Diva (film)

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Diva est un film produit et sorti en France en 1981. Premier long-métrage de Jean-Jacques Beineix, adapté d'un roman de Daniel Odier (sous pseudonyme de Delacorta). À l'instar des réalisations contemporaines de Luc Besson, Leos Carax ou Arthur Joffé (Alberto Express), il est l'un des premiers films français laissant cours à l'esthétique de l'image de type publicitaire ou clip musical en vogue durant les années 1980. Descendu par la critique à sa sortie[1], le film obtient toutefois un certain succès public au fil des mois et 4 récompenses lors de la cérémonie des Césars, bénéficiant de plus de deux millions d'entrées[2], grâce à quelques salles parisiennes qui ont maintenu le film à l'affiche durant plus d'une année.

Résumé[modifier | modifier le code]

Jules, un jeune postier, est fasciné par Cynthia Hawkins, une célèbre diva qui n'a jamais consenti à faire enregistrer sa voix. Lors d’un concert parisien au théâtre des Bouffes du Nord, Jules enregistre clandestinement son récital, discrètement observé par deux Taïwanais. Après avoir reçu un autographe de la diva, il dérobe sa robe en coulisses puis s’enfuit.

Sans le savoir, Jules est également en possession d'un autre enregistrement, celui de Nadia Kalensky, une ancienne prostituée. Elle révèle sur une cassette audio son ancienne liaison avec Jean Saporta, commissaire-divisionnaire à la criminelle soupçonné de diriger un important réseau de prostitution avec l'aide de son second, "l'Antillais". Au cours d'une poursuite, Nadia dépose la cassette dans la sacoche de la mobylette de Jules qui ne remarque rien. Quelques instants plus tard, Nadia est tuée d'un poinçon dans le dos.

Saporta lance l'Antillais et son complice dit "le curé" à la recherche de cette cassette avant que ses propres inspecteurs de police ne la découvrent. Parallèlement, Jules est poursuivi par les deux Taïwanais qui lui réclament l'enregistrement qu'il a réalisé lors du récital de Cynthia Hawkins. Traqué pour deux affaires distinctes qu'il n'est pas en mesure de comprendre, il trouve alors refuge chez son nouvel ami Serge Gorodish et sa protégée Alba, dont il a fait la connaissance le jour même. Gorodish va alors chercher à manipuler les ennemis de Jules pour les pousser à se détruire eux-mêmes.

Dans l'intervalle, une relation entre la diva Cynthia Hawkins et Jules s'est développée. Se sentant coupable de lui avoir volé sa robe, Jules se présente à son hôtel, et la lui rend. D'abord furieuse, Cynthia finit par comprendre l'admiration que Jules lui voue. Ils se revoient le soir même, et entament une longue promenade dans Paris. Le lendemain, Cynthia est informée par son impresario que deux Taïwanais ont en leur possession un enregistrement d'excellente qualité de son dernier récital. Ayant toujours refusé de faire enregistrer sa voix par souci de pureté, Cynthia devra soit accepter un partenariat exclusif pour produire un disque officiel avec eux, soit voir son récital exploité pour la production d'un album pirate. Cynthia est accablée par ce chantage. Jules, seul propriétaire de cette bande, est pris de remords et décide de la restituer à Cynthia.

La scène finale se déroule au théâtre du Châtelet, à Paris. Cynthia, seule dans le théâtre encore vide, vocalise. Jules diffuse alors sa bande et s’excuse auprès d’elle. Surprise, Cynthia déclare ne jamais s’être entendue chanter. La caméra entame un long travelling vers l’arrière tandis que Jules et Cynthia tombent l’un dans les bras de l’autre.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Ce film se caractérise par une photographie soignée et ambitieuse, des couleurs vives et accrocheuses, des éléments de décoration inspirés du pop art, des mouvements de caméra inhabituels pour l'époque. La critique se déchaîne lors de la sortie, qualifiant de « cinéma du look » ce film qui pourtant aujourd'hui, ne se démarque plus de la plupart des productions française. Tout comme les productions de Luc Besson, le film connaît un réel succès aux États-Unis l'année suivante. Si son esthétique peut sembler aujourd'hui banale, il est représentatif d’un cinéma d’auteur français des années 1980 au même titre que Subway de Luc Besson qui en reprend des éléments comme la poursuite en mobylette dans les couloirs du métro. Restée usuelle jusque dans la critique anglo-saxonne, l'appellation « cinéma du look » a notamment été théorisée par Raphaël Bassan dans La Revue du cinéma (Image et Son) n° 449, mai 1989.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Polémique concernant le son[modifier | modifier le code]

La prise de son initiale du film et son exploitation en salles ont toujours été monophoniques (un seul canal audio). En 2006, lors de l'édition DVD du film aux États-Unis, une vive controverse a opposé J.-J. Beineix aux distributeurs vidéo (groupe Canal+), accusés d'avoir mis sur le marché une version stéréo, artificiellement remixée sans la supervision artistique ni l'accord du réalisateur[3]. Beineix ira jusqu'à attaquer en justice la maison-mère française le groupe Canal+ de cet éditeur vidéo et fustigera sans le nommer, son président Bertrand Méheut, le traitant de « pharmacien » (évoquant son parcours professionnel) pour avoir autorisé la commercialisation de son œuvre, qu'il estime dénaturée. En Europe, aucun vidéogramme, y compris en édition Haute Définition (Bluray) du film Diva n'est commercialisé en son stéréo ou audio multicanal. Il est à noter en revanche, que l'édition de la présumée bande originale musicale du film a toujours été commercialisée en stéréophonie mais qu'il s'agit d'enregistrements en studio spécifiques et non pas de l'exacte bande originale du film projeté en salles et édité en vidéo.

Bande musicale[modifier | modifier le code]

La bande musicale originale du film comporte l'air Ebben? Ne andrò lontana de l'opéra La Wally, composé par Alfredo Catalani en 1892. L'air de La Wally est chanté par Wilhelmenia Wiggins Fernandez et joué par l'orchestre symphonique de Londres, dirigé par Vladimir Cosma. La promenade sentimentale a été composée et interprétée au piano par Vladimir Cosma.

Le disque 33 tours

  • Face A
  1. La Wally
  2. Promenade sentimentale
  3. Voie sans issue
  4. Gorodish
  5. Le zen dans l'art de la tartine
  6. La Wally (instrumental)
  • Face B
  1. Promenade sentimentale
  2. Lame de fond
  3. Métro police
  4. Le Curé et l'Antillais
  5. L'usine désaffectée
  6. La Wally

Récompenses[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

À partir de novembre 2007, le distributeur américain, Rialto Picture, rediffuse le film dans les salles américaines à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de la première sortie du film aux USA.

Brigitte Lahaie, célèbre actrice de films érotiques et pornographiques fait un caméo dans la dernière partie du film. Sa jupe est soulevée par le courant d’air d’une bouche de métro. Le plan est un clin d’œil à la scène de Marilyn Monroe dans le film Sept ans de réflexion.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1] Extraits de critiques, La Cinémathèque Française
  2. [2] Statistiques des entrées en salle. Site Yo-Video
  3. (fr) Rencontre avec Jean-Jacques Beineix - avoir-alire.com, entretien avec Frédéric Mignard, 18 avril 2006

Liens externes[modifier | modifier le code]