John Carpenter

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John Carpenter

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John Carpenter en 2010

Nom de naissance John Howard Carpenter
Naissance 16 janvier 1948 (66 ans)
Carthage, État de New York, É-U
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession Réalisateur
Producteur
Scénariste
Compositeur
Monteur
Acteur
Films notables Assaut
Halloween
Fog
New York 1997
The Thing
Christine
Invasion Los Angeles
L'Antre de la folie

John Carpenter est un réalisateur, scénariste, monteur, compositeur et producteur américain né le 16 janvier 1948 à Carthage dans l'état de New York.

Fort d’une carrière cinématographique s’étalant sur près de quarante ans, Carpenter a réalisé nombre de films d’horreur et de science-fiction qui ont acquis, au fil des ans, une renommée internationale. Réalisateur indépendant, il met en scène son premier long-métrage, Dark Star, en 1974, alors qu’il n’a que 25 ans. Il signe deux ans plus tard un film d’action, Assaut, avant de se tourner vers un autre registre avec Halloween, la nuit des masques : l’horreur. Un genre qui deviendra vite son genre de prédilection. Sorti en 1978, Halloween rencontre un formidable succès, aussi bien critique que commercial. Dès lors, la carrière de Carpenter est lancée, et les productions se succèdent, Hollywood lui ouvrant par ailleurs ses portes grâce à son nouveau statut de « réalisateur rentable ».

Metteur en scène polyvalent, Carpenter a réalisé, écrit et composé la musique de la plupart de ses films. Au fil de sa carrière, il a progressivement imposé son style dans les registres de l’épouvante et de la science-fiction, au point d’être considéré comme le « Maître de l’Horreur ».

Aujourd’hui, nombre de ses films sont devenus des références du genre, notamment The Thing, Christine, Invasion Los Angeles ou encore L’Antre de la folie. Si tous n’ont pas reçu un accueil critique favorable au moment de leur sortie, un grand nombre sont désormais considérés comme des films culte, Carpenter étant lui-même reconnu comme l’un des metteurs en scène les plus talentueux et les plus influents de son époque.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

John Howard Carpenter naît à Carthage le 16 janvier 1948. Il est le fils de Milton Jean et de Howard Ralph Carpenter, un professeur de musique[1]. En 1953, lui et sa famille déménagent à Bowling Green, une petite ville du Kentucky. Dès son plus jeune âge, Carpenter nourrit l’espoir de devenir metteur en scène, notamment grâce à sa mère qui l’emmène régulièrement au cinéma[2]. Il désigne rapidement les films d’horreur, de science-fiction ainsi que les westerns comme ses genres favoris, en particulier Planète interdite, La Chose d'un autre monde et Rio Bravo[1]. Dans le même temps, son père l’initie à la musique en lui apprenant à jouer du violon et du piano. Cependant, c’est à la basse que Carpenter se montre le plus doué[2]. Durant l’adolescence, il s’adonne à sa véritable passion en filmant des courts métrages d'horreur en 8 mm avec la caméra que lui a offerte son père[2]. Au cours de cette période, passionné par les monstres et la science-fiction, Carpenter donne à ses courts métrages des noms évocateurs, tels que Gorgo vs. Godzilla, Sorcerer from Outer Space, Revenge of the Colossal Beasts, Terror from Space et Warrior and the Demon[2],[3].

Après le lycée, Carpenter suit pendant deux ans des cours à la Western Kentucky University. En 1968, il intègre l’University of Southern California's School of Cinematic Arts (USC), l’une des écoles de cinéma les plus réputées aux États-Unis[4]. Carpenter y apprend de nombreuses techniques relatives à la réalisation, l’écriture de scénario, le montage et la composition de bande sonore[5]. L’USC lui offre également l’opportunité de rencontrer quelques-uns des plus grands réalisateurs de l’époque, comme Orson Welles, Howard Hawks, John Ford et Alfred Hitchcock[6]. En 1971, il quitte l’école, diplômé.

