Geronimo

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Geronimo ou Go Khla Yeh

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Geronimo photographié par Edward Sheriff Curtis en 1905

Nom de naissance Appelé à sa naissance Go Khla Yeh (« celui qui bâille »)
Alias
Geronimo, Guu ji ya (« l'astucieux »)
Naissance 16 juin 1829
Rivière Gila, Mexique
Décès 17 février 1909 (à 79 ans)
Fort Sill, Oklahoma, États-Unis
Nationalité apache
Activité principale

Geronimo[1], né le 16 juin 1829 dans la tribu apache Bedonkohe près de la rivière Gila (Arizona, alors sous domination mexicaine) et mort le 17 février 1909 à Fort Sill (Oklahoma, États-Unis), appelé à sa naissance Go Khla Yeh (« celui qui bâille »), parfois écrit Goyathlay, est l’un des protagonistes des guerres apaches ayant combattu le Mexique et les États-Unis pour les droits des amérindiens.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Arizona dans la tribu des Apaches Bedonkohe à Nodoyohn Canyon, au Mexique (actuellement Clifton, Nouveau-Mexique) près de la rivière Gila. Fils de Taa Di Tlish Hn et de Gha Den Dini (« celle qui est traversée par la lumière »), il n'a jamais été chef, mais en tant qu'homme-médecine (chaman) et guerrier reconnu et respecté, il eut une grande influence sur les Apaches Chiricahuas. Après la mort de Tazha, le fils aîné de Cochise, Naiche, le second fils du vieux chef doit partager le contrôle de la tribu avec lui. Par ailleurs, son beau-frère Juh était un leader de la tribu des Apaches Nednis. Geronimo est appelé également Guu Ji Ya (« l'astucieux »).

Lutte contre l'Amérique[modifier | modifier le code]

L'épouse et le fils de Geronimo

Géronimo est admis au conseil de guerre des Apaches Chiricahuas en 1846. En 1858, après le meurtre de sa mère, de sa femme et de ses trois enfants par l’armée mexicaine près d’un village appelé Kas-ki-yeh par les Apaches, il commence des raids de représailles en territoire mexicain. On dit que Geronimo a fait un rêve la veille du jour où les hommes blancs sont arrivés, il aurait rêvé que des hommes de couleur blanche venaient sur leurs terres pour les exterminer. Il venge sa famille le 30 septembre 1859, jour de la saint-Jérôme. Les cris des Mexicains invoquant saint Jérôme pour leur défense (« Géronimo ! Géronimo ! ») l'inspirent et il prend alors ce nom. Plus tard, lors d'une autre attaque surprise, les Mexicains tuent sa nouvelle épouse et son fils.

En octobre 1862, il participe avec les chefs Cochise et Mangas Coloradas à la bataille d'Apache Pass. En janvier 1863, Mangas Coloradas — malgré l'opposition de Géronimo — se rend au Fort McLane, dans la petite ville d'Apache Tejo, pour y signer un traité de paix.

Lutte contre les États-Unis[modifier | modifier le code]

En 1871, après près de dix ans de guerre contre les États-Unis, les Apaches Chiricahuas, alors dirigés par Cochise, négocient un accord de paix sur les conseils de Tom Jeffords. Ils obtiennent la création d’une réserve sur leurs terres.

Mais en 1876, la réserve Chiricahua est fermée par les autorités américaines. La plupart des Indiens sont déportés vers la réserve de San Carlos, aride et désertique mais Géronimo, Naiche et Juh réussissent à s’enfuir. Géronimo est arrêté l’année suivante au Nouveau-Mexique par l’agent indien John P. Clum et transféré à San Carlos. Libéré, il s’enfuit de la réserve quelques mois plus tard. Il gagne le Mexique où il vit de pillages, avant de regagner San Carlos en 1879.

En septembre 1881, peu après la mort de Nochedelklinne, un leader spirituel apache tué par les soldats, Naiche, Géronimo et Juh s’enfuient à nouveau de leur réserve. Ils lancent de violentes attaques contre les colons blancs avant de s’évanouir dans les montagnes mexicaines. En novembre 1882, ils y abattent les 22 soldats mexicains du capitaine Juan Mata Ortiz.

Les raids des Apaches débordent du côté États-Unis (en Arizona et Nouveau-Mexique) : en mars 1883, 26 colons américains sont tués. Le général George Crook est chargé de protéger la population blanche et entreprend de traquer les Apaches hostiles dans leurs repaires mexicains. Un camp découvert par les éclaireurs apaches de Crook est attaqué en mai 1883. Les leaders apaches acceptent alors le principe d’une reddition. En 1884, Geronimo s’établit de nouveau dans la réserve de San Carlos.

