Star Trek 2 : La Colère de Khan

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Star Trek 2 :
La Colère de Khan

Titre original Star Trek II: The Wrath of Khan
Réalisation Nicholas Meyer
Scénario Jack B. Sowards
Acteurs principaux
Sociétés de production Paramount Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Science-fiction
Sortie 1982
Durée 120 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Star Trek 2 : La Colère de Khan (Star Trek II: The Wrath of Khan) est un film américain de science-fiction réalisé par Nicholas Meyer et sorti en 1982.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L’USS Enterprise reçoit un appel de détresse venant d'un vaisseau terrien, le Kobayashi Maru, provenant de l'intérieur de la zone neutre. Le commandant de l'Enterprise, le lieutenant Saavik, décide d'enfreindre le traité de paix avec les Klingon pour sauver l'équipage en péril. Il s'avère que l'appel de détresse était un piège, et des vaisseaux de guerre klingons attaquent l’Enterprise et finissent par le détruire.

Tout ceci n'était qu'une simulation, destinée à évaluer les capacités de Saavik, recrue toute fraîche de l'académie de Starfleet, dans la gestion d'une situation désespérée. L'évaluateur n'est autre que l'Amiral Kirk, seule personne à avoir réussi ce même test.

Kirk est en fait chargé de l'inspection en règle de l’Enterprise (commandé par le Capitaine Spock), qui est devenu le navire-école de Starfleet.

À des années-lumières de là, l'USS Reliant patrouille à la recherche d'une planète sujette à l'expérimentation d'une nouvelle forme de terraformation. Le commandant en second, le lieutenant Pavel Chekov, se téléporte avec son supérieur sur la surface de Ceti Alpha VI, une planète potentielle où ils ont découvert une embarrassante trace de vie. Il s'avère que cette planète est en réalité Ceti Alpha V, Ceti Alpha VI ayant explosé, déplacé l'orbite de cette dernière et détruit son écosystème, et que cette trace de vie est un ancien équipage humain, abandonné sur la planète par le capitaine Kirk (lors du 22e épisode de la première saison de la série originelle nommé Space Seed). Le chef est Khan Noonien Singh, enfant de l'eugénisme de la fin du XXe siècle. Il ne cherche que vengeance envers Kirk qui a déjoué ses plans, et soumet Chekov à l'aide d'un parasite qu'il fait pénétrer dans son cerveau. Maître du Reliant où il installe ses hommes avec le capitaine et Chekov, sans que Starfleet n'en sache rien, il se dirige vers la station scientifique Regula 1 pour s'emparer du système de terraformation, le projet Genesis.

Peu avant, la dirigeante de la station, Karol Marcus, lance un appel inquiet à James Kirk, son ancien compagnon et père de son fils. Avec la recommandation de Spock, Kirk prend le commandement de l’Enterprise et se dirige vers Regula pour garantir que le projet ne sera pas récupéré par les militaires (Chekov avait invoqué ce prétexte pour voler Genesis). Étudiant le projet, il découvre que Genesis est une torpille qui, une fois lancée sur une planète, détruit tout ce qui existe pour élaborer une nouvelle matrice, qui crée une toute nouvelle planète dotée d'une grande diversité biologique en quelques jours.

Khan l'intercepte en chemin, et profite de l'apparence amicale de son vaisseau pour détruire une grande part des systèmes vitaux de l’Enterprise avant d'obliger Kirk à se rendre. L'amiral refuse en lui-même l'échec et trouve une parade : l'ordinateur de l’Enterprise dispose du code des boucliers du Reliant. Sans que les hommes de Khan puissent y faire quelque chose, les boucliers du Reliant sont abaissés et l’Enterprise tire.

Le Reliant se dégage, remettant l'affrontement à plus tard. l’Enterprise, mal-en-point, décide néanmoins d'aller jusqu'à la lune de Regula. L'équipage y découvre une station spatiale morte. Les seuls survivants sont Chekov et son capitaine, abandonnés par Khan. Une rapide enquête permet à Kirk de trouver où sont passés les scientifiques manquant : le téléporteur de la station les a emmenés au cœur de Regula. Il décide avec ses subordonnés de s'y rendre et découvrent la réalisation d'une étape de Genesis : toute une immense caverne foisonnante de vie végétale, bâtie en un seul jour. Ils y découvrent également Karol Marcus et son fils David.

