Humphrey Bogart

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Humphrey Bogart

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Humphrey Bogart en 1945

Nom de naissance Humphrey DeForest Bogart
Surnom Bogie
Naissance 25 décembre 1899
Drapeau des États-Unis New York (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Décès 14 janvier 1957 (à 57 ans)
Drapeau des États-Unis Los Angeles (États-Unis)
Profession Acteur
Films notables Le Faucon maltais
Casablanca
Le Grand Sommeil
L'Odyssée de l'African Queen
Le Trésor de la Sierra Madre
Site internet http://www.humphreybogart.com/

Humphrey DeForest Bogart (né le 25 décembre 1899 à New York, mort le 14 janvier 1957 à Los Angeles) est un acteur américain.

Surnommé « Bogey » ou « Bogie » par son public, il demeure aujourd’hui l'un des mythes les plus incontestables de l’histoire du cinéma. En 1951, il fut lauréat de l’oscar du meilleur acteur pour son rôle dans L'Odyssée de l'African Queen. En 1999, il a été classé comme étant la plus grande star masculine de tous les temps par l' American Film Institute. De plus, Casablanca, dans lequel il joue le rôle principal, est régulièrement cité parmi les cinq meilleurs films de l'histoire du cinéma[1].

Il est aussi particulièrement connu pour sa liaison et son mariage avec l'actrice Lauren Bacall, avec laquelle il tournera plusieurs films tels que Le Grand Sommeil (1946) et Le Port de l'angoisse (1944).

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et enfance[modifier | modifier le code]

Casablanca

Humphrey DeForest Bogart naît le 25 décembre 1899 à New York. Son père, le Dr Belmont DeForest Bogart, est un chirurgien expérimenté[2] de confession presbytérienne et de tendance républicaine. Sa mère, Maud Humphrey, est une dessinatrice pour magazines[2] de confession épiscopalienne et de tendance conservatrice[3]. Humphrey Bogart a été élevé épiscopalien[4] ; il est principalement d'ascendance néerlandaise et britannique, mais a également du sang espagnol. Il a notamment pour ancêtre le roi Édouard III d'Angleterre et son épouse Philippa de Hainaut[5], ce qui fait de lui un descendant de nombreux monarques médiévaux[6]. Il a deux sœurs cadettes, France, née en 1901, et Catherine Elizabeth, née en 1903. Il est aussi cousin au septième degré de Diana Spencer.

Issus d’un milieu aisé, les Bogart vivent dans un appartement de l’Upper West Side, et possèdent un cottage au bord du lac Canandaigua, non loin du lac Ontario. Alors que Belmont Bogart se drogue à la morphine, son épouse Maud est alcoolique ; tous deux se battent continuellement. Ainsi, Humphrey Bogart est principalement élevé par une nourrice irlandaise.

Éducation et débuts[modifier | modifier le code]

Humphrey Bogart fréquente d’abord la Trinity School de New York, puis la Phillips Academy de Andover. Très tôt, son père l’encourage à devenir médecin. Belmont et Maud Humphrey souhaitent que leur fils entre à Université Yale, mais il est exclu de la Phillips Academy à cause de problèmes disciplinaires, et préfère rejoindre la Navy. Pendant la Première Guerre mondiale, il est blessé à la lèvre, ce qui lui laissera sa fameuse cicatrice.

Pub pour une pièce de théâtre new-yorkais Swifty, avec entre autres, Humphrey Bogart. "Humphrey Bogart qui joue le jeune homme égaré, Tom Proctor, a fait un excellent peu de travail dans l'ensemble." [7]

Il commence à jouer sur une scène de Brooklyn en 1921, sans jamais avoir pris de leçon de comédie. À Broadway, entre 1922 et 1935, il apparaît dans dix-sept pièces ; la dernière est La Forêt pétrifiée, où il interprète Duke Mantee, rôle qu’il reprendra dans l'adaptation au cinéma (même titre, 1936) et qui le rendra célèbre.