Geronimo, en compagnie de Naiche et plusieurs membres de la tribu, s'échappe encore plusieurs fois, vivant de pillages, avant de se rendre. L'arrestation brutale du guerrier Ka-ya-ten-nae le pousse à s'enfuir une nouvelle fois le 17 mai 1885 avec 109 femmes et enfants, et 35 hommes.

Depuis le Mexique, ses hommes lancent plusieurs raids meurtriers en Arizona et au Nouveau Mexique. Il est de nouveau retrouvé au Mexique par des éclaireurs apaches en mars 1886. Pendant une conférence avec le général Crook, il accepte de regagner la réserve avec les soldats américains. Il se ravise plus tard et s’échappe dans les montagnes avec Naiche, une quinzaine de guerriers et quelques femmes et enfants.

Geronimo (droite) et ses guerriers en 1886.

Crook ayant démissionné, c’est le général Nelson Miles qui est chargé de le poursuivre avec 5000 hommes et des milliers de volontaires. 3 000 soldats mexicains sont aussi mobilisés contre les Apaches au sud de la frontière. En marge de la poursuite de Geronimo, le général Miles fait déporter en Floride les Chiricahuas vivant en paix dans la réserve de San Carlos. Pendant plus de 5 mois, Geronimo et ses partisans réussissent à passer entre les mailles du filet, utilisant la surprise, la mobilité et les connaissances des Apaches des modes de survie dans des conditions extrêmes. La capacité à disparaître de Geronimo était attribuée selon son peuple à des pouvoirs de prémonitions qui l'avertissait de la présence de l'ennemi, pouvoirs liés à son statut de chaman[2]. Épuisé, fatigué de se battre, il finit par se rendre le 4 septembre 1886 avec 16 guerriers, 12 femmes et 6 enfants. « C’est la quatrième fois que je me rends » dit-il.

Geronimo (1887)

Les campagnes de guérilla de Geronimo restent un parfait exemple du genre. Ses excellentes connaissances géographiques et ses facultés à exploiter des ressources humaines limitées et des terrains difficiles ont fait de lui un stratège et un tacticien de premier ordre.

1886, Bande de prisonniers Apache à l'arrêt Southern Pacific Railway près du rio Nueces. (Geronimo est le troisième depuis la droite à l'avant)

Sa reddition fit l'objet d'une polémique au sein de l'armée américaine, car le général Howard, chef de l'armée américaine de la zone Pacifique avait rendu compte à son chef d'état major à l'attention du Congrès et du président des États-Unis d'une reddition d'un dangereux hors-la-loi obtenue sans condition alors que des témoins (notamment le général Stanley) ont rapporté que Geronimo s'est constitué prisonnier de guerre moyennant la prise en charge humanitaire, sociale et éducative des communautés apaches par l'État fédéral[3].

Sur ordre spécial du président Grover Cleveland, il est placé sous surveillance militaire étroite à Fort Pickens en Floride avec 14 de ses braves. Le climat humide de la Floride s’avère malsain pour les Apaches habitués à celui du désert et plusieurs d'entre eux décèdent. Les survivants sont ramenés à Fort Sill, en Oklahoma, en 1887. Geronimo se convertit alors au christianisme et devient fermier. Il regrette cependant jusqu'à la fin de ses jours de s'être rendu. Il vend des souvenirs à l'Exposition universelle de 1904 participant de ce fait aux Jeux Olympiques de Saint-Louis et participe à la parade d'inauguration de Theodore Roosevelt en 1905.

Mort et héritage posthume[modifier | modifier le code]

Il dicte l’histoire de sa vie en 1906 avant de mourir d'une pneumonie à Fort Sill, en Oklahoma, le 17 février 1909. Son dernier vœu est d'être enterré sur les terres de la rivière Gila.

Sa tombe au cimetière du camp militaire Fort Sill aurait été profanée vers 1918 par la société secrète Skull and Bones de l'université Yale. Cette société conserverait encore le crâne, deux os, une bride et des étriers de Geronimo dans ses locaux de New Haven. On compterait au nombre des profanateurs Prescott Bush, père de l'ex-président George H. Bush et grand-père de l'ex-président George W. Bush[4]. Cet épisode est considéré comme une légende par plusieurs chercheurs tandis que l'historien David H. Miller estime que si les membres de la société ont bien profané une tombe, il y a peu de chance que ce soit celle de Geronimo qui ne comportait pas d'indication à l'époque[5].

