Muscadet (AOC)

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Muscadet
Image illustrative de l'article Muscadet (AOC)
AOC Muscadet

Désignation(s) Muscadet
Appellation(s) principale(s) muscadet
Type d'appellation(s) AOC
Reconnue depuis 1936
Pays Drapeau de la France France
Région parente vallée de la Loire
Sous-région(s) Gorges, Goulaine...
Localisation Loire-Atlantique, Maine-et-Loire et Vendée
Climat Climat tempéré océanique
Superficie plantée 9 000 hectares
Cépages dominants Melon (ou Melon de Bourgogne)
Vins produits Vin blanc
Production 727 000 hectolitres (1999)[1]
Pieds à l'hectare 6 500 à 7 500 pieds/ha
Rendement moyen à l'hectare 65 à 78 hl/ha pour le muscadet
55 à 66 hl/ha pour le muscadet sur lie[2]
Chateau de la Galissonnière : une référence en Muscadet

Le muscadet est un vin blanc sec d'appellation d'origine contrôlée produit principalement en Loire-Atlantique au sud de Nantes, et débordant partiellement sur le Maine-et-Loire et la Vendée. Ce vin du vignoble de la vallée de la Loire est issu d'un cépage unique, le melon de Bourgogne. Cette appellation est classée AOC depuis 1936 et couvre une superficie d'environ 8 300 hectares vers l'an 2016 .

Le vignoble du muscadet comporte plusieurs appellations : le muscadet-sèvre-et-maine, le muscadet-côtes-de-grandlieu, le muscadet-coteaux-de-la-loire et le muscadet sans dénomination particulière. Le muscadet est un vin sec aux arômes floraux et fruités qui peut être élevé sur lie d'où il tirera une légère effervescence dite « perlante ». Ce vin s'accorde particulièrement bien avec les fruits de mer.

Histoire[modifier | modifier le code]

De l'Antiquité à la Renaissance[modifier | modifier le code]

La tradition de la viticulture, dans la région nantaise où est produit le muscadet, date d’un décret de l’empereur romain Probus dont les soldats plantèrent les premières vignes sur le territoire[3],[4].

La viticulture s'y est développée au cours du Moyen Âge sous l’impulsion des moines des abbayes du Pays nantais, dont Saint-Martin-de-Vertou et Saint-Philbert-de-Grand-Lieu. Ces vignes produisaient des vins issus très probablement de gros plant qui ne pouvaient être comparés aux « vins d'amont » venus d'Anjou et de Touraine.

Au XVIIe siècle, sous la pression des courtiers hollandais, recherchant des petits vins pour l'alambic, le vignoble va connaître un grand développement : jusqu'à la Révolution française la Bretagne fait partie des « provinces réputées étrangères » (avec la Guyenne, la Saintonge, le Languedoc, la Provence, le Dauphiné, le Lyonnais, la Flandre et l'Artois) ce qui fait que les traites (taxes sur les marchandises) sont levées à ses frontières, notamment à la barrière d'Ingrandes sur la Loire[5]. Ainsi, les vins du pays nantais sont majoritairement convertis en eaux-de-vie, lesquelles sont exportées depuis le port de Nantes, vers les pays de l'Europe du Nord. Jusqu'à la Révolution, le cépage majoritaire du pays nantais est donc le gros plant, cépage bien adapté à cette production[6]. Le cépage muscadet est cependant présent mais il est très minoritaire ; au cours du XVIIIe siècle, le volume d'eau-de-vie exportée est, selon les années, 3 à 10 fois supérieur à celui du vin[7].

Période moderne[modifier | modifier le code]

Il est suggéré que Louis XIV ordonna la plantation du melon de Bourgogne après les gelées dévastatrices du « Grand Hiver » de 1709.

Le plus ancien document attestant de l'existence du cépage date de 1616. Il s'agit d'un contrat de prise de bail passé entre Suzanne de Beaucé et Louis Ménard, concernant une vigne située aux Navineaux, paroisse de Vertou[8]. En 1635, le mot « muscadet » est attesté dans un autre document du village de Gorges[9]. On prétend que ce cépage dénommé aujourd'hui « Melon de Bourgogne » en raison de son origine, aurait mieux résisté au terrible hiver de 1709 que les autres cépages dont le gros plant et que, de ce fait, il se serait ensuite généralisé dans le pays nantais. Aucune archive n'en atteste. Il s'agit là d'une construction sans fondement datant de l'entre-deux guerres, qui doit être rejetée. Elle résulte vraisemblablement du besoin d'étayer les usages locaux, loyaux et constants requis pour l'octroi de l'AOC en 1936, sans que les porteurs du dossier n'aient étayé leur assertion par la moindre référence archivistique. D'ailleurs tous les chiffres de la production viticole nantaise du XIXe siècle attestent de la prépondérance du gros plant jusqu'à l'éradication du vignoble par le phylloxéra[réf. nécessaire]. Ainsi, en 1829, le directeur des contributions indirectes de Nantes écrit au ministère des finances :

Les planteurs plus avides de quantité que de qualité du produit ont propagé l'espèce dite gros-plant, la plus profitable mais la moins estimée[10]. À La même époque, un notable nantais s'exprimant sur le poids des taxes, écrit [11]: Le département de la Loire-Inférieure ne fournissant que des vins de peu de valeur, souffre plus qu’aucun autre de cette injustice… Les vins de peu de valeur sont bien évidemment les vins de chauffe issus de gros-plants. En 1868, Jules Guyot écrivait que la surface plantée en gros plant était double de celle plantée en muscadet[12]. Il n'y a donc pas de doute : le melon de Bourgogne est bien présent dans le vignoble nantais dès le début du XVIIe siècle, mais il est resté minoritaire sinon confidentiel au moins jusqu'à la Révolution et même jusqu'à la fin du XIXe siècle[réf. nécessaire].

Cependant, la plupart des ampélographes pensent que le cépage melon de Bourgogne fut introduit dans le Pays nantais au XVIIIe siècle par des marchands hollandais. Ce point de vue n'est pas argumenté ni étayé par des archives et il est peu crédible dans la mesure où les marchands hollandais n'étaient pas des spécialistes de viticulture et qu'en outre ce cépage est mal adapté à la production des eaux-de-vie qu'ils recherchaient pour alimenter leur négoce avec l'Europe du Nord[réf. nécessaire].

L’expert français en viticulture, Pierre Galet, suggère que Louis XIV ordonna lui-même la plantation du melon de Bourgogne après les gelées dévastatrices du « Grand Hiver de 1709 »[13]. Le cépage aurait été introduit dans cette région viticole car il se serait révélé plus résistant au froid[14]. Cette assertion non vérifiée par les ampélographes actuels ni argumentée par référence à des archives, date des années 1930[15]. En outre, la résistance au froid du melon de Bourgogne n'est pas aujourd'hui établie par les spécialistes de physiologie ampélographique[réf. nécessaire].

