Laserdisc

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LaserDisc
Image illustrative de l'article Laserdisc
Image illustrative de l'article Laserdisc
Comparatif des dimensions d'un LD 30 cm et d'un DVD 12 cm

Type de média Disque optique simple ou double face
Capacité 30 minutes par face en CAV et 60 minutes par face en CLV
Développé par Thomson, RCA, Philips
Dimensions physiques 30 cm de diamètre

Le Laserdisc, abrégé LD, est un type de vidéodisque et ancêtre du DVD. Commercialisé pendant vingt ans à partir de 1978, il offrait une qualité supérieure à celle du magnétoscope grand public mais son prix élevé, l'offre limitée en films, l'impossibilité d'enregistrer la télévision et son format relativement encombrant ont limité son succès. Il fut supplanté par le DVD à partir de 1995 et définitivement abandonné en 1998.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Laserdisc est le fruit de longues recherches et son histoire se mêle à celle du vidéodisque entier.

Article détaillé : Vidéodisque.

Le Laserdisc a pendant longtemps été reconnu comme le support de choix pour la diffusion de films avec une qualité d'image et de son pour cinéphiles. Cependant, la faible capacité de stockage du laserdisc nécessitant, suivant les modèles (auto-reverse ou non), de le retourner au milieu du film, et son encombrement important, ne lui ont pas permis de connaître un succès massif. Il a été détrôné par le DVD à la fin des années 1990, une fois que ceux-ci ont atteint une qualité acceptable de l'image sans traces de décompactage à la lecture.

Atouts et handicaps[modifier | modifier le code]

Atouts[modifier | modifier le code]

Ce support est de meilleure qualité visuelle et sonore que son concurrent contemporain, la cassette VHS (vidéo analogique) mais contrairement à cette dernière, le LaserDisc ne permet pas l'enregistrement. Il dispose de plusieurs canaux pour le son (analogique et numérique) et peut offrir la possibilité de naviguer à l'aide de chapitres. L'accès à ces chapitres se fait de manière quasi instantanée, à la manière des CD audio.

Cette possibilité d'accès automatique a aussi entraîné l'apparition de nouveaux types de jeux, le plus connu étant Dragon's Lair, ou de déambulation non linéaire dans un ensemble de données (Vallée de la Mort, Las Vegas, Grand Canyon, Voyage interactif, photographies de Marc Garanger) .

Un autre avantage des Laserdisc par rapport à la VHS est sa tête de lecture optique et non magnétique, qui augmente sa durée de vie. Même après plusieurs années, la qualité reste identique.

Handicaps[modifier | modifier le code]

Le Laserdisc souffrait cependant de gros inconvénients. Le premier était, en France en particulier, son prix : un film sur support Laserdisc coûtait en moyenne 250 francs (environ 60 € en tenant compte de l'évolution du pouvoir d'achat[1]), et le lecteur environ 3 000 francs (environ 650 € en tenant compte du pouvoir d'achat).

Par ailleurs, la capacité d'une face de Laserdic était limitée (trente minutes par face en CAV soixante minutes en CLV), ce qui obligeait l'utilisateur à retourner le disque au milieu du visionnage. Les lecteurs de dernière génération intégraient une fonction de changement automatique de face, qui ne provoquait qu'une coupure de quelques secondes.

Le Laserdisc était aussi pénalisé par sa grande taille (à peu près le diamètre d'un 33 tours) et par son poids relativement important. Mais il conserve, avec les disques audio, la qualité d'une pochette de grande taille souvent double.[pas clair]

Enfin, tous les lecteurs de Laserdisc ne permettaient pas de lire les CD audio. En effet, les disques n'étant pas conçus de la même façon, il était nécessaire d'employer une lentille dédiée à cet usage, montée sur son propre mécanisme. Certains lecteurs étaient néanmoins dotés d'un système optique unique pour lire CD et Laserdiscs[2].

Caractéristiques techniques[modifier | modifier le code]

Principe[modifier | modifier le code]

Le vidéodisque original permet l’enregistrement de la vidéo analogique et du son analogique sur un support en plexiglas gravé de la même façon que les CD audio :

  • réalisation d’une matrice ;
  • duplication par pressage ;
  • métallisation ;
  • capotage.

L'ensemble du signal analogique de départ (vidéo composite au format NTSC ou PAL) sert à moduler une porteuse en fréquence (fréquence de base à 8.1 MHz en NTSC et 7.1 en PAL). En prenant l'intersection de la sinusoïde de fréquence variable qui en résulte avec une droite horizontale, et en considérant par exemple que les parties au dessus de la droite se projettent sur un plat, et les parties en dessous sur une cuvette, on obtient une suite de zones plates et d'alvéoles dont la longueur varie en fonction de la fréquence de la porteuse modulée, et à partir desquelles il est possible de reconstituer cette dernière. Par démodulation, on retrouve ensuite le signal vidéo d'origine qui peut être injecté sur l'entrée composite d'une prise péritel/scart.

D'un point de vue électronique, on peut aisément imaginer de faire cette projection à l'aide d'un comparateur ayant sur son entrée de référence une tension constante (pour la droite horizontale) et sur l'autre entrée la sinusoide à fréquence variable. Lorsque cette dernière passe en dessous de la tension de référence, le comparateur déclenche le laser de gravure, pour réaliser une alvéole et le coupe lorsqu'on repasse au dessus.