Carrière[modifier | modifier le code]

Premiers travaux[modifier | modifier le code]

Alors qu'il est encore à l'USC, John Carpenter participe en tant que coscénariste, monteur et compositeur, au court-métrage réalisé par James Rokos et produit par John Longenecker, The Resurrection of Broncho Billy, qui remporte l’Oscar du meilleur court-métrage de fiction en 1970. Filmé en 35 mm, le film est vendu par John Longenecker aux studios Universal, qui le diffusera en salles en avant-programme pendant deux ans aux États-Unis et au Canada[7].

Le premier long-métrage de John Carpenter, Dark Star, sort quelques années plus tard, en 1974. Il s'agit en fait de son film de fin d'études, initialement nommé Electric Dutchman[8]. Le projet voit le jour au sein de l'USC ; au départ, il consiste en un court-métrage de 37 minutes, tourné avec un budget de 6 000 dollars US. Mais à sa sortie de l’école, Carpenter est approché par le producteur Jack H. Harris, qui lui propose de tourner de nouvelles scènes afin « d’étoffer » son court-métrage et d’en faire un film. Après l'obtention d'une rallonge de 60 000 dollars US, les nouvelles prises sont effectuées et Dark Star devient un long-métrage à part entière[7]. Carpenter en compose la bande originale (ce sera le cas pour quasiment tous les films qu'il réalisera) et coécrit le scénario avec son camarade de l’USC Dan O'Bannon (qui plus tard coécrira le scénario de Alien, le huitième passager). Le film suit les péripéties des membres d’équipage du Dark Star, un vaisseau spatial chargé de détruire les planètes jugées instables. Mêlant humour potache et science-fiction, il parodie notamment 2001 : l’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, ainsi que d’autres films appartenant au genre Space Opera[9].

Malgré une diffusion en salles limitée à cause de son petit budget (Dark Star sort aux États-Unis en avril, mais il faudra attendre 1979 pour qu’il soit diffusé en RFA, et 1980 pour qu’il le soit en France[10]), le premier film de Carpenter est un succès critique puisqu’il remporte en 1976 le Saturn Award des meilleurs effets spéciaux, et est nommé au Prix Hugo du meilleur film et au Prix Nebula du meilleur scénario, tous deux dans la catégorie dramatique[11].

En dépit de cet accueil favorable, Carpenter doit par la suite se contenter d’écrire des scénarios, aucune offre de réalisation ne lui étant faite. Il parvient à en vendre plusieurs, dont certains à des noms prestigieux comme Columbia Pictures ou Batjac Productions, la société de production de John Wayne[2]. La plupart d’entre eux feront l’objet d’une adaptation sur le grand ou le petit écran. Le script intitulé Eyes, par exemple, donnera naissance quelques années après au film Les Yeux de Laura Mars, d’Irvin Kershner[2].

En 1976, deux ans après la sortie de Dark Star, Carpenter est sollicité par un groupe d’investisseurs qui lui donnent « carte blanche » pour mettre en scène le film qu’il souhaite, dans les limites d’un budget réduit[12]. Désireux de tourner un western, l’idée vient au cinéaste de réaliser une adaptation moderne de Rio Bravo, de Howard Hawks. C’est d’ailleurs précisément en ces termes qu’il décrira son film dans une interview parue une vingtaine d’années plus tard, dans le magazine Première[13].

John Carpenter s’est beaucoup inspiré de Rio Bravo pour réaliser son second long-métrage.

Ainsi naît Assaut, le premier « vrai » film de Carpenter. En plus du poste de réalisateur, il occupe celui de scénariste, de compositeur et de monteur, ce dernier sous le pseudonyme de « John T. Chance » (le nom du personnage incarné par John Wayne dans Rio Bravo). Le film marque aussi la première collaboration entre John Carpenter et Debra Hill, ici au poste d'assistant rédacteur[14].