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le siècle débute sur un vignoble ravagé en grande partie par la Guerre de Vendée[16]. La reconstitution sera cependant assez rapide puisque en 1803, un homme politique local écrit : « Depuis la paix, on replante continuellement ; et quoique le défaut de soin, pendant 3 ans, en ait fait périr une grande quantité, quoique beaucoup de propriétaires les ayent arrachées et n’ayent pas eu le moyen de les rétablir, nous devons avoir, à très peu de choses près, autant de vigne aujourd’hui qu’avant la Révolution »[17]. Mais la reconstitution s'est faite en conformité avec le vignoble du siècle précédent, c'est-à-dire que le gros plant reste le cépage majoritaire, vraisemblablement en raison du maintien d'un bail rural spécifique à la région et qui avait vocation à être aboli à la Révolution, mais qui ne le fut pas : le bail à complant[16]. Le vignoble traverse donc la première moitié du XIXe siècle en produisant des vins en principe destinés à la distillerie, alors qu'il ne se fabrique pratiquement plus d'eau-de-vie. La production s'écoule entre la consommation locale qui est élevée du fait de l'apparition de nouvelles industries et du monde ouvrier qu'elles emploient, la vinaigrerie locale et orléanaise le coupage de vins qui manquent d'acidité. Puis il aborde la tourmente des catastrophes sanitaires de la viticulture française ; Nantes est touché par l'oïdium en 1852, le mildiou en 1883, le phylloxéra en 1884.

La fin du XIXe siècle voit le vignoble nantais (muscadet et gros-plant) touché par le phylloxéra comme la plupart des vignobles français. Ce puceron importé accidentellement d'Amérique en 1864 pique les racines de la vigne et provoque la mort du cep. La conjonction de la mort des vignes et l'existence du bail à complant va provoquer une forte agitation sociale dans le vignoble[18] reportant à 1898 (loi Méline) le début de la reconstitution du vignoble. C'est vraisemblablement à cette époque que le melon de Bourgogne (muscadet) va s'imposer comme cépage majoritaire dans le vignoble nantais. C'est aussi l'avis d'un bon spécialiste de la viticulture nantaise moderne qui écrit[19] : « on peut d'ailleurs se demander si le phylloxéra n'a pas joué là un rôle bénéfique en précipitant le mouvement. Puisqu'il fallait replanter, autant le faire avec un cépage plus rentable, ont dû se dire les vignerons ». Un seul traitement se révèle efficace : le greffage. Cette technique consiste à fixer un greffon de vigne melon de Bourgogne (pour le muscadet) sur un porte-greffe, plant américain résistant à l’insecte térébrant[20]. Des pépinières viticoles sont créées à partir de 1889 et le greffage est enseigné dans les écoles[21].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle débute dans un contexte national de surproduction vinicole qui va durer pratiquement pendant tout le siècle. À Nantes, on replante et pas seulement des hybrides producteurs directs comme dans le reste de la Bretagne. La loi Méline imposait en effet la reconstitution avec les cépages traditionnels du vignoble : muscadet et gros plant. Les premières lois visant à protéger la viticulture de qualité (1905, 1919, 1927, 1929) vont permettre à une partie des vignerons de valoriser la production issue du cépage muscadet. À cette époque, les tribunaux valident des appellations telles que « Muscadet grand cru de Sèvre-et-Maine »[22] ; bien qu'ils soient une minorité parmi plus de 25 000 vignerons. C'est à cette époque qu'apparaissent les premiers concours communaux des muscadets. La consécration de ce mouvement en faveur d'une production de qualité sera couronné par la passage en AOC du muscadet de Sèvre-et-Maine et du Muscadet des Coteaux-de-la-Loire en septembre 1936. L'année suivante sur proposition du CNAO (ancêtre de l'INAO), sera créée l'appellation régionale « Muscadet » pour soustraire l'usage de ce mot à des pratiques quasi-frauduleuses issues du négoce, comme celle qui consiste à étiqueter « Vin de muscadet » un vin contenant plusieurs cépages dont du melon de Bourgogne. Cet accès de la viticulture nantaise au gotha des vins de France ne doit cependant pas faire illusion : il existe encore une multitude de petits producteurs, vignerons d'occasion, qui via le négoce, inonde le marché de vins médiocres qui contribueront à construire une image dégradée du muscadet, celle d'un petit vin de comptoir acide et inapte à la garde. La fin du XXe siècle voit son retour au premier plan dans sa région de production avec des producteurs expérimentant de nouvelles techniques de vinification pour amener plus d’arôme et de complexité dans le vin. Les années 1980 voient un essor dans l’utilisation de barriques en chêne pour la cuvaison et la fermentation sur lie. Les années 1990 introduisent l’utilisation de la technique de la macération avant la fermentation. Ces différentes techniques amènent une grande diversité de style et de qualité du muscadet[23].

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 2012, le maire de Nantes Jean-Marc Ayrault devient Premier ministre. Par mesure d'économie, il fait remplacer le Champagne par le Muscadet lors des réceptions de l'hôtel Matignon[24].

Étymologie[modifier | modifier le code]

C’est au domaine de l’Oiselinière à Gorges que l'on trouve le plus ancien parchemin daté de 1635, mentionnant l’existence du plant « Muscadet[25] ». L’origine de l’appellation « Muscadet » est une exception. En effet, les vins AOC sont nommés d’après leur région de production ou leur cépage (ce dernier cas pour les vins d’Alsace seulement). Or, le terme muscadet semble se référer à l’une de ses caractéristiques : un « vin qui a un goût musqué ». Cependant, l’expert en vin Tom Stevenson note que le muscadet n’est pas beaucoup musqué comme le pourrait être un vin issu de Muscat[13].

