Corbières (AOC)
| Corbières | |
Vignes près de Villeneuve-les-Corbières. | |
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1951 (VDQS), puis 1985 (AOC) |
| Pays | |
| Région parente | vignoble du Languedoc-Roussillon |
| Sous-région(s) | massif des Corbières |
| Localisation | Aude |
| Climat | méditerranéen sous influence montagnarde |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
2 101 heures (à Mouthoumet) |
| Sol | extrêmement variés |
| Superficie plantée | 7 593 hectares (en 2023)[1] |
| Nombre de domaines viticoles | 1 300 opérateurs (en 2018)[2] |
| Cépages dominants | grenache N[note 1], carignan N, mourvèdre N et syrah N |
| Vins produits | 81 % rouges, 14 % rosés et 5 % blancs |
| Production | 213 949 hectolitres (en 2023)[1] |
| Pieds à l'hectare | minimum 4 000 ceps/ha[3] |
| Rendement moyen à l'hectare | 28 hl par ha (en 2023)[1] |
| Site web | vins-corbieres.com |
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Un corbières[note 2] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée produit sur un vaste territoire au sud de l'Aude, sur le massif des Corbières. Le corbières est une appellation « sous-régionale » (selon la hiérarchie mise en place par le CIVL) ; elle est en volume la première du Languedoc et la quatrième de France. Il partage une partie de son aire d'appellation avec l'appellation boutenac (ex corbières-boutenac).
Histoire
[modifier | modifier le code]Antiquité et Moyen Âge
[modifier | modifier le code]La culture de la vigne dans le Languedoc remonte au IIe siècle av. J.-C., elle fut introduite sur le littoral par les marchands grecs mais se développa réellement dans le massif des Corbières au début de la période romaine[4]. Au cours du Moyen Âge se développent des vignobles monastiques avec les fondations des abbayes de Lagrasse, de Caunes-Minervois, de Fontfroide et de de Saint-Hilaire. Les moines améliorent la viticulture[4].
Lorsque l'idéologie des cathares devint dominante, il n'y eut aucun interdit sur le vin contrairement aux bogomiles et aux manichéens qui l'avaient inclus dans leurs interdits alimentaires[5]. Mais au cours de la croisade contre les Albigeois, selon le jésuite Langlois, partisan de la croisade, Henri de Beaujeu, « Durant trois mois entiers, occupa ses troupes à brûler les blés, à arracher les vignes, à couper les haies et les arbres, à abattre les maisons, à ruiner les chemins, à faire un désert de l'un des plus beaux pays du monde »[6].
Le Prince Noir fit de même au cours de la guerre de Cent Ans où son avancée dans le Languedoc se solda par l'arrachage du vignoble[7].
Période moderne et contemporaine
[modifier | modifier le code]Le canal du Midi, inauguré en 1681, relança la production du vin en Languedoc qui pouvait être exporté vers Toulouse, Bordeaux et Marseille. Le canal, qui traverse ce vignoble sur 40 kilomètres, eut pour effet d'élargir la zone de vente des producteurs locaux et dans les années 1730-1740, ce commerce permit aux exploitations agricoles d'augmenter leur production[8]. À partir de 1855, le vignoble connut une forte progression grâce à l'arrivée du chemin de fer. Mais la crise de l'oïdium, suivie du phylloxéra, puis la surproduction des vins de qualité inférieure engendrèrent la révolte de 1907[9]. Le mouvement coopératif qui s'ensuivit au cours des années 1930 redonna un essor de la viticulture.