Tourné en vingt jours avec un budget de 100 000 dollars[15], Assaut est confronté à des problèmes de censure lors de sa distribution, la Motion Picture Association of America menaçant de lui attribuer la mention « classement X » (exclusivement réservé à un public adulte) si la scène montrant une fillette assassinée de sang-froid n’est pas supprimée[15]. Se pliant à la volonté de la MPAA sur les conseils de son producteur, Carpenter coupe la scène sur la copie qu’il confie à l’association. Malgré tout, le film est finalement distribué avec le montage original, incluant donc la fameuse scène[15].

En dépit d’une diffusion une nouvelle fois limitée et de ces écueils avec la censure, Assaut est très bien accueilli en Europe, et notamment en Grande-Bretagne où les spectateurs apprécient ses points communs avec les westerns américains[12]. Aux États-Unis, en revanche, le public se montre moins réceptif, notamment car ce dernier est trop familier avec le genre pour réellement l’apprécier[12]. En France, le film rassemble 133 566 spectateurs[16].

Deux ans plus tard, alors que sort en salles Les Yeux de Laura Mars, Carpenter tourne pour la première fois pour la télévision avec Meurtre au 43e étage, un téléfilm dont il écrit également le scénario et qui est un hommage direct à Alfred Hitchcock, et plus particulièrement à Fenêtre sur cour[17]. Durant le tournage, le cinéaste rencontre sa future première épouse, l'actrice Adrienne Barbeau. Initialement prévu pour une sortie sur grand écran, le script est finalement destiné à la télévision sur décision du studio Warner Bros., le premier grand studio hollywoodien avec lequel collabore Carpenter[18].

Halloween, succès commercial et critique[modifier | modifier le code]

Halloween, un succès mondial qui a lancé la carrière de Carpenter.

Quelque temps avant la réalisation du téléfilm, John Carpenter et Debra Hill se rendent ensemble au Festival du film de Londres pour assister à la projection de Assaut, évènement au cours duquel ils rencontrent les producteurs Moustapha Akkad et Irwin Yablans (en). Le second sollicite Carpenter pour réaliser un film d’horreur mettant un scène un psychopathe persécutant des gardiennes d’enfant. Enthousiasmé par le synopsis, le cinéaste accepte le projet, puis il entame l’écriture d’un scénario intitulé The Babysitter Murders avec Debra Hill[19]. Plus tard, Carpenter déclarera avoir été inspiré par le film Psychose d'Alfred Hitchcock :

« Je voulais faire depuis longtemps un film effrayant et c'est Psychose qui m'a donné envie de faire Halloween. J'ai simplement ajouté au film d'Hitchcock une dimension surnaturelle en faisant du tueur masqué une incarnation du Mal. »[7]

Tandis que Akkad avance la somme de 325 000 dollars pour la production du film, Carpenter rebaptise ce dernier Halloween après une suggestion de Yablans, lequel souhaitait que l’action se déroule la nuit du 31 octobre[19]. Cette fois, si le cinéaste fait appel à une actrice encore inconnue pour interpréter le rôle principal, Jamie Lee Curtis[n 1], il compte pour la première fois dans ses rangs un acteur de renommée : Donald Pleasance, notamment connu pour ses rôles dans La Grande évasion et On ne vit que deux fois.

Réalisé, comme Assaut, en une vingtaine de jours, le troisième long-métrage de Carpenter sort aux États-Unis en octobre 1978, dans le cadre du Festival international du film de Chicago[20]. Si, au départ, la presse américaine ne semble pas convaincue, Halloween obtient d’excellents résultats au box-office, engrangeant pas moins de 47 millions de dollars aux États-Unis[21], et entre 60[22] et 70 millions[23] à l’international, selon les estimations. Petit à petit, les critiques commencent également à lui témoigner de l’intérêt[19], Halloween devenant par ailleurs le film indépendant le plus rentable jamais réalisé[24].

En France, John Carpenter obtient en 1979 le prix de la critique au Festival d’Avoriaz, alors que le film remporte la Licorne d’or au Festival international de Paris. Il est également nommé au Saturn Award du meilleur film d'horreur.