Le Muscadet est aussi connu sou le nom de "vin de Vallet". Ainsi dans le tome 16 de 1908 du Journal d'agriculture pratique :

« Les voyageurs qui visitent les villes de la Loire maritime, Nantes ou Saint-Nazaire, n'ont pas manqué d'être frappés de la fréquence des enseignes : "Au bon vin de Vallet" ou "A la renommée du vin de Vallet". À table d'hôte, ils ont entendu réclamer encore ce même vin. Cela équivaut au vin blanc doux de Seyssel ou à la clairette de Die, chers aux Lyonnais, avec quelque chose de plus cependant. Le vin de Vallet est pour la Bretagne nantaise une sorte de gloire nationale. Sans mériter des éloges dithyrambiques qui associeraient le vallet aux sauternes, ni même aux graves, ce vin est délicat, parfumé, et volontiers se laisse boire ; j'ai connu des Méridionaux convaincus de la supériorité de leurs vins, et qui s'extasiaient devant le bouquet de ce liquide breton ; ils s'émerveillaient bien plus encore lorsqu'ils traversaient le vignoble et constataient qu'il y avait vraiment de la vigne, beaucoup de vigne, depuis la côte de Pornic jusqu'à l'Anjou, et aussi sur les pentes de la Loire tournées vers le Sud : Sillon-de-Bretagne, collines d'Ancenis. Ce vignoble, particulièrement dense au sud de Nantes, sur les deux rives de la Sèvre nantaise et jusqu'au lac de Grand-Lieu, puis autour de cette vaste nappe d'eau, frappe par un aspect particulier, bien différent de celui des vignes du Sud-Ouest, du Centre et de l'Est. Il n'a pas d'échalas et, par là, rappellerait les plantations du Languedoc et de Provence, si les lignes n'étaient aussi serrées. Cependant, sur bien des points, on commence à diriger les plants sur fil de fer[26]. »

Un règlement édité par Charles VI en 1415 mentionne le commerce du vin de Muscadet, aussi écrit Musquadet :

« Et entant qu il touche les autres tavernes que il fault crier en ladicte ville tant de Garnache Malvoisie vin de Lieppe vin d'Osoye vin Bastart vin de Rosette vin de Muscadet comme tous autres vins estrangers lesdis crieurs auront pour les crier quatre solz parisis pource que ilz les crieront par tous les carrefours et es hostelz royaulz de ladicte ville de Paris. »

— Des crieurs de vins et de corps, Février 1415, Règlement général de police pour la juridiction du prévôt des marchands et échevins de Paris, et établissement de plusieurs offices pour la surveillance des ports et marchés de la même ville (C.L.X., 257.)[27]

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Orographie[modifier | modifier le code]

Le vignoble du Muscadet est implanté sur différents terroirs viticoles allant des faibles coteaux longeant les rivières aux collines vallonnées et aux plats pays fertiles le long de l’estuaire de la Loire.

Vignobles de la vallée de la Loire

Géologie[modifier | modifier le code]

Au nord-est, affleurent des terrains ordoviciens à carbonifères[28]. Au sud-ouest, se trouvent des formations métamorphiques précambriennes à hercyniennes, formant la dépression du lac de Grand-Lieu[28]. Des dépôts éocènes forment quelques buttes sporadiques, et un large placage de formations marines du Pliocène couvre cette zone du sud[28].

Dans tout le territoire du Muscadet, les sols drainent très bien, ce qui est nécessaire dans une région aussi humide que le Pays nantais. Les terrains primaires sont, tour à tour, sableux, schisteux et granitiques[29]. Le sol du muscadet AOC sans dénomination est à prédominance limoneux et sableux. Le sol du Muscadet-Sèvre et Maine est riche en magnésium et potassium, est constitué d’argile, grave et sable. Le sous-sol est quant à lui constitué de gneiss, schiste, granite et pierre volcanique. Le sol du Muscadet-Coteaux de la Loire a une forte concentration de schiste et le sol du Muscadet-Côtes de Grandlieu est un mélange de granite et schiste[13].

Climatologie[modifier | modifier le code]

Le secteur géographique couvert par la zone de l'AOC est principalement sous influence d'un climat tempéré océanique. L'influence de ce climat est largement facilitée par l'estuaire de la Loire et l'absence de relief notable[30]. Les hivers sont doux (min --5 °C / max 10 °C) et pluvieux. Quoique relativement beaux et doux également (min 17 °C / max 35 °C), les étés connaissent chaque année au moins un épisode caniculaire de quelques jours. Sur l'ensemble de l'année, les pluies sont fréquentes mais peu intenses. Les précipitations annuelles sont d'environ 820 mm[31] et peuvent fortement varier d'une année à l'autre. Les chutes de neige y sont exceptionnelles.

Climatologie de Nantes sur la période 1961 - 1990 :

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 2,4 2,8 4 5,9 9 11,9 13,9 13,5 11,8 8,9 5,1 3 7,7
Température moyenne (°C) 5,4 6,2 8,1 10,4 13,6 16,9 19,1 18,7 16,8 13,1 8,6 6 11,9
Température maximale moyenne (°C) 8,4 9,6 12,2 14,9 18,2 21,9 24,4 24 21,8 17,3 12 9 16,1
Ensoleillement (h) 72 99 148 187 211 239 267 239 191 140 91 70 1 956
Précipitations (mm) 86,6 70,2 69,1 49,9 64,1 45 46,4 44,8 62,2 79,2 86,9 84,1 788,5
Nombre de jours avec précipitations 12,8 11 11,1 8,9 11 7,7 6,7 7 8,4 10,4 11,1 11,5 117,6
dont nombre de jours avec précipitations ≥ 5 mm 6,1 4,8 4,9 3,6 4,5 2,9 2,7 3,1 3,9 5 6,2 6,1 53,7
Humidité relative (%) 88 84 80 77 78 76 75 76 80 86 88 89 81
Source : Relevés 1961-1990


Vignoble[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Ce vignoble en AOC comprend 13 000 hectares, exploités exclusivement en vin blanc. Il est implanté principalement dans la partie sud de la Loire-Atlantique, et dans quelques communes de Vendée et de Maine-et-Loire.

Le vignoble du Muscadet comporte plusieurs appellations (le Muscadet sans dénomination locale étant l'appellation régionale ou générique, plus trois sous-appellations régionales). En 2011, l'INAO reconnaît les trois premiers crus communaux dont le terme officiel est Mention communale (Le Pallet, Clisson et Gorges), aux règles plus strictes que dans le reste de l’appellation (45 hectolitres par hectare au lieu de 55, entrée en production des vignes au bout de six ans minimum, maturité des raisins de 11 à 12° naturels au moins, élevage plus long de 24 mois en moyenne)[32].

Muscadet-sèvre-et-maine[modifier | modifier le code]

Zone de l'appellation muscadet-sèvre-et-maine.
Article détaillé : muscadet-sèvre-et-maine (AOC).

L’appellation muscadet-sèvre-et-maine est la plus notable et la plus productive du vignoble du muscadet, engendrant un peu plus des deux-tiers de la production totale de muscadet. Cette appellation est plus produite qu’aucune autre AOC de la vallée de la Loire. Située au sud-est de Nantes, elle tire son nom des deux rivières, la Sèvre nantaise et la Maine qui arrosent ce territoire formant pour l'essentiel le « Vignoble nantais ». Son sol est composé majoritairement de granite et de schiste, comme aux alentours de Saint-Fiacre-sur-Maine et d’argile comme à Vallet[23]. Environ 45 % du vin Muscadet-Sèvre-et-Maine est élevé sur lies lui donnant une texture perlante. Ce vin est souvent charpenté et se caractérise par un arôme fruité et une sensation d'acidité[13] due au gaz carbonique naturellement présent dans le vin.

