Monthélie
| Monthélie | |
| Désignation(s) | Monthélie |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
| Reconnue depuis | 1937 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble de Bourgogne |
| Sous-région(s) | vignoble de la côte de Beaune |
| Localisation | Côte-d'Or |
| Climat | océanique à tendance continentale |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
1 266 heures[1] |
| Sol | argilo-calcaire |
| Superficie totale | 139 hectares, dont 41 ha en premier cru[2] |
| Superficie plantée | 119 ha, dont 37 en 1er cru (en 2023)[3] |
| Cépages dominants | pinot noir N[n 1] et chardonnay B |
| Vins produits | 83 % rouges et 17 % blancs |
| Production | 6 403 hl, dont 1 884 de 1ers crus (en 2023)[3] |
| Pieds à l'hectare | minimum 9 000 pieds/ha[4] |
| Rendement moyen à l'hectare | 52 hl/ha en rouge et 56 en blanc (en 2023)[3] |
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Un monthélie[n 2] (prononcé : [mɔ̃teli], « montli »)[5] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée, produit sur une partie de la commune de Monthelie, en Côte-d'Or.
Il s'agit d'une des appellations communales du vignoble de la côte de Beaune, située entre les aires de production du volnay au nord, de l'auxey-duresses au sud-ouest et du meursault au sud-est.
Histoire
[modifier | modifier le code]Début du vignoble
[modifier | modifier le code]On attribue à la période romaine l'implantation de la viticulture dans l'actuelle Bourgogne ; plusieurs fouilles archéologiques la prouvent pour la fin du Ier siècle, notamment celle à Gevrey-Chambertin en 2008-2009 (au lieu-dit « Au-dessus de Bergis », interprétée comme étant les restes d'une vigne en pergolette sur plaine argileuse)[6]. Ce vignoble de plaine se serait implanté sur le coteau seulement à partir du haut Moyen Âge, avec aménagement progressif d'un parcellaire délimité par des haies, des murs, des murgers et des chemins[7].
À partir du VIIe siècle, l'implantation du christianisme favorise l'extension de la vigne par la création de domaines viticoles par les institutions ecclésiastiques[8]. En l'an 1395, Philippe le Hardi décida d'améliorer la qualité des vins et interdit la culture du gamay au profit du pinot noir sur ses terres[9]. Cet ordre, renouvelé plusieurs fois ce qui fait douter de son efficacité, n'empêche pas le gamay et d'autres cépages d'être massivement cultivés, notamment en-dehors des meilleures parcelles du coteau, produisant des vins de consommation courante. À la mort de Charles le Téméraire, le vignoble de Bourgogne fut rattaché au royaume de France, sous le règne de Louis XI.
Période moderne
[modifier | modifier le code]En 1700, l'intendant Ferrand[n 3] rédigea un Mémoire de la Bourgogne pour l'instruction du dauphin Louis (qui avait le titre de duc de Bourgogne ; c'est le petit-fils de Louis XIV et le père de Louis XV), indiquant que dans le duché les vins les meilleurs provenaient des « vignobles [qui] approchent de Nuits et de Beaune »[10].
En 1778, Claude Courtépée et Edme Beguillet mentionnent rapidement dans leur ouvrage qu'il s'agit d'un « Pays vign. vin estimé »[11].
XIXe siècle
[modifier | modifier le code]En 1816, André Jullien indique parmi son classement des vins rouges : « Monthelie, canton de Meursault, sur la côte de Beaune. Ce vignoble a quelques coteaux qui fournissent des vins fins de l'espèce et de la qualité de ceux des secondes cuvées de Volnay : on rencontre parmi les autres beaucoup de bons vins d'ordinaire de première et de seconde qualité »[12]. En 1831, le vignoble de la commune de Monthelie comprenait 91 hectares de gamay, complétés par 89 ha de noiriens (l'ancien nom du pinot noir)[13].
En 1855, l'ouvrage de Jean Lavalle, Émile Delarue et Joseph Garnier classe en premier Champ-Feuillot et le Clos-des-Chênes ; en « deuxième cuvée » Clos-Mipont, Duresse, Aubrain et les Crais[14]. Dans les décennies 1830 et 1840, la pyrale se multiplie et ses chenilles dévorent les feuilles de la vigne. Elle est suivie à partir de 1850 d'une maladie cryptogamique, l'oïdium[15], un champignon qui se développe sur les feuilles : les viticulteurs luttent contre lui depuis 1854 en aspergeant les vignes de soufre utilisé contre fongicide (soufrage).

