiers coteaux. »[5]

XIXe siècle

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En 1831, Denis Morelot consacre dans son ouvrage un long chapitre aux « vignobles inférieurs » (ceux de l'arrière-côte et de la plaine), avec notamment ceux du canton de Nuits :

« Les arrières-côtes offrent une immense quantité de vignes qui datent d'un temps immémorial. La plupart des coteaux, sur lesquels elles sont plantées, sont raides, presque escarpés, et forment des angles très-aigus ; ils ne peuvent donc convenir qu'à la culture de la vigne. Le sol est une terre formée en grande partie des débris de la roche sous-jacente, qui est un sous-carbonate calcaire assez grossier, et dont l'écorce extérieure se lève en feuillets minces (laves). Le vin qui provient de ces vignobles ressemble beaucoup, pour les propriétés, à celui dont j'ai parlé à l'article canton de Nolay. L'exposition la plus ordinaire est celle de l'est ou sud-est.
Parmi les meilleurs vins de cette partie du canton, on doit placer ceux de Villars-Fontaine, Chevrey et Meuilley. Viennent ensuite ceux d'Arcenant, Chaux, Villers-la-Faye, Magny et Concœur. Ils sont agréables, ils ont du bouquet et même de la finesse ; mais il faut, pour obtenir ces qualités, que l'année soit chaude et propice, autrement ils sont acides et sans couleur. »

— Denis Morelot, Statistique de la vigne dans le département de la Côte-d'Or, , p. 45[6].

L'auteur traite aussi ceux du canton de Gevrey :

« Les communes de l'arrière-côte, qui font partie du canton de Gevrey, fournissent des produits qui ne sont pas sans quelque mérite. Je ferai ici une remarque vraiment digne de fixer l'attention : ce n'est que derrière les coteaux où végètent les vignes de première classe qu'il existe des arrière-côtes. Ainsi c'est de l'autre côté de Chambolle, Morey et Gevrey, que se trouvent les vignobles de Vergy, Curtil-Vergy, Messanges, Segrois, Reulle, etc. Les montagnes de Brochon, Fixin, Fixey et de Marsannay, forment une masse énorme qui s'étend sur une longueur de près de deux lieues, et derrière laquelle se trouvent des massifs de bois qui couvrent une grande partie de ce sol montueux. En sorte que l'on pourrait dire que les arrière-côtes sont, en quelque sorte, les succédanées des bons coteaux.
Les vignobles dont nous parlons ici sont plantés sur des montagnes presque toutes élevées et raides. Celle au milieu de laquelle est bâti Collonges est fort haute ; Vergy est également très-élevé. Tous ces terrains ne sont susceptibles que de la culture de la vigne, soit en raison de la position, soit à cause de la nature du terrain qui n'est qu'un composé de débris de roche sous-jacente, et d'une argile friable et légère. Les habitans en sont très-laborieux et très-sobres ; les faibles produits de leur sol les obligent à de grandes privations.
On peut classer les vins de ces arrière-côtes de cette manière : Curtil-Vergy, Messanges, Segrois ; ils ont beaucoup d'analogie avec ceux de Meuilley. Après eux viennent ceux de Reulle, Létang ; enfin ceux de Bévy, Chevannes, Collonges, Urcy et Clémencey. En général tous les vins du vallon de Vergy sont assez légers, peu foncés en couleur, et toujours un peu acides. »

— Morelot 1831, p. 57-58.

Morelot complète son propos avec les surfaces plantées en vignes, essentiellement avec du gamay : 220 hectares à Meuilley, 155 à Arcenant, 96 à Villars-Fontaine, 94 à Curtil, 71 à Villers-la-Faye, 69 à Chaux, 64 à Magny-les-Villers, 61 à Chevannes, 59 à Segrois, 57 à Chevrey, 57 à Messanges, 51 à Marey, 47 à Concœur Corboin, 41 à Reulle-Vergy, 40 à Fussey, 33 à L'Étang-Vergy, 22 à Bévy et 15 à Collonges[7].