Ce muscadet, défini par le décret du , couvre une superficie de 8 800 hectares sur vingt-trois communes. Sa production annuelle est d'environ 418 000 hl. Le rendement moyen est de 55 hectolitres par hectare[33].

Seuls ont droit à l'appellation les vins récoltés sur les territoires des[34] :

Aigrefeuille-sur-Maine, Basse-Goulaine, La Chapelle-Basse-Mer, La Chapelle-Heulin, Château-Thébaud, Clisson, Gorges, La Haie-Fouassière, Haute-Goulaine, Le Landreau, Le Loroux-Bottereau, Maisdon-sur-Sèvre, Monnières, Mouzillon, Le Pallet, La Regrippière, Saint-Fiacre-sur-Maine, Saint-Julien-de-Concelles, Saint-Lumine-de-Clisson, Vallet et Vertou.
Saint-Crespin-sur-Moine et Tillières.

Muscadet-côtes-de-grandlieu[modifier | modifier le code]

Zone de l'appellation muscadet-côtes-de-grandlieu.
Article détaillé : Muscadet-côtes-de-grandlieu (AOC).

Le muscadet-côtes-de-grandlieu est défini par le décret du . Ce vignoble tire son originalité du microclimat du lac de Grandlieu. L'appellation couvre une superficie de 300 hectares sur dix-neuf communes, dont deux situées en Vendée. Sa production annuelle est d'environ 10 500 hl. Le rendement moyen est de 55 hectolitres par hectare[35].

Seuls ont droit à l'appellation les vins récoltés sur les territoires des[34] :

Bouaye, Bouguenais, Brains, La Chevrolière, Corcoué-sur-Logne, Legé, La Limouzinière, Pont-Saint-Martin, Port-Saint-Père, Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, Saint-Colomban, Saint-Léger-les-Vignes, Saint-Lumine-de-Coutais, Saint-Mars-de-Coutais, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, Sainte-Pazanne et Touvois ;
Rocheservière et Saint-Philbert-de-Bouaine.

Muscadet-coteaux-de-la-loire[modifier | modifier le code]

Zone de l'appellation Muscadet-coteaux-de-la-loire.
Article détaillé : Muscadet-coteaux-de-la-loire (AOC).

Le muscadet-coteaux-de-la-loire est défini par le décret du et couvre une superficie de 200 hectares sur vingt-quatre communes. C'est un vin sec assez corsé, nerveux, mûrissant bien en bouteille. Sa production annuelle est d'environ 11 900 hl. Le rendement moyen est de 55 hectolitres par hectare[36].

Seuls ont droit à l'appellation les vins récoltés sur le territoire[34] des :

Ancenis, Anetz, Barbechat, Le Cellier, Couffé, Ligné, Mauves-sur-Loire, Mésanger, Mouzeil, Oudon, Saint-Géréon, Saint-Herblon, Saint-Sébastien-sur-Loire, Teillé, Thouaré-sur-Loire et Varades ;
Bouzillé, Champtoceaux, La Chapelle-Saint-Florent, Drain, Landemont, Liré, Saint-Florent-le-Vieil et La Varenne.

Muscadet sans dénomination locale[modifier | modifier le code]

Muscadet sans dénomination et prétendant à la mention « sur lie ».

Le muscadet sans dénomination locale est défini par un décret datant de 1937, couvre une superficie de 3 600 hectares. Il peut être produit n'importe où, c'est la zone d'appellation la plus vaste. Sa production annuelle est d'environ 214 000 hl. Le rendement moyen est de 65 hectolitres par hectare [37].

Seuls ont droit à l'appellation muscadet sans dénomination locale et prétendant à la mention « sur lie », les vins récoltés sur les territoires des[34] :

Aigrefeuille-sur-Maine, Ancenis, Anetz, Barbechat, Basse-Goulaine, Carquefou, Le Cellier, La Chapelle-Basse-Mer, La Chapelle-Heulin, Château-Thébaud, Clisson, Couffé, Gorges, Haute-Goulaine, La Haie-Fouassière, Le Landreau, Ligné, Le Loroux-Bottereau, Maisdon-sur-Sèvre, Mauves-sur-Loire, Mésanger, Monnières, Mouzeil, Mouzillon, Oudon, Le Pallet, La Regrippière, Saint-Fiacre-sur-Maine, Saint-Géréon, Saint-Herblon, Saint-Julien-de-Concelles, Saint-Lumine-de-Clisson, Saint-Sébastien-sur-Loire, Teillé, Thouaré-sur-Loire, Vallet, Varades, Vertou, Le Bignon, La Boissière-du-Doré, Bouaye, Bouguenais, Bourgneuf-en-Retz, Brains, La Chevrolière, Corcoué-sur-Logne, Frossay, Geneston, Gétigné, Legé, La Limouzinière, Montbert, Le Pellerin, La Planche, Pont-Saint-Martin, Port-Saint-Père, la Remaudière, Remouillé, Rezé, Saint-Aignan-Grandlieu, Saint-Colomban, Sainte-Pazanne, Saint-Hilaire-de-Clisson, Saint-Léger-les-Vignes, Saint-Lumine-de-Coutais, Saint-Mars-de-Coutais, Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, Les Sorinières, Touvois, Vieillevigne ;
Bouzillé, Champtoceaux, La Chapelle-Saint-Florent, Drain, Landemont, Liré, Saint-Crespin-sur-Moine, Saint-Florent-le-Vieil, Tillières, La Varenne ;
Cugand, Rocheservière, Saint-Hilaire-de-Loulay, Saint-Philbert-de-Bouaine.

Encépagement[modifier | modifier le code]

Une grappe de melon de Bourgogne en fleur (muscadet).

Le melon de Bourgogne est un cépage faiblement producteur et très sensible au mildiou (maladie cryptogamique). Sa culture est donc à réaliser avec soin. Les jeunes ceps de melon de Bourgogne sont élevés dans une pépinière, puis greffés sur des pieds américains avant de pouvoir être plantés dans le sol[20]. La taille en Guyot, adaptée au climat tempéré et à la mécanisation du vignoble est la plus employée sur le territoire du Muscadet. Le cep présente une forme en Y[20].

En 1995, un viticulteur au Landreau a trouvé sur un cep un rameau donnant des grains de raisin roses. Le viticulteur en a greffé quelques-uns pour constater que la couleur est stable. Une parcelle expérimentale va être implantée en 2010 pour étudier l'intérêt d'homologuer ce cépage nouveau. Il a déjà un nom : melon rouge ou melon de Bretagne[38].

Méthodes culturales[modifier | modifier le code]

La plantation doit se faire à une densité minimale de 6 500 pieds par ha. L'écartement entre rangs doit être inférieur à 1,5 mètre et l'écartement entre les ceps doit être compris entre 0,9 et 1,2 mètre.

