Étrusques

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le peuple étrusque. Pour la langue étrusque, voir Étrusque.
Étrusques, Etruci[a] et « Τυρρηνοί » ou Tyrrhēnoi[b]
Image illustrative de l'article Étrusques
Sarcophage des Époux[c]

Période Du VIIIe siècle av. J.-C. au Ier siècle av. J.-C. (âge du fer européen)[2]
Ethnie Lydiens ; villanoviens[d] ; phrygiens ; Tyrrhéniens ; et peuples de la mer
Langue(s) Étrusque
Religion Polythéiste, cosmogonite et « De divinatione »[4]
Villes principales Arezzo ; Bologne / Festina ; Capoue ; Chiusi ; Caere ; Cortone ; Fiesole ; Orvieto (« Volsinies ») ; « Pufluna »[e] Tarquinia ; Vetulonia ; Volterra ; Vulci[f]
Région d'origine Étrurie[8],[9],[10]
Région actuelle Essentiellement l'actuel territoire de la Toscane[11]; la totalité de la plaine du Pô ; côte orientale de la Corse ; et quelques comptoirs dans la partie orientale de la Sicile, sur la côte du Latium et en Campanie septentrionale, et également sur le pourtour bassin méditerranéen occidentale[g]
Rois/monarques Notamment les monarches appartenant à la dynasties des Tarquins[h] ; « Arruns » dit le Vieux[i] ; « Larth Porsnna » ; Tarchon et Tyrrhenus[j] ; Mézence

[k] ; « Vel Saties » ; « Thefarie Velanias »[l] ; Lars Tolumnius[m],[22] ; « Thybris »[23],[24],[n] ; la dynastie des « Cilnii »[o] ; la dynastie des Spurinna[p] ; et la dynastie des « Tolumnii »[q]

Frontière D'Ouest en Est et du Nord au Sud : ligures ; celtes d'Italie[r] ; vénètes ; rhètes ; sardes ; falisques ; latins ; ombriens ; sabins et picéniens (essentiellement la tribu des vestins)[34],[35],[36]
Buste sculpté représentant une femme étrusque. Artéfact archéologique attribué aux environs de la fin IIIe siècle av. J.-C. et début du IIe siècle av. J.-C.. Il s'agit d'une œuvre réalisée à partir de terracotta.

Les Étrusques (du latin « Etrusci ») sont un peuple qui vivait depuis l'âge du fer en Étrurie, territoire correspondant à peu près à l'actuelle Toscane et au nord du Latium, soit le centre de la péninsule italienne, jusqu'à leur assimilation définitive comme citoyens de la République romaine, au Ier siècle av. J.-C., après le vote de la Lex Iulia (-90) pendant la guerre sociale. Ils furent, dans les débuts de Rome, ses principaux adversaires.

Les Romains les appelaient « Etrusci » ou « Tusci » et les Grecs les nommaient « Τυρρηνοί » (Tyrrhēnoi, c’est-à-dire Tyrrhéniens ou Tyrsènes, nom qui a été donné à la mer des côtes occidentales de l'Italie), mais si l'on en croit l'historien grec Denys d'Halicarnasse (I, 30), ils s'appelaient eux-mêmes « Rasenna » ou, par syncope, « rasna »).

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Tyrrhéniens, Lydie et Lydien.
Iconographie représentant la gens lydio - tyrrhénienne[s].

La terminologie ethnonymique du terme étrusque s'inscrit au travers de différents biais, simultanément historique, culturel, littéraire et politique. Au cours des périodes monarchique et républicaine, les Romains les dotaient de l'élément grammatical nominatif « Etrusci » ou encore, « Tusci », adjectif qui reléverait probablement du déterminant typographique greco-archaïsant « θύεινΊ »[t],[37],[38]. À postériori, les auteurs et historiens Grecs de l'époque hellénistique, dont notamment Hêródotos[u] (-484 - -420), les désignaient sous le terme de « Τυρρηνοί » (Tyrrhēnoi, c’est-à-dire Tyrrhéniens ou Tyrsènes, nom qui a été donné à la mer éponyme des côtes occidentales de l'Italie)[39]. Ultérieurement à ces premières occurrences ethnonymiques, au cours de l'antiquité tardive, on a toutefois préempté les étrusques d'une définition nominative significativement différente. Ainsi, d'après des écrivains antiques tels que l'historien grec Denys d'Halicarnasse (-60 - -8)[v], ce peuple protohistorique italien s'auto-surnommait « Rasenna » ou, par syncope, « rasna »)[40],[41].


Sculpture de type bas-relief, incarnant deux chefs de guerre Tyrrhéniens, lequel figure sur l'assise frontale du tombeau de Payava[w],[42].

D'autre part, la documentation archéologique étrusque fait état d'une influence et d'une imprégnation proto-étrusques certaines au sein de l'espace littoral et maritime tyrrhénien[43],[44]. En témoignent les nombreux artéfacts mis au jour au cours de ces trois dernières décennies et attribués au début du Ier millénaire av. J.-C. (Xe siècle av. J.-C. et IXe siècle av. J.-C.), et présents sur une grande partie du litoral et des plaines côtières tyrrhéniennes. Il s'agit essentiellement de vaissellerie tels que des œnochoï ou encore un ex-voto de bronze, surnommé « Le Cavalier tyrrhénien »[x],[43],[44]. Ces objet datant de la fin de l'âge du bronze manifestent d'une plastique artisanale à caractère proto-étrusque, également appelé « chône-œnôtrien »[43]. Cette identification typologique atteste d'un effet de diffusion à la fois culturelle et commerciale. Par conséquent, ces éléments mettent en évidence une filiation ethnique et étymologique probable entre les tyrrhéniens et les étrusques[43],[44].

En regard de ces différentes données linguistiques, on peut matérialiser une forme d’agrégation phonique et scripturale qui définit le schéma étymologique du terme étrusque. Par ailleurs, il est possible d'observer que celui-ci évolue et se supplée au contexte historique et culturel[y], lequel est en proie à de multiples changements, voire une instabilité patente[49],[41],[50],[48].

En revanche, il est possible de définir une genèse étymologique plus plausible. De facto, par le biais des nombreuses références et évocations littéraires antiques[z], mais également au travers d'un corpus archéologique notable[aa], une synthèse concrête concernant l'adjectif étrusque. Ce dernier relève très probablement d'un substrat simultanément thyrrénien et lydien[41],[50],[38],[37],[48].

Au cours du Xe siècle l'ethnonyme « Tusci » est réemployé au sein d'un cursus géographique régional, en créant le toponyme Toscane. Celui-ci procède également d'une forme dérivée et développée du terme « Tuscia »[ab], élément culturel et géographique communément acquis dès le IIIe siècle de la Rome impériale, et faisant ainsi écho à l’antique dénomination de l'Étrurie, territoire des étrusques[51],"[52],[10],[41],[50].

Origines et ethnogenèse[modifier | modifier le code]

Comme dans le cas de beaucoup d'autres peuples, les avis des historiens, antiques et modernes, diffèrent à propos des origines des Étrusques, exogènes (Lydiens) et autochtones (Villanoviens), sans que l'une soit nécessairement exclusive de l'autre. L'origine des Étrusques est évoquée dès l'Antiquité selon différentes traditions se référant très majoritairement à une origine orientale anatolienne[53] mais certains auteurs mentionnent également la possibilité d'une origine autochtone ou septentrionale. Selon Hérodote, l'aristocratie des Étrusques serait d'origine lydienne[54].

Une autre hypothèse suggère que les Étrusques auraient eu pour foyer d'origine, le nord-est de l'Italie, soit un territoire correspondant approximativement à l'actuelle Vénétie. Ces derniers auraient dominé la quasi-totalité de l'Italie du nord, jusqu'à l'arrivée et l'expansion des tribus italo-celtiques; ils se seraient alors recentrés sur la région de la Toscane et du nord du Latium. Néanmoins, cette hypothèse est soumise à débat[55].

Selon Jean-Paul Thuillier, « le caractère mythique, fantaisiste ou idéologique de ces théories antiques a conduit aujourd'hui les chercheurs à laisser quelque peu de côté la question des origines », le débat restant donc ouvert et « loin d'être clos »[56]. Massimo Pallottino, fondateur de l'étruscologie moderne et reconnu comme l'un des plus grands étruscologues, considère que l'émergence de la civilisation étrusque ne peut résulter que d'une seule migration, mais est le fruit d'un long processus de formation à partir d'apports multiples (à la fois autochtones villanoviens et exogènes, orientaux ou autres)[57].

Des recherches basées sur l'analyse de l'ADN de 80 individus dont les restes ont été prélevés dans des tombes étrusques[58] ont conclu que cet échantillonnage présente des similitudes avec les populations anatoliennes, mais qu'il diffère de manière surprenante de l'ADN des actuels Toscans (études limitées à de vieilles familles de Volterra, de Casentino et de Murlo[59]). Les éléments analysés provenant de tombes riches, appartenant à l’aristocratie, l'hypothèse retenue serait qu’il s'agit d’une élite dominante et non assimilée avec le reste de la population d’alors, celle-ci étant probablement d'origine villanovienne. Les Toscans actuels en seraient les descendants[60].

Une autre étude plus récente (2013) comparant l'ADN mitochondrial étrusque à celui d'individus d'époque médiévale et moderne de Toscane et d'Anatolie indique que le lien avec l'Anatolie date d'il y a au moins 5 000 ans, et que le modèle le plus probable est celui de la continuité génétique entre les Étrusques et certaines populations actuelles de Toscane, comme celles des régions de Volterra et particulièrement Casentino mais non pas de l'ensemble de la Toscane[61].

D'autre part, la distribution linguistique au sein de l'espace italien à l'âge du bronze récent à final (Xe siècle av. J.-C. et IXe siècle av. J.-C.) atteste de la prééminence effective d'un substrat dialectique dit proto-étrusque. Ce dernier se manifeste sur un ensemble spatial comprenand à la fois le littoral tyrrhénien et les terres médio-centrales toscanes[62]. L'abondant catalogue archéologique de la langue étrusque, laquelle présente un déterminant non-indo-européen[62],[63],[64], nous est fournie par le biais d'environ 10 000 occurrences épigraphiques ou textes scripturales de petites taille tels que des dédicaces, ou encore des épigrammes[65],[66],[67],[63][ac]. Ces artéfacts scripturaux tendent à déterminer deux éléments factuels : la non-appartenance des étrusques au cursus ethnique dit indo-européen et l'ethnogenèse géographique circonscrite à une région correspondant peu ou prou à l'actuelle Toscane[10],[68],[63].

De manière incidente, et en regard du développement indubitable du faciès culturel de type villanovien au sein de la même sphère géographique et chronologique[ad], la culture proto-étrusque manifeste d'une racine, voire d'une symbiose, avec la culture dite de villanova, et qui apparaissent de manière clairement définie[71],[72],[69],[73].

Par conséquent, la confrontation des différents témoignages et sources, tel que les textes littéraires antiques[68],[39],[74][ae], les analyses et études provenant d'échantillonnages ADN prélevés sur des individus toscans[75],[76], et les récents apports d'une documentation archéologique étrusque notable[af],[40],[69],[71], concrétisent le postulat selon lequel l'ethnogenèse étrusque trouve une origine chrono-bronzéïfère au sein de l'aire géographique villanovienne[71],[69],[40]. On peut donc conclure que les peuples proto-étrusques et villanoviens procédent d'une seule et même identité ethnique et culturelle[70],[40],[72].

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En outre, au travers des documents littéraires antiques, génétiques et archéologiques, on peut également appréhender un processus d'accrétion et de catalyse inter-ethniques ayant été à l'origine des populations proto-étrusco-villanoviennes. De facto, ces mêmes données archéologiques, littéraires et génétiques, nous fournissent des indices patents d'un effet de synthèse ethnique et culturel entre des peuples autochtones préexistants à l'âge du bronze ancien et moyen dans l'aire géograpphique toscane d'une part, et des peuples de substrat centro-européen et méditerranéo-orientales[ai], d'autre part[76],[75],[79],[80].

Avant la fondation de Rome : la difficile connaissance d'un peuple de la protohistoire[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Italie préromaine et civilisation étrusque.

La trame historique de l'Italie préromaine nous révèle que l'émergence de la civilisation étrusque semble intimement liée à l'expansion territoriale et commerciale de la « κοινή », une langue gréco-archaïsante, et d'autre part à l'empreinte culturelle proto-italiques[aj],[82],[3]. Les découvertes archéologiques, corroborés à de nombreux textes antiques, attestent de multiples implantations grecques[ak][83],[84],[85],[86], lesquelles débutent à la fin du IXe siècle av. J.-C., pour se développer de manière significative au cours de la première moitié du VIIIe siècle av. J.-C.[2],[3],[87]. Ces établissements, à caractère colonial, se manifestent par la présence de sites essentiellement localisés dans le Sud de la péninsule italienne. La documentation archéologique concernant la période préromaine (c'est-à-dire la protohistoire italienne précédant la fondation de Rome[al]) atteste l'existence de complexes urbains chalcidiens, dont notamment ceux de « pithekos », sur l'île tyrrhénienne d'Ischia, aux environs de -775[85],[83],[84],[82] et de « Κύμη », sur le littoral nord-campanien, vers -750[85],[83],[84],[82]. De multiples occurrences d'artéfacts à déterminant artisanal proto-étrusque mis au jour au sein de ces sites, mettent en évidence des contacts très probables entre la sphère gréco-chalcidienne d'une part et la sphère étrusque, d'autre part[85],[83],[84],[87],[3],[88]. Concrètement, ces liens seraient sous-tendus par des échanges commerciaux entre les deux peuples antiques[85],[83],[84],[87],[88]. Ce système économique intra-péninsulaire aurait probablement contribué au développement et à l'essor de la civilisation proto-étrusque[3],[85],[83],[89],[90],[91].

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Par ailleurs, certains éléments matérialisent un apport grec indubitable au sein du faciès culturel proto-étrusque. À cet effet, il est manifeste que l' écriture proto-étrusque relève d'un déterminant dérivé du système alphabétique grec[3],[90],[83],[64]. On a ainsi découvert sur le territoire toscan, des vestiges épigraphiques datant de la fin du IXe siècle av. J.-C. et première moitié du VIIIe siècle av. J.-C. à un ensemble de caractères empruntés au grec classique archaïsant. Cette donnée induit un processus d'adoption culturelle nécessaire à la genèse des élites intellectuelles et politiques proto-étrusques[64],[3].

D'autre part, les formes plastiques et stylistiques de l'artisanat proto-étrusque mettent en relief des emprunts indéniables aux canons esthétiques phéniciens. Cette observation sur les œuvres d'art issuent de la sphère post-villanovienne, suggèrent que les populations proto-étrusques du IXe siècle av. J.-C. et VIIIe siècle av. J.-C. entretiennent également des relations privilégiées avec les peuples antiques du littoral syrien[64],[3],[87].

Dans ce contexte historique premier quart de l'âge du fer italien, bien que l'on ne dispose de peu de données liant les étrusques à la trame des évènements, il est toutefois plausible de corréler leurs émergence et donc leur entrée dans l'histoire avec celles avec les contacts commerciaux et culturels certains qu'ils ont eu avec les civilisation grecque, phénicienne, et également proto-italiques[3],[87],[88].

Après la fondation de Rome : leur entrée dans l'histoire[modifier | modifier le code]

Époque orientalisante[modifier | modifier le code]

Pour la civilisation étrusque, l'élément chronologique post-villanovien allant de la fin du VIIIe siècle av. J.-C., jusqu'au début du VIIe siècle av. J.-C.[an], on peut envisager la terminologie historiographique et chrono-culturelle de

« période orientalisante »

— Jean-Marc Irollo, 2010, page 65 de l'ouvrage Histoire des Étrusques[87].

Au terme du VIIIe siècle av. J.-C., la civilisation étrusque procède d'une fédération de peuples et de cités ayant une même identité ethnique et culturelle. Celle-ci se manifeste sous la forme d'une nation totalement constituée[87]. Par ailleurs, au tournant du VIIIe siècle av. J.-C. et du VIIe siècle av. J.-C., et en raison des nombreuses implantations au voisinage des littoraux maritimes tyrrhéniens de cités telles que « Pufluna », « Tarchna », ou encore « Cisra », il est possible concrétiser le postulat selon lequel la nation étrusque relève d'abord et avant tout d'une forme d'état thalassocratique[ao],[87].

Aux environs de -700, le peuple étrusque est marqué par une acquisition historique et culturelle d'importance. Les étrusques acquièrent le système scriptural, lequel demeurait jusqu'à cette période totalement absent au sein de leur domaine d'érudition[82],[92]. Les plus anciennes inscriptions en langue étrusque mises au jour témoignent de cette assimilation[ap][82],[64]. L'analyse linguistique de ces dernières, montrent que ces occurrences épigraphiques procèdent d'un déterminant alphabétique alphabet chalcidien[aq],[92],[95].

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Au cours de la première moitié du VIIe siècle av. J.-C., le cadre historique et événementiel des étrusques se détermine essentiellement au travers de leur expansion territoriale et politique au sein de la plaine padane, au Nord, et des aires géographiques septentrionales de la Campanie, du Latium, et de l'Ombrie, au Sud. Outre la confédération des cités-états étrusques fondée dans le courant du VIIIe siècle av. J.-C., la civilisation étrusque administre donc deux nouveaux territoires : la dodécapole padane et la dodécapole méridionale. Les étrusques fondent ainsi telles que « Pyrgi », « Caiatia », « Heba », dans la partie étrusco-méridionale et métropoles telles que « Atria », Cesena, Felsina, Forcello di Bagnolo San Vito et « Kaituna », dans la partie étrusco-padane. En parallèle de cet élément et au cours de cette même période, le pouvoir politique étrusque semble entretenir et cultiver des relations diplomatiques tempérées, voire sereines avec ses proche voisins romains[as] et italo-grecs, lesquelles sont sous-tendues par des échanges commerciaux et culturels pérennes et intensifs[97],[98],[99],[96].

Époque archaïque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Période archaïque étrusque.
Les étrusques à Rome[modifier | modifier le code]
Les étrusques en Italie et dans le monde méditerranéen[modifier | modifier le code]

Sur la scène internationale (Europe et bassin méditerranéen), l'apogée de la civilisation étrusque se situe probablement entre 600 et 350 av. J-C. La période archaïque étrusque (environ ( - 480 av. J.-C.), en est le point d'orgue. Toutefois, l'Étrurie se trouve, au début de cette époque (le VIe siècle av. J.-C., en proie à de divers conflits territoriaux et géopolitiques.

Tout d'abord en Italie, et plus particulièrement, dans la région du Latium. La chute de la dynastie des tarquins, à Rome, provoque une succession de guerres entre certaines des villes étrusques méridionales (Tarquinia, Véiès, Cerveteri) et la cité capitoline. Rome est ainsi la première à se libérer de la domination étrusque en chassant Tarquin le Superbe vers -509 ; puis les Latins dans leur ensemble s'en libérèrent avec l'aide d'Aristodème de Cumes à la bataille d'Aricie en -506. À l'orée du Ve siècle av. J.-C., le différent opposant les deux puissances italiennes se conclue, quoique provisoirement, sur un « match nul », pour enfin se solder sur une « trêve » après la bataille du lac Régille[at], étendue d'eau proche de Tusculum[100]. Cette trêve aboutie à la ratification d'un traité d'alliance, entre Véiès et Rome, le « fœdus Cassianum », en 493 av. J.-C.[101][102],[103],[104].


Le second front des opérations bélligérantes de l'Étrurie, se situe au sein de sa thalassocratie. En effet, en -535, les Étrusques, alliés aux Carthaginois (certains historiens emploient à ce propos l'expression de « Confédération étrusco-carthaginoise »), remportent la bataille navale d'Alalia (Aléria) au large de la Corse, contre les Phocéens de Massalia, soit la colonie grecque de l'antique Marseille, dans la lutte qui les oppose pour le contrôle de la Méditerranée occidentale. L'arrêt de l'expansion étrusque commence à la fin du même siècle, puis vient le déclin durant le Ve siècle av. J.-C.[105].

Époque classique[modifier | modifier le code]

À l'époque classique, la situation géostratégique et politique des cités étrusques va en s'aggravant : celles-ci doivent faire faire face à lignes de fronts différentes.

Marcus Furius Camillus, dit Camille à la bataille de Véies, en 394 av. J.-C.[av].

Tout d'abord sur le front militaire les opposant à la cité tibérienne. En -396, Rome, sous la bannière du dictateur et général en chef des garnisons romaines, Marcus Furius Camillus (446 - 365 av. J.-C.), conquiert Véies, étendant ainsi son influence sur toute l'Étrurie méridionale. Durant plus de deux siècles, à l'initiative tantôt de l'une tantôt de l'autre de leurs cités, les Étrusques luttent contre l'expansion romaine[106]. L'auteur livien fait ainsi part de sa propre vision décrivant la scène de la prise de « Veis » :

« Apollon, guidé et inspiré par ta volonté, je sors pour détruire la ville de Véies, et la dixième partie de ses dépouilles je te la consacre. Toi aussi, Reine Junon, qui actuellement habites Véies, je te prie de nous suivre, après notre victoire, à la ville qui est la nôtre et qui sera bientôt à toi, où un temple digne de ta majesté sera construit. »

— Tite-Live Ab Urbe Condita Livre V, § 21.

Le 2e front de conflit imparti aux étrusques se situe au Sud de la péninsule italienne. Au Sud, lors des 1re et 2e guerres samnites[aw], les têtes de pont étrusques restent ainsi isolées en Campanie, s'affaiblissent après la défaite navale de Cumes en -474, et sont définitivement perdues en -423 lors de la conquête de Capoue par les Samnites[107],[108],[109]. Concernant la chutte de la ville capouane en , l'historien et étruscologue Dominique Briquel résume ainsi ce que devint la position géostratégique étrusque en Campanie :

« [...] il est très rare que Tite-Live s'écarte de la perspective strictement romanocentrique qui est la sienne. Il le fait cependant en pour parler de la prise de la Capoue étrusque, alors dénommée « Volturnum », par les Samnites. Il s'agit, comme il le précise, d'une « affaire étrangère, mais digne d'être rappelée ». L'événement est en effet d'importance : il marque la fin de ce qu'on a considéré comme une période de suprématie étrusque sur la Campanie - au moins dans ses parties internes, en dehors des zones de colonisation grecque -, la fin de ce temps pour lequel les historiens antiques parleront de l'existence d'une dodécapole, d'une fédération de douze cités établie par les Étrusques dans cette région à l'image de celle qui existait en Toscane, selon un modèle d'organisation du territoire qu'ils auraient également appliqué dans l'autre secteur de l'Italie vers lequel s'est produite une expansion étrusque, la région padane, avec une autre dodécapole, dont le centre était cette fois « Felsina-Bologne » . »

— Dominique Briquel, 1999[110].