En 2009, année du centenaire de sa disparition, l'arrière-petit-fils de Geronimo entreprend une action contre le gouvernement américain pour rassembler les restes de son aïeul et ramener sa dépouille auprès de son lieu de naissance au Nouveau-Mexique[4] et faire ainsi respecter ses dernières volontés[2].

En 2010, le nom « Geronimo » a été pris comme nom de code par les États-Unis pour désigner Oussama Ben Laden. L'annonce a été faite juste après l'opération militaire héliportée qui a entraîné sa mort à Abbottabad, au Pakistan, le 2 mai 2011. Le message Geronimo-EKIA, contraction de Geronimo, Enemy Killed in Action (« Geronimo, ennemi tué au combat ») a servi au commando des Navy Seals[6] pour aviser la Maison-Blanche du succès de l'opération. Ce nom d'emprunt a suscité la colère des communautés indiennes américaines[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Undead or Alive (2007) - Réalisation: Glasgow Philipps - Lew Alexander (Geronimo)
  • Geronimo (1993) - Réalisation : Walter Hill - Wes Studi (Geronimo)
  • Hot Shots! 2 (1993) - Réalisation: Jim Abraham - Stuart Proud Egal Grant (Geronimo)
  • Mister Horn (TV-1979) - Réalisation Jack Starett.
  • Geronimo (1962) - Réalisation: Arnold Levin - Chuck Connors (Geronimo)
  • L’Homme de San Carlos (1956) - Réalisation: Jess Hill - Jay Silverheels (Geronimo)
  • Bronco Apache (1954) - Réalisation: Robert Aldrich - Monte Blues (Geronimo)
  • Taza, fils de Cochise (1954) - Réalisation de Douglas Sirk - Ian Mac Donald (Geronimo)
  • Son of Geronimo, Apache Advenger (1952) - Réalisation: Spencer Gordon Bennet - Chef Yowlachie (Geronimo)
  • Au mépris des lois (1952) - Réalisation: George Sherman - Jay Silverheels (Geronimo)
  • Les Derniers Jours de la nation Apache (1952) – Réalisation: Ray Nazarro - Miguel Inclan (Geronimo)
  • Le Dernier Bastion (1951) - Réalisation: Lewis Foster - Iron Eyes Cody (Geronimo)
  • I Kill Geronimo (1950) - Réalisation: John Hoffman - Chief Sundercloud (Geronimo)
  • La Flèche brisée (1950) - Réalisation : Delmer Daves - Jay Silverheels (Geronimo)
  • Train for Alcatraz (1948) - Réalisation: Philip Ford - Iron Eyes Cody (Geronimo)
  • La Vallée du Soleil (1942) - Réalisation George Marshall - Tom Tyler (Geronimo)
  • Geronimo le Peau rouge (1939) - Réalisation: Paul Sloane - Chief Sundercloud (Geronimo)
  • La Chevauchée fantastique (1938) - Réalisation: John Ford – Chef White Horse (Geronimo)
  • Hawk of the Winderness (1938) - Réalisation: William Witney – Tony Urchel (Geronimo)
  • Geronimo last raid (1912) - Réalisation: Gilbert P. Hamilton - Rôle de Geronimo non crédité au générique

Note et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jérôme » en espagnol.
  2. a et b Sur les pas de Geronimo, Harlyn Geronimo & Corine Sombrun, collection Terre indienne, Éditions Albin Michel (2008).
  3. Mémoires de Geronimo, S.M. Barrett & Geronimo, collection La Découverte/Poche, La Découverte (2003) — cf. audition du général Stanley p. 157.
  4. a et b « Le combat d'un descendant de Geronimo contre Yale », Le Figaro, 20 février 2009.
  5. (en)« Whose Skull and Bones? »,Yale Alumni Magazine, mai/juin 2006.
  6. « Les Navy Seals, les forces spéciales qui ont tué Ben Laden », Libération, 3 mai 2011.
  7. « Ben Laden : le nom de code « Geronimo » offense les Indiens d'Amérique », Le Monde, 4 mai 2011.
  8. Propos recueillis et préfacés par Stephen Melvil Barrett (1905-1906) grâce à la traduction d'Asa Daklugie, New York, Duffield & Company, 1906 et rééditée par E. P. Dutton & Co, New York, 1970.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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