Assaut (film)

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Assaut

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Titre original Assault on Precinct 13
Réalisation John Carpenter
Scénario John Carpenter
Acteurs principaux
Sociétés de production The CKK Corporation
Overseas FilmGroup
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Action
Sortie 1976
Durée 91 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Assaut (Assault on Precinct 13) est un film américain écrit et réalisé par John Carpenter, sorti en salles le 5 novembre 1976 aux États-Unis et le 5 juillet 1978 en France.

Film indépendant, Assaut est le second long-métrage du réalisateur, inspiré notamment de Rio Bravo pour son scénario. Il fut tourné en vingt jours avec un budget de 100 000 $ avec des acteurs expérimentés mais inconnus du grand public. Lors de sa sortie aux États-Unis, Assaut a rencontré un accueil critique mitigé et fut un échec commercial. Par contre, lors de la première du film au Festival du film de Londres en 1977, Assaut a fait l'objet de critiques extatiques, ce qui a conduit à un succès critique et populaire en Europe[1],[2]. Par la suite, il a obtenu le statut de film culte et fut réévaluée comme étant l'un des meilleurs films d'action de son époque et de la carrière de Carpenter.

En 2005, Assaut a fait l'objet d'un remake, Assaut sur le central 13.

Résumé[modifier | modifier le code]

Dans le quartier difficile d'Anderson, situé dans Los Angeles, le gang Street Thunder vient de dérober un stock d'armes à feu – pistolets et fusils – et quelques membres ont été tués après sommation par la police durant une embuscade dans la nuit. En début d'après-midi, les chefs du gang font un pacte de sang, jurant de s'en prendre à la population et à la police. Au même moment, le lieutenant de police Ethan Bishop est chargé par son supérieur de se rendre au Central 13, commissariat de police situé dans Anderson, qui est sur le point d'être désaffecté et transféré dans un autre district. Les lieux sont occupés par un personnel réduit : Leigh, la secrétaire, Julie, la standardiste, et un autre policier, le sergent Chaney.

La journée s'annonce des plus tranquilles pour Bishop lorsqu'un car transportant des prisonniers, et parmi eux le célèbre Napoléon Wilson, rejoint le commissariat pour soigner un détenu malade. L'officier de police Starker, chargé de convoyer les détenus, lui demande l'hospitalité le temps d'appeler un médecin pour l'un des prisonniers. Bien qu'essayant en vain de le contraindre à se rendre dans un autre commissariat, Bishop accepte et place les criminels dans les cellules vides. La nuit tombée, un homme, Lawson, entre alors affolé au Central 13 : il est poursuivi par le gang dont il a tué un membre pour venger sa petite fille sauvagement assassinée alors qu'elle allait acheter une glace à un marchand ambulant, lui aussi abattu de sang-froid.

Peu après son arrivée, le commissariat se retrouve privé de téléphone et d'électricité. Starker décide de repartir avec les détenus dans le bus, mais à l'extérieur, ils sont accueillis par une pluie de balles tirées par les membres de Street Thunder, qui tuent les gardes, Starker et le prisonnier malade, alors que devant l'entrée du Central 13, Chaney, sorti pour prévenir de la panne, est également abattu par le gang avec des armes équipées de silencieux. Wilson et Wells, un autre détenu, sont les seuls survivants et sont récupérés par Bishop, qui les replace directement dans les cellules. Mais très vite, le commissariat se retrouve assiégé par le gang, qui tire sur les fenêtres, détruisant le mobilier et tuant Julie sur le coup. Face à la supériorité numérique des assiégeants, Bishop demande à Leigh de faire sortir Wilson et Wells de leurs cellules, qui vont aider le policier et la secrétaire à repousser les assaillants qui tentent d'entrer par les fenêtres, en les tuant avec les seules armes disponibles : deux fusils et deux revolvers.

