Blade Runner (film)

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Blade Runner

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Logotype du film

Titre original Blade Runner
Réalisation Ridley Scott
Scénario Hampton Fancher
David Webb Peoples
D'après le roman de
Philip K. Dick.
Acteurs principaux
Sociétés de production The Ladd Company
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Science-fiction
Thriller
Sortie 1982
Durée 117 minutes (director's cut)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Blade Runner[n 1] est un film américain de science-fiction, réalisé par Ridley Scott et sorti en 1982. Son scénario s'inspire assez librement du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? écrit par Philip K. Dick, à qui le film est dédié. Il se situe à Los Angeles en 2019 et met en scène Rick Deckard, interprété par Harrison Ford, un ancien policier qui reprend du service pour traquer un groupe de réplicants, robots créés à l'image de l'Homme, menés par l'énigmatique Roy Batty (interprété par Rutger Hauer).

Le développement du projet ainsi que le tournage du film sont difficiles. Les producteurs, peu satisfaits de la version du réalisateur, opèrent quelques changements, modifiant notamment la fin du film. À sa sortie, le film est un échec commercial aux États-Unis et est accueilli durement par la critique. Il remporte néanmoins trois BAFTA Awards ainsi que le prix Hugo et rencontre le succès dans le reste du monde.

La réputation du film s'améliore avec les années notamment lorsqu'une version director's cut, approuvée par Ridley Scott, sort en 1992. Cette version instaure plus clairement le doute quant à l'identité réelle de Deckard et renforce donc la thématique principale du film qui est un questionnement sur notre humanité. Le style visuel du film et son ambiance néo-noire en font désormais une référence de la science-fiction et plus particulièrement du mouvement cyberpunk. Il est sélectionné en 1993 par la National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès pour être conservé en raison de son importance et, en 2007, par l'American Film Institute dans son classement des 100 plus grands films américains de tous les temps, à la 97e place. Il a acquis depuis lors un véritable statut de film culte et est considéré comme un film majeur de l'histoire du cinéma car précurseur de différents styles grâce à l'utilisation de thèmes récurrents ; nombre d'autres films, de séries télévisées et de jeux vidéo s'en sont inspirés.

Une version restaurée, baptisée « final cut », sort en 2007.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Contexte général[modifier | modifier le code]

L'histoire se déroule en novembre 2019, à Los Angeles, au climat pluvieux et où la quasi-totalité de la faune a disparu. La population est encouragée à coloniser d'autres planètes. Les animaux sont artificiels et ce sont des androïdes, appelés « réplicants » (parfois orthographié « répliquants »), plus ou moins considérés comme des esclaves modernes, qui sont utilisés pour les travaux pénibles ou dangereux, dans les forces armées ou comme objets de plaisir.

Les réplicants sont fabriqués par la seule Tyrell Corporation, dirigée par Eldon Tyrell, dont le siège est installé dans une haute et massive tour pyramidale qui domine la ville. Ils sont créés à partir de l'ADN humain mais ne sont ni des clones, ni des robots. Après une révolte sanglante et inexpliquée des réplicants dans une colonie martienne, ils sont interdits sur Terre. Des unités policières spéciales, les Blade Runners, interviennent pour faire respecter la loi par les contrevenants androïdes. Ils ont donc l'autorisation de tuer n'importe quel réplicant en situation irrégulière. On appelle cela un « retrait ». Toutefois, les androïdes les plus modernes sont difficiles à distinguer des humains. Les Blade Runners doivent alors enquêter longuement afin d'avoir la certitude qu'il s'agit bien d'un androïde avant de le « retirer ».

Résumé détaillé[modifier | modifier le code]

Six réplicants du modèle Nexus-6, génération extrêmement perfectionnée mais d'une durée de vie limitée à quatre ans (pour éviter qu'ils ne s'humanisent), détournent un vaisseau spatial, dont ils massacrent l'équipage et les passagers, avant de regagner la Terre. Ils essayent de s'infiltrer dans la Tyrell Corporation mais deux d'entre eux meurent lors de la tentative et les autres disparaissent. Plus tard, Dave Holden, un Blade Runner, fait passer le test de Voight-Kampff à Leon Kowalski, un nouvel employé de la Tyrell Corporation. Mal à l'aise, Leon, qui est un des réplicants impliqués dans l'affaire, lui tire dessus.

Gaff, un policier amateur d'origami, contacte alors Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a quitté le service. Il le conduit à Bryant, l'ancien supérieur de Deckard. Celui-ci informe Deckard de la situation. Bryant montre à Deckard la vidéo où Leon tire sur Holden. Le chef des Blade Runner fixe la mission de Deckard : retrouver et éliminer Leon, Zhora, Pris et Roy Batty (le chef du groupe), les quatre réplicants disparus.

Deckard se rend à la Tyrell Corporation pour y rencontrer Eldon Tyrell, le créateur des réplicants, afin d'obtenir des informations sur les Nexus-6. Tyrell lui demande de faire passer le test de Voight-Kampff à Rachel, son assistante. À l'issue d'une longue série de questions, Deckard détermine que Rachel est un réplicant. Tyrell explique ensuite qu'elle ne le sait pas car on lui a implanté de faux souvenirs, ceux de sa nièce, qui lui fournissent une « mémoire émotionnelle ». Pendant ce temps, Leon et Roy vont à la rencontre de Hannibal Chew, le scientifique qui conçoit les yeux des androïdes. Ils cherchent quelqu'un qui serait capable d'allonger leur durée de vie et Chew leur indique le nom de J. F. Sebastian, un généticien très proche de Tyrell.

Rachel rend visite à questions, Deckard afin qu'il lui confirme, ou non, ses soupçons sur sa véritable identité. Il lui dit la vérité. De son côté, Pris gagne la confiance de Sebastian en se faisant passer pour une sans-abri. Il la recueille dans l'immense immeuble entièrement vide dans lequel il vit en compagnie de ses créations robotiques[n 2].

Plus tard Deckard fouille l'appartement de Leon où il trouve une photo de Zhora et une écaille de serpent artificiel[n 3]. Ces indices le conduisent au club de striptease de Taffey Lewis où travaille Zhora. Elle découvre aisément les intentions du policier, ce qui entraîne une course-poursuite dans les rues de Los Angeles, au terme de laquelle Deckard abat Zhora. Bryant le félicite mais l'informe qu'il doit désormais également « retirer » Rachel, qui a disparu de la Tyrell Corporation. Cette nouvelle attriste Deckard, qui a des sentiments pour le réplicant. Il remarque Rachel dans la foule, mais il est attaqué et désarmé par Leon. Le réplicant est sur le point de tuer Deckard lorsque Rachel lui tire une balle dans la tête avec l'arme de Deckard. Deckard accompagne Rachel chez lui et lui promet qu'il ne la pourchassera pas. C'est à ce moment que Rachel conseille à Deckard de faire le test sur lui-même (un nouvel indice quant à la possible identité de Rick Deckard, qui vient s'ajouter aux nombreuses allusions qui laissent à croire qu'il pourrait être un réplicant[1]).

Au même moment, Roy rejoint Pris chez Sebastian et sympathise avec lui. En effet ce dernier a une espérance de vie limitée car il souffre d'un vieillissement accéléré (dit « syndrome de Mathusalem »). Ainsi liés d'amitié, tous deux s'introduisent à la Tyrell Corporation et utilisent une partie d'échecs opposant Sebastian à Tyrell comme prétexte pour cette intrusion. Le chef des réplicants conseille un mouvement à son prétendu ami, ce qui a pour effet de lui faire remporter la partie. Roy demande ensuite à son créateur de rectifier le caractère génétique qui limite sa durée de vie, mais Tyrell lui explique que c'est impossible. Tyrell cherche ensuite à flatter l'ego de Roy en vantant ses accomplissements mais le réplicant l'assassine et tue ensuite Sebastian.

Deckard, informé des évènements, se rend chez Sebastian où il est attaqué par Pris. Il parvient à la tuer mais Roy arrive peu après. Le réplicant, qui sent sa vie arriver à son terme, rendu furieux par la mort de sa petite amie, donne la chasse à Deckard, mais en lui laissant une chance de lui échapper après lui avoir tout de même cassé plusieurs doigts. Deckard s'enfuit par le toit mais rate un saut et s'accroche au rebord du toit. Au moment où il lâche prise Roy le sauve. Le réplicant meurt après avoir livré à Deckard ses dernières pensées. Gaff survient ensuite et rappelle à Deckard que Rachel doit, elle aussi, mourir. Deckard retourne à son appartement où il trouve Rachel endormie. Ils quittent les lieux et Deckard trouve alors un origami, signe que Gaff est déjà passé mais qu'il a laissé Rachel en vie. Dans la version director's cut du film, la dernière image est celle des portes de l'ascenseur se refermant derrière Deckard et Rachel, alors que la version antérieure les montre ensuite tous les deux en voiture dans la campagne, sous un ciel bleu.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Sources voxographie : AlloDoublage (VF)[3] et doublage.qc.ca (VQ, version de 1992)[4]

Personnages[modifier | modifier le code]

Réplicants[modifier | modifier le code]

Personnes habillées et coiffées comme Rachel, Roy Batty et Zhora lors de la Comic-Con 2007.
Personnes déguisées en réplicants du film Blade Runner à la Comic-Con 2007. De gauche à droite, Rachel, Roy Batty et Zhora.
Article détaillé : Réplicant.