Dans les décennies 1830-1840, la pyrale survint et attaqua les feuilles de la vigne. Elle fut suivie vers 1850 d'une maladie cryptogamique, l'oïdium[8], dont le traitement par le soufre est trouvé en 1854. Puis arriva le phylloxéra, un puceron venu d'Amérique du Nord, qui toucha la Côte-d'Or à partir de 1878 (à Meursault), se répandant ensuite, entraînant à terme la mort de la totalité des vignes. La seule parade trouvée fut de replanter avec greffage sur des pieds américains, autorisé en Bourgogne à partir de 1887[9]. En 1878, une nouvelle maladie cryptogamique, le mildiou, est identifiée dans le Bordelais, venant elle-aussi d'Amérique du Nord et contaminant rapidement tous les vignobles européens ; le traitement avec du sulfate de cuivre (la bouillie bordelaise) est proposé en 1885. Enfin, en 1886, c'est au tour du black rot (la pourriture noire) d'arriver[10], traité au fongicide. La crise phylloxérique transforme le vignoble : le provignage est abandonné, les plantations sont faites en rangs avec désormais un palissage sur fils de fer, et non plus en foule sur piquets[11], d'où une densité plus faible, et la possibilité d'y faire passer un cheval (pour traiter et labourer). Le vignoble de l'arrière-côte ne fut pas intégralement replanté (moins rentable que celui de la côte d'Or et concurrencé par les vins du Midi), la culture des petits fruits (cassis, groseille, framboise, etc.) se développa, les villages perdant à cette occasion une partie de leurs petits propriétaires.

XXe siècle

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Le mildiou provoqua un désastre considérable en 1910. Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-1970, qui remplace le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique etc.).

Par le décret du , le nom de « Hautes Côtes de Nuits » (un nom plus valorisant que celui d'arrière-côte) peut être rajouté sur les étiquettes à la suite de celui de l'appellation bourgogne (sous la forme « Bourgogne Hautes Côtes de Nuits »)[12], devenant ainsi avec le bourgogne hautes-côtes-de-beaune les deux premières dénominations géographiques de l'appellation régionale.

XXIe siècle

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Avec la canicule de 2003, les vendanges débutèrent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces qui ne s'étaient pas vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives[13]. Le cahier des charges de la dénomination est celui de l'appellation bourgogne, modifié dernièrement en octobre 2009[14], puis en novembre 2011[15] et en décembre 2023[3].

Le bourgogne-hautes-côtes-de-nuits est produit en France, dans la région Bourgogne, plus précisément dans le département de la Côte-d'Or. La dénomination est implantée sur 20 communes essentiellement au sein de l'arrière-côte du vignoble de la côte de Nuits. Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2023 sous l'appellation est de 783 hectares, dont 626 ha pour du rouge, 155 ha pour du blanc et 2,3 ha pour du rosé[2].

Aire de la dénomination

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Images externes
Carte de l'aire de production du bourgogne hautes-côtes-de-nuits
Aire parcellaire de la dénomination

Les communes sont situées dans le département de la Côte-d'Or[16] : Communes entières : Arcenant, Bévy, Chaux, Chevannes, Collonges-lès-Bévy, Curtil-Vergy, L'Étang-Vergy, Marey-lès-Fussey, Messanges, Meuilley, Reulle-Vergy, Segrois, Villars-Fontaine, Villers-la-Faye.

Communes prises en partie : Chambolle-Musigny, Flagey-Echézeaux, Magny-lès-Villers, Nuits-Saint-Georges, Premeaux-Prissey, Vosne-Romanée.

Les noms de l'appellation et de la dénomination sur les déclarations comme sur l'étiquette peuvent être suivis du nom du climat (lieux-dits)[n 3] sur lequel le vin a été produit. Aucun de ces climats n'étant classé comme premier cru, le nom d'un de ces lieux-dits cadastrés doit être inscrit en caractères de taille moitié moindre que ceux du nom de l'appellation[3].

Géologie et orographie

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Ce sont des sols argilo-calcaires. Les plateaux sont de calcaires du Jurassique. Ces sols argilo-calcaires provienne de l'altération des calcaires et des marnes du substrat.

