Aller au contenu

Vougeot (AOC)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Vougeot
Image illustrative de l’article Vougeot (AOC)
Vignoble du clos de Vougeot.

Désignation(s) Vougeot
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1936
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Bourgogne
Sous-région(s) vignoble de la côte de Nuits
Localisation Côte-d'Or
Climat tempéré océanique à tendance continentale
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 890 heures (à Dijon-Longvic)[1]
Sol argilo-calcaire
Superficie totale 14 hectares, dont 11 ha en premier cru[2]
Superficie plantée 15,97 ha, dont 13,2 en 1er cru[n 1] (en 2022)[3]
Nombre de domaines viticoles 7
Cépages dominants pinot noir N[n 2] et chardonnay B
Vins produits 65 % rouges et 35 % blanc
Production 572 hl, dont 478 en 1er cru (moyenne 2017-2021)[3]
Pieds à l'hectare min. 9 000 pieds/ha[4]
Rendement moyen à l'hectare 35 hl/ha (moyenne 2017-2021)

Un vougeot[n 3] (prononcé : [vuʒo], « voujo »)[3] est un vin français rouge ou blanc d'appellation d'origine contrôlée produit sur la commune de Vougeot, dans le département de la Côte-d'Or. Il fait partie des appellations communales du vignoble de la côte de Nuits, entre l'aire de production du chambolle-musigny au nord et du vosne-romanée au sud-ouest.

La réputation du vougeot est notamment due au grand cru du clos de Vougeot (ou Clos-Vougeot) qui occupe la majeure partie de l'aire d'appellation du vougeot, et est un des vins les plus prestigieux du vignoble bourguignon. Par ailleurs, le vougeot comprend quatre premiers crus. Le rouge représente approximativement 2/3 de la production du vougeot, et les premiers crus (en rouge et en blanc) en couvrent 85 %[3].

En 1778, Claude Courtépée et Edme Beguillet n'indiquent Vougeot que comme une dépendance de la paroisse de « Gilly-les-Cisteaux » : « Vougeot, beau Village sur la grand'route, qui tire son nom de la Vouge, petite rivière qui l'arrose, & fait aller une belle papeterie. Le Clos de Vougeot à Cisteaux est renommé par l'excellence de ses vins »[5]. En 1816, André Jullien ne mentionne que le clos et pas les autres vignes du village[6].

Carte du vignoble de Vougeot selon le classement de 1861, juste au nord (ici à droite) du clos : la première classe de vins est en rose, la deuxième classe en jaune, la troisième classe en vert[7].

En 1831, Denis Morelot indique que la commune de Vougeot a 52 hectares et 5,35 ares de vignes plantés en noiriens (du pinot noir), ainsi que 17 ha et 52,6 ares plantés en gamays[8] : la première catégorie concerne essentiellement le clos (qui a une surface de 50,9 ha), la seconde les vignes à l'est de la grande route. Le classement de 1855 par Jules Lavalle est plus précis : « En dehors du Clos fameux qui a porté si loin son nom, Vougeot n'offre qu'un vignoble d'importance extrêmement secondaire. Les quelques climats plantés en pinots qu'on y rencontre n'ont qu'une étendue de 14 ou 15 hectares, et, parmi les vins qu'on y récolte, nul ne mérite, pour aujourd'hui au moins, d'être placé au premier rang. Notre classification sera donc ici tout-à-fait facile ; nous aurons : »

  • « hors ligne » : le Clos Vougeot (50 ha et 85,45 a) ;
  • « deuxième cuvée » :
    • la Perrière (un ha planté en pinot blanc) ;
    • la Vigne-Blanche (un ha et 87,95, également en pinot blanc) ;
    • les Petits-Vougeots (7 ha et 60,85 a) ;
    • les Cras (4 ha et 60,95 a)[9].

En 1861, le Comité d'agriculture de l'arrondissement de Beaune, préparant l'Exposition universelle de 1862, met dans sa 1re classe l'intégralité du clos, ainsi que le haut des Petits-Vougeots et une petite partie de la Vigne-Blanche ; en 2e classe figurent la majorité des Petits-Vougeots et de la Vigne-Blanche, ainsi que la partie occidentale des Cras ; la 3e classe compte le restant des Cras. Total pour la commune de « vignes en vins fins » : 62 ha et 32,25 ares[10].