En 1861, le Comité d'agriculture de l'arrondissement de Beaune, préparant l'Exposition universelle de 1862, classe un total de 96 hectares de « vignes en vins fins » sur la commune de Monthelie, dont 12 ha en 1re classe (le Cas-Rougeot, les Champs-Fulliot, la Taupine, le Clos-Gauthey, le Meix-Molnot et le Château-Gaillard en entier), 52 ha en 2e classe (Es-Riottes, Sur la Velle, le Meix-Bataille, les Vignes-Rondes, les Toisières, le Meix-Garnier, Sous-le-Cellier, le Meix-Mipont et les Sous-Courts en entier ; les Hauts-Brins, les Barbières, le Clou-des-Chênes, les Crays, les Duresses, les Clous, Aux Fournereaux, les Rivaux et En Remagnien en partie) et 30 ha en 3e classe (En Pierre-Fitte, les Longennes, les Jouères, la Goulotte et les Champs-Ronds en entier ; les Hauts-Brins, les Barbières, le Clou-des-Chênes, les Crays, les Duresses, les Clous, Aux Fournereaux, les Rivaux et En Remagnien en partie)[16]. Le millésime 1865 a donné des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces[17].

Puis arrive le phylloxéra, un puceron venu d'Amérique du Nord, qui touche la Côte-d'Or à partir de 1878 (à Meursault), se répandant ensuite, entraînant à terme la mort de la totalité des vignes. La seule parade trouvée fut de replanter avec greffage sur des pieds américains, autorisé en Bourgogne à partir de 1887[18]. En 1878, une nouvelle maladie cryptogamique, le mildiou, est identifiée dans le Bordelais, venant elle-aussi d'Amérique du Nord et contaminant rapidement tous les vignobles européens ; le traitement avec du sulfate de cuivre (la bouillie bordelaise) est proposé en 1885. Enfin, en 1886, c'est au tour du black rot (la pourriture noire) d'arriver[19], traité au fongicide. La crise phylloxérique transforme le vignoble : le provignage est abandonné, les plantations sont faites en rangs avec désormais un palissage sur fils de fer, et non plus en foule sur piquets[20], d'où une densité plus faible, et la possibilité d'y faire passer un cheval (pour traiter et labourer).
XXe siècle
[modifier | modifier le code]Le mildiou provoqua un désastre considérable en 1910. Henri Gouges avait rejoint au niveau national le combat mené par le sénateur Joseph Capus et le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié qui allait aboutir à la création des appellations d'origine contrôlée. Il devint le bras droit du baron à l'INAO[21]. Ainsi cette AOC fut créée par le décret du [5], dont la délimitation fut modifiée par les décrets du puis du (pour le lieu-dit « les Hauts-Brins » : les parcelles 4 à 86)[22]. Apparition de l'enjambeur dans les années 1960-1970, qui remplacent le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont bien évolué depuis 50 ans (vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique...). Le décret de prévoit une révision des délimitations de l'appellation et de ses premiers crus[23].
XXIe siècle
[modifier | modifier le code]Avec la canicule de 2003, les vendanges débutèrent pour certains domaines cette année-là à la mi-août, soit avec un mois d'avance, des vendanges très précoces qui ne s'étaient pas vues depuis 1422 et 1865 d'après les archives[17]. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en [24], puis en [4].
Étymologie
[modifier | modifier le code]Le nom de l'appellation est celui du village éponyme. Il est cité en 855 ou 865 dans la phrase in pago Belnense […] in Montelio (dans le cartulaire de Saint-Symphorien d'Autun), puis en 1009 Montelia, en 1148-1170 in comitatu Belnensi […] Montelia, en 1164 Mons Helie, en 1175 Montalia, 1215 « Montelie », en 1218 « Montelye », en 1235 « Monthelye », pour se fixer à partir de 1253 sur Monthelie[25]. Ce nom est dérivé du bas latin monticulus, « colline, petite montagne, monticule », diminutif de mons, « montagne, mont »[26].