Les réplicants sont les androïdes créés et utilisés par les humains dans différents domaines, notamment militaire, mais aussi domestique. Plus ils sont évolués, plus leur durée de vie est courte, pour éviter leur humanisation. Dans le roman de Philip K. Dick, le terme utilisé est « androïde ». Cependant, le réalisateur Ridley Scott souhaite une nouvelle appellation pour éviter tout préjugé. Le scénariste David Webb Peoples consulte sa fille, qui étudie la microbiologie et la biochimie, et celle-ci lui suggère le terme « répliquer » correspondant au processus de reproduction des cellules clonées. Il en tire l'appellation « réplicant » et l’insère dans le scénario de Hampton Fancher[5].

Telles des machines, ils sont « immatriculés ». Ainsi, Leon reçoit l'identifiant « N6MAC41717 », Roy Batty « N6MAA10816 », Pris « N6FAB21416 » et Zhora « N6FAB61216 ». N6 désigne la génération du réplicant (Nexus-6), les trois lettres suivantes (MAC, par exemple) indiquent respectivement le genre, le niveau physique et le niveau mental (le niveau B est la moyenne humaine et le niveau A est le meilleur). Les derniers chiffres représentent la « date de naissance » de l'androïde, soit le 12 juin 2016 pour Zhora (61216)[6]. Le niveau physique A, celui de Roy Batty, permet au réplicant de supporter pendant une courte durée des températures allant de -200 °C à 600 °C[7].

À l'instar des humains, les réplicants doivent se nourrir. Il est également possible qu'ils supportent et apprécient l'alcool. Or différentes scènes prouvent plus ou moins explicitement que Deckard boit, ce qui accrédite l'idée qu'il est peut-être un androïde, entretenant l'ambiguïté constante du film. Cette tendance peut expliquer son besoin de gérer ses sentiments par la griserie[8].

Les réplicants ne peuvent pas se reproduire[8]. En revanche, ils peuvent développer de l'affection envers un ou plusieurs de leurs congénères[9].

Assistante d'Eldon Tyrell elle ignore, au début du film, qu'elle est un réplicant car, en tant que modèle expérimental développé par Tyrell, elle est dotée d'une mémoire affective fictive.

Il est spécialisé dans la colonisation et le domaine militaire. Il organise, avec ses congénères, la recherche de leurs origines. C'est un des réplicants les plus évolués avec un niveau physique et mental excellent.

C'est la petite amie de Roy. Elle est spécialisée dans le domaine militaire et dans le plaisir. Ce type de réplicant est considéré comme un « humain de compagnie ».

C'est le bras droit de Roy Batty. Celui-ci l'emploie souvent pour les affrontements directs. Apparemment peu intelligent, il est spécialisé dans le combat.

Réplicant spécialisé dans l'assassinat et les opérations secrètes.

Blade Runners[modifier | modifier le code]

Les Blade Runners sont les policiers chargés de tuer (« retirer ») les réplicants qui ont contrevenu aux lois.

  • Rick Deckard : personnage principal du film. En tant que Blade Runner, il est chargé de traquer les réplicants déclarés illégaux.
  • Gaff : policier amateur d'origami et s'exprimant dans un argot urbain, il seconde Deckard dans sa traque.
  • Dave Holden : il surveille les nouveaux employés de la Tyrell Corporation car les réplicants sont susceptibles de l'infiltrer.

Humains[modifier | modifier le code]

  • J. F. Sebastian (William Sanderson) : C'est à lui que Roy et Pris demandent de reprogrammer les réplicants afin d'allonger leur durée de vie. Il a lui-même une espérance de vie limitée à cause d'une maladie, le « syndrome de Mathusalem ».
  • Eldon Tyrell (Joe Turkel) : Il est le fondateur et le propriétaire de la Tyrell Corporation ; il a inventé et fabrique les réplicants. Lui seul a la capacité de les reprogrammer.
  • Bryant (M. Emmet Walsh) : C'est un policier, chef du département de détection des réplicants à Los Angeles. C'est lui qui décide de leur « retrait » et qui envoie des Blade Runners pour l'effectuer.
  • Hannibal Chew (James Hong) : Il crée les yeux artificiels des réplicants pour la Tyrell Corporation. Il reçoit la visite de Roy et Leon car ils savent que l'œil est un organe où le test Voight-Kampff peut détecter les réactions typiques du réplicant. Ils pensent que c'est là le secret de leur conception et que Chew pourrait donc allonger leur durée de vie.

Différences entre réplicants et humains[modifier | modifier le code]

Pour repérer les réplicants, le Blade Runner se concentre sur les trois principales différences avec les humains :

  • les réplicants ne sont pas sensibles à la vie animale et ne ressentent rien lorsqu'un animal est mis à mort alors que les humains y sont très attachés, d'autant plus que les vrais animaux sont très rares, remplacés par des animaux artificiels ;
  • ils n'ont généralement aucune forme d'empathie entre eux et envers les autres. Ainsi, ils ne font rien pour aider l'un des leurs et sont souvent résignés lorsqu'un Blade Runner les découvre. Cette absence d'empathie est néanmoins parfois contredite, comme peut en témoigner la tristesse de Roy lorsqu'il découvre Pris gisant sur le sol ;
  • ils ont une moelle osseuse différente de celle des humains car leur génome a été créé artificiellement, ce qui permet une vérification post-mortem.

Le Blade Runner peut découvrir un réplicant en effectuant un test d'empathie Voight-Kampff, qui consiste à déceler les réactions physiologiques involontaires du sujet lors d'une mise en situation (concernant l’attachement maternel, un stress affectif ou moral…) via une série de questions. Une machine peut également être utilisée pour déceler plus facilement les réactions physiologiques du patient. Les réactions possibles, moins remarquables chez les réplicants de dernière génération, sont par exemple un changement du rythme de la respiration ou du cœur ou un mouvement infime dans l'œil[10].

Production[modifier | modifier le code]

Développement du projet[modifier | modifier le code]

L'industrie du cinéma s'intéresse à la possibilité d'adapter le roman de Philip K. Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (Do Androids Dream of Electric Sheep?) peu après sa publication en 1968. Martin Scorsese est intéressé pendant un temps par le projet, mais il ne le financera jamais[11]. Le producteur Herb Jaffe met une option sur les droits d'adaptation au début des années 1970 mais le scénario écrit par son fils Robert déplaît fortement à l'écrivain. Celui-ci raconte que Robert Jaffe est venu le voir pour discuter du projet et que, dès sa descente de l'avion, la première chose que Dick lui a dite est « Est-ce que je te passe à tabac ici à l'aéroport, ou est-ce que je devrais attendre qu'on soit rentré à mon appartement ? »[12]

C'est l'acteur Hampton Fancher qui acquiert les droits d'adaptation du roman de Philip K. Dick en 1977[13]. Il écrit une première version du scénario, prévue pour un film à petit budget, où l'essentiel des scènes se passe en intérieur[14]. Fancher pense d'abord réaliser le film, mais demande l'avis du producteur Michael Deeley. Ce dernier redirige Fancher vers Ridley Scott. Scott commence par refuser car il est pris par la préproduction de Dune mais, exaspéré par la lenteur avec laquelle avance ce projet, et voulant travailler sur une production plus dynamique afin de se changer les idées à la suite de la mort de son frère aîné en 1980, il quitte Dune, laissant sa réalisation à David Lynch[15]. Scott accepte de rejoindre le projet, baptisé alors Dangerous Days, le 21 février 1980, à la condition de pouvoir opérer des changements sur le script de Fancher, qui se focalise surtout sur les questions écologiques. David Webb Peoples est engagé pour réécrire le scénario du film, rebaptisé entre-temps Blade Runner, nom que Scott aime beaucoup et qui provient d'un roman d'Alan E. Nourse (The Bladerunner, 1974, dont le sujet est totalement différent). Peoples persuade Scott de garder l'essentiel de l'œuvre de Dick et reprend le script de Fancher qui a du mal à accepter les modifications et quitte le projet le 21 décembre 1980. Fancher revient néanmoins pour contribuer à quelques réécritures supplémentaires[16].

La compagnie de production Filmways, qui a promis d'investir 15 000 000 $ dans le film et qui a déjà dépensé 2 500 000 $ dans la préproduction[17], se retire brusquement du projet en raison de difficultés financières alors que la date de début du tournage approche. Michael Deeley réussit alors à trouver en dix jours un budget de 21 500 000 $ en concluant un accord avec The Ladd Company, le producteur hongkongais Run Run Shaw, dirigeant de Shaw Brothers, et Tandem Productions, dirigée par Bud Yorkin et Jerry Perenchio[18],[19]. Yorkin et Perenchio assurent la caution en cas de dépassement du budget et le contrat qu'ils signent pour financer le film leur accorde, le cas échéant, des droits importants sur la production[14].

Choix des acteurs[modifier | modifier le code]

Pour le rôle de Rick Deckard, Hampton Fancher écrit les dialogues de la première version du scénario en ayant Robert Mitchum à l'esprit. Par la suite, Ridley Scott et les producteurs du film passent plusieurs mois à discuter du rôle avec Dustin Hoffman mais l'acteur finit par décliner la proposition car sa vision du personnage ne s'accorde pas avec celle du réalisateur. De nombreux autres acteurs sont envisagés pour le rôle, notamment Peter Falk, Al Pacino, Nick Nolte et Burt Reynolds. C'est finalement Harrison Ford qui est choisi pour plusieurs raisons : son interprétation dans les deux premiers Star Wars, son intérêt pour le scénario et les chaudes recommandations de Steven Spielberg, avec qui il vient de tourner Les Aventuriers de l'arche perdue. Ford, qui cherche un rôle avec plus de profondeur dramatique, est finalement engagé grâce à l'insistance de Spielberg[14].