L'appellation d'origine contrôlée (AOC) vougeot est créée par le décret du [11], tandis que le clos de Vougeot n'obtient son AOC qu'avec le décret du [12]. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en octobre 2009[13], puis en novembre 2011[4].

Étymologie

[modifier | modifier le code]

Le nom de l'appellation est celui du village éponyme, Vougeot. Son nom vient de la Vouge, la rivière qui la traverse. La source principale est sur le territoire de Chambolle-Musigny (en contrebas des Hauts Doix), avec une source secondaire intermittente qui est à Vougeot sur le lieu-dit « Les Petits Vougeots », le ruisseau en sortant étant le Vougeot[14], la Petite Vouge ou la Vougeotte[15]. Le nom de la rivière viendrait du celtique vidubia désignant la « forêt », la Vouge traversant la forêt de Cîteaux[15].

Le nom du village (un ancien hameau dépendant de Gilly-lès-Cîteaux) a beaucoup varié au Moyen Âge : en 1167 c'est le cellarium de Voget (dans le cartulaire de Cîteaux, III, fo 80 recto), en 1212 Vouget (cartulaire de Cîteaux, III, fo 137 v°), en 1220 Vogeth (Cîteaux, H 434), en 1227 Voogetum (cartulaire de Cîteaux, III, fo 138 r°), en 1233 Voujoth (Cîteaux, H 494), en 1241 Woeget (Lieu-Dieu, H 1070), en 1251 Vooget (Tart, H 1050), en 1257 Voogot et Voegetum (La Bussière, H 534), en 1270 Veoigettum (Cîteaux, H 441), en 1279 Vooigetum (Saint-Bénigne, H 74), en 1285 Voojot (B 11525), en 1289 Marcellus de Voygeto (Saint-Vivant, H 692), en 1291 Voigetum (Cîteaux, H 494), en 1338 Voiget et Veoiget (B 400, fo 128 r° & v°), en 1357 Voigot (AN, JJ 319, fo 2 r°), se fixant à partir de 1376 sous la forme Vougeot (AN, fo 36 v°), avec une variante « Voulgeot » en 1600 (Cîteaux, H 494)[14].

Aire d'appellation

[modifier | modifier le code]

Le vignoble s'étend sur la partie occidentale de la commune de Vougeot. Il couvre les lieux-dits « Clos de Vougeot », « Les Petits Vougeots » (à l'exception de la parcelle A2-221, qui est boisée), « La Vigne Blanche » , « Les Crâs » (à l'exception des parcelles proches du village) et une partie de « Le Village »[16]. L'appellation jouxte l'appellation chambolle-musigny au nord, les grands crus Musigny et Grands-Échezeaux à l'ouest et l'AOC vosne-romanée au sud.

La surface totale classée dans l'aire d'appellation est de 14 hectares et 90,2 ares (sans compter les surfaces classées comme grand cru), dont 11 ha et 67,92 ares en premier cru[2]. En 2022, étaient en production 11,03 ha pour du vin rouge (dont 9,09 en premier cru), et 4,94 ha fournissant du vin blanc (dont 4,11 en premier cru)[3].

Images externes
Carte de l'aire d'appellation du vougeot, indiquant les différents climats
Cartes cadastrales de l'appellation
Cartes cadastrales des premiers crus
Orthophoto du parcellaire de l'AOC

Le nom de l'appellation sur les déclarations comme sur l'étiquette peut être suivi du nom du climat (lieux-dits)[n 4] sur lequel le vin a été produit. Plusieurs de ces climats sont classés comme premiers crus, à condition de respecter les critères spécifiques fixés par le cahier des charges pour l'ensemble de ces climats. Pour eux, l'étiquette peut porter juste après le nom de l'appellation la mention soit « premier cru », soit premier cru suivi du nom d'un de ces quatre climats, en caractères de la même taille que ceux du nom de l'appellation :

  • « Clos de la Perrière » (couvrant une partie du lieu-dit « Les Petits Vougeots ») ;
  • « Le Clos Blanc » (couvrant le lieu-dit « La Vigne Blanche ») ;
  • « Les Crâs » (couvrant la plus grande partie du lieu-dit reconnu dans l'appellation village, à l'exclusion des parcelles proche du village) ;
  • « Les Petits Vougeots »[4] (couvrant une partie du lieu-dit « Les Petits Vougeots »).

