Un jour sans fin
Un jour sans fin
| Titre original | Groundhog Day |
|---|---|
| Réalisation | Harold Ramis |
| Scénario | Danny Rubin (histoire) Danny Rubin et Harold Ramis (adaptation) |
| Acteurs principaux | |
| Pays d’origine | |
| Genre | comédie |
| Sortie | 1993 |
| Durée | 101 min |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Un jour sans fin (Groundhog Day), ou Le jour de la marmotte au Québec et au Nouveau-Brunswick, est un film américain de Harold Ramis sorti en 1993.
Il met en scène un présentateur météo sur une chaîne de télévision régionale de Pittsburgh, prétentieux, aigri et imbu de lui-même, nommé Phil Connors. Le 2 février, il part en reportage à l'occasion du jour de la Marmotte, festivité traditionnelle célébrée en Amérique du Nord le jour de la Chandeleur. Mais une fois le sujet tourné, un blizzard le force à passer la nuit sur place. À chaque fois que son réveil sonne, c'est la même journée qui recommence : Phil semble bloqué dans le temps jusqu'à ce qu'il ait donné un sens à sa vie.
Le film a connu un succès relatif lors de sa sortie aux États-Unis, avant de lentement s'imposer comme référence culturelle, étant sélectionné pour faire partie du National Film Registry en 2006[1].
Sommaire |
Synopsis[modifier]
Phil Connors de la station de télévision fictive Pittsburgh WPBH-TV9, son producteur Rita (Andie MacDowell) et un caméraman nommé Larry (Chris Elliott) partent à Punxsutawney en Pennsylvanie[2], pour couvrir les festivités annuelles du jour de la Marmotte. Lassé de ce devoir annuel et de la bourgade, Phil enregistre à contrecœur son reportage sur le festival et tente de revenir à Pittsburgh quand une tempête de neige, que ses prévisions avaient localisée dans une autre région, bloque les routes principales. Phil et son équipe sont contraints de rester à Punxsutawney un jour de plus.
Après une nuit de sommeil, Phil, en se réveillant, découvre qu'il revit à nouveau la journée du 2 février. La journée se déroule exactement comme la précédente sans que quiconque semble conscient de la boucle temporelle, mais Phil se souvient parfaitement des événements qu’il a vécu la veille. Initialement perturbé de continuer à se réveiller chaque matin à 6 heures le 2 février, il commence à tirer profit, sans crainte des conséquences à long terme, de sa connaissance préalable de ce qui va se produire : il apprend les secrets des habitants de la ville, dérobe de l'argent et se retrouve au poste pour conduite en état d’ivresse. Il séduit une femme mais s’aperçoit à cette occasion qu’il est hanté par Rita. Toutefois, ses machinations pour séduire celle-ci se soldent toujours par un échec. Phil se désespère et tente de plus en plus radicalement à mettre fin à la boucle temporelle, enregistrant des reportages ridicules et offensants sur le festival, abusant des résidents et, finalement, kidnappant la marmotte mascotte du festival ; après une longue poursuite, il jette sa voiture du haut d’une falaise, semblant se tuer en même temps que la marmotte. Toutefois, en se réveillant, Phil constate que rien n'a changé, et ses nouvelles tentatives de suicide sont tout aussi vaines.
Lorsque Phil explique la situation à Rita en lui donnant des preuves de sa bonne foi, elle lui dit qu'il devrait en profiter pour se perfectionner. Phil s’efforce alors d'en savoir plus sur Rita et améliore chaque jour sa connaissance d'elle-même et de la ville. Un des tournants du film est sa rencontre avec le vieux clochard (auquel il avait fait un don monétaire incroyable un peu plus tôt), dans la soirée. Il découvre le vieil homme, agonisant dans une ruelle. Après sa vaine tentative pour le sauver, il recommence chaque jour à tenter de le faire échapper à son destin. En vain. Il commence alors à utiliser sa vaste expérience de cette journée pour aider autant de personnes qu’il le peut. Il utilise également ce temps pour apprendre, entre autres choses, à jouer du piano, à sculpter sur glace et à parler le français (dans la version française, à parler l’italien). Au bout du compte, Phil devient capable de se lier d'amitié avec presque tous ceux qu'il rencontre durant la journée. Il utilise son expérience pour sauver des vies, aider toutes sortes de citadins et se rapprocher de Rita. Il enregistre un reportage sur la célébration du jour de la Marmotte si éloquent que toutes les autres stations orientent leurs micros vers lui. Après une soirée dansante où on le voit déployer des talents remarquables au piano, Rita, étonnée par l'acharnement de Nancy et d'une autre femme, « remporte » Phil au cours d’enchères caritatives aux célibataires. Plusieurs habitants de Punxsutawney viennent alors tour à tour remercier Phil sous les yeux de Rita, séduite. Phil et Rita se retirent ensemble dans la chambre de Phil.