Au milieu du XXe siècle, les vignerons des Corbières décident de promouvoir une meilleure qualité plutôt que la quantité[9]. Une série de procès se solde par une délimitation large de l'appellation d'origine (AO) « Corbières » (jugements du tribunal de Narbonne du , , , , , , , et , ainsi que de celui de Carcassonne du et ), couvrant un total de 93 communes[10]. Deux nouveaux procès (jugements du tribunal de Narbonne du et du tribunal de Carcassonne du ) se terminent par la reconnaissance d'une AO plus restrictive, le « Corbières supérieures », limité à 39 communes[10]. Le , deux arrêtés autorisent les AO « Corbières » et « Corbières supérieures » à rajouter sur les étiquettes et déclarations le label « vin délimité de qualité supérieure » (VDQS), en reprenant les aires délimités précédemment, le corbières pour des rouges de 10° d'alcool et des rosés ou blancs de 11°, le corbières-supérieures pour des rouges de 12° et des rosés ou blancs de 12,5°[10]. Mais le deux autres arrêtés reconnaissent le droit au label VDQS pour les AO « Corbières du Roussillon » et « Corbières supérieures du Roussillon », concernant respectivement 51 et 40 communes des Pyrénées-Orientales (Maury, Rivesaltes, Tautavel, Perpignan, Caramany, Ille-sur-Têt, etc.)[11]. En 1971, les cépages lledoner pelut, mourvèdre et syrah sont autorisés pour faire du corbières, du corbières-supérieures, du corbières-du-roussillon ou du corbières-supérieures-du-roussillon[12]. En 1977, sont créées les AOC côtes-du-roussillon et côtes-du-roussillon-villages (cette dernière reprenant surtout l'aire du corbières-supérieures-du-roussillon)[13].
Par le décret du , le corbières est reconnu comme une appellation d'origine contrôlée (AOC), en rajoutant à son aire les communes de Canet, Narbonne et Névian (total de 87 communes)[14]. En , une nouvelle appellation est créé en son sein, le corbières-boutenac (avec une aire de dix communes)[15]. Le cahier des charges du corbières a été publié en [16], puis modifié en [17] et en (autorisation du marselan, carignan blanc et viognier)[3]. En , le corbières-boutenac est renommé boutenac[18].
Étymologie
[modifier | modifier le code]À l'origine, ces terrains, aujourd'hui fertiles pour la vigne, recevaient les carcasses des moutons décimés par les épizooties. Il faut savoir que le pastoralisme était autrefois très important dans l'Aude. Il n'était pas rare de compter plus de 50 000 têtes de bétail dans les communes.
Ces carcasses faisaient le régal des corbeaux, d'où une hypothèse de l'appellation des Corbières. Ce mode d'élimination écologique des animaux morts, aujourd'hui interdit, est à nouveau revendiqué, notamment dans les régions pyrénéennes ; des études scientifiques[réf. nécessaire] confirment en effet que l'appareil digestif des corbeaux et des vautours annihile les germes des maladies.
Vignoble
[modifier | modifier le code]Aire d'appellation
[modifier | modifier le code]| Images externes | |
| Carte des communes concernées | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophotos du parcellaire de l'appellation | |


Le vignoble est située au sud du département de l'Aude, dans le massif des Corbières, entre Narbonne au nord-est et Carcassonne au nord-ouest, entre le fleuve l'Aude au nord et le département des Pyrénées-Orientales au sud.
L'aire d'appellation concerne 87 communes : Albas, Arquettes-en-Val, Bages, Barbaira, Bizanet, Boutenac, Camplong-d'Aude, Canet, Capendu, Cascastel-des-Corbières, Caunettes-en-Val, Caves, Comigne, Conilhac-Corbières, Coustouge, Cruscades, Cucugnan, Davejean, Dernacueillette, Douzens, Duilhac-sous-Peyrepertuse, Durban-Corbières, Embres-et-Castelmaure, Escales, Fabrezan, Félines-Termenès, Ferrals-les-Corbières, Feuilla, Fitou, Floure, Fontcouverte, Fontiès-d'Aude, Fontjoncouse, Fraissé-des-Corbières, Gruissan, Jonquières, Labastide-en-Val, Lagrasse, Laroque-de-Fa, Leucate, Lézignan-Corbières, Luc-sur-Orbieu, Mayronnes, Maisons, Montbrun-des-Corbières, Montgaillard, Montirat, Montlaur, Montredon-des-Corbières, Montséret, Monze, Moux, Narbonne, Névian, Ornaisons, Padern, Palairac, La Palme, Paziols, Peyriac-de-Mer, Port-la-Nouvelle, Portel-des-Corbières, Pradelles-en-Val, Quintillan, Ribaute, Rieux-en-Val, Roquefort-des-Corbières, Rouffiac-des-Corbières, Saint-André-de-Roquelongue, Saint-Jean-de-Barrou, Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, Saint-Pierre-des-Champs, Serviès-en-Val, Sigean, Talairan, Taurize, Termes, Thézan-des-Corbières, Tournissan, Treilles, Tuchan, Vignevieille, Villar-en-Val, Villeneuve-les-Corbières, Villerouge-Termenès, Villesèque-des-Corbières et Villetritouls[3].