Les périodes les plus critiques de la viticulture dans la région du muscadet sont les gelées d'hiver et du printemps et la menace du mildiou à l’approche des vendanges. Le melon de Bourgogne s’est cependant bien adapté à ces conditions, étant résistant au gel et de mûrissement précoce.

Travail manuel[modifier | modifier le code]

Vignoble du Muscadet à Remouillé.

Ce travail commence par la taille, en guyot simple, avec une baguette de cinq à huit yeux et un courson de un à trois yeux. Le tirage des sarments suit la taille. Ils sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. Se déroulent ensuite les réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Une plantation destinée à remplacer les ceps morts est ensuite, éventuellement, réalisée. L'ébourgeonnage peut se pratiquer dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet en partie de réguler les rendements[39]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. Pour finir, arrivent les vendanges.

Travail mécanique[modifier | modifier le code]

L'enjambeur est d'une aide précieuse pour le broyage des sarments, les trous faits à la tarière, le labourage (ou griffage), le désherbage, les traitements des vignes, le rognage et les vendanges (avec une machine à vendanger).

La récolte[modifier | modifier le code]

Les vendanges ont lieu de mi-septembre jusqu’à la fin du même mois, bien que récemment des viticulteurs aient expérimenté des récoltes tardives (de plusieurs jours à deux semaines plus tard). La méthode traditionnelle est de vendanger tôt dans le but de maintenir l’acidité qui est l'une des caractéristiques clés du Muscadet. La récolte est manuelle ou mécanique et peut être triée.

Le rendement de l'appellation est de 65 hectolitres par hectare pour le muscadet sans déclinaison particulière. Le rendement des AOC muscadet sur lie, muscadet-coteaux-de-la-loire, muscadet-coteaux-de-grandlieu et muscadet-de-sèvre-et-maine est de 55 hectolitres par hectare.

Le degré potentiel minimum du raisin récolté doit être supérieur à 9 %vol. En dessous de cette valeur, le raisin n'est pas considéré assez mûr.

Titre alcoométrique volumique[modifier | modifier le code]

Voici les titres alcoométriques volumiques (anciennement appelé degré du vin) minimal et maximal des quatre AOC du muscadet, que doivent respecter les exploitants de ces appellations, pour que leurs vins soit commercialisables :

AOC Blanc Blanc
Titre alcoométrique volumique minimal maximal
Muscadet[40] 9 % vol 12 % vol
Muscadet sèvre-et-Maine[40] 9 % vol 12 % vol
Muscadet-coteaux-de-la-loire[40] 9 % vol 12 % vol
Muscadet-côtes-de-grandlieu[40] 9 % vol 12 % vol

Vinification et élevage[modifier | modifier le code]

Le cépage utilisé pour produire le Muscadet, le melon de Bourgogne, est relativement neutre. Les techniques de vinification sont devenues complexes chez les producteurs pour s’adapter aux limites organoleptiques de cette variété et lui conférer plus de saveur et de complexité.

Vinification[modifier | modifier le code]

Les raisins sont transférés de la remorque dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le moût en cuve, le débourbage est pratiqué généralement après un enzymage. Après 12 à 48 heures, le jus clair est soutiré et mis à fermenter[41]. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés)[41]. La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le titre alcoométrique volumique si nécessaire. Le degré après enrichissement ne peut dépasser 12 % vol. En revanche, il n'y a pas de limite de degré s'il n'y a pas eu d'ajout de sucre[42] (on ne peut légiférer pour fixer des limites à la nature). La fermentation malolactique est réalisée en fûts ou en cuves.

Élevage sur lies[modifier | modifier le code]

Sédiments de levures dans un tonneau.

La technique la plus connue est celle dite « sur lie » où le vin est en contact avec un dépôt de cellules mortes de levure (la lie) qui s’est formé au fond du tonneau[N 1]. La découverte de ce procédé fut quasiment accidentelle au début du XXe siècle, car les vignerons du Pays nantais avaient l’habitude de garder la meilleure barrique de la récolte pour fêter les grands événements familiaux. Conservée sans soutirage, cette « barrique de noces » donnait à ce vin un caractère particulier, plus frais en bouche avec un bouquet plus complet[43].

La dénomination « sur lie » peut être ajoutée à l'appellation. Dans ce cas, les vins doivent avoir passé un seul hiver en fût ou en cuves et se trouver encore sur leurs lies de fermentation au moment de la mise en bouteille, qui se situe entre le 1er mars et le 30 juin ou entre le 15 octobre et le 30 novembre[44].

La fin du XXe siècle voit arriver une vague d’innovation et la popularisation de plusieurs techniques de vinification du muscadet. Au cours des années 1980, se développe un usage accru de la barrique de chêne pour la fermentation au détriment des cuves en acier inoxydable. Le procédé de mélange de la lie, dit « bâtonnage », devient aussi répandu[23].

Mise en bouteille[modifier | modifier le code]

Le muscadet est généralement mis en bouteille au printemps ou à l’automne suivant les vendanges mais peut aussi être un vin primeur (à l’instar du Beaujolais nouveau) et commercialisé à partir du troisième jeudi de novembre[13].

Au moment de la mise en bouteille, un peu de dioxyde de carbone peut être encore présent dans le vin, lui donnant une très légère effervescence ; on parlera alors de vin perlant (ou perlé). Le degré d'alcool fixé par le décret AOC ne doit pas dépasser les 12 % après chaptalisation[45].

La bouteille type contenant le muscadet est dérivée de la bouteille dite « bourguignonne[46] » avec ses épaules fuyantes et son air pansu. La bouteille « muscadet », quant à elle, est plus élégante et plus fine. L'inscription « Muscadet » est gravée au bas de la bouteille, ainsi que le terme « sur lie » sur sa partie supérieure si le vin a été vinifié sur lie.

Structure des exploitations[modifier | modifier le code]

Château du domaine de l'Oiselinière, Gorges.

L'activité viticole a marqué l'architecture de l'habitat rural. Dans les hameaux, les maisons de vignerons se distinguent par leurs escaliers de pierre extérieurs protégés par un auvent. Par le passé, on trouvait des murs d'enceinte entourant les domaines viticoles[47]. Avec le style italianisant en vogue dans la vallée de Clisson au début du XIXe siècle, plusieurs domaines viticoles du Pays nantais témoignent de cette particularité architecturale.