Enfin, entre 390 et 380 av. J.-C., le 3e front militaire aux marges septentrionales de l'Étrurie. À cette époque, les tribus celtes, unifiées sous la bannière du chef de guerre sénon Brennos, migrent vers le Sud afin d'accroître leur richesse et leur puissance politique au sein de l'Europe du second Âge du fer[111]. Dans les faits, au début du Ve siècle av. J.-C., l'invasion celte, en grande partie formées de troupes boïennes et sénonnes, et prenant la forme d'une véritable expédition militaire, engendre non-seulement la destruction des cités étrusques de la plaine du Pô, telles que « Felzna » et Forcello, mais produit également la mise-à-sac de villes d'Étrurie campanienne, telles que « Cisra »[112],[113],[114],[115]. Ce fait invasif, précise le celtologue et historien Venceslas Kruta s'interprètent de la manière suivante :

« Ainsi que le suggèrent les textes, les contacts entre l'Étrurie padane et les Celtes transalpins furent probablement à l'origine de son invasion et de son occupation au début du IVe s. av. J.-C. La confédération des douze cités conduite par Felsina (Bologne) tomba ainsi pour deux siècles sous la domination des Boïens d'Europe centrale. »

— Venceslas Kruta, 2000[111].


Pour les étrusques, la fin du IVe siècle av. J.-C. aboutie à nouveau sur de lourdes pertes dans leurs rangs militaires. Concrètement, sur le front d'opposition avec Rome, entre 311 et 308 av. J.-C., face à des troupes d'élite hoplitiques, les armées étrusques marquent un net retrait. À cet effet, en , pendant la bataille du lac Vadimon, près de Bolsena (à l'endroit précis du site de « Velzna »), l'ost romain, emmené par le consul, dictateur et général Fabius Maximus (322 - 290 av. J.-C.), font ployer la coalisation des cités étrusques du Latium[116],[117],[118]. La chute de la prestigieuse cité volsinienne devient imminente et n'est plus qu'une question d'années : en cela, et concernant ce dernier conflit opposant les deux grandes puissances italiennes antagonistes, l'historien Pierre Gros confirme ainsi la fragilité des positions cités d'Étrurie pour cette fin du IVe siècle av. J.-C. :

« Toujours est-il qu'à la fin du IVe siècle, à une époque où Volsinii conserve son prestige de centre politique et religieux de la dodécapole étrusque, la lutte reprend, plus acharnée parce que plus menaçante : il ne s'agit plus de contenir les incursions temporaires de Rome, mais de préserver ce qui reste d'indépendance à l'Etrurie historique. La seconde guerre samnite traîne en longueur, et l'occasion semble bonne de tenter de bloquer définitivement l'extension romaine vers le Nord ; mais de 310 à 308 av. J.-C. les hostilités tournent vite à l'avantage de l'Urbs : Tarquinii, la grande voisine occidentale, doit se résoudre à fournir des approvisionnements aux légions romaines et à demander une trêve de 40 ans. Après la défaite du lac Vadimon, le consul P. Decius Mus pénètre en territoire volsinien, et conquiert plusieurs établissements qui dépendent de la ville [...] »

— Pierre Gros[116].

Époque hellénistique[modifier | modifier le code]

À partir de l'époque hellénistique, les peuples d'Étrurie, qui ont déjà connu de multiples revers militaires et géopolitiques lors de la période précédente, sont en proie à un déclin à la fois culturel, économique et géostratégique inexorable. Ce déclin se révèle au travers de de défaites successives et sans équivoque. Ainsi, selon Jean-Marc Irollo :

« Les premières années du IIIe av. J.-C. virent les ultimes tentatives étrusques pour sauver leur indépendance. Pour les cités étrusques pour sauver leur indépendance. Pour les cités encore libres, cette indépendance ne pouvait être préserver qu'en s'alliant avec d'autres peuples d'Italie comme les Gaulois, les Ombriens et les Samnites, menacés eux aussi par l'expansionnisme romain. »

— Jean-Marc Irollo[119].

Au cours de la troisième guerre samnite, en 295 av. J.-C., bien que coalisés avec la population d'Ombrie, les Gaulois cisalpins et les Samnites, les étrusques sont vaincus à la bataille de Sentinum[120],[121]. Lors de ce conflit, qui vit les ombriens et les étrusques unis, et malgré la perte de leur général romain, le consul Decius Mus[ba],[129], les légions romaines, alors proches de « Velathri », lancent une contre-offensive qui se révèle victorieuse. Ces dernières prennent d'assaut la ville toscane et, au terme de cette manœuvre militaire, la cité d'Étrurie est mise sous blocus, puis ravagée[130],[119]. L'année qui suit, en 294 av. J.-C., c'est au tour de Rusellæ de chuter. Le théâtre des opérations réfracte l'assise et la supériorité tant numéraires que stratégiques des forces de la cité tibérine. Sur l'ordre du dictateur Valerius Maximus tombe aux mains des légions romaines[130],[119]. Un témoignage, aux travers des écrits de Tite-Live laisse apparaître le déroulement de ce mouvement d'infanterie vers « Velathri » et la mise en déroute des armées étrusques :

« Aussi le dictateur fit partir l’armée en direction du territoire de Roselle ; les ennemis le suivirent à leur tour; remplis d’un espoir absolu en leurs forces même en terrain découvert à cause de l’issue favorable prise par les événements, ils tentent toutefois de prendre encore l’ennemi dans une embuscade, qui leur avait si bien réussi auparavant. Il y avait non loin du camp romain les ruines d’un village incendié durant le sac de la région; les Étrusques y cachèrent des soldats, puis lâchèrent du bétail sous les yeux du détachement romain que commandait le légat Gnaeus Fulvius. Personne, chez les Romains, ne fut pris au piège et ne quitta l’avant‑poste ... »

— Tite-Live, Hitoire Romaine, Livre X, 4 et 5[130].

Malgré la débacle dont est marqué l'ost étrusque, un dernier sursaut survient en , alors que celui-ci subit une offensive croissante des armées romaines commandées, à l'époque, par Lucius Metellus. Ces dernières sont battues sans équivoque au bas de la citadelle fortifiée d'« Aritim »[119],[131].

Buste de Pyrrhus Ier, roi d'Épire et allié des étrusques dans les années 285 - 275 av. J.-C..

Concernant cette période sombre de l'histoire étrusque, l'épisode marquant qui suit se développe au travers de l'expédition de Pyrrhus en Italie, débutée en -282 av. J.-C., alors en marche pour répondre à l'appel de la italo-grecque, Tarente[132],[133]. Le roi d'Épire, sous une politique faite de traités et d'alliances multiples avec les cités d'Étrurie, gréco-italiotes et italiques, vient secourir la ville d'Italie du Sud. Cette manœuvre éveille l'espoir des populations de « Velx » et de « Velzna », également situées dans la partie méridionale de la péninsule, de se désenclaver de la main-mise romaine[134],[135]. Toutefois, le cours des événements ne s'oriente pas dans cette direction : Pyrrhus Ier, quoique ressortant victorieux contre les troupes romaines à Heraclea, en Lucanie, ne parvient pas à relier les deux cités étrusques. Ces dernières, prises en étau, se voient contraintes d'abdiquer face à la puissance tibérienne et, in fine, valident un traité d'alliance avec le pouvoir romain. De surccroît, cette paix, se présente clairement défavorable et laissent apparaître un net désavantage pour Vulci et Volsinies[136],[137],[119],[138]. En 279 av. J.-C., Pyrrhus et ses hordes opposées aux légions romaines, et après avoir conclues sur une victoire relativement indécise la bataille d'Ausculum[bb],[141],[142], se replient plus aux Sud. Le grand souverain d'Épire, toujours appuyé, entre autres, par les villes étrusques revient à nouveau à la charge en où il est définitivement battue par la grande puissance italienne[119]. À partir de cet événement, le dernier obstacle venu d'Épire écarté, la cité tibérienne a désormais les mains libre pour conquérir l'Étrurie[119].

« Rome poursuivit alors son œuvre de soumission et d'intégration de l'Étrurie dans son empire[119]. »

Tour à tour, entre 274 et 264 av. J.-C. les cités étrusques de Vulci, Cerveteri, Pyrgi, Arezzo, Orvieto et les autres sont colonisées, annexées, puis, in fine, romanisées[119].

Point d'orgue de ce processus, en 264 av. J.-C., un événement sans précédent dans leur histoire, Rome s'empare de la capitale religieuse et politique des peuples étrusques, « Velzna »[143],[144],[116]. Ainsi que le révèle l'étruscologue Jean-Marc Irollo pour cet événement (la chute de Velzna), en ce lieu et à cette date précis et des conséquences qu'il a engendré :

« En , année de la prise de Volsinies, les haruspices étrusques annoncèrent la fin du sixième saeculum de leur nation. L'Étrurie n'était plus désormais qu'une simple région soumise à Rome, dont les villes qui n'avaient pas été détruites restaient dirigées en principe par leurs aristocrates, mais ne bénéficiaient plus que d'un semblant d'autonomie. L'indépendance des cités étrusques n'était plus qu'un souvenir. »

— Jean-Marc Irollo[119].


En cette même année, 264 av. J.-C., la cité de Falerii[bc], avant poste des étrusques, bascule dans le giron romain[119]. La ville, traditionnelle alliée de l'Étrurie, effectue une tentative de rebéllion vis-à-vis de la ville capitoline en 241 av. J.-C.. Cette ultime tentative de soulèvement se révèle avortée face à la pression militaire romaine[145],[146],[119].

Pendant les 4 décennies suivantes, Rome qui avait auparavent une vaste politique de grands travaux visant à émailler l'ensemble des territoires italiens conquis, accélère se processus : la globalité des terres étrusques sont dotées, à la fin des années 220 av. J.-C., de routes d'achemiment civiles et commerciales construites par les ouvriers (en général également soldats). Ainsi des tracés d'importance tels que la via Flaminia, épousant une ligne qui rallie les côtes de l'Adriatique à celles de la mer Tyrrhénienne sur un axe sud-ouest/nord-est[147], et la via Cassia, se développant sur tracé d'axe nord-sud, et partant approximativement de « Veis », pour rejoindre « Luna »[148],[149],[119].

Au cours du printemps de l'an 217 av. J.-C., en pleine guerre punique, après avoir traversé le Sud de la Gaule et le massif alpin, les troupes carthaginoises, emmenées sous le flambeau du chef de guerre Hannibal (247 - 181 av. J.-C.), se déploient en Étrurie[119]. Les dernières forces militaires des cités étrusques, alors sous le joug de la cité tibérine, se coalisent avec celles de Carthage et des chefs de tribus gauloises afin de contrer les légions romaines : le conflit des forces en présence éclate au abords du lac Trasimène[bd],[119]. L'Étrurie, d'ores et déjà exsangue et quasiment obsolète, sert de base de ravitaillement aux armées du légendaire général carthaginois[150]


En 212 av. J.-C., l'un des tous derniers bastions étrusques autonomes et indépendants de la cité tibérienne, Vulturnum / Capoue, est encerclé par le biais de deux mouvement d'infanterie romaine simultanés[151]. Bien que Hannibal, encore présent sur la péninsule italienne, commande à ses troupes de désenclaver la ville d'Étrurie campanienne, cette dernière plie sous le poids de la stratégie romaine[151]. Les instances hiérarchiques ayant survécu capitulent et se voient contraintes d'accepter la mise sous tutelle de Rome[151].

« En 212, Rome décide d'en finir avec la rebelle campanienne. Elle enserre Capoue dans une double ligne de circonvolutions. Les efforts d'Hannibal pour desserrer l'étau romain sont un échec même lorsqu'Hannibal menace Rome et parvient jusqu'au porte de l'Urbs. Capoue à bout de souffle se rend et sa punition est à la mesure de sa trahison. Les aristocrates locaux ralliés à Hannibal sont exécutés. En revanche, Rome ne veut pas compromettre les capacités économiques de cette métropole située au cœur d'un des territoires les plus fertiles d'Italie, elle la prive de toute autonomie municipale de gouvernement et la fait administer par un praefectus iure dicundo, délégué du préteur urbain. »

— Jean-Pierre Martin, Alain Chauvot, Mireille Cébeillac-Gervasoni, 2010[151].

Alors qu'en 217 av. J.-C., les cités et les campagnes étrusques fournirent hommes, matériel et denrées alimentaires aux armées du chef de guerre carthaginois, à contrario, en 205 av. J.-C. les populations d'Étrurie, bien que « fidèles » à leurs leurs mœurs et leurs « principes », apparaissent de plus romanisées[119]. Ainsi, l'année au cours de laquelle le consul Publius Cornelius Scipio (236 - 183 av. J.-C.), après s'être emparé de la cité calabraise et alliée des tarentins, Locres[119], prépare et engage son expédition en Afrique[152], en partie grâce aux aides des étrusques, tant en termes de vivres, qu'en terme d'équipements et de navires de guerre[153],[119]. Ces faits tendent par conséquent à confirmer que les étrusques, quoique encore attachés à splendeur et leur total autonomie passée, subissent une lente et irréversible intégration au sein de la puissance romaine[154],[155],[156],[119].

La période allant de 200 à 150 av. J.-C. est empreinte d'un relatif appaisement pour les populations d'Etrurie[119]. Quelques métropoles étrusques, telles que « Aritim », « Perugia », « Velzna » affichent même une réelle « prospérité » tant sur le plan économique, que sous l'aspect démographique[119]. Les époques se succédant, la trame historique étrusque était, selon les haruspices, les événements concernant ce peuple antique étaient arrivés à une charnière[119]. Ainsi que l'explique Jean-Marc Irollo :

« En 146 av. J.-C., année de la chute de Carthage, débuta le VIIIe saeculum. »

— Jean-Marc Irollo[119].

Romanisation de l'Étrurie[modifier | modifier le code]

En quelques décennies, entre 140 et 100 av. J.-C., alors amputées de leur centre le plus symbolique, les populations étrusques sont totalement assujetties[116],[bf] à Rome et incluses, par des traités spécifiques. Néanmoins, la pacification des peuples d'Étrurie, mais également ceux de l'Ombrie, du Sabinum, de la Campanie, ou encore ceux de la Cisalpine, qui ne bénéficiaient pas encore du statut de citoyens romains, et n'était alors que des « citoyens de second rang »[119],[157],[158]. Conséquences de l'assassinat du tribun plébéien et partisan de la lex lulia[bg] Marcus Livius Drusus[161],[162], les tensions dans les territoires sous férule romaine, suscitées par ce droit non-octroyé aux populations d'Italie, annexées et rattachées à la cité tibérienne, sont telles qu'en 91 av. J.-C. un conflit social éclate entre celles-ci et le pouvoir romain[119],[157],[163],[164]. Selon Jean-Marc Eychenne :

« Nul ne peut contester l'unanimité des auteurs anciens sur la cause première du déclenchement de la guerre sociale (91 - 88 av. J.-C.) : le refus de Rome d'accorder la citoyenneté à ses alliés. »

— Jean-Marc Eychenne, , page 71[157].

Selon plusieurs historiens, dont Jean-Marc Irollo, il s'agit de la « guerre des alliés »[119]. Les étrusques, parmi les « alliés » de la péninsule italienne, sont en proie à de multipes soulèvements afin d'obtenir cette reconnaissance de Rome, jusqu'à ce que la citoyenneté romaine, c'est-à-dire le statut de « Novi cives libertinique »[bh],[160] leur soit enfin accordée, en 88 av. J.-C.. À la fin de cette guerre sociale romaine l'ensemble des peuples d'Italie, dont les étrusques, sont unifiés sous un seul et même régime juridique[119],[165]

En 87 av. J.-C., les étrusques prennent fait et cause pour le consul Caius Marius opposé à la campagne politique menée par Sylla[166],[119]. Le choix de l'Étrurie dans ce conflit entre les deux hauts responsables politique romain entre 87 et 82 av. J.-C., eut pour écho, au terme de la victoire de Sylla sur Marius, d'importantes mesures de répression de la part du légat cornélien[167],[119]. À cet effet, en 82 av. J.-C., les populations de cités telles que « Velathri », « Arritim », Fiesole et « Pufluna » subirent exécutions, confiscations matérielles, blocus économiques et proscriptions multiples[119],[166],[167].


« Sylla installa les vétérans de son armées dans les villes punies. Cet évènement provoqua l'exil de certaines familles étrusques qui rejoignirent en Espagne le général Sertorius, lieutenant de Marius. »

— Jean-Marc Irollo[119].

L'an 40 av. J.-C. est déterminante pour la cité étrusque de « Perugia ». Après la mort de Jules César en 44 av. J.-C., favorable vis-à-vis des étrusques[bi],[119], la succession de ce haute personnalité politique romaine provoque une guerre civile entre Marc Antoine et Octave. Lucius Antonius, frère de Marc Antoine, se réfugie dans l'enceinte de la ville ombrienne[119]. Dès lors, Pérouse subit un long siège militaire par les troupes fidèles à Octave. La ville tombe aux mains de ce dernier. Pérouse est ravagée et sa population massacrée[119]. La ville de l'Ombrie est reconstruite quelques années plus tard, grâce à l'appui de Mécène, proche conseiller d'Octave et descendant de la famille étrusque des Cilnii[119].

À la fin du Ier siècle av. J.-C., les étrusques sont totalement romanisés. Certains d'entre eux sont même en possession de poste de haute responsabilité au cœur du sénat romain[119]. En dépit de la perte de leur autonomie politique, les Étrusques continuent à exercer par la suite une grande influence en Italie sur le plan culturel, religieux et artistique[119].

En 27 av. J.-C., Rome, devenue le centre d'un vaste empire sous Auguste, fait de l'Étrurie la septième région impériale[119], sous le toponyme de « Regio VII » ou « Etruria »[169],[170],[171],[172],[173]. Au terme du règne d'Auguste, en 54 apr. J.-C., les haruspices annoncèrent l'achèvement du

« Xe et ultime saeculum de la nation étrusque[bj] »

— Jean-Marc Irollo[119].

Pour finir, Charles Guittard analyse l'historiographie étrusco-romaine ainsi :

« Le Xe siècle étrusque peut être considéré comme le Ier siècle d'une Renaissance de Rome, d'un renouvellement marqué par un nouvel âge d'Or et la célébration des jeux augustéens, qui passeront à la postérité grâce au génie d'Horace. »

— Charles Guittard, , page 26[174].

Synthèse historique[modifier | modifier le code]

Grèce romaine Époque hellénistique Époque classique Époque archaïque Siècles obscurs Période hellénistique étrusque Époque classique étrusque Période archaïque étrusque Période orientalisante étrusque Culture de Villanova Empire romain République romaine Monarchie romaine


Le territoire étrusque : Éléments géographiques[modifier | modifier le code]

Les terres historiques : panorama physique et spatial[modifier | modifier le code]

« Un éden sur terre »

— Jean-marc Irollo, Histoire des étrusques", 2010, page 63[2].

Les terres historiques de l'Étrurie originelle[bk] étaient délimitées par les cours des fleuves Arno (rive droite) et Tibre (rive gauche) dont les sources se situent sur les versants respectifs des monts Falterona et Fumaiolo. L'Étrurie comprenait donc la partie occidentale de l'Ombrie, la globalité de la Toscane, et l'extrémité septentrionale du Latium, jusqu'à Rome où la rive droite du Tibre[2],[9], le Trastevere était considérée étrusque comme cela est confirmé sous les termes anciens suivants : litus tuscus (autrement dit : rivage des étrusque) ou encore « étrangère » (littéralement : rive de Véies[bl])[175]. L'expansion commerciale et politique étrusque s'étend par la suite en Campanie et dans la plaine du Pô comme le témoignent les reste archéologiques, monuments et pièces artistiques de tout genre[176].

Au Ier siècle, dans son œuvre épistolaire les Lettres, Pline le Jeune, nous fournit une vision et une perspective particulièrement élogieuses du panorama naturel des terres historiques étrusques[10] :

« Le pays est d'une beauté ravissante. Imaginez une sorte d'amphithéâtre immense, tel que la nature seule peut le créer ; la plaine d'une vaste étendue, est entourée de montagnes, les montagnes sont couronnées de hautes et antiques forêts, le gibier y est abondant et varié. »

— Pline le Jeune (61 - 114) Epistulae, Livre V, 6, 7-8[177],[178],[179],[180],[181],[10].

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Dans sa partie septentrionale et orientale, le territoire est pourvu de contreforts et de vallées tributaires de la chaîne des Apennins, laquelle aspecte une suite d'enceintes montagneuses naturelles évoluant du Nord au Sud. Leurs altitudes, relativement restreintes, s'octroient d'une culminance de 2 163 mètres avec le mont Cimone, localisé dans l'actuelle province de Modène, en Émilie-Romagne. Par ailleurs, le sous-sol géologique de ces massifs montagneux est particularisé par des ressources en minerais métallifères manifestes. Plus à l'ouest, en direction de l'espace central étrusco-toscan, ces derniers s'amenuisent et se révèlent sous la forme d'un prolongement vallonné riche d'une terre siennoise de type argileuse, un matériau favorisant l'exploitation agricole et bénéficiant d'une composition essentielle à la production des poteries étrusques tels que les bucchero nero : il s'agit de la région des monts du Crete senesi (littéralement terre siennoises, en italien) et dont la cité-état de Chiusi en est le principal centre administratif, politique et économique[10],[183].