Un autre lieu-dit cadastré peut figurer sur l'étiquette, mais en caractères de taille moitié moindre que ceux du nom de l'appellation : « Le Village »[3].

Géologie et orographie

[modifier | modifier le code]

Climatologie

[modifier | modifier le code]

Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale ; l'ensoleillement annuel a été de 1 890 heures (moyenne 1991-2020 à Dijon-Longvic)[1]. La station météorologique de Marsannay-la-Côte (à 280 mètres d'altitude, à la sortie sud de la commune : 47° 16′ 00″ N, 4° 59′ 12″ E)[17], quelques kilomètres plus au nord, est représentative du climat au bas du coteau viticole.

Relevés à Marsannay-la-Côte de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −0,1 0,2 3,1 5,9 9,9 13,5 15,5 15 11,2 7,6 3,4 0,6 7,1
Température moyenne (°C) 2,8 4 7,8 11,1 15,2 19,1 21,3 20,8 16,6 11,8 6,6 3,5 11,7
Température maximale moyenne (°C) 5,7 7,7 12,6 16,4 20,6 24,7 27,1 26,7 22 16,1 9,8 6,3 16,3
Nombre de jours avec gel 16,7 14,4 6,5 1,3 0 0 0 0 0 1 6,3 14,2 60,4
Précipitations (mm) 66,8 53,8 55,9 60,4 75,3 70,5 65 61 60,9 75 84,1 74,3 803
Source : Météo-France[18].
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
5,7
−0,1
66,8
 
 
 
7,7
0,2
53,8
 
 
 
12,6
3,1
55,9
 
 
 
16,4
5,9
60,4
 
 
 
20,6
9,9
75,3
 
 
 
24,7
13,5
70,5
 
 
 
27,1
15,5
65
 
 
 
26,7
15
61
 
 
 
22
11,2
60,9
 
 
 
16,1
7,6
75
 
 
 
9,8
3,4
84,1
 
 
 
6,3
0,6
74,3
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Encépagement

[modifier | modifier le code]

Le cahier des charges de l'appellation autorise pour faire du vougeot rouge le pinot noir N[n 2] comme cépage principal, ainsi que le chardonnay B, le pinot blanc B et le pinot gris G comme « cépages accessoires » (limités à 15 % de l'encépagement). Pour le vougeot blanc sont autorisés le chardonnay B et le pinot blanc B[4].

Le pinot noir compose assez exclusivement les vins rouges de l'AOC. Il est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin[19] composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre[19]. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et au cicadelles[20]. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons[20]. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissant, riches, colorés, de garde[21]. Ils sont moyennement tanniques en général.

Le chardonnay est le principal cépage des vins blancs de l'AOC. Ses grappes sont relativement petites, cylindriques, moins denses que celles du pinot noir[22], constituées de grains irréguliers, assez petits, de couleur jaune doré[22]. De maturation de première époque comme le pinot noir, il s'accommode mieux d'une humidité de fin de saison avec une meilleure résistance à la pourriture s'il n'est pas en situation de forte vigueur. Il est sensible à l'oïdium et à la flavescence dorée. Il débourre un peu avant le pinot noir, ce qui le rend également sensible aux gelées printanières. Les teneurs en sucre des baies peuvent atteindre des niveaux élevés tout en conservant une acidité importante, ce qui permet d'obtenir des vins particulièrement bien équilibrés, puissants et amples, avec beaucoup de gras et de volume[20].

Méthodes culturales

[modifier | modifier le code]
Pied de vigne taillé en Guyot simple.

Travail manuel

[modifier | modifier le code]

Ce travail commence par la taille, en « Guyot simple », avec une baguette de cinq à huit yeux et un courson de un à trois yeux[23]. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[23]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[23]. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.

Travail mécanique

[modifier | modifier le code]

L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[23]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.

Les rendements maximum selon le cahier des charges sont de 50 à 58 hl/ha pour les rouges (48 à 56 hl/ha pour les premiers crus), 57 à 64 pour les blancs (55 à 62 hl/ha pour les premiers crus)[4].

Les vins produits sur l'aire d'appellation du vougeot peuvent être repliés[n 5] en appellations bourgogne côte-d'or, bourgogne ou coteaux-bourguignons.

