Fils Prodigue

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Le Retour du Fils Prodigue par Rembrandt.

Le Fils Prodigue est l'une des paraboles les plus connues de Jésus de Nazareth, également appelée parabole du Fils Perdu, ou de l’Enfant Prodigue ; on lui préfère quelquefois le titre de Père prodigue, fils retrouvé, ou parabole du Père et des deux fils... Cette parabole est l'image du retour de la brebis égarée, et aussi de la repentance.

L'histoire se trouve dans l'Évangile selon Luc 15:11–32 du Nouveau Testament de la Bible, où elle est la troisième et dernière partie d'une trilogie, immédiatement précédée par les paraboles de la brebis égarée et de la femme à la drachme perdue.

La parabole met en scène trois personnages : le père ; le fils aîné, qui suit les commandements de son père ; et le deuxième, le fils prodigue, qui lassé part à la découverte du monde.

Le retour de l'enfant prodigue, gravure par Gustave Doré.

Après avoir dilapidé sa fortune, il se retrouve sous le joug d'un autre maître, plus dur, qu'il finit par abandonner pour retourner vers son père riche et doux. Celui-ci, heureux du retour de son fils, lui prépare une fête, ce que l'ainé ne comprend pas. La parabole se finit sur l'explication du père : Il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé, remarque en parallèle avec la conclusion de la brebis égarée : Je vous le déclare, c'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel, pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion.

Texte[modifier | modifier le code]

Évangile selon saint Luc, chapitre 15, versets 11 à 32 :

Il dit encore : Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien en vivant dans la débauche. Lorsqu'il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla se mettre au service d'un des habitants du pays, qui l'envoya dans ses champs garder les pourceaux. Il aurait bien voulu se rassasier des caroubes que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait. Étant rentré en lui-même, il se dit : Combien de mercenaires chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j'irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils ; traite-moi comme l'un de tes mercenaires. Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le baisa. Le fils lui dit : Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. Mais le père dit à ses serviteurs : Apportez vite la plus belle robe, et l'en revêtez ; mettez-lui un anneau au doigt, et des souliers aux pieds. Amenez le veau gras, et tuez-le. Mangeons et réjouissons-nous ; car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir. Or, le fils aîné était dans les champs. Lorsqu'il revint et approcha de la maison, il entendit la musique et les danses. Il appela un des serviteurs, et lui demanda ce que c'était. Ce serviteur lui dit : ton frère est de retour, et, parce qu'il l'a retrouvé en bonne santé, ton père a tué le veau gras. Il se mit en colère, et ne voulut pas entrer. Son père sortit, et le pria d'entrer. Mais il répondit à son père : voici, il y a tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis. Et quand ton fils est arrivé, celui qui a mangé ton bien avec des prostituées, c'est pour lui que tu as tué le veau gras ! Mon enfant, lui dit le père, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi ; mais il fallait bien s'égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu'il est revenu à la vie, parce qu'il était perdu et qu'il est retrouvé. Traduction d'après la Bible Louis Segond.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Pour Jacques Ellul, cette histoire est aussi celle du fils aîné. C'est une invitation adressée aux pharisiens, une question sur leurs rapports avec les brebis égarées[1].

La parabole du fils prodigue a été employée entre le Ve et le VIIIe siècle par plusieurs théologiens dont saint Pierre Chrysologue pour désigner les deux fils du Père, le fils aîné, symbolisant le judaïsme, qui reste proche de la maison, et le fils cadet, l'Église et les pécheurs (voir Autres interprétations).

Un verset plus haut dans l'Évangile selon saint-Luc (chapitre 15), Jésus dit: "De même, je vous le dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent"

Benoît XVI compare le père de la parabole à Dieu. « Il est notre Père qui, par amour, nous a créés libres et nous a dotés de conscience, qui souffre si nous nous perdons et qui fête notre retour. C'est pourquoi, la relation avec Lui se construit à travers une histoire, de façon analogue à ce qui arrive à tout enfant avec ses parents: au début, il dépend d'eux; puis, il revendique son autonomie; et finalement - si le développement est positif -, il arrive à un rapport mûr, fondé sur la reconnaissance et sur l'amour authentique[2].» Pour le souverain pontife, Dieu nous suit, nous donne de sa charité au quotidien, et pardonne. La miséricorde, le pardon, la justice sont aussi les valeurs mises en avant dans cette parabole.

Retour du fils prodigue, par Pompeo Batoni

Expression courante[modifier | modifier le code]

Le terme « Fils Prodigue » est également passé dans l'utilisation courante pour désigner un enfant ou une personne à charge qui ne remplit pas les espérances de ceux qui l'ont lancé dans la vie ou dans une carrière.

Par glissement de sonorité, on rencontre aussi l'expression « Fils Prodige ». Dans ce cas le retour du fils est célébré car il a accompli des prodiges, ce qui est un renversement complet par rapport au sens initial.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Ellul, Sans feu ni lieu, Paris, Gallimard, collection Voies ouvertes, 1975
  2. Angélus du 14 mars 2010 de Benoit XVI [1]

Œuvres artistiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Gravure du XVIIIe siècle

Liens externes[modifier | modifier le code]

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