La plaine centrale, manifestant d'une espace restreint au niveau des alpes Apuanes (massif d'où est extrait et exploité le marbre de Carrare[184],[185],[186]), au Nord se développe en largeur vers le Sud-Ouest en allant rejoindre la basse-vallée de l'Arno. La partie occidentale de cet ensemble topographique s'achemine en collines peu marquées, lesquelles sont pontuées de gorges et de dépression fluviales de tailles modestes telles que le Val d'Orcia et affluentes à l'Ombrone et à l'Arno[2],[10].

À l'extrémité Ouest de l'Étrurie, le panorama se transforme et s'étire en plaines côtières bordées par la mer Tyrrhénienne, dont notamment la vaste plaine maritime de la Maremme. En direction du Sud, les terres étrusques se prolongent en massifs de types volcaniques[bq],[10], lesquels sont égrainés d'étendues lacustres telle que celle de Bolsena. Les éléments pédologiques rocheux corrélés à ces hauts-plateaux et reliefs encaissés, se manifestent essentiellement par la présence de tuf volcanique, une roche qui se caractérise par l'aisance de son extraction et de son exploitation, telles que la construction d'éléments architecturaux, ou encore des ouvrages en bas-reliefs. Toutefois, cette dernière présente des déterminants granulométriques la rendant significativement fragile et seccable[2],[10].

En outre, cette région méridionale aux paysages d'altitude que l'on dénomme la « haute Tuscia », présente une végétation riche notamment constituée de massifs forestiers de type feuillus, tels que des chêneraies, ou encore des hêtreraies, essences largement utilisées et représentées au sein de l'industrie étrusque, tant en termes de matériau de combustion, qu'en termes production de poteaux de bois, de sculptures et, sous forme brute, de biens d'exportations. De cette mane naturelle, la métropole étrusque de Volsinies, géographiquement et stratégiquement positionnée au sein de la région boisée, s'en octroie la majeure partie du marché économique[187],[2],[3],[10].

Globalement, il est possible de visualiser un territoire s'organisant autour de 4 axes majeurs.

Dans un premier temps, on distingue deux lignes longitudinales : tout d'abord un ligne occidentale formée par les plaines côtières longeant la mer Tyrrhénienne, dont l'épicentre est approximativement déterminé par « Rusellæ »[188],[189],[190],[191],[192],[193] ; et dans un second temps, un vaste espace centrale de faible altitude évoluant du Nord au Sud[10],[194].

D'autre part, le territoire étrusque observe et s'organise par le biais de deux axes latitudinaux, lesquels coïncident et correspondent aux cours fluviaux (l'Arno et l'Ombrone), se développant d'Est en Ouest[195],[196],[197],[198],[199],[200],[201].


L'ensemble de ces éléments topographiques, géologiques, géographiques révèlent que le territoire étrusque historique[br], sans toutefois ne pas comporter quelques écueils, affiche des avantages notables tant spatiaux, que pédologiques, minérifères, et hydrographiques. Les étrusques bénéficient donc d'un domaine favorable à l'agriculture, à l'essor industriel et économique, ainsi qu'à la navigation et par conséquent commerce de produits manufacturés (en particulier au regard de ses voies fluviales et de son ouverture à un vaste espace maritime)[3],[202],[203],[204].

Extension et frontières[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Étrurie.
Le territoire étrusque au cours de sa genèse[bs].

La « nation étrusque » s'est formée à travers un complexe procédé d'échanges commerciaux, flux migratoires et conflits armés. Ainsi au début de IXe siècle av. J.-C., la métallurgie du fer se développe dans divers centres de l'Étrurie permettant dès lors de suivre à travers les restes archéologiques son développement. Les premiers habitats se transforment d'abord en cité-états, puis petits états à base monarchique puis aristocratique (Ve siècle av. J.-C. dont l'expansion unitaire reste limitée.

L'expansion débute au VIIIe siècle av. J.-C., les cités plus puissantes absorbant culturellement soit par la force (Véies) soit politiquement ( Falerii, Capena, Rome (avec l'occupation de Rome au VIe siècle av. J.-C. par les Tarquins, Mastarna et Porsenna), en Campanie (Capoue, Pompei et Salerne) et vers le Nord avec l'occupation de Felsina, Mantoue, Adria, Spina et la fondation de Marzabotto.


Souveraineté territoriale étrusque à son apogée[bt].

Globalement, à la fin de cette époque d'expansion territoriale, l'aire géographique de l'Étrurie toscane méridionale et padane recouvre environ un tiers de l'Italie, soit approximativement 100 000 km2. La carte géographique du territoire étrusque s'inscrit au sein d'un vaste ensemble de peuples de substrat ethnique significativement éloignés. Entre les frontières de ses voisins contemporains, bien que légèrement fluctuantes, les possessions territoriales étrusco-italiotes se dessinent d'Ouest en Est et du Nord au Sud entre les ligures ; les celtes d'Italie[bu] ; les vénètes ; les rhètes ; les sardes ; les falisques ; les latins ; les ombriens ; les sabins et les picéniens (essentiellement la tribu des vestins)[34],[35],[36],[8],[205],[206]

L’île d'Elbe avait déjà été occupée au VIIe siècle av. J.-C., les côtes de la Corse vers 540 av. J.-C. après la bataille d'Alalia.

La domination sur les territoires au sud du Tibre cesse vers la fin du VIe siècle av. J.-C., avec la défaite d' Aricie contre les Latins alliés de Aristodemos Malakos puis de Cumes (474 av. J.-C.).


Carte représentant les peuples étrusques et italiques au sein du Latium au cours du Ve siècle av. J.-C.[bv].

Les conflits avec Rome débutent au Ve siècle av. J.-C., selon la tradition, les premières luttes concernent Véies et Fidène (guerre de 483-474 av. J.-C.), avec l'assassinat des Fabii à la Bataille du Crémère ; la guerre de 428 - 425 av. J.-C. provoque la chute de Fidène; la guerre de 405 - 396 av. J.-C. celle de Véies, Capena et Faleries signent un traité de paix, Nepet et Sutri s'allient à Rome. En 356 - 356 av. J.-C. Tarquinia, après un conflit avec Rome doit céder une partie de ses territoires ; en 353av. J.-C. Ceres obtient la citoyenneté romaine sans suffrage.

Au terme de la troisième guerre samnite, les Étrusques alliés aux Gaulois, Samnites, Sabins et Ombriens sont une nouvelle fois mis en échec par les Romains à Sentinum (295 av. J.-C.), ainsi en 294 av. J.-C. Volsinii, Pérouse, Arezzo, Cortona doivent signer une paix onéreuse.

Le dernier sursaut étrusque a lieu à partir l'an 284 av. J.-C.. Les cités étrusques de Vulci et Volsinies s'opposent à Rome mais elles sont contraintes d'accepter une paix très dure avec Rome en 280 av. J.-C.. Après l'annexion d'une part des terres de Vulci, Volsinies est la dernière cité étrusque encore libre. Cependant, une révolte de la plèbe locale chasse l'aristocratie de la cité, qui appelle alors Rome pour se rétablir. Les Romains s'emparent de la ville en 264 av. J.-C. et la détruisent. C'est la fin de l'Étrurie indépendante[207]. Toutes les cités étrusques, en dehors de Caeré, municipe sine suffragio, et des colonies, dont Cosa, reçoivent le statut de cités alliées (civitates foederatae), les obligeant à fournir autant d'hommes qu’en demande Rome, et une partie de leurs terres est confisquée[208],[209].


Au Ier siècle av. J.-C., pendant la Guerre sociale, les Étrusques ne prennent pas part à la lutte entre Rome et certains de ses alliés. Ils en retirent cependant le bénéfice lorsque Rome accorde le droit de cité à tous les Italiens. En revanche, lors de la première guerre civile entre Marius et Sylla, les Étrusques choisissent le mauvais camp. Le vainqueur, Sylla, se montre rancunier et châtie les villes qui avaient pris parti pour Marius: En 81 et 80 av. J.-C., il les punit en confisquant leurs biens et établit des colonies militaires à Arezzo et Fiesole[210].

Sous Auguste l'Étrurie devient la septième région d'Italie, et malgré une forte action de romanisation elle conserve pendant une longue période ses propres caractéristiques culturelles.

Cités-États[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dodécapole étrusque.
Article détaillé : Société étrusque.

« C'est comme bâtisseurs de villes que les Étrusques ont manifestés leurs génie »

— Pline le Jeune, (61 - 114) Epistulae, Livre V, 6, 7-8[177],[178],[179],[10].

Organisation territoriale, administrative et politique étrusque : vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Velzna, Fanum Voltumnae et Voltumna.
Carte géographique mettant en évidence les douze cités-états étrusques[bw].

La société étrusque était en apparence organisée et sa vie politique et sociale structurée. Le Lucumon est au sommet de la hiérarchie aidé par la classe oligarchique des maîtres, et enfin les esclaves et les paysans. L'Étrurie était dirigée par 12 rois dirigeant les 12 villes-états (12 lucumonies) de la confédération dodécapole de l'Étrurie : Véies, Cisra (Caere des Romains), Tarquinia, Vulcia, Velzna déplacée à Volsinii nova, Clusium, Perusia, Cortone, Arretium, Volaterrae, Vetulonia, Fiesole[211]. Les lucumonies étaient unies uniquement par des liens religieux. Les villes étrusques étaient très individualistes, aucune ne dominait et il n'y avait pas de solidarité politique.

« N'allez pas penser que cette ligue de douze villes étrusques impliquait une solidarité entre elles. Chaque cité était son propre royaume. Et c'est cet esprit individualiste qui a fait chuter les Étrusques devant Rome. »

— Jean-Paul Thuillier, le Sourire des Étrusques[212]

Toutefois, au travers de certains éléments archéologiques et de documents bibliographiques antiques[bx], il est possible de matérialiser l'existence factuelle de lieux de réunion appelés fanum[by] au sein desquels se tenaient des assemblées démocratiques plénières (également dénommées centumvirs à l'époque républicaine) et formées de la totalité des 12 rois de chacune des cités-états[219],[220], on peut accréditer que les relations entre chaque lucumiones sont subordonnées à des intérêts communs et stratégiques. Ces derniers manifestaient d'une certaine entente, voire d'une cohésion, à caractère politique, militaire et commercial[220]. En revanche, selon l'historien antique Thierry Piel,

« L’erreur originelle qui a conduit une partie importante de l’historiographie moderne à confondre Dodécapole Concilium etruriae, alors que ces deux termes n’apparaissent qu’une seule fois ensemble, peut être corrigée si l’on analyse cette occurrence livienne du Livre IV. »

— Thierry Piel, chapitre : Luci et fora des structures et interethniques dans le monde étrusco-latin, paragraphe 21, tiré de l'ouvrage : Espaces d'échanges en Méditerranée, Antiquité et Moyen-Âge, 2006[219].

Concrètement, l'historien romain Tite-Live (-59 - 7), présente l'assemblée des lucumiones comme étant une organisation à cursus parlementaire et démocratique, laquelle affiche également un caractère d'homogénéité et de cooptation multilatérale. Le propos livien est d'entériné le « Concilium Totus Etruriare » (ou « Concilium Utruriare ») du Livre IV de son œuvre historiographique romaine, le Ab Urbe condita libri[217],[221],[222], à l'image des fora romana (assemblées et place publiques romaines), ou encore des agorae grecques[213],[214],[215]. De facto, l'auteur latin semble apparaître l'unique personnalité littéraire, parmi ses homologues et pairs de l'antiquité grecque et romaine, à matérialiser ces Concilia (ou conseils, réunions d'assemblée) de hiérarques et de souverains étrusques tel un concept politique de type démocratique, pérenne et ordononcé[219],[213],[214],[215],[216].

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Les sources historiographiques antiques romaines, confrontées aux données archéologiques étruscologiques, nous permet d'accréditer l'existence probable de ensembles multi-urbains étrusques[219].

Cette donnée permet d'appréhender une vue d'ensemble concrète du territoire de l'Étrurie à l'apogée de son histoire. En termes politique et administratif, ces dodécapoles sont également dénommées ligues ou encore « mechl »)[226].

Chacune d'entre elles se trouvent composées de 12 lucumonies ou, en dialecte étrusque, « Zilath mechl rasnal »[227], comme l'attestent de nombreuses tablatures épigraphiques mises au jour, telles que la « Tabula Hebana », par exemple[228],[229]. Ces dernières auraient probablement pour objet de recenser l'ensemble des seigneurs étrusques élus au sein d'un même pôle urbain[227]. En effet, selon Tite-Live[230] et Strabon[231], au VIe siècle av. J.-C., les Étrusques étendent leur domination dans le nord et dans le sud de l'Italie, particulièrement en Émilie et en Campanie, pour former deux autres régions étrusques (de style colonial, à l'époque) qui prirent le nom d'Étrurie padane et d'Étrurie de Campanie. Pour chacun de ces domaines d'extension territoriale, voire coloniale[232],[233],[234],[ca], il est possible d'évoquer et de concrétiser le terme sémantique dodécapole[cb],[241],[10],[202],[7],[8],[242].

Dodécapole initiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ligue étrusque.

Les douze pôles urbains étrusques d'importance suivants sont exprimés en étrusque et par ordre alphabétique.

Exemple de « Aritim »

Existant sous la forme de centre proto-urbain dès le IXe siècle av. J.-C., la métropole étrusque d'« Aritim » est probablement fondée selon le « rito estruriae »[cc], vers la fin du VIIIe siècle av. J.-C.. La cité-état connaît un accroissement politique et économique au cours du VIIe siècle av. J.-C. et du VIe siècle av. J.-C., pour atteindre son apogée au long du Ve siècle av. J.-C.. Le complexe urbain de toscane orientale d'Arezzo, se développe entre les contreforts des montagnes apenninnes médio-centrales, et la large plaine de l'Arno. La cité-état étrusque est en outre associée à une vaste nécropole, la Poggio del Sole, dont le fait fondateur est attribué au VIe siècle av. J.-C.[223],[227],[245],[246].

Exemple de « Cisra »
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À l'instar de ses homologues urbaines toscanes, la cité-état de « Cisra » s'octroie d'un fait fondateur assigné au VIIIe siècle av. J.-C.[227]. Cette dernière se présente en situation de hauteur, prenant appui sur un large promontoire, lequel surplombe le littoral tyrrhénien. Par conséquent, en regard de ce cadre topographique particulier, on peut attribuer à la métropole étrusque, une implantation géostratégique dite de castramétation. Le ville, cooptant d'une surface au sol d'environ 150 hectares, est ceinte d'une massive fortification de pierre taillée[226].

Les connaissances que l'on possède de la métropole étrusque du Latium septentrional, bénéficient d'un élément archéologique concret témoignant de l'existence probable d'un haut personnage, un « Zilath »[249],[250],[251],[252],[253],[254],[cf] (l'équivalent du rex en Étrurie). Cette personnalité souveraine, connue sous le patronyme de « Thepharie Velanias »[22],[258],[259] (ou « Thebarie Velanias »[260] selon la traduction), aurait régné sur la cité de « Cisra » au cours du VIe siècle av. J.-C.[22]. En l'occurrence, une dédicace à vocation à la fois funéraire et religieuse[cg], dont on a retranscrit la syntaxe apparaissant sur l'un des artéfacts épigraphiques du groupe dit lamelles de Pyrgi[ch],[261], met en lumière certains faits et événements historiques associés au « zilath » de « Cisra ». La lamelle A de Pyrgi matérialise également les circonstances relatives à la mort du roi étrusque[262],[263],[264],[22],[261]. En voici la transcription littérale, établie en langue étrusque :

« ita . tmia . icac . he/ramaśva . vatieχe / unialastres . θemia/sa . meχ . θuta . θefa/rie{i} . velianas . sal / cluvenias . turu/ce . munistas . θuvas / tameresca . ilacve / tulerase . nac . ci . avi/l . curvar . teśiameit/ale . ilacve . als′ase/ nac . atranes . zilac/al . seleitala . acnaśv/ers . itanim . heram/ve . avil . eniaca . pul/umχva »

— Scuola Normale Superiore Laboratorio di Storia, Archeologia, Epigrafia, Tradizione dell'antico[ci], Lamelle A de Pyrgi, 2008-2016[261].

Les autres cités appartenant à la ligue étrusque
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Tomba della Pellegrina a Chiusi.JPG Sépulture de Pellegrina à « Clevsin » Archéologie Chiusi 43° 01′ 00″ Nord, 11° 57′ 00″ Est
Perugiaarcoetrusco.jpg Arc de fortication de la cité de « φersna » Archéologie Pérouse 43° 07′ 00″ Nord, 12° 23′ 00″ Est
Populonia, veduta scavi 2.JPG aire archéologique de « Pufluna » Archéologie Piombino 42° 59′ 23″ Nord, 10° 29′ 27″ Est
Mura etrusche Roselle 2.JPG « Rusellae » Archéologie Grosseto 42° 48′ 35″ Nord, 11° 08′ 19″ Est
Hades Persephone Tomb of Orcus II.jpg Tombe d'Orcus, cité de « Tarchna »[cj] Archéologie Tarquinia 42° 14′ 57″ Nord, 11° 45′ 22″ Est
Vetulonia Poggiarello Renzetti.jpg Aire de fouilles archéologiques de « Vatluna » Archéologie Castiglione della Pescaia 42° 51′ 34″ Nord, 10° 58′ 16″ Est
Volterra Porta All' Arco.jpg Porte monumentale fortifiée appartenant à l'enceinte de la cité de « Velathri » Archéologie Volterra 43° 24′ 00″ Nord, 10° 51′ 58″ Est
Vulci Ruins.JPG Aire archéologique de « Velch »[ck] Archéologie Vulci 42° 15′ 29″ Nord, 11° 22′ 31″ Est
Tunnel a Veio 2.JPG « Veis » Archéologie Véies 42° 00′ 45″ Nord, 12° 14′ 26″ Est
056008542-MIBAC.JPG Vestiges de la cité de « Velzna » Archéologie Orvieto[cl] 42° 43′ 00″ Nord, 12° 06′ 00″ Est

Dodécapoles méridionale et padane[modifier | modifier le code]

Dodécapole de Campanie, du Latium et de l'Ombrie[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Étrurie de Campanie et Étrurie méridionale.


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Tomba a dado necropoli della casetta blera.jpg Domus d'une sépulture. Nécropole de Blera Archéologie Blera 42° 16′ 24″ Nord, 12° 01′ 57″ Est
Caiazzo panorama.JPG Vue panoramique de Caiazzo, l'ancienne cité-état étrusque de Campanie, « Caiatia » Archéologie Caiazzo 41° 11′ 00″ Nord, 14° 22′ 00″ Est
Tabula hebana, con legge iunia petronia sugli onori da tributare a germanico cesare, 19-20 dc, dal territorio di heba.JPG Tabula Hebana, artefact épigraphique découvert sur le site de « Heba »[cm][229],[272] Archéologie Magliano in Toscana 42° 35′ 56″ Nord, 11° 17′ 35″ Est
Statua A da necropoli di casa nocera a casale marittimo, 700-680 ac. ca..JPG Statue étrusque « A de Casa Nocera », mise en évidence dans l'enceinte de la nécropole de « Nuvkrinum »[cn] Archéologie Nocera Inferiore 14° 38′ 00″ Nord, 40° 45′ 00″ Est
Samnite soldiers from a tomb frieze in Nola 4th century BCE.jpg Fresque funéraire peinte, IVe siècle av. J.-C., site de « Nuvlana » Archéologie Nola 40° 56′ 00″ Nord, 14° 32′ 00″ Est
Louvre-Lens - Les Étrusques et la Méditerranée - 233 - Rome, université la Sapienza, musée des antiquités étrusques et italiques (Maquette du temple B de Pyrgi) (A).JPG « Pyrgi » Archéologie Santa Marinella 42° 02′ 00″ Nord, 11° 51′ 00″ Est
Pompeiana - the topography, edifices, and ornaments of Pompeii (1817) (14595782347).jpg Éléments d'archtectures étrusco-romains, placés en castramétation attenant au promontoire de « Surreo » Archéologie Sorrente 40° 38′ 00″ Nord, 14° 23′ 00″ Est
Mappa di Stabia.jpg Plan du site archéologique de Stabies Archéologie Stabies 40° 42′ 11″ Nord, 14° 29′ 57″ Est
Suessola-Casina.jpg Aire de fouilles de la cité étrusque de Suessula Archéologie Acerra 14° 22′ 00″ Nord, 40° 57′ 00″ Est
Tuscania abc17.jpg Vestiges d'un arc, d'une tour et d'une muraille. Fortifications étrusques de la cité de « Tusena » Archéologie Tuscania 42° 25′ 17″ Nord, 11° 52′ 19″ Est
Castle San Giovenale.jpg Ancienne fortification étrusque supplée à une tour embastillée. Cité d'Acquarossa[co]. Archéologie Viterbe 42° 25′ 07″ Nord, 12° 06′ 34″ Est
Interno di tomba.JPG Intérieur d'une sépulture, nécropole de Vulturnum[cp] Archéologie Santa Maria Capua Vetere 41° 05′ 00″ Nord, 14° 15′ 00″ Est
Dodécapole padane[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Étrurie padane.