Kirk avait dupé Khan, qui écoutait ses conversations avec Spock resté sur l’Enterprise, et qui croyait se débarrasser du vaisseau pour laisser son ennemi sur la lune morte. Il reprend les commandes et décide d'affronter le Reliant, qui a fini par voler la torpille Genesis. Pour compenser l'infériorité de l’Enterprise face à un vaisseau quasiment intact, il décide de plonger dans la nébuleuse de Mutara, où boucliers et systèmes tactiques sont inopérants. S'engage alors un combat en aveugle, entre la solide connaissance des combats spatiaux de Kirk et l'intelligence eugénique de Khan.

Kirk finit par l'emporter grâce à une tactique impliquant l'ensemble de l'espace de combat (en trois dimensions, contrairement à Khan qui ne pense pas que l’Enterprise ait pu l'esquiver en plongeant sous son vaisseau). Khan, cherchant la vengeance jusqu'à son dernier souffle, actionne la torpille Genesis. Toute la nébuleuse sera soufflée et l’Enterprise, privée de propulsion superluminique, sera détruite. Spock, faisant appel à sa logique vulcaine (le bien de tous prime sur celui d'un seul) décide de se sacrifier en réparant la propulsion à la racine du mal, s'exposant à des radiations mortelles.

l’Enterprise se sauve in extremis du piège de Khan, qui meurt seul. Genesis est créée, et Kirk y envoie le sarcophage contenant le corps de son ami vulcain.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis États-Unis : 4 juin 1982
Drapeau de la France France : 20 octobre 1982

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Après la sortie de Star Trek, le film (1979), le créateur de la série originale Gene Roddenberry écrit lui-même une ébauche de scénario pour cette suite. Dans son histoire, l'équipage de l’Enterprise doit voyager dans le temps pour réparer la ligne temporelle perturbée par les Klingons voulant empêcher l'assassinat de John F. Kennedy[3],[4]. Mais les exécutifs de la Paramount rejettent ses idées, en pointant du doigt le budget du premier film pour lequel Gene Roddenberry n'avait pas arrêté de demander des réécritures[5]. De plus, Gene Roddenberry est évincé du processus de production pour n'être que crédité comme consultant[6],[7]. La Paramount engage alors le producteur Harve Bennett pour produire ce 2e film [8]. Il avouera plus tard qu'il avait trouvé le premier film « vraiment ennuyeux »[9]. Après qu'il a accepté le poste, Charles Bluhdorn lui demande « Can you make it for less than forty-five-fucking-million-dollars? » (« Pouvez-vous le faire pour moins de 45 putain de millions de dollars » - en référence au budget du premier film) : Harve Bennett répond que là d'où il vient, il peut faire 5 films avec cette somme[8].

Harve Bennett réalise ensuite que sa tâche ne va pas être facile, notamment parce qu'il n'a vu aucun épisode de la série originale[8]. Après une immersion totale dans l'univers Star Trek et après avoir visionné toute la série télévisée, il est convaincu que le premier film manquait cruellement d'un méchant. Après avoir vu l'épisode Les Derniers Tyrans (Space Seed, saison 1, épisode 24), il estime que Khan Noonien Singh serait un excellent antagoniste pour le film[10]. Harve Bennett écrit un premier traitement en novembre 1980. Dans cette histoire intitulée The War of the Generations, Kirk enquête sur une rébellion dans un monde éloigné et découvre que son fils est le chef des rebelles. Khan est cependant le cerveau derrière tout cela. Kirk se joint alors à son fils pour l'affronter. Harve Bennett charge ensuite Jack B. Sowards, un fan de Star Trek, de mettre tout cela en ordre et sous forme de scénario. Le scénariste s'attèle à la tâche et écrit un premier script avant une grève des scénaristes en 1981. Il s'intitule The Omega Syndrome et implique le vol de l'arme de la Fédération, Omega system[10]. Cette idée est vite abandonnée, au profit de celle de la terraformation, suggérée par l'illustrateur et directeur artistique Michael Minor[11]. Le lendemain, durant une réunion, Harve Bennett félicite fortement Michael Minor en disant qu'il a sauvé Star Trek[11]. En référence au symbole biblique de l'arme, Jack B. Sowards renomme l’Omega system en Genesis (la « genèse »)[10].

