Cosplay

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Le cosplay (コスプレ, kosupure?), mot-valise composé des mots anglais « costume » et « play » (« jouer »), est un loisir qui consiste à jouer le rôle de ses personnages (héros de mangas, de bande dessinée, d'animation japonaise, de dessins animés, de tokusatsu, de films, de jeux vidéo ou de comics) en imitant leur costume, leurs cheveux —à l'aide d'une perruque ou en réalisant la même coupe de cheveux que celle du personnage— et leur maquillage. On appelle les pratiquants des cosplayers.

Cosplay de Bob l'éponge.

Le terme costumade a été proposé par l'Office québécois de la langue française en février 2010 pour traduire cosplay (« activité consistant à se costumer en personnage de fiction... », voir GDT[1]). En France, le même terme recommandé par la Commission générale et terminologie et de néologie selon une parution au journal officiel, en octobre 2011, concerne uniquement le rassemblement occasionné par cette activité[2]. Les termes costumadier et costumédien ont aussi été proposés le même mois par l'OQLF comme équivalents français de cosplayer.

Très courante au Japon, cette pratique n'est pas rare aux États-Unis ou en Europe lors des conventions et autres festivals de mangas ou de science-fiction. Cette pratique est née aux États-Unis[réf. nécessaire], créée originellement par les fans de Star Trek puis de Star Wars qui se costumaient en personnage pour la sortie des films, mais a connu une très grande expansion au Japon, pays qui organise désormais un événement international, à savoir le « World Cosplay Summit » à l'initiative de Aichi Television Broadcasting.

Les différents courants[modifier | modifier le code]

On peut reconnaître trois pratiques particulières de ce hobby, qui dépendent du lieu géographique :

Japon[modifier | modifier le code]

Au Japon, les cosplayers ne participent à aucun concours, mais ont accès à des espaces réservés dans les grandes conventions, et ne circulent sur le salon même qu'à condition de ne pas se faire photographier à l'intérieur, pour ne pas risquer de déranger les visiteurs non cosplayers. Les espaces qui leur sont réservés leur permettent d'être photographiés à volonté par des amateurs et des professionnels. L'échange de cartes de visite mentionnant les sites Internet de chacun est de rigueur entre photographes et cosplayers. Les lieux publics tels que les quartiers tokyoïtes de Harajuku ou de Shinjuku sont également réputés pour en accueillir en fin de semaine.

De fait, le cosplay est bien plus basé sur l'image que sur la performance —prestation ou création de costumes— que dans les pays occidentaux, et donc la question de faire ou acheter son costume y est plus secondaire. Il existe même un véritable marché commercial de costumes en prêt-à-porter ou sur mesures. Par contre, le cosplay reste une activité marginale souvent mal perçue par le Japonais moyen. À titre d'exemple, une cosplayer japonaise se mariant aura tendance à abandonner le cosplay —et à fermer son site— afin de rentrer dans une vie sociale plus conventionnelle.

Le « World Cosplay Summit » est le seul évènement cosplay au Japon qui comprend un concours, international qui plus est. Et pour ce concours, il est en effet interdit de porter des costumes ou des parties de costumes achetés ; il faut que le costume soit entièrement fait par les mains du cosplayer.

Le cosplay japonais, qui a émergé aux alentours des années 1990-1991, n'est, contrairement à une idée reçue, pas le pionnier en la matière. Ceci dit, le cosplay au Japon reste celui capable de présenter le plus de participants lors des plus grands salons. Il met particulièrement l'accent sur le modèle et ses poses qui doivent se rapprocher de l'apparence et des poses du personnage original.

Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

C'est aux États-Unis qu'est née l'idée de reproduire des costumes de personnages fictifs. On considère que le pionnier en la matière fut Forrest J Ackerman qui, en 1939, se présenta à la première convention américaine de science-fiction, le WorldCon, dans un costume d'« homme du futur » crachant des étincelles.

La Masquerade était née et devint le premier concours de « cosplay ». Elle connut son apogée dans les années 1970 et 1980, à l'émergence de deux œuvres-phares de la science-fiction, la série originale Star Trek et la trilogie de films Star Wars, des centaines de candidats participaient alors à la Masquerade.

Aujourd'hui, le cosplay semble plus volontiers tourné vers la création de costumes relativement originaux, avec l'existence de concours se basant souvent sur la qualité, l'originalité du costume ou même sur la prestation scénique (durant approximativement entre une et deux minutes, mais souvent plus en hors-concours).

Europe[modifier | modifier le code]

Membres de la 501e légion à l'entrée de Générations Star Wars et Science Fiction 2010

En Europe (plus particulièrement en France et en Italie et aussi en Allemagne), le cosplay prend une dimension plus théâtrale : la qualité des costumes est un point très recherché, mais par les concours où les cosplayers se retrouvent en face d'un public devant lequel ils miment des combats, récitent des dialogues ou chantent (seuls ou en groupe), un certain jeu d'acteur est apprécié.

