Les Duellistes

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Les Duellistes

Titre original The Duellists
Réalisation Ridley Scott
Scénario Gerald Vaughan-Hughes (Scénario)
Joseph Conrad (livre)
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Histoire, drame, aventure
Durée 95 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Les Duellistes (The Duellists) est un film britannique de Ridley Scott, sorti en 1977. Le film met en scène Keith Carradine et Harvey Keitel.

Prix de la première œuvre à Cannes en 1977, le scénario est tiré de la nouvelle Le Duel de Joseph Conrad, parue en 1908.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1800 à Strasbourg, le lieutenant Gabriel Féraud du 7e Régiment de Hussards blesse sévèrement le neveu du maire durant un duel à l'épée. Le brigadier-général Treillard ordonne alors au lieutenant Armand d'Hubert du 3e Régiment de Hussards de le trouver pour le mettre aux arrêts. D'Hubert retrouve Féraud dans le salon d'une dame, et ce dernier prend l'ordre d'arrêt pour un affront et incite d'Hubert à un duel au sabre, qui s'achève avec d'Hubert prenant le dessus.

Devant l'attitude vengeresse et déraisonnable de Féraud, un ami de d'Hubert l'informe des manières pour éviter un prochain duel ; s'ils ne se retrouvent pas physiquement au même lieu, s'ils sont d'un différent ordre hiérarchique dans l'armée, et si la nation est en guerre, ce qui devient le cas. Six mois plus tard en 1801 suit une courte période de paix où Féraud et d'Hubert se recroisent à Augsbourg. Lors du prochain duel à l'épée, d'Hubert est sérieusement blessé. Recouvrant ses forces, il s'entraîne aux armes pour se préparer pour le prochain combat où les deux officiers combattent au sabre jusqu'à l'épuisement mutuel. Peu après, d'Hubert est promu capitaine.

En 1806 à Lübeck, d'Hubert est reconnu dans une brasserie par Féraud, qui a également été promu capitaine et qui le provoque à un nouveau duel. Le duel a lieu à cheval, et d'Hubert réussit à blesser Féraud au sommet du front. Féraud est ensuite transféré en Espagne, ainsi les deux officiers ne se rencontrent plus jusqu'à ce que la Grande Armée soit réunie en 1812 durant la campagne de Russie. Les deux hommes se retrouvent seuls et combattent un petit groupe de cosaques, après quoi d'Hubert propose à Féraud que leur prochain duel devrait se faire au pistolet.

Deux années passent, et durant l'exil de Napoléon à l'île d'Elbe, d'Hubert, désormais brigadier-général, guérit paisiblement d'une blessure à la jambe dans son domaine à Tours avec sa sœur. Cette dernière lui présente Adèle, et le couple se marie. Peu après, un agent bonapartiste retrouve d'Hubert afin qu'il rejoigne l'Empereur qui vient de s'échapper de son exil, mais d'Hubert refuse. En apprenant les nouvelles, Féraud, également brigadier-général, accuse d'Hubert d'avoir toujours manqué de loyauté envers l'Empereur. Après les Cents Jours, Napoléon est finalement défait et d'Hubert rejoint les armées de Louis XVIII. Il apprend que Féraud a été arrêté et sera exécuté pour son ralliement à Napoléon, et convainc le ministre de la police Joseph Fouché d'épargner Féraud, mais souhaite que son intervention en sa faveur reste secrète.

Peu après, Féraud retrouve d'Hubert et le provoque en duel aux pistolets. Mais pendant le duel, Féraud tire ses deux pistolets sans toucher d'Hubert, il est donc à sa merci. D'Hubert choisit d'épargner Féraud, mais l'informe que sa vie désormais lui appartient et qu'il devra se soumettre à sa volonté en agissant comme mort dans le cas d'une éventuelle prochaine rencontre.