Plusieurs actrices peu connues auditionnent pour les rôles de Rachel et de Pris. Après une longue série d'auditions où Morgan Paull donne la réplique aux actrices dans le rôle de Deckard, c'est Sean Young qui est choisie pour le rôle de Rachel. Morgan Paull, qui avait plutôt recommandé l'actrice Nina Axelrod, est engagé pour tenir le rôle de Holden à la suite de ses prestations jugées convaincantes durant ces auditions. Daryl Hannah est choisie pour interpréter le personnage de Pris, pour lequel Stacey Nelkin et Monique van de Ven avaient également été auditionnées. Stacey Nelkin se voit confier le rôle d'un autre réplicant mais le personnage est finalement supprimé avant le tournage[14].

Rutger Hauer est engagé sans difficulté pour le rôle de Roy Batty. Scott le choisit sans même le rencontrer, sur la base de son jeu d'acteur dans trois films de Paul Verhoeven : Turkish Délices, Katie Tippel et Le Choix du destin[14]. Philip K. Dick lui-même approuve ce choix, décrivant l'acteur comme « le parfait Roy Batty. Froid, aryen, sans défaut »[20]. Edward James Olmos, choisi pour interpréter Gaff, se sert de ses origines ethniques diverses et fait des recherches pour créer l'argot urbain fictionnel qu'il utilise dans le film[21]. William Sanderson, engagé pour le rôle de J. F. Sebastian pour lequel avait été aussi envisagé Joe Pantoliano, étudie les cas de personnes atteintes de vieillissement prématuré pour se préparer au rôle[22].

Tournage[modifier | modifier le code]

Vue de l'intérieur du Bradbury Building, le décor de l'appartement de J. F. Sebastian.
L'intérieur du Bradbury Building, le décor de l'appartement de J. F. Sebastian.

Le réalisateur a du mal à s'acclimater aux studios d'Hollywood (c'est le premier film qu'il y réalise) à cause de la hiérarchie et de l'organisation qui lui sont inhabituelles :

« Je crois que la mise en scène, telle que je l'ai pratiquée jusqu'à présent, m'a donné plus de liberté que je n'en ai obtenu à Hollywood. J'ai donc dû apprendre à construire un film selon de nouvelles règles. À la base, par exemple, je suis opérateur, mais je ne pouvais pas exercer mes talents ici ; alors il a bien fallu que je me contente d'obtenir des images par l'intermédiaire de chefs opérateurs, qui étaient très bons. Ça s'est bien passé, mais c'était entièrement nouveau pour moi[23]. »

Le tournage débute le 9 mars 1981 et se termine quatre mois plus tard[24]. Il se déroule à Los Angeles aux studios de Burbank, où sont recréées les rues du Los Angeles futuriste et que Scott trouve « formidables »[23], et dans des lieux comme le Bradbury Building pour l'appartement de J. F. Sebastian et l'Ennis House pour celui de Deckard. C'est l'Union Station qui est utilisée comme décor pour le quartier général de la police[25]. Durant le tournage, Scott a de nombreuses frictions avec Harrison Ford[26]. L'acteur estime que le réalisateur ne lui donne pas assez d'indications sur la façon de jouer son personnage et il est irrité par ce qu'il croit être un manque d'attention, alors que Scott pense que Ford est suffisamment expérimenté pour ne pas avoir besoin de lui ; le réalisateur préfère conseiller les actrices Sean Young et Daryl Hannah qui interprètent toutes deux leur premier rôle important. Les conditions de tournage, souvent de nuit et sous une pluie artificielle, n'arrangent pas l'humeur d'Harrison Ford, qui conserve un mauvais souvenir du tournage[14].

Ridley Scott rencontre également des soucis avec son équipe, essentiellement américaine, qui n'est pas habituée à ses méthodes de travail et au fait qu'il supervise étroitement la direction artistique du film. Plusieurs membres de l'équipe démissionnent pendant le tournage. La tension atteint son comble quand Scott dit dans une interview pour un journal britannique qu'il préfère travailler avec une équipe anglaise. En signe de protestation, le personnel du film prépare des tee-shirts où il est écrit « Yes Gouv, My Ass ! » (« Oui gouverneur, mon cul ! »), et les mettent pour travailler. Informé, Scott arrive le même jour sur le plateau avec un grand chapeau d'amiral britannique sur lequel est inscrit « Gouv », ainsi qu'un tee-shirt « Xenophobia Sucks » (« La xénophobie, ça craint »). Ce trait d'humour allège la tension[14].

Joanna Cassidy, arrivée vers la fin du tournage, joue avec son propre serpent, un python de Birmanie alors âgé de huit ans[27]. L'acteur Hy Pyke, qui interprète Taffey Lewis, réussit à tourner sa scène en une seule prise, chose extrêmement rare dans les films de Scott, réalisateur connu pour son sens du détail qui réalise souvent plus de dix prises pour une scène[28]. Le perfectionnisme de Scott lui cause d'ailleurs des problèmes avec la production, qui s'inquiète du retard pris par le film. Le tournage se termine dans l'urgence car la production a fixé une date limite au-delà de laquelle elle cessera de payer. Les derniers jours de tournage s'effectuent donc sous une grande pression[14].

Vue extérieure d'Ennis House, utilisée pour représenter l'appartement de Deckard.
Vue extérieure d'Ennis House, utilisée pour représenter l'appartement de Deckard.

Le monologue de Roy Batty à la fin du film est la dernière scène à être tournée. Il est à l'origine prévu pour être plus long et les deux dernières phrases (« Tous ces moments se perdront dans l'oubli comme les larmes dans la pluie. Il est temps de mourir. ») n'y figurent pas. C'est Rutger Hauer qui persuade Ridley Scott de supprimer son début car il considère que son personnage mourant n'a pas le temps de faire un long discours ; il improvise en revanche la fin du monologue[29], considéré comme l'un des plus réussis de l'histoire de la science-fiction[30],[31],[32].

L'écrivain est mort l'année de la sortie du film. C'est pourquoi il lui est dédié[33].

Montage[modifier | modifier le code]

Le budget prévu pour le film ayant été dépassé de plus de 10 %, Bud Yorkin et Jerry Perenchio font jouer la clause du contrat qui leur permet de renvoyer le réalisateur dans ce cas et Ridley Scott ne conserve le poste que grâce à l'intervention d'Alan Ladd Jr., président de The Ladd Company. Le montage du film se fait en Angleterre pendant l'été 1981. De nombreuses scènes doivent être coupées pour que la durée du film n'excède pas deux heures, comme exigé par la production. Lors de la première projection privée, les producteurs ne comprennent pas de nombreux éléments du film et, après les projections tests où les réactions des spectateurs sont majoritairement négatives, ils insistent pour rajouter une voix off explicative et modifier la fin dans le but de la rendre plus heureuse. Des rushes de Shining sont donc utilisés pour la vue aérienne des montagnes et de la voiture de Deckard et Rachel, ajoutée à la fin du film[14].

Harrison Ford doit enregistrer la voix off présente dans le film alors qu'il préfère de loin la version sans voix off. Il décrit cette expérience comme un « cauchemar », étant obligé contractuellement d'enregistrer en studio des commentaires qu'il considère comme mauvais et qui correspondent aux souhaits de la production et non du réalisateur[34].

Design[modifier | modifier le code]

Le dessinateur français Moebius (ici en 1992), dont l'œuvre a fortement inspiré les décors de Blade Runner.
Le dessinateur français Moebius (ici en 1992), dont l'œuvre a fortement inspiré les décors de Blade Runner, a été pressenti pour travailler sur le film.

Selon Ridley Scott, Blade Runner s'aborde comme une bande dessinée :

« Je voyais en Deckard une sorte d'Humphrey Bogart. Enfin, tout ça vient sans doute du fait qu'à l'origine j'avais considéré le film comme une sorte de bande dessinée. C'était mon « euréka ! » Quand j'ai lu le scénario, j'ai senti aussitôt que je savais comment le faire. C'était l'une des énergies qui m'ont fait m'y attaquer : je pensais que nous en ferions très certainement une sorte de bande dessinée[23]. »

L'atmosphère particulière est, entre autres, inspirée de travaux de Moebius publiés dans Métal hurlant (notamment les dessins qu'il a réalisés pour la bande dessinée The Long Tomorrow de Dan O'Bannon)[27],[35]. Le film noir et la science-fiction fusionnent dans l'atmosphère futuriste baignée par la musique de Vangelis, malgré les quelques infidélités du réalisateur que les critiques n'hésiteront pas à souligner[23]. Elles peuvent être expliquées par le fait que Ridley Scott n'a jamais lu le roman de Dick, dont il tire pourtant l'œuvre[27].

Avant Blade Runner, Ridley Scott et Moebius ont collaboré à Alien, le huitième passager. Scott souhaite voir Moebius travailler aussi à ce film, mais comme il a été engagé pour le film d'animation Les Maîtres du temps, cela ne peut se faire. Néanmoins, bien qu'il ne soit pas impliqué directement, son œuvre sert de référence lors de la production[36]. Scott engage le designer « futurologue » Syd Mead, lui aussi très influencé par Métal hurlant[37]. Le tableau Nighthawks d'Edward Hopper, peint en 1942, influence le style rétrofuturiste du film, Scott affirmant plus tard : « j'agitais constamment sous le nez de l'équipe de production une reproduction du tableau pour illustrer le look et l'ambiance que je recherchais »[36].

