Harold et Maude

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Harold et Maude

Titre original Harold and Maude
Réalisation Hal Ashby
Scénario Colin Higgins
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1971
Durée 91 min.

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

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Harold et Maude (Harold and Maude) est un film américain sorti en 1971, avec Ruth Gordon dans le rôle de Maude et Bud Cort dans le rôle d'Harold. La musique est de Cat Stevens. Il est produit par Paramount Pictures et fut tourné dans la ville et la région de San Francisco en Californie.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'improbable rencontre entre Harold, jeune homme suicidaire de 19 ans issu de la haute bourgeoisie, et Maude. Elle va apprendre la vie à Harold, ce qu'est la joie, le bonheur et l'amour, ce qu'il n'a pas appris auprès d'une mère froide et stricte.

Dès les premiers instants du film, l'ambiance est posée. Harold Chasen (Bud Cort) descend lentement les escaliers de sa demeure dans la pénombre et place un vinyle de Cat Stevens sur une platine (Don't be Shy) avant d'écrire un mot qu'il accroche à sa chemise. Enfin, il allume les bougies d'un chandelier avant de s'avancer gravement dans son salon. On ne distingue plus alors que le bas de ses jambes qui, après un mouvement suivi d'un bruit sourd, pend soudain dans le vide. Harold s'est pendu.

Quelques secondes plus tard, nous nous retrouvons dans le salon d'Harold avec lui, pendu, au premier plan, et sa mère, arrivant tout juste dans la pièce, au second plan. Elle voit clairement son fils pendu, interrompt une seconde son mouvement puis s'avance jusqu'au téléphone, compose un numéro et dit simplement : "I suppose you think this is very funny Harold" ("je suppose que tu trouves ça très drôle Harold") avant de répondre à une amie au téléphone. Harold entreprend alors de gesticuler et de simuler des râles d'étouffement mais, décidément, sa mère ne s'en émeut guère et quitte la pièce en rappelant à son fils : "Dinner's at eight, Harold..." ("le dîner est à 8 heures")

Plus tard, durant le repas organisé par sa mère, Harold fait en sorte de quitter rapidement la table en prétextant avoir la "gorge toute nouée" ("sore throat") [!]. Lorsque sa mère monte le rejoindre, plus tard dans la soirée, elle découvre avec horreur sa salle de bain couverte de taches rouge sang, avant de découvrir son fils, la gorge lacérée et baignant dans ce qui semble être son propre sang. C'en est trop : "Oh! No! Oh, no... I can't stand it. My God, this is too much! This is too much to bear!" ("Oh ! Non !.. Quelle horreur. Il dépasse les bornes. Je ne peux plus supporter une chose pareille !"). Alors qu'elle disparaît en hurlant et en pleurant, Harold esquisse un sourire...

Après cet épisode, sa mère décide d'envoyer Harold chez un psychologue. Une fois achevée sa première consultation, Harold conduit sa chère voiture, un corbillard, pour se rendre à l'enterrement d'un parfait étranger. Il y rencontre Maude pour la première fois.

Tandis qu'il fait peu à peu la connaissance de Maude, Harold doit se plier aux exigences de sa mère, qui tente par tous les moyens de "normaliser" son fils. Elle lui fait rencontrer des jeunes filles par l'intermédiaire d'un organisme de rencontres : il les traumatise avec de nouvelles mises en scène de suicides. Elle lui achète une nouvelle voiture : il la retape pour lui donner l'allure de sa vieille Hearse. Elle tente de le faire rentrer dans l'armée : il s'en libère en se faisant passer pour un psychopathe assoiffé de sang auprès de son oncle Victor... Autant de scènes irrésistiblement drôles aboutissant toujours à de cuisants échecs.