Photo Objet Type[265] Adresse Commune Coordonnées
A Arch B E M O S
Fiume Tartaro San Zeno.JPG Tartaro-Canalbianco-Pô du Levant en amont d'« Atria »[cq] Archéologie Adria 45° 03′ 00″ Nord, 12° 03′ 00″ Est
Mevaniola.jpg Ruines d'assise de Mevanolia, agglomération de Cesena[cr] Archéologie Cesena 44° 08′ 00″ Nord, 12° 14′ 00″ Est
Paolo Monti - Servizio fotografico (Bologna, 1971) - BEIC 6338837.jpg Fossé d'enceinte étrusque entourant le complexe urbain de « Felzna » Archéologie Bologne 44° 30′ 00″ Nord, 11° 21′ 00″ Est
39PalazzoTe.jpg Musée archéologique de Mantuva, l'établissement abritant les objets découverts à Forcello di Bagnolo San Vito[cs]. Archéologie Bagnolo San Vito 45° 05′ 00″ Nord, 10° 53′ 00″ Est
Marzabotto città etrusca nei pressi della plateia D.jpg Vue d'ensemble du site archéologique de « Kaituna »[288],[289] Archéologie Misano Adriatico 43° 58′ 00″ Nord, 12° 42′ 00″ Est
The cities and cemeteries of Etruria (1878) (14594012387).jpg Gravure du plan archéologique de Mantus Archéologie Mantoue 45° 10′ Nord, 10° 48′ Est
3795MelzoSsAlessandroMargherita.JPG Place centrale de Melzo, l'hypothétique cité étrusque de Melpum[ct],[291],[292],[293] Archéologie Melzo 45° 30′ 00″ Nord, 9° 25′ 00″ Est
Frammento romano, Museo lapidario di Modena.jpg Vestige de sarcophage : « Mùtina » Archéologie Modène 44° 39′ 00″ Nord, 10° 56′ 00″ Est
I grandi mosaici.jpg Ici : le musée archéologique de Ravenne. Des artefacts de l'ancienne cité étrusque y sont conservés Archéologie Ravenne 44° 25′ 00″ Nord, 12° 12′ 00″ Est
Rimini046.jpg Chantier de fouilles archéologiques d'une sépulture associée à la cité de « Arimni » ou « Arimmni » Archéologie Rimini 44° 03′ 00″ Nord, 12° 33′ 58″ Est
Traversa (4082334691).jpg Barrage et cascade de la Vecchia, rivière proche de laquelle aurait été fondée l'antique cité étrusque de Rubiera Archéologie Rubiera 44° 39′ 00″ Nord, 10° 47′ 00″ Est
Spina 0709-1.JPG Poterie (terracotta, vaisselleries métalliques et céramiques découvertes à Spina[cu]). Archéologie Ostellato 11° 56′ 00″ Nord, 44° 45′ 00″ Est
Verucchio-marecchia.JPG Vue panoramique de l'ancienne ville étrusque et de la vallée de la Marecchia , Verucchio Archéologie Verucchio 12° 26′ 00″ Nord, 43° 59′ 00″ Est

Comptoirs commerciaux et colonies : la thalassocratie étrusque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Étrurie maritime.
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Les ports de d'exportation : l'exemple de Gravisca[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Gravisca.

Graviscae, dont le site archéologique est localisé au sein de l'actuelle hameau toscan de Porto Clementino, se manifeste comme étant un complexe portuaire attenant à la cité de « Tarchna »[299],[300]. Fondé à flanc du littoral tyrrhénien par des colons étrusques, le petit site portuaire se concrétise dès la fin du VIIe siècle av. J.-C., à l'équivalence d'une fenêtre maritime commerciale dont la cité tarquinienne en est l'unique bénéficiaire, lui permettant ainsi d'écouler et d'exporter ses stocks de marchandises, tels que les buccherro nero, les céramiques[301] , les éléments de vaissellerie confectionnés au moyen de terracotta, ou encore des artefact de type ex-voto, affectant des ornementations et bas-relief[299],[300].

Les prospections archéologiques du site de Gravisca, notamment réalisées sous l'égide de l'étruscologue italien Mario Torelli ont notamment mis en évidence un vaste sanctuaire lequel observe une infrastructure de type greco-archaïsante et dont l'assise et les wikt:soubassements sont attribués aux environs du milieu du Ve siècle av. J.-C.[299],[300]. En outre, les fouilles des différentes équipes d'archéologues ont mis en évidence des graffites sous la forme de cippes et dont les caractères, d'alphabet eubéen, concrétisent également une présence ethnique allochtone d'origine grecque[301].

Sous cet angle, l'ensemble des données recueillies permettent d'appréhender l'existence effective d'une symbiose culturelle entre les différents acteurs et paternaires commerciaux présent sur le site portuaire toscan, autrement dit : la thalassocratie sub-sécante à l'Étrurie et celle appartenant à la Grande Grèce[cv],[299],[300],[301].


Littoral ibérique[modifier | modifier le code]

Gaule méditerranéenne[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Lattara et Pech Maho.

Le cadre générale de la présence étrusque en Gaule méditerranéenne aux VIIe siècle av. J.-C. et VIe siècle av. J.-C., et plus particulièrement en régions languedociennes et provençales, est explicitement appréhendé par l'archéologue spécialiste de la civilisation gauloise méridionale, Michel Py :

« Les premiers qui réussissent à construire un réseau efficace d'échanges sur les rivages gaulois sont les Étrusques... Pendant près de trois quarts de siècle (des environs de 625 aux environs de 550 av. J.-C.) les Étrusques vont occuper une position dominante dans les transactions maritimes qui se développent en Provence et en Languedoc. »

— Michel Py, Dictionnaire des céramiques antiques (VIIe s. av. n. è.-VIIe s. de n. è.) en Méditerranée nord-occidentale (Provence, Languedoc, Ampurdan), Lattara 6, 1993, page 84[302],[303],[304].

Lattara
Vue du site archéologique de Lattara[cw].

Fondée à l'âge du bronze récent par le peuple des « lattarès », gréco - massaliote, le site antique localisé dans l'actuel département de l'hérault connaît tour à tour l'hégémonie de la thalassocratie étrusque au cours du VIe siècle av. J.-C., laquelle est succédé par l'ἐμπόριον gréco - massaliote au cours Ve siècle av. J.-C., en se pourvoyant d'un statut de comptoir colonial et commercial, pour ensuite se voir investie par les tribus celtes de Gaule méridionale (dont notamment les allobroges et les segobriges) vers la fin du IVe siècle av. J.-C. et du début du IIIe siècle av. J.-C. et à terme tombé sous la coupe des romains en étant intégrée à la province romaine de la narbonnaise[305],[306],[302],[304].



Pech Maho
Texte éprgaphique gravé sur le plomb de Pech Maho.

La présence étrusque au sein du site de Pech Maho, localisé dans l'actuel département de l'Aude, se concrétise notamment par le biais d'un témoignage épigraphique. Celui-ci apparaît sous la forme d'un petit objet de métal corrodé et dont l'aspect cylindrique résulte de l'enroulement d'une tablette. Il s'agit d'un plomb[cx] dénommé le « plomb de pech maho ». Les textes gravés sur l'artefact procèdent simultanément d'un cursus scriptural ionien[cy] et d'un cursus typographique étrusques[307],[308],[309].

En outre, les analyses conjuguées de spécialistes en linguistique antique, tels que Michel Lejeune, Mauro Cristofani et Yves Sollier, tendent à confirmer que le dit plomb est le résultat d'un accord de type commercial passé entre des marchands étrusques et gréco-italiotes. De plus, la transcription des textes gravés sur le petit cylindre indique que la transaction est relative à un tonnage de biens et de marchandises[307],[308],[309]. En voici la transcription :

« ék`ãti`[..] §pr¤at`o`[..]PRI[--- parå t«n] Emporit°vn: §pr¤ato TE/[---]ék`ãti`[on] §pr¤at`o`: [§]pr¤[ato te --- parå t«n] »

— Pébarthe, Delrieux, 1999, La transaction du plomb de Pech Maho, pages 155 et 158[307].

Celle-ci se traduisant par :

« Il a acheté une barque: (une partie de la marchandise) auprès des Emporitainstandis que l’autre l’a été (auprès de...) »

— Pébarthe, Delrieux, 1999, La transaction du plomb de Pech Maho, page 158[307].

D'autre part, au sein du site archéologique de l'Aude, la découverte de vestiges d'habitat, d'assises de fortifications étrusques, mais également d'un chariot d'attelage, révèle que Pech Maho est affecté d'un statut d'emporion, et dont il est subrogé au territoire de la thalassocratie étrusque. Enfin, l'expertise chronologique atteste que le site de Pech Maho fait l'objet un important déterminant colonial étrusque, à la fois culturel et politique, au cours du VIe siècle av. J.-C. et du Ve siècle av. J.-C. (période archaïque)[307],[308],[309].

Les autres emporiae de la thalassocratie étrusque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Luna (Étrurie).
« Luna »

Attestée, mais de manière ponctuelle[312], la présence étrusque sur le site de Koinè ligure s'avère effective dès l'période archaïque. Les prospections archéologiques, notamment entreprises sous l'égide de l'« École suédoise de Rome » ont ainsi mis en évidence d'importantes infrastructures d'habitat à caractère étrusque[313],[314]. Par ailleurs, ces mêmes investigations et sondages de terrain ont permis de relever l'existence d'un imposant sanctuaire, lequel présente une architecture spécifiquement étrusque[313],[312],[314].

D'autre part, les explorations stratigraphiques du sous-sol de Luna révèlent que certaines des carrières pourvoyeuses d'un matériau essentiellement utilisé dans le domaine de la sculpture : « marbre de Luni » sont exploités par les colons étrusques à partir du VIIIe siècle av. J.-C.. Le marbo lunies, provenant de la colonie étrusque de « Luna »[da][315],[316].


Îles méditerranéennes[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Alalia (Aleria) et Île d'Elbe.
La Corse 
site de « Alalia »

Les récentes découvertes archéologiques attestent un comptoir commercial et colonial étrusque au sein de l'actuelle commune d'Aléria, laquelle est localisée dans le département de Haute-Corse . Il s'agit d'un comptoir conquis par les étrusques au début du VIe siècle av. J.-C., jusqu'aux environs de -540 - 535, période à laquelle fut livrée la bataille d'Alalia près des côtes du littoral haut-corse, confrontation navale opposant les navires de guerre étrusques et la flotte carthaginoise aux Phocéens, qui subirent une lourde défaite[317],[318],[319].

Ce conflit sur les flots tyrrhéniens se présente comme étant le point d'orgue de tensions diplomatiques entre les nations étrusques et grecques débutées au cours du VIIe siècle av. J.-C.[320],[321]. Cette crise résulte probablement d'une volonté sans équivoque venant des instances politiques étrusques de contrôler les îles et littoraux tyrrhéniens[db][dc][320],[321],[319], afin de conforter leurs positions économiques au sein de cette zone géographique[321].

De facto, la mainmise étrusque en mer Tyrrhénienne vient concurrencer une « koiné » commerciale grecque préexistente et relativement préétablie sur le pourtour nord-occidental de la Méditerranée. Les deux peuples se disputent cette zone géographique au travers de l'établissement de comptoirs coloniaux tels que « Alalia »[320],[321],[319].

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L'île d'Elbe

La thallassocratie étrusque au sein des terres de l'île d'Elbe se matérialise notamment au travers de l'exploitation du sous-sol, riche en minerai de fer[322],[323],[324],[325]. À cet effet, les analyses de terrain produites au XIXe siècle av. J.-C., mettent en avant l'existence de zones d'extractions minérifères[326], dont la datation et les différents artefacts découverts en lieu et place, ont permis d'attester une implantation étrusques effective[322],[324],[323]. Il est possible de corréler cette donnée à une aire de production et d'exportation étrusque d'importance au cours de la 1re phase de l'âge du fer[322],[323],[325],[324],[327].

De surcroît, et relativement à cette même période, la physionomie géostratégique en mer Méditerranée nord-occidentale, semble indiquer que l'île d'Elbe a valeur de

« pont des îles »

— Michel Gras, Les enjeux insulaires en mer Tyrrhénienne, 1972, page 780[328]

entre l'Étrurie dite maritime et les principales terres insulaires de cette zone[dd],[328]. De fait, la situation géographique de l'île d'Elbe, lui confère un statut de nœud névragique. Les routes commerciales d'importance sillonnant l'espace maritime Tyrrhénien, dont les principaux acteurs et bénéficiaires sont Carthage, la Grande Grèce, Rome et la Phénicie, apparaissent toutes sécantes en ce point géographique précis[328]. Par conséquent, au sein de l'Étrurie tyrrhénienne, la terre insulaire toscane, pourrait donc constituer un véritable enjeu géostratégique[328].

À cet égard, et dans le cadre de la prééminence maritime de l'Étrurie, le petit ilôt toscan fait simultanément figure de plaque tournante des exportations étrusques[326], et d'emporion[322],[323],[324],[325].

La puissance militaire et commerciale étrusque, facteur d'empreinte territoriale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire militaire étrusque.

Selon Caton l'Ancien (-234 - -149), l'ensemble de la péninsule italienne avait factuellement été soumise à la prééminence militaire des étrusques. Tite-Live, est venu renforcé ce constat en argumentant au moyen de la thèse historiographique suivante :

« Avant l'établissement de la puissance romaine, les Etrusques avaient étendu au loin leur domination sur terre et sur mer. Les noms mêmes des mers, la mer Supérieure et la mer Inférieure qui ceignent l'Italie comme une île, attestent la puissance de ce peuple : les Italiens appellent l'une la mer Toscane, l'autre la mer Hatriatique du nom d'Hatria, colonie des Etrusques. Les Grecs les nomment mer Tyrrhénienne et mer Adriatique. »

— Tite-Live, Ab Urbe condita libri (Histoire romaine), Livre V, paragraphe 33[329],[330],[331],[332].

La poliorcétique[modifier | modifier le code]

Les vestiges des cités-états d'Étrurie témoignent de moyens et de dispositifs techniques élaborés. Les archéologues ont clairement établie que ces ruines sont le fruit d'une culture architecturale urbanistique efficace et novatrice[333]. De manière incidente, les procédés d'édification étrusques sont mis au service d'une logistique défensive solide et efficiente, dont la science tactique est reconnue jusque dans les territoires celtiques outre-alpins dès le VIe siècle av. J.-C.[334].

Dans ce cadre, le fait architectural étrusque imprime une rémanence significative au sein des infrastructures associées au domaine de la poliorcétique[333].

L'infanterie et la cavalerie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Clipeus, Hoplite et Mars de Todi.

« La guerre était un état presque normal pour les étrusques comme pour les autres peuples d'Italie préromaine. Parfois il s'agissait de s'assurer la possession de points d'appui stratégiques ou commerciaux. »

— Jean-Marc Irollo, , page 158[337].

La tradition guerrière étrusque, à l'appui de découvertes archéologiques, se manifeste dès la période villanovienne[337]. L'exhumation de sépultures, datant de cette époque et de celles qui lui sont ultérieures, ont mis en évidence de nombreuses preuves matérielles attestant de la culture guerrière des peuples d'Étrurie[337],[338]. Ainsi, les chercheurs ont fréquemment trouver, dans l'enceinte de ces tombes villanoviennes, des restes incinérés de soldats[337]. Ces cendres sont, dans la plupart des cas, incorporés dans des urnes biconiques, elles-mêmes recouverte d'un casque[338]. Ces pièces d'armure sont confectionnées en bronze[338] ou en terre cuite. Selon Jean-Marc Irollo, cette caractérisque funéraire apparaît comme un :

« symbole des sépultures masculines. »

— Jean-Marc-Irollo[337].

.

Pour l'époque villanovienne, et en particulier dans les sépultures de « Veis » et de « Tarqna », les archéologues ont exhumé une grande quantité d'armement défensifs et offensifs[338]. L'équipement défensif se compose notamment de « casque à crète[338] » (également dénommé apex) et de boucliers, de forme ronde, s'apparentant au clipeus romain et généralement ouvragés en bois[df],[337],[339],[340]. À ceci, il faut également ajouter un kardiophylakès (genre de « protège-cœur »[338] d'origine picéno-grec), en bronze et maintenu au moyen de lanières en cuir et des cnémides, ou jambières, complétant ainsi la panoplie défensive étrusque[337],[341].

L'équipement offensif est, quant à lui, constitué d'une épée, plutôt courte et s'apparentant parfois à un gladius (sorte de glaive)[342],[343]. Les fantassins étrusques font également usage de lances,[337],[338].

Postérieurement, l'armure étrusque évolue vers un type hoplitique[344],[337],[338]. La tombe d'Iside, exhumée aux alentours de « Velx », est l'un des exemples les plus frappant qui attestent de cette évolution[337]. Dans cette sépulture, datée de la fin du VIe siècle av. J.-C. (520 av. J.-C.), a été retrouvé un matériel hoplitique quasiment intégral[345],[337]. À sa découverte, en 1852, par Lucien Bonaparte, la tombe comporte un bouclier rond, des knêmis, un casque, une épée, une pointe de lance, un ceinturon « à fermoir »[dg],[337]. En outre, sur le territoire recouvrant l'Étrurie, les découvertes d'artefacts, telles que des statuettes en bronze figurant des soldats en armes, mettent en évidence, de manière certaine, l'adoption du chargement hoplitique par les troupes d'infanterie étrusques : ces ouvrages, à caractère votif, montrent des guerriers munis de armure « à plaque », d'un linothorax, de heaume callotté pourvus de paràgnathos (sorte d'oreillons ou protèges-oreilles) et d'un clipeus[dh][337]. Pour exemple concret, le Mars de Todi (début du Ve siècle av. J.-C.[349]), ou encore le matériel exhumé à Falterona[350],[351] (près d'« Aritim »), indiquent clairement le recours à ce type d'équipement guerrier[337]. À ce titre, et concernant cette mutation de l'armement étrusque à partir de la période classique (600 - 480 av. J.-C.), Jean-Marc Irollo rappelle que :


« Le développement du combat hoplitique est à mettre en rapport avec l'évolution sociale des cités. À partir de cette époque, les citoyens des villes étrusques ont probablement été classés suivant les critères de richesse qui leur permettaient d'acquérir un équipement plus ou moins coûteux. La possession d'une armure complète n'était donc plus désormais la seule prérogative des princes et de leur clientèles. »

— Jean-Marc Irollo, , page 163[337].


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Les étrusques adoptent, dès l'époque archaïque, la formation dite « en phalange ». Ce type de formation, héritée des grecs, repose sur un déploiement de fantassins sous forme de colonne serrée (les soldats évoluent quasiment bouclier à bouclier) :

« Tout les historiens soulignent que ce type de combat qui consiste à se présenter en formation serrée où chaque guerrier est protégé par son voisin est symbolique de la solidarité entre citoyens d'une même cité. »

— Jean-Marc Irollo, , page 163[337].


D'autre part, les armées étrusques, à l'instar de celles des romains et de d'autres peuples italiques, possèdent différents types d'unités : les unités dites « lourdes » (généralement celles qui constituent les phalanges), composées d'hoplites (en principe des hommes de rang social élevé) ; et les unités dites « légères », avec pour seule pièce d'armement défensif un linothorax en cuir[337]. Ces troupes légères, les plus nombreuses, sont, la plupart du temps, formées de paysans « semi-libres », autrement dit des penéstês[337].


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Les machines de guerre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Char de Monteleone.
Les chars

On atteste que peu d'occurrences de char de guerre mises au jour sur les terres d'Étrurie. Toutefois, le char dit de Monteleone, découvert en 1902, sur le site de Monteleone di Spoleto, dans la province de Pérouse en Ombrie, confirme l'emploi de ce type de machine de guerre au sein de l'ost militaire étrusque,[352],[353],[354],[355],[356],[357]. D'autre part, l'identification et l'analyse du véhicule offensif, permettent de l'attribuer au 2e quart du VIe siècle av. J.-C. (-575 / -550), autrement dit celui-ci appartient à la période archaïque de la civilisation étrusque[352],[353],[354],[355],[356],[357]. Outre sa destination guerrière, l’artefact étrusque aspecte également une vocation funéraire. De fait, ce dernier était incorporé au sein d'une sépulture, associé à « συμπόσιον / sympósion » composé de différents objets de vaissellerie et d'apparat, dont notamment des buccheri neri et des ouvrages artisanaux confectionnés en terracotta, auxquels sont adjoints des statuettes forgées et coulées dans du bronze. Par conséquent, la lecture des indices archéologiques concourent à accréditer ladite sépulture au groupe typologique des tombes dites à char. Il s'agit d'un char muni de deux roues comportant chacune rayons mesurant environ 131 cm de long pour 209 cm de large et 51 cm de haut. Le véhicule destiné à des offensives promptes et massives observe une mise-en-œuvre artisanale d'influence grecque, hybridée d'une inspiration phénico-orientalisant[352],[353],[354],[355],[356],[357]. On note en particulier une représentation d'un personnage qui incarnerait probablement Achille. Par ailleurs, l'analyse de sa composition met en évidence l'utilisation et le recours à 3 types matériaux : le bronze travaillé par technique de laminage, l'ivoire, ces deux derniers étant également pourvus d'éléments sculptés en bas-relief. On atteste également la présence d'éléments manufacturés au moyen d'un constituant arborifère[dn],[352],[353],[354],[355],[356],[357].


Bien que cette pièce à caractère belliqueux se présente à maints égards comme étant l'une des œuvres les plus conséquentes et les plus notables de la production industrielle étrusque, des fouilles archéologiques effectuées à la fin du XIXe siècle av. J.-C. et du début du XXe siècle av. J.-C. au cœur du territoire étrusque, ont mis en évidence la présence de quelques autres véhicules de ce type. Ces chariot, également découverts en contexte funéraire, aspectent des formes plastiques gréco-phénicennes identiques à celles dont est pourvu le char de Monteleone. Par ailleurs, ces derniers se distinguent par un système de locomotion en tous points analogues à celui de Monteleone di Spoleto : de facto, ils sont dotés de roues, dont les jantes sont constituées de métal, et comportant chacune 4 rayons. La lecture du corpus étruscologique permet d'attester l'existence d'ouvrage de charronnerie retrouvées au sein de tombes à char à « Velx » ; « Pufluna » ; Orvieto ; « Veis » et « Cisra »[358],[359],[360],[361],[362],[356].

En contre-point, au sein de la « koinè » étrusque, les chars manifestent d'une représentation essentiellement sportive (c'est en particulier le cas sous le biais des « ludi circences »), et élitiste. Ce dernier trait culturel se concrétise notamment au travers du contexte funéraire étrusque. L'oppulence des artéfacts composant les viatiques des sépultures étrusques concrétisent une destination personnages de haut rang hiérarchique et/ou social[363],[364],[365],[366],[356].

