Mégalopole

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Mégapole.

Une mégalopole (du grec megas, megalos, « grand » et polis, « ville ») est un espace urbanisé polynucléaire formé de plusieurs agglomérations dont les banlieues et couronnes périurbaines s'étendent tellement qu'elles finissent par se rejoindre, et cela sur de longues distances.

Il ne faut pas confondre une mégalopole et une mégapole, agglomération de plus de 10 millions d'habitants (seuil fixé par l'ONU, auparavant fixé à 8 millions d'habitants). Ainsi, Moscou est une mégapole, mais n'appartient à aucune mégalopole reconnue puisqu'aucun réseau urbain d'importance ne s'est développé à proximité même si elle compte plus de 14 millions d'habitants.

Origine du terme « Megalopolis »[modifier | modifier le code]

La notion de Mégalopolis fut proposée par J. Gottmann dans son livre Megalopolis, The Urbanized Northeastern Seaboard of the United States (publié en 1961 )

Origine du concept[modifier | modifier le code]

Contemporainement, le concept fut proposé par le géographe français Jean Gottmann dans son livre Megalopolis, The Urbanized Northeastern Seaboard of the United States (1961, The MIT Press), qui traitait des zones urbaines du nord-est des États-Unis. Ce dernier définit la "Mégalopolis" par la région urbaine s'étendant entre l'agglomération de Boston et la conurbation Baltimore-Washington, comprenant les agglomérations de Hartford, de New York, et de Philadelphie, ainsi qu'une multitude de villes de plus de 100 000 habitants, sur la côte est des États-Unis. On retrouve parfois l'expression BosWash (composée par la première syllabe du nom des deux villes situées aux extrémités). Cet ensemble urbain s'étale sur plus de 800 km du nord au sud, avec une population estimée à quelque 65 ou 70 millions d'habitants.

Gottmann explique cette concentration de population et de pouvoirs (politique, économique, judiciaire, culturel) dans cet espace par la succession de conjonctures favorables : la colonisation de la façade Nord et l'importance des échanges maritimes avec l'Europe ; la victoire du Nord sur le Sud lors de la Guerre de Sécession (éliminant la concurrence des ports du Sud) et la présence d'une élite urbaine[1].

L'auteur tend même à en faire une nouvelle Rome : " (la Mégalopolis) fait un peu figure à l'époque présente de ce que fut la Rome impériale du monde antique. L'Atlantique semble être la Mare Nostrum de cette nouvelle Mégalopolis aux dimensions extraordinaires "[2]. Cette comparaison anticipe l'analyse qui débouche sur la définition des trois centres d'impulsion de la Triade de Ken'ichi Ōmae, quinze ans plus tard.

Exemples de mégalopoles[modifier | modifier le code]

Amérique[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : BosWash, ChiPitts et SanSan.

Dans certains manuels scolaires français, la conurbation transfrontalière de la région des Grands Lacs, en Amérique du Nord, correspondrait à une mégalopole de 65 millions d'habitants. Elle réunirait des métropoles américaines (Chicago, Détroit) et canadiennes (Montréal, Toronto, Québec, Ottawa), ainsi qu'une dizaine d'autres villes moins importantes.

D'autres regroupements peuvent être perçus comme des mégalopoles en formation :

Asie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Taiheiyō Belt.

Depuis 1981 , une deuxième mégalopole s'est constituée au Japon. Cette mégalopole nippone s'étend sur plus de 1 000 km de Tōkyō, à l'est, à Fukuoka, à l'ouest, et rassemble 110 millions d'habitants, soit environ 80 % de la population japonaise sur 6 % du territoire. Cet ensemble urbain est considéré comme le cœur démographique et politique du Japon. Il est constitué de trois ensembles : l'hypercentre, autour de la capitale administrative et économique du pays, Tōkyō (34 M d'hab.) et la région du Kantō ; puis le centre secondaire (22 M d'hab), relié à l'hypercentre par la Ligne Shinkansen Tōkaidō et l'axe historique du Tōkaidō, constitué de Nagoya et de la conurbation Keihanshin (ou « triangle Kinki ») du Kansai (Ōsaka, Kobe et Kyōto) ; et le troisième ensemble, à l'ouest, constitué des littoraux de la mer intérieure, sorte d'annexe industrielle du centre.

Europe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mégalopole européenne.

La troisième mégalopole reconnue est la mégalopole européenne, formée par l'ensemble urbain long de 1 500 km et densément peuplé (env. 70 millions d'habitants) entre l'agglomération londonienne, en Angleterre, et la région de Milan, en Italie, en passant par le Benelux, la Ruhr et la Suisse. Cet arc métropolitain en position médiane en Europe est également nommée "dorsale européenne" — appelée « banane bleue » par Roger Brunet, au début des années 1990, en raison de la forme qui apparaissait sur une image satellitale. Dans certaines approches, on associe parfois en périphérie les agglomérations de Paris et de Francfort. Cette « dorsale » est le centre d'impulsion en termes politiques et économiques de l'Union européenne, et domine les régions périphériques, moins dynamiques en termes démographiques et économiques de l'Europe.

Toutefois, cette dorsale européenne n'est pas complètement homogène et pourrait être divisée en sous-ensembles urbains :

Afrique[modifier | modifier le code]

En Afrique du Sud, la fusion des aires urbaines de Johannesburg, Pretoria et de la zone comprise entre les villes plus petites de Witwatersrand, Vereeniging et Sasolburg, située dans la province du Gauteng, semble avoir créé la première mégalopole africaine avec pas moins de 8 millions d'habitants.

Mégalopoles imaginaires[modifier | modifier le code]

La mégalopole est un thème courant dans la science-fiction, permettant généralement d'exprimer une vision de l'enfer urbain poussé à son paroxysme. Par exemple, William Gibson décrit, dans Neuromancien, une « Conurb » s'étendant de Boston à Atlanta. Le genre a également décrit des villes ayant finalement recouvert l'intégralité de leur planète, comme Trantor, peuplée de 40 milliards d'habitants, dans la série Fondation d'Isaac Asimov, ou Coruscant dans Star Wars.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Gottmann, 1960, L'Amérique, Hachette, pp. 176-177
  2. Jean Gottmann, 1960, L'Amérique, Hachette, pp. 175

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Pour la mégalopole européenne 


Pour la hiérarchie urbaine mondiale