La présence dans l'équipe technique de Douglas Trumbull, le maître des effets spéciaux d'Hollywood, qui est à l'origine des effets de 2001, l'Odyssée de l'espace ou de Rencontres du troisième type, est aussi à souligner. Ridley Scott, qui connaît Trumbull depuis des années sans qu'ils aient jamais eu l'occasion de collaborer, lui confie immédiatement l'élaboration des nombreux effets visuels du film, des miniatures pour le survol fictif du paysage industriel et de la pyramide de la Tyrell Corporation au début du film (décor justement surnommé « L'enfer de Ridley ») à la reproduction grandeur nature du cockpit des vaisseaux sillonnant la ville. Il reçoit, en 1983, le Special Achievement Award pour la réalisation des effets visuels de Blade Runner[27].

Le film est également influencé par Metropolis, de Fritz Lang, pour ses décors urbains verticaux avec des tours immenses, ses réseaux de circulation intenses, ses écrans de signalisation et pour l'opposition entre les dirigeants, qui vivent dans les hauteurs, et le reste de la population, massée dans des quartiers pauvres et pollués[38]. Le responsable des effets spéciaux David Dryer se fonde donc sur Metropolis pour les plans des miniatures d'immeubles de Blade Runner[39],[40]. Deux autres films sont des sources d'inspiration, 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick[41] et Shanghai Gesture de Josef von Sternberg.

La réalisation est marquée par l'importance que Ridley Scott accorde à l'image. En effet, passionné de bandes dessinées et réalisateur de films publicitaires, il s'applique à représenter une vision du futur par les effets visuels, rejoignant ainsi une génération de réalisateurs pour qui l'image est au centre du film[42]. Une des caractéristiques majeures du film est qu'il semble être un « hybride » de science-fiction et du genre néo-noir, apparemment contradictoires mais dont le mariage contribue à son succès[43].

Technologie futuriste[modifier | modifier le code]

Un modèle de spinner utilisé pour le film.
Un spinner utilisé pour le film.

Pour évoquer techniquement le futur de 2019, des voitures volantes, appelées spinners, apparaissent dans le film. Un spinner peut rouler comme un véhicule terrestre et décoller aussi bien verticalement qu'horizontalement. Pour décoller et voler, un spinner est propulsé par trois technologies différentes : un moteur à combustion interne, un moteur à réaction et l'antigravité[44]. Ils sont largement utilisés par la police pour patrouiller et surveiller la population. Syd Mead, comme pour Star Trek (1979) ou Tron (1982), travaille sur l'aspect futuriste du film et notamment à la conception des spinners. Les dessins de Mead sont utilisés par le concepteur des véhicules, Gene Winfield, qui crée vingt-cinq véhicules (spinners, taxis, camions…) en état de fonctionner[45]. Une équipe de cinquante personnes, sous la direction de Winfield, travaille d'arrache-pied pendant cinq mois et demi pour les construire[14]. Un spinner est en exposition permanente au musée de la science-fiction à Seattle[46].

La machine Voight-Kampff est un polygraphe utilisé par les Blade Runners pour détecter les réactions physiologiques prouvant qu'un individu est un réplicant. Plusieurs symptômes sont surveillés : les variations de la respiration et du rythme cardiaque, la dilatation de la pupille (signe primordial puisque l'œil est le centre coordinateur de la pensée des réplicants), le dégagement de phéromones ou un rougissement involontaire[10].

Bande-son[modifier | modifier le code]

Portrait de Vangelis en 2007.
Vangelis (ici en 2007).
Article détaillé : Blade Runner (bande originale).

La musique originale du film est composée par Vangelis, qui vient alors de remporter l'Oscar de la meilleure musique de film pour Les Chariots de feu de Hugh Hudson[47]. Sa composition pour Blade Runner est un mélange de mélodies sombres, de musique classique et de sons futuristes au synthétiseur qui reflètent l'ambiance voulue par Ridley Scott[48]. Scott s'est également entouré du compositeur et pianiste Peter Skellern pour certains arrangements, de Demis Roussos, qui chante le titre Tales of the Future, et de Don Percival, qui interprète One More Kiss, Dear[49], chanson inspirée par If I Didn't Care du groupe The Ink Spots. C'est le saxophoniste de jazz Dick Morrissey[n 4] qui joue le solo du Love Theme. Un ensemble traditionnel japonais et un harpiste, Gail Laughton ont également participé à l'enregistrement de la musique originale[50]. La chanteuse Mary Hopkin a participé à la bande-son sur Rachel's Song mais cette contribution est absente du film et n'apparaît que sur le disque audio.

En dépit d'un bon accueil par le public et les critiques[51], la bande originale n'est éditée en album que plus de dix ans plus tard. La composition de Vangelis est toutefois nommée en 1983 pour un BAFTA et un Golden Globe Award dans les catégories « meilleure musique de film ». Une première version arrangée de manière orchestrale est créée en 1982 par The New American Orchestra pour pallier ce manque mais ce n'est qu'en 1994 que sort le véritable album avec certaines musiques tirées du Director's Cut[49].

Plusieurs enregistrements pirates circulent aussi, dont un en 1993 par Off World Music, Ltd[49]. En 2005, une version pirate nommée Blade Runner - Esper Edition associe des extraits et des musiques inédites du film[49].

En 2007, est publié un coffret anniversaire de trois CD à l'occasion de la sortie de la version final cut du film. Le premier CD est une réédition de la version de 1994 ; le deuxième une sélection de musiques additionnelles, extraites du film pour la plupart ou composées pour l'occasion mais finalement inutilisées ; le troisième est un nouvel album de Vangelis qui célèbre les 25 ans du film en reprenant certains des thèmes dans un style plus contemporain et dans une ambiance globalement moins sombre. Le coffret déçoit un peu à sa sortie parce qu'il ne s'agit pas de l'édition intégrale de la musique que l'on peut entendre dans le film[52].

Accueil[modifier | modifier le code]

Sortie du film et box-office[modifier | modifier le code]

Les premières projections officielles du film sont des versions tests présentées en avant-première à Denver et à Dallas en mars 1982[53]. Elles sont suivies de l'avant-première à San Diego en mai, dans une version sensiblement modifiée en raison des réactions négatives des premiers spectateurs[54]. La sortie nationale américaine a lieu la même année, ainsi que la sortie officielle européenne et asiatique. Le film sort aux États-Unis dans 1 295 salles, le 25 juin 1982. Cette date est choisie par le producteur Alan Ladd Jr. qui la considère comme son « jour de chance » car ses films aux plus grosses recettes (Star Wars et Alien) sont sortis à la même période en 1977 et 1979[55]. Le bilan du premier week-end est cependant décevant avec 6 150 000 US$ de recette[56]. Bien qu'arrivant en 2e position ces deux jours-là, il est doublé au cours des semaines suivantes par d'autres films de science-fiction, notamment The Thing, Star Trek 2 et E.T. l'extra-terrestre. La sortie de ces films est sans doute la principale explication de ce résultat médiocre, notamment E.T. l'extra-terrestre, qui domine le box-office de l'année et réalise même des records historiques[57].

Alors que le budget de Blade Runner est d'approximativement 28 000 000 US$[2],[58], le film rapporte 32 868 943 US$ aux États-Unis en comptant ses trois sorties différentes au cinéma, dont 27 580 111 US$ lors de sa sortie initiale en 1982[56],[59]. Malgré un accueil défavorable en Amérique du Nord, le public international apprécie le film, contribuant à le faire connaître jusqu'à en faire un film culte[51]. En France, le film réalise plus de 2 040 000 entrées lors de sa sortie initiale en 1982[60].

Le film est régulièrement projeté dans les salles de cinéma du monde entier[61], mais ses deux « ressorties » principales ont lieu en septembre 1992 et en octobre 2007 à l'occasion de la présentation des versions director's cut et final cut[62],[63].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Le film divise fortement la critique à sa sortie. Certains jugent que le rythme est trop lent alors que d'autres acclament sa complexité et prédisent qu'il résistera à l'épreuve du temps[64]. Aux États-Unis, Sheila Benson, du Los Angeles Times, qualifie le film de « Blade Crawler » (« crawler » signifiant « qui rampe »)[65]. Pauline Kael met en avant les décors « extraordinaires » de la mégapole et trouve que ce « film de science-fiction visionnaire […] a sa place dans l'histoire du cinéma » mais qu'il « n'a pas été pensé en termes humains »[66].

En France, Philippe Manœuvre, dans Métal Hurlant, est l'un des critiques les plus virulents lors de la sortie du film. Il évoque une seconde mort pour l'écrivain, décédé trois mois avant la sortie, et compare la situation avec celle de Boris Vian, décédé à la sortie de l'adaptation de J'irai cracher sur vos tombes[67],[68]. Le Point s'agace également du choix trop flagrant des types de personnes, traitant Roy Batty d'« androïde aryen échappé d'un cauchemar wagnérien ». Le magazine Jeune Cinéma, dans le numéro 147, commente le décalage entre le style du film et les caractéristiques du genre auquel il se rattache : « Blade Runner, c'est un Canada Dry[n 5] à l'envers. Ça ressemble à un film de science-fiction, une de ces grosses machines hollywoodiennes et pleines d'effets spéciaux, mais pour l'ivresse et la saveur, Blade Runner est beaucoup plus proche de films européens comme Diva ou L'Ami américain »[27],[69].

