Douze hommes en colère (film)

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Douze hommes en colère

Titre original 12 Angry Men
Réalisation Sidney Lumet
Scénario Reginald Rose
Acteurs principaux
Sociétés de production Orion-Nova Productions
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Drame
Sortie 1957
Durée 95 minutes (1 h 35)

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Douze hommes en colère (12 Angry Men) est un drame judiciaire américain réalisé par Sidney Lumet et sorti en 1957.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, un jury de douze hommes doit statuer, à l'unanimité, sur le sort d'un jeune homme accusé de parricide. S'il est jugé coupable, c'est la chaise électrique qui l'attend. Onze jurés le pensent coupable. Seul le juré no 8, un architecte, n'est pas certain de la culpabilité de l'accusé et a de sérieux doutes. Il expose fermement ses doutes. Le témoin oculaire dit avoir vu la scène depuis son lit, par la fenêtre, alors qu'il n'avait pas ses lunettes. Le témoin auditif dit avoir entendu le corps tomber et le garçon crier « Je vais te tuer », alors que le bruit du métro ne permettait pas d'entendre. Et des failles existent dans l'enquête, comme le couteau qui a été utilisé : selon les enquêteurs, c'était une pièce unique alors que le couteau à cran d'arrêt est trouvable pour six dollars dans une boutique de prêt sur gages. Toutes ces failles et ces contradictions permettent au juré numéro huit, grâce à son éloquence, de renverser les convictions des autres jurés un par un, situation qui sert de révélateur des motivations et des préjugés d'hommes issus de milieux différents.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Juré no 1 : le juré n°1 — et aussi président du jury — vote coupable au début puis non-coupable. Il se montre susceptible lorsque sa manière de présider le jury est remise en question, mais c'est un des jurés les plus calmes. En tant que président du jury, il est le seul à communiquer avec le gardien notamment pour faire venir l'arme du crime et le plan de l'appartement. Il arbitre plus qu'il ne conduit les débats.
  • Juré no 2 : Petit et chétif, le juré n°2 semble être le juré le moins sûr de lui mais un des plus courtois, il vote coupable au début mais vote non-coupable après une brillante argumentation du juré n°8. Il est ironiquement surnommé "Tarzan" par le juré n°7.
  • Juré no 3 : le juré n°3 est le juré le plus colérique et le plus sûr de lui, pendant quasiment tout le film il reste persuadé que l'accusé est coupable. Il agressa physiquement et verbalement quelques-uns des jurés, en particulier le juré n°8. On comprend à la fin du film que sa haine est motivée à cause du rapprochement qu'il fait entre l'accusé et son propre fils qui ne lui parle plus.
  • Juré no 4 : le juré n°4 reste persuadé longtemps que l'accusé est coupable mais finit par voter non-coupable. Il est l'avant-dernier juré à changer son vote. Très calme et hautain, il se fie uniquement aux preuves et aux témoignages, et ne changera son vote que lorsqu'il aura un "doute valable".
  • Juré no 5 : le juré n°5 vote coupable au début mais finit par voter non-coupable. Ayant grandi dans le même quartier que l'accusé, il comprend mieux que personne son environnement. C'est lui qui apprendra aux autres jurés la manière de tenir un couteau à cran d'arrêt dans ces quartiers. Il rentre assez vite en conflit avec le juré n°3.
  • Juré no 6 : le juré n°6 vote coupable au début et semble être assez sûr de lui. Il vote non-coupable après que le juré n°8 a mis en doute plusieurs témoignages. C'est quelqu'un de très respectueux qui menacera le juré n°3 de le mettre dehors si il agresse verbalement le juré n°9.
  • Juré no 7 : le juré n°7 ne semble pas être intéressé du tout par le procès, et souhaite juste arriver à l'heure à un championnat de base-ball. Durant toute la délibération, il n'arrive pas à fournir un seul argument valable pour son vote. Ayant voté coupable au départ, il changera son vote lorsque les autres jurés renverseront la tendance, sans fournir une raison valable malgré les exhortations du juré n°11.
  • Juré no 8 : le juré n°8 est le seul à voter non-coupable au début de la délibération. Il ne dira jamais qu'il croit l'accusé innocent, mais qu'il a un doute valable. Il va alors convaincre les autres jurés, les uns après les autres, de voter non-coupable en élargissant le champs des doutes possibles. Sa tactique est de s'attaquer aux raisonnements, jamais à ses contradicteurs.
  • Juré no 9 : le juré n°9 est le plus âgé des jurés mais il a beaucoup de morale. Il est le second à voter non-coupable, convaincu par les arguments du juré n°8. En raison de son grand âge, il comprendra l'état d'esprit de l'un des témoins et prouvera ainsi que celui-ci n'a pas livré un témoignage tout à fait correct.
  • Juré no 10 : le juré n°10 est le juré le plus grincheux, il reste persuadé longtemps que l'accusé est coupable. On comprendra à la fin que sa colère et sa persuasion que l'accusé est coupable sont dues aux préjugés qu'il porte aux individus issus de ce milieu.
  • Juré no 11 : le juré n°11 est un juré plutôt calme et très bien élevé, au début il vote coupable mais finit par voter non-coupable. Il accorde une grande importance à la vraisemblance des faits, aux failles de ce procès et à l'éthique, et lorsque le juré n°7 changera son vote uniquement pour arriver à l'heure au match de base-ball, il s'en indignera et l'exhortera à voter par conviction et pas "par lassitude".
  • Juré no 12 : le juré n°12 est celui qui change le plus de fois d'avis, il vote d'abord coupable, puis se ravise à deux reprises. Il déclare au début du jury que le procès le passionne, par la suite il est facilement distrait et la reconstitution des témoignages contre l'accusé ne semble pas l'intéresser autant que les autres jurés.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Théâtre
Cinéma
Télévision
  • 1997 : Douze hommes en colère de William Friedkin, où le juge est cette fois une femme et quatre des jurés sont afro-américains.