Vignoble
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Aire d'appellation
[modifier | modifier le code]Le vignoble produisant le monthélie se situe dans le département de la Côte-d'Or, dans le vignoble de la côte de Beaune, sur une partie de la commune de Monthelie.
La surface totale classée dans l'aire d'appellation est de 139 hectares et 93,81 ares, dont 41 ha et 24,62 ares en premier cru[2]. Selon le service des Douanes, la superficie déclarée en production[n 4] en 2023 sous l'appellation est d'un total de 122,328 ha (dont 37,187 en 1er cru), comprenant 102,61 ha en rouge (dont 33,8258 en 1er cru) et 19,718 5 ha en blanc (dont 3,3612 en 1er cru)[3]. En 2008, les vins rouges représentaient 109,21 ha dont 34,81 classés en premier cru ; les blancs représentaient 13,8 ha dont 1,8 classé en 1er cru[5].
Lieux-dits
[modifier | modifier le code]Le nom de l'appellation sur les déclarations comme sur l'étiquette peut être suivi du nom du climat (lieux-dits)[n 5] sur lequel le vin a été produit. Plusieurs de ces climats sont classés comme premiers crus, à condition de respecter les critères spécifiques fixés par le cahier des charges pour l'ensemble de ces climats. Pour eux, l'étiquette peut porter juste après le nom de l'appellation la mention soit « premier cru », soit premier cru suivi du nom d'un de ces quinze climats, en caractères de la même taille que ceux du nom de l'appellation :
- « Clos des Toisières » ;
- « La Taupine » ;
- « Le Cas Rougeot » ;
- « Le Château Gaillard » ;
- « Le Clos Gauthey » ;
- « Le Clou des Chênes » ;
- « Le Meix Bataille » ;
- « Le Village » ;
- « Les Barbières » ;
- « Les Champs Fulliots » ;
- « Les Clous » ;
- « Les Duresses » ;
- « Les Riottes » (comprenant Les Hauts Brins) ;
- « Les Vignes Rondes » ;
- « Sur la Velle »[4].
D'autres lieux-dits cadastrés peuvent figurer sur l'étiquette, mais en caractères de taille moitié moindre que ceux du nom de l'appellation :
- Aux Fournereaux ;
- Danguy ;
- La Combe Danay ;
- La Goulotte ;
- La Petite Fitte ;
- Le Meix de Mypont ;
- Le Meix de Ressie ;
- Le Meix Garnier ;
- Les Champs Ronds ;
- Les Darnées ;
- Les Gamets ;
- Les Hauts Brins ;
- Les Jouènes ;
- Les Longères ;
- Les Mandènes ;
- Les Plantes ;
- Les Rivaux ;
- Les Romagniens ;
- Les Sous-Courts ;
- Les Sous-Roches ;
- Les Toisières ;
- Monthelie ;
- Sous le Cellier[5].
Géologie et orographie
[modifier | modifier le code]Sols calcaire, graveleux bathonien avec de l'argile rouge et des marnes. Exposé sud et sud-est. Situé entre 230 et 370 mètres d'altitude.
Climatologie
[modifier | modifier le code]Le climat bourguignon est un climat tempéré océanique à légère tendance continentale. L'influence océanique se traduit par des pluies fréquentes en toutes saisons (avec néanmoins un maximum en automne et un minimum en été) et un temps changeant. L'influence semi-continentale se traduit par une amplitude thermique mensuelle plutôt élevée, se caractérisant par des hivers plus froids avec quelques chutes de neige, et des étés plus chauds que sur les littoraux, avec à l'occasion de violents orages. Les données climatiques de la station météo de Savigny-lès-Beaune (à 237 puis à 246 mètres d'altitude : 47° 02′ 40″ N, 4° 50′ 36″ E jusqu'en 2011, puis 47° 03′ 23″ N, 4° 50′ 12″ E )[31] ci-dessous en rendent compte.
En raison de l'actuel changement climatique, les vendanges sont souvent plus précoces de quelques jours (le débourrement, la floraison et la véraison de la vigne se faisant plus tôt)[32].
