Laserdisc

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LaserDisc
Image illustrative de l'article Laserdisc
Image illustrative de l'article Laserdisc
Comparatif des dimensions d'un LD 30 cm et d'un DVD 12 cm

Type de média Disque optique simple ou double face
Capacité 30 minutes par face en CAV et 60 minutes par face en CLV
Développé par Thomson RCA Philips
Dimensions physiques 30 cm de diamètre

Le Laserdisc aussi connu sous les termes LD, Videodisc ou Vidéodisque est un support destiné à la vidéo. Ancêtre du DVD, il a procuré une qualité supérieure à celle du magnétoscope grand public mais son prix de vente, l'offre limitée de films, l'impossibilité d'enregistrer des émissions TV et son relatif encombrement ont limité son succès commercial. Supplanté par l'apparition des DVD en 1998, sa durée de commercialisation s'est déployée durant vingt ans, de 1978 à 1998.

Historique[modifier | modifier le code]

Les études et expérimentations pour enregistrer un film sur disque et le lire avec la facilité d'un microsillon remontent à l'origine de la télévision durant les années 1920 par l'inventeur John Logie Baird[1]. Il faut toutefois attendre les années 1960 pour que des fabricants produisent des prototypes destinés au grand public. Ainsi, le lecteur « vidéodisque » de RCA utilise un support type microsillon et une tête de lecture capacitive. Il est rapidement abandonné en raison de la faible qualité d'image et de l'usure rapide du disque.

Les premiers développements en technologie optique datent de 1965, conjointement chez Philips et Thomson-CSF qui prirent les premiers brevets de lecture optique. Ces études amenèrent à un premier produit grand public chez Philips, et aux premières mémoires de masse informatiques à disque optique chez Thomson-CSF.

Le Laservision est le premier système de disque vidéo, commercialisé pour la première fois par Philips et MCA en 1972. La disponibilité du Laservision dans le commerce date de 1978, à peu près en même temps que le magnétoscope. Les disques font 30 cm de diamètre.

Dans les années 1980, le format est amélioré et devient le CD-Vidéo (CDV). Le son passe en numérique 44,1 kHz 16 bits, comme le CD audio. Deux autres tailles de disques sortent : 20 & 12 cm. Ces derniers, de la même taille qu'un CD audio comportent une partie lisible par un simple lecteur CD et suffisamment de place pour 5 à 8 minutes de vidéo, c'est-à-dire assez pour un clip. À la fin des années 1980, le CD-Vidéo est renommé Laserdisc. Aux États-Unis, de nombreux disques gravés en NTSC sont dotés d'une bande son Dolby-AC3 adaptée aux systèmes home cinéma 5.1. Les autres disques, en particulier ceux en PAL, ne disposent que d'un son Dolby Surround (2.1) permettant une restitution en Dolby Pro-Logic (faux 5.1).

Ce support est de meilleure qualité visuelle et sonore que son concurrent contemporain, la cassette VHS (vidéo analogique) mais contrairement à cette dernière, le LaserDisc ne permet pas l'enregistrement. Il dispose de plusieurs canaux pour le son (analogique et numérique) et peut offrir la possibilité de naviguer à l'aide de chapitres. L'accès à ces chapitres se fait de manière quasi instantanée, à la manière des CD audio.

Cette possibilité d'accès automatique a aussi entraîné l'apparition de nouveaux types de jeux, le plus connu étant Dragon's Lair, ou de déambulation non linéaire dans un ensemble de données (Vallée de la Mort, Las Vegas, Grand Canyon, Voyage interactif, photographies de Marc Garanger) .

Un autre avantage des Laserdisc par rapport à la VHS est sa tête de lecture optique et non magnétique, sa durée de vie s'en trouve ainsi augmentée. Même après plusieurs années, la qualité reste identique.

Mais ce format n'était pas sans inconvénients à l'époque de son essor commercial, le premier étant, en France en particulier, son prix : un film sur support Laserdisc coûtait en moyenne 250 francs (soit 38 €), et le lecteur environ 3 000 francs (soit 457 €).

Un autre inconvénient concerne la capacité de stockage qui est de 30 minutes par face en CAV et 60 minutes par face en CLV. Cette durée entraîne généralement un changement de face. Les lecteurs les plus perfectionnés intégraient une fonction de changement automatique de face qui provoquait une coupure de quelques secondes. Seuls quelques lecteurs de dernière génération intègrent un système permettant de s'affranchir de cette manipulation.

La taille des disques était aussi un inconvénient (à peu près la taille d'un 33 tours) ainsi que leur poids, relativement important mais conserve, avec les disques audio, la qualité d'une pochette de grande taille souvent double.

Tous les lecteurs ne permettent pas de lire également les CD audio. En effet, les disques n'étant pas conçus de la même façon, il est nécessaire d'employer une lentille dédiée à cet usage, montée sur son propre mécanisme. Certains lecteurs sont néanmoins dotés d'un système optique unique pour lire CD et LD[2].