Le thème musical principal d’Halloween est certainement le plus célèbre composé par Carpenter. Il est basé sur une rythmique 5/4 (cinq temps dans une mesure) que le père du cinéaste lui avait apprise au piano quand il était enfant[7]. Il l'a rejouée en y ajoutant différents effets sonores.

Sitôt le film sorti en salles, le cinéaste enchaîne avec le tournage d’un film biographique consacré à Elvis Presley, Le Roman d'Elvis, sur un scénario d'Anthony Lawrence. C'est à ce moment qu'il rencontre Kurt Russell, qui joue ici le rôle du King : c'est le début d'une longue amitié et d'une fructueuse collaboration. Lors de sa première diffusion en 1979, l'audience du téléfilm est telle qu'elle dépasse celle du film Autant en emporte le vent, diffusé à la même heure sur une chaîne concurrente[7]. Le Roman d'Elvis se voit par ailleurs nommer pour trois Emmy Awards et un Golden Globe, ce dernier dans la catégorie meilleur film pour la télévision[25]. Le téléfilm bénéficiera d'une exploitation en salles en Europe, mais avec une durée ramenée à une centaine de minutes au lieu des trois heures du téléfilm d'origine.

Les années 1980 : la « période Carpenter »[modifier | modifier le code]

Des films à petit budget aux productions hollywoodiennes[modifier | modifier le code]

Peu après la sortie d’Halloween, John Carpenter trouve un accord avec la maison de production AVCO Embassy Pictures, laquelle lui propose un contrat pour la réalisation de deux long-métrages. En ce qui concerne le premier, Carpenter décide de développer une idée inspirée par un film d'horreur anglais de 1958, The Crawling Eye, où une brume cache des monstres descendant d'une colline[7]. Mais le cinéaste oriente le scénario, qu'il coécrit avec Debra Hill, vers une histoire où le brouillard incarnerait une entité agissante et maléfique. Tous deux ont également été inspirés par une visite à Stonehenge, lors de laquelle un épais brouillard avait recouvert le site[26]. Fog s’avère être aussi un hommage aux bandes dessinées d'horreur de l’enfance de Carpenter, ainsi qu'à des auteurs de la littérature fantastique comme H. P. Lovecraft et Edgar Poe. Dès l’ouverture du film, le cinéaste fait d’ailleurs un clin d’œil à ce dernier avec cette citation, tirée de l’un de ses poèmes : « Tout ce que l’on voit ou donne l’impression d’être n’est-il qu’un rêve dans un rêve ? »[26].

John Carpenter retrouve une partie du casting avec lequel il avait collaboré dans Halloween, incluant Jamie Lee Curtis, Nancy Kyes et Charles Cyphers. Pour la deuxième fois également, le réalisateur dirige son ex-amie et désormais épouse Adrienne Barbeau, qui tient cette fois le rôle principal.

Fog sort sur les écrans au début de l’année 1980[27], au terme d’un tournage difficile (imputable, notamment, aux complications liées à l’emploi des effets spéciaux mettant en scène le brouillard[28]), et marqué par des problèmes de post-production. En effet, non satisfait du premier montage, Carpenter a retourné plusieurs scènes et refait en intégralité la bande sonore du film[29].

À sa sortie, certains critiques reprochent au film d'être trop traditionnel[30] ; Fog n’en connaît pas moins un important succès commercial puisqu’il rapporte 21 millions de dollars aux États-Unis[31], pour un budget de production estimé à 1 million de dollars[31]. Il obtient en outre deux nominations aux Saturn Awards de 1981 (dans les catégories meilleur film et meilleurs effets spéciaux), alors que Carpenter remporte pour la seconde fois le prix de la critique au Festival d’Avoriaz.

Kurt Russell, un acteur récurrent dans la filmographie de Carpenter.