Phil, qui a vécu une journée parfaite, se réveille enfin le matin en constatant la boucle temporelle brisée : c’est le matin du 3 février et Rita est encore allongée à ses côtés.
Fiche technique[modifier]
- Titre français : Un jour sans fin
- Titre québécois : Le Jour de la marmotte
- Titre original : Groundhog Day
- Réalisation : Harold Ramis
- Scénario : Danny Rubin et Harold Ramis, sur un sujet de Danny Rubin
- Musique : George Fenton, avec des reprises de Delbert McClinton (I'm Your Weatherman), Sonny & Cher (I Got You, Babe), Mozart, Rachmaninoff (grand thème de la Rhapsodie sur un thème de Paganini), Frankie Yankovic (Pennsylvania Polka), Nat King Cole (Almost Like Being in Love)
- Photographie : John Bailey
- Montage : Pembroke J. Herring
- Distribution des rôles : Howard Feuer
- Décors : David Nichols
- Direction artistique : Peter Landsdown Smith
- Costumes : Jennifer Butler
- Production : Trevor Albert et Harold Ramis
- Société de production : Columbia Pictures
- Société de distribution : Columbia Pictures
- Budget : 14,6 millions de dollars[3]
- Pays d'origine :
États-Unis - Langue : anglais
- Format : Couleurs (Technicolor) - 1,85:1 - 35 mm
- Genre : Comédie romantique, fantastique
- Durée : 101 minutes (1 h 41)
- Dates de sortie : 12 février 1993 (États-Unis), 28 juillet 1993 (France)
Distribution[modifier]
- Bill Murray (VF : Richard Darbois) : Phil Connors
- Andie MacDowell (VF : Rafaele Moutier) : Rita
- Chris Elliott (VF : Jean-Luc Kayser) : Larry
- Stephen Tobolowsky (VF : Michel Papineschi) : Ned Ryerson
- Brian Doyle-Murray (VF : Jacques Dynam) : Buster Green
- Marita Geraghty : Nancy Taylor
- Angela Paton : Mrs. Lancaster
- Rick Ducommun : Gus
- Rick Overton : Ralph
- Robin Duke : Doris, la serveuse
- Willie Garson : Kenny
- Ken Hudson Campbell : L'homme du vestibule
- Michael Shannon : Fred Kleiser
- Harold Ramis : le neurologue
Accueil[modifier]
Le distributeur semblait mettre peu d'espoir dans ce film. Il sortit en salles aux États-Unis au mois de février 1993, une des périodes les plus creuses de l'année, et fin juillet en France, qui était à l'époque la période de plus basse fréquentation et de moindre exposition annuelle. Le film tint pourtant l'été durant à Paris grâce à de bonnes critiques et au bouche à oreille et termina une honorable carrière d'exclusivité à l'automne.
Le film a rapporté 70 906 973 $ au box-office américain [4] et a réalisé 521 101 entrées en France[5].
Il a été très bien accueilli par la critique, recueillant 96 % de critiques favorables, avec un score moyen de 7,9⁄10 et sur la base de 55 critiques collectées, sur le site Rotten Tomatoes[6]. Sur le site Metacritic, il obtient un score de 72⁄100, sur la base de 14 critiques collectées[7].
Distinctions[modifier]
Le film a remporté le British Academy Film Award du meilleur scénario original et Andie MacDowell le Saturn Award de la meilleure actrice. Le film a obtenu cinq autres nominations aux Saturn Awards (meilleur film fantastique, meilleur acteur, meilleure réalisation, meilleur scénario et meilleurs costumes) et a été nommé au prix Hugo du meilleur film[8].
En 2000, l'American Film Institute l'a classé comme 34e meilleure comédie du XXe siècle[9], et, en 2008, comme 8e film fantastique[10]. Le film a été inscrit au National Film Registry en 2006.
Commentaire[modifier]
Ce film, basé sur un postulat simple, ouvre la réflexion à plusieurs niveaux. Tout d'abord l'épanouissement personnel, montrant qu'un homme cynique et imbu de sa personne peut devenir un héros local si les circonstances le lui permettent. Ensuite une réflexion philosophique sur le quotidien, car la routine et la répétitivité sont à plusieurs reprises suggérés dans le film. Enfin, le héros est amené à progresser humainement tout au long du film en découvrant que chaque personne, même la plus anonyme, a son identité, son histoire et sa raison d'être, ce qui l'amène à considérer l'autre, et à l'apprécier pour ce qu'il est, différemment de son premier regard. Le film ouvre ainsi une réflexion profonde sur la considération des « autres », la tolérance, l'égoïsme et les préjugés. Le tout situé dans un contexte irréel truffé de drôleries et d'allusions. C'est un film à considérer au second degré si l'on souhaite en percevoir la pleine portée.
En tant que tel, le film est devenu un favori des bouddhistes[11], parce qu'ils voient ses thèmes d'altruisme et de renaissance comme un reflet de leurs propres messages spirituels.