Autres machines de guerre

Hormis les quelques chars extraient du sol étrusque, la documentation archéologique et littéraire ne dispose que de peu d'éléments probants qui feraient état de l'utilisation dispositifs d'ingénierie de guerre. De surccroît, les seuls arguments réellement solides indiquant l'emploi de type de machines de guerre autres que le char, se matérialisent au travers de la « koinè » et de la politique tarquinienne à Rome[367],[368]. À ce titre, un passage de l'œuvre de Tite-Live Ab Urbe condita libri met en lumière cette composante historiographique :

« (...) À cette première classe, Servius adjoignit deux centuries d'ouvriers qui servaient sans porter d'armes, et étaient destinés aux machines de guerre »

— Tite-Live, Livre I, 12, Ab Urbe condita libri[368].

Sous cet angle, l'évocation livienne pourrait suggérer qu'il y ait eu un apport issue de la culture militaire étrusque prise dans son ensemble. En parallèle, au travers de quelques évocations antiques et de rares occurrences matérielles, il est possible de concrétiser au sein du domaine militaire étrusque un recours tardif à des engins d'assaut et d'offensive terrestre tels que des tours de siège. On note cependant l'emploi fréquent de structures mobiles mettant en jeu un attèlement de chevaux caparaçonnés, dès le Ve siècle av. J.-C.[369],[370],[371],[372],[373].

La flotte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Flotte étrusque.

Économie[modifier | modifier le code]

« Le commerce fut dès l'origine une activité économique essentielle de la civilisation étrusque. Outre les produits agricoles et les minerais, les Etrusques exportaient des produits manufacturés. »

— Jean-Marc Irollo, Histoire des Etrusques, 2010, page 73[6].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : agriculture étrusque.

Aucun document écrit direct[374] concernant l'agriculture étrusque ne nous est parvenu, mais l'archéologie atteste bien l'intérêt porté par les Étrusques à l'agriculture, comme en particulier la découverte d'un bronze votif, représentant un laboureur (IVe siècle av. J.-C.) provenant d'Étrurie septentrionale connu sous le nom « Statuette du laboureur d'Arezzo »[375] et conservé au Musée national étrusque de la villa Giulia[376].

Seule la comparaison avec les règles des agronomes grecs et romains et l'analyse des instruments agricoles qui ont été retrouvés lors de fouilles, soit en reproduction miniature dans les tombes étrusques, ou reproduits sur des vases (une série d’outils, de faux et surtout de charrues) nous éclairent sur la méthode de travail du paysan étrusque et nous permettent de déduire les étapes et périodes pour travailler la terre : labourage, semailles, désherbage, terre tassée autour des racines, houement, extraction des plantes malades, transport des gerbes de blé, battage, vannage, récolte des chaumes, mise en meules de la paille, brûlage des chaumes. Leurs productions concernent les céréales mais aussi la vigne dont ils maîtrisent la greffe, pour le vin qu'ils exportent, les olives tardivement, les fibres textiles pour le lin et les toiles des navires, la viande de leur cheptel, mais leurs fruits et légumes nous sont pratiquement inconnus[377].

Néanmoins à Tarquinia, les fouilles ont mis en évidence des restes de graines et de fruits minéralisés et carbonisés. Les espèces répertoriées appartiennent essentiellement à des plantes comestibles. Les restes carbonisés comportent des céréales, légumineuses, figues et raisin et les restes minéralisés des plantes médicinales ou utilisées en condiment comme entre autres les graines de pavot, melon, persil, céleri et romarin[378].

Un artisanat novateur et industrieux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : industrie étrusque.

L'industrie du textile[modifier | modifier le code]

À l'instar des éléments conçus dans un matériau organique tels que le bois, les artéfacts fabriqués au moyen de fibres textiles demeurent relativement peu nombreux au sein du corpus étruscologique et dans la plupart des cas on les retrouvent associés à des éléments d'armure[379].

L'activité artisanale du textile des étrusque relève d'une précocité et d'un développement industriel éloquents. Dans le cadre chronologique stricto sensu, on a ainsi estimé que les premières productions d'étoffes datent de la fin de l'âge du bronze récent (c'est-à-dire au cours du Xe siècle av. J.-C. et du IXe siècle av. J.-C., période proto-etrusco-villanovienne[380].

Seuls, les nombreuses découvertes d'outils manufacturés à partir de matière osseuse animale ou non-organique[du], tels que les pesons[381], attestent de la dimension et de la portée économiques du secteur textile au sein de l'artisanat étrusque[380],[382].


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Les découvertes étruscologiques relatives à l'artisanat du textile ont permis d'appréhender le recours à deux types de matériau fibreux : le lin, à fibre à caractère végétale et la laine, fibre à déterminant animal. Les investigations archéologiques entreprises au début des années 1970 aux alentours de « Tarchna », ont mis en évidence des tissus confectionnés en fibres de lin[384],[380],[385].

Le domaine économique du textile étrusque se caractérise notamment par la confection d'objets luxueux et ostentatoires[386], tels que des parures dont les trame filés sont affectées de « points sergés de type 2/2 »[387].

D'autre part, à l'image des différents produits issuent de l'artisanat étrusque, les étoffes provenant des ateliers d'Étrurie se singularisent par d'importantes exportations, notamment dans les territoires campaniens d'occupation falisque[388], à Rome[388],[389], mais également au sein des civitas celtes d'Italie septentrionale et outre-alpines[382].

L'industrie du bois[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Mobilier étrusque et Habitat étrusque.

L'artisanat du bois étrusque se manifeste essentiellement sous l'aspect de produits tels que les navires commerciaux et/ou militaires[390],[391] ; mais également dans la confection de tonneaux à vin[392] ; les atéfacts de mobilier, tels que des kinés, des fauteuils[393], des tables[394], des coffres à vocation funéraire[395] ou encore comme composants à la fabrication de trépieds[391],[394],[396] ; d'éléments d'édifice et d'habitat, tels que des poteaux[397],[398],[399],[400] ; ou encore utilisés sous forme de simples rondins destinés à l'acheminement de blocs de pierre taillée ; et enfin comme combustible nécessaire à l'élaboration de objets métalliques. D'autre part, les fouilles archéologiques réalisées sur le territoire étrusque ont également mis en relief l'utilisation de matériel boisé concernant la fabrication d'objets d'équipement de guerre, dont notamment des clipeus (sorte de large bouclier aspectant une forme ronde)[dw],[401],[402],[403],[404] et de machines de guerre, dont essentiellement les chars[dx][405]. On admet par ailleurs que ce type d'industrie trouve son origine de manière précoce. Des indices archéologiques d'artéfacts de nature boisée recueillis au cœur des couches sédimentaires de l'Étrurie concourrent à démontrer que l'exploitation et la mise-en-œuvre de matériaux arborifères remontent à l'époque villanovienne I (autrement dit : au cours du Xe siècle av. J.-C. et IXe siècle av. J.-C.)[406].

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Le travail de la pierre : Un savoir-faire au service d'un secteur économique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Architecture étrusque.

Le sous-sol de l'Étrurie ne comporte pas une richesse minérale manifeste. Toutefois cette déficience en matériau de taille nécessaire à l'édification, est contrebalancée par un savoir-faire architectural et artisanal (concernant les bas-relief) significatif. Cette constante préfigure et met en perspective une ingénierie de la pierre acquise et compétente. En témoigne, les nombreux de systèmes de voirie[eb] terrestres [412],[413],[414],[415] ou fluviales[416],[417], et les techniques avant-gardistes utilisées en terme d'excavation rocheuse et d'élevation architectural[418], mais également la remarquable production de tombeaux et d'ex-voto funéraires ouvragés de pierre. Sous cet angle, le travail de la pierre procède d'un réel statut d'industrie et d'un secteur économique clairement défini[412],[419],[413],[420],[421].

L'industrie de la pierre est fondée sur une exploitation pertinente de gisements géologiques à sédimentaires qui sont déployés sur l'ensemble des terres étrusques. Ces carrières se présentent en abondance sur le sol étrusco-toscan, nord-campanien, mais également dans la zone septentrionale du Latium et ponctuellement au sein de la plaine du Pô. De natures et de caractéristiques minéralogiques variées, les matériaux qui en sont extraits manifestent globalement d'une grande qualité de plasticité et d'utilisation, tant en termes d'élévation architecturale[422],[423],[424],[393], qu'en termes de mise-en-œuvre de statuaire[425] et de fabrication de produits domestiques (tels des objets de vaissellerie notamment) ou encore de biens d'équipement et d'outillage (tels que des tours de potier et des meule à aiguiser ou moudre le grain)[425],[426],[427].

Les étrusques extraient, industrialisent et commercialisent ainsi six principaux types de matériel rocheux : le tuf à déterminant volcanique ; le marbre, (et tout particulièrement le marbre blanc de Carrare) ; la pierre d'Albâtre ; la pierre fétide ; la calcarénite[428] ; et le grès.

Industrie et commerce des terres cuites : la poterie étrusque[modifier | modifier le code]

Terracottas[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Terracotta (matériau).
Céramiques[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : Céramique étrusque, Impasto (poterie) et Bucchero.

Au sein des terres étrusques, l''expertise céramologique confirme l'importance et l'ampleur que revètent les productions d'artéfacts confectionnés à base de terre à caractère argileuse cuite. De ce domaine propre à la manufacturation par cuisson, la production de l'impasto et celle du bucchero nero en incarnent les 2 essentielles protagonistes. L'industrie et le commerce des céramiques se révèle être l'une des pierres angulaires de l'économie étrusque. En raison de la multiplicité des contacts culturels et/ou commerciaux à l'âge du fer, ce type de domaine artisanal de la terre cuite, caractéristique de la production de l'Étrurie « pré » et « protohistorique », procède et manifeste de nombreuses influences, telles que celles de la Grande Grèce, de la culture post-campaniforme[ed][70],[80],[429] issue et spécifique aux peuples osco-ombriens[430] dont la tribu italique des ausones[431],[432],[433], de la « koinè » celtique[434], mais également provenant de la culture gréco-corinthienne[435],[436],[437],[438],[439],[440].

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Le travail des métaux[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Métallurgie étrusque.
Les ressources minières

« Au-delà de la cité que les Tyrrhéniens nomment Populonia, il y a une île que l’on nomme Aithaleia. Elle se trouve à environ cent stades de la côte et doit son nom à la fumée (aithalos) qui stagne en nappe épaisse au-dessus d’elle. C’est que cette île contient un grand gisement de minerai de fer que les habitants extraient afin de le fondre et de le couler ; elle possède une grande quantité de ce minerai. »

— Diodore de Sicile, V, 13,1

Le fait industriel étrusque est essentiellement orienté sur une production métallurgique massive et ancienne[204]. Des éléments archéologiques de contexte chrono-culturel villanovien manifestant d'un processus industriel de fonte du métal ont été mis au jour au sein de couches sédimentaires de l'île de « Pithécussia » (bastion chalcidien en face de Naples), mais également à Cumes. Ces derniers, attestés comme étant issus de l'extension territoriale étrusco-villanovienne de l'île d'« Ilva », aspectent d'une phase industrielle dite de produits semi-finis, tels que des lingots bruts à composé de ferrique[204]. De fait, le sous-sol du territoire étrusque manifeste d'une abondance notable en ressources minières[204].

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Techniques et équipement

L'artisanat métallurgique étrusque se distingue par son acquisition remarquablement précoce de la technique par réduction directe. L'obtention du fer pur via son substrat le minerai de fer, est attestée dès le milieu la période villanovienne, en particulier au sein du massif de la Tolfa[449], et au cours du IXe siècle av. J.-C. / VIIIe siècle av. J.-C. dans la région périphérique septentrionale de « Pufluna »[eh][450],[451].

Outre la technique de purification des métaux par processus de réduction directe, la technologie métallurgique étrusque manifeste également un statut de précurseur au sein de l'Europe antique, dans différents domaines de l'orfèvrerie étrusque. Il s'agit en particulier de procédés tels que l'étamage[452],[453],[454].

Par ailleurs différentes découvertes mettent également en évidence la maîtrise du procédé métallurgique pargranulation par l'or[455],[456],[457],[458],[459].

La production métallurgique
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Les exportations

La conséquence directe de cette industrie est la construction de villes, le défrichage des campagnes, le creusement de ports et de nombreux canaux, (le est navigable dans la presque totalité de son cours)[462], et par suite le commerce principalement par voie maritime.

Production et système monétaires[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Monnaie étrusque et Monnaie de Populonia.
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Culture[modifier | modifier le code]

Arts[modifier | modifier le code]

Article détaillé : art étrusque.
Vase plastique, groupe de Chiusi

L'art produit par cette civilisation est d'une grande richesse. Les Étrusques furent de très habiles artisans et eurent de grands artistes, peintres de fresques dans les tombes, comme celles de Tarquinia par exemple, sur vases, sculpteurs qui réalisèrent de véritables chefs-d'œuvre tant en bronze qu'en terre cuite. Ils furent également d'excellents joailliers, d'habiles métallurgistes. On peut voir leurs œuvres dans les grands musées italiens, comme ceux de Florence, du Vatican ou de Volterra. Mais ce qui gêne l'œil pétri d'esthétique gréco-romaine « classique », c'est la liberté de déformation des corps de l'esthétique étrusque à des fins d'expressivité. L'art étrusque est un art de mouvement.

VIIIe au VIIe siècle av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Pendant une première phase allant du VIIIe au VIIe siècle av. J.-C., l'art étrusque s’inspire d' expressions orientalisantes avec l'importation d'objets en provenance d'Egypte et de Phénicie[464]. Les pièces d'orfèvrerie à filigrane, poussière et granulation de fabrication locale sont inspirées de modèles étrangers[465] . La technique du bronze se développe avec la production de trônes, sièges, boucliers, miroirs et laminé bosselée pour décoration de chars. En céramique, à côté des imitations grecques, prend corps une production originale locale[466] : vases en bucchero, en style italico - géometrique, grands vases avec support, ornés de figures de monstres et animaux[467].

L'architecture des habitations est caractérisée par les premières cabanes circulaires et rectangulaires que l'on trouve représentées entre autres dans les nécropoles du Latium : Tarquinia, Vetulonia, Cerveteri et Populonia. Le modèle rectangulaire plus complexe avec une toiture à double pente, avec loggia et parois externes décorées[468]. L’architecture funéraire du VIIe siècle av. J.-C. voit la création de tombes à fosse à caméra ou à couloir. Initialement ces tombes sont de modeste dimension, puis comme à Cerveteri prennent la forme de tumulus recouvrant des tombeaux à couloir. Les chambres à thòlos dont la couverture en forme de coupole est à base de blocs ou plaques de pierre[467].

L'architecture « à voûte » est utilisée pour les monuments funéraires, ponts et portes comme à Volterra, Cortone et Pérouse[469]. Le temple étrusque parfois de type périptère (entouré de colonnes), présente une face ouverte d'accès à l'intérieur, trois côtés fermés en brique ou pierre. Son toit en bois est orné de festons (antepagmenta[470]), antéfixes et statues ronde-bosse en pierre cuite peinte. Comme le montre la reconstitution d'un type de temple étrusque au musée de Villa Giulia de Rome, son toit pouvait accueillir des statues-acrotères des divinités[467].

La sculpture, caractérisée par la série de canopes de Chiusi, cippes et le lion ailé de Vulci appartient à la période orientalisante étrusque[467].

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VIe au IIe siècle av. J.-C.[modifier | modifier le code]

La structuration de la société étrusque et la multiplication des échanges font émerger de nouvelles techniques artistiques. En particulier la peinture connaît un développement spectaculaire : de la décoration des tuiles, elle obtient un statut décoratif et s'applique sur les vases et les fresques[471]. L'apogée de l'art étrusque se situe à la fin du VIe siècle av. J.-C. avec la construction d'arches et cippe en pierre de Chiusi, les sarcophages en terre cuite et les statuettes en bronze comme la Chimère d'Arezzo. Les plaques en pierre des frises des temples sont décorées[472] de de motifs végétaux, géométriques, scènes fantastiques (monstres ailés) ou de la vie quotidienne : courses de chars, cavaliers, cortèges, combats et banquets. Des scène mythiques décorent les frontons[467].

Au Ve siècle av. J.-C. les Étrusques connaissent de graves crises politiques et militaires, et leur art en subit les conséquences. La production artistique diminue, à l'exception des bronzes de Vulci[473]. Le classique domine au IVe siècle av. J.-C. avec les terres cuites du temple de Faléries et le bronze du Mars de Todi. Pendant cette période se développe la portraiture, culminant au Ier siècle avec le bronze de L'Arringatore. Dans la plastique en terre cuite, le portrait a un caractère plus populaire et vivace comme le témoignent les figures des sarcophages (obesus Etruscus)[467]. Dans la peinture et la sculpture prévalent aussi bien le goût orientalisant décoratif de la tombe Campana de Véies que l' archaïque des tombes peintes de Tarquinia (tombe des Taureaux, des Lionnes, des Augures, de la Chasse et Pêche). Néanmoins les thèmes de la vie quotidiennes sont essentiellement étrusques (Jeux d'athlètes, spectacles de jongleurs, chasse, pêche, particularités des vêtements et du mobilier, instruments de musique, scènes de banquets parfois en compagnie de divinités et démons d'autre tombe. Au début du IVe siècle av. J.-C., le dynamisme de l'art s’atténue et les thèmes abordés sont désormais l'Adès et les épisodes guerriers de l'épopée italique (tombe François)[467].

Les artistes étrusques restent inconnus à l'exception du sculpteur Vulca, originaire de la ville de Véies mentionné par les auteurs classiques comme Pline l'Ancien qui cite Varron[474] ou Tite-Live[475]. Celui-ci aurait travaillé à Rome [476] pour le dernier roi de Rome étrusque, Tarquin le Superbe, et créa pour lui une statue de Jupiter en terre cuite pour le temple de Jupiter Capitolin (en latin : Aedes Iovis Optimi Maximi Capitolini) de la colline capitoline, et probablement la statue d'Apollon de Véies[477].

La peinture funéraire étrusque du IIIe et IIe siècle av. J.-C. avec une recherche de type impressionniste révèle une forte influence helléniste. Le cycle de la peinture étrusque s'achève probablement avec la tombe des Festons de Monterozzi dont le nom provient du décor uniquement orné à festons de la tombe. L'acculturation conséquente de la romanisation fait disparaître le pouvoir politique des Étrusques et leur traits culturels sont assimilés par les Romains[467].

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Langue, écriture et système numéral[modifier | modifier le code]

Transcription du texte du cippo perugino

La langue étrusque n'a jusqu'à présent pas pu être rattachée de façon satisfaisante à un groupe identifié, et a pu ainsi être classée comme appartenant à un groupe pré-indo-européen ou proto-indo-européen : on aurait plutôt tendance à dire aujourd'hui que l'étrusque n'appartient pas au groupe des langues indo-européennes[478]. Depuis le IXe siècle, il existe une théorie qui propose de l'apparenter au rhétique, un idiome non-indo-européen des Alpes orientales qui présente des similitudes avec l'étrusque, mais on ne possède que trop peu de sources écrites valables pour établir de manière significative un lien concret avec la langue étrusque. Ainsi que peut être mise en relief cette ambiguïté concernant le dialecte étrusque, l'historien et linguiste Gilles Van Heems affirme :


« De fait, si l’on met à part les études spécifiquement diachroniques, qui ont permis de définir les traits particuliers de l’étrusque « archaïque » et la mise en évidence, très tôt, de la frontière graphique, mais aussi linguistique, entre les régions septentrionales et méridionales de l’Étrurie, rares sont les étruscologues qui ont emprunté la voie dialectologique ; et ils l’ont toujours fait dans des contributions brèves et centrées sur quelques points particuliers. Au contraire, les savants ont tous souligné l’uniformité ou l’unicité linguistique de l’étrusque et, dans une mesure comparable, quoique cela n’ait pas freiné, au contraire, les études dialectologiques, des langues italiques marquant une différence très nette avec le domaine grec du Ier millénaire. Or c’est là un fait qui ne nous étonne peut-être pas assez, nous modernes, habitués que nous sommes à des langues hautement standardisées. L’uniformité linguistique apparente doit en effet apparaître comme une « anomalie », dans la mesure où toute langue obéit à un mouvement naturel de différenciation dans le temps, dans l’espace ainsi que, « verticalement », en fonction du locuteur. »

— Gilles Van Heems[130].


Il existe un corpus, soit un ensemble d'inscriptions en langue étrusque conservées jusqu'à ce jour, dûment répertoriées et provenant pour la plupart d'entre elles de Campanie, du Latium, de Falerii et Faliscus, Véies, Caeré, Tarquinia et alentours, mais aussi d'endroits plus éloignés, hors de l'Étrurie, et avec lesquels celle-ci entretenait d'étroits rapports diplomatiques ou commerciaux : ce qui deviendra à l'époque romaine la Gallia Narbonensis (la Narbonnaise), mais aussi la Corse, la Sardaigne et l'Afrique du NordCarthage était souveraine[479].

La seule langue attestée avec laquelle on ait trouvé une parenté avec l'étrusque est celle qui fut parlée dans l'île de Lemnos, avant l'invasion athénienne (VIe siècle av. J.-C.), où des stèles ont été trouvées, comportant des inscriptions rédigées dans une langue proche de celle utilisée par les Étrusques.

Ces différentes approches au niveau linguistique, nous laisseraient supposer un postulat d'antériorité de la présence des étrusques dans l'Europe du Sud par rapport à celle des celto-italiques; en regard de ces derniers, les Étrusques étaient donc indigènes à l'Italie et se seraient par la suite "celto-italisés" dans leur langue d'origine par le biais du commerce et du contact culturel[480].

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L'instrumentum archéologique scriptural étrusque est également riche d'une documentation matérielle dite ex-voto. En témoigne l'épigraphie de syntaxe étruscophone accompagnant l'artéfact statutiforme surnommé L'Arringatore, lequel a été mis au jour en 1556, sur un site localisé dans l'agglomération de Pérouse, en Ombrie. Cette inscription met en évidence le prééminence encore vive du pouvoir politique des romains de substrat ethnique étrusque à la fin du Ier millénaire av. J.-C.[481]. En l'occurrence, l'épigraphie de l'Orateur est une dédicace consacrée à un magistratures cursus honorum[er][481],[482], dont voici la lecture la plus récente[483] :

« Auleśi meteliś ve vesial clenśi cen flereś tece sanśl terine tuθineś χisvlicś »

Par le biais d'une analyse linguistique de cette inscription simultanément honorifique et votive, les deux premiers éléments syntaxiques figureraient le sujet du dédicace, et par conséquent, le patronyme du hiérarche dont la statue a été érigé. En l'occurrence, il s'agirait de « Auleśi meteliś », c'est-à-dire : Aulus Metelus, en latin. En regard des deux éléments centraux, « tece sanśl » de la présente syntaxe étrusque, on peut également noter que lieu de son élévation pourrait très probablement se concrétiser par toponyme dusite de rituel sacré de « Tece Sans »[482], soit en étrusque : « tece sanśl »[484].

