Métal hurlant

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Métal hurlant
Image illustrative de l'article Métal hurlant
Logo de Métal hurlant

Pays France
Langue français
Périodicité mensuel
Genre magazine BD
Date de fondation 1975
Date du dernier numéro 1987
Éditeur Les Humanoïdes associés

Métal hurlant est un magazine français de bande dessinée de science-fiction qui a été édité par Les Humanoïdes associés de janvier 1975 à juillet 1987, puis de juillet 2002 à octobre 2004, avec un ultime numéro en 2006. Créé sous l'impulsion de Jean-Pierre Dionnet, son rédacteur en chef de 1975 à 1985, Métal hurlant apparaît comme une des revues majeures de la presse adulte, « un véritable laboratoire d'où sont sortis quelques chefs-d'œuvre et un bon nombre de grands noms de la bande dessinée contemporaine[1]».

La revue de bande dessinée américaine Heavy Metal, dont le premier numéro est paru en avril 1977, est à l'origine une version américaine de Métal hurlant, bien que l'équipe rédactionnelle française n'y ait jamais été directement impliquée. Heavy Metal a directement inspiré deux films : Métal hurlant (Heavy Metal, 1981) et Heavy Metal 2000 (1999) ainsi qu'une série télévisée : Métal Hurlant Chronicles (2012). Métal hurlant, quant à lui, a inspiré directement ou indirectement l’esthétique de nombreuses œuvres graphiques, littéraires ou cinématographiques (Blade Runner, le Cinquième Élément, Alien...)

Histoire[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Dionnet, jeune critique et scénariste de bande dessinée passé par les fanzines et Pilote désirait créer un magazine de bande dessinée consacré à la science-fiction. Poussé par Nikita Mandryka, dans un contexte de profond renouvellement de la presse francophone consacré à la bande dessinée[2], il s'associe en décembre 1974 à ses amis auteurs Philippe Druillet et Mœbius et à l'homme d'affaire Bernard Farkas avec lesquels il fonde Les Humanoïdes associés, afin de publier une revue de science-fiction trimestrielle, de rééditer Le Bandard fou et de « préparer plein d'autres choses[3]». En janvier suivant, paraît le premier numéro de la revue trimestrielle Métal hurlant, maquetté par Étienne Robial, dans lequel les associés livrent leurs propre production (Arzach de Mœbius, Gaïl de Philippe Druillet) mais invitent également un dessinateur américain (Richard Corben) et donnent sa chance à un artiste prometteur (Jean-Claude Gal animant Les Armées du conquérant sur un scénario de Jean-Pierre Dionnet). La publication est réservée aux adultes, et ce jusqu'en janvier 1978[4].

L'équipe se diversifie numéro après numéro, accueillant, entre 1975 et 1977, aussi bien des auteurs déjà reconnus (Alexis, Gotlib, Nikita Mandryka, Jacques Tardi, Enki Bilal, Caza, F'murr, Jean-Claude Forest, Yves Got, Jacques Lob, Paul Gillon, René Pétillon, Francis Masse, etc.), que de jeunes prometteurs (Serge Clerc, Frank Margerin, Dominique Hé, Chantal Montellier, Michel Crespin, François Schuiten, Denis Sire, etc.) et quelques étrangers encore peu connus (Vaughn Bodé, Al Voss, Sergio Macedo, Daniel Ceppi). Le magazine propose des critiques et commentaires de romans de science-fiction, de polars et de disques, écrits par Jean-Pierre Dionnet, Stan Barets, Jacques Goimard et d'autres. Avec l'arrivée de Philippe Manœuvre en 1976, le rock s'installe dans la revue. Le rédactionnel est virulent, ce qui tranche avec les autres périodiques[5].

Dionnet cherche à assurer au sein du journal une diversité maximale de thèmes et de styles graphiques[6]. Au fil des numéros, des histoires extérieures au monde de la science-fiction et du fantastique finissent par être publiées, bien que ces genres restent dominants. Le succès est très rapidement au rendez-vous et, le tirage augmentant, la revue devient bimestrielle à partir du numéro 7 et mensuelle à partir du numéro 9[4]. En 1975, un éditeur du magazine humoristique américain National Lampoon, de passage en Europe, tombe sur un numéro de Métal hurlant et le ramène aux États-Unis[7]. L'année suivante, le fondateur de la revue, Leonard Mogel, convainc Les Humanoïdes Associés de lui vendre les droits américains sur la revue[7]. Une autre version prétend que c'est Claude Moliterni qui a montré le premier (en 1976) Métal hurlant à Len Mogel et que c'est Dionnet qui a convaincu l'éditeur américain[8]. Quoi qu'il en soit, le premier numéro de Heavy Metal sort en avril 1977[7]. Rapidement, les traductions sont délaissées au profit d'auteurs locaux, au regret de Dionnet qui ne peut cependant rien faire, les droits ayant été cédés[5]. Cette première édition étrangère est suivie par d'autres (Allemagne en 1980, Espagne et Italie en 1981, Hollande en 1982, Suède et Danemark en 1984[9]).