La vinification peut se faire sur une aire légèrement plus grande qui déborde sur 38 communes supplémentaires dans l'Aude (des voisines, mais aussi dans le Minervois), ainsi que huit du département voisin des Pyrénées-Orientales[3].
Géologie et orographie
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(1) montagne d'Alaric
(2) Saint-Victor
(3) Fontfroide
(4) Quéribus
(5) Boutenac
(6) Termenès
(7) Lézignan
(8) Lagrasse
(9) Sigean
(10) Durban
(11) Serviès
La zone d'appellation repose sur un terrain très tourmenté. Les strates ont été bouleversées par l'orogenèse alpine ayant donné naissance aux Pyrénées toutes proches. Cette histoire explique la variété des sous-sols et leur succession désordonnée en nature et en âge. Les roches sur sous-sol datent de l’ère primaire à l’ère quaternaire. Leur nature est aussi très contrastée : schistes, calcaires durs ou tendres, molasses, grès ou terrasses détritiques du quaternaire[2].
-
Vignoble de la Montagne d'Alaric.
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Vignoble produisant du boutenac.
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Vue aérienne du vignoble des Corbières.
Climatologie
[modifier | modifier le code]Les corbières bénéficient du climat méditerranéen, caractérisé par des étés chauds, ensoleillés et secs, des précipitations réparties sur trois saisons et l'influence de la tramontane. Si l'humidité de mars-avril-mai est bénéfique pour la vigne en rechargeant les nappes phréatiques et en arrosant le début de la végétation, celles d'octobre prennent souvent la forme d'épisodes cévenols aux effets parfois dévastateurs. Ces conditions rudes exigent une bonne adaptation des cépages à ce terroir et l'usage de porte-greffes tolérant le stress hydrique. L'ensoleillement s'étale sur 193 jours, 88 jours fortement et 113 faiblement. Ce facteur est particulièrement favorable à une bonne maturité du raisin entre juillet et septembre. Enfin, la zone subit de fortes contraintes liées au vent. Les Corbières sont situées dans l'aire d'influence de la tramontane. Ce vent violent de secteur ouest à nord-ouest, rafraîchit et assèche l'air ambiant. Il souffle en rafales, majoritairement en fin d'hiver et au printemps[19]. Si son action éloigne les risques de maladies cryptogamiques, sa violence peut abîmer les jeunes pousses fragiles insuffisamment palissées. La viticulture est une des rares activités agricoles possibles dans cette région aride.
La station météorologique de Narbonne-Jonquières (à 110 mètres d'altitude, dans le massif de Fontfroide : 43° 09′ 01″ N, 2° 57′ 21″ E)[20] est au nord-est de l'aire d'appellation, en plaine.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 10,9 | 12,1 | 15,5 | 18,1 | 21,8 | 26,4 | 29,3 | 29,1 | 24,9 | 19,9 | 14,6 | 11,5 | 19,5 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 7,8 | 8,4 | 11,3 | 13,6 | 17,2 | 21,3 | 24 | 23,9 | 20,2 | 16,2 | 11,4 | 8,5 | 15,3 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | 4,7 | 4,7 | 7,1 | 9,1 | 12,6 | 16,2 | 18,6 | 18,6 | 15,5 | 12,5 | 8,2 | 5,5 | 11,1 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre de jours avec gel | 2,7 | 2,9 | 0,6 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,4 | 2,5 | 9,2 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 61,4 | 46,5 | 48,2 | 63,6 | 51,3 | 32,5 | 17 | 31,1 | 60,6 | 92,5 | 78,4 | 52,2 | 635,3 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
La station météo de Mouthoumet (à 538 mètres d'altitude : 42° 57′ 34″ N, 2° 31′ 44″ E)[22] est représentative des conditions climatiques dans le sud-ouest montagneux du massif des Corbières.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Températures (°C) | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Maximale moyenne | 8,5 | 9,3 | 12,5 | 15 | 18,7 | 23,3 | 26,4 | 26,6 | 22,3 | 17,5 | 12,1 | 9,3 | 16,8 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Moyenne | 5,3 | 5,7 | 8,4 | 10,6 | 14,1 | 18,2 | 20,8 | 21 | 17,4 | 13,6 | 8,8 | 6,1 | 12,5 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Minimale moyenne | 2 | 2 | 4,4 | 6,1 | 9,5 | 13 | 15,2 | 15,4 | 12,5 | 9,7 | 5,4 | 2,8 | 8,2 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Nombre de jours avec gel | 8,6 | 7 | 2,6 | 0,4 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,2 | 2,4 | 6,5 | 27,7 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Précipitations | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Hauteur (mm) | 94,3 | 71,1 | 77 | 83,3 | 66,2 | 40,4 | 29,3 | 36,4 | 60,3 | 84,2 | 100,4 | 94,7 | 837,6 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