L’année suivante, Carpenter profite du contrat le liant à Embassy Pictures pour adapter un scénario qu’il avait écrit en 1976, à propos d’un ancien détenu envoyé en mission de sauvetage sur une île de Manhattan transformée en gigantesque pénitencier. Le cinéaste raconte que, cette même année, aucun studio n’en avait voulu car le script était considéré comme étant « trop violent, trop effrayant, trop bizarre »[32], Debra Hill avouant elle-même qu’il était très différent de ce qu’ils avaient écrit ensemble jusque là[32].

Produit pour la somme de 6 millions de dollars[33], New York 1997 sort en salles en 1981. Il conquiert rapidement le statut de film culte, en particulier grâce au personnage de Snake Plissken incarné par Kurt Russell. Selon le réalisateur :

« Snake Plissken symbolise surtout la liberté totale sans entrave, sans la moindre contrainte sociale. […] Tout ce qu'il désire c'est vivre soixante secondes de plus. »[30]

Adrienne Barbeau fait une nouvelle fois partie de la distribution, tout comme Donald Pleasance, auxquels s'ajoutent Lee Van Cleef[n 2], Ernest Borgnine et Isaac Hayes. Pour la première fois de sa carrière, Carpenter collabore donc avec des acteurs expérimentés et connus du grand public, ce qui est notamment le cas de Van Cleef, lequel n’est autre que la « brute » dans le film de Sergio Leone, Le Bon, la Brute et le Truand.

New York 1997 est un succès critique et financier[34],[35]. Il rapporte 25 millions de dollars de recette aux États-Unis, et cumule plus d’un million d’entrées en France[16], permettant à Carpenter de réaliser son meilleur score dans l’Hexagone. Le film obtient également quatre nominations aux Saturn Awards[36].

L'échec de The Thing a affecté durablement Carpenter.

En 1982, Carpenter écrit en collaboration avec Debra Hill le scénario de Halloween 2, la suite de Halloween, la nuit des masques. Logiquement pressenti pour réaliser cette suite, le cinéaste décline l’offre, affirmant qu’il a déjà fait le film une fois et qu’il ne souhaite pas le faire à nouveau[37]. La réalisation est ainsi confiée à Rick Rosenthal. Le succès du premier film a été tel que le financement du second est assuré par une importante société de production, Universal Pictures. La notoriété grandissante de Carpenter lui permet d’obtenir de ce même studio les fonds nécessaires à la réalisation de son prochain film : The Thing.

Basé sur la nouvelle La Bête d'un autre monde (Who Goes There?) de John W. Campbell figurant dans le recueil Le ciel est mort, The Thing peut également s’interpréter comme un remake de La Chose d'un autre monde de Christian Nyby et Howard Hawks. Au niveau du casting, la distribution est exclusivement masculine, incluant une nouvelle fois Kurt Russell dans le rôle principal. Ce film marque un tournant dans la carrière de Carpenter puisque, pour la première fois depuis ses débuts, il tourne avec un budget proche des « standards » d’Hollywood : près de 15 millions de dollars[38]. Le cinéaste cède sa place au poste de compositeur, laissée à Ennio Morricone, alors que les effets spéciaux sont l’œuvre de Rob Bottin, lequel avait déjà travaillé avec Carpenter sur Fog.

Sorti à l’été 1982, The Thing est très mal accueilli par la critique et les spectateurs[8]. Jugé trop effrayant, trop pessimiste, il souffre de la comparaison avec le « gentil » E.T. l’extra-terrestre[8] de Steven Spielberg, un autre film mettant en scène une forme de vie extra-terrestre, lui aussi produit par Universal Pictures. Sortis à quelques semaines d’intervalle[39],[40], les deux films connaissent un succès diamétralement opposé, E.T. étant le n°1 au box-office américain de 1982[41] alors que The Thing n’y figure qu’à la 42e place, rapportant tout juste de quoi rentabiliser son budget de production[41]. Cet échec marque profondément Carpenter[8] qui, de son propre aveu, pensait avoir réalisé là son meilleur film[42]. The Thing obtiendra la reconnaissance du public bien plus tard, lors de sa sortie sous support VHS puis en DVD. Aujourd’hui, il est considéré comme un film d’horreur culte, comme le « chef-d’œuvre » de Carpenter[43].

