Charles Spindler

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Charles Spindler
Charles Spindler-Portrait.jpg

Charles Spindler, photographie anonyme,
Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg.

Naissance
Décès
(à 72 ans)
Saint-Léonard
Nationalité
Drapeau de la FranceDrapeau de l'AllemagneDrapeau de la France
Activité

Charles Spindler, né le à Bœrsch, mort le à Saint-Léonard, est un peintre, illustrateur, ébéniste, écrivain et photographe français[1] qui fait partie du cercle de Saint-Léonard. Il est le créateur de la Revue alsacienne illustrée.

Chronologie[modifier | modifier le code]

1865 Naissance le 11 mars à Boersch (67).

1875 Mort de son père.

1882 Charles Spindler bénéficie d'une bourse  et entame des études artistiques en Allemagne à Düsseldorf, Munich et Berlin.

1886 Illustrations pour la revue Meiselocker.

1889 Installation à Saint-Léonard

1893 Premiers Travaux de marqueterie.

1893 Création d' Images Alsaciennes.

1896  Illustre le recueil de Melle Kastner Demeures Amies.

1900 Expose le Salon de Musique à l'Exposition Universelle de Paris.

1902 Participe à l'Exposition Universelle de Turin.

1902 Mariage avec Jeanne Rippel.

1902 Illustre le roman de Hervé Bazin Les Oberlés.

1902 Participe à la création du Musée Alsacien.

1904 Expose le Bureau-Fumoir à l'exposition Universelle de Saint-Louis (USA). Obtention du Highest Award pour cette œuvre.

1905 Participation à la création de la Maison d'Art Alsacienne.

1906 Naissance de son fils Paul.

1906 Médaille d’honneur pour la Salle à Manger et le Jardin d'Hiver à l’exposition de Dresde.

1912 Charles Spindler décore les Grands Magasins Modernes à Strasbourg.

1913 Charles Spindler crée un panneau de marqueterie pour un navire de la compagnie HAPAG.

1914 Fermeture de l'atelier de Saint-Léonard. Il le rouvrira en 1918.

1919 Expose  une Salle à Manger au Musée Galliera à Paris.

1925 Expose à l'Exposition des Arts décoratifs et Industriels de Paris.

1925 Parution du Journal de Guerre commencé en 1914.

1935 Inauguration du Chemin de Croix au Monastère du Mont Sainte Odile. Charles Spindler a créé 14 panneaux.

1938  Charles Spindler décède1e 3 mars. Son fils Paul lui succèdera à l’atelier de Saint-Léonard.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de Charles Spindler, photographie anonyme.

Charles Spindler est le neveu du portraitiste et peintre de genre Louis-Pierre Spindler.

Après le décès de son père en 1875, sa famille s'installe à Strasbourg. Entre 1882 et 1888, il étudie à Dusseldorf, Munich et Berlin. Lors d'un séjour en Alsace en 1886, il se lie avec Anselme Laugel, un ancien voisin de Saint-Léonard. Il s'y installe alors à son tour en 1891. En 1902, il se marie avec Jeanne Rippel, originaire de Strasbourg.

À partir de 1899, Charles Spindler s'entoure d'artistes et d'artisans pour former le cercle de Saint-Léonard. Le but de ce groupe est de susciter un mouvement d'art industriel à l'imitation de ce qui se fait par ailleurs en Allemagne ou en Grande-Bretagne. Les principaux membres sont: Paul Braunagel et Auguste Cammissar pour le vitrail, les frères von Zschock pour la ferronnerie, Léon Elchinger et Wingerter pour la céramique, Jacquemin, J.-J. Graff et Lienhardt pour l'ébénisterie.

Il a tenu régulièrement son journal pour occuper ses insomnies dues à des crises de goutte, maladie qu’on ne savait pas encore soigner. La partie allant du au a été publiée en 1925[2]. C’est un document incomparable qui restitue l’état d’esprit de la population pendant la Première Guerre mondiale car, malgré son patriotisme français évident, il essaie de garder la tête froide et de rester objectif, ne cessant de rapporter ce qu’il entend dire autour de lui.