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 5,8 | 8 | 12,7 | 17,7 | 20,6 | 24,7 | 27 | 26 | 22,7 | 16,4 | 10,2 | 7,1 | 16,6 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 2,8 | 4 | 7,7 | 11,6 | 14,9 | 18,3 | 20,5 | 19,5 | 16,8 | 11,4 | 6,5 | 4 | 11,4 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | −1 | 0 | 2,6 | 5,5 | 9,2 | 13 | 14,7 | 13,9 | 11 | 7 | 3,4 | 0,9 | 6,8 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre de jours avec gel | 13,6 | 11 | 7,5 | 2,1 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 2 | 6 | 10,6 | 52,8 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 32,5 | 27,1 | 35,8 | 41,2 | 37,8 | 43,3 | 24,3 | 29,5 | 30,4 | 38,8 | 27 | 38 | 405,7 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Ensoleillement | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Heures | 24,3 | 60,3 | 112,5 | 139,1 | 155 | 162,3 | 164,5 | 182,4 | 144,9 | 73,4 | 29,9 | 17,4 | 1 266 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Encépagement
[modifier | modifier le code]Le pinot noir N[n 1] compose exclusivement les vins rouges de l'AOC, même si le cahier des charges[4] autorise le chardonnay B, le pinot blanc B et le pinot gris comme cépages accessoires. Le pinot noir est constitué de petites grappes denses, en forme de cône de pin[33] composées de grains ovoïdes, de couleur bleu sombre[33]. C'est un cépage délicat, qui est sensible aux principales maladies et en particulier au mildiou, au rougeot parasitaire, à la pourriture grise (sur grappes et sur feuilles), et au cicadelles[34]. Ce cépage, qui nécessite des ébourgeonnages soignés, a tendance à produire un nombre important de grapillons[34]. Il profite pleinement du cycle végétatif pour mûrir en première époque. Le potentiel d'accumulation des sucres est élevé pour une acidité juste moyenne et parfois insuffisante à maturité. Les vins sont assez puissant, riches, colorés, de garde[35]. Ils sont moyennement tanniques en général.
Le chardonnay B, lui, compose les vins blancs de l'AOC (le cahier des charges[4] autorisant toutefois également le pinot blanc B). Ses grappes sont relativement petites, cylindriques, moins denses que celles du pinot noir[36], constituées de grains irréguliers, assez petits, de couleur jaune doré[36]. De maturation de première époque comme le pinot noir, il s'accommode mieux d'une humidité de fin de saison avec une meilleure résistance à la pourriture s'il n'est pas en situation de forte vigueur. Il est sensible à l'oïdium et à la flavescence dorée. Il débourre un peu avant le pinot noir, ce qui le rend également sensible aux gelées printanières. Les teneurs en sucre des baies peuvent atteindre des niveaux élevés tout en conservant une acidité importante, ce qui permet d'obtenir des vins particulièrement bien équilibrés, puissants et amples, avec beaucoup de gras et de volume[34].
Méthodes culturales
[modifier | modifier le code]Travail manuel
[modifier | modifier le code]Ce travail commence par la taille, en « guyot simple », avec une baguette de cinq à huit yeux et un courson de un à trois yeux[37]. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements[37]. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants[37]. Pour finir avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.
Travail mécanique
[modifier | modifier le code]L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis)[37]. De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.
Rendements
[modifier | modifier le code]Les rendements sont de 50 à 58 hl/ha en rouges (48 à 56 pour les premiers crus) et 57 à 64 pour les blancs (55 à 62 pour les premiers crus)[38].
Vins
[modifier | modifier le code]Les vins produits sur l'aire d'appellation du monthélie peuvent être repliés[n 6] en appellations côte-de-beaune-villages (en rouge seulement), bourgogne côte-d'or, bourgogne ou coteaux-bourguignons.
Volumes
[modifier | modifier le code]La production annuelle de vin sous l'appellation monthélie a été en moyenne sur la période 2017-2021 de 4 843 hectolitres (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl), comprenant 4 066 hl de rouge (dont 1 272 hl en premier cru) et 777 hl de blanc (dont 86 hl en 1er cru)[5].
Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[3] :
| Année | monthélie rouge | monthélie 1er cru rouge | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2022 | 69,68 | 3 324 | 48 | partiellement confidentialisées[n 7] | ||
| 2023 | 68,78 | 3 606 | 52 | 33,82 | 1 701 | 50 |
| 2024 | 68,81 | 1 516 | 22 | 33,97 | 862 | 25 |
| Année | monthélie blanc | monthélie 1er cru blanc | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2022 | 16,77 | 869 | 52 | partiellement confidentialisées[n 7] | ||
| 2023 | 16,35 | 912 | 56 | 3,36 | 182 | 54 |
| 2024 | 17,49 | 612 | 35 | 3,28 | 133 | 40 |
Titre alcoométrique volumique
[modifier | modifier le code]| AOC | Rouge | Rouge | Blanc | Blanc |
| Titre alcoométrique volumique | minimal | maximal | minimal | maximal |
| Village[4] | 10,5 % vol | 13,5 % vol | 11 % vol | 13,5 % vol |
| Premier cru[4] | 11 % vol | 14 % vol | 11,5 % vol | 14 % vol |
Vinification et élevage
[modifier | modifier le code]Voici les méthodes générales de vinification de cette appellation. Il existe cependant des petites différences de méthode entre les différents viticulteurs et négociants.
Vinification en rouge
[modifier | modifier le code]La récolte des raisins se fait à maturité et de façon manuelle ou mécanique. La vendange manuelle est le plus souvent triée, soit à la vigne soit à la cave avec une table de tri, ce qui permet d'enlever les grappes pourries ou insuffisamment mûres[37]. La vendange manuelle est généralement éraflée puis mise en cuve. Une macération pré-fermentaire à froid est quelquefois pratiquée. La fermentation alcoolique peut démarrer, le plus souvent après un levurage. Commence alors le travail d'extraction des polyphénols (tanins, anthocyanes) et autres éléments qualitatifs du raisin (polysaccharides etc.)[37]. L'extraction se faisait par pigeage, opération qui consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus en fermentation à l'aide d'un outil en bois ou aujourd'hui d'un robot pigeur hydraulique. Plus couramment, l'extraction est conduite par des remontages, opération qui consiste à pomper le jus depuis le bas de la cuve pour arroser le chapeau de marc et ainsi lessiver les composants qualitatifs du raisin. Les températures de fermentation alcoolique peuvent être plus ou moins élevées suivant les pratiques de chaque vinificateur avec une moyenne générale de 28 à 35 degrés au maximum de la fermentation[37]. La chaptalisation est réalisée si le degré naturel est insuffisant : cette pratique est réglementée[37]. À l'issue de la fermentation alcoolique suit l'opération de décuvage qui donne le vin de goutte et le vin de presse. La fermentation malolactique se déroule après mais est dépendante de la température. Le vin est soutiré et mis en fût ou cuve pour son élevage. L'élevage se poursuit pendant plusieurs mois (12 à 24 mois)[37] puis le vin est collé, filtré et mis en bouteilles.
Vinification en blanc
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Comme pour le rouge, la récolte est manuelle ou mécanique et peut être triée. Les raisins sont ensuite transférés dans un pressoir pour le pressurage. Une fois le moût en cuve, le débourbage est pratiqué généralement après un enzymage. À ce stade, une stabulation préfermentaire à froid (environ 10 à 12 degrés pendant plusieurs jours) peut être recherchée pour favoriser l'extraction des arômes[37]. Mais le plus souvent, après 12 à 48 heures, le jus clair est soutiré et mis à fermenter[37]. La fermentation alcoolique se déroule avec un suivi tout particulier pour les températures qui doivent rester à peu près stables (18 à 24 degrés)[37]. La chaptalisation est aussi pratiquée pour augmenter le titre alcoométrique volumique si nécessaire. La fermentation malolactique est réalisée en Fûts ou en cuves. Les vins sont élevés « sur lies », en fûts, dans lesquels le vinificateur réalise régulièrement un « bâtonnage », c'est-à-dire une remise en suspension des lies[37]. Cette opération dure pendant plusieurs mois au cours de l'élevage des blancs. À la fin, la filtration du vin est pratiquée pour rendre les vins plus limpides[37]. La mise en bouteille clôture l'opération.
Gastronomie
[modifier | modifier le code]Vin rouge : robe rubis ; arômes qui peuvent évoquer les petits fruits rouges et noirs (cerise, cassis), ou floraux (pivoine, violette), de sous-bois, de fougère. Bouche ferme, velouté, finement tannique. S'accorde bien avec de la volailles rôties, de l'agneau rôti, du lapin, des andouillettes grillées, du fromage (brie, brillat-savarin)... Se sert entre 14 et 15 °C. Se garde huit à dix ans.