Alphabet

L'alphabet étrusque est dérivé d'un alphabet grec lui-même dérivé de l'alphabet phénicien et a inspiré l'alphabet latin, comme leur système de numération à base 10 simplifié fut utilisé par les Romains[485]. Le tableau ci-dessous présente les alphabets étrusques archaïque et classique, ainsi les lettres équivalentes dans les alphabets grec et latin (quand elles existent) et la prononciation reconstituée :

Étrusque
archaïque
Étrusque
classique
Équivalent
grec
Équivalent
latin
Prononciation
A Alpha A [a]
B Bêta B [b]
C, Gimel EtruscanC-01.png, Gimel Gamma G [g]
D Delta D [r], [d]
E E Epsilon E [e]
EtruscanF-01.png Digamma [v], [w], [u]
Z Z, Long-branch Oss.png Zêta Z [z], [ts]
EtruscanH-01.png EtruscanH-01.png, EtruscanH-02.png Êta H [h]
Earth symbol.svg, Sun symbol.svg Phoenician teth.png, Sun symbol.svg Thêta [th]
EtruscanI-01.png EtruscanI-01.png Iota I [i]
EtruscanK-01.png EtruscanK-01.png Kappa K [k]
EtruscanL-01.png EtruscanL-01.png Lambda L [l]
EtruscanM-01.png EtruscanM-01.png Mu M [m]
EtruscanN-01.png EtruscanN-01.png Nu N [n]
Cercle noir 100%.svg Sun symbol.svg, Cercle noir 100%.svg Omicron O [thi], [u], [o]
EtruscanP-01.png EtruscanP-01.png Pi P [p]
Phoenician sade.png, Rune-Eh.png Rune-Dæg.png San [ch]
EtruscanQ-01.svg EtruscanQ-01.svg, Phoenician qof.png Koppa Q [q], [phi]
EtruscanR-01.png EtruscanR-01.png, EtruscanR-02.png Rhô R [r]
EtruscanS-01.png EtruscanS-01.png Sigma S [s]
EtruscanT-01.png Long-branch Ar.png Tau T [t]
EtruscanV-01.png EtruscanV-01.png, Waw Upsilon V [u]
EtruscanX-01.png Chi X [ch]
Φ Φ Phi [phi]
Ψ Ψ Psi [khi]
EtruscanF-02.png F [f], [fh]
Numération étrusque

La numération étrusque est un système numéral adapté de la culture grecque attique et qui fut transmise en grande partie à la civilisation romaine. Leur système est à base 10, les Étrusques écrivent IIII pour 4 (comme cela subsiste sur les cadrans d'horloge). La pratique de la soustraction jusqu'à 3 chiffres est courante et ils écrivent 17 (ci-em zathrum : 3 ôté de 20), 18 (esl-em zathrum : 2 ôté de 20), 19 (thun-em zathrum : 1 ôté de 20). Les nombres (jusqu'à 100) ont été retrouvés écrits sur les sarcophages pour exprimer l'âge du mort : II +++↑ (lecture de droite à gauche) pour les 82 ans du mort sur un sarcophage du Musée archéologique national de Tarquinia.

Les 6 premiers chiffres, reconnus par leur présence sur les dés étrusques[486] (à jouer ou à divination) qui comportait les chiffres de 1 à 6 suivant leurs symboles (comme les nôtres), et qui dans la langue étrusque s'écrivaient en toutes lettres : θu, zal, ci, huθ, maχ et śa (pour 1, 2, 3, 4, 5 et 6).

Et la valeur des suivants par les opérations reportées : mach + zal = sept ; thu + huth = sept ; ci + ša = sept.

Étrusque - décimal - symbole - romain
θu 1 I I
maχ 5 Λ V
śar 10 + puis X X
muvalχ 50 L
? 100 C or Ж C

(Les caractères employés ici pour représenter les formes anciennes des chiffres sont empruntés à diverses écritures, par ressemblance. Le tracé réel des caractères ne peut être directement reproduit ici.)

Religion[modifier | modifier le code]

Philosophie religieuse[modifier | modifier le code]

Antéfixe étrusque représentant le dieu-fleuve Achéloos, IVe siècle avant notre ère.

La vie quotidienne des Étrusques était empreinte de religiosité, au point que Tite-Live a écrit qu'ils tenaient « plus que toute autre nation à l'observation des rites religieux[487] ». Ils suivaient des rites bien précis, consignés dans les différents traités de la Disciplina etrusca consacrés à la divination, aux cultes de fondation des cités et de consécration des sanctuaires, au monde d'outre-tombe, aux limites de la vie et au destin usant du bornage sacré.

Mythologie étrusque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : mythologie étrusque.

La mythologie chez les Étrusques est née de la révélation faite aux hommes par la nymphe Bégoé, ou Végoia, et le génie Tagès. La première était liée à la fertilité et les rituels (consignés dans un traité) dépendaient de celle-ci. Le second passait pour être un enfant chauve, enfant-vieillard, sorti d'un sillon de la terre. Cette révélation, aux dires des anciens, a été consignée dans le corpus des livres sacrés, sous le nom de Disciplina etrusca.

Le panthéon étrusque.[modifier | modifier le code]

Divinité étrusque Nom grec Nom latin Fonction(s)
Tinia / Tina Zeus Jupiter dieu de la lumière, roi des dieux et maître des Cieux
Uni Héra Junon reine des dieux, sœur et femme de Tinia
Velch Héphaistos Vulcain dieu du feu et des métaux, fils de Uni
Turan Aphrodite Vénus déesse de l'amour, de la beauté, de la fécondité et de la santé
Nethuns Poséidon Neptune dieu de la mer, frère de Tinia
Turms Hermès Mercure dieu du commerce, des marchands et protecteur des voyageurs
Laran Arès Mars dieu de la guerre
Maris Demeter Cérès déesse de l'agriculture
Aritimi / Artumes Artémis Diane déesse de la chasse et de la virginité
Apulu / Aplu Apollon Apollon dieu du Soleil et de la lumière, frère jumeau de Aritimi
Menrva Athéna Minerve déesse de la fureur guerrière, de la sagesse et des arts
Fufluns Dionysos Bacchus dieu du vin et de la fête
Usil Hélios Sol dieu du soleil

Rites funéraires[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]
Article détaillé : Rite funéraire étrusque.
Têtes de canope de Chiusi

De l'urne-cabane de l'âge du fer, à l'urne biconique villanovienne contemporaine, à la tombe à ziro intégrant le canope de Chiusi avec son couvercle anthropomorphe, puis aux sarcophages architectoniques à bas-reliefs mythologiques, qui ensuite deviennent figurés avec leurs couvercles sculptés exposant le mort voire le couple en banqueteurs, tous ces rites montrent la durée de la civilisation étrusque depuis la fin des temps préhistoriques jusqu'à la période romaine, avec l'évolution des rites passant de la crémation à l'inhumation, puis retournant à l'incinération. (voir également les tombes à pozzetto, les tombes à volta et à camera (en forme de maison) et les tombes à tramezzo (à cloison). Les tombes sont le plus souvent regroupées en nécropoles.

Sites remarquables des nécropoles[modifier | modifier le code]
Principaux[modifier | modifier le code]
La Via degli Inferi, entrée de la nécropole de Banditazccia.
La Tomba Ildebranda à Sovana.
Secondaires[modifier | modifier le code]
Prato 
Nécropole de Prato Rosello
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Colle di Val d'Elsa 
Site de la frazione Dometaia
Marzabotto, Émilie-Romagne
Mevaniola, Émilie-Romagne

Politique et société[modifier | modifier le code]

La cité étrusque est dirigée à l'origine par un roi puis à partir du Ve siècle av. J.-C. elle est administrée par une gouvernance de type aristocratique. La société étrusque est divisée en deux classes : esclaves et maîtres. Les traces archéologiques recueillies ne montrent aucune évolution au cours des siècles même si l'on peut supposer l'apparition au VIe siècle av. J.-C. d'une classe moyenne composée d'artisans et de marchands travaillant pour leur propre compte. L'état était organisé seulement en apparence, la lucumonie était dirigée par des riches oligarques à qui obéissaient les esclaves et les paysans (pénestes) et la dodécapole par le zilath (sans pouvoir réel)[494]. Les rois (lucumons) et les aristocrates (principes) se réunissent annuellement lors du conciclium etruriae à l'endroit sacré (Fanum Voltumnae) pour discuter des affaires militaires et politiques, et pour choisir également un zilath mechl rasnal (gouverneur), élu pour une année. Les caractéristiques du pouvoir des rois étrusques sont décrites par l'historien grec Denys d'Halicarnasse dans le récit qu'il fait de la conquête de l'Étrurie par Rome, sous le règne de Tarquin l'Ancien :

« une couronne d'or, un trône d'ivoire, un sceptre avec un aigle sur le pommeau, une tunique de pourpre incrustée d'or et un manteau pourpre brodé, tels que les rois de Lydie et de Perse le portaient sur eux.... cela semble avoir été une coutume tyrrhénienne pour chacun des rois dans sa cité, qu'il fût précédé par un licteur, un seul, portant une hache avec un faisceau de baguettes; et lorsqu'il y avait une expédition commune des douze cités, on remettait les douze haches à un seul homme, celui qui avait reçu le pouvoir souverain. »

— Denys d'Halicarnasse, Antiquités romaines, Livre III, 61, 1-2[495].

Des inscriptions citent les noms de ces magistratures, « purthi », « zilath », « maru » correspondant aux édiles, préteurs et questeurs romains. Les magistrats constituent une catégorie de la société civile étrusque puissante et attachée à ses prérogatives et ses privilèges délibérant dans une sorte de sénat, la seule assemblée politique de l'état étrusque. Les magistrats choisissent parmi eux les principes élus annuellement. Ceux-ci peuvent se substituer au roi, et, assistés d'une série de magistrats assumer les fonctions de dirigeants. Les religieux jouissent d'une participation directe au gouvernement. Le peu d'informations que nous connaissons proviennent des épigraphes. De nombreuses insignes du pouvoir du roi étrusque sont adoptées par l'état romain afin de designer le pouvoir des magistrats supérieurs, consuls et prêteurs : la couronne d'ivoire le sceptre orné de l'aigle, la tunique et le manteau en pourpre brodé d'or. Les licteurs, à l'origine gardes du corps du roi portent sur l'épaule l'insigne de son pouvoir de châtiment, le faisceau, chaque roi de la ligue étrusque en possède un. Le roi fonde son pouvoir politique sur une classe aristocratique de riches propriétaires terriens qui font cultiver leurs terres par des serfs privés de tout droit politique[494].

Aux yeux des grecs, deux aspects caractérisent la société étrusque : le rôle de la femme qui contrairement à la Grèce participe activement à la vie sociale et le luxe exubérant du mode de vie des classes dirigeantes fortement conditionné par l'importance du banquet et la liberté des mœurs.

« Les Tyrrhéniens élèvent tous les enfants qui viennent au monde, ne sachant de quel père est chacun d’eux. Ces enfants vivent de la même façon que leurs nourriciers, passant la plupart du temps en beuveries et ayant commerce avec toute les femmes indistinctement. Il n’y a point de honte pour les Tyrrhéniens à être vus eux-mêmes faisant en public un acte vénérien ni même le subissant, car cela aussi est une mode du pays. Et ils sont si loin de regarder la chose comme honteuse que, lorsque le maître de maison est à faire l’amour et qu’on le demande, ils disent : "il fait ceci ou cela", donnant impudemment son nom à la chose. Lorsqu’ils ont des réunions, soit de sociétés, soit de parenté, ils font comme ceci : d’abord quand ils ont fini de boire et sont disposés à dormir, les serviteurs font entrer auprès d’eux, les flambeaux encore allumés, tantôt des courtisanes, tantôt de fort beaux garçons, tantôt aussi leurs femmes ; lorsqu’ils ont pris leur plaisir avec eux ou avec elles, ce sont des jeunes gens en pleine force qu’ils font coucher avec ceux ou celles-là. (...) Ils ont certes beaucoup de commerce avec les femmes mais se plaisent toutefois beaucoup plus avec les garçons et avec les jeunes hommes. Ceux-ci sont dans leur pays tout à fait beaux à voir, parce qu’ils vivent dans la mollesse et ont le corps épilé »

— Théopompe, Histoire, livre XLIII.

Les défunts sont souvent représentés sur les couvercles des sarcophages comme s'ils participaient au symposium, étendus sur le caractéristique lit triclinaire adopté par la suite par l'élite romaine[494].


La famille étrusque est composée du père et de la mère vivant souvent avec les enfants et les neveux. Cette structure est reproduite dans le placement des lits et des chambres dans les tombes. Certains degrés de parentés nous sont connus grâce aux inscriptions reportées dans les tombeaux: papa' (grand-père), ati nacna (grand-mère), clan (fils), sec (fille), tusurhtir (époux), puia (épouse), ruva (frère) et papacs (neveu)[496]

La femme étrusque[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Femme étrusque.
Vélia Spurinna (fresque de la Tomba dell'Orco).

La femme étrusque jouit sans doute d'une considération et d'une liberté plus grande que chez les peuples avoisinants et participait à l'intense activité de la société. Elle « sort » souvent « sans rougir, pour être exposée au regard des hommes »[497], participe aux cérémonies publiques, aux danses, concerts, jeux ; elle préside même parfois à partir d'une estrade appropriée[498],[499]. Parée de tous ses bijoux elle participe aux banquets allongée sur le même klinai que son mari et assiste aux jeux étrusques et aux spectacles. Ce fait scandalise les Romains pour qui etrusca était synonyme de prostituée (décriée également par les Grecs dans la Truphé étrusque).

Des écrits historiques rapportent des faits impliquant des femmes comme Tanaquil[500], Vélia Spurinna et d'autres qui ont des rôles protagonistes.

La mère, avec le père, transmet son nom aux enfants (surtout parmi la classe la plus élevée de la société). Sur les épigraphes le nom de la femme est précédé par le prénom (son nom personnel) comme affirmation de sa propre individualité au sein du groupe familial. Elle possède des biens en son nom en effet les noms propres de femme sont fréquemment gravés sur le vaisselier et les fresques funéraires (Ati, Culni, Fasti, Larthia, Ramtha, Tanaquil, Veilia, Velia, Velka)[501].

Sciences[modifier | modifier le code]

Théurgie en médecine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Divination étrusque.
Le Foie de Plaisance.
Utérus votif étrusque retrouvé au sanctuaire de Tessennano près de Vulci.

La médecine étrusque a probablement reçu des apports Hellènes avec Hippocrate et de la Grande Grèce avec Alcméon de Crotone. La littérature grecque et latine (Hésiode (Théogonie) ; Théophraste (Historia plantarum) ; Pline l'Ancien (Historia naturalis) ; Varron (De re rustica) ; Pline le Jeune (Lettres) et Diodore de Sicile font peu état de la médecine étrusque néanmoins, les restes archéologiques et ex voto permettent d'affirmer que celle-ci tenait une place importante dans la société[502]. Cette médecine était de type théurgique et de nombreuses divinités étaient invoquées comme Tinia, Uni, Laran, Menrva, Turan. Les fouilles archéologiques ont mis au jour des sanctuaires où l'on a trouvé des reproductions anatomiques et les étruscologues en ont déduit que les « fidèles » sollicitaient en échange d'offrandes la guérison de la partie malade qui était reproduite soit en cire ou en plâtre et déposées au sanctuaire auprès du dieu vénéré[503],[504]. Le diagnostic de la maladie était le fruit de l'appel aux oracles et aux prodiges et l'observation comme la foudre, le vol d'oiseaux, le tirage au sort de jetons ou de plaquettes l'observations de fumées et le détail des viscères d'animaux sacrifiés déterminaient aussi le traitement. Le rituel religieux était composé de suppliques, prières, invocations, processions, sacrifices d'animaux par l'intermédiaire de l'haruspice[505]. D'après l'Etrusca disciplina, recueil romain des textes de référence des pratiques religieuses et divinatoires étrusques, la vie humaine atteignait au maximum 84 ans, divisée en douze fois sept ans et tant que l'être humain n'avait pas atteint dix fois sept ans, il pouvait conjurer le destin par des rites propitiatoires. Les haruspices étrusques exerçaient leur art divinatoire en examinant les viscères d'animaux sacrifiés (mantique) : rate, vésicule biliaire, chœur, intestin, poumon et surtout le foie (hépatoscopie). Diverses représentations d'haruspices examinant le foie nous sont parvenues ainsi que des foies en bronze et terre cuite avec des détails anatomiques précis à partir de modèles ovins. L'haruspicine à joué probablement un rôle indirect dans la connaissance anatomique et morphologique de certains viscères même si l'évaluation du volume, du système nerveux et de la lobation obéissait uniquement à des impératifs divinatoires[502].

Les temples où se pratiquaient les rites afin d'obtenir la grâce divine étaient les lieux destinés à la prière et au culte. À cet effet les fidèles apportaient des offrandes afin d'être entendus par la divinité. Les fouilles effectuées en Campanie et dans la zone etrusco-latiale comme à Tessennano (Viterbe), ont mis au jour de nombreuses terre cuites architectoniques et votives. La plus grande partie des ex voto sont de type anatomique et datent du IVe – IIIe siècle av. J.-C.[506] et peuvent être mis en rapport avec la sanatio c'est-à-dire la demande de l'intervention divine ou encore de la suscepto, c'est-à-dire le remerciement divin[506]. Les parties anatomiques représentées sont des membres et des organes (sains ou malades?). Il y a des objets votifs représentant des organes génitaux masculins et féminins demandant la fertilité aux dieux[507]. La connaissance de l'anatomie des Étrusques est en partie due aux haruspices qui à travers l'analyse des viscères croyaient comprendre le message divin et prévoir l'avenir. En effet, au moment du sacrifice de l'animal la croyance estimait que le dieu imprimait sur les viscères de celui-ci les informations destinées aux hommes. Il était donc indispensable de connaître la composition intérieure et les déformations de l'organe. Les représentations anatomiques sont en général approximatives[508].

Médecine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médecine étrusque.

Les Étrusques avaient une bonne connaissance de la médecine (anatomie, chirurgie et physiologie)[509]. L'iconographie de la civilisation étrusque fait une part importante à l'anatomie humaine et la morphologie témoigne d'une connaissance de la musculature du tronc et des membres.

La quasi totalité des informations inhérentes aux connaissances médicales de cette civilisation sont le résultats d'hypothèses et déductions sur la base des découvertes archéologiques et ex voto anatomiques de viscères humains et d'animaux. Ceux-ci ne sont pas uniquement une caractéristique de la civilisation étrusque car ils se rattachent à une longue tradition de représentations polysplanchniques de l'antiquité gréco latine[502].

Les fouilles archéologiques ont mis au jour de nombreux sanctuaires où l'on a trouvé des reproductions anatomiques (chœur, poumons, trachée, tube digestif, foie, rate, reins, pieds) attestant de connaissances dans ce domaine[510]. Les étruscologues en ont déduit que les « fidèles » sollicitaient en échange d'offrandes la guérison de la partie malade qui était reproduite soit en cire ou en plâtre et déposée au sanctuaire auprès du dieu vénéré[511].

Des auteurs antiques rapportent certaines caractéristiques de la médecine étrusque, Hésiode dans son œuvre Théogonie, rapporte que les connaissances des Étrusques relatives aux plantes médicinales proviennent de leurs aïeux, les fils de Circé, Agrios et Latinus[509]. Varron rapporte l'existence au mont Soracte d'un collège sacerdotal qui élaborait un médicament anesthésiant[509].

Les Étrusques connaissant les effets bénéfiques des eaux thermales et de leurs propriétés qu'ils employaient dans le soin de nombreuses maladies. Les sources thermales étaient des sanctuaires spécialisés et la possibilité d'accès aux eaux se faisait par étapes selon des rites appropriés comme l'achat préventif des représentations votives des parties anatomiques à soigner (ex-voto anatomique), leur accrochage sur les parois du temple et l'immersion dans les eaux[509]. Scribonius Largus, médecin et écrivain romain souligne l'efficacité de diverses plantes médicinales dont les eaux ferrugineuses utilisées pour les soins de la vessie, et de fait définies comme vescicariae [512]. Les eaux thermales de l'Étrurie par la variété de leurs caractéristiques semblent particulièrement appropriées [513] La terre d'Étrurie servait à la confection d’emplâtres. Les étruscologues ont signalé une abondance des eaux thermales et leur utilisation à grande échelle, néanmoins seuls quelques citations de Strabon d'Horace et de Tibulle, des débris de statues et ex voto témoignent de cet engouement[514].

D'après Théophraste, Dioscoride et Pline L'Ancien, les Étrusques étaient des experts dans la préparation de drogues. Leurs descriptions permettent d'identifier l'hellébore , la ciguë, le colchique, le millefeuille, la typhe angustifolia et latifolia. La résine de pin est utilisée en cosmétique, parfumerie et pharmacie. Le « semen tuscum » est une sorte de poudre de beauté[514].

La thérapie principale étrusque est probablement à base d'herbes et plantes du territoire, néanmoins, la difficulté du dosage ne permet pas de définir la limite entre remède et toxicité[515]. Ovide préconisaitraccomandava le Semen Tuscum pour la cosmétique. Probablement l' épeautre dont la farine était utilisée pour les masques faciales[516].

l'étude philologique a mis en évidence quatre plantes principales. La Nepeta, qui permet l'extraction d'une huile essentielle cicatrisante et qui stimule la circulation sanguine et la digestion[516]. La menthe pouliot, dont les fleurs aident à la digestion et l'activité du foie et dont la tradition populaire lui attribue une régularisation menstruelle et relaxante. En usage externe, elle a de propriétés antiseptiques et antalgiques[516]. L' ajonc, plante laxative et diurétique, le « Mutuka », dont le préfixe «mut» fait penser à deux espèces le ciste et le thym [516] enfin la «Radia», probablement la ronce dont les feuilles et les fruits ont des propriétés astringentes, anti-inflammatoires, diurétiques et servent à soigner les hémorragies internes[516]

Les autres plantes citées par Dioscoride comme étant utilisées par les Étrusques ont toutes une racine indo - européenne : aubépine (sédatif) ; gentiane; arum[516].