Encépagement
[modifier | modifier le code]Vignes à vin rouge
[modifier | modifier le code]Le cahier des charges de l'appellation impose comme cépages principaux le carignan N[note 1], le grenache N, le lledoner pelut N, le mourvèdre et la syrah N. Les cépages cinsault N, grenache gris G, le picpoul noir N et le terret noir N sont accessoires[3]. Depuis 2019 est aussi autorisée à titre expérimental pour dix ans une « variété d'intérêt à fin d'adaptation » (VIFA), limitée à un maximum de 5 % de l'encépagement : le marselan N.
Les règles de proportion de l'encépagement des exploitations sont complexes. Deux cépages au moins doivent cohabiter. Les cépages principaux (sauf le carignan) doivent représenter au moins la moitié des surfaces. Les cépages accessoires (plus le carignan) sont limités ensemble à la moitié de l'encépagement. Le cinsault est limité à 20 % et le grenache gris à 10 %[3].
Vignes à vin rosé
[modifier | modifier le code]Les cépages principaux sont le carignan N, le cinsaut N, le grenache N, le lledoner pelut N, le mourvèdre N, le piquepoul noir N et la syrah N. Les cépages accessoires sont le bourboulenc B, la clairette B, le grenache blanc B, le grenache gris G, le macabeu B, la marsanne B, le piquepoul blanc B, le piquepoul noir N, la roussanne B, le terret blanc B, le terret noir N, le vermentino B et le viognier B[3]. Est aussi autorisé à titre expérimental pour dix ans une « variété d'intérêt à fin d'adaptation » (VIFA), limité à un maximum de 5 % de l'encépagement : le carignan blanc B.
Les règles de proportions imposent au moins deux cépages. Les cépages grenache N, lledoner pelut N, mourvèdre N, picquepoul noir N et syrah N, ensemble ou séparément, doivent dépasser 25 % de l'encépagement, alors que le cinsaut N ne peut dépasser 75 %. Les cépages carignan N, grenache gris G et terret noir N sont limités à 50, le grenache gris G à 10 % de l'encépagement et l'ensemble des cépages bourboulenc B, clairette B, grenache blanc B, macabeu B, marsanne B, muscat à petits grains B, piquepoul blanc B, roussanne B, terret blanc B, vermentino B à 10 % de l'encépagement[3].
Vignes à vin blanc
[modifier | modifier le code]Les cépages principaux sont le bourboulenc B, le grenache blanc B, le macabeu B, la marsanne B, la roussanne B et le vermentino B. Leur sont adjoints les cépages accessoires clairette B, muscat blanc à petits grains B, piquepoul blanc B, terret blanc B et viognier B. Est aussi autorisé à titre expérimental pour dix ans une « variété d'intérêt à fin d'adaptation » (VIFA), limité à un maximum de 5 % de l'encépagement : le carignan blanc B.
Le cahier des charges impose une proportion supérieure ou égale à 90 % pour les cépages principaux et un minimum de deux cépages[3].
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Grenache noir N.
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Syrah N.
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Mourvèdre N.
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Carignan N.
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Vermentino B.
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Marsanne B.
Pratiques culturales
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La densité minimale de plantation des vignes est de 4 000 pieds par hectare. C'est une densité relativement basse comparée à celle de vignobles plus septentrionaux comme ceux de Bourgogne ; elle est justifiée par la quantité limitée en eau du sol. L'écartement entre rangs est limité à 2,5 mètres[3].
