Space opera

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Le space opera ou opéra de l'espace[1] est un sous-genre de la science-fiction caractérisé par des histoires d'aventure épiques ou dramatiques se déroulant dans un cadre géopolitique complexe. Suivant les œuvres, le space opera rime avec exploration spatiale à grande échelle, guerres ou rigueur dans le réalisme scientifique. Apparu formellement au début des années 1940, le genre devient très populaire à partir des années 1960 et 1970 avec notamment Star Trek et Star Wars.

Historique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Parmi les premiers livres de proto-science-fiction que l'on considère comme appartenant au space opera, on compte Star ou Ψ de Cassiopée (1854) de Charlemagne Ischir Defontenay et Lumen (1872) de Camille Flammarion. Le genre se développe également à la fin de l'ère victorienne, mais de manière épisodique (tel que The Struggle for Empire: A Story of the Year 2236 de Robert William Cole (en)).

Le terme « space opera » fut tout d'abord une expression péjorative, utilisée pour la première fois par l'écrivain Wilson Tucker dans son fanzine Le Zombie en 1941[2]. Il entendait ainsi désigner, par analogie avec les expressions horse opera (Western opera) et « soap opera » (littéralement : opéra de savon), ce qu'il qualifiait de « the hacky, grinding, stinking, outworn space-ship yarn », autrement dit des clichés du récit d'aventure ou du western transposés dans l'espace, tels qu'on peut les trouver par exemple dans la série des John Carter de Mars de l'écrivain américain Edgar Rice Burroughs. Cette définition fut entérinée par l'une des premières encyclopédie de SF, Fancyclopedia, en 1944 ainsi que dans sa réédition de 1959. Ce sens péjoratif perdure encore parfois de nos jours[3].

Une certaine nostalgie pour le space opera des origines amène à une réévaluation du terme. Il est ensuite utilisé pour désigner un récit d'aventures dans l'espace, avec des personnages complexes et bien campés, une dramaturgie et une action spécifiques. Les chefs de file de ce nouveau space opera sont E. E. Smith (avec ses séries Skylark et Lensman), Edmond Hamilton, Jack Williamson et plus tard Leigh Brackett.

Les premiers écrivains ne disposaient d'aucun modèle sur lequel se baser : leurs premières histoires doivent énormément aux récits d'aventure et aux pulps des années 1920 à 1940, notamment les westerns et les récits exotiques situés en Afrique ou en Orient. Il y a de nombreux points communs entre les récits maritimes et les voyages spatiaux, les explorateurs de l'Afrique et les explorateurs interstellaires, les pirates des mers et les pirates de l'espace.

Années 1960[modifier | modifier le code]

Le space opera des années 1960 s'illustre avec quelques œuvres qui transposent dans l'espace les divers problèmes de leur temps. Ainsi, Étoiles, garde-à-vous !, de Robert A. Heinlein (1960) est une apologie des valeurs héroïques et guerrières, et Dune (1965) de Frank Herbert pose le problème de la façon dont l'homme peut vivre en symbiose avec son environnement ou au contraire l'exploiter de façon aveugle. Doctor Who apparait également pendant cette période.

Années 1970 : le nouveau Space Opera[modifier | modifier le code]

Un vaisseau spatial dans l'univers futuriste du parc Disneyland Paris, en aout 1992.
Un vaisseau spatial dans l'univers futuriste du parc Disneyland Paris, en .

Dans les années 1970, un certain nombre d'écrivains, en majorité britanniques, entreprennent de donner une seconde vie au space opera, notamment après la parution en 1975 de The Centauri Device de John Harrison, et celle d'un éditorial d'Interzone appelant à la mobilisation[4]. Ce renouveau coïncide avec le succès au cinéma des premiers épisodes de Star Wars, qui revient délibérément aux recettes du space opera des années 1940, et l'émergence du cyberpunk dont il subit l'influence. On peut parler d'une synthèse du space opera, du cyberpunk et de la hard science.