Alors que les munitions viennent à manquer, le groupe de survivants essaie une autre option pour avertir la police : Wells est chargé de tenter une sortie à l'extérieur en se faufilant dans les canalisations d'égout, mais à peine sorti, il est tué par le gang, qui efface toutes traces de la fusillade, afin d'éviter d'attirer l'attention. Bishop espère que les coups de feu ont été entendus, mais le quartier est trop peu peuplé à proximité du commissariat pour que les bruits de tir soient repérés.

Le gang se rassemble en masse pour un troisième assaut. Bishop et Wilson prennent avec eux Leigh et le père de la fillette, encore catatonique, les emmenant dans un coin étroit afin de les protéger le temps qu'ils peuvent. Le policier accroche une bonbonne d'acétylène et des fusées au magnésium sur un poteau devant l'entrée à quelques mètres de l'endroit où se trouve le reste du groupe. Au même moment, une patrouille de police, faisant une ronde dans le quartier désert, découvre le corps d'un employé des lignes téléphoniques et prévient leurs collègues.

Ayant réussi à entrer dans les lieux, le Street Thunder parvient à retrouver le petit groupe, qui essaie de les repousser, mais Bishop, éloigné du reste des survivants, parvient à tirer avec le fusil à lunette sur la bonbonne et les fusées, tuant une partie des criminels. Peu après, une poignée de voitures de polices alertées débarquent à temps devant l'ancien commissariat. Les forces de l'ordre sécurisent l'immeuble et trouvent les seuls rescapés - Bishop, Wilson, Leigh et Lawson. Bishop demande à Wilson de sortir avec lui, plutôt que d'être menotté, ce qu'il accepte.

La scène finale montre les deux hommes qui, malgré des parcours opposés, ont réussi à s'entendre et sortent ensemble du Central 13.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis États-Unis : 5 novembre 1976
Drapeau de la France France : 5 juillet 1978

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Genèse et écriture[modifier | modifier le code]

Après que Dark Star n'a pas garanti à Carpenter une carrière de réalisateur, un investisseur de Philadelphie, la CKK Corporation, a parié sur lui et mis de l'argent pour un nouveau film d'exploitation, lui donnant libre cours à faire toute sorte de film qu'il désirait. Carpenter espérait faire un western du style El Dorado et El Lobo. Mais le budget de 100 000 dollars l'interdisait, il refaçonne le scénario de base de Rio Bravo pour en faire transposition moderne du film d'Howard Hawks[4].

Ce film fait partie des modèles de John Carpenter. On retrouve ainsi l'idée de nombreux assiégeants contre une poignée d'assiégés décidés à survivre. Clin d'œil supplémentaire : le pseudonyme utilisé par Carpenter au montage (John T. Chance) est le nom du personnage interprété par John Wayne dans Rio Bravo[8].

Comme avec la plupart des antagonistes de Carpenter, le gang dépeint comme une force qui possède origines mystérieuses et les qualités presque surnaturelles. Les membres de gangs ne sont pas humanisés et sont donc représentés comme s'ils étaient des zombies ou des goules car aucun d'entre eux n'a de dialogue, et Carpenter a reconnu l'influence de La Nuit des morts-vivants, de George A. Romero, pour la représentation du gang dans le film[3].

Carpenter a épicé le scénario avec une série de gags. Par exemple, le personnage de Leigh est une référence au personnage de Leigh Brackett dans Rio Bravo[9]. Le jour et l'heure affichés dans le film furent utilisés pour avoir la sensation qu'il se rapproche d'un documentaire[10].

Le gag récurrent, celle où Wilson demande constamment « Gotta' smoke » (« Vous auriez pas un' clope » dans la version française), qui a été inspiré des gags de cigarettes dans les westerns d'Howard Hawks[10].

Casting[modifier | modifier le code]

Carpenter a réuni principalement pour le casting des acteurs expérimentés, mais relativement inconnus. Les deux personnages principaux masculins sont confiés à Austin Stoker, qui est apparu dans La Bataille de la planète des singes et Sheba, Baby (en) et Darwin Joston, qui a travaillé principalement pour la télévision et qui était également le voisin de Carpenter à Hollywood Hills[3].