Lors de la taille de la vigne, la taille courte en gobelet est traditionnelle, additionnée de la taille en cordon. Les ceps sont taillés à six coursons maximum à deux yeux francs ou dans le cas du cordon, dix coursons à œil unique (en viticulture, un œil est un bourgeon fructifère, futur porteur de grappes). Les cépages marsanne, roussanne et syrah peuvent être taillés en guyot, limité à dix yeux par cep. Les cépages sujets à la coulure physiologique (grenache, noir et blanc) peuvent avoir quelques coursons taillés à cinq yeux pour assurer une production rentable même en cas d'année difficile[3].
L'entretien des vignes est obligatoire, en particulier la vigilance contre les maladies cryptogamiques et l'entretien du sol. Le taux de pieds morts ou manquants ne doit pas dépasser 20 % ; au-delà de cette limite, le rendement maximal de la parcelle est amputé du pourcentage de manquants.
Irrigation
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Elle est interdite du jusqu'au . Toutefois, le décret précise qu'elle peut être exceptionnellement autorisée[3]. Dans ce cas, elle est réservée aux conditions particulières de sécheresse d'un millésime.
Cette autorisation est demandée par l'organisme de défense et de gestion de l'appellation auprès de l'INAO, motivée par des données climatiques et de l'état des vignes qui nécessitent la mesure. Le directeur de l'INAO peut accorder la dérogation après avis du comité régional INAO. Le viticulteur qui le juge nécessaire s'engage à déclarer les parcelles irriguées avec la surface et le cépage à l'organisme d'inspection.[réf. nécessaire]
Vendanges
[modifier | modifier le code]Le viticulteur peut commencer les vendanges dès la publication préfectorale du ban des vendanges. Le raisin doit être jugé à bonne maturité : les normes minimales en sucre sont de 178 grammes par litre pour le raisin blanc (correspondant à un titre alcoométrique potentiel de 11,5) et 198 grammes par litre pour les raisins destinés aux vins rouge et rosé (équivalent à 11,5 % de volume pour le rosé et 12 % pour le rouge)[3].
Les vendanges sont majoritairement mécanisées, essentiellement pour des raisons de rapidité et de prix de revient.
Vins
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Le corbières est une « appellation sous-régionale » du vignoble du Languedoc-Roussillon (selon la hiérarchie mise en place par le CIVL)[24], en rouge, en rosé comme en blanc. Sur son aire de production, les vignerons peuvent aussi fabriquer des « appellations communales » boutenac (sur dix communes) et fitou (sur neuf autres communes), des vins doux naturels que sont le rivesaltes, le muscat de Rivesaltes et le grand-roussillon (sur les neufs communes produisant du fitou), de l'« appellation régionale » languedoc (dans les trois couleurs), plusieurs IGP (pays-d'oc, terres-du-midi, aude, le-pays-cathare et vallée-du-paradis) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).
Volumes
[modifier | modifier le code]Le volume moyen de corbières produit chaque année est de 400 000 hectolitres. Cette production est issue de plus de 11 000 hectares référencés dans l'appellation et du travail de plus de 1 300 producteurs. Les vins rouges constituent 87 % de la production, les vins de Corbières affichent une grande richesse de couleurs et d'arômes[Quand ?]. Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[1] :
| Année | corbières rouge | corbières rosé | corbières blanc | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | superficie (ha) | production (hl) | rendement (hl/ha) | |
| 2022 | 6 346 | 239 541 | 38 | 1 043 | 43 101 | 41 | 362 | 13 418 | 37 |
| 2023 | 6 297 | 172 651 | 27 | 910 | 30 297 | 33 | 384 | 11 000 | 29 |
| 2024 | 5 807 | 100 331 | 17 | 1 317 | 28 395 | 22 | 413 | 8 224 | 20 |
Vinification et élevage
[modifier | modifier le code]Vinification en blanc
[modifier | modifier le code]À l'arrivée au chai, le raisin blanc est généralement éraflé. Il peut aussi être foulé pour favoriser l'extraction du jus. Le pressurage sépare moût et marc. Une stabulation à froid permet un débourbage pour éliminer les particules potentiellement génératrices de mauvais goûts. Il est ensuite mis en cuve pour y effectuer la fermentation alcoolique. Le vin fini est stabilisé sans faire la fermentation malolactique. Pour les vins blancs et rosés, le taux de sucre résiduel est de quatre grammes par litre. Pour ces vins, le gramme supplémentaire de sucre par rapport au vin rouge est imperceptible, mais il modifie la perception gustative, donnant plus de gras et de moelleux[3].