Mais pendant ce temps, Harold se rapproche toujours plus de cette excentrique et pétillante vieille dame qu'est Maude. Ensemble, ils assistent à des enterrements et visitent des décharges de voitures. Ils font des virées dans des voitures "empruntées" par Maude et sèment des policiers tandis qu'ils se dirigent vers la forêt pour replanter un arbre qui étouffait dans le carcan citadin. Maude emmène également Harold dans l'ancienne locomotive qui lui sert de toit. Elle lui fait découvrir son monde empli d'odeurs, de saveurs, de mélodies, de formes et de couleurs. Elle lui montre la vie telle qu'il ne l'avait jamais vue.

C'est ainsi que Harold tombe amoureux de la vieille dame et s'offre pleinement et naturellement à elle. Et c'est ainsi que, tout naturellement, il annonce à sa mère qu'il va finalement se marier ... à une quasi-octogénaire !

Mais Maude en a décidé autrement. Si Harold a une vie à vivre, Maude a une autre forme de l'existence à découvrir. Comme elle le disait au début de l'histoire, 80 ans, c'est un bel âge pour s'éteindre...

Ainsi, le jour de son anniversaire, Maude s'échappe paisiblement après avoir absorbé des somnifères. Une ultime fois, Harold, désespéré, feindra de se suicider en se jetant dans le vide. Mais on le retrouve, en haut de la falaise, en train de jouer du banjo que Maude lui avait offert. Il a décidé d'affronter la vie, celle qui est si belle et qui lui fait si peur, en gardant en tête la philosophie et les enseignements de celle qui fut probablement son premier Amour...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

  • Ruth Gordon : Dame Marjorie Chardin, dite Maude. Une jeune idéaliste de 79 printemps qui, comme Harold, ne rate jamais un enterrement; son spectacle préféré. Elle n'a pas le permis mais aime à emprunter les voitures qui croisent son chemin. Elle aime collectionner les bibelots, la musique, poser nue, et, surtout, c'est une idéaliste qui se délecte de la vie. Bien que rien ne soit confirmé explicitement dans le film, le tatouage qu'on découvre sur son bras semble être un unique mais terrible témoignage de son passé douloureux lors de l'Holocauste. On devine que son histoire a conditionné sa philosophie de la vie.
  • Bud Cort : Harold Chasen. Harold est un jeune homme d'une vingtaine d'années. Il vit chez sa mère une existence oisive et morne. Dans la cage dorée qu'est sa demeure, il a tout ce qu'il veut mais il s'ennuie absolument. Il ne croit guère en la vie et passe son temps à mettre en scène sa mort pour rendre sa mère folle, ou du moins la mener à bout. Ses seuls loisirs sont ses faux suicides et d'assister à des enterrements, ou encore de visiter des décharges. L'arrivée de Maude dans sa vie va tout bouleverser. Peu à peu, elle lui donne goût à la vie et lui montre la beauté de l'existence dans ses plus infimes détails. Elle y parvient tellement bien qu'Harold tombe littéralement amoureux de la vieille dame.
  • Vivian Pickles : la mère d'Harold, Madame Chasen. C'est un des personnages les plus amusants du film, par sa rigidité, mêlée d'une pincée d'hystérie. C'est pour la mener à bout que Harold passe son temps à mettre en scène des suicides. Cette riche femme avait, selon ses propres dires, un mari tout aussi excentrique que Harold. La plupart du temps, elle ne réagit donc pas quand Harold simule sa propre mort.
  • Cyril Cusack : Glaucus. Ce vieil homme est l'ami de Maude. C'est un artiste qui sculpte la glace, et prend Maude pour modèle nu. Comme elle l'explique, Glaucus a besoin d'elle pour se remémorer les formes d'une femme.
  • Charles Tyner : oncle Victor. Cet oncle est présenté à Harold par sa mère. Il a participé à de nombreux combats et a perdu un bras, qu'il a remplacé par une prothèse originale : il peut faire le salut du soldat avec. La mère d'Harold espère qu'il sera capable de "dresser" Harold, afin qu'il devienne plus stable. En réalité, Harold ne tarde pas à ruiner ses espoirs. Il terrifie l'oncle en se faisant passer pour un dangereux psychopathe, aidé par Maude qui fait semblant de se battre avec Harold. Harold fait croire à l'oncle qu'il l'a jetée dans une falaise.
  • Ellen Geer : Sunshine Doré. C'est le troisième rendez-vous d'Harold. Cette jeune fille est une actrice (d'où son nom) et, contrairement aux deux premiers rendez-vous d'Harold, ne sera guère effrayée par le faux suicide d'Harold. Celui-ci se transperce à l'aide d'un sabre de seppuku dans son salon. Elle est éblouie par ses talents d'acteur et poursuit le rendez-vous en faisant une démonstration de ses propres talents. Lorsqu'elle a achevé de se suicider à la façon de Juliette, dans la pièce de Shakespeare, la mère d'Harold découvre le corps faussement inanimé de la jeune fille et croit un instant que son fils a commis l'irréparable.
  • G. Wood : le psychiatre. Il suit Harold pendant presque toute la durée du film. S'il tente de remettre Harold sur le droit chemin, il prouve par sa perplexité qu'il doute de la réussite de cette entreprise.
  • Judy Engles : Candy Gulf; le premier rendez-vous d'Harold. Elle est étudiante et s'est inscrite à cette agence de rencontre après un pari avec des amies. Elle voit le corps d'Harold en feu et disparaît en hurlant.
  • Shari Summers : Édith Phern, le deuxième rendez-vous d'Harold. Il se coupe le bras sous ses yeux.

