Hybride

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En génétique, l'hybride est un organisme issu du croisement de deux individus de deux variétés, sous-espèces (croisement intraspécifique), espèces (croisement interspécifique) ou genres (croisement intergénérique) différents. L'hybride présente un mélange des caractéristiques génétiques des deux parents (notamment dans le cas des hybrides F1 ou l'on croise deux parents homozygotes sélectionnés pour obtenir une descendance F1 à hétérozygotie contrôlée). Lors de croisements infraspécifiques et en particulier pour l'humain, le terme métis est aussi utilisé.

L'hybridation est généralement naturelle dans le sens qu'elle fait appel au processus normal de reproduction sexuée, mais elle peut aussi être provoquée par hybridation somatique qui est une technique du génie génétique.

Reproduction des hybrides[modifier | modifier le code]

Les hybrides peuvent être fertiles ou stériles suivant la différence, surtout structurelle, entre les génomes des deux parents. Les hybrides intraspécifiques seront généralement tout à fait fertiles, tandis que les hybrides interspécifiques ou intergénériques seront généralement peu fertiles voire stériles du fait que structurellement les chromosomes ont des difficultés d'appariement lors de la méïose.

Chez les végétaux, on peut reproduire les hybrides par multiplication végétative (bouturage ou greffage).

Suivant la règle de Haldane [Quoi ?] [réf. nécessaire] la stérilité hybride est le limitée au sexe hétérogamie, mâle chez les mammifères et les insectes, femelle chez les oiseaux et les lépidoptères[1].

Hybridation et éthique[modifier | modifier le code]

Des scientifiques souhaitent créer des hybrides homme-animal, à fin expérimentale ou pour répondre à une pénurie d'œufs humains pour y isoler des cellules-souches embryonnaires. Ils estiment qu'en utilisant des ovules d'animaux, plus disponibles, ils pourraient créer des hybrides humains-animaux
En 2008, la chambre des lords britannique a rejeté un amendement déposé par Lord Alton dans le cadre du projet de loi Fertilisation humaine et embryologie visant à interdire la production de tels hybrides, mais ceux-ci ne pourront être produits que pour des embryons qu'on laissera « vivre » 14 jours au plus (avec implantation in utero interdite), et après autorisation de la Human Fertilisation and Embryology Authority (HFEA), si celle-ci considère la recherche proposée comme nécessaire, et après examen d'éventuelles autres alternatives. Les deux premières autorisations, données au Royaume-Uni ont concerné des hybrides cytoplasmiques (ou « cybrides »[2]) à 99,9 % humains et à 0,1 % animal (mitochondries respectivement de vaches et de lapins)[3]

Rétrocroisement[modifier | modifier le code]

Le rétrocroisement sert à transférer un ou quelques gènes désirables d'un parent donneur à un parent récepteur par ailleurs acceptable. Il nécessite un croisement répété de nouveaux hybrides au parent récurrent et la sélection du gène désiré du parent donneur (par exemple le race de chat bengal, le canari rouge).

Botanique[modifier | modifier le code]

Chez les végétaux, on peut créer des hybrides en pratiquant une pollinisation contrôlée. Le botaniste tchèque Gregor Mendel puis l'américain Luther Burbank ou l'agronome russe Ivan Mitchourine furent des précurseurs en la matière à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Hybrides F1[modifier | modifier le code]

En anglais, First Filial Generation : les semences d'hybrides F1 sont le résultat d'un croisement entre deux variétés ou races d'une même espèce, sélectionnées sur plusieurs générations pour certains traits caractéristiques. Pour obtenir des semences F1, on doit croiser les parents originaux à chaque année. Il n'est pas conseillé de récolter les semences produites par les hybrides F1 car elles ne reproduiront pas fidèlement les traits de leurs parents. On dit que ces semences F2 sont instables.

Technique d'hybridation végétale[modifier | modifier le code]

La pollinisation peut aussi être artificielle afin de créer des hybrides ayant des qualités spécifiques héritées des deux parents choisis par l'hybrideur.