Mariages et enfants[modifier | modifier le code]

Humphrey Bogart et Lauren Bacall interviewés par Jack Brown pendant la Seconde Guerre mondiale

Humphrey Bogart se marie avec Helen Menken le 20 mai 1926 à New York[8], et en divorce le 18 novembre 1927[9]. Il épouse en secondes noces Mary Philips le 3 avril 1928 à Hartford[10], mais tous deux divorcent le 21 juin 1937[11]. Puis, il se marie avec Mayo Methot le 21 août 1938 à Los Angeles[12], et en divorce le 10 mai 1945[13]. Enfin, il épouse Lauren Bacall le 21 mai 1945 à Cleveland[13]. Ce fut son unique mariage heureux. Ils restèrent mariés jusqu'au décès de Bogart et eurent deux enfants[14] : Stephen Humphrey Bogart, né le 6 janvier 1949, est devenu écrivain - auteur notamment d'un livre sur son père - , et Leslie Howard Bogart, née le 23 août 1952, devenue infirmière.

Maladie et décès[modifier | modifier le code]

Humphrey Bogart tombe malade au milieu des années 1950. Atteint d’un cancer de l’œsophage, il refuse de consulter un médecin avant janvier 1956, mais il est déjà trop tard. Il décède le 14 janvier 1957 à Hollywood. Ses funérailles ont lieu à la All Saints Episcopal Church. Il est enterré au Forest Lawn Memorial Park (en), à Glendale. Sur la tombe est écrite une allusion à une phrase célèbre de son premier film avec Lauren Bacall dans laquelle celle-ci disait : « Vous savez siffler, n'est-ce pas, Steve ? » : « Si vous voulez quelque chose, sifflez simplement » ( en anglais : If you want anything, just whistle). Son ami John Huston prononça son éloge funèbre en ces termes : « Il avait reçu le plus beau de tous les dons, le talent. Le monde entier l'a reconnu, la vie lui a donné tout ce dont il rêvait et même plus ; nous ne devons pas être désolés pour lui mais plutôt pour nous qui l'avons perdu. Il est irremplaçable. Il n'y aura jamais personne comme lui... »[15]. Il possède une étoile sur le Hollywood Walk of Fame, au 6322 Hollywood Boulevard. L'acteur britannique Michael Caine dit avoir choisi son pseudonyme après avoir vu la performance d'acteur de Bogart dans le film The Caine mutiny (en France : Ouragan sur le Caine). Il a aussi déclaré, à propos de sa maladie, « les cigarettes sont les clous de mon cercueil ».[réf. nécessaire]

Carrière[modifier | modifier le code]

Humphrey Bogart est certainement l'un des mythes les plus durables qu'ait engendrés le cinéma en ce sens qu'à sa mort en 1957, tout le monde eut le sentiment réel de perdre un ami intime, des plus irremplaçables. « Bogie » comme l'appela toute une génération, était ce vétéran solide (13 ans de Broadway, 22 ans d'Hollywood) dont le physique fripé, hâve et caverneux, le sourire de carnassier, plaisait aux jeunes filles, et dont le franc-parler terrifiait toute l'industrie du film. « Après huit verres de whisky, je suis en pleine possession de mes facultés » avouait-il. « Ce que je pense des sports ? Il m'est arrivé de jouer au football chez John Huston, avec un pamplemousse. Il était deux heures du matin et nous étions fins saouls ». En outre, ses positions morales, courageuses et insolentes, faisaient de lui la conscience d'Hollywood, notamment en 1947 par son soutien controversé aux Dix d'Hollywood.

Il incarna avec Lauren Bacall le couple le plus exemplaire et le plus magnifique que le cinéma ait créé sans pouvoir le détruire par la suite.

L'image de Bogart reste mythique. Elle est liée à son allure, étroitement sanglé dans son imperméable, ses orbites sombres creusant, sous le feutre mou du détective privé, son visage plus ou moins plissé, son rictus de dérision perpétuelle et son geste machinal pour se tirer le lobe de l'oreille, cette image désormais règne au-delà de l'existence de son propre créateur. Son jeu était toujours naturel[2]. Sa brusquerie, son insolence bougonnante cachaient un cœur et une vraie philosophie. Depuis sa mort, son image ne cesse de grandir.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Humphrey Bogart dans La Forêt pétrifiée (1936)
Invisible Stripes (1939)

Théâtre (à Broadway)[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Doublage français[modifier | modifier le code]

et aussi :

Influence[modifier | modifier le code]