Il s'agit d'un space opera plus sombre, qui abandonne le schéma classique du « triomphe de l'humanité ». Les auteurs font intervenir des technologies plus récentes et proposent des personnages plus complexes que le space opera classique. S'il conserve l'échelle interstellaire, voire intergalactique et le souffle épique du space opera traditionnel, le nouveau space opera est plus rigoureux scientifiquement et en même temps plus ambitieux dans ses thèmes. Parmi les écrivains qui se sont illustrés dans le nouveau space opera, on peut citer : Scott Westerfeld, Iain M. Banks, Stephen R. Donaldson, Peter F. Hamilton, Alastair Reynolds, Stephen Baxter, Paul McAuley, John Clute, Charles Stross, M. John Harrison, Vernor Vinge, Walter Jon Williams, John C. Wright, Simon R. Green, Ken MacLeod, Louis Thirion et Robert Reed.

À partir des années 1990[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1990 et 2000 est apparue aux États-Unis une série de nouveaux auteurs, souvent publiés par l'éditeur Baen Books : David Drake, David Feintuch (en), Lois McMaster Bujold, Eric Flint, S.M. Stirling, John Ringo et David Weber. Ces auteurs traitent plus volontiers de sujets militaires que leurs confrères britanniques, mettant souvent en scène des conflits interstellaires. Baen a ressorti conjointement des œuvres d'auteurs de la génération précédente comme James H. Schmitz (en), Larry Niven ou Jerry Pournelle, dans l'espoir de consolider les parts de marché du space opera militariste.

Parallèlement, le succès de séries de téléfilms ou de longs métrages comme Star Trek et Star Wars ont incité les éditeurs à exploiter le filon en publiant des romans basés sur les personnages et l'univers de ces films (voir Liste des romans de Star Trek et Bibliographie et chronologie de Star Wars).

La maison d'édition Del Rey Books, qui dépend de l'éditeur Random House depuis longtemps spécialisée dans le space opera, a multiplié ses publications au cours des années 1990 et 2000, faisant paraître ses propres versions du space opera militariste. Des récits du genre de la série des Star Fists de David Sherman et Dan Cragg sont devenus de plus en plus répandus.

Peu de femmes se sont illustrées dans le space opera des débuts, et si C. J. Cherryh a eu le privilège de voir un astéroïde recevoir son nom (77185 Cherryh), elle fait longtemps figure d'exception en contribuant à des genres considérés plutôt virils comme le nouveau space opera (l'univers Foreigner), la science-fiction scientifique (Downbelow Station) et le space opera militaire (la trilogie de Faded Sun). Cependant on constate actuellement une féminisation du genre avec des auteurs comme Elizabeth Moon, Lois McMaster Bujold, Jennifer Wingert, la Canadienne Karin Lowachee, la Britannique Karen Traviss (qui participe aux romans inspirés de Star Wars), l'Américaine Elizabeth Bear, Kristine Smith, ou Linnea Sinclair.

Parallèlement, à la télévision le genre connaît un renouveau avec l'apparition de nouvelles séries comme Stargate SG-1 qui exploite l'idée d'un réseau de portes à travers la galaxie et qui essaie d'expliquer toutes les découvertes technologiques avec une surexploitation du technobabillage. La réinvention de Battlestar Galactica fait aussi partie d'un nouveau type de space opera, le ton épique de la première série des années 1980 étant abandonné au profit d'une thématique plus réaliste qui aborde des thèmes occidentaux contemporains.

En France, Pierre Bordage met en scène des épopées réunissant les caractéristiques comme les ordres secrets, fraternités, sectes, mal obscur et mondes foisonnants où l'humanité se niche dans des formes de vie les plus insolites. La première d'entre elles : Rohel le conquérant (1993), met en scène Rohel le Vioter au prise à un puissant cartel. La trilogie Les Guerriers du silence (1993-1996) qui révèle cet auteur au grand public, est une œuvre majeure qui nous plonge dans une saga dense et émouvante, emprunt de philosophie bouddhiste. Les Griots célestes apportent à ce genre un point de vue original : porteurs de la mémoire de l'Humanité disséminée, les griots se déplacent à travers des flux qui les mènent au hasard des mondes et des peuples amnésiques de la diaspora originelle.