Danièle Heyman et Alain Lacombe, dans L'Année du cinéma 1983, délivrent une critique positive, jugeant que le film est à contre-pied de la tendance du moment en proposant « l'horreur d'un futur immédiat », saluant « l'admirable travail de Douglas Trumbull, le maître inquiétant des effets spéciaux » ainsi que l'interprétation d'Harrison Ford et de Rutger Hauer, « remarquablement dirigés » et « alternant les gestes violents et la passivité interrogative »[70]. Alain Philippon, des Cahiers du cinéma, estime que Scott démontre « un talent réel pour dessiner et filmer les architectures ou pour créer une lumière d'aquarium »[69]. Parmi les critiques partagées, Jean-Louis Cros, de la Revue du cinéma, écrit que « le film s'impose par son atmosphère » et que « l'univers proposé est immédiatement crédible », saluant le travail de décoration, mais déplore que les questions philosophiques « trouvent dans le roman une matérialisation moins abstraite que ce à quoi le film les réduit »[71]. Alain Garsault, de Positif, estime que ni le sujet « ramené à une simple intrigue dramatique », ni ses implications « exprimées maladroitement », « n'ont intéressé Scott »[72]. D'un autre côté, il affirme que les décors ont été particulièrement soignés, le personnage de Pris est « le plus touchant », la poursuite de Zhora est « un morceau de bravoure savamment mis en scène » et, dès que la « situation [est] établie, le décor posé, [Scott] joue avec brio du découpage, des angles, du montage »[72].

Les critiques sont devenues beaucoup plus positives avec le temps et le film recueille désormais 92 % de critiques positives, avec une note moyenne de 8,5/10 d'après 104 critiques, sur le site Rotten Tomatoes[73]. Parmi les critiques plus récentes concernant la version director's cut, Desson Howe, pour le Washington Post, évoque un film « formidable à tous les niveaux : le scénario poignant sur la quête futile de l'immortalité, la phénoménale réalisation de Ridley Scott, les incroyables décors futuristes et les interprétations touchantes, tout spécialement celle de Rutger Hauer »[74]. Owen Gleiberman, d’Entertainment Weekly, lui donne la note de « A- », se réjouissant de « la disparition de l'enquiquinante voix-off » et le qualifiant d'« expérience captivante » qui « jette un sort hypnotique depuis son plan d'ouverture spectaculaire » jusqu'à la fin[75]. Roger Ebert, du Chicago Sun-Times, lui attribue 3 étoiles sur 4, affirmant que le film « est indéniablement devenu l'une des références visuelles du cinéma moderne »[76]. Il salue aussi l'interprétation de Harrison Ford, Sean Young et Rutger Hauer mais trouve le film « peu convaincant » quand il touche aux relations humaines, notamment l'histoire d'amour entre Deckard et Rachel ou le personnage de Tyrell[76]. Pour François Forestier, dans L'Express, le film est « encore plus noir, encore meilleur » et « reste visuellement incroyable »[77]. Thomas Sotinel, du Monde, affirme que le spectateur « réalise que, oui, Ridley Scott et Douglas Trumbull [...] étaient devins. Dans Blade Runner, on trouve tant d'images qui ont façonné l'environnement visuel des années 1980 que l'on croirait par instants assister à l'une de ces rétrospectives de fin d'année (de décennie, de siècle…) offertes par les chaînes de télévision »[78]. Enfin, Adam Smith, du magazine Empire, gratifie le film de la note maximale (5 étoiles sur 5), évoquant un « authentique chef-d'œuvre » qui bénéficie dans sa version final cut d'une restauration de la qualité de l'image « presque miraculeuse »[79].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Entre 1982 et 2008 Blade Runner est sélectionné vingt-trois fois dans diverses catégories et remporte plusieurs récompenses[80],[81].

Douglas Trumbull en 2007. Il a été nommé quatre fois pour son travail sur le film.
Douglas Trumbull (ici en 2007) a été nommé à quatre reprises pour son travail sur les effets spéciaux du film.
Liste des distinctions reçues en rapport avec le film
Année Récompense Catégorie Nommé(es) Résultat
1982 British Society of Cinematographers Meilleure photographie Jordan Cronenweth Nommé[82]
1982 Los Angeles Film Critics Association Awards Meilleure photographie Jordan Cronenweth Lauréat[82]
1983 BAFTA Awards Meilleure photographie Jordan Cronenweth Lauréat[83]
Meilleurs costumes Charles Knode, Michael Kaplan Lauréat[83]
Meilleurs décors Lawrence G. Paull Lauréat[83]
Meilleur montage Terry Rawlings Nommé[83]
Meilleurs maquillages Marvin Westmore Nommé[83]
Meilleure musique Vangelis Nommé[83]
Meilleur son Peter Pennell, Bud Alper, Graham V. Hartstone, Gerry Humphreys Nommé[83]
Meilleurs effets spéciaux Douglas Trumbull, Richard Yuricich, David Dryer Nommé[83]
1983 Prix Hugo Meilleure présentation dramatique Blade Runner Lauréat[84]
1983 London Film Critics Circle Awards Special Achievement Award Lawrence G. Paull, Douglas Trumbull, Syd Mead Lauréat[82]
1983 Golden Globes Meilleure musique de film Vangelis Nommé[85]
1983 Oscars du cinéma Meilleurs décors Lawrence G. Paull, David L. Snyder, Linda DeScenna Nommé[86]
Meilleurs effets spéciaux Douglas Trumbull, Richard Yuricich, David Dryer Nommé[86]
1983 Saturn Award Meilleur film de science-fiction Blade Runner Nommé[82]
Meilleur réalisateur Ridley Scott Nommé[82]
Meilleurs effets spéciaux Douglas Trumbull, Richard Yuricich Nommé[82]
Meilleur acteur dans un second rôle Rutger Hauer Nommé[82]
1983 Fantasporto Prix international du film fantastique Meilleur Film – Ridley Scott Nommé[82]
1993 Fantasporto Prix international du film fantastique Meilleur Film – Ridley Scott (director's cut) Nommé[82]
1994 Saturn Award Meilleure sortie vidéo Blade Runner (director's cut) Nommé[82]
2008 Saturn Award Meilleure édition DVD Blade Runner (5 Disc Ultimate Collector's Edition) Lauréat[82]

Classements et listes[modifier | modifier le code]

Blade Runner figure dans de nombreuses listes de magazines, de sites web ou d'ouvrages qui, depuis la fin du XXe siècle, proposent des sélections des meilleurs films de l'histoire, sur le cinéma en général ou sur une thématique plus précise ainsi que dans le Top 250 d'IMDb, site pour le cinéma sur lequel les internautes peuvent noter les films[87].

Classements dans lesquels le film figure
Année Organisateur ou auteur Intitulé Rang du film
2001 The Village Voice 100 meilleurs films du XXe siècle 94e/100[88]
2002 Nicolaus Schröder 50 Klassiker, Film Aucun[89]
Wired Top 20 des meilleurs films de science-fiction 1er/20[90],[91]
Online Film Critics Society (OFCS) Top 100 des meilleurs films de science-fiction des 100 dernières années 2e/100[92]
2003 Entertainment Weekly Top 50 films culte 9e/50[93]
Steven Jay Schneider 1001 films à voir avant de mourir Aucun[94]
2004 The Guardian Top 10 des films de science-fiction (sondage auprès de 60 scientifiques[95]) 1er/10[96]
2005 Total Film Top 100 des meilleurs films de tous les temps 47e/100[97]
Time Top 100 des meilleurs films de tous les temps Aucun[98]
2007 American Film Institute (AFI) 100 ans : 100 films 97e/100[99]
American Film Institute Top 10 des films de science-fiction 6e/10[100]
2008 New Scientist Meilleurs films de science-fiction 1er[101]
Empire Top 500 des meilleurs films de tous les temps 20e/500[102]
2010 IGN Top 25 des meilleurs films de science-fiction 1er/25[103]
Total Film 100 meilleurs films de tous les temps Aucun[104]
2012 Sight & Sound Top 250 Sight & Sound 2012 69e/250[105]
Sight & Sound Top 100 des réalisateurs Sight & Sound 2012 67e/100[106]

Différentes versions et exploitation vidéo[modifier | modifier le code]

Il existe sept versions du film, principalement différentes par le montage, revu au travers des cuts, nom commercial désignant chacune de ces versions[107]. La première version est une version test présentée à Denver et Dallas en mars 1982. Elle est très proche du montage final de la version director's cut de 1992, notamment quant au statut du personnage principal, Rick Deckard qui passe de simple policier humain dans la version officielle américaine et européenne à la possibilité qu'il puisse être un androïde dans la version director's cut. La fin reste la même entre la préversion et la version director's cut. Les avis majoritairement négatifs des spectateurs de cette première version poussent les producteurs à opérer des changements[108],[53].

La deuxième version est présentée à San Diego en mai 1982. À l'exception de trois courtes scènes supplémentaires, elle est identique à la troisième version du film, celle de sa sortie au cinéma en Amérique du Nord en juin 1982[54]. La quatrième version est la version internationale sortie au cinéma en 1982 en dehors de l'Amérique du Nord. Elle comporte quelques scènes plus violentes que la version américaine, telle celle où Roy Batty enfonce ses pouces dans les yeux d'Eldon Tyrell et celle où il se transperce la paume de la main avec un clou quand il traque Deckard[109].