Pour les seconds rôles, Carpenter prend les acteurs Charles Cyphers et Nancy Kyes, qui travailleront à plusieurs reprises avec le réalisateur.

Tournage[modifier | modifier le code]

Travaillant dans les limites d'un faible budget, Assaut fut tourné en seulement vingt jours, en 1975[3], avec une Panavision 35mm avec un format d'image 2.35:1[11]. Les scènes à l'intérieur du commissariat de police furent tournés au Producers Studios[12], tandis que les plans extérieurs furent tournés au poste de police de Venice. Selon Carpenter, Laurie Zimmer, qui incarnait Leigh, se « détestait » après avoir la vision de sa performance dans les quotidiens, alors qu'il pensait qu'elle a fait « un excellent travail »[3],[13].

La première scène, celle où des membres du gang sont abattus par la police, a été tourné à l'Université de Californie du Sud (USC), où les acteurs eux-mêmes membres de l'USC, avaient, selon le réalisateur, beaucoup de plaisir à trouver des façons de jouer leur mort en répandant du sang sur eux-mêmes[10].

Musique[modifier | modifier le code]

Assault on Precinct 13

Bande originale par John Carpenter
Sortie 2003
Enregistré 1976
Durée 24:36
Genre Musique électronique, musique de film, musique minimaliste
Label Record Makers

La bande originale est composée par John Carpenter lui-même. Il s'est inspiré de la musique de L'Inspecteur Harry de Lalo Schifrin et du titre Immigrant Song de Led Zeppelin.

Cette bande originale et principalement le thème Assault On Precinct 13 (Main Title) a inspiré de nombreux artistes par la suite, notamment dans la musique assistée par ordinateur. Ce thème a été samplé de nombreuses fois, pour les plus connus : le groupe trip hop Terranova dans le titre Bombing bastards, Bomb the Bass dans Megablast et encore Punk avec The Exploited dans Don't Blame Me. Afrika Bambaataa a également réalisé une version electro-funk de ce morceau, sur l'album Beware (The Funk Is Everywhere) sorti en 1986.

Réception[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Assaut a connu quelques problèmes avec la censure notamment due à une séquence : la MPAA a menacé de lui attribuer le classement X si la scène où une fillette est assassinée délibérément par un membre du gang devant le camion de crème glacé n'était pas coupée. Suivant les conseils de son producteur, John Carpenter a coupé la scène dans la copie donnée à la MPAA afin d'être classé R (interdit aux moins de 17 ans), mais le film est distribuée avec la scène gardée intacte [3],[14],[13]

Le film a également connu les affres de la censure en France avec deux scènes supprimées du montage original: la première, au début du film, dans laquelle le gang fait un pacte de sang autour d'une caisse d'armes et la seconde, celle où la fille est atteinte par la balle[15].

Accueil critique et commercial[modifier | modifier le code]

À l'époque, Assaut a rencontré sur le territoire américain des critiques mitigés et passa inaperçu lors de sa sortie en salles tandis qu'au Royaume-Uni, le film a obtenu un énorme succès en grande partie parce que le public britannique a compris et apprécié les similitudes du film avec les westerns américains alors que le public américain était trop familier avec le genre pour l'apprécier[13] et a acquis un succès critique et public en Europe (en Italie, les recettes s'élèvent à 41 000 000 lires[16]). En France, sorti deux ans après les États-Unis, le film totalisa 133 566 entrées.

Aux États-Unis, il a fallu des années pour qu'Assaut connaisse un bon accueil, obtenant un pourcentage de 97 % sur le site Rotten Tomatoes[17] et est considéré par Premiere comme l'un des films d'action les plus sous-estimés des années 1970 dans sa liste des 50 classiques méconnues de juillet 1999[18].

L'acteur Donald Pleasence, ayant tourné à plusieurs reprises avec Carpenter, dont il deviendra l'ami, a avoué au réalisateur que la principale raison pour laquelle il accepté le rôle du docteur Loomis dans La Nuit des masques, c'est que sa fille Angela a aimé Assaut[13]. Le réalisateur Edgar Wright et l'acteur Simon Pegg sont des grands fans d'Assaut, le considérant qu'il est en quelque sorte un film d'action dans un sens, car il a été la pré-évolution de ce genre[19].