En avril 1981, Jack B. Sowards livre un nouveau script dans lequel la mort de Spock est décalée à la fin[10], suite à des critiques de fans après que le scénario ait fuité[12]. La mort de Spock devait à l'origine survenir dans le premier acte, ce que Harve Bennett comparait à la mort du personnage incarné par Janet Leigh dans Psychose (1960) d'Alfred Hitchcock[13]. Cette version contenait un face à face de 12 pages entre Kirk et Khan[14]. Jack B. Sowards introduit par ailleurs un personnage masculin nommé Savik[10]. Alors que la préproduction du film commence, Samuel A. Peeples (auteur de l'épisode "Où l'homme dépasse l'homme") est invité à proposer ses idées. Il propose d'ajouter deux méchants, Sojin et Moray, si puissants qu'ils détruisent par erreur la Terre. Cette idée est jugée inappropriée par les producteurs[14].

Alors que la préproduction des effets spéciaux doit débuter, le script n'est pas finalisé[10]. Karen Moore de la Paramount suggère à Harve Bennett le nom de Nicholas Meyer, qui pourrait résoudre les problèmes de scénario[15]. Tout comme Harve Bennett, Nicholas Meyer n'avait alors vu aucun épisode de la série télévisée[16]. Il a l'idée de procéder à une liste de chaque éléments des versions précédentes qu'il faut absolument conserver[15],[17]. Pour compenser l'attente des fans de la mort de Spock, il décide que le personnage meurt dès le début dans le Kobayashi Maru[12],[17]. Alors que la compagnie d'effets spéciaux demande un script dans 12 jours, Nicholas Meyer réécrit sans demander de salaire, à la surprise générale[15].

Casting[modifier | modifier le code]

Le réalisateur Nicholas Meyer voulait Kim Cattrall pour incarner Saavik[7]. Elle incarnera finalement un autre personnage dans Star Trek 6 : Terre inconnue.

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage a lieu de novembre 1981 à fin janvier 1982[18],[19], principalement aux Paramount Studios[20].

Ricardo Montalbán tourne ses scènes tout en devant assurer celles de la série télévisée L'Île fantastique. Il n'a pour le coup tourné aucune scène où il est en face de William Shatner, l'interprète de Kirk[7].

Musique[modifier | modifier le code]

Star Trek II: The Wrath of Khan
Original Motion Picture Soundtrack

Bande originale par James Horner
Sortie 1982
Durée 44:35
Genre musique de film
Label GNP Crescendo Records
Critique

Bandes originales de Star Trek

Le compositeur Jerry Goldsmith, qui a travaillé sur Star Trek, le film n'est pas conservé en raison d'un salaire trop élevé, le studio voulant baisser les dépenses après un premier film trop couteux. Miklós Rózsa, qui a travaillé avec Nicholas Meyer pour C'était demain, est envisagé mais lui aussi couterait trop cher[22].

Le vice-président du département musique de la Paramount, Joel Sill, se pense alors sur le travail d'un jeune compositeur de 28 ans, James Horner, après avoir été séduit par ses démos[23]. James Horner sera même engagé pour composer la musique du film suivant, Star Trek 3 : À la recherche de Spock.

Liste des titres[modifier | modifier le code]

  1. Main Title - 3:03
  2. Surprise Attack - 5:06
  3. Spock - 1:10
  4. Kirk's Explosive Reply - 4:02
  5. Khan's Pets - 4:18
  6. Enterprise Clears Moorings - 3:32
  7. Battle in the Mutara Nebula - 8:08
  8. Genesis Countdown - 6:36
  9. Epilogue/End Title - 8:40

Distinctions[modifier | modifier le code]

Source[24].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

C'est le 6e sur 12 de la saga en termes de recettes au box-office américain[25].