En 1986 sort, aux États-Unis, une cinquième version, « édulcorée » pour répondre aux restrictions de diffusion à la télévision[110]. Le premier grand changement de version date de 1992, avec la sortie de la version director's cut au cinéma. La voix off est supprimée, une séquence onirique où Deckard rêve d'une licorne est ajoutée et l'épilogue plus heureux où Deckard et Rachel sont en voiture est supprimé[111]. Ridley Scott s'exprime en 1993, peu après cette sortie, au sujet de la gestion des limites futuristes de son film :

« Une partie de l'action de Blade runner se déroule dans les bas-quartiers d'une mégalopole qui pourrait être un mélange de Chicago et New York, si ces deux villes venaient à fusionner. Le film est un thriller futuriste. Nous espérions avoir créé un décor totalement crédible et réaliste, bien qu'il soit également riche, exotique et bariolé. Nous avons commencé par dessiner des voitures aérodynamiques et étincelantes, mais elles nous ont semblé trop futuristes et nous sommes repartis dans une autre voie pour ne pas détruire cette sensation de familiarité[27]. »

La version final cut, sortie en 2007, est considérée comme la version définitive. Appelée aussi « édition du 25e anniversaire », elle est la seule pour laquelle le réalisateur a eu le contrôle artistique complet[111]. Supervisée par Ridley Scott, elle présente des modifications formelles mineures (plans de transition, décors d'arrière-plan améliorés, voix synchronisées, le ciel bleu de la scène de la colombe devenu un ciel nocturne…) En outre, l'image et le son ont été entièrement restaurés. Cette version est considérée par le réalisateur comme l'ultime édition du film. Ridley Scott fait appel à l'actrice Joanna Cassidy, l'interprète de Zhora, pour filmer des plans de son visage et ainsi l'insérer à la place de celui de la cascadeuse sur les plans au ralenti dans la scène où Zhora est abattue par Deckard[14],[27]. Les principales améliorations concernent le montage remodelé et la suppression des voix off jugées incompatibles avec l'omniprésente ambiance noire[112].

La première version cinéma du film sort en VHS et en Betamax en 1983, puis en Laserdisc en 1987[109]. La version director's cut sort en VHS et en Laserdisc en 1993, puis en DVD en mars 1997. Le film est d'ailleurs l'un des premiers à sortir dans ce format et la qualité du DVD est par conséquent assez médiocre[113]. La dernière version du film paraît en DVD, HD DVD et disque Blu-ray en décembre 2007, en version simple et en coffret[114],[115]. Le coffret comprenant cinq DVD regroupe toutes les versions du film, trois commentaires audio (un de Ridley Scott, un des producteurs et des scénaristes et un de l'équipe des effets spéciaux) en anglais et non sous-titrés, un making-of d'une durée de plus de h 30, ainsi que plusieurs autres documentaires[116]. L'édition française est toutefois moins fournie en termes d'objets additionnels que l'édition américaine, laquelle est vendue dans une valise d'apparence métallique imitant celle des Blade Runners.

Projets de suite[modifier | modifier le code]

Ridley Scott annonce en 2011 qu'il va donner une suite à Blade Runner. Le 18 mai 2012, il signale que ce ne sera pas une préquelle, mais bien une suite temporelle logique[117]. Celle-ci sera peut-être réalisée en 2013[118],[119]. Harrison Ford accepterait de reprendre son rôle[120],[121], mais cette information est sujette à caution, puisque démentie ou confirmée selon les sources[122]. En juin 2013 est annoncé l'engagement de Michael Green, scénariste de Green Lantern (2011), pour travailler sur ce projet[123].

S'il est certain que Prometheus se situe chronologiquement avant la série Alien, il est également possible que ce soit une « suite cachée » de Blade Runner. En effet, certaines allusions laissent entendre qu'Eldon Tyrell, le grand patron de la société qui conçoit les réplicants, adhère à une philosophie très semblable à celle de Peter Weyland, le mécène de l'expédition au cœur de l'intrigue de Prometheus. On peut donc penser que Prometheus, censé se dérouler dans les années 2090, est un prolongement temporel de l'histoire de Blade Runner, située en 2019, d'autant plus que les ambiances sont similaires[124].

Analyse[modifier | modifier le code]

Le film est un des précurseurs du style néo-noir, qui consiste en une atmosphère urbaine, à l'architecture baroque et à l'ambiance empreinte de schizophrénie, où la misère est omniprésente[125]. Le néo-noir est sombre dans tous les sens du terme car se déroulant souvent la nuit, mettant en avant la dégradation de la Terre par les humains, le tout accompagné d'un climat pluvieux, sans jamais de Soleil, sauf en conclusion (comme dans Dark City, 1998) ou brièvement, pour indiquer un contexte différent, comme dans Blade Runner. D'ailleurs, Deckard, le personnage principal, indique tout de suite qu'« il y a trop de lumière » lorsqu'apparaît le Soleil, avec comme prétexte la difficulté d'effectuer le test d'empathie Voight-Kampff sur un éventuel réplicant. On ne reverra plus le soleil de tout le film[126].

Ce film policier, qui fait du futur une époque misérable, met en scène un robot en quête de sa nature qui tend à s'humaniser. Malgré son scénario qui se rapproche des films policiers classiques des années 1940, l'appréciation de la ville est bousculée. Celle-ci s'écarte, comme en de nombreux autres points du film, de l'atmosphère dont Philip K. Dick a empreint son roman : celui-ci ne se veut pas sombre[6].

L'ambiance apocalyptique est renforcée par des prises de vue aériennes qui montrent des endroits à peine discernables sous une lumière la plupart du temps artificielle. Le contraste entre les scènes de dialogue et d'action et celles de découverte, toujours lentes, pendant lesquelles les personnages restent camouflés à cause du manque de lumière, caractérise également ce style que les cinéphiles découvrent surtout dans les années 1990 avec Dark City ou Matrix[126].

L'un des thèmes centraux du film est un questionnement sur notre humanité et sa signification[127]. Même si la différence entre réplicants et humains est, dans le film, essentiellement fondée sur le manque d'empathie des premiers, ils sont néanmoins présentés dans certaines analyses comme des êtres capables de compassion et pouvant se préoccuper les uns des autres, ce qui les met en opposition avec les personnages humains manquant d'empathie[128] ou avec la foule, froide et impersonnelle, qui grouille dans les rues de Los Angeles[129]. La version director's cut du film pose même la question de savoir si Deckard est vraiment humain ou si c'est un réplicant, donnant naissance à une controverse qui dure depuis sa sortie[130]. Pour la version sortie au cinéma en 1982, les producteurs, tout comme Harrison Ford, ont souhaité que Deckard soit humain, alors que le scénariste Hampton Fancher a préféré maintenir une certaine ambiguïté[131]. Ridley Scott confirme plus tard que, dans sa vision, Deckard est un réplicant[108]. La licorne présente dans la version de 1992 du rêve de Deckard, associée à l'origami en forme de licorne laissé par Gaff devant l'appartement de Deckard à la fin du film, est souvent considérée comme une preuve que Deckard est un réplicant, Gaff ayant pu accéder à la mémoire affective implantée à Deckard[132]. D'ailleurs les réplicants sont très attachés aux photographies, car celles-ci constituent leur seule mémoire affective, et Deckard orne son piano de nombreuses photographies[1]. Cette interprétation a été remise en question vu l'absence d'une réponse claire dans le film[130]. Cette incertitude volontaire permet aux spectateurs de voir le film selon leurs propres perspectives[133].

Thèmes et aspects récurrents[modifier | modifier le code]

Atmosphère oppressante[modifier | modifier le code]

La ville tentaculaire aux grands gratte-ciel, éclairée uniquement par la lumière des néons publicitaires, la pluie incessante, les embouteillages et le « cityspeak » (la langue de communication, sorte de lingua franca) créent une atmosphère rebutante qui oppresse le spectateur. En effet, pour donner vie à cet univers à la fois cyberpunk et de film noir, Ridley Scott a apporté un soin particulier aux décors et à l'ambiance du Los Angeles de 2019. Il en fait une mégalopole de cauchemar, futuriste et surpeuplée, un « véritable cloaque nocturne et pluvieux », qui reste crédible parce qu'elle est composée d'éléments familiers, et qui devient un personnage à part entière, voire le personnage principal[134].

Œil[modifier | modifier le code]

Le « miroir de l'âme », dont les réplicants manqueraient, est omniprésent dans le film. Dès la première scène, le bâtiment pyramidal de la Tyrell Corporation se reflète dans un gros plan de l'œil de Holden afin d'évoquer la symbolique de l'œil de la Providence. Le film met aussi en scène Hannibal Chew, généticien spécialisé dans la création d'yeux artificiels pour les réplicants. Le test de Voight-Kampff analyse, entre autres choses, la dilatation de la pupille. Roy Batty crève les yeux d'Eldon Tyrell. Enfin, dans le Director's Cut, les yeux des réplicants brillent lorsqu'ils sont troublés[n 6]. Tout ce qui concerne le regard dans le film est directement lié aux réplicants[135]. C'est un des symboles principaux du mouvement cyberpunk que le film fera connaître. Ce que voit l'œil peut être manipulé, ce qui remet en cause la réalité et notre capacité à la percevoir ou à nous en rappeler avec précision[136].

Symbolisme religieux[modifier | modifier le code]

Ce thème est retranscrit par l'intermédiaire de paraboles religieuses. Les réplicants aux capacités surhumaines sont créés par Tyrell (Dieu) et leur chute des cieux (l'« off-world ») en fait des anges déchus. Roy Batty partage beaucoup de similitudes avec Lucifer et cela devient plus évident quand il cite délibérément de façon incorrecte un extrait de l'œuvre de William Blake : « Fiery the angels fell… » au lieu de « Fiery the angels rose… » (America: a Prophecy)[137]. Zhora se sert d'un serpent rappelant la Genèse. Vers la fin de sa vie, Roy a des stigmates puis se place dans une position ressemblant au Christ pour signifier son salut à Deckard. À sa mort, l'âme de Roy monte dans les cieux sous la forme d'une colombe, ce qui semble « accomplir » la métaphore prématurée de Tyrell du « Fils Prodigue ». De même, les blessures de pistolet laser de Zhora sont toutes deux sur ses omoplates, la faisant ressembler à un ange dont les ailes ont été coupées. La pluie continuelle tombant sur Los Angeles peut également être vue comme une évocation du Déluge[138].