Références au film[modifier | modifier le code]

  • Autopsie d'un meurtre, sorti deux ans plus tard, montre les jeux respectifs de la défense et de l'accusation pour impressionner les jurés. Vers la fin, la tirade de McCarthy : « douze personnes, enfermées ensemble... » est une allusion à Douze hommes en colère.
  • Dans la série américaine Happy Days (1978), l'épisode 27 de la saison 5 Coupable ou non coupable est clairement une adaptation du film : juré dans une affaire de vol, Fonzie est le seul à croire l'accusé (un motard) non coupable… il va essayer de convaincre les autres jurés de son innocence.
  • Le scénario du film a également été adapté dans d'autres séries, telles que Malcolm (saison 3, épisode 20, Messieurs les Jurés), Preuve à l'appui (saison 3, épisode 2, Sans preuve à l'appui), Demain à la une (saison 1, épisode 17 Juré malgré lui) The Dead Zone (saison 1, épisode 5, Coupable) Veronica Mars (saison 2, épisode 10, Une Affaire simple), Monk (saison 4, épisode 16, Monk est juré) Ma famille d'abord, Hancock's Half Hour, Un drôle de shérif, Larry et Balki, The Odd Couple, Les Rois du Texas, Matlock, voire le dessin animé Hé Arnold !, Charmed (saison 4 épisode 11). À noter qu'un remake par la série Sept à la maison (saison 4, épisode 17, Douze jurés en colère) où le personnage principal, Eric Camden tente de convaincre de la culpabilité de l'accusé, ce qui est l'inverse du film de Lumet.
  • Dans Les Simpson, l'épisode 20 de la saison 5, intitulé Le Garçon qui en savait trop fait référence à Douze hommes en colère : Homer, désigné comme juré, est seul à voter non coupable.
  • Dans le manga L'Ara aux sept couleurs, épisode 21 (qui porte le nom de l'œuvre d'origine, Douze hommes en colère), l'intrigue est inversée et l'Ara cherche à prouver la culpabilité de l'accusé.

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le scénario de Reginald Rose a au départ été écrit pour un téléfilm diffusé en 1954 puis adapté au théâtre l'année suivante. Cette pièce a été créée en France en 1958 au théâtre de la Gaîté-Montparnasse dans une mise en scène de Lars Schmidt.
  • Sur les douze jurés du téléfilm d'origine, deux figurent également dans le film : Joseph Sweeney et Jiří Voskovec.
  • Au fur et à mesure du tournage, le réalisateur Sidney Lumet utilisa des objectifs de focales croissantes, de sorte que les décors semblent se rapprocher des protagonistes, accroissant le sentiment d'étouffement.
  • Le film est un huis clos spatialement limité à une salle exiguë à côté de la salle d'audience. Un personnel du tribunal enferme les douze hommes à clef pour la délibération, le ventilateur semble en panne et la chaleur écrasante fait transpirer les jurés. Ces différents éléments contribuent à donner une sensation d'étouffement général qui s'ajoute à la tension entre les jurés qui s'opposent verbalement et physiquement de manière très vive sur la culpabilité de l'accusé. Un bref intermède spatial a lieu dans les toilettes contiguës à la pièce.
  • Le film respecte donc la règle classique des trois unités: unité de temps, de lieu et d'action.
  • Jusqu'au dernier instant du film, aucun des noms des protagonistes n'est prononcé : les douze hommes ne s'appellent jamais par leur patronyme. On découvre les noms des deux premiers jurés en faveur de la non culpabilité — M. Davis (Henri Fonda) et M. MacCardle (Joseph Sweeney) — lorsqu'ils quittent le tribunal avant le mot fin. De la même façon, ni l'accusé ni aucun témoin n'est jamais nommé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]