Vin blanc : robe dorée. Arômes de fleurs blanches (aubépine...), de vanille, de pomme, de noisette. Bouche moelleuse, ample, légèrement acidulé. S'accorde bien avec de la tajine de poisson, des crevettes, du fromage (roquefort, bleu de Bresse, époisses)... Se sert entre 11 et 12 degrés. Se garde entre trois et cinq ans.
Économie
[modifier | modifier le code]Structure des exploitations
[modifier | modifier le code]Certains domaines, de tailles différentes, mettent tout ou une partie de leurs propres vins en bouteilles et s'occupent aussi de le vendre. Les autres, ainsi que ceux qui ne vendent pas tous leurs vins en bouteilles, les vendent aux maisons de négoce.
Celles-ci achètent leurs vins, en général, en vin fait (vin fini) mais parfois en raisin ou en moût[39]. Elles achètent aux domaines et passent par un courtier en vin qui sert d'intermédiaire moyennant une commission de l'ordre de 2 % à la charge de l'acheteur.
Commercialisation
[modifier | modifier le code]La commercialisation de cette appellation se fait par divers canaux de vente : dans les caves du viticulteur, dans les salons des vins (vignerons indépendants, etc.), dans les foires gastronomiques, par exportation, dans les cafés-hôtels-restaurants (CHR), dans les grandes et moyennes surfaces (GMS).
Producteurs de l'appellation
[modifier | modifier le code]- Gilbert et Philippe Germain à Nantoux, Domaine Dujardin[réf. nécessaire]
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom d'un vin étant un nom commun (créé par antonomase), il ne porte donc pas systématiquement une majuscule ; cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
- ↑ François-Antoine Ferrand (1657-1731), fut l'intendant de la généralité de Bourgogne de janvier 1694 à juin 1705.
- ↑ Pour une même appellation, lieu-dit ou parcelle, les sources peuvent indiquer plusieurs superficies différentes, en fonction de l'année ou de la définition prise en compte. La surface totale est ici celle classée par l'INAO comme aire d'appellation ; elle comprend des parcelles cadastrées qui peuvent être plantées de vignes, mais qui peuvent être aussi en jachère, boisées, bâties ou en activité autre que viticole, ainsi que des jardins, des vignes à l'abandon ou trop jeunes pour produire le vin considéré. La surface plantée, appelée aussi « surface en vigne » ou « superficie viticole cultivée »[27], ne concerne que des vignes, en culture pure ou associée (tel que l'agroforesterie)[28], y compris les jeunes ceps pas encore en production et les manquants ; plantations, arrachages, achats et ventes de parcelles doivent être déclarés au casier viticole informatisé (CVI). La surface déclarée en production (par parcelle auprès des Douanes) concerne une appellation précise et comprend les tournières, bandes tampons, fossés, talus, haies ou arbres (isolés ou alignés)[29]. Enfin, il y a la surface couverte « à ras des souches », concernant que les pieds de vignes, utilisée pour les demandes d'aide[30].
- ↑ Une carte détaillée des différents climats du vignoble de Bourgogne est disponible sur le site https://bourgogne-maps.fr/ ; une carte moins complète (sans les climats des appellations régionales) est consultable à l'adresse https://www.climats-bourgogne.com/fr/carte_14.html
- ↑ Repli : commercialisation d'un vin bénéficiant d'une appellation d'origine contrôlée sous une appellation plus générale à laquelle il peut prétendre ; cf. « directive INAO-DIR-2019-02 » [PDF], sur inao.gouv.fr, .
- Jusqu'à 2022, les Douanes fournissent le détail pour chaque premier cru, sans publier les statistiques quand il a seulement un ou deux opérateurs (les données sont alors indiquées comme « données confidentialisées »)[3] : on ne peut donc pas en faire l'addition.
Références
[modifier | modifier le code]- « Normales et records 1991-2020 de la station de Savigny-lès-Beaune », sur infoclimat.fr.
- Jean-François Bazin, Le vin de Bourgogne, Paris, Dunod, , 263 p. (ISBN 978-2-10-058518-2), p. 252.
- « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
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Voir aussi
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- « BOURGOGNE MAPS – Atlas interactif des vins de Bourgogne », sur bourgogne-maps.fr, .