Dans les années suivantes, outre l'arrivée en 1980 de Hugo Pratt pour ses séries hors Corto Maltese, la revue confirme son rôle de découvreur de talents, révélant Luc Cornillon, Yves Chaland, Jeronaton, Alejandro Jodorowsky (avec Mœbius) en 1978, Tramber et Jano, Loustal en 1979, Dodo et Ben Radis, Jean-Louis Floch, Jacques Terpant en 1980, Arno, Max, Ouin, Eberoni en 1981, Gauckler en 1982, Beb-Deum, Charles Burns en 1983, Silvio Cadelo, Laurent Theureau et Michel Pirus en 1984. Des auteurs emblématiques quittent cependant la revue : Druillet en 1981, Schuiten (définitivement) en 1984, Jodorowsky, Arno, Mœbius, Denis Sire et Gillon en 1985. Dionnet lui-même, qui s'en était éloigné lorsqu'il avait commencé à travailler pour la télévision, quitte la direction en 1985.

La formule de Métal hurlant, qui propose des bandes dessinées et un rédactionnel fourni, notamment côté musical, commence à être copiée par d'autres revues, comme Pilote ou l'éphémère Zoulou, fondé par Marc Voline qui avait lui-même dirigé Métal hurlant lorsque Dionnet s'était lancé dans la télévision[5]. L'inflation de titres en librairie rend la revue moins visible, ce qui pousse Dionnet à lancer deux revues parallèles, Rigolo (animé par Philippe Manœuvre), consacré à l'humour (1983-1984, treize numéros) et Métal (hurlant) Aventure (dirigé par Jean-Luc Fromental), consacré à la bande dessinée d'aventure (1983-1985, onze numéros)[5],[10], mais elles ne rencontrent pas le succès escompté. Le déclin apparaît inexorable et ni la prise de contrôle par Hachette ni l'arrivée de Claude Gendrot au poste de rédacteur en chef ne changent la donne[1]. Si de bons auteurs sont encore présents en 1986, piliers (Chaland, Margerin, Clerc), souvent de passage (Masse, Jacques Ferrandez, Andreas) ou nouveaux (Juan Giménez, Miguelanxo Prado), le magazine poursuit cependant son déclin pour s'interrompre au numéro 133 en juillet 1987.

La revue reparaît en juillet 2002 avec le numéro 134 chez Les Humanoïdes associés. Cette nouvelle formule est très différente de la première[1] : au format comic book, elle est diffusée uniquement en librairie, transcontinentale (elle est pilotée par Fabrice Giger depuis Los Angeles), et a pour but la promotion de jeunes auteurs, ainsi que la promotion des parutions des « Humanos ». Elle se compose de bandes dessinées originales de quelques pages, qui ont parfois un lien avec des séries parues ou à paraître. C'est un bimestriel, qui est édité en versions française, anglaise, espagnole et portugaise. La formule ne convainc pas en et le no 145 de septembre 2004 est le dernier à être distribué en librairie sous cette forme. En mai 2006, un ultime numéro de cent pages est publié, annonçant la fin de Métal hurlant.

En 2005, Gilles Poussin et Christian Marmonnier publient aux Éditions Denoël, Métal hurlant 1975-1987, la machine à rêver, un livre de près de 300 pages, racontant la genèse et l'histoire du journal.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Gaumer (2004), p. 544
  2. Dionnet (1984), p. 45
  3. Éditorial, Métal Hurlant no 1, 1975. Cité sur bdoubliees.com
  4. a et b Gaumer (2004), p. 543
  5. a, b, c et d Dionnet (1984), p. 48
  6. Dionnet (1984), p. 46
  7. a, b et c , Dave Cail, History, sur le site Heavy Metal Magazine Fan Page.
  8. Poussin et Marmonnier (2005), p. 49
  9. Poussin et Marmonnier (2005), p. 9-10
  10. Poussin et Marmonnier (2005), p. 10-11

Documentation[modifier | modifier le code]

Imprimés[modifier | modifier le code]

Reportage sonore[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]