Vinification en rosé
[modifier | modifier le code]Le vin rosé des Corbières peut être élaboré de deux manières[2]. Le rosé de saignée est issu du moût soutiré d'une cuve de rouge après seulement quelques heures de cuvaison. Il n'a pas eu le temps d'acquérir beaucoup de couleur et arbore une couleur rose plus ou moins soutenue en fonction du cépage et de la durée de la cuvaison.
La seconde méthode consiste à presser directement la vendange. Le premier jus est clair, comme celui du vin blanc, les suivants sont de plus en plus colorés. L'assemblage des jus permet de doser l'intensité de la couleur. Cette pratique est particulièrement bien adaptée aux cépages peu colorants : le grenache gris G, le cinsault N et, dans une moindre mesure, le grenache noir N.
Le moût est clarifié par stabulation à froid et débourbage, avant d'être mis à fermenter selon un procédé identique à la vinification en blanc.
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AOC corbières Domaine Guy Chevalier.
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AOC corbières Château La Voulte-Gasparets.
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Corbières Château de Villefalse.
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Corbières Domaine de Mandraou.
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Corbières Domaine Sainte-Eugénie.
Vinification en rouge
[modifier | modifier le code]Le raisin est mis en cuve dès la réception de la vendange. Une partie peut être foulée et éraflée. L'éraflage est une pratique qui gagne du terrain[2], les vins gagnant en souplesse et en finesse des tanins. Les polyphénols de la rafle sont en effet rustiques et âpres.
Une partie importante de la vendange est vinifiée en macération carbonique[2]. Cette méthode de fermentation en grains entiers a permis de tirer meilleur parti du carignan N. Ce cépage, dénigré pour ses rendements pléthoriques en plaines et son vin âpre, est devenu, grâce à cette fermentation, un cépage emblématique de l'AOC. Les autres cépages peuvent être vinifiés en cuvaison classique ou en macération carbonique[25]. La fermentation alcoolique doit aussi être achevée avec un taux de sucres fermentescibles[note 3] inférieur à trois grammes par litre. Dans le cas des vins dont le degré naturel dépasse 14 % de volume, le taux de sucres résiduel est toléré à 4 grammes par litre : la fin de fermentation est plus délicate avec un degré élevé[3].
À la fin de la fermentation alcoolique, le vin est soutiré. Le marc est pressé et le vin de presse est dégusté pour déterminer s'il est apte à être assemblé au vin de goutte. Le vin logé en cuve effectue la fermentation malolactique. Elle transforme l'acide malique à deux groupes carboxyle, en acide lactique qui n'en comporte qu'un. L'opération conduit à une désacidification naturelle du vin ; elle arrondit le vin, le rend plus souple et moins âpre.
Le vin fini vieillit quelques mois. Selon le produit recherché, cet élevage peut se faire en cuve, en barrique ou en foudre de bois de chêne.
Gastronomie
[modifier | modifier le code]Le corbières est un vin qui peut traditionnellement être marié à nombre de mets au cours d'un repas[26] : entrées (charcuterie, jambon, ballotine, ainsi que boudin noir et andouille), gibier à poil (chevreuil, sanglier, lièvre, lapin ainsi que daube et coq au vin), gibier à plume (faisan, pigeon, bécassine, caille, canard), viandes (agneau, veau, bœuf sous leurs différentes préparations), plats régionaux (fréginat, cassoulet, aligot), fromages (beaufort, édam, fromage de brebis), etc.
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Un corbières du Château Haut-Gléon.
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Un cassoulet servi par la Confrérie Universelle du Cassoulet.
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Un verre de corbières rouge.
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Terroir viticole à Villeneuve-les-Corbières.
Structure des exploitations
[modifier | modifier le code]-
La coopérative de Cascastel.
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Façade de la cave de Cascastel.
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Cave de la vallée du Paradis.
À partir du troisième quart du XXe siècle, une restructuration a regroupé les caves coopératives qui sont passées de 135 en 1974 à 74 en 2002 dans le département[4]. Dans l'aire de l'AOC, sur les 1 340 opérateurs en 2018, il y a 1 065 viticulteurs et 275 vinificateurs (275 caves particulières, 29 coopératives et 135 négociants)[2].