Aux débuts des années 90, la viticulture représentait 10,6 % du chiffre d'affaires de l'agriculture en Loire-Atlantique. Cela représentait 15 200 hectares de ceps en production composant le vignoble de la Loire-Atlantique, dont 10 800 de plantations sous appellation d’origine contrôlée (AOC Muscadet principalement et AOVDQS Gros Plant) qui en font le premier vignoble de vins blancs d’Europe. Les vignes poussent surtout au sud de la Loire, mais principalement dans la moitié orientale du département. La vigne était cultivée sur près de 1 000 exploitations (sur 7 549 exploitations agricoles dont 5 250 à titre professionnel de la Loire-Atlantique, et sur les 27 000 exploitations bretonnes), mais moins de 700 en ont fait désormais leur orientation principale. On estimait à près de 3 000 le nombre d’emplois dans ce secteur, dont 1 000 salariés permanents, affectés à la production ou à la commercialisation. Le chiffre d’affaires 2007 de la viticulture départementale dépassait 100 millions d’euros[N 2],[48].

En 2009, le nombre de viticulteurs est de :

  • 810 dont 711 vinificateurs (avec 697 caves particulières, 3 caves coopératives et 11 négociants) pour l'appellation muscadet ;
  • 764 dont 668 vinificateurs (avec 651 caves particulières, 4 caves coopératives et 13 négociants) pour l'appellation muscadet-sèvre-et-maine ;
  • 58 dont 47 vinificateurs (avec 43 caves particulières, 2 caves coopératives et 2 négociants) pour l'appellation muscadet-coteaux-de-la-Loire ;
  • 62 dont 60 vinificateurs (avec 56 caves particulières, 2 caves coopératives et 2 négociants) pour l'appellation muscadet-côtes-de-grandlieu[40].

Terroir et vins[modifier | modifier le code]

Les vins du Muscadet sont vinifiés en blanc sec à partir d'un cépage unique, le melon. On le retrouve aussi sous les dénominations de melon de Bourgogne, gamay de Bourgogne ou melon musqué. D’autres cépages sont cultivés dans le vignoble nantais mais n’ont pas le droit à l’appellation muscadet. Parmi eux figurent la folle blanche, le cabernet franc, le gamay, le cabernet sauvignon, le pinot noir, le chenin blanc, le pinot gris, le grolleau et la négrette[13]. Cependant ils peuvent bénéficier d’autres appellations comme « VDQS » (coteaux-d'ancenis, fiefs-vendéens[23] ou gros-plant-du-pays-nantais[49]).

Le muscadet se caractérise par sa légère acidité, son côté à la fois minéral mais aussi floral, et surtout par son perlant (légère effervescence qui se ressent sur le bout de la langue) qui en fait un vin très rafraîchissant.

Gastronomie, température de service et durée de garde[modifier | modifier le code]

Le muscadet s'accorde parfaitement avec l'huître.

Le muscadet est généralement reconnu pour particulièrement bien accompagner les fruits de mer[50]. Il est d'ailleurs très connu pour s'accorder avec les huîtres[51], les poissons en sauce, les sardines, le maquereau au vin blanc, la plupart des fromages (principalement les chèvres de la région de la Loire), mais aussi les charcuteries (en particulier lorsqu'il s'agit de millésimes plus anciens : 2003, 2005 qui furent de très bonnes années). La température de service se situe entre 9 et 11° C[37]. Le Muscadet se déguste généralement dans les trois ans qui suivent la récolte[52], mais les meilleurs vins des meilleurs millésimes peuvent se conserver plus d'une décennie[53].

Millésimes du muscadet[modifier | modifier le code]

Les millésimes sont liés à des années de soleil et à leur très bonne maturité. Voici les bonnes et grandes années du muscadet (en gras les grandes années) :

2009[54], 2008, 2006[55], 2005, 2004, 2003, 2002, 2001, 2000, 1997, 1996, 1990, 1989[56],[57],[N 3], 1985, 1984, 1982[56],[58],[N 4], 1979, 1976, 1975, 1971, 1969[56],[58],[59],[N 5], 1964[56],[58],[N 6], 1959, 1957, 1955, 1952, 1949, 1947, 1945[58],[N 7], 1943, 1933, 1921[60].

Commercialisation et promotion[modifier | modifier le code]

Muscadet-côtes-de-grandlieu (AOC) « Coteaux d'Herbauge » à Pont-Saint-Martin.

Le Muscadet, et plus généralement le vignoble nantais, sont membres de l'organisme interprofessionnel « Interloire » qui regroupe l'ensemble des professionnels de la viticulture ligérienne. Interloire représente 46 appellations situées de Nantes à Blois. Lors des différents salons du vin se déroulant en France et à l'étranger, le Muscadet est partie prenante de l'organisme Interloire au côté des vins d'Anjou, Saumur et Touraine[61].

Au tournant du XXIe siècle, il y avait environ 2 500 vignes dans la région du Muscadet, détenues principalement en petits terrains par des vignerons indépendants qui soit commercialisent leur propre vin, soit vendent leur production à un négociant en vin de la région. Les négociants font la vinification et la mise en bouteille sous leur propre étiquette[43].

Pour faire la promotion des vins de Loire, dont le Muscadet, la « Maison des vins de Loire » de Nantes gérée par Interloire propose de la dégustation-vente et des cours œnologiques. La « Maison du Muscadet » à Vallet propose aussi la promotion et la vente de Muscadet de producteurs indépendants valletais. Le « Musée du Vignoble nantais » situé au Pallet décrit, à l'aide d'objets, l'histoire et l'évolution du vignoble nantais[62].

L'identité des vins du vignoble nantais[modifier | modifier le code]

Muscadet-Sèvre-et-Maine du domaine de l’Oiselinière.

L'identité bretonne des vins de Nantes existe à travers un certain nombre de faits actuels et usuels, notamment :

  • l'action de la confrérie bachique de l'ordre des chevaliers Bretvins dont l'objet est statutairement de célébrer « les produits nantais et la culture de Haute-Bretagne » (Pays nantais...)[N 8] ;
  • la référence à la Bretagne sur certaines étiquettes de vins : carte de Bretagne à 5 départements, carte de la province de Bretagne, hermine sur l'étiquette principale, blason nantais herminé en collerette, etc.[N 9],[N 10] ;
  • la campagne sur le thème « le muscadet, le plus breton des vins » du Comité Interprofessionnel des Vins de Nantes qui rappelle dans ses plaquettes que le château des ducs de Bretagne se situe à Nantes[63].
  • l'existence d'un Vin de Pays des Marches de Bretagne, jusqu'à il y a quelques années[Lesquelles ?], s'étendant sur des communes du sud Loire ;
  • la référence au carrefour des 3 provinces Poitou, Bretagne et Anjou sur les emballages de certains vins de Clisson.