Le modèle du personnage de Gabriel Féraud[modifier | modifier le code]

Fournier « el demonio », inspirateur du duelliste Féraud

À l'issue de repérages dans le sud-ouest de la France, Ridley Scott choisit Sarlat et ses alentours (le château de Commarque) comme décor pour son film. Il a également choisi le château du Repaire (entre St Martial de Nabirat et Salviac). Le pays sarladais est une région humide et aussi verte (selon lui) que l'Irlande ; elle correspond à l'esthétique qu'il veut donner à son film (une « stratosphère fine comme une drap de soie »[1]). C'est le maire de Sarlat qui lui révéla la coïncidence que la nouvelle de Conrad, dont s'inspire le scénario du film, est en fait fondée sur une histoire locale : la Grande Armée a bien eu deux officiers qui étaient convenus de se battre en duel chaque fois qu'ils se rencontreraient, dont l'un, François Fournier-Sarlovèze (qui deviendra le général comte François Louis Fournier Sarlovèze) est originaire de Sarlat (d'où l'extension de Sarlovèze à son nom). Le second est Pierre Dupont de l'Étang, aide de camp du général Moreau.

Fournier, que l'on surnommait « le plus mauvais sujet de l'armée », a inspiré le personnage de Gabriel Féraud, incarné par Harvey Keitel. Querelleur et duelliste, Fournier provoqua et tua lors d'un duel en 1794 un jeune Strasbourgeois du nom de Blumm. Le capitaine Dupont fut chargé par le général Moreau d'empêcher Fournier de se rendre au bal qu'il donnait le soir-même. Ce fut l'origine du premier duel entre les deux hommes, à l'épée, que Dupont emporta. Les deux hommes s'affrontèrent à une vingtaine d'autres occasions pendant près de vingt ans, au moyen de toutes sortes d'armes. Fournier rédigea même une charte, qui scellait l'accord entre les duellistes de la manière suivante :

« Article 1er. Chaque fois que MM. Dupont et Fournier se trouveront à trente lieues de distance l'un de l'autre, ils franchiront chacun la moitié du chemin pour se rencontrer l'épée à la main ;

Article 2. Si l'un des deux contractants se trouve empêché par son service, celui qui sera libre devra parcourir la distance entière, afin de concilier les devoirs du service et les exigences du présent traité ;

Article 3. Aucune excuse autre que celles résultant des obligations militaires ne sera admise ;

Article 4. Le traité étant fait de bonne foi, il ne pourra être dérogé aux conditions arrêtées du consentement des parties. »

Ces faits[2],[3] inspirent largement la scène de la première rencontre des personnages principaux du film et une partie des rencontres ultérieures. Le reste de l'histoire réelle entre Fournier et Dupont a été romancé pour les besoins de la fiction de Conrad, et à nouveau pour celle de Scott.

Ressemblance avec Barry Lyndon[modifier | modifier le code]

La photographie, le rythme, le narrateur ponctuel qui amorce certaines séquences, rappellent le film Barry Lyndon (1975) de Stanley Kubrick. Ridley Scott dira lui-même :

« Ce film s'inspire beaucoup de Barry Lyndon. Mais qui n'aurait pas été influencé ? […] J'admirais beaucoup Barry Lyndon. Ce film m'a réellement influencé. Cela vient du fait que nous avons les mêmes références (sources) : celles de Kubrick sont les peintres, par conséquent ce sont devenues aussi les miennes. »

Pendant le tournage, Ridley Scott a eu l'idée d'utiliser certains plans fixes inspirés de tableaux comme autant de transitions entre les scènes. Il a relevé que certains critiques de l'époque avaient trouvé le film « trop beau », ce qui l'a conduit par la suite à ne plus prendre les critiques, bonnes ou mauvaises, trop au sérieux[1].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Tournage[modifier | modifier le code]

Le film a été tourné :

  • En Dordogne, Périgord Noir.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Le film a inspiré le 5e morceau de l'album Powerslave d'Iron Maiden, nommé également The Duellists.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Issu des commentaires du DVD Paramount Edition collector édité le 13 mars 2003
  2. D'après James Landale, The Last Duel: A True Story of Death and Honour
  3. Voir histoire-empire.org sur Fournier-Sarloveze, le plus mauvais sujet de l'armée.
  4. (fr) RSdoublage.com (onglet doublage)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]