Appellation régionale (Bourgogne)

Une appellation régionale bourguignonne désigne dans le vignoble de Bourgogne un vin d'appellation d'origine contrôlée dont l'aire de production regroupe presque toutes les communes viticoles des départements de l'Yonne (55 communes), de la Côte-d'Or (91 communes), de Saône-et-Loire (166 communes) et de l'arrondissement de Villefranche-sur-Saône dans le Rhône (85 communes) ; on peut réunir à ces vins ceux dont l'aire d'appellation couvre une seule sous-région. Cette catégorie d'appellations est en quatrième et dernière position de la hiérarchie des vins bourguignons suivante :
- les appellations grands crus ;
- les dénominations premiers crus ;
- les appellations communales (ou appellations villages) ;
- et les appellations régionales.
Hiérarchie des AOC en Bourgogne
[modifier | modifier le code]Les vins de Bourgogne se regroupent en quatre grandes catégories[1] :
- les appellations régionales, soit plus de la moitié de la production[2], provenant de l'ensemble du vignoble de Bourgogne ou d'une de ses sous-régions ; il y a six AOC régionales (bourgogne[3], bourgogne-passe-tout-grains, etc.) et deux sous-régionales (côte-de-beaune-villages et mâcon), auxquels on peut rajouter les quatorze dénominations géographiques de l'appellation bourgogne (bourgogne hautes-côtes-de-nuits, bourgogne tonnerre, etc.) et les 27 de l'appellation mâcon (mâcon Igé, mâcon Azé, etc.) ;
- les appellations communales, soit un tiers de la production environ ; il y a 45 AOC communales, également appelées « appellations villages » (chablis, pommard, nuits-saint-georges, givry, etc.), en y comptant les deux AOC sous-régionales (côte-de-beaune-villages et mâcon) ;
- les dénominations premiers crus, soit 10 % de la production ; il s'agit de dénominations géographiques complémentaires (DGC) au sein des appellations communales ; le nom de cette AOC doit être suivie du nom d'un climat classé en premier cru ; il y a 562 climats en premier cru (saint-aubin premier cru « Murger des dents de chien », santenay premier cru « la Comme », chablis premier cru « Fourchaume », etc.) ;
- les appellations grands crus, soit 1,5 à 2 % de la production ; il y a 33 AOC grands crus, dont trente-deux en Côte-d'Or (bienvenues-bâtard-montrachet, corton-charlemagne, bonnes-mares, romanée-conti, etc.) et une dans l'Yonne (les sept climats de chablis grand cru).
Si ces appellations et dénominations sont définies dans les différents cahiers des charges de l'INAO publiés par le ministère de l'Agriculture et homologués par des décrets ou arrêtés, les notions d'« appellation régionale », « sous-régionale » et « communale » (ou « villages »), ainsi que la liste des vins entrant dans ces catégories ne sont pas officielles. Elles sont plutôt affaires de tradition éditoriale parmi les guides des vins, repris ensuite sur les sites spécialisés.
Historique
[modifier | modifier le code]La création des appellations d'origine (AO) soulevait des enjeux importants : il fallait délimiter une aire d'appellation et fixer des critères de production, ce qui ne pouvait que mécontenter certains au profit d'autres. La première « appellation régionale » (terme inventé par le décret de délimitation du ) fut le champagne, ce qui provoqua une révolte des vignerons marnais et aubois en 1911.
Dans le vignoble de Bourgogne, les premières reconnaissances d'appellation se firent au tribunal, comme prévu par la loi du [4] : après un jugement de 1924 qui excluait le Beaujolais, celui du tribunal civil de Dijon du définit la « Bourgogne viticole » comme étant « constituée par les départements de la Côte-d'Or, de l'Yonne, de Saône-et-Loire et par l'arrondissement de Villefranche-sur-Saône dans le Rhône », où peuvent être produits les appellations « Bourgogne » (pour les rouges issus de plants fins, tel que pinot et chardonnay, autorisant aussi le gamay dans le Mâconnais et le Beaujolais), « Bourgogne ordinaire ou Grand ordinaire » (fait avec des « plants non fins »), « Bourgogne passe-tout-grain » (assemblage de plants fins et non fins) et « Bourgogne mousseux »[5].
Le décret-loi du créé la notion d'appellation d'origine contrôlée, ces AOC devant être reconnues par décret, sur proposition du Comité national des appellations d'origine (CNAO)[6]. En conséquence, les quatre décrets du reconnaissent les AOC bourgogne, bourgogne aligoté, bourgogne-passe-tout-grains et bourgogne grand ordinaire (ou bourgogne ordinaire), avec la même aire de production. Se rajoute par le décret du le bourgogne mousseux, puis par celui du le crémant de Bourgogne.
Liste des appellations régionales de Bourgogne
[modifier | modifier le code]Liste du BIVB, excluant les deux AOC spécifiques au vignoble du Beaujolais (beaujolais et beaujolais-villages) :
- bourgogne ;
- bourgogne aligoté ;
- bourgogne mousseux ;
- coteaux-bourguignons (ex « bourgogne-ordinaire » et « bourgogne-grand-ordinaire ») ;
- bourgogne-passe-tout-grains ;
- crémant de Bourgogne.
Plusieurs guides des vins et sites classent les deux appellations ci-dessous parmi les appellations communales, d'autres comme appellations régionales, ou encore le premier comme communal et le second comme régionale[7] :
- côte-de-beaune-villages ;
- mâcon (comprenant 27 dénominations géographiques).
Liste des dénominations de l'AOC bourgogne
[modifier | modifier le code]- bourgogne chitry ;
- bourgogne côte-chalonnaise ;
- bourgogne-côtes-d'auxerre ;
- bourgogne côte-d'or ;
- bourgogne côte saint-jacques ;
- bourgogne-côtes-du-couchois ;
- bourgogne coulanges-la-vineuse ;
- bourgogne épineuil ;
- bourgogne hautes-côtes-de-beaune ;
- bourgogne hautes-côtes-de-nuits ;
- bourgogne-la-chapelle-notre-dame ;
- bourgogne le chapitre ;
- bourgogne montrecul ;
- bourgogne tonnerre.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Classification des appellations », sur vins-bourgogne.fr (consulté le ).
- ↑ Source pour les appellations et les % de production : « site du Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne », sur vins-bourgogne.fr.
- ↑ Le nom d'un vin est un nom commun, il s'écrit donc sans majuscule initiale. Cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
- ↑ « Loi du 6 mai 1919 relative à la protection des appellations d'origine », publiée au JORF du .
- ↑ « Annales des falsifications et des fraudes » [PDF], , p. 572-573.
- ↑ « Décret-loi du 30 juillet 1935 relatif à la défense du marché des vins et régime économique de l'alcool », publié au JORF no 0178 du .
- ↑ « La Bourgogne, une localisation privilégiée – Recherche : Appellations Régionales », sur vins-bourgogne.fr (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Classification des Vins de Bourgogne », sur citeclimatsvins-bourgogne.com.
- [vidéo] BIVB, « Comment sont classés les vins de Bourgogne ? », sur youtube.com, .
- BIVB, « Bourgogne maps : atlas interactif des vins de Bourgogne », sur bourgogne-maps.fr, .
- « Institut national des appellations d'origine », sur inao.gouv.fr.