Depuis une quinzaine d'années, réencépagement, sélections et utilisation de nouvelles méthodes ont permis aux vignerons de se tourner vers la qualité.
Commercialisation
[modifier | modifier le code]En 2009, les ventes annuelles en grandes et moyennes surfaces (GMS) de l’AOC Corbières ont été en baisse de -6 % en volume. Cette tendance a été générale sur l'ensemble des AOC du Languedoc-Roussillon à l'exception du languedoc (AOC) et des côtes-du-roussillon villages[27].
| Les ventes en GMS des AOC minervois, corbières et languedoc en 2009 | ||
|---|---|---|
| Total GMS | Vente en volume (million de litres) | Vente en valeur (million d'euros) |
| AOC minervois | 3,8 (-12 %) | 10,5 (-9 %) |
| AOC corbières | 15,4 (-6 %) | 38 (-2,5 %) |
| AOC languedoc | 2,8 (+15 %) | 14,8 (+13 %) |
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec une minuscule, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute une majuscule au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.
- ↑ Les sucres fermentescibles sont le glucose et le fructose.
Références
[modifier | modifier le code]- « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le ).
- INAO, « Corbières », Site inao.gouv.fr, (consulté le ).
- « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « CORBIÈRES » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
- Histoire du vin dans l'Aude
- ↑ Jeunes et restrictions alimentaires chez les Cathares
- ↑ J. J. Barrau, Histoire des croisades contre les Albigeois, 1847
- ↑ Histoire du vignoble du Languedoc-Roussillon
- ↑ Michel Cotte, Canal du Midi, merveille de l'Europe, p. 80-81.
- Corbières, Minervois, terres de liens
- « Arrêtés du 2 avril 1951 sur les conditions d’attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Corbières » », publié au JORF du .
- ↑ « Arrêté du 11 janvier 1952 fixant les conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant des appellations d’origine « Corbières du Roussillon » et « Corbières supérieures du Roussillon » », publié au JORF du .
- ↑ « Arrêté du 6 janvier 1971 sur les conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant des appellations d'origine « Corbières », « Corbières supérieures », « Corbières du Roussillon », « Corbières supérieures du Roussillon », « Roussillon dels Aspres » et « Minervois » », publié au JORF du .
- ↑ « Décret du 28 mars 1977 définissant l'appellation d'origine contrôlée « Côtes du Roussillon Villages » », publié au JORF du .
- ↑ « Décret du 24 décembre 1985 définissant les conditions de production des vins à appellation d'origine contrôlée « Corbières » », publié au JORF du .
- ↑ « Décret du 20 mai 2005 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Corbières-Boutenac » », publié au JORF no 123 du .
- ↑ « Décret n° 2009-1339 du 29 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Corbières », « Corbières-Boutenac », « Crémant de Bordeaux », « Faugères », « Languedoc », « Minervois », « Minervois-La Livinière » et « Rivesaltes » », publié au JORF no 0252 du .
- ↑ « Décret n° 2011-1800 du 6 décembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Corbières » », publié au JORF no 0284 du .
- ↑ « Arrêté du 2 septembre 2022 homologuant le cahier des charges de l'appellation d'origine protégée « Boutenac » », publié au JORF no 0209 du .
- ↑ « Tramontane », site meteofrance.com (consulté le )
- ↑ « 11262005 – NARBONNE – JONQUIERES » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
- ↑ « Fiche 11262005 Narbonne », sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/data (consulté le ).
- ↑ « 11260002 – MOUTHOUMET – LE PURGATOIRE » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
- ↑ « Fiche 11260002 Mouthoumet » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
- ↑ « Le socle et la hiérarchie », sur languedoc-aoc.com (consulté le ).
- ↑ « Cépages des Corbières », Site corbièresweb.com (consulté le )
- ↑ Accords mets/vin Corbières AOC
- ↑ Ventes annuelles des vins du Languedoc-Roussillon en GMS
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Corbières – défricheurs de saveurs », sur vins-corbieres.com (site de l'ODG de l'appellation)
- « AOP Corbières », sur languedoc-aoc.com (site de l'ODG languedoc)