Cogito de René Descartes[modifier | modifier le code]

Le réplicant, même s’il n’est pas humain, a conscience de son existence et donc de sa fin, tel Roy Batty qui essaie de la repousser. Ainsi, la certitude de « Cogito ergo sum » (prononcée d'ailleurs par Pris peu après l'arrivée de Roy chez Sebastian) s’applique sans aucun doute aux réplicants les plus avancés, les rapprochant de la nature humaine. D’ailleurs, le nom Rick Deckard n'est pas sans évoquer celui de René Descartes[139].

Stéréotypes féminins[modifier | modifier le code]

Les principaux rôles féminins tendent à présenter la femme comme un « objet » : Pris, le modèle de plaisir primitif, Zhora la danseuse érotique, Rachel mi-secrétaire, mi-femme fatale. Pris et Zhora peuvent être vues comme des « femmes fortes et indépendantes » mais sont tuées, tandis que Rachel qui est leur opposée, reste en vie. On peut y voir, plutôt que de la misogynie, un regard pessimiste sur la condition de la femme, comme dans Thelma et Louise, du même Ridley Scott. D'autre part, Deckard devra sa vie à Rachel, qui empêche le réplicant Léon de le tuer. Dans leur ouvrage, Bernard Rapp et Jean-Claude Lamy estiment d'ailleurs que le film s'attache à montrer les femmes, ces « machines organiques terrifiantes, athlétiques et belles », comme aucun film ne l'a encore fait[140].

Publicité[modifier | modifier le code]

De nombreuses publicités sont visibles dans le film ; beaucoup sont le résultat de placements de produits mais cela participe aussi à créer une atmosphère spéciale dans le film. Parmi les entreprises présentes, on peut voir entre autres Koss Corporation, Atari, Toshiba, Polaroid Corporation, Marlboro, Bell Telephone Company, Budweiser, Hilton, Citizen, Trans World Airlines, The Coca-Cola Company, TDK, Bulova et Pan Am[23],[141]. Ridley Scott a travaillé dans la publicité avant d'être réalisateur de cinéma et cela se ressent dans l'esthétique du film[142].

Cinéma des années 1940[modifier | modifier le code]

Image du film Le Grand Sommeil dont s'inspire le film.
L'atmosphère s'inspire de films noirs des années 1940 comme Le Grand Sommeil.

L'ambiance du film est inspirée de celle des films noirs américains de la fin des années 1940. Deckard possède plusieurs attributs des détectives typiques des films noirs : c'est un antihéros, il boit beaucoup, il porte un imperméable, il est solitaire et renfermé. Rachel est l'archétype de la « femme fatale » : séduisante mais attirant les problèmes. Les personnages de Deckard et Rachel présentent plusieurs points communs avec ceux de Philip Marlowe et de Vivian Sternwood dans le film Le Grand Sommeil (1946)[143]. Le déroulement du film est également identique à celui d'un film noir classique : le personnage principal est entraîné dans une enquête banale qui prend des proportions de plus en plus grandes et qui finit par lui échapper (déroulement d'ailleurs semblable à celui de la réalisation du film et de son contrôle par le réalisateur[23]). L'esthétique du film est également inspirée de ce courant : la pluie incessante, la nuit profonde, une atmosphère glauque et oppressante[143]. Enfin, alors que l'histoire du roman se déroule à San Francisco, l'action du film est déplacée à Los Angeles, ville mythique et récurrente dans les films noirs mais aussi dans les romans noirs comme ceux de Raymond Chandler ou James Ellroy. Le mélange, dans les décors, entre des éléments futuristes et des éléments des années 1940 ou même d'autres époques, ainsi que le travail de Ridley Scott avec la lumière, ont conduit des analystes à qualifier le style visuel du film de « rétro-futur »[144].

Animaux[modifier | modifier le code]

Chaque personnage important est identifié à un animal. Ainsi Tyrell est-il le hibou (en référence à son animal artificiel et au logotype de son entreprise), Rachel est l'araignée (en rapport avec son test Voight-Kampff), Leon la tortue (toujours à cause du test), Zhora le serpent (car un python de Birmanie l'accompagne[n 7]), Pris le raton-laveur (référence à son maquillage à la fin du film), et Roy Batty le loup (à cause de son rôle de meneur et de ses cris à la fin du film) et la colombe (en rapport à sa mort)[145].

Deckard est le coq puis la licorne (à cause des origamis de Gaff), ou le poisson, à cause de la scène pendant laquelle il mange des sushis dans un restaurant, le White Dragon Noodle Bar. Dans la version de 1982 on entend une voix off suggérant cette pensée du Blade Runner : « Sushi, that's what my ex-wife called me. Cold fish » (« Sushi, c'est comme ça que mon ex-femme me surnommait. Du poisson froid »)[145]. La licorne, dont la présence est renforcée dans la version director's cut avec le rêve de Deckard, symbolise « l'incarnation de l'âme humaine dans la machine »[146].

Eugénisme[modifier | modifier le code]

L'eugénisme, en particulier le clonage et la génétique, sciences dans lesquelles l'homme a grandement avancé, donne la capacité de créer des humanoïdes parfaits, ni robots, ni clones, mais pas vraiment humains. La création des réplicants pose la question à la fois d'ordre éthique et religieux de savoir si les intérêts scientifiques et commerciaux sont suffisants pour autoriser l'homme à intervenir dans l'ordre naturel. Blade Runner peut de cette façon être rapproché d'un conte moral tel que Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley[147].

Tatouages[modifier | modifier le code]

Dans la scène qui se déroule sur les toits, on peut apercevoir des traces bleues ressemblant à des tatouages sur le torse de Roy Batty. Il s'agit d'une idée selon laquelle ces « petits ronds » seraient des connecteurs pour des équipements spatiaux, une sorte d'interface électronique ou informatique. Cette idée est abandonnée dans le script final malgré le maquillage visible dans cette scène[148].

Adaptation du roman[modifier | modifier le code]

Le film est la première adaptation d'une œuvre de Philip K. Dick au cinéma. Par la suite, bon nombre de ses romans ou nouvelles sont portés à l'écran, comme Total Recall par Paul Verhoeven en 1992, ou Minority Report par Steven Spielberg en 2002, entre autres[149],[150].

Fidélité de l'adaptation[modifier | modifier le code]

Philip K. Dick n'est initialement pas informé de la production du film et critique la première version du scénario d'Hampton Fancher dans un article pour le magazine Select TV Guide[151]. Il meurt trois mois avant la sortie du film, mais il a pu lire le script final du film et visionner une pré-version de 40 minutes qui l'avait enthousiasmé. L'écrivain déclare à cette occasion que le monde créé par Scott ressemble exactement à ce qu'il a imaginé[152],[153]. À la suite de cette discussion, Ridley Scott avoue n'avoir jamais lu le roman de Dick[27], ce qui est à l'origine de différences majeures entre l'ambiance de chacune des deux œuvres.

Le scénario du film et le roman sont certes différents mais ils sont complémentaires selon Dick[154],[155]. Dick se voit proposer d'écrire la novélisation du scénario, mais il refuse car l'éditeur exige que cette nouvelle version remplace définitivement le roman original[156]. À la suite de la sortie du film, le livre est réédité sous le titre de Blade Runner en tant que produit dérivé, tel un échange puisque, sur l'affiche du film, le nom original de l'œuvre est écrit en dessous de « Blade Runner »[157].

Le registre du film, celui du film d'action, est très éloigné de l'ambiance du roman, mais l'atmosphère sombre et mélancolique de l'œuvre originale participe au succès du film, devenu une référence du cinéma de science-fiction, à tel point que d'autres œuvres s'inspireront de son univers futuriste comme Ghost in the Shell[158].

Différences avec le roman[modifier | modifier le code]

Le titre du film ne figure pas dans le roman original, mais provient d'un livre d'Alan E. Nourse, The Bladerunner, utilisé ensuite par William Burroughs pour un scénario (Blade Runner: a Movie), avant que Ridley Scott ne l'utilise[159].

Le film se passe en 2019 à Los Angeles et le roman, en 1992 à San Francisco[n 8]. Le choix de la ville est fait par le réalisateur, influencé par David Webb Peoples ; ce dernier veut un univers proche de celui du roman. Initialement, la ville doit être prise dans une tempête de neige, mais, influencé par son producteur, son scénariste et l'univers de Moebius, Scott glisse vers le monde noir d'une ville tentaculaire[27], monumentale et imaginaire, une mégalopole futuriste et surpeuplée[134]. Parmi les éléments présents dans le roman et qui ne sont que suggérés dans le film, figurent la disparition de la faune et l'exode massif de la population terrienne vers d'autres planètes colonisées[125]. La principale motivation de Deckard dans le roman est d’ailleurs de pouvoir acquérir un véritable animal[1], ce qui peut être une explication à la présence des « animaux totems »[146].

Par ailleurs, dans le film, Deckard est « retraité » du service actif, alors que, dans le roman, il est encore en service. Pour adapter correctement le film au livre, certaines scènes ne sont pas présentes dans le film, comme celle où Deckard est pris en otage par des réplicants dans un commissariat. Des différences de terminologie, effectuées à des fins commerciales, sont également omniprésentes. Ainsi, un androïde est appelé « réplicant » dans le film et « andro » (pour androïde) dans le roman[160].

