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Saint-nicolas-de-bourgueil (AOC)

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Saint-nicolas-de-bourgueil
Désignation(s) Saint-nicolas-de-bourgueil
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1937
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de la vallée de la Loire
Sous-région(s) Touraine angevine
Localisation Indre-et-Loire
Climat océanique dégradé
Sol sablo-graveleux, à fond argileux
Superficie plantée 1 080 hectares (en 2024)[1]
Cépages dominants cabernet franc N[note 1] et cabernet sauvignon N
Vins produits 98 % rouges et 1,3 % rosés
Production 60 385 hectolitres (en 2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum de 4 500 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 56 hl/ha en rouge et 50 en rosé (en 2024)[1]

Un saint-nicolas-de-bourgueil[note 2] est un vin d'appellation d'origine contrôlée produit sur le territoire de la commune de Saint-Nicolas-de-Bourgueil, en Indre-et-Loire. Il appartient au vignoble de Touraine, dans la région viticole de la vallée de la Loire.

La superficie représente 1 059 hectares (moyenne 2022-2024)[1] avec le cabernet franc N et le cabernet sauvignon N comme cépages autorisés. Cette AOC produit presque exclusivement des vins rouges avec très peu de vins rosés[1].

C'est au IVe siècle que la vigne se propage sous l'impulsion de saint Martin et ses disciples[3]. En 990, fondation de l’abbaye de Bourgueil, qui permet le développement du vignoble bourgueillois[4]. Au Xe siècle, grâce au développement des voies de communication, les vignobles de la Loire se développent[5]. Le cépage Breton fait son apparition en 1152, grâce à l’union politique de l’Anjou et de l’Aquitaine[4]. Lorsque Henri II, comte d'Anjou, accède au trône d'Angleterre en 1154, le vignoble angevin connaît un véritable essor[5].

À partir de 1789, la Révolution française a des effets dévastateurs sur le vignoble angevin, à travers les guerres de Vendée[5]. La crise du phylloxéra touche durement le vignoble à la fin du XIXe siècle. Le saint-nicolas-de-bourgueil est reconnu en même temps que le bourgueil comme deux appellations d'origine contrôlée (AOC) par le décret du [6]. Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-70 qui remplace le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis ces années (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique, etc.). Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en décembre 2023[7], puis en novembre 2025[2].

Aire d'appellation

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Images externes
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophoto du parcellaire de l'AOC
Les régions viticoles de Touraine, d'Anjou et de Basse Loire.

Le vignoble du saint-nicolas-de-bourgueil est situé sur la commune de Saint-Nicolas-de-Bourgueil dans le département d'Indre-et-Loire, sur la rive droite de la Loire, à l’extrémité nord‑ouest du vignoble de Touraine, en amont de la confluence entre la Vienne et la Loire[2]. Il appartient à la région viticole plus vaste du vignoble de la vallée de la Loire.

Géologie et orographie

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Le vignoble est implanté sur une ancienne terrasse de la Loire et sur le pied de coteau qui la borde, orientés vers le sud et ouverts sur le val de Loire, tandis qu’un important massif forestier domine la zone au nord.

Les sols du vignoble sont majoritairement constitués d’alluvions anciennes ou récentes, formant des terrains sablo‑graveleux très filtrants et à faible réserve hydrique[8]. Le pied de coteau présente, quant à lui, des sols argilo‑calcaires issus du tuffeau turonien ainsi que des sols argilo‑siliceux provenant des formations sénoniennes[2].

Climatologie

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Il s'agit d'un climat tempéré, de type océanique dégradé par une influence continentale. Pour le vignoble de Touraine angevine, les moyennes climatiques de la station de Tours Parçay-Meslay (sur la BA 705 et l'aéroport de Tours-Val de Loire, à 108 mètres d'altitude : 47° 26′ 40″ N, 0° 43′ 38″ E)[9] nous montrent un climat proche de celui angevin, en un peu plus sec.

Relevés à Tours Parçay-Meslay de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température maximale moyenne (°C) 7,7 9 12,9 16 19,6 23,4 25,9 26 22,1 17 11,4 8,1 16,6
Température moyenne (°C) 5,1 5,6 8,6 11 14,5 18 20,2 20,2 16,8 13 8,3 5,5 12,2
Température minimale moyenne (°C) 2,5 2,3 4,3 6 9,4 12,6 14,4 14,3 11,4 9 5,3 2,9 7,9
Nombre de jours avec gel 9,5 9 3,9 1,2 0 0 0 0 0 0,5 3,4 8,8 36,3
Précipitations (mm) 63 52,4 48,7 53 57,7 53,2 46,6 44 51,8 66 69,3 72,1 677,8
Ensoleillement (h) 68,4 95,2 148,8 187,3 214,2 228,5 247,1 237,7 191,3 122,9 78,9 64,6 1 884,8
7,7
2,5
63
J
9
2,3
52,4
F
12,9
4,3
48,7
M
16
6
53
A
19,6
9,4
57,7
M
23,4
12,6
53,2
J
25,9
14,4
46,6
J
26
14,3
44
A
22,1
11,4
51,8
S
17
9
66
O
11,4
5,3
69,3
N
8,1
2,9
72,1
D
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

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Les cépages sont le cabernet franc N[note 1] (appelé localement « cabernet breton ») comme cépage principal et le cabernet sauvignon N comme cépage accessoire, qui peut compléter l'encépagement dans la limite des 10 %.