On peut également rapprocher le thème du film du concept nietzschéen d'éternel retour, rapporté à l'échelle d'une journée. Pour Nietzsche, tout individu doit chercher à mener son existence de façon à vouloir la revivre à l'identique et dans les moindres détails une infinité de fois, si cela était possible[réf. nécessaire]. Il s'agit d'une véritable épreuve, à laquelle Phil Connors échoue dans un premier temps. Le salut n'apparaît que lorsque le héros a pris conscience que la journée qu'il a passé pourrait enfin être vécue indéfiniment sans que cela constitue une malédiction, mais au contraire une forme de bonheur suprême.
Aux États-Unis et, dans une moindre mesure, dans d'autres pays anglophones, l'expression « Groundhog Day » (jour de la marmotte) est entrée dans l'usage commun comme une référence à une situation désagréable qui se répète sans cesse[12]. En septembre 2011, Time Out London publie un top 100 des meilleurs films de comédie ; le film se retrouve en 8e position[13].
Œuvres similaires et influences[modifier]
Le thème de répétition en boucle d'une journée avait aussi été traité dans la nouvelle The Tunnel Under the World (1955), de Frederik Pohl et dans 12h01, prisonnier du temps 12:01_PM (en) (1973) de Richard A. Lupoff. Une répétition (psychologique) en boucle du temps sur des durées plus larges est évoquée dans Le Premier octobre, il sera trop tard, de Fred Hoyle ainsi que dans Replay, de Ken Grimwood, Prisonniers du temps de Michael Crichton, et les œuvres faisant intervenir le paradoxe temporel. Notons aussi Cours, Lola, cours (1998), film allemand réalisé par Tom Tykwer. Dans la série télévisée américaine Day Break le personnage principal revit sans cesse la même journée.
Par ailleurs, de nombreuses séries télévisées américaines utilisent au cours d'un épisode la trame narrative d'Un jour sans fin en y faisant plus ou moins explicitement référence, citons :
- Tru Calling Épisode 1-11. The Longest Day (Le jour le plus long)
- Stargate SG-1 Épisode 4-06 Window of Opportunity (Un jour sans fin)
- Supernatural Épisode 3-11 Mystery Spot (Un jour sans fin)
- X-Files Épisode 6-14 Monday (Lundi)
- Buffy contre les vampires Épisode 6-5 Tous contre Buffy
- Loïs et Clark, les nouvelles aventures de Superman Épisode 4-11 Twas the Night Before Mxymas (La boucle du temps)
- Charmed Épisode 1-22 Une journée sans fin
- Dawson Épisode 3-20 Une journée sans fin
- La Vie de Croisière de Zack et Cody Épisode 1-6 Une impression de déjà-vu
- Les Mystères de Haven Épisode 2-06 Audrey Parker's day off
- Xena, la guerrière Épisode 3-02 Been There, Done That (Un jour sans fin)
- Fringe Épisode 2-18 White Tulip
- Demain à la une Épisode 4-10 Run, Gary, Run (Un journal sans fin)
- Code lyoko Épisode 30 saison 2 (Un grand jour)
Autour du film[modifier]
- Chaque matin, Phil Connors se réveille sur le hit de Sonny et Cher I Got You Babe.
- Buster, le maire de la ville, est interprété par le frère de Bill Murray, Brian Doyle-Murray.
Voir aussi[modifier]
Lien externe[modifier]
- (en) Un jour sans fin sur l’Internet Movie Database
Notes et références[modifier]
- (en) Films Added to National Film Registry, sur Library of Congress. Consulté le 18 octobre 2012
- Bien que l'intrigue du film se déroule presque entièrement à Punxsutawney (Pennsylvanie), le tournage a en réalité eu lieu à Woodstock (Illinois). La ville de Punxsutawney est également le cadre du film Planqué malgré lui de John Ford.
- (en) Groundhog Day, sur The Numbers. Consulté le 2 février 2011.
- (en) Groundhog Day, sur Box Office Mojo. Consulté le 2 février 2011.
- (fr) Un Jour sans fin - Box-office France, sur Jp's Box-office. Consulté le 2 février 2011.
- (en) Groundhog Day, sur Rotten Tomatoes. Consulté le 18 octobre 2012
- (en) Groundhog Day, sur Metacritic. Consulté le 18 octobre 2012
- (en) Awards for Un jour sans fin, Internet Movie Database. Consulté le 18 octobre 2012
- (en) AFI 100 Years 100 Laughs, American Film Institute. Consulté le 18 octobre 2012
- (en) AFI's Top 10 Fantasy, American Film Institute. Consulté le 18 octobre 2012
- (en) Schindler, Paul, « Groundhog Day The Movie, Buddhism and Me ». Consulté le 2009-11-29.
- (en) Hurricane Fatigue, USA Today. Consulté le 2009-11-29.
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