Pays / Région Box-office Nombre de semaines Classement TLT[26] Source
Paris 67 948 entrées - - JP box-office[27]
Drapeau de la France France 205 017 entrées - - JP box-office[27]
Drapeau des États-Unis États-Unis 78 912 963 dollars 10[28] - Box Office Mojo[1]
Alt=Image de la Terre Mondial 97 012 963 dollars - JP box-office[27]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Star Trek 2 est l'un des premiers films à présenter une séquence totalement conçue par ordinateur (la présentation du projet Genesis)[29]. L'animation dite du « mur de feu » (Fire wall) a pour ainsi dire inauguré l'utilisation des images fractales dans le cadre de la reconstitution de paysages. Ce travail est le fruit de la société créée par George Lucas, ILM.
  • Le personnage de Khan (Ricardo Montalban) apparaît déjà dans Les Derniers Tyrans (Space Seed), un épisode de la 1re saison de la série Star Trek.
  • Incohérence notable, Khan dit reconnaître Chekov, or le premier apparaît dans un épisode de la saison 1 alors que le second n'arrive dans la série qu'à la deuxième saison. Le réalisateur Nicholas Meyer regrettera plus tard cette méprise, tout en se référant à Arthur Conan Doyle qui en faisant souvent avec Sherlock Holmes[7].
  • La scène et les dialogues de fin ont été repris par James Hatfield dans son James Bond non officiel The Killing Zone, à la fin du roman.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Box-office - Box Office Mojo
  2. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  3. Dillard, op. cit., p. 71.
  4. Shatner-Kreski, op. cit., p. 161-162.
  5. Rioux, op. cit., p. 240-241.
  6. Shatner-Kreski, op. cit., p. 99.
  7. a, b, c et d (en) Anecdotes sur l’Internet Movie Database
  8. a, b et c Rioux, op. cit., p. 240-242.
  9. Reeves-Stevens, op. cit., p. 203–205.
  10. a, b, c, d, e et f (en) Robinson, Ben (Septembre 2002). "Special The Wrath of Khan Issue". Star Trek: the Magazine (Fabbri Publishing) 3 (5).
  11. a et b Anderson, op. cit., p. 53.
  12. a et b Nicholas MeyerStar Trek II: The Wrath of Khan, The Directors Edition - commentaire audio [DVD - Disque 1/2]. Paramount Pictures.
  13. Dillard, op. cit., p. 77.
  14. a et b Hughes, op. cit., p. 29.
  15. a, b et c (en) Allan Asherman, The Making of Star Trek 2: The Wrath of Khan,‎ 1982 (lire en ligne)
  16. Dillard, op. cit., p. 96.
  17. a et b (en) Inside Secrets of the Making of Star Trek II: Wrath of Khan and "Space Seed"! - io9.com
  18. (en) Business sur l’Internet Movie Database
  19. Anderson, op. cit., p.73.
  20. (en) Lieux de tournage sur l’Internet Movie Database
  21. (en) James Horner - Star Trek II: The Wrath of Khan (Original Soundtrack) - Allmusic.com
  22. Bond (1999), op. cit., p.105.
  23. Bond (1999), op. cit., p.6.
  24. (en) Distinctions - Internet Movie Database
  25. (en) Box-office US de la saga Star Trek - Box Office Mojo.com
  26. Tous les temps - All Time
  27. a, b et c Fiche box-office - JP box-office
  28. (en) Box-office US par semaine - Box Office Mojo.com
  29. Secret de tournage - AlloCiné

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Kay Anderson, « Star Trek II: The Wrath of Khan: How the TV series became a hit movie, at last », Cinefantastique, vol. 12, no 5–6,‎ 1982, p. 50–74
  • (en) Jeff Bond, The Music of Star Trek, Lone Eagle Publishing Company,‎ 1999 (ISBN 1-58065-012-0)
  • (en) Jeff Bond et Lukas Kendall, Notes de l'album - Star Trek III: The Search for Spock Expanded Original Motion Picture Soundtrack, Retrograde Records,‎ 2010, disque compact
  • (en) Jeanne M. Dillard, Star Trek: “Where No Man Has Gone Before” — A History in Pictures, Pocket Books,‎ 1994 (ISBN 0-671-51149-1)
  • (en) Bob Fisher, « Director Leonard Nimoy focuses on 'Star Trek III: The Search for Spock », On Location: the Film and Videotape Production Magazine, vol. 7, no 12,‎ avril 1984, p. 34–40
  • (en) David Hughes, The Greatest Science Fiction Movies Never Made, Titan Books,‎ 2008 (ISBN 978-1-84576-755-6)
  • (en) Judith Reeves-Stevens et Garfield Reeves-Stevens, The Art of Star Trek, Pocket Books,‎ 1995 (ISBN 0-671-89804-3)
  • (en) Terry Lee Rioux, From Sawdust to Stardust: The Biography of DeForest Kelley, Pocket Books,‎ 2005 (ISBN 0-7434-5762-5)
  • (en) William Shatner et Kris Kreski, Star Trek Movie Memories,‎ 1994, 1e éd. (ISBN 0-06-017617-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]