À Tarquinia, les fouilles ont mis en évidence des restes de graines et de fruits minéralisés et carbonisés. Les espèces répertoriées appartiennent essentiellement à des plantes comestibles. Les restes carbonisés comportent entre autres les restes minéralisés des plantes médicinales ou utilisées en condiment comme entre autres les graines de pavot, melon, persil, céleri et romarin[378].

Utérus[517]
Plaque polyviscérale[518],

En chirurgie, les Étrusques pratiquaient la trépanation crânienne et la prothèse dentaire en or comme mis en évidence sur certains restes humains et sur des terres cuites[519].
La circoncision était usitée et les pièces archéologiques représentant des organes anatomiques mettent en évidence de nombreux organes internes comme le cœur, les poumons, le foie, ainsi que des utérus contenant étrangement à leur intérieur une petite boule qui pourrait être la plus ancienne représentation de la vie intra-utérine de l'histoire[520]. Parmi les pièces archéologiques trouvées lors de fouilles figurent de nombreux outils chirurgicaux ainsi que de nombreuses représentations dans les tombes et les trousseaux funéraires. Les instruments chirurgicaux trouvés sont majoritairement en bronze, parfois en fer. On distingue des outils de cautérisation à pointe lanceolata (longueur environ 20 cm): ces instruments une fois chauffés étaient appliqués sur les tissus afin de cautériser les plaies et arrêter les hémorragies[521]; le couteau (longueur environ 6 cm) sorte de bistouri à lame arrondie pour les incisions ; des petites pinces lisses pliées en oblique par rapport aux branches (longueur moyenne 15 cm) servant à l'extraction de corps étrangers comme les échardes et os brisés [521] ; les sondes, dont une extrémité est en forme d'olive et l'autre à spatule ou cuillère (longueur 15 cm environ)[521] ; la tenaille (longueur entre 30 et 50  cm) permettait entre autres l'extraction dentaire ou les corps étrangers. Le « Thumi» (longueur 15 cm environ) est un instrument en bronze, une extrémité en forme de demi-lune et l'autre sous forme de poignée plate[521]. Néanmoins, la datation, l'origine de ces outils et leur usage ne fait pas consensus. En effet, cette instrumentation évoluée, comparable à celle des Grecs et de Romains peut être aussi bien issue d'une fabrication locale ou importés en Étrurie. Sur les squelettes des nécropoles, les étruscologues ont retrouvé des membres fracturés, ayant fait l'objet de soins d' Orthopédie, En effet ceux-ci sont recomposés et ressoudés, le patient ayant survécu pendant de nombreuses années après l'intervention[522].

Les Étrusques étaient d'habiles transformateurs de métaux et ont utilisé dans le cadre de l' odontologie les techniques du travail de l'or afin de créer des prothèses dentaires qui sont encore visibles aujourd'hui dans les crânes retrouvés dans les nécropoles[523].Deux types d’appareillages ont été retrouvés sur des maxillaires, les contentions et les ponts fixes afin de remplacer les dents absentes ou à éviter la version des dents bordant une zone édentée. Diverses pièces archéologiques sont conservées au Musée archéologique de Florence (Contention dite «de Chiusi» et contention dite «de Populonia»), au Musée archéologique de Tarquinia. (contention de Tarquinia datée du IVe siècle av. J.-C.), au musée universitaire de Gand (contention d’Orvieto)[524] et au Public Museum de Liverpool[525],[526]. Les dents devant remplacer les manquantes étaient maintenues par des ponts en or et étaient obtenues à partir d'ivoire animal ou humain parfaitement adaptées à la mâchoire du patient[524]. Selon Mario Tabanelli, elle dénote d'une influence phénicienne[527].

Les Étrusques étaient experts dans le domaine de la prévention car ils donnaient beaucoup d'importance à l'hygiène personnelle, à leur alimentation, à l'activité physique et à l'entretien de leur cadre de vie dont l'aménagement faisait partie de leur priorité œuvrant continuellement dans la bonification des marécages et le contrôle des cours d'eau auprès desquels étaient bâties les cités par la construction de galeries dotées de plaques de plomb perforées permettant le drainage de l'eau dans les endroits où elle pouvait stagner et contribuer à la formation d'agents pathogènes[528],[529]. Il savaient construire de conduites d'eau, amener l'eau potable et évacuer les eaux usagées. La « Lex Regia » de Numa Pompilius aurait une origine étrusque et la tradition rapporte que Tarquin le Superbe fit construire la « Cloaca maxima » par des hommes venus d'Étrurie[530].

Musique et danse[modifier | modifier le code]

Dans le domaine musical, les étrusques emploient notamment l'aulos[es], un instrument à vent en bois également attesté chez les grecs et les romains[533],[534] , et rappelant, de par sa forme et son utilisation, le hautbois[535],[536],[537],[538],[539].

Les instruments de musique à caractère harmonio-vibratoire, tels que des lyres, des cithares et des harpes, ou encore du type aero-vibratoire, tels que le plagiaulos, la flûte de Pan (ou syrinx)[540], la flûte d'albâtre, et le cor munis d'une anche[394] sont également représentatifs de l'art musical étrusque[394],[541].

Le peuple étrusque détient également de la paternité du buccin. Cet instrument à percussion, proche du tambourin est utilisé à des fins guerrières : le rythme musical produit par les joueurs de buccin se présente comme un signe à caractère belliqueux[394],[537],[536]. D'autres instruments à percussions sont attribués à l'art musical étrusque, notamment : le tintinnabulum, le tympanum et le crotale[542]. Leur air musical syncopé s'harmonise particulièrement avec les cessions de « terripudium » (une danse effectué à trois temps[542].

Hormis le tripudium, d'autres types de danses « sautées », au cours desquelles se produisent des danseurs qui sont appelés ludions. Il existe aussi un style de danse étrusque dite « au pas glissé »[et]. Enfin, les danses bachiques, dont les représentations apparaissent sous la forme de peintures murales dans la Tombe du Triclinium et celles de la tombe des Bacchants, affichent des couples de ludions qui réalisent des figures s'apparentant à des courses Silènes et de Ménades[543],[542],[544].

Les différentes exécutions d'arts musicaux, de même que celles des arts gestuels, lyriques et ceux de la danse, figurent comme parties intégrantes des ludi (ou spectacles de jeux et épreuves sportives) étrusques[545],[546],[547].

Jeux et sports[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ludi.
Trois dés[548]
Joueur de cottabe, v. 510 av. J.-C., musée du Louvre

Comme beaucoup d'autres rites et traditions grecs importés par les Étrusques, puis transmis en grande partie aux Romains, parmi les jeux les plus connus, les ludi, par leur représentation sur les fresques des tombeaux, les scènes des vases a figure nere ou rosse, les objets qui nous sont parvenus. On notera particulièrement le lancer de gouttes de vin sur le kottabos, l'askôliasmos, un jeu d'équilibre sur une outre en peau gonflée d’air et huilée, le jeu de l'Empuse, les jeux du cirque[549] (chevaux et pugilistes[550] du Grand cirque de la vallée Murcia, organisé par Tarquin l'Ancien), celui de la balle (episkyros ou harpastum), les dés étrusques

Souvent ces jeux étaient des rites sacrés, destinés aux célébrations funèbres[551], comme la boxe[552].

Postérité et héritage culturel[modifier | modifier le code]

Au cours du Haut-Empire Romain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Apports des Étrusques aux Romains.

Rome, qui sous Auguste fait de l'Étrurie la septième région d'Italie, subit fortement leur influence, qui perdure dans les institutions, les modes de vie, la langue, les goûts, l'amour du luxe, du faste et des banquets, la danse et la musique. Les goûts étrusques sont attestés par les peintures de leurs tombes, quoique ces dernières nous renseignent surtout sur ceux des classes aisées, c'est-à-dire sur les goûts d'une minorité de la population. L'empereur Claude est lui-même un spécialiste de la culture étrusque.

Les dieux romains, que beaucoup pensent être empruntés aux Grecs, sont en réalité empruntés aux Étrusques. Ainsi, les Étrusques vénèrent Menrva, déesse armée, Tinia, dieu puissant du ciel, Turan, déesse de la puissance féminine, les Tinias Clenar, fils jumeaux de Tinia, ou Hercle, fils de Tinia à qui furent imposés des travaux. Ces dieux qui ne sont pas représentés avant que les Étrusques ne rencontrent les Grecs et leur Panthéon sont donc issus de l'iconographie grecque pour représenter les divinités étrusques qui gardent leur originalité (ils n'ont ainsi pas les mêmes histoires). Les Étrusques transmettent ensuite leur Panthéon (noms et iconographies) aux Latins (qui ont surimposé ce Panthéon à leurs propres divinités antérieures). C'est pour cela que les dieux romains sont Minerve, Jupiter, Hercule… et non Athéna, Zeus, Héraclès… Seuls Bacchus et Apollon sont des emprunts directs au Panthéon grec car il n'y avait pas de divinité préexistante équivalente dans la tradition étrusque.

La Triade capitoline romaine (Jupiter/Junon/Minerve), marqueur culturel romain à qui de nombreuses villes romaines on bâti un temple à triple cella est aussi issue des Étrusques, chez qui ce type de temple est courant. Celui de Rome aurait été inauguré, selon la tradition, en -509, première année de la République après l'expulsion des rois étrusques. Ce qui permet de déduire qu'il fut commandé et construit sous la domination étrusque de la Ville.

D'autres symboles, très fortement romains, comme le siège curule des sénateurs romains, sont directement empruntés aux objets de pouvoir étrusque. Il s'agissait d'un siège pliant pour char, privilège aristocratique.

Au Moyen Âge italien[modifier | modifier le code]

À la Renaissance italienne[modifier | modifier le code]

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Bien que la mémoire des anciens Tusci réapparaisse sporadiquement dans les chroniques de la fin du Moyen Âge, c'est à la Renaissance que des études se portent sur les témoignages du monde étrusque. Ainsi, lorsqu'Annius de Viterbe découvre des sarcophages étrusques, ce dominicain s'arrange pour que lors d'une partie de chasse organisée en 1493 pour le pape Alexandre VI, le souverain pontife tombe « par hasard » sur une tombe étrusque et dégage les fonds pour poursuivre les recherches. De Viterbe publie à Rome en 1498, un recueil intitulé Antiquitatum variarum (it) et consacré notamment à la civilisation étrusque qu'il relie aux Hébreux mais l'érudit Joseph Juste Scaliger montrera la fausseté de ce recueil[554].

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Le 15 novembre 1553, une statue de bronze est découverte dans la ville d'Arezzo lors de la construction de fortifications des Médicis à la périphérie de la ville. Cette Chimère d'Arezzo est immédiatement revendiquée par le grand-duc de Toscane Cosme Ier[555]. Une autre découverte fortuite, L'Arringatore[ey], a lieu en 1556, près de Pérouse[556],[557]. Il s'agit d'une sculpture de typologie artisanale étrusque et attribuée tournant du IIe siècle av. J.-C. et du Ier siècle av. J.-C.[ez]. Cette statue ouvragée en bronze est accompagnée d'une inscription en langue étrusque sur le pan inférieur droit de sa toge[481],[482].

Au cours de la renaissance italienne, et plus particulièrement au cinquecento toscan, l'héritage culturel du peuple étrusque semble également se répercuter sur les formes d'idéologies politiques et philosophiques. Dans l'un de ses ouvrages de critique d'historiographie antique, le « Variarum lectionum libri : commentaires sur les auteurs antiques »[fa], le philologue et humaniste florentin Piero Vettori (1499 - 1585), détermine un parallèle entre l'organisation politique et territoriale de l'Étrurie et celle de la Toscane du XVIe siècle[242]. Ainsi, selon l'auteur italien, le système politique et organisationnel étrusque préfigure et impacte de manière indirecte, la logique oligarchique florentine, et plus globalement toscane, à l'époque du quattrocento et plus incidemment, à celle du cinquecento. D'après Piero Vettori, le mode de fonctionnement gouvernemental étrusque, basé sur la structure dite des lumniones[fb], lesquelles sont subordonnées aux dodécapoles étrusques, trouve un écho indubitable au sein de la politique de gouvernance oligarchique et contemporaine de ce dernier. L'historiographe explique et définit, au travers du seul exemple de la cité Toscane de Florence[fc] et à l'instar d'autres villes d'importance telles que Venise, ou encore Rome, la concordance et l'unité culturelles existant entre ces deux périodes distantes de 18 à 24 siècles[242].

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Époque moderne[modifier | modifier le code]

Étruscomanie et étruscologie[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Étruscomanie et Étruscologie.

Le savant écossais Thomas Dempster rédige entre 1616 et 1619 le traité De Etruria Regali, un des premiers ouvrages d'étruscologie[563].

Au XVIIIe siècle, l'Italie et l'Europe connaissent un véritable engouement pour les Étrusques, l'étruscomanie (Etruscheria en italien). Le siècle des Lumières s'alimente du goût des antiquités, et du modèle universel, autant moral qu'esthétique. Ceci est d'autant plus encouragé par l'engouement de nouvelles découvertes archéologiques recherchées par les adeptes du Grand Tour en Italie, en plus de la contemplation des vestiges de Rome. Le romantisme s'en empare également et naît le style étrusque.

Proche de la ville moderne de Tarquinia, les archéologues mettent au jour depuis le XIXe siècle, sur le site de Monterozzi, une importante nécropole de plus de 6 000 tombes. À la fin du XIXe siècle, le médecin italien Isidoro Falchi identifie la cité étrusque de Vetulonia.

À l'époque des Lumières, au début du XVIIIe siècle, l'historien français Nicolas Fréret (1688 - 1749) fut l'un des pères fondateurs de l'archéologie française étruscologique moderne. Ce dernier s'oppose notamment à son pair et homologue italien Stephano Rossi, en proposant une interprétation différente concernant les origines ethniques des étrusques[564],[565],[566]. Après avoir appréhender des études et analyses effectuées sur des instrumenta de facture artisanale étrusque mis au jour en contexte funéraire en Italie padanne, le spécialiste français corrobore les éléments receuillis à un probable substrat ethnique issu de la Méditerranée orientale[567],[568],[569],[570],[571],

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Muséographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ou Tuci, en Latin.
  2. C’est-à-dire Tyrrhéniens ou Tyrsènes , en grec ancien.
  3. Il s'agit d'un élément sépulcral mis au jour en 1845 par l'archéologue italien Giampietro Campana et extait du site de la necropoli della Banditaccia, à Cerveteri, région italienne du Latium[1].
  4. D'après Jean-Marc Irollo dans son ouvrage Histoire des Étrusques, « l'époque villanovienne est la préhistoire des Étrusques »[3].
  5. D'après l'ouvrage publié par Jean-Marc Irollo "Histoire des Étrusques : l'antique civilisation toscane, VIIIe-Ier siècle av. J.-C."[5],[6],[7].
  6. Ces douze cités-états sont également dénommées le Dodécapole étrusque, dans le domaine spécifique de l'étruscologie[5].
  7. Notamment sur le côte orientale de la péninsule ibérique ; en Gaule méditerranéenne (tel que le site protohistorique de Lattara au VIe siècle av. J.-C. et Ve siècle av. J.-C.[12],[13],[14],[15]) et sur le littoral ligure[16],[17],[18].
  8. C'est-à-dire les souverains romains : Tarquin l'Ancien, Servius Tullius et Tarquin le Superbe.
  9. Frère de Tarquin l'Ancien.
  10. Selon Hérodote et également Virgile dans son œuvre l'Énéide : les deux premiers rois légendaires d'origine lidyo-tyrrhénienne et fondateurs des 12 cités-état étrusques[19],[20].
  11. Roi tyrannique de « Cisra » au cours du VIIe siècle av. J.-C.[21].
  12. Très probable souverain étrusque ayant régné sur la cité-état de « Cisra », en témoigne une dédicace épigraphique portée sur l'une des lamelles de Pyrgi et corroborant son existence[22].
  13. Roi étrusque de « Veis » au cours du Ve siècle av. J.-C..
  14. Ce « zilath » est également connu sous le nom de « Thebris », selon la transcription effectuée à partir de l'étrusque[25].
  15. Famille princière et mécène qui pourvoya 3 « ziltath », à « Aritim », selon Suétone[26],[27].
  16. Lignée monarchique de « Tarchna » ayant régnée sur la cité-état étrusque du VIe siècle av. J.-C., dont on connait notamment par le biais des anciens et de témoignages archéologiques : « Larth Spurina »[28] ; « Velthur Spurinna », son fils[29] ; « Avle Spurina », le neveu de ce dernier[30].
  17. Dont on connait essentiellement : « Larth Tolumnies » (ou Larti Tolumnii, selon la construction phono-linguistique[31]), « zilath » ayant régné sur la cité étrusque véienne au cours du Ve siècle av. J.-C. et mort en -438 ou -426, selon les sources archéologiques et historiographiques[32],[33].
  18. Plus précisément : les celtes de culture golaseccienne.
  19. Gravure issue du recueil d'antiquités égyptiennes, étrusques, grecques et romaines ; manuscrit rédigé en 1756.
  20. Analyse et interpétation effectuée d'après le compte rendu rédigé par Maurice Leroy et Albert Grenier et publié en 1950, Les religions étrusque et romaine[37] et plus récemment dans le chapitre d'ouvrage L'origine Lydienne des étrusques, manuscrit par Dominique Briquel et issu du recueil "Histoire de la doctrine dans l'antiquité" (passage : page 95)[38].
  21. Que l'on surnommait également « Le père de l'histoire »[39].
  22. Selon un passage de son œuvre manuscrite Chroniques grecs et romaines, Livre I, paragraphe 30.
  23. Il s'agit d'une Stèle protohistorique attribuée au milieu du Xe siècle av. J.-C. et actuellement conservé et exposé au sein du British Museum of Natural History.
  24. D'après l'ouvrage "Le cavalier tyrrhénien", publié en 2005, rédigé par Natacha Lubtchansky[45],[46]. Il s'agit d'un bas-relief ouvragé en bronze et représentant un jeune guerrier tyrrhénien (probablement issu de la tribu des œnotriens) chevauchant un pégase mythologique. L'artéfact a été découvert incorporé aux contreforts sédimentaires des côtes tyrrhéniennes de la région italienne de Calabre. Plusieurs autres représentations de cavaliers tyrrhéniens ont été mis au jour au sein de cette même zone du littoral italien méridional. Ces multiples découvertes marquent un préalable au cursus artistique dit de l'equitatus préromaine. Ce mouvement de mise-en-œuvre plastique, met en jeu des influences simultanément étrusque, greco-archaïsante et méditerranéo-oriental[47],[48].
  25. Autrement dit le contexte de l'âge du fer européen.
  26. À la fois les occurrences bibliographiques grecques et romaines.
  27. Comme le révèle de multiples occurrences épigraphiques funéraires et/ou ex-voto[41],[50],[38],[10].
  28. Ou encore « Tuscie ».
  29. Une table de synthèse comparative mettant en jeu l'étrusque, le latin et le proto-indo-européen commun, laquelle est réalisée par James Patrick Mallory, dans son ouvrage À la recherche des indo-européens", concrétise de facto l'appartenance non-indo-européenne de la langue étrusque[63].
  30. C'est-à-dire la région italienne de Toscane à l'âge du bronze récent à final[39],[40],[69],[70].
  31. Essentiellement ceux d'Hérodote et de Denys d'Halicarnasse.
  32. Notamment au travers de l'instrumentum funéraire[77], mais également, et dans une moindre mesure, des éléments archéologiques votifs, l'ensemble de ces occurrences abondamment mises au jour dans l'agglomération et le site de Tarquinia et affichant un caractère artisanal villanovien / proto-étusque évident[78].
  33. Cette dernière a été mise au jour dans l'agglomération de Chiusi, en Toscane. Artéfact villanovo-étrusque indexé aux alentours de la fin du IXe siècle av. J.-C. / début du VIIIe siècle av. J.-C..
  34. Cet Objet proto-historique est actuellement exposé au musée Guarnacci, dans la commune de Volterra, en Toscane.
  35. Très probablement des tribus lydiennes, tyrrhéniennes, agrégées à des populations dites de la mer.
  36. Notamment le peuple italiote de lucanii[81].
  37. Autrement dit ce que les historiens définissent par le terme générique de « Grande Grèce »[83],[84],[85],[86].
  38. Autrement dit : le début de l'âge du fer italien.
  39. Lequel a été un comptoir colonial appartenant à la Grande Grèce et fondé par les chalcidiens vers -750. Cet établissement a notamment été une plaque commerciale tournante des échanges entre les proto-étrusques et les grecs.
  40. Soit en terme de datation chrono-culturelle, approximativement : -720 / -580[87].
  41. À l'instar de la Grande Grèce, de la Phénicie, de la cité-état de Tyr, ou encore de Carthage.
  42. Parmi celles-ci, on peut noter en particulier l'abécédaire de Marsiliana[92],[93].
  43. Autrement dit l'alphabet eubéen[94].
  44. Document épigraphique mis au jour à proximité de la commune d,Orbetello, dans la province toscane du Grosseto, vers 700 av. J.-C..
  45. D'un point de vue géostratégique et économique, Rome est située sur la route commerciale étrusque reliant l'Étrurie toscane à l'Étrurie campanienne. Il en résulte que les échanges commerciaux entre les deux de l'Italie protohistorique, en demeurent incidents et raffermis[96].
  46. Ce fait belliqueux a eu lieu soit en , soit en 496 av. J.-C., selon les sources antiques.
  47. Autrement dit en plein cœur de la Rome républicaine.
  48. L'œuvre est une fresque signée par le peintre de la renaissance florentine, Ghirlandaio au Palazzo Vecchio, Florence (1482-84).
  49. Respectivement : et 327 - 304 av. J.-C..
  50. Autrement dit : l'époque de le première guerre samnite.
  51. C'est-à-dire, les positions étrusques en Campanie après la deuxième guerre samnite.
  52. Figure de proue du navire dénommé le "Brennus, actuellement exposé au musée national de la Marine.
  53. Concernant cet événement, il s'agit, nous rapporte l'historien Tite-Live et mis sous la forme de pièce théâtrale par le dramaturge Accius, de la « devotio », ou « sacrifice » du hiérarque et chef militaire Decius Mus (fils de Publius Decius Mus, consul en )[122],[123],[124],[125],[126],[127],[128].
  54. Laquelle a vu se déployer une imposante coalition composée de tarentins, d'épiréens, d'osques et de Samnites et s'opposant aux troupes romaines sous la bannière de Pyrrhus Ier[139],[140].
  55. Localisée à l'emplacement de l'actuelle ville du Viterbe, Santa Maria di Falleri.
  56. Plus précisément, le av. J.-C..
  57. L'édifice romain dédié aux ludi, a été élevé après l'ultime défaite et sans équivoque du carthaginois Hannibal et des armées face aux légions de la cité tibérienne. L'ouvrage d'architecture se trouve actuellement au cœur de l'agglomération de Santa Maria Capua Vetere, anciennement cité étrusque de Vulturnum, non-loin de Capoue. La construction de l'amphithéâtre de Capoue a, de fait, commencée alors que la ville étrusque venait de tomber aux mains des forces militaires romaines l'année précédente, en 212 av. J.-C. et que cette métropole étrusco-campanienne était sous la direction d'un praefectus iure dicundo, délégué du préteur urbain.
  58. Comme en attestent, par exemple, le processus d'acculturation suivant : les aristocrates étrusques qui envoient leurs enfants étudier à Rome.
  59. Autrement dit le droit juridique à la citoyenneté romaine accordé à tous les peuples d'Italie. Cette loi sera finalement introduite et prorogée en 90 av. J.-C. au sénat romain, grâce au consul Lucius Juilius César III[159],[160].
  60. C'est-à-dire, et littéralement, les « nouveaux citoyens libres ».
  61. Comme en témoigne notamment l'attachement de jules César aux prédictions divinatoires des haruspices, fréquemment proches conseiller du général romain, tel que le divin étrusque Caius Spurinna[168].
  62. À ce titre, l'historien et étruscologue Charles Guittard précise que, selon le calendrier étrusque, basé sur l'etrusca disciplina et les textes religieux étrusques, les « Libri Fatales » (ou « Livre des Destins » , le siècle étrusque avait alternativement une longueur de 119 ans, et de 123 ans. L'historien ajoute que :