L'hybridation s'obtient en retirant manuellement les anthères des fleurs du parent femelle désigné afin d'éviter une auto-fécondation parfois possible. Une fois les anthères "castrées", on dépose du pollen mûr (prélevé sur le parent mâle choisi) sur le pistil de la fleur du parent femelle. La graine hybride qui en résulte porte l'information génétique des caractères des deux parents.

Si l'hybride obtenu hérite des qualités souhaitées, on parle alors d'effet hétérosis ou vigueur hybride.

Un système de marqueur génétique est désormais souvent utilisé pour ne cultiver sur le long terme que les semis les plus prometteurs. Par exemple, pour créer de nouvelles variétés de pommes, on croise deux variétés connues ayant des caractéristiques intéressantes. On sème les pépins des fruits obtenus mais on sait que seul 1/8 des semis dispose des allèles recherchés (couleur, conservation, teneur en sucre, etc.). Pour ne garder que ces semis, on procède à un test génétique sur une feuille mûre dès la première année du semis. Si celle-ci montre la présence de gène favorisant une forte production d'éthylène (qui entraîne une mauvaise conservation du fruit), on élimine immédiatement le semis. Il existe aussi des marqueurs permettant de connaître à l'avance la couleur des futurs fruits. En procédant ainsi, les hybrideurs concentrent leurs travaux uniquement sur les semis de valeur.

Le croisement de deux lignées permet l'obtention d'une variété appelée hybride simple. Un hybride simple peut être croisé avec une lignée bien choisie, pour obtenir un hybride trois voies, ou avec un autre hybride simple pour donner un hybride double[4].

Monohybridisme[modifier | modifier le code]

Le monohybridisme est le produit de croisement entre deux individus différents par un seul caractère.

Les différentes formes d'un caractère étant généralement contrôlées par différents allèles d'un même gène, on croise des individus de lignée pure par exemple des individus à fleurs jaunes avec des individus à fleurs bleues et on observe la couleur des fleurs obtenues. On pourra ainsi définir quel est l'allèle dominant et quel est le récessif.

Lorsque le croisement concerne deux caractères différents, on parle de dihybridisme, et ainsi de suite.

Hybrides interspécifiques[modifier | modifier le code]

Quelques exemples d'hybrides entre espèces :

Par ailleurs, on observe de nombreux hybrides interspécifiques dans la famille des orchidées : ces plantes relativement récentes dans l'échelle de l'évolution sont en effet de ce fait relativement peu différenciées génétiquement, ce qui facilite leur hybridation naturelle ou horticole, entre espèces, voire entre genres.

Zoologie[modifier | modifier le code]

Les espèces au sein de l'ordre des Lépidoptères s'hybrident facilement, mais rares sont les cas où l'hybridation amène à l'apparition d'une nouvelle espèce.

Heliconius heurippa serait un hybride entre Heliconius melpomene melpomene et Heliconius cydno cordula

Le zébrâne est un hybride Ane × Zèbre
Lionne Lion femelle Tigresse Tigre femelle Jaguar Jaguar femelle Léopard Léopard femelle
Lion Lion mâle Ligre Liguar Liard
Tigre Tigre mâle Tigron Tiguar Tigard
Jaguar Jaguar mâle Jaglion Jaguatigre Jagulep
Léopard Léopard mâle Leopon Léotig Lépjag
Autres

Hybridations infirmées[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot hybride vient du latin ibrida qui désignait le produit du sanglier et de la truie, et plus généralement tout individu de sang mêlé. L'orthographe a été modifiée par rapprochement avec le mot grec hybris[6] faisant référence à la violence démesurée qui peut évoquer la notion de viol, union contre nature.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Spéciation » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur univ-lille1. Consulté le 20 juin 2013
  2. Ott Mo (2007), Biofutur, n° 284, p 44-47
  3. Gautier Andujar, Biofutur n° 286. p 10/64, Mars 2008
  4. Les différents types d'hybrides.
  5. Œuvres complètes de Buffon, chapitre "Des mulets"
  6. Dictionnaire Le Robert électronique, 1992.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]