Le personnage central du film de Carpenter est une Plymouth Fury répondant au nom de « Christine ».

Si l’échec de The Thing n’entache pas la réputation de Carpenter au sein des studios, le cinéaste en porte encore les stigmates l’année suivante, lorsqu’il se voit confier la réalisation de Christine, un film qu’il tournera, confesse-t-il, sans conviction[8]. Adaptation du roman éponyme de Stephen King, le projet est financé par Columbia Pictures pour la somme de 10 millions de dollars[44]. Carpenter suit la trame globale du livre, en omettant toutefois un élément important : la présence du propriétaire original sur la banquette arrière de la Plymouth Fury, ceci pour recentrer l’histoire sur la relation entre le protagoniste principal et Christine[8].

Le réalisateur retrouve le poste de compositeur et dirige, comme à ses débuts, un casting composé d’acteurs relativement inexpérimentés, exception faite de Harry Dean Stanton (avec lequel il avait déjà travaillé sur New York 1997) et de Robert Prosky.

Si King lui-même se dira déçu par l’adaptation[8], Christine obtient un accueil chaleureux de la part de la presse et des spectateurs[1]. Le film enregistre également de bons résultats au box-office national[44], alors qu’il cumule près d’un million d’entrées en France[16], correspondant au meilleur chiffre réalisé par Carpenter dans le pays, après New York 1997. Par ailleurs, Christine est nommé au prix du meilleur film d’horreur aux Saturn Awards, Carpenter décrochant lui-même une nomination au Grand Prix du Festival d’Avoriaz. Aujourd’hui, le film est souvent cité comme étant l'une des meilleures adaptations cinématographiques de l’œuvre de Stephen King[45].

Un an plus tard, Carpenter s’associe de nouveau avec Columbia Pictures, la société souhaitant concrétiser un projet en gestation depuis plusieurs années. À l’origine, deux scripts traitant de la visite d’un alien sur terre avaient été développés au sein du studio, mais Columbia refusait de financer les deux. Aussi avait-elle choisi Starman, laissant le second à une société concurrente, Universal Pictures[46],[n 3]. Jeff Bridges et Karen Allen y interprètent les rôles principaux.

Produit par Michael Douglas, Starman est une œuvre singulière dans la filmographie de John Carpenter, un film qui s’apparente davantage à un road movie romantique plutôt qu’à un vrai film de science-fiction, en contraste total avec ses précédents long-métrages. En conflit avec Hollywood depuis l’échec de The Thing, le cinéaste déclare avoir tourné ce film en guise d’excuse aux studios :

« Starman était une sorte de mea culpa, c’était comme si je disais : vous voyez que je suis aussi capable de faire un joli film romantique. »[8]

Carpenter le considère d’ailleurs comme son film le plus hollywoodien, une sorte d’« E.T. l'extra-terrestre adulte »[13]. Il sort en salles en 1984. Le succès est davantage critique que commercial[47], le film étant nommé pour de multiples récompenses[48],[n 4], incluant l’Oscar et le Golden Globe du meilleur acteur pour Jeff Bridges, et le Golden Globe de la meilleure musique pour Jack Nitzsche.

En 1986, Carpenter met en scène un film d’aventures qui se veut un hommage au cinéma d'arts martiaux de Hong Kong[13], et plus particulièrement au film Zu de Tsui Hark : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin. Détournant les codes du film d’action, Carpenter dépeint son héros comme un « crétin balourd et maladroit »[8], en décalage total avec le portrait habituel du héros d’Hollywood, viril et intelligent[49]. Kurt Russell campe une nouvelle fois le rôle principal. La production de Jack Burton est financée par la 20th Century Fox, mais le mélange des genres et le second degré du long-métrage sont mal perçus par le public[49]. Malgré une nomination au Saturn Award de la meilleure musique[50], Jack Burton est un échec critique et commercial qui coûte à Carpenter sa crédibilité au sein des studios[51],[52]. À l'instar de The Thing, le film obtiendra néanmoins un important succès lors de sa sortie en vidéo[8].