C’est ainsi qu'on peut lire, à la date du  :

« Aujourd’hui dimanche, visite du notaire H., de Strasbourg, avec quelques amis ; parmi eux, le potier W. de Betschdorf, le jeune peintre D., de Gresswiller. Court et gros, l’œil spirituel et malicieux, le notaire offre le type de l’habitué de la Taverne. Il est plein d’anecdotes contre les Boches[3], car c’est, paraît-il, le surnom qu’on donne maintenant en France aux Allemands. »

Le livre est d’autant plus savoureux que, si les propos tenus en allemand ou en alsacien sont traduits, de façon d’ailleurs fort brillante (« Wir sind fürchterlich blamiert » devient « On va se ficher de nous, et comment ! »), souvent le texte original est donné en note ou immédiatement après.

La partie du journal postérieure au est inédite. Le 24 mars 2006 Jean-Marie Gyss a prononcé à la salle des fêtes de Bœrsch une conférence où il a parlé de la suite du journal, qui s'arrête pratiquement en 1928. De cette conférence, il apparait que l'enthousiasme patriotique de Spindler est bien vite retombé devant les maladresses des autorités françaises et que ce patriote français a été outré par les exactions commises contre les Allemands ; étant encore bien vu il a réussi à intervenir utilement en faveur de quelques-uns mais cette attitude modérée, dans le climat exalté de l'époque, a commencé à lui valoir des inimitiés ; nombre de ses proches ont rompu avec lui quand, à l'occasion du procès des autonomistes de Colmar[4], il est venu témoigner en faveur d'un autonomiste, innocent des faits dont on l'accusait. On comprend qu’à pareille époque une telle publication aurait paru un soutien à la cause autonomiste qu’il n’a jamais soutenue.

Dans ses Mémoires inédits publiés soixante-dix ans après sa mort[5] il mâche encore moins ses mots. Sur Hansi, dont la légende fait son ami, il écrit:

« Hansi, un singe mal bâti, le dos voûté, une figure de gavroche aux traits flétris sur un corps trop grand, le regard méfiant et fuyant, un débit nasillard, ressemble à un Boche qui aurait voulu se donner des allures de rapin français[6]. »

Cet ouvrage rassemble ses souvenirs allant de 1889 à 1914 et a été rédigé après 1928, quand il a cessé de tenir son journal. C'est un ouvrage essentiel pour qui s'intéresse à la vie artistique et intellectuelle de l'Alsace avant 1914. Par ailleurs, bien que profondément déçu par la politique française en Alsace après 1918, il cherche toujours à rester objectif dans ce domaine et constate que :

« La guerre a été provoquée surtout par la bêtise et la maladresse des hommes d'État allemands, et elle se serait déclenchée aussi bien avec ou sans le redressement de l'Alsace ; de même qu'une Alsace absolument germanisée n'eût pas été un empêchement à la désannexion par la France. »

Une partie de son travail est protégée par l'inscription à l'inventaire complémentaire des monuments historiques, catégorie mobilier[7] : ils sont conservés à la mairie d'Étampes, ou à Soultz-sous-Forêts[8].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Images alsaciennes[modifier | modifier le code]

Entre 1893 et 1896, sur une idée du dessinateur bavarois Joseph Sattler, Charles Spindler publie les Images alsaciennes (Elsaesser Bilderbogen), une série de planches illustrant les histoires et légendes d'Alsace[9].

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Costumes et coutumes d'Alsace[modifier | modifier le code]

En 1902 Charles Spindler illustre l'ouvrage d'Anselme Laugel, Trachten und Sitten im Elsass[10], réédité en 1975 sous le titre Costumes et coutumes d'Alsace[11].

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Travaux publicitaires[modifier | modifier le code]

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Mobilier[modifier | modifier le code]

Charles Spindler découvre fortuitement[12] la marqueterie en 1893, art qui devient pour lui son moyen d'expression artistique préféré.Les premiers meubles sont réalisés sous l'inspiration du Jugendstil tout en préservant son enracinement dans l'art populaire alsacien.

Il participe à de multiples expositions et obtient des distinctions pour ses œuvres (Grand Prix à l'Exposition Universelle de Paris en 1900 pour Le Salon de Musique, Highest Award à l'Exposition Universelle de Saint Louis USA en 1904)[12].

"Aux yeux de mes parents, qui étaient commerçants (à Strasbourg), l'art était chose secondaire. On trouvait chez eux les incontournables marqueteries de Charles Spindler".

le galeriste Jean Brolly cité par Anne Martin-Fugier (Galeristes- entretiens Actes-Sud Babel, 2010, p. 157).