Bien que les cosplays soient généralement présentés comme des compétitions, le but des participants est plutôt d'exprimer une passion personnelle que, véritablement, de remporter une victoire. L'ambiance de ce genre de manifestation est très bon-enfant, et certains cosplayers ne participent jamais aux concours.

La plupart des cosplayers mettent un point d'honneur à créer leurs costumes eux-mêmes (y compris les accessoires tels que bijoux et armes) et à ne les utiliser qu'une seule fois.
Il est d'ailleurs souvent mal vu, dans le cadre des concours, de présenter un costume qui a déjà été présenté lors d'un autre concours ou dont certains éléments ont été achetés plutôt que fabriqués.

Si le costume a été acheté en partie, le cosplayer n'a en général pas le droit de participer aux concours, mais peut faire ce que l'on appelle du 'cosplay libre', c'est-à-dire se promener librement sur les lieux, c'est-à-dire généralement dans les allées d'une convention, ou de passer sur une scène spécifique au 'cosplay libre'.

De plus, depuis quelques années, certains voient le cosplay comme un moyen de se faire de la publicité à peu de frais. Ainsi, des cinémas font rentrer gratuitement les spectateurs qui viennent déguisés lors de la sortie d'un « gros titre » (comme Star Wars ou Le Seigneur des Anneaux). D'autres enseignes, telles que la Fnac et les Galeries Lafayette en France, organisent même des concours ou des animations autour du cosplay.

Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

Au Maroc, le cosplay a débuté de manière timide lors des premières MANGA EXPO, conventions organisée par l'association DRAGON TANGER. Il prit ensuite une toute autre dimension avec Manga Afternoon. Créé le 24 janvier 2010 à Casablanca, ce fut le premier grand événement consacré à la culture otaku au Maroc, il démocratisa le cosplay dans ce pays avec plus d'une dizaine de rassemblement en 2 ans.

En Tunisie Le cosplay en Tunisie a vu le jour en Mars 2010 avec l'organisation d'un meeting de fans de mangas qui s'appelait First Cosplay in Tunisia , il évolue par la suite avec l'organisation de 'banzai' ainsi devenue l'évènement annuelle attendue par les fans et les cosplayers.

Crossplay[modifier | modifier le code]

Exemple de crossplay du personnage Akira de Togainu no Chi.

Le crossplay est un cas particulier de cosplay dans lequel le cosplayeur incarne un personnage du sexe opposé, que ce soit une femme portant le costume —et jouant le rôle— d'un personnage masculin ou l'inverse.

World Cosplay Summit[modifier | modifier le code]

Le World Cosplay Summit (WCS) est un concours qui réunit une dizaine de binômes sélectionnés dans divers pays à travers le monde. La France en fait partie depuis la première édition (qui date de 2003) et continue toujours.

Le World Cosplay Summit se déroule tous les ans début août à l'initiative de la télévision Aichi Television Broadcasting. Ce concours récompense depuis 2006 le meilleur binôme de cosplayers dans un concours international. En 2003 et 2004, ce n'était qu'un sommet réunissant deux cosplayers de différents pays. Ce n'est que depuis 2005 que le sommet est devenu un concours (cette année-là, 4 personnes furent invitées pour chaque pays, à l'occasion de l'exposition mondiale qui se tenait à Nagoya).

Ce concours est limité aux personnes majeures (18 ans ou plus). Il est à noter que ce concours répond aux exigences commerciales imposées par la chaîne organisatrice, certaines limitations sont imposées aux participants  : obligation de choisir une œuvre japonaise, interdiction de faire un costume issu d'une licence Shueisha, et, entre 2007 et 2011, interdiction aux jeux vidéo.

Les représentants français depuis les débuts du WCS ont été :

  • 2003 : Laurence Guermond et Émilie Lemeteyer
  • 2004 : Pauline Mesa et Pia
  • 2005 : Dounia Fergane pour les individuels, Laurence Guermond, Rowen et Pauline Mesa pour les groupes.
  • 2006 : Anne-Cécile Martin et Léna
  • 2007 : Damien Ratte et Isabelle Jeudy
  • 2008 : Laura Salviani et Cécile Auclair
  • 2009 : Cécilia Albanese et Eva Turpin
  • 2010 : Laura Salviani et Cécile Auclair
  • 2011 : Christele Guiol et Laure Creusot
  • 2012 : Coralie D’Aliesio et Orianne D’Aliesio
  • 2013 : Ameline Morel et Alison Lainé
  • 2014: Fabienne Fauvin et Océane Salom

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

  • La chaîne Nolife diffuse une émission mensuelle sur le cosplay depuis le 13 Décembre 2009 Costume Player

Revoir sur Nolife Online : Costume Player sur Nolife Online

  • La saison 2 de l'émission + ou - geek diffuse une chronique cosplay présenté par Yumi

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joëlle Nouhet-Roseman « Mangamania et cosplay », Adolescence, vol.3, no 53, 2005, p. 659-668. [lire en ligne]
  • Laurent Ladouari, "Cosplay", HC Editions, 2014, 474 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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