On n'utilise pas l'axe des abscisses comme droite d'intersection, mais plutôt une horizontale située au dessus, de manière à être moins sensible aux bruits de fond présents au voisinages du zéro.

Tout se passe en fait comme si la sinusoide modulée avait été directement projetée sur la courbe enroulée en spirale que constitue le sillon.

On pourra trouver ici un schéma du principe de gravure (en) pour aider à la visualisation du procédé.

Ce schéma présente une complication supplémentaire car il montre la possibilité d'ajouter un signal audio faisant varier la hauteur de la porteuse modulée en fréquence. De ce fait, l'intersection avec la droite horizontale se fait à des hauteurs différentes du signal sinusoidal, ce qui module la largeur des plats et cuvettes au rythme du signal audio. Dans ce cas de figure, on peut considérer que l'espacement centre à centre des cuvettes, lié à la fréquence, encode la vidéo, et que leur longueur encode l'audio.

Le disque est lu à partir du centre et en allant vers l’extérieur. La lecture s’effectue à l’aide d’un faisceau laser de couleur rouge ou infrarouge. La tête de lecture optique est asservie en radial et focalisation pour lire les motifs gravés. Les premiers lecteurs utilisaient un laser Hélium-Néon à une longueur d’onde visible de 780 nm, remplacé ensuite par un laser à semi-conducteur infra-rouge à 835 nm.

Encodage[modifier | modifier le code]

Il existe deux types de format d'encodage télé pour les laserdiscs : Le PAL était destiné au marché européen et le NTSC au Japon et aux États-Unis.

Son[modifier | modifier le code]

Un Laserdisc NTSC peut comporter une piste son analogique et une piste son numérique (PCM, Dolby Prologic, mono ou stéréo). Dans le format PAL, un choix devait être fait par l'éditeur entre pistes analogiques et numériques, qui ne peuvent être physiquement présentes sur un disque en même temps.

Aux États-Unis, de nombreux disques gravés en NTSC étaient dotés d'une piste Dolby-AC3 en complément du Dolby Prologic, adaptée aux systèmes home cinéma 5.1. Les autres disques, en particulier ceux en PAL du marché européen, ne disposent que d'un son Dolby Surround (2.1) permettant une restitution en Dolby Pro-Logic (faux 5.1).

De la même manière, certains Laserdiscs comportaient une bande son DTS, mais cela obligeait à supprimer la piste numérique afin de gagner de l'espace disque. Toutefois, les pistes DTS des Laserdiscs étaient bien moins compressées que celles des DVD actuels.

Certains Laserdiscs (les films Memphis Belle et Terminator) proposaient sur les deux pistes stéréo analogiques une version française et une version originale en anglais. Il fallait sélectionner manuellement le canal droit ou gauche pour entendre une seule version à la fois.

Sous-titrage[modifier | modifier le code]

Certaines éditions permettaient d'incruster des sous-titres par la fonction télétexte et de choisir ceux-ci entre plusieurs langues (4 pour Dossier secret d'Orson Welles). En format NTSC (États-Unis, Japon) les films pouvaient être sous-titrés dans la langue du film, ceci à l'usage principalement des sourds et malentendants, sous l'appellation de close caption. Pour obtenir ce sous-titrage il fallait intercaler un adaptateur entre le lecteur et le téléviseur.

Les modes d'enregistrement[modifier | modifier le code]

Constant Angular Velocity (CAV)[modifier | modifier le code]

Si l'enregistrement a été réalisé en Vitesse Angulaire Constante, la vitesse de rotation du disque est identique quel que soit l'emplacement de la lentille sur le disque. Une image entière occupe exactement un tour du disque. Cela permet un arrêt sur image, un ralenti ou un accéléré impeccables.

Dans ce mode, la durée d'enregistrement est limitée à trente minutes par face environ. Ce format n'a été que peu utilisé en France, et souvent avec parcimonie en raison de son coût de production élevé. Ainsi, seulement une face sur quatre des Laserdics de Jurassic Park était en CAV. Il fut en revanche souvent utilisé pour des éditions de luxe au format NTSC ou pour des films documentaires PAL qui permettaient ainsi des choix de parcours différenciés (Vallée de la Mort - Las Vegas du photographe Garanger) ou des documentaires d'art propices aux images posées (Musée Rodin, Musée du Louvre, Musée d'Orsay, etc.).

Constant Linear Velocity (CLV)[modifier | modifier le code]

En Vitesse Linéaire Constante, plus la lentille se dirige vers l'extérieur du disque et plus la vitesse de rotation décroît. Cela permet de stocker davantage d'informations, puisque la circonférence extérieure d'un Laserdisc est plus de deux fois supérieure à sa circonférence intérieure. Une face en CLV peut ainsi stocker une heure d'enregistrement, soit le double d'une face en CAV.

Toutefois, le CLV perd les fonctionnalités d'arrêt sur image et d'avance pas à pas. Seuls les lecteurs de dernière génération permettent d'obtenir les fonctionnalités du CAV sur des disques CLV, en recourant à une mémoire de trame supplémentaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Calculé avec le convertisseur de l'INSEE, du franc de 1990 vers l'euro de 2014 [1]
  2. Par exemple, Philips CVD-486 ou Pioneer CLD-D515.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tous les titres américains et japonais parus jusqu'en 1995 : Douglas Pratt, 1995 The laser Video Disc Companion, Baseline Books, New-York, (ISBN 0-9184-3290-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]