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[24] :

Année vougeot rouge vougeot 1er cru rouge
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 1,94 83 43 9,09 partiellement confidentialisées
2023 1,94 93 48 9,09 418 46
2024 1,90 24 12 8,52 117 14
Année vougeot blanc vougeot 1er cru blanc
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 0,83 partiellement confidentialisées 4,11 partiellement confidentialisées
2023 données confidentialisées 4,12 213 52
2024 données confidentialisées 4,12 59 14

Jusqu'en 2022, le Service des Douanes publiait les données pour chaque premier cru séparément, ce qui entraînait la nécessité d'en masquer les valeurs pour des questions de confidentialité. Les données de ces années sont donc partielles et ne sont pas exploitables pour un tableau de synthèse. Les volumes et superficies de production du blanc village ne sont publiées pour aucune année pour des raisons de confidentialité. Pour 2022, les superficies proviennent du site du BIVB[3].

Le millésime 2024 a des rendements faibles à cause des aléas climatiques[25].

Titre alcoométrique volumique

[modifier | modifier le code]
AOC Rouge Rouge Blanc Blanc
Titre alcoométrique volumique minimal maximal minimal maximal
Village[4] 10,5 % vol 13,5 % vol 11 % vol 13,5 % vol
Premier cru[4] 11 % vol 14 % vol 11,5 % vol 14 % vol

Vinification et élevage

[modifier | modifier le code]

Voici les méthodes générales de vinification de cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.

Vinification en rouge

[modifier | modifier le code]

La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle ou mécanique. La vendange manuelle est le plus souvent triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[23]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments qualitatifs du raisin (polysaccharides etc.)[23]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation à l'aide d'un outil en bois ou aujourd'hui d'un robot pigeur hydraulique. Plus couramment, l'extraction est conduite par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées suivant les pratiques de chaque vinificateur avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[23]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée[23]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (12 à 24 mois)[23] puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.

Vinification en blanc

[modifier | modifier le code]
Pressoir pneumatique servant au pressurage

Comme pour le rouge, la récolte est manuelle ou mécanique et peut être triée. Les raisins sont ensuite transférés dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le moût en cuve, le débourbage est pratiqué généralement après un enzymage. À ce stade, une stabulation préfermentaire à froid (environ 10 à 12 degrés pendant plusieurs jours) peut être recherchée pour favoriser l'extraction des arômes[23]. Mais le plus souvent, après 12 à 48 heures, le jus clair est soutiré et mis à fermenter[23]. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés)[23]. La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le titre alcoométrique volumique si nécessaire. La fermentation malolactique est réalisée en Fûts ou en cuves. Les vins sont élevés « sur lies », en fûts, dans lesquels le vinificateur réalise régulièrement un « bâtonnage », c'est-à-dire une remise en suspension des lies[23]. Cette opération dure pendant plusieurs mois au cours de l'élevage des blancs. À la fin, la filtration du vin est pratiquée pour rendre les vins plus limpides[23]. La mise en bouteille clôture l'opération.

Gastronomie

[modifier | modifier le code]

Structure des exploitations

[modifier | modifier le code]

Il existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.

Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[26]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.

Commercialisation

[modifier | modifier le code]

La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux des viticulteurs, dans les boutiques des négociants, chez un exportateur, ainsi que dans certains cafés, hôtels et restaurants (CHR).

Producteurs de l'appellation

[modifier | modifier le code]

Producteurs de l'appellation[3] :

  • Maison Ambroise ;
  • Domaine Bertagna ;
  • Domaine de la Vougeraie ;
  • Maison Edouard Delaunay ;
  • Domaine Jean Féry et Fils ;
  • Domaine Mongeard-Mugneret ;
  • Domaine Roux.

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. L'écart entre la surface classée et celle en production s'explique par la possibilité de déclasser le vin produit sur le clos de Vougeot en vougeot premier cru.
  2. a et b Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  3. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  4. Une carte détaillée des différents climats du vignoble de Bourgogne est disponible sur le site https://bourgogne-maps.fr/ ; une carte moins complète (sans les climats des appellations régionales) est consultable à l'adresse https://www.climats-bourgogne.com/fr/carte_14.html
  5. Repli : commercialisation d'un vin bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée sous une appellation plus générale à laquelle il peut prétendre ; cf. « directive INAO-DIR-2019-02 » [PDF], sur inao.gouv.fr, .