Climatologie

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Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale. L'influence océanique se traduit par des pluies fréquentes en toutes saisons (avec néanmoins un maximum en automne et un minimum en été) et un temps changeant. L'influence semi-continentale se traduit par une amplitude thermique mensuelle plutôt élevée, se caractérisant par des hivers froids avec des chutes de neige relativement fréquentes, et des étés plus chauds que sur les littoraux, avec à l'occasion de violents orages. Les données climatiques de la station météorologique d'Ouges (l'aéroport de Dijon-Bourgogne, anciennement Dijon-Longvic) ci-dessous en rendent compte, mais cette station se situe en plaine.

En raison de l'actuel réchauffement climatique, les vendanges sont souvent plus précoces de quelques jours (le débourrement, la floraison et la véraison de la vigne se faisant plus tôt)[17].

Relevés à Dijon-Longvic 1991-2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −0,2 0 2,6 5,2 9,2 12,8 14,9 14,6 11 7,6 3,3 0,7 6,8
Température moyenne (°C) 2,7 3,8 7,5 10,7 14,6 18,5 20,8 20,4 16,4 11,8 6,5 3,4 11,4
Température maximale moyenne (°C) 5,6 7,6 12,5 16,2 20 24,2 26,7 26,2 21,7 16,1 9,7 6,1 16,1
Nombre de jours avec gel 16 14,6 7,7 2,1 0 0 0 0 0 1,1 6,5 13,6 61,6
Ensoleillement (h) 60,8 95,1 159,8 193,7 215,5 240,3 256,9 239,7 190,9 118 66,5 52,9 1 890,1
Précipitations (mm) 56,8 42,9 48,2 57,5 76,1 65,8 64,9 62 56,4 73,6 77,6 61,6 742,4
Source : www.infoclimat.fr : Dijon-Longvic (1991-2020)[18].
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
5,6
−0,2
56,8
 
 
 
7,6
0
42,9
 
 
 
12,5
2,6
48,2
 
 
 
16,2
5,2
57,5
 
 
 
20
9,2
76,1
 
 
 
24,2
12,8
65,8
 
 
 
26,7
14,9
64,9
 
 
 
26,2
14,6
62
 
 
 
21,7
11
56,4
 
 
 
16,1
7,6
73,6
 
 
 
9,7
3,3
77,6
 
 
 
6,1
0,7
61,6
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Encépagement

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Les cépages utilisés pour produire les vins rouges sont le pinot noir N[n 1], qui peut être complété par du chardonnay B, du pinot blanc B et du pinot gris G (ces trois derniers limités ensemble à un maximum de 15 %) ; pour les vins blancs le chardonnay B, le pinot blanc B et le pinot gris G (ce dernier limité à un maximum de 30 %) ; pour les vins rosés les pinot noir N et pinot gris G, qui peuvent être complétés par du pinot blanc B et du chardonnay B (ces deux limités à max. 10 %).

Le pinot noir N compose exclusivement les vins rouges de l'AOC. Il est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin[19] composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre[19]. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et aux cicadelles[20]. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons[20]. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissant, riches, colorés, de garde[21]. Ils sont moyennement tanniques en général.

Le chardonnay B compose les vins blancs de l'AOC. Ses grappes sont relativement petites, cylindriques, moins denses que celles du pinot noir[22], constituées de grains irréguliers, assez petits, de couleur jaune doré[22]. De maturation de première époque comme le pinot noir, il s'accommode mieux d'une humidité de fin de saison avec une meilleure résistance à la pourriture s'il n'est pas en situation de forte vigueur. Il est sensible à l'oïdium et à la flavescence dorée. Il débourre un peu avant le pinot noir, ce qui le rend également sensible aux gelées printanières. Les teneurs en sucre des baies peuvent atteindre des niveaux élevés tout en conservant une acidité importante, ce qui permet d'obtenir des vins particulièrement bien équilibrés, puissants et amples, avec beaucoup de gras et de volume[20].

Méthodes culturales

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Pied de vigne taillé en Guyot simple, montrant une baguette (un sarment taillé long) portant plusieurs yeux.

Travail manuel

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Ce travail commence par la taille, qui peut être réalisée en Guyot simple, en Guyot double, en cordon de Royat ou en cordon bilatéral ; le nombre d'yeux francs (bourgeons) par mètre carré ne doit pas être supérieur à six[3]. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[23]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[23]. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.