Mais un contexte institutionnel complexe, où la région culturelle et historique « Bretagne » se voit opposée à des régions administratives différentes non correspondantes et une communication « val de Loire », rend l'appartenance géographique des vins du Pays nantais trouble[N 11],[N 12]. Malgré cela, des négociants et une coopérative viticole nantaise ont adhéré à la marque collective « Produit en Bretagne », plusieurs muscadets, gros-plants sont vendus comme des vins bretons, en portant le logo de la marque, et sont valorisés dans les opérations de communication commerciale consacrées aux « produits bretons » des GMS[64]. En outre, plusieurs groupes professionnels, associatifs, syndicaux viticoles et œnologiques nantais s'évertuent à valoriser l'identité bretonne de leur vins, par attachement culturel, par fidélité à l'identité du terroir et à la gastronomie bretonne, ou/et par intérêt commercial envers le reste de la Bretagne, la diaspora bretonne, les pays celtiques et pour bénéficier de l'image internationalement reconnue de la Bretagne[65].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans la bande dessinée Le Chat de Philippe Geluck, on voit régulièrement le Chat accoudé au comptoir d'un bar et demander au barman : « Roger ! Un muscadet ! ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce type d'élevage n'est pas cependant pas spécifique du Muscadet puisqu'il est également pratiqué pour les grands blancs de Bourgogne mais aussi dans les vins de Champagne lors du vieillissement « sur pointe » obligatoire de 9 mois après prise de mousse et avant dégorgement
  2. D'après les données RGA 2000, l'enquête structures agricoles 2007, DDEA et Chambre d'agriculture
  3. Références prises de 1986 à 2006.
  4. Références prises de 1981 à 1985.
  5. Références prises de 1969 à 1981.
  6. Références prises de 1964 à 1988.
  7. Références prises de 1945 à 1963.
  8. Presse-Océan, 2 mai 2008 : « 60 ans que ces défenseurs des produits du terroir, drapés dans leur robe noire, poursuivent un triple but : “La mise en valeur des grands vins du pays Nantais et de la cuisine régionale, le maintien et le rétablissement des fêtes, coutumes et traditions du folklore haut-breton et le développement du tourisme au pays Nantais.” »
  9. Site du vignoble Cheneau
  10. Site de Bretvins ; plaquette de présentation de l'Ordre pour les 60 ans ; La Feuille de Vigne, mai 2009, p. 4 : « Rappelons que l’un des buts de l’Ordre est le rétablissement des fêtes, coutumes et traditions du folklore haut-breton (§ 2 de nos statuts). » [1]
  11. Ouest-France, 15 septembre 2009 : « Alan Coraud, maire de La Remaudière, conteste le positionnement des vins nantais en Val de Loire, avec les quincy, sancerre, vouvray, etc. “C'est une erreur majeure que d'enlever aux vins nantais leur identité bretonne, celle de vins marins liés à l'océan”, critique l'élu, producteur et patron d'une agence de communication. (...) Délégué régional d'Interloire, Emmanuel Torlasco, rappelle que “les vins bretons n'ont pas d'existence sur le plan réglementaire”. (...) Et si toute référence bretonne est gommée sur le site internet des vins de Loire, “c'est qu'il faut nous laisser le temps d'intégrer les différentes identités, dont la composante bretonne. (...) Ce qu'en dit l'Unesco”. Dans sa réponse, Mechtil Rössler, responsable de la section Europe et Amérique du Nord pour la culture, écrit : “... le château des Ducs de Bretagne à Nantes et les vignobles nantais ne font pas partie du périmètre du bien inscrit (NDLR : Val de Loire)” ».
  12. Le Télégramme, 4 mars 2009, Loire-Atlantique en Bretagne. Une réalité déjà bien ancrée : « Dans le même esprit, des viticulteurs de Monnières (sud de Nantes), Christophe et Philippe Chéneau, ont réussi à faire reconnaître par la justice leur droit à apposer une étiquette “Breizh gwin gwen” (vin blanc breton) sur leurs bouteilles. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) les avait poursuivis pour “tentative de tromperie” et “étiquetage non conforme”, mais la plainte avait finalement été rejetée en 2006 par le parquet de Nantes. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vignoble de Loire sur www.oenologie.fr consulté le 19 septembre 2009
  2. Décret du 3 novembre 2008
  3. Culinaire Saisonnier, hiver 2006-2007
  4. The Nantais sur www.thewinedoctor.com, consulté le 11 septembre 2009
  5. Michel Mastrojanni 1982, p. 170
  6. Guy Saindrenan, La vigne et le vin en Bretagne, France, Coop Breizh, , 575 p. (ISBN 9 782843 464355)
  7. Alain Poulard, « Production d'eau-de-vie et de vin du vignoble nantais au cours du XVIIIe siècle. », La dépêche du vignoble, no 121,‎ , p. 26
  8. Alain Poirier, L'évolution du complant en France et notamment en Loire Atlantique, Rennes, Univ. Rennes, , 500 p., p. 451.
  9. Vins et vignobles de France : Vins de Loire, Éditions Timée, page sur Muscadet, p. 54.
  10. Archives départementales de Loire-Atlantique, 1 M 2012, contributions indirectes, dossiers du directeur, No 9, 1829, f°1 recto.
  11. H. Ducoudray-Bourgault, Mémoire sur l’état des vignobles dans le département de la Loire-Inférieure, Nantes, Victor Mangin, .
  12. Jules Guyot, Etude des vignobles de France, tome 2, Paris, V. Masson et fils, .
  13. a, b, c, d, e et f T. Stevenson 2005, p. 200-201.
  14. Michel Mastrojanni 1992-1994-1998, p. 165.
  15. Jean de Camiran, Le vignoble du pays nantais, Nantes, Imprimerie La presse de l'ouest, , 130 p..
  16. a et b Guy Saindrenan, La vigne et le vin en Bretagne, Spézet, Coop Breizh, , 575 p. (ISBN 9 782843 464355)
  17. Huet de Coëtlisan, Annuaire de l’an XI, Recherches économiques et statistiques sur le département de la Loire-Inférieur, Nantes, Malassis,
  18. René Bourrigaud, Rien que notre dû ! Le combat des vignerons au pays du muscadet, Nantes, Editions du Centre d'histoire du travail,
  19. François Midavaine, Muscadet, Éditions Jacques Legrand,
  20. a, b et c Le travail du vigneron sur www.vigneron-amailland.com consulté le 19 septembre 2009
  21. Médaille de greffage sur www.vignoble-nantais.eu consulté le 19 septembre 2009
  22. Alain Poulard et Morvan Koarer, « Melon de Bourgogne. Généalogie et développement », La dépêche du vignoble, no 121,‎ , p. 29