Musique[modifier | modifier le code]

La bande originale du film est de Cat Stevens. Les chansons Where Do the Children Play?, Miles from Nowhere, On the Road to Find Out et Tea for the Tillerman sont tirées de son album Tea for the Tillerman, sorti en 1970. Deux chansons de la bande originale, "Don't Be Shy" et "If You Want to Sing Out, Sing Out", ont été spécialement composées pour le film, et furent introuvables sur vinyle pendant près de 10 ans. Elles furent finalement éditées en 1984 dans une compilation : Footsteps in the Dark: Greatest Hits, Vol. 2. Un vinyle LP de la bande originale fut édité au Japon, mais on ne pouvait y entendre les chansons en question. On y trouvait par contre 5 chansons ne faisant pas partie du film ("Morning Has Broken", "Wild World", "Father & Son", "Lilywhite" et "Lady D'Arbanville"). La première bande originale officielle du film n'est apparue qu'en décembre 2007 par Vinyl Films Records. Mais on ne peut la trouver qu'en vinyle et à un nombre limité d'exemplaires (2500 copies).

Cette bande originale officielle contient :

  1. "Don't Be Shy"
  2. "On The Road To Find Out"
  3. "I Wish, I Wish"
  4. "Miles From Nowhere"
  5. "Tea for the Tillerman"
  6. "I Think I See The Light"
  7. "Where Do The Children Play?"
  8. "If You Want To Sing Out, Sing Out"
  9. "If You Want To Sing Out, Sing Out" (version banjo)
  10. "Trouble"
  11. "Don't Be Shy" (version alternative)
  12. "If You Want To Sing Out, Sing Out" (version instrumentale)
  13. "Don't Be Shy" (version démo)
  14. "If You Want To Sing Out, Sing Out" (version alternative)

Prix et honneurs[modifier | modifier le code]

  • Il est 42e sur la liste des 100 films les plus drôles de la chaîne de télévision américaine Bravo.

Harold et Maude, une époque, un état d'esprit[modifier | modifier le code]

Harold et Maude est un film typique de l'état d'esprit des années 1970, célèbrant la liberté, la nature et la spontanéité tout en s'opposant par l'humour au militarisme et aux conventions sociales. À l'époque de sa sortie, il a défrayé la chronique dans le monde entier, ayant à subir différentes restrictions ou interdictions (de l'interdiction aux moins de 12 ans à l'interdiction aux moins de 18 ans selon les pays). Sa popularité fut telle qu'il fut exploité en exclusivité pendant plusieurs années à Paris.