Travail mécanique

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L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[23]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.

Selon le cahier des charges de l'appellation, le rendement maximum doit être de 60 hectolitres par hectare pour le rouge/rosé et 66 pour le blanc, pouvant monter jusqu'au rendement butoir fixé à 66 hl/ha en rouge et 77 en blanc[3].

Les vins produits sur l'aire d'appellation du bourgogne hautes-côtes-de-nuits peuvent être repliés[n 4] en appellations bourgogne ou coteaux-bourguignons.

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[2] :

Année hautes-côtes-de-nuits rouge hautes-côtes-de-nuits blanc
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 639 27 360 42 154 7 404 48
2023 626 30 448 49 155 8 117 52
2024 636 14 417 22 155 4 542 29

La production de bourgogne hautes-côtes-de-nuits clairet (rosé) est anecdotique : sur seulement 1,31 ha pour 56 hl en 2022 ; sur 2,28 ha pour 113,9 hl en 2023 ; et sur 1,01 ha pour 28 hl en 2024[2].

Titre alcoométrique volumique

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AOC Rouge Rouge Blanc Blanc Rosé Rosé
Titre alcoométrique volumique minimal maximal minimal maximal minimal maximal
AOC bourgogne[3] 10 % vol 13 % vol 10,5 % vol 13,5 % vol 10 % vol 13 % vol

Vinification et élevage

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Voici les méthodes générales de vinification de cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.

Vinification en rouge

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La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle ou mécanique. La vendange manuelle est le plus souvent triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[23]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments qualitatifs du raisin (polysaccharides etc.)[23]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation à l'aide d'un outil en bois ou aujourd'hui d'un robot pigeur hydraulique. Plus couramment, l'extraction est conduite par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées suivant les pratiques de chaque vinificateur avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[23]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée[23]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (12 à 24 mois)[23] puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.

Vinification en blanc

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Pressoir pneumatique servant au pressurage

Comme pour le rouge, la récolte est manuelle ou mécanique et peut être triée. Les raisins sont ensuite transférés dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le moût en cuve, le débourbage est pratiqué généralement après un enzymage. À ce stade, une stabulation préfermentaire à froid (environ 10 à 12 degrés pendant plusieurs jours) peut être recherchée pour favoriser l'extraction des arômes[23]. Mais le plus souvent, après 12 à 48 heures, le jus clair est soutiré et mis à fermenter[23]. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés)[23]. La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le titre alcoométrique volumique si nécessaire. La fermentation malolactique est réalisée en Fûts ou en cuves. Les vins sont élevés « sur lies », en fûts, dans lesquels le vinificateur réalise régulièrement un « bâtonnage », c'est-à-dire une remise en suspension des lies[23]. Cette opération dure pendant plusieurs mois au cours de l'élevage des blancs. À la fin, la filtration du vin est pratiquée pour rendre les vins plus limpides[23]. La mise en bouteille clôture l'opération.

Gastronomie

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Vin rouge : arômes de fruits rouges (cerise, framboise), de réglisse, de violette. Velouté et suave en bouche. S'accorde bien avec de la viande blanche (lapin, agneau), du fromage... Se sert entre 14 et 16 degrés et se garde entre trois et dix ans.

Vin blanc : arômes d'aubépine, de chèvrefeuille, de pomme, de citron, de noisette. Gras, équilibré, solide en bouche. S'accorde bien avec des crustacés, du poisson, du fromage (roquefort, comté)... Se sert entre 10 et 13 degrés et se garde entre deux et cinq ans (+ pour les grands millésimes).

Structure des exploitations

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Il existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.

Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[24]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.

Commercialisation

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La commercialisation de cette dénomination se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur ou de la cave coopérative, dans les boutiques des négociants, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les cafés, hôtels et restaurants (CHR), ainsi que dans les grandes et moyennes surfaces (GMS).