    « Ainsi, les changements de siècles en Étrurie seraient intervenus en 869, 769, 669, 569, 446, 327, 208, 89, 45 av. J.-C. (en admettant une durée de 119  ans pour le VIIIe siècle) et 19 apr. J.-C. qui marquerait théoriquement la fin du Xe siècle. Ce dixième siècle serait le terme historique assigné à la nation étrusque, le dernier siècle. Il marquerait la fin d'un cycle qui ne connaît ni suite ni renouvellement. Il est difficile de préciser comment cette théorie générale s'appliquait pour chacune des cités constituant la dodécapole étrusque et de décider si cette sombre destinée concernait l'ensemble de la nation. »

    — Charles Guittard, 2007[174].

    .
  63. C'est-à-dire l'espace médian au sein duquel la civilisation étrusque a subi son ethnogenèse et s'est développée[2],[9].
  64. « Velx » étant la cité étrusque géographiquement la plus proche de la ville tibérienne et possédant un accès direct via la voie tibérienne
  65. Celles-ci sont favorables à une agriculture céréalière et viticole et à la production de biens manufacturés en terracotta. Situés auparavent au Nord-Est du territoire étrusque, ces derniers se localisent dans la partie orientale de l'actuelle région italienne de Toscane[182].
  66. Site géologique d'où est extrait et exploité le matériau rocheux micassé éponyme. Site localisé dans les alpes appuliennes, au nord-ouest du territoire étrusco-toscan.
  67. Étendue de basse altitude baignée par la mer Tyrrhénienne. Cette dernière constitue l'une des principales fenêtres d'accès maritimes des étrusques.
  68. Il s'agit d'un volcan gris pourvu d'un sous-sol sédimentaires riche en pierre tuffée.
  69. Tels que le volcan gris dit mont Amiata.
  70. Autrement dit celui du VIIIe siècle av. J.-C. et du VIIe siècle av. J.-C..
  71. Ici une carte représentant la zone géographique initiale de l'Étrurie. Celle-ci correspond peu ou prou à l'aire de diffusion de la culture villanovienne vers la fin du Xe siècle av. J.-C. et début du IXe siècle av. J.-C..
  72. La zone d'extension maximale des terres d'élection du peuple étrusque apparaissant ici en rouge. On peut observer sur ce document géographique les frontières avec les territoires des peuples voisins (italiques, celto-italiotes, rhètes et ligures), au sein de la péninsule italienne, au cours du 1er âge du fer européen.
  73. Plus précisément : les celtes de culture golaseccienne.
  74. Autrement dit en plein cœur de la Rome républicaine.
  75. C'est-à-dire l'organisation politique territoriale également appelée : Dodécapole étrusque.
  76. Tel que le IV de Tite-Live[213],[214],[215],[216],[217].
  77. On notamment mis au jour un fanum au sein du site archéologique de « Velzna », appelé le bois sacré étrusque de Voltumna ou Fanum Voltumnae[218],[213],[214],[215],[216].
  78. Autrement dit : le bois sacré et place publique de la cité-état étrusque de « Velzna », où se tenait les assemblées de lucumoniae[223] également dénommées par l'historien romain Tite-Live « Concilium Totus Etruriare ».
  79. Les récentes études archéologiques confrontées aux textes littéraires anciens, mettent en évidence un possible processus d'acculturation des populations autochtones de la plaine padane, de la campanie, de l'Ombrie et du Latium, lors de l'expansion territoriale étrusque, laquelle relèverait plus d'un phénomène de colonialisation que d'une réelle emprise territoriale et sans équivoque[232],[233].
  80. Lequel est un concept administratif et politique également propre à l'antiquité romaine[235],[234],[236],[237] et grecque (Hérodote, Livre I, paragraphe 145[238] et Diodore de Sicile , Livre XV, paragraphe 49[239],[240]).
  81. Ou, autrement dénommé : l'« Etrusca Disciplina », c'est-à-dire l'art de divination étrusque pratiqué par les haruspices et appliqué à la fondation d'une cité[243],[244].
  82. En l'occurrence ce point de vue souligne le dispositif technique mise-en-œuvre par les architectes et artisans étrusques. On relève par ailleurs la mise en place de blocs de pierre taillés soumis à une structure en appareillé.
  83. Laquelle est associée au complexe urbain étrusque de « Cisra ». Le caveau mortuaire étrusque est dénommé la Tomba Dei Capitelli.
  84. Ou encore « Zilach », le suffixe « -ch- » étant parfois privilégié dans la transcription linguistitique par certains spécialistes de l'étrusque, ou des étruscologues, tels que l'historien Alain Hus[255],[256],[257].
  85. L'inscription procède d'un cadre et d'un contexte religieux. Concrètement, cette dernière a été mise au jour lors des fouilles d'un temple étrusque dévolu à la déesse égyptienne étruscoïsée Astartée, à Pyrgi.
  86. Lesquelles sont au nombre de trois.
  87. Laboratoire de l'École Normale Supérieure d'histoire, archéologie, épigraphie et tradition de l'antiquité.
  88. La cité-état proto-historique étrusque de Tarquinia est également appelée « Tarchuna », en dialecte étrusque[266],[267].
  89. Cité-état étrusque également dénommée « Velc » ou encore « Velx », en langue étrusque.
  90. Ou, moins probblement, Bolsena selon Clarissa Bizzarri et Simonetta Stopponi[268],[269],[270],[271].
  91. Cité étrusque où l'on a notamment mis au jour un artéfact à caractère artisanal étrusque dit la tabula Hebana. Ce dernier aspecte la forme d'une tablature portant des inscriptions épigraphiques qui recensent les différents édiles romains de la période monarchique qui ont gouvernés le pôle politique et proto-historique de « Heba » depuis l'époque de la prééminance étrusque, jusqu'au cours de la république romaine[228].
  92. La statue dite A de la Casa Nocera est une sculpture en ronde-bosse, de type anthropomorphique d'étrurie campanienne. Cet artéfact est daté aux environs de la fin du VIIe siècle av. J.-C. / début du VIIe siècle av. J.-C.. La statue à vocation funéraire a été mise au jour dans les années 1930, au sein de la nécropole princière de Casa Nocera, dans l'agglomération de Casale Marittimo, une commune italienne située en Toscane. Elle est actuellement conservée au Musée archéologique nationnal de Florence, aux côtés de son homologue la statue B de Casa Nocare[273],[274].
  93. Mentionnée par Annius de Viterbe, la cité étrusque de l'époque archaïque, pourrait s'être précisémment localisée de 5 à 8 kilomètres au Nord de l'actuelle ville du Latium méridionale. À cet effet, des fouilles archéogiques réalisées dans les années 70 par une équipe d'archéologues suédoise, ont mis en évidence des vestiges funéraires et urbanistiques d'origine étrusque à Acquarossa [275],[276],[277],[278],[279].
  94. Laquelle est actuellement exposée dans l'enceinte du Musée archéologique de Capoue, Ombrie.
  95. cours d'eau artificiel percé et creusé par les étrusques padanes au cours du VIe siècle av. J.-C.. La cité-état est également dénommée « Hadria », en dialecte étrusque. Les différentes occurrences du corpus archéologique attestent que la cité-état de la région italienne de Vénétie est fondée au cours du VIe siècle av. J.-C. par les étrusques. Selon le géographe grec Strabon, le toponymie du pôle urbain portuaire aurait, par effet de déclinaison linguistique, contribué à la création du terme grec « Adrias », l'équivalent de l'élément adverbial de la mer éponyme : Adriatique[N 1],[280],[281].
  96. Ce complexe urbain est signalé par des vestiges de fortification, des sépultures groupées et des taxons de vignoble étrusque. L'ensemble de ces éléments, attribués à une période s'étalant du VIe siècle av. J.-C. jusqu'au IVe siècle av. J.-C., se développent au sein d'un territoire compris entre Cesena, Forli et Forlipompoli[282],[283],[284].
  97. À la fin des années 80, l'ancienne ville étrusco-padane a fait l'objet de fouilles archéologiques, lesquelles ont été notamment menées par l'achéologue italien Raffaele Carlo De Marinis[285],[286],[287].
  98. Mentionnée et évoquée à plusieurs reprises, l'origine et la fondation de l'antique ville étrusque de « Melpum » sont toutefois portées à caution par de nombreux archéologues et historiens. De facto, aucun élément matériel n'est venu accréditer et corroborer le postulat selon lequel « Melpum » fut une ville appartenant à l'Étrurie padane[290].
  99. Précédemment grecque, la cité padane fut refondée par les étrusques au cours de la période archaïque étrusque. De nombreux éléments archéologiques tendent à confirmer l'hypothèse selon laquelle la ville étrusque a été investie par des tribus celtiques (dont notamment les lingons) au cours du IIIe siècle av. J.-C.[294],[295],[296],[297],[298].
  100. C'est-à-dire les eubéens et les chalcidiens.
  101. Ici le musée archéologique à ciel ouvert Henri Pradès, localisé dans l'agglomération de la commune de Lattes, dans le département de l'Hérault.
  102. À l'image du plomb de Chamalières, dont les caractères appartiennent à l''écriture gauloise.
  103. Lequel est propre aux peuples grecs d'Italie du Sud.
  104. Ce dernier relève d'une culture simultanément étrusque, grecque et celte.
  105. Il s'agit d'une roche marbière blanche à texture fine et possédant une très forte densité granulométrique.
  106. Cette même volonté d'assoir une prééminence sur les mers méditerranéo-occidentale, est également appelée « thassalocratie étrusque ».
  107. Par assimilation à la diffusion de la « koiné » grecque commerciale et culturelle, la « thassalocratie étrusque », est un terme historiographique qui désigne l'expansion territoriale, culturelle et commerciale étrusque au travers de nombreux établissements coloniaux au cours du VIIIe siècle av. J.-C., VIIe siècle av. J.-C., VIe siècle av. J.-C. et Ve siècle av. J.-C.
  108. Telles que la Sardaigne, la Sicile et la Corse.
  109. Il s'agit d'un avant-poste de la cité-état étrusque d'« Aritim » dont les éléments ont été réemployés[336].
  110. Plus rarement, les boucliers étrusques sont fabriqués en bronze[338].
  111. Cet élément hoplitique porte, sur sa ventrière, une représentation de Achille combattant Priam[346].
  112. Les étruscologues confirment également la présence, au sein des troupes étrusques, de scutum, autrement dit un bouclier, également affecté d'une forme ronde, dont le centre est composé de bois et dont le pourtour est cerclé de fer. Cet élément défensif est probablement hérité des colonnes grecques[347],[348].
  113. Satuette en bronze attribuée au (Ve siècle av. J.-C.).
  114. Acrotère à figure de fantassin étrusque, mis au jour dans l'agglomération de la commune de Cerveteri, au sein du faubourg de Vigna Marini-Vitalini. Artéfacts attribué aux environs de 510 av. J.-C., ouvragé en terracotta. Ses dimensions sont les suivantes : 60 cm de hauteur, pour 12 8 cm de largeur. D'après le numéro d'inventaire « HIN 25A » du musée de Carlsberg Glyptotek à Copenhague.
  115. Laquelle est assignée au IVe siècle av. J.-C., début IIIe siècle av. J.-C..
  116. Ces derniers sont issus d'une stèle située dans la nécropole de Palazzone.
  117. Cet ouvrage sculpté apparaît sur l'une des parois latéral d'un coffre funéraire étrusque.
  118. Ce composant étant une matière périssable, les parties ouvragées à partir de ce dernier manifestèrent d'une quasi-absence lors de la mise au jour du char de Monteleone. Par conséquent, afin de le conserver et de l'exposer dans toute son intégralité, les restaurateurs chargés de la réfection de l'œuvre, procédèrent à une reconstitution partielle au moyen de bois non d'origine.
  119. Au sein du département des arts antiques grecs et romains, galerie 170, numéro d'inventaire : 03.23.1. Références techniques et muséographiques du M.E.T. de New-York[352].
  120. C'est-à-dire : correspondant à l'époque archaïque de la civilisation étrusque.
  121. Celle-ci est d'influence gréco-phénico-orientalisante du garde-corps / bastingage appartenant au char de Monteleone, avec la possible incarnation de l'Achille troyen.
  122. Il s'agit d'un modèle de barque mis au jour à Cerveteri (commune localisée au Nord-Ouest de la Campanie), au sein nécropole de Monte Abatone. Ce navire de petite est indexé aux environs de la 1re moitié du VIIIe siècle av. J.-C.. Ses dimensions sont les suivantes : hauteur de 4,9 cm ; longueur de 43,1 cm ; largeur de13 cm. D'après le numéro d'inventaire 185 de la Bibliothèque nationale de France, département des Monnaies, Médailles et Antiques.
  123. [1].
  124. Il s'agit d'un modèle de barque mis au jour à Cerveteri (commune localisée au Nord-Ouest de la Campanie), au sein nécropole de Monte Abatone et extraite d'une stèle inventoriée A dans la chambre funéraire de gauche. Cette barque est attribuée au VIIe siècle av. J.-C.. Ses dimensions sont les suivantes : hauteur de 4,5 cm ; longueur de 44 cm ; largeur de 16 cm. D'après le numéro d'inventaire 87955, musée national cérétain, à Cerveteri.
  125. Généralement la céramique, l'argile et la terracotta.
  126. Pièce exhumée en 1782 en Émilie-Romagne[383]. Ici, l'artéfact est exposé au Château des Sforza, lequel abrite l'une des ailes d'exposition du musée archéologique de Milan. Cet artefact est accompagné des pesons d'origine, lesquels sont fabriqués en terracotta.
  127. Dans le cas de la manufacturation des boucliers ronds spécifiques à l'équipement logistique et militaire des étrusques dit clipeus, le bois se voit surtout utilisé pour la partie composant l'âme de l'élément défensif.
  128. On note cependant que le recours à un élément arborifère concerne notamment les parties constituant les caisses de char.
  129. Il s'agit d'une Œuvre monumentale étrusque attribuée au VIe siècle av. J.-C.. Les éléments constitutifs de l'architrave et des colonnes ont étant composés de bois (matériau périssable), ceux-ci ont subi une restauration au moyen d'une essence arborifère non-originelle.
  130. Reconstitution d'ouvrage conçue dans une essence boisée qui n'est pas d'origine.
  131. Celle-ci porte une inscription épigraphique mise en relief au moyen d'une application à l'encre noire.
  132. Lesquels ont été réutilisés en réemploi de routes commerciales romaines.
  133. Sur ce calice est représenté Charun combattant Achille, artefact attribué au IVe siècle av. J.-C..
  134. Ce faciès chrono-culturel correspond, peu ou prou, à la culture dite d'Eboli ou la fin de la culture de Laterza.
  135. Ces lieux d'altitude moyenne sont situés entre « Cisra » et « Tarchna », au sein des monts Apennins centraux, dans le Nord du Latium.
  136. Lesquels sont situés non-loin des monts de la Tolfa. Les monts Titano ont également fait l'objet d'exploitation minière de la part des étrusques.
  137. Ce massif à caractère volcanique est localisé à proximité de Portoferraio, au sein de l'île d'Elbe. De ce site naturel, les étrusques ont extraits des quantités massives de minerai de fer, nécessaire à la production de produits manufacturés et semi-finis.
  138. On atteste que le site d'extraction métallifère de « Pufluna » est devenu le plus important lieu minérifère du territoire étrusque, au cours du Ve siècle av. J.-C.[5].
  139. Œuvre du XIXe siècle av. J.-C., représentant un fondeur étrusque spécialisé dans le domaine de la manufacturation d'armures[460].
  140. Artefact obtenu par la méthode dite de dépôt de granules d'or.
  141. Il sagit d'un vestige archéologique de miroiterie de provenance étrusque. Attribué IVe siècle av. J.-C..
  142. Note d'inventaire : Collection Borgia, specchio con scena erotica, IV sec ac. 27672.
  143. L'artefact est confectionné en poterie fine et recouverte d'une mince couche de feuillure dorée, obtenue par procédé d'étamage. Pièce de type bucchero.
  144. Celle-ci a été obtenue par technique dite de granulation d'orfèvrerie.
  145. Il s'agit d'un pendentif figurant une tête d'Achéloos attribué au Ve siècle av. J.-C..
  146. Il s'agit d'un pendentif. On concrétise, par le biais des textes antiques romains et quelques substantiels découvertes archéologiques, que cet accessoire d'apparat serait d'origine étrusque[458],[459],[457].
  147. Ouvragée en or (actuellement conservée au Museo Gregoriano Etrusco[461].
  148. C'est-à-dire un magistrat romain élevé au plus haut rang de l'administration publique romaine[481],[482].
  149. En Étrurie, cet instrument de musique est également connu sous le nom de « phorbeia »[531]. L'objet prend aussi le nom d'« auloidia »[532].
  150. Ce genre de danse est par exemple représentée sous la forme d'une fresque peinte dans la Tombe des Lionnes.
  151. Ici une danseuse figurant dans la tombe des Lionnes de Monterozzi, et exécutant une chironomie.
  152. Il s'agit d'un ouvrage rédigé par l'historien Annius De Viterbe (1432 - 1502), et paru en 1498. C'est également le premier recueil manuscrit en grande partie dédié à la civilisation étrusque[553].
  153. L'original a été mis au jour en 1553, au sein de l'ancienne cité-état étrusque d'Arezzo, en Toscane.
  154. Lequel fut découvert sur le site toscan de Piancastagnaio, dans l'agglomération de Pérouse. Œuvre de mouvance artistique étrusque manufacturée en bronze et indexée au environ de -100.
  155. Terme italien signifiant L'Orateur. Cette dénomination lui probablement été consacrée en raison de sa tenue vestimentaire (en l'occurrence), une toge, mais également de son attitude et de posture générale, indubitablement similaire à celles d'un tribun[481],[482].
  156. Plus précisément en -100.
  157. D'après les recueils biographiques de Salvatore Lo Re, la Tra filologia e politica : une medaglione di Piero Vettori (1532-1543)[558] ; Raphaële Mouren, Biographie et éloges funèbres de Piero Vettori : entre rhétorique et histoire[559] ; Raphaële Mouren, Édition et enseignement à Florence au temps du second humanisme : Piero Vettori et les auteurs classiques (1499-1585)[N 2] ; et le chapitre d'ouvrage rédigé par Raphaële Mouren, La lecture assidue des classiques : Piero Vettorri[560].
  158. Autrement dit : des cités états calquée sur modèle étrusque.
  159. Dont l'oligarque et grand-duc de Toscane Cosme Ier, en est l'un des plus grands architectes[242].
  160. Il s'agit d'une Sérigraphie apparaissant dans l'une de ses œuvres littéraires et éditée au XVIIe siècle.
  161. L'orfèvre italien évoqua abondemment dans ces mémoires autobiographiques la découverte et la facture artistique de l'œuvre étrusque la Chimère d'Arezzo
  162. Ouvrage dont l'artiste toscan aurait effectué la restauration[561], à l'image de nombreux de contemporains italien[562],[561].
  1. Strabon, Géographie, livre VII, V, 9
  2. Thèse de doctorat en philologie grecque, sous la direction du professeur Jean Irigoin, Paris, École pratique des hautes études, section des sciences historiques et philologiques, janvier 2002

Références[modifier | modifier le code]

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  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Irollo 2010, p. 64
  4. Irollo 2010, chap. IV : "Un peuple très religieux", p. 110
  5. a, b et c Irollo 2010, p. 72
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  12. Garcia 2014, p. 26
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