Le public lui a également attribué des notes favorables, obtenant une note moyenne de 7,4/10 sur le site Internet Movie Database, basé sur plus de 14 900 votes[20], dont 187 commentaires[21] et une note moyenne de 3,6/5 dans la catégorie Critiques spectateurs sur le site Allociné, basé sur 628 notes dont 83 critiques[22]

Remake[modifier | modifier le code]

Ce film a lui-même fait l'objet d'un remake sorti en 2005 sous le nom Assaut sur le central 13 (Assault on Precinct 13) avec Ethan Hawke et Laurence Fishburne dont la réalisation est signée du Français Jean-François Richet. Par ailleurs, il existe aussi un hommage français à ce film, Nid de guêpes, réalisé en 2002 par Florent Emilio Siri.

Vidéo[modifier | modifier le code]

Assaut fut édité en DVD en France dès novembre 2002 en version simple[23] et en édition collector[24], reprenant la version censurée dans une copie à l'image qui n'est pas exempt de défauts[15], mais devra attendre le 10 février 2012 pour être réédité en DVD dans sa version intégrale avec un traitement vidéo plus acceptable[25], par l'éditeur Metropolitan Film & Vidéo[26].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le R signifie que les mineurs (17 ans ou moins) doivent être accompagnés pour pouvoir assister à la projection du film.
  2. À l'origine, Assaut a été interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie initiale dans une version tronquée, avant d'être réévaluée en une classification en interdit aux moins de 12 ans (source IMDb).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Kaufman, Joseph (2003). Production Gallery [DVD]. Image Entertainment.
  2. Wlaschin, Ken (December 1977). "Assault on Precinct 13". 21st London Film Festival [Brochure]. p. 58.
  3. a, b, c, d, e et f Q & A session with John Carpenter and Austin Stoker at American Cinematheque's 2002 John Carpenter retrospective, in the 2003 special edition Region 1 DVD of Assault on Precinct 13.
  4. a et b Muir, p. 10
  5. (fr) Box-office Story
  6. Dates de sortie - Internet Movie Database
  7. « Fiche CNC d'ASSAUT », sur CNC (consulté le 27 septembre 2014).
  8. Secrets de tournage - AlloCiné
  9. Muir, p. 11
  10. a, b et c Carpenter, John (writer/director). (2003). Audio Commentary on Assault on Precinct 13 by John Carpenter. [DVD]. Image Entertainment.
  11. (en) Spécifications techniques d'Assaut (1976) sur l’Internet Movie Database
  12. (en) Lieux de tournage d'Assaut sur l’Internet Movie Database
  13. a, b, c et d (en) Secrets de tournage d'Assaut sur l’Internet Movie Database
  14. http://tortillafilms.tortillapolis.org/assaut.html
  15. a et b (fr) « Assaut, de John Carpenter », sur DevilDead.com (consulté le 17 juillet 2011).
  16. (en) Assaut (film) sur l’Internet Movie Database
  17. (en) Rotten Tomatoes
  18. "Premiere - 100 Most Daring Movies & 50 Unsung Classics". Combustible Celluloid. (Reprinted from October 1998 & July 1999 issues of Premiere). Retrieved 2010-10-13.
  19. Pegg, Simon & Wright, Edgar (hosts). (2007). The Classic Cult Film Festival: Assault On Precinct 13
  20. (en) Votes des utilisateurs sur l’Internet Movie Database
  21. (en) Commentaires du film sur l’Internet Movie Database
  22. (fr) « Critique public », sur Allociné (consulté le 17 juillet 2011).
  23. http://www.dvdfr.com/dvd/f10776-assaut.html
  24. http://www.dvdfr.com/dvd/f10775-assaut.html
  25. http://www.ecranlarge.com/dvd_review-list-13444.php
  26. « Assaut - DVD », sur www.dvdfr.com (consulté le 2 mai 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]