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Publications[modifier | modifier le code]

  • L'Alsace pendant la guerre, préface de André Hallays, vignettes d'après les dessins de l'auteur, Treuttel & Würtz, Strasbourg, 1925, 763 p. (réédité en fac simile en 2008, avec des compléments de Jean-Marie Gyss et Michel Loetscher, Éditions Place Stanislas, Nancy, 847 p. (ISBN 978-2-355-78019-6))
  • Ceux d'Alsace : types et coutumes, avec des dessins originaux d'Édouard Elzingre, Éditions des Horizons de France, 1928, 137 p. (réédité en 2010 sous le titre Ceux d'Alsace : l'hommage d'un artiste aux Alsaciens et à leurs traditions, avec une introduction de François Igersheim et un texte de Barbara Gatineau, Éditions Place Stanislas, Nancy, 220 p. (ISBN 978-2-355-78055-4))

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Spindler : une œuvre fondatrice de l'identité alsacienne, Conseil Général du Bas-Rhin, Strasbourg, 2011, 21 p. (exposition);
  • Michel Loetscher et Jean-Charles Spindler, Charles, Paul, Jean-Charles Spindler, un siècle d'art en Alsace, éditions La Nuée Bleue.
  • Collectif, Boches ou tricolores : Les alsaciens-lorrains dans la Grande Guerre, Strasbourg, La Nuée ;Bleue, , 464 p. (ISBN 978-2-7165-0741-7), chap. 13 (« "L'Alsace pendant la guerre" de Charles Spindler. Le journal d'un artiste alsacien »), p. 217-229;
  • Jean-Marie Gyss, Charles Spindler mémorialiste : son journal d’après-guerre (1919-1933), Université Strasbourg-II, 2005, n.p. (mémoire de DEA);
  • Étienne Martin, « Charles Spindler et le cercle de Saint-Léonard. Régionalisme et modernité », in Strasbourg 1900 : naissance d'une capitale (actes du colloque, Musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, 1-4 décembre 1999), Somogy, Paris ; Musées de Strasbourg, Strasbourg, 2000, p. 92-97 (ISBN 2-85056-387-0);
  • Étienne Martin, « Charles Spindler », dans Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 35, p. 3700;
  • Etienne Martin-Tresch, Charles Spindler - L' Alsace et l'Art Nouveau (revue "ABC" n° 231 - avril 1984, pp 11 à 18 et pp 47 à 49 - ill. de meubles et divers ouvrages d'ébénisterie en bois marquetés datés de 1902 à 1904 );
  • Document utilisé pour la rédaction de l’article « Charles Spindler (1865-1938) : Peintre, aquarelliste, marqueteur, écrivain, photographe », sur Amis du Leonardsau et du cercle de St-Léonard (consulté le 10 octobre 2014)
  • Julien et Walter KIWIOR "Le Kunschthaafe Art, histoire et gastronomie en Alsace Associatio A.R.S Alsatiae 2010 (ISBN 9782746617339) p. 318

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Biographie Charles Spindler
  2. Charles Spindler, L'Alsace pendant la guerre. Strasbourg, Librairie Treuttel & Würtz, 1925 ; réimpression : L'Alsace pendant la guerre 1914-1918. Nancy et Colmar, Éditions Place Stanislas, 2008.
  3. Qu’un Alsacien aussi patriote que Spindler ait ignoré jusqu’à l’existence du mot « boche » avant cette date montre que ce mot n’était pas vraiment répandu avant la guerre alors qu'il était devenu courant dès la fin de l'année 1914.
  4. Ce procès qui concernait 22 autonomistes a eu lieu en mai 1928.
  5. Charles Spindler, L'âge d'or d'un artiste en Alsace. Mémoires inédits 1889-1914. Nancy et Colmar, Éditions Place Stanislas, 2009.
  6. p. 247.
  7. Voir la Base Palissy
  8. œuvres classées
  9. Charles Spindler, L'Alsace pendant la guerre : 1914-1918, fac simile de l'édition de 1925, avec une présentation et des commentaires de Jean-Marie Gyss, Éditions Place Stanislas, Nancy, 2008, p. 12 (ISBN 978-2-355-78019-6)
  10. SUDOC [1]
  11. SUDOC
  12. a et b Charles Spindler, L'âge d'or d'un artiste en Alsace : Mémoires Inédits 1889-1914, Editions Place Stanislas, , 300 p. (ISBN 978-2-35578-034-9), p. 113

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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