  23. a, b, c et d J. Robinson 2006, p. 463
  24. « A Matignon, le muscadet a remplacé le champagne » - Le Lab - Europe1 du 3 juillet 2012
  25. Histoire de Gorges
  26. http://www.archive.org/stream/journaldagricult08pari#page/n5/mode/2up%7CParis : Dusacq, Librairie agricole de la Maison rustique ; Journal d'agriculture pratique - 72ème année — 1908, 2ème semestre, Nouvelle série — Tome 16
  27. Recueil général des anciennes lois françaises ; Depuis l'an 420 jusqu'à la révolution de 1789 — Paris, Belin-Leprieur, Libraire-Editeur, Quai des Augustins, N° 55 — Janvier 1825
  28. a, b et c Charles Pomerol : Terroirs et vins de France, p. 317.
  29. Guide Vert Solar : Vins de France, p. 182 dans Muscadet
  30. climat de la Loire-Atlantique
  31. nantes.fr Climat
  32. L’INAO reconnaît les trois premiers crus communaux du Muscadet : Le Pallet, Clisson et Gorges
  33. Les vins du Val de Loire - Muscadet Sèvre-et-Maine sur www.vinsdeloire.fr consulté le 19 septembre 2009
  34. a, b, c et d Décret no 2008-1140 du 3 novembre 2008 relatif aux appellations d’origine contrôlées sur www.legifrance.gouv.fr consulté le 20 septembre 2009.
  35. Les vins du Val de Loire - Muscadet Côtes de Grandlieu sur www.vinsdeloire.fr consulté le 19 septembre 2009
  36. Les vins du Val de Loire - Muscadet Coteaux de la Loire sur www.vinsdeloire.fr consulté le 19 septembre 2009
  37. a et b Les vins du Val de Loire - Muscadet sur www.vinsdeloire.fr consulté le 19 septembre 2009
  38. « Melon rouge de Bretagne » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur presseocean.fr, consulté le 7 décembre 2014
  39. Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
  40. a, b, c, d et e Site de l'INAO, consulté le 19 novembre 2009.
  41. a et b Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours d'œnologie du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
  42. Sources : décret INAO
  43. a et b K. MacNeil 2001, p. 262-263
  44. Décret du 29 décembre 1994 visant à la reconnaissance de l’appellation d’origine contrôlée << Muscadet Côtes de Grand Lieu >> sur www.legifrance.gouv.fr consulté le 19 septembre 2009
  45. Source décret AOC.
  46. Les différentes formes de bouteilles, sur www.cavusvinifera.com, consulté le 4 octobre 2009.
  47. Le patrimoine architectural sur www.vignoble-nantais.eu, consulté le 1er septembre 2009
  48. Corentin Canevet, Le modèle agricole breton. Histoire et géographie d'une révolution agroalimentaire, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 1992
  49. Gros Plant, sur www.vinsdeloire.fr, consulté le 2 octobre 2009
  50. André Dominé : Le Vin. Sur Des vins blancs entre mer et fleuve, p. 220
  51. La saveur iodée du muscadet, sur www.humanite.fr, consulté le 30 octobre 2009.
  52. Nantes tourisme - Quelques conseils de dégustation, sur www.nantes-tourisme.com, consulté le 31 octobre 2009
  53. Jasper Morris (adaptation française de Claude Dovaz), Guide du connaisseur : Vins de Loire, Pays nantais (Muscadet de sèvre-et-maine), p. 71.
  54. Site de 20 minutes (Un grand millésime 2009 de Muscadet), consulté le 17 novembre 2009.
  55. Site des vins du siècle (Vintage Code), consulté le 17 novembre 2009.
  56. a, b, c et d Le Figaro et La Revue du Vin de France : Vins de France et du Monde (intérieur de la couverture du no 5)
  57. Vins et Vignobles de France : Vins de Loire (Millésimes), p. 76.
  58. a, b, c et d Olivier Orban et Jean-Pierre de Monza : L'atlas des vins de France, p. 30.
  59. Michel Mastrojanni, Le grand livre des vins de France, Val de Loire (Millésimes), p. 259.
  60. Jasper Morris (adaptation française de Claude Dovaz), Guide du connaisseur : Vins de Loire, les millésimes (anciens millésimes), p. 34.
  61. Interprofession des vins de Loire
  62. Maisons des vins de Loire sur www.vinsdeloire.fr, consullté le 27 novembre 2009
  63. Conseil culturel de Bretagne, 30 décembre 2006, « Victoire pour le vin breton du pays nantais : Bretagne Réunie s'en réjouit » (version du 18 juin 2009 sur l'Internet Archive)
  64. Produit en Bretagne, Drouet frères, Les vignerons des terroirs de la Noelle
  65. Ouest-France, 15 septembre 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Mastrojanni, Le grand livre des vins de France, Paris, édition Solar, (ISBN 2-7242-1454-4).
  • Charles Pomerol, Terroirs et vins de France, Paris et Orléans, éditions Total éditions-presse et BRGM, (ISBN 2-9051-4303-7 et 2-7159-0106-2).
  • Olivier Orban et Jean-Pierre de Monza, L'atlas des vins de France, Paris, Olivier Orban et Jean-Pierre de Monza, .
  • Jasper Morris (adaptation française de Claude Dovaz), Guide du connaisseur (Vins de Loire), Paris, Grund, (ISBN 2-7000-6445-3).
  • Robert Blin, Christophe Prouteau et Jean-Marie Durivault, Pays de la Loire, des côtes du Forez au pays Nantais, Paris, Édition Solar, coll. « Guide des vins Gilbert et Gaillard », (ISBN 226301747X).
  • Michel Mastrojanni, Les Vins de France (guide vert solar), Paris, Éditions Solar, 1992-1994-1998 (ISBN 2-263-02796-3).
  • (en) K. MacNeil, The Wine Bible, Workman Publishing, (ISBN 1563054345).
  • Benoît France, Grand Atlas des Vignobles de France, Paris, Verlag Éditions Solar, (ISBN 2-263-03242-8).
  • Pierre Galet, Cépages et Vignobles de France, Paris, Édition Lavoisier, (ISBN 2-7430-0680-3).
  • (en) T. Stevenson, The Sotheby's Wine Encyclopedia, Dorling Kindersley, (ISBN 0756613248).
  • (en) J. Robinson, The Oxford Companion to Wine, Third Edition, Oxford University Press, (ISBN 0198609906).
  • Le Figaro et La Revue du Vin de France, Les vins de France et du monde (20 volumes), n°5, Paris, La société du Figaro, (ISBN 978-2-8105-0054-3).
  • Vins et vignobles de France : Vins de Loire, Boulogne, Éditions Timée, .
  • Raphaël Schirmer, « Un vignoble en quête de terroir. Construction et mise en place des AOC dans le vignoble nantais », Territoires du vin, no 1 « Pour une redéfinition des terroirs »,‎ (lire en ligne).
  • Raphaël Schirmer, Muscadet : histoire et géographie du vignoble nantais, Presses universitaires de Bordeaux, coll. « Grappes et millésimes », , 533 p. (ISBN 978-2-867816239, lire en ligne).

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