On appela dans les années 1980 des Harolds les adolescents qui, comme le personnage principal Harold, étaient obsédés par les cimetières ; l'écrivain canadien Douglas Coupland utilisa le néologisme to harold, dans son recueil Polaroids from the Dead, pour décrire l'activité consistant à visiter les cimetières et assister aux enterrements[3],[4] Le terme de maudianisme a aussi été forgé pour désigner la façon d'être, joyeuse et ouverte à la vie, développée par l'autre personnage-titre, Maude.[réf. nécessaire]

En 1998, Harold et Maude est cité dans le film Mary à tout prix de Peter et Bobby Farrelly où il est le film préféré de l'héroïne.

Thèmes centraux[modifier | modifier le code]

Hal Ashby, le producteur de ce film, a voulu confronter l'état d'esprit fermé et négatif de la jeunesse aliénée de son époque à l'optimisme durement acquis de ceux qui ont enduré les horreurs du début du vingtième siècle, en opposant le nihilisme à la foi en l'avenir et aux projets. Le passé de Maude est révélé pendant un court instant, lorsqu'Harold découvre son numéro d'identité tatoué dans un camp de concentration.

Harold fait partie d'une société dans laquelle il n'a pas d'identité propre ni d'importance. De façon plus existentielle, de plus, il s'estime personnellement sans but et sans intérêt.

Maude, quant à elle, a survécu aux camps de concentration et vit une vie riche de sens. À travers ces deux personnages, on peut constater deux cultures très différentes. L'une, personnifiée par Harold, poursuit un combat qui n'a pas de sens, tandis que l'autre, représentée par Maude, a expérimenté une véritable guerre qui a créé cette crise du sens qu'était l'Holocauste, et comprend bien mieux l'intérêt, la beauté mais aussi la fragilité de l'existence.

Les suicides d'Harold[modifier | modifier le code]

  1. Scène d’ouverture : Harold se pend.
  2. Un peu plus tard, Harold simule un suicide dans sa baignoire, cette fois-ci en faisant croire qu’il s’est tranché la gorge.
  3. Il simule ensuite un suicide par noyade dans la piscine de sa mère. On la voit d’ailleurs se baigner, comme si de rien n’était, près du corps inerte.
  4. Alors que sa mère fait passer à Harold le questionnaire de l’organisme de rencontre, il pointe un pistolet vers sa mère avant de le diriger vers lui-même. Il se tire une balle dans le front.
  5. Lors de son premier rendez-vous, Harold se "suicide" par le feu dans son jardin, tandis que la jeune fille lui fait des signes de l’intérieur de la maison.
  6. Le second rendez-vous d'Harold cesse net quand ce dernier se coupe la main à la hache.
  7. Harold va plus loin encore pour son ultime rendez-vous (avec Sunshine Dore). Il se perfore le ventre avec un sabre de seppuku.
  8. À la toute fin du film, Harold jette son corbillard du haut d'une falaise.

Adaptations[modifier | modifier le code]

De son scénario, Colin Higgins a tiré par la suite un roman et une pièce de théâtre. La pièce fut traduite et adaptée en français par Jean-Claude Carrière et mise en scène par Jean-Louis Barrault. Une pièce fut aussi produite par Viola Léger en 1987[5] :

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Hal Ashby a souhaité pendant un temps inclure une scène d'amour entre ses deux personnages, mais Paramount Pictures a refusé le projet.

Références[modifier | modifier le code]

  1. AFI's 100 YEARS...100 LAUGHS
  2. http://www.loc.gov/film/titles.html National Film Registry list of films, 1989-2006
  3. Douglas Coupland, « Harolding », New Republic, 21 février 1994.
  4. Paul McFedries, article Harold, Word Spy.
  5. Léonard E. Doucette, « Culture de l'Acadie - Théâtre », sur Encyclopédie canadienne (consulté le 11 mars 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]