Même en dehors des États-Unis, Humphrey Bogart est un acteur culte. Jean-Paul Belmondo a été profondément influencé par son image. Dans À bout de souffle, peut-être le film le plus connu de Jean-Luc Godard, le protagoniste Michel adore Humphrey Bogart et le mime dans ses gestes les plus connus d'une manière à la fois absurde et touchante. Tirez sur le pianiste de François Truffaut est aussi un hommage à Bogart. Le grand acteur indien Ashok Kumar a cité Bogart comme celui qui a eu la plus grande influence sur son jeu d'acteur. L'imitateur Robert Sacchi, connu pour sa ressemblance physique avec l'acteur incarna Sam Marlowe, un détective privé fan de Bogart lors de plusieurs films comiques rendant hommage à la légende dans les années soixante-dix. Dans Tombe les filles et tais-toi, de Woody Allen, le personnage principal voue un véritable culte à l'acteur[16].

La marque de luxe ST Dupont a créé une ligne de briquets en l'honneur d'Humphrey Bogart[17].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Stephen Humphrey Bogart, Bogart, mon père, Denoël,‎ 1996, 368 p. (ISBN 220724444X).
  • (en) Darwin Porter, The Secret Life of Humphrey Bogart: The Early Years (1899-1931), Georgia Literary Association,‎ 2003, 600 p. (ISBN 0-9668030-5-1, lire en ligne).
  • (en) Jeffrey Meyers, Bogart: A Life in Hollywood, Andre Deutsch Ltd,‎ 1997 (ISBN 0-233-99144-1).
  • Jonathan Coe, Humphrey Bogart, Éditions Plume,‎ 1992, 192 p. (ISBN 2908034360).
  • Clifford McCarty, Humphrey Bogart, Henri Veyrier,‎ 1974, 191 p. (ISBN 2851991051).
  • Alexis Tchernoff, Humphrey Bogart, Pygmalion Editions,‎ 1997, 207 p. (ISBN 2857041888).
  • Nathaniel Benchley, Vie et mort d'Humphrey Bogart, Lherminier,‎ 1979, 239 p. (ISBN 2862440167).
  • Jacques Mazeau et Didier Thouart, Humphrey Bogart, Pac,‎ 1983, 87 p. (ISBN 2853362027).
  • Collectif, Humphrey Bogart, Anagramme,‎ 1985, 62 p. (ISBN 2851993666).
  • Jean-Marc Loubier, Laurent Bacall, Humphrey Bogart, Solar,‎ 2001, 166 p. (ISBN 2735702154).
  • Gérard Halimi, Humphrey Bogart, Solar,‎ 1981, 64 p. (ISBN 2263005080).
  • Joe Hyams, Bogie, Solar,‎ 1972, 280 p..

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir le Top 100 de l'American Film Institute.
  2. a, b et c (en) George Frazier, « Humphrey Bogart », Life,‎ 12 juin 1944, p. 57 (ISSN 0024-301)
  3. Darwin Porter 2003, p. 9
  4. (en) « The religion of Humphrey Bogart, actor. », sur http://adherents.com,‎ 24 juin 2005 (consulté le 25 novembre 2009)
  5. [1]
  6. [2]
  7. New York tribune. (New York [N.Y.]), 17 Oct. 1922. Chronicling America: Historic American Newspapers. Lib. of Congress. <http://chroniclingamerica.loc.gov/lccn/sn83030214/1922-10-17/ed-1/seq-8/>
  8. Jeffrey Meyers 1997, p. 33
  9. Jeffrey Meyers 1997, p. 34
  10. Jeffrey Meyers 1997, p. 37
  11. Jeffrey Meyers 1997, p. 73
  12. Jeffrey Meyers 1997, p. 78
  13. a et b Jeffrey Meyers 1997, p. 185
  14. « Humphrey BOGART & Helen MENKEN & Mary PHILLIPS & Mayo METHOT & Lauren BACALL », sur http://dgmweb.net (consulté le 25 novembre 2009)
  15. « Biographie de Humphrey Bogart », sur http://cinemaclassic.free.fr (consulté le 25 novembre 2009)
  16. « Fiche film de Tombe les filles et tais-toi », sur allociné.fr (consulté le 25 novembre 2009)
  17. Florence Halimi, « Un Dupont pour Humphrey », Le Figaro Magazine, semaine du 4 mai 2012, page 94.