Producteurs de l'appellation

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Notes et références

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  1. a et b Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  3. Une carte détaillée des différents climats du vignoble de Bourgogne est disponible sur le site https://bourgogne-maps.fr/ ; une carte moins complète (sans les climats des appellations régionales) est consultable à l'adresse https://www.climats-bourgogne.com/fr/carte_14.html
  4. Repli : commercialisation d'un vin bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée sous une appellation plus générale à laquelle il peut prétendre ; cf. « directive INAO-DIR-2019-02 » [PDF], sur inao.gouv.fr, .

Références

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  1. Site du BIVB : Bourgogne hautes côtes de nuits
  2. a b c d e et f « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  3. a b c d e et f « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Bourgogne » », homologué par l'arrêté du publié au JORF du et au BO Agri du .
  4. http://www.vins-bourgogne.fr/ Fiche Appellation: Bourgogne Hautes Côtes de Nuits
  5. Claude Arnoux, Dissertation sur la situation de la Bourgogne et sur les vins quelle produit, Londres, P. du Noyer, , 64 p. (BNF 30031234), p. 17, lire en ligne sur Gallica.
  6. Denis Morelot, Statistique de la vigne dans le département de la Côte-d'Or, Dijon, Victor Lagier, , 286 p. (BNF 30979367), p. 45, lire en ligne sur Gallica.
  7. Morelot 1831, p. 47 et 58.
  8. Bourgogne : Côte de Beaune, Paris, La Revue du vin de France et Le Figaro, coll. « vins de France et du monde », , 96 p. (ISBN 978-2-8105-0065-9), « L'histoire », p. 26.
  9. Alain Huetz de Lemps, « La vigne américaine au secours de l'Europe », Les Cahiers d'Outre-Mer, nos 179-180,‎ , p. 469 (lire en ligne).
  10. François Delmotte et Olivier Jacquet, « Histoire des maladies de la vigne et de leur impact sur la filière viticole, ses normes et ses pratiques : regards croisés d'un biologiste et d'un historien » [PDF] (12e colloque de la Société française de phytopathologie, « Les Vendanges du Savoir » le 20 mai 2025 à Talence).
  11. « Culture de la vigne – Frise chronologique », sur archeologie-vin.inrap.fr (consulté le ).
  12. Décret du 4 août 1961 concernant l'appellation contrôlée « Bourgogne », publié au JO du , p. 7521.
  13. La Revue du vin de France n°482S : Le Millésime 2003 en Bourgogne, p. 109
  14. « Décret n° 2009-1252 du 16 octobre 2009 » relatif aux appellations d'origine contrôlées « Bourgogne », « Bourgogne grand ordinaire », « Bourgogne ordinaire », « Bourgogne Passe-tout-grains » et « Bourgogne aligoté », publié au JORF no 0242 du .
  15. « Décret no 2011-1615 du  », publié au JORF no 0272 du .
  16. « JORF n°0262 du 9 novembre 2017 Arrêté du 30 octobre 2017 modifiant le cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Bourgogne », homologué par le décret n° 2011-1615 du 22 novembre 2011 », sur legifrance.gouv.fr,
  17. Malika Madelin, Benjamin Bois et Jean-Pierre Chabin, « Modification des conditions de maturation du raisin en Bourgogne viticole liée au réchauffement climatique », EchoGéo, no 14,‎ (lire en ligne).
  18. « Normales et records 1991-2020 de la station de Dijon-Longvic », sur infoclimat.fr.
  19. a et b Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p. 12
  20. a b et c Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France ENTAV, Éditeur
  21. Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p. 13
  22. a et b Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Chardonnay », p. 13
  23. a b c d e f g h i j k l et m Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune pour le baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie, 1999-2001.
  24. Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde, Bourgogne : Côte de Beaune, (Le négoce), p. 24.

Bibliographie

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  • François Legouy, La renaissance du vignoble des Hautes-Côtes de Beaune et de Nuits, Paris, [s.n.],, , 710 p. (BNF 45293265) (thèse de doctorat en géographie à Paris IV en 2002).
  • Jean-François Bazin, Le Vignoble des Hautes-Côtes de Nuits et de Beaune : histoire d'une renaissance, L'Étang-Vergy, Association des amis de Vergy et Comité d'aménagement des Hautes-Côtes et de la vallée de l'Ouche, coll. « Les Cahiers de Vergy », , 42 p. (BNF 35319208).

Liens externes

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Articles connexes

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