Références

[modifier | modifier le code]
  1. a et b « Normales et records 1991-2020 de la station de Dijon-Longvic », sur infoclimat.fr.
  2. a et b Jean-François Bazin, Le vin de Bourgogne, Paris, Dunod, , 263 p. (ISBN 978-2-10-058518-2), p. 246.
  3. a b c d e f g et h « Vougeot », sur vins-bourgogne.fr (consulté le ).
  4. a b c d e f et g « Cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée « VOUGEOT » » [PDF], homologué par le décret no 2011-1456 du publié au JORF no 0259 du .
  5. Claude Courtépée et Edme Beguillet, Description historique et topographique du duché de Bourgogne : précédée de l'abrégé historique de cette province, Dijon, chez Causse, 1774-1785, 7 volumes (BNF 30281049), lire en ligne sur Gallica (tome III, p. 194-195 et 228).
  6. André Jullien, Topographie de tous les vignobles connus, suivie d'une classification générale des vins, Paris, Mme Huzard : L. Colas, , 566 p. (BNF 30667644), p. 108, lire en ligne sur Gallica.
  7. Casper, Marc et Bonnamas 1861, p. 57. carte au 1/20 000 (réimpression de 1927), lire en ligne sur Gallica.
  8. Denis Morelot, Statistique de la vigne dans le département de la Côte-d'Or, Dijon, Victor Lagier, , 286 p. (BNF 30979367), p. 47, lire en ligne sur Gallica.
  9. Jules Lavalle, Émile Delarue et Joseph Garnier, Histoire et statistique de la vigne et des grands vins de la Côte-d'Or, Paris, Dusacq, , 244 p. (BNF 30753866, lire en ligne), p. 105.
  10. A. Casper et E. Marc (ill. Lucien Bonnamas), Plan statistique des vignobles produisant les grands vins de Bourgogne : classés séparément pour chaque commune de l'arrondissement de Beaune suivant le mérite des produits par les soins du comité d'agriculture de cet arrondissement, Beaune, Ed. Batault-Morot, , 50 p. (BNF 33540009), lire en ligne sur Gallica.
  11. « Décret du 8 décembre 1936 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Vougeot » », publié au JORF du .
  12. « Décret du 31 juillet 1937 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Clos de Vougeot » ou « Clos Vougeot » », publié au JORF du .
  13. « Décret n° 2009-1288 du 23 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Costières de Nîmes », « Saint-Véran », « Viré-Clessé », « Aloxe-Corton », « Clos de la Roche », « Clos Saint-Denis », « Bonnes-Mares », « Clos des Lambrays », « Clos de Tart », « Musigny », « Chambolle-Musigny », « Vougeot », « Saint-Aubin » et « Saint-Bris » », publié au JORF no 0248 du .
  14. a et b Alphonse Roserot, Dictionnaire topographique de la France, t. 8 : Dictionnaire topographique du département de la Côte-d'Or : comprenant les noms de lieux anciens et modernes, Paris, Imprimerie nationale, , 516 p. (BNF 37326793), p. 434, lire en ligne sur Gallica.
  15. a et b Marie-Hélène Landrieu-Lussigny et Sylvain Pitiot, Climats et lieux-dits des grands vignobles de Bourgogne - Atlas et histoire des noms de lieux, Paris, Éditions de Monza & éditions de Meurger, , 418 p. (ISBN 978-291-623120-4), p. 416.
  16. « Le portail des plans officiels de délimitation | INAO », sur www.inao.gouv.fr (consulté le )
  17. « 21390001 – MARSANNAY LA COTE – LES CRAIS » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  18. « Fiche 21390001 Marsannay-la-Côte » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr/
  19. a et b Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p. 12
  20. a b et c Catalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France ENTAV, Éditeur
  21. Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Pinot noir », p. 13
  22. a et b Christian Pessey, Vins de Bourgogne, La vigne et le vin « Chardonnay », p. 13
  23. a b c d e f g h i j k l m et n Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
  24. « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  25. « Vins de Bourgogne- Une récolte 2024 plus modeste avec des volumes en baisse mais une qualité exceptionnelle - Toute l'actualité de Beaune et du Pays Beaunois gratuite en un 1 clic », sur Info-Beaune.com (consulté le )
  26. Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde, Bourgogne : Côte de Beaune, (Le négoce), p. 24.

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Articles connexes

[modifier | modifier le code]