Pour la même raison, dans le roman, Rachel et Pris sont physiquement identiques. Dans le film, elles ne le sont pas, elles sont jouées par deux actrices différentes : Sean Young et Daryl Hannah. Le roman pose des questions, alors que le film apporte plutôt des réponses, comme si Ridley Scott a désiré que le livre et le film soient complémentaires, alors que Philip K. Dick a plutôt vu dans le film le reflet parfait de ce qu'il a imaginé en écrivant le livre[27]. En outre, le film centre l'histoire sur Deckard, alors que le livre met en scène une gamme de sujets et de personnages plus importante[161].

Dans le film, Leon et Rachel passent un test. L'examen de Leon n'aboutit pas puisque celui-ci réagit et blesse grièvement le Blade Runner qui l'interroge. C'est la réaction qu'ont certains des moins intelligents des réplicants face à ce test. Dans le livre original, il faut entre six et sept questions pour révéler efficacement la vraie nature d'un individu. Dans le film, ce sont entre vingt et trente, et, dans le film, il faut une centaine de questions pour déterminer si Rachel est un réplicant car elle est de la dernière génération. L'amélioration des caractéristiques physiques et mentales rend les réplicants plus difficilement détectables[10].

En 1974, avant même qu'une de ses œuvres ne soit adaptée au cinéma, Dick explique à quel point la tâche pourrait s'avérer ardue :

« Le côté aléatoire de mes textes ne m’échappe pas ; et je vois aussi combien cette rapide permutation des possibilités est susceptible avec le temps de juxtaposer et révéler des choses importantes, automatiquement omises par la pensée ordonnée[162]. »

Postérité[modifier | modifier le code]

Influence[modifier | modifier le code]

Statue de cire d'Arnold Schwarzenegger, qui a joué dans Terminator et qui a inspiré Blade Runner.
Terminator fait partie des nombreux films de science-fiction qui se sont en partie inspirés de Blade Runner.

Blade Runner reçoit d'abord un accueil médiocre dans les salles nord-américaines, mais est apprécié au niveau international et devient rapidement un film culte[158]. Son style sombre et futuriste, avec ses dessins tirés en droite ligne de bandes dessinées, sert par la suite de référence et son influence peut être observée précocement dans de nombreux films de science-fiction, anime, jeux vidéo et programmes de télévision ultérieurs[163]. Il constitue l'une des références cinématographiques du mouvement cyberpunk[136].

Le film influence grandement la réalisation de Ghost in the Shell, qui influence lui-même des films noirs postérieurs ; il existe une parenté stylistique entre les deux œuvres : la représentation de la technique, la mise en scène des relations humaines et des relations entre androïdes[164],[165]. Il influence aussi notablement un nombre important de films de science-fiction ou de fantastique, notamment Terminator (1984), Brazil (1985), L'Échelle de Jacob (1990), Terminator 2 (1991), Le Cinquième Élément (1997), Dark City (1998) et Inception (2010)[125],[166]. Le film Soldier (1998), scénarisé par David Webb Peoples, est considéré comme un spin-off de Blade Runner[167]. Les véhicules spinners sont par la suite apparus dans d'autres films de science-fiction comme Retour vers le futur 2 (1989) ou Solar Crisis (1990)[168].

En 1993, Blade Runner est sélectionné par la National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès pour être conservé en raison de son importance culturelle, historique et esthétique, et il est fréquemment utilisé dans les cours universitaires[169] (un extrait du film sera d'ailleurs utilisé, en 2000, pour la première épreuve du concours d'entrée à la Fémis)[170]. Il est élu meilleur film de science-fiction jamais réalisé dans un sondage auprès de soixante éminents scientifiques du monde entier mené en 2004[171]. En 2007, l’American Film Institute le classe comme le 97e plus grand film américain de tous les temps dans une liste de cent films sélectionnés sur 100 ans[99]. En 2008, l'AFI le place en 6e position de la liste des 10 meilleurs films de science-fiction[100]. En 2007, il est nommé le 2e film le plus visuellement influent de tous les temps par la Visual Effects Society[172].

Une fois la réputation du film établie, K. W. Jeter, un écrivain ami de Philip K. Dick, écrit trois romans qui poursuivent l'histoire de Deckard en tentant d'atténuer les différences entre le film et le roman initial. Ces trois romans ont pour titres Blade Runner 2 : The Edge of Human (1995), Blade Runner 3 : Replicant Night (1996) et Blade Runner 4 : Eye and Talon (2000)[173].

Article connexe : Blade Runner (jeu vidéo).

Deux jeux vidéo sont adaptés du film, tous deux nommés Blade Runner. Le premier sort en 1985 sur Commodore 64, ZX Spectrum et Amstrad CPC. Le deuxième, développé par Westwood Studios, sort en 1997. Ce dernier raconte l'enquête d'un nouveau personnage, McCoy, dans l'univers du film. Il est fait référence à Deckard mais il n'apparaît pas dans le jeu, à l'inverse d'autres personnages du film comme Eldon Tyrell, J. F. Sebastian, Leon, Gaff et Rachel[174].

Le film est également une référence pour les décors de jeux vidéo d'aventure en raison de son style visuel, obscurité, éclairage au néon, opacité, qui permet un rendu assez facile[174],[175]. Il influence ainsi à divers degrés les jeux vidéo Snatcher (1988)[176], Flashback (1992)[176], Syndicate (1993)[177], Final Fantasy VII (1997)[176], Perfect Dark (2000)[178], Deus Ex (2000)[174] et Mass Effect (2007)[176]. Le film fait également partie des influences majeures des jeux de rôle Cyberpunk et Shadowrun[179].

La compagnie Marvel récupère les droits de publication et lance fin 1982, A Marvel Comics Super Special: Blade Runner, un comic scénarisé par Archie Goodwin et dédié au film Blade Runner. Ce comic explore plus en avant l'ambiance et l'univers du film, tout en racontant la suite des aventures de Rick Deckard. En 2009, BOOM! Studios publie une série de 24 numéros adaptée du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? et, en 2010, une nouvelle série de quatre numéros, Dust to Dust[180]. Le film est par ailleurs l'objet de parodies, notamment la bande dessinée Blade Bummer dans le magazine Crazy[181].

La série télévisée Total Recall 2070 est librement inspirée à la fois de Total Recall et de Blade Runner, deux films adaptés de romans de Philip K. Dick[182]. Les créateurs de la série Battlestar Galactica admettent volontiers que Blade Runner a été pour eux une influence majeure, notamment pour les points communs entre les réplicants et les Cylons[183]. La série d'animation Bubblegum Crisis est aussi inspirée par le film[184]. En 2012, le film inspire le court métrage True Skin, qui possède un univers citadin proche du Los Angeles de Blade Runner et du Tokyo d’Enter the Void[185]. En 2012 l'artiste Anders Ramsell a pour projet de recréer le film de Ridley Scott sous forme de dessin animé, grâce à des peintures à l'aquarelle. Il lui a fallu plus de 3 500 peintures pour reproduire les douze premières minutes[186],[187].

En 2012, une machine pour étudier la machine d'Anticythère aux rayons X est baptisée Blade Runner[188].

« Malédiction » de Blade Runner[modifier | modifier le code]

Les marques Coca-Cola et Pan Am à Seattle.
Plusieurs marques apparaissant dans le film, comme Coca-Cola ou Pan Am (ici implantées à Seattle en 1965), ont connu de grosses difficultés économiques.

Parmi le folklore qui s'est développé autour du film au cours des années, il y a une croyance selon laquelle le film agirait comme une « malédiction » pour les entreprises dont les logos sont affichés bien en vue dans certaines scènes[17]. Alors qu'ils sont les leaders du marché à l'époque, plus de la moitié essuient des revers désastreux au cours de la décennie qui suit la sortie du film. Atari domine le marché du jeu vidéo lorsque le film sort puis perd de l'argent dans les années 1990. Cuisinart et Pan Am font faillite respectivement en 1989 et 1991. Le monopole de Bell System est rompu l'année de la sortie de Blade Runner. La Coca-Cola Company subit des pertes lors de son introduction ratée d'une nouvelle boisson en 1985 (toutefois, elle retrouve sa part du marché peu après)[141],[189]. Enfin, la société de production Filmways, qui avait promis de financer le film, est victime de problèmes financiers qui la poussent à abandonner le projet[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le titre du film signifie « celui qui court sur le fil du rasoir ».
  2. Le film ne donne pas la raison pour laquelle cet immeuble est désaffecté ; dans le livre de Philip K. Dick, on apprend qu'à cause de la « Guerre mondiale Terminus », la densité de population a dramatiquement chuté et que les immeubles sont presque vides en centre-ville voire totalement vides en banlieue. Le début du film ne prépare pas non plus le spectateur à cela, puisqu'on voit une grande ville normalement éclairée et animée la nuit.
  3. Les animaux, qui ont disparu, sont remplacés par des créations artificielles.
  4. Dans le générique, son nom est épelé « Morrisey » .
  5. La comparaison fait référence à un slogan de la boisson Canada Dry utilisé à la même époque : « Ça ressemble à l’alcool, c’est doré comme l’alcool… mais ce n’est pas de l’alcool ».
  6. Les yeux de tous les personnages présentent des reflets. Une lueur est particulièrement visible dans les yeux du hibou (souvent confondu avec une chouette) d'Eldon Tyrell.
  7. Ce serpent, réel, appartient à l'actrice interprétant Zhora, Joanna Cassidy[27].
  8. Dans les deux cas, cependant, l'action se situe environ vingt-six ans dans l'avenir par rapport à la date d'écriture (1966) ou de réalisation (1982).

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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