Le Laserdisc a pendant longtemps été reconnu comme le support de choix pour la diffusion de films avec une qualité d'image et de son pour cinéphiles. Cependant, la faible capacité de stockage du laserdisc nécessitant, suivant les modèles (auto-reverse ou non), de le retourner au milieu du film, et son encombrement important, ne lui ont pas permis de connaître un succès massif. Il a été détrôné par le DVD depuis la fin des années 1990 quand ceux-ci ont atteint une qualité acceptable de l'image sans traces de décompactage à la lecture.

Principe[modifier | modifier le code]

Le vidéodisque original permet l’enregistrement de la vidéo analogique et du son analogique sur un support en plexiglas gravé de la même façon que les CD audio :

  • réalisation d’une matrice ;
  • duplication par pressage ;
  • métallisation ;
  • capotage.

Le format analogique enregistré est similaire au VHS : une première sous-porteuse modulée en fréquence vers 8 MHz contient la vidéo par la chrominance et une autre sous-porteuse (ou deux en stéréo) est modulée par le son.

Le disque est lu à partir du centre et en allant vers l’extérieur. La lecture s’effectue à l’aide d’un faisceau laser de couleur rouge ou infrarouge. La tête de lecture optique est asservie en radial et focalisation pour lire les motifs gravés. Les premiers lecteurs utilisaient un laser Hélium-Néon à une longueur d’onde visible de 780 nm, remplacé ensuite par un laser à semi-conducteur infra-rouge à 835 nm.

PAL / NTSC[modifier | modifier le code]

Il existe deux types de format d'encodage télé pour les laserdiscs : Le PAL était destiné au marché européen et le NTSC au Japon et aux États-Unis.

Le son[modifier | modifier le code]

Un LD comporte une piste son analogique et une piste son numérique (PCM, Dolby Prologic, mono ou stéréo).

Il y a aussi eu un bon nombre des LD NTSC comportant une piste Dolby Digital 5.1 en complément du Dolby Prologic, dans ce cas certains canaux de cette piste 5.1 sont enregistrés en analogique. De la même manière, il y a eu des LD comportant une bande son DTS, entraînant par contre la suppression de la piste numérique pour une question d'espace disque. À l'inverse, les pistes DTS des LDs sont bien moins compressées que celles des DVD actuels.

Au moins un LD (le film "Memphis Belle"), proposait sur les deux pistes stéréo analogiques une VF et une VO (anglais). Il fallait donc sélectionner manuellement le canal droit ou gauche pour entendre une seule version à la fois.

Le sous-titrage[modifier | modifier le code]

Certaines éditions permettaient d'incruster des sous-titres par la fonction télétexte et de choisir ceux-ci entre plusieurs langues (4 pour Confidential Report d'Orson Welles). En format NTSC (États-Unis, Japon) les films pouvaient être sous-titrés dans la langue du film, ceci à l'usage principalement des sourds et malentendants, sous l'appellation de « close caption » Pour obtenir ce sous-titrage il fallait intercaler un adaptateur entre le lecteur et le téléviseur.

Les modes d'enregistrement[modifier | modifier le code]

CAV: Constant Angular Velocity (Vitesse Angulaire Constante)[modifier | modifier le code]

La vitesse de rotation du disque est constante, ce qui permet un arrêt sur image, un ralenti et un accéléré impeccable à toutes vitesses. Ceci est dû au fait qu'une image entière occupe exactement un tour du disque.

Dans ce mode, la durée d'enregistrement est limitée à trente minutes par face environ. Ce format n'a été que peu utilisé en France et souvent que sur une des faces du film entier (1 sur 4 par exemple pour Jurassic Park) pour son coût de production élevé. Il fut en revanche souvent utilisé pour des éditions de luxe au format NTSC ou pour des films documentaires PAL qui permettaient ainsi des choix de parcours différenciés (Vallée de la Mort - Las Vegas du photographe Garanger) ou des documentaires d'art propices aux images posées (Musée Rodin, Musée du Louvre, Musée d'Orsay, etc.).

CLV: Constant Linear Velocity (Vitesse Linéaire Constante)[modifier | modifier le code]

La vitesse de rotation du disque décroît lorsque l'on est vers l'extérieur, ce qui permet d'optimiser la densité d'information puisque la circonférence à l'extérieur est plus de deux fois supérieure à la circonférence intérieure.

Dans ce mode, la durée d'enregistrement passe à une heure par face mais on perd les fonctionnalités concernant l'arrêt sur image et l'avance pas à pas. Seuls les lecteurs récents permettent d'obtenir les fonctionnalités du CAV sur des disques CLV en utilisant une mémoire de trame supplémentaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1] sur le dite d'histoire de la vidéo TV Dawn.
  2. par exemple Philips CVD-486 ou Pioneer CLD-D515

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tous les titres américains et japonais parus jusqu'en 1995 : Douglas Pratt, 1995 The laser Video Disc Companion, Baseline Books, New-York, (ISBN 0-9184-3290-1)

Liens externes[modifier | modifier le code]