La dernière en date La Fraternité du Panca, tome 5 Frère Elthor 2012, du même auteur est construite de façon originale dans une pentalogie ou chaque tome met en scène un frère ou une sœur dans leur quête.

Paul-Jean Hérault est un écrivain peu diffusé qui a reçu le prix Cyrano en 2005. Il a construit au fil du temps de véritables univers techniquement et politiquement crédibles. La saga du pilote spatial Gurvan, des romans comme Le Bricolo, Les Clones Déviants ou Criminels de guerre, la saga des Cal de Ter lui permettent d'aborder avec pertinence l'inutilité des guerres, l'importance de l'amitié et de l'honneur, l'importance de l'éducation, de l'honnêteté et de la justice. Il mêle souvent la réflexion menée par ses héros, souvent d'anciens soldats, à l'action avec de nombreux combats au sol ou des batailles spatiales (PJ Hérault est un ancien pilote). Son roman La Fédération de l'Amas aborde d'une manière originale la télékinésie, la téléportation... et les relations avec les morts : les auras.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les récits de space opera ont pour caractéristique commune de se dérouler à une échelle interplanétaire (allant jusqu'à l'échelle de l'univers), ce magnifie les enjeux des thématiques abordées par le récit de science-fiction : l'avenir de l'espèce humaine, les rencontres avec des espèces extraterrestres, les enjeux politiques (conflits entre des entités à l'échelle galactique), l'écologie (Dune)... Les autres effets du space opera sont que les personnages peuvent paraître par comparaison encore plus infimes, que de nouvelles explorations sont possibles que ce soit en territoires explorables ou en découvertes de sociétés jusqu'à présent en autarcie.

Un space opera se déroule habituellement dans l'espace ou sur une (ou plusieurs) planète(s) distante(s). Le réalisme du récit varie considérablement d'une œuvre à l'autre ; souvent, pour les besoins de la narration, les lois de la physique sont suspendues : des sons se propagent dans le vide spatial tels que les bruits d'explosions ou de réacteurs de vaisseaux dans Star Wars par exemple, où l'on constate par ailleurs d'autres improbabilités, quasi-majorité des planètes habitables par l'homme, méconnaissance des décalages temporels énormes dus à la relativité qui empêcheraient toute concomitance entre des systèmes planétaires aussi éloignés.

A contrario, certains auteurs s'efforcent de rendre leurs récits plus crédibles en y intégrant des éléments scientifiquement avérés, ou bien en anticipant l'usage de technologies qui font l'objet de débats ou de spéculations dans les milieux scientifiques : sphères de Dyson, téléportation... Rallier deux points de l'espace plus vite que la lumière pourrait par exemple être rendu possible par l'exploitation, aujourd'hui toute théorique, du phénomène des trous de ver ou bien encore dans le cadre de la théorie de l'espace et du temps du physicien allemand Burkhard Heim qui prédit la possibilité de convertir l'énergie électromagnétique en énergie gravitationnelle.

Parfois même on rencontre dans un space opera des technologies émergentes, dont on peut raisonnablement estimer qu'elles sont appelées à se développer et à se banaliser (exemple : les multiples applications des nanotechnologies couramment utilisées par les personnages du roman L'Aube de la nuit).

Quelques univers de space opera[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Cinéma et séries télévisées[modifier | modifier le code]

Dessins animés et séries animées[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Parodies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'OQLF propose cette traduction, fiche qui date de 1996 [1]
  2. (en) SF Citations for OED, "Space opera"
  3. (en) How Shit Became Shinola: Definition and Redefinition of Space Opera
  4. (en) Junk Yard Universes. Voir aussi Paul J. McAuley, "Junkyard Universes," Locus, August 2003

Liens externes[modifier | modifier le code]