Méthodes culturales

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Travail manuel

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Ce travail commence par la taille. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Éventuellement des plantations de greffes. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[11]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.

Travail mécanique

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L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments ; de trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants ; de labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes[11]. De désherbage. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.)[11]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.

Les rendements sont de 58 hectolitres par hectare pour le rendement de base et 67 hectolitres par hectare pour le rendement butoir[2].

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[1] :

Année saint-nicolas-de-bourgueil rouge saint-nicolas-de-bourgueil rosé
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 1 049 55 179 53 13 700 56
2023 1 064 59 994 56 14 825 50
2024 1 064 59 583 56 16 802 50

Titres alcoométriques volumique

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Le titre alcoométrique volumique est de 10,5 % volume au minimal et de 13 % volume au maximal[2].

Vinification et élevage

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Voici les méthodes générales de vinification pour cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs, négociants et caves coopératives.

Vinification en rouge

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Saint-nicolas-de-bourgueil AOC.

La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle ou mécanique. La vendange manuelle est parfois triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[11]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments du raisin[11]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation. Plus couramment, l'extraction est conduite aussi par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées, avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[11]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée[11]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (6 à 24 mois)[11] puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.

Vinification en rosé

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La récolte est manuelle ou mécanique. Deux méthodes sont utilisées avec soit le pressurage (rosé de pressurage), soit une mise en cuve de la vendange pour un début de macération : c'est la saignée (rosé de saignée), effectuée avec le tirage du jus de la cuve[11]. La fermentation alcoolique se passe en cuve comme pour le blanc avec suivi de température, chaptalisation, etc. La fermentation malolactique suit généralement. L'élevage se passe en cuve, parfois en fût. Enfin, le vin est filtré et mis en bouteille.

Terroir et vins

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Les sols sablo-graveleux, à fond argileux donnent des vins rouges avec une robe de couleur pourpre, des arômes de petits fruits rouges, de violette pour les vins provenant de graviers ; de framboise, de mûre, de réglisse et d'épices pour les vins ayant pour type de sols la craie de tuffeau[4]. Selon le type de sols, la bouche est soit souple et coulante soit dense et charnue[4].

Gastronomie

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Les vins rouges jeunes accompagnent bien des viandes blanches, de la charcuterie, des grillades... Les vins rouges plus évolués en age s'accordent bien avec des viandes rouges, du gibier... Les vins rosés accompagnent de la charcuterie des grillades, des pizzas...

Les vins provenant des graviers se gardent entre 2 et 5 ans et se servent vers 14 degrés[12]. Les vins provenant des tuffeaux se gardent entre 5 et 10 ans et se servent aux alentours de 17 degrés[12] . Les vins rosés se gardent environ 2 ans et se servent vers 10 degrés[12].

Commercialisation

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La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caveaux du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les cafés-hôtels-restaurants (C.H.R.), dans les grandes et moyennes surfaces (G.M.S.).

Structure des exploitations

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Il existe des domaines de tailles différentes. Ces domaines mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.

Les maisons de négoce achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[13]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.

Listes des producteurs

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Cette AOC comprend 145 producteurs avec 138 viticulteurs dont 133 d'entre eux vinifient leurs vins[14]. Sur ces vinificateurs, il y a 126 domaines, 2 caves coopératives et 5 maisons de négociants[14].

Notes et références

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  1. a et b Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.

Références

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  1. a b c d e et f « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
  2. a b c d e et f « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « SAINT-NICOLAS-DE-BOURGUEIL » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  3. Charles Quittanson, Connaissance des vins et eaux de vie, p. 565.
  4. a b c et d Site de Vins de Loire, page sur Saint-nicolas de bourgueil, consulté le 8 mars 2011
  5. a b et c Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde n° 5 (Loire : Saumur, Chinon, Sancerre), L'histoire, p.  26
  6. « Décret du 31 juillet 1937 relatif aux appellations d'origine contrôlée « Bourgueil » et « Saint-Nicolas-de-Bourgueil » », publié au JORF du .
  7. « Cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée « SAINT-NICOLAS-DE-BOURGUEIL » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  8. Guide Vert Solar : Vins de France, page sur Saint-nicolas de bourgueil, n°237
  9. « 37179001 – TOURS – RUE DE CHIZAY » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  10. « Fiche 37179001 Tours » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  11. a b c d e f g h et i Conduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001). Baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.
  12. a b et c Site de Passion Vin ,page sur le Saint-nicolas de Bourgueil, consulté le 8 mars 2011
  13. Le Figaro et La Revue du Vin de France (2008) : Vins de France et du monde, Bourgogne : Côte de Beaune, (Le négoce), p. 24.
  14. a et b Site de l'INAO, fiche sur Saint-nicolas de Bourgueil, consulté le 8 mars 2011

Bibliographie

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  • Michel Mastrojanni : Les Vins de France (guide vert solar). Éditions Solar, Paris 1992 - 1994 - 1998, (ISBN 2-263-02796-3)
  • Le Figaro et La Revue du Vin de France : Les vins de France et du monde (20 volumes), no 5 (Saumur, Chinon, Sancerre), 96 pages, Édité par La société du Figaro, Paris, 2008, (ISBN 978-2-8105-0059-8)
  • Vins et vignobles de France : Vins de Loire, 92 pages, Timée Éditions, Boulogne, 2008.

Articles connexes

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