Retour aux films indépendants[modifier | modifier le code]

Après ce nouveau revers, les studios d’Hollywood tournent le dos à Carpenter, lequel n’a d’autre choix que de revenir au cinéma indépendant.

Donald Pleasance.

Dès l’année suivante apparaît sur les écrans Prince des ténèbres, un film d’horreur où le cinéaste retrouve Donald Pleasance, qui interprète ici le rôle titre. Comme c’était le cas pour ses premiers long-métrages, Carpenter compose la bande originale et écrit le scénario, ce dernier sous le pseudonyme de "Martin Quatermass", emprunté au personnage de fiction Bernard Quatermass créé par l’écrivain Nigel Kneale[53].

Produit pour la somme de 3 millions de dollars[54] (Carpenter n’avait pas tourné avec si peu depuis New York 1997), Prince des ténèbres constitue, selon l’expression employée par le cinéaste, la 2e partie de sa « Trilogie de l’Apocalypse »[55], celle-ci ayant été entamée en 1982 avec The Thing. La critique se montre à nouveau défavorable[56], le film obtenant tout de même un succès modéré en salles[57]. Un an plus tard, il remporte le prix de la critique au Festival d’Avoriaz.

Toujours en 1988, Carpenter revient à la science-fiction avec Invasion Los Angeles, un film dont le scénario de Frank Armitage (alias John Carpenter, le cinéaste ayant emprunté ce pseudonyme au romancier H.P. Lovecraft[58]) s'inspire de la nouvelle Les Fascinateurs (Eight O'Clock in the Morning) de Ray Faraday Nelson.

Pour la première fois de sa carrière, le cinéaste tient un propos ostensiblement politique, Invasion Los Angeles étant une critique acerbe de l’Amérique reaganienne[8],[58]. Les élites (principalement les classes sociales aisées, les présentateurs de télévision, les membres du gouvernement et les représentants des forces de l’ordre) y sont représentées, au sens propre, comme des « extra-terrestres » qui asservissent la population via les médias et la publicité[4], ces derniers diffusant en fait des messages subliminaux tels que « Obéissez », « Regardez la télévision » ou « Consommez »[59]. Malgré des résultats honnêtes au box-office[60], Invasion Los Angeles est une nouvelle fois mal accueilli par la presse[59], mais il décroche tout de même deux nominations aux Saturn Awards, dans les catégories meilleur film de science-fiction et meilleure musique.

Les années 1990 et le déclin commercial[modifier | modifier le code]

À la suite de ces deux tournages successifs, la carrière de John Carpenter semble au point mort. N’ayant plus de projet pour réaliser des films à petit budget, le cinéaste finit par accepter une proposition de l’acteur Chevy Chase en 1992. Ce dernier souhaite en effet relancer sa carrière en tenant le rôle principal dans un film de science-fiction, le script racontant les péripéties d’un homme d’affaires devenu invisible par accident.

Financé par une « major » d’Hollywood, le film est entièrement dévolu à Chase[8], et Carpenter n’a pas donc pas la mainmise sur la réalisation[n 5]. Initialement, un autre metteur en scène était d’ailleurs pressenti pour tourner le long-métrage[61]. Sorti début 1992, Les Aventures d'un homme invisible est un « flop » critique et financier[62],[63]. Carpenter n’en a pas écrit le scénario et n’en pas composé la musique, mais pour la première fois de sa carrière il a utilisé les effets spéciaux numériques.

L'année suivante, Carpenter revient au petit écran avec Petits cauchemars avant la nuit, un téléfilm composé de trois sketches dont deux qu'il réalise lui-même. Il s'agissait au départ d'un pilote de série que désirait produire la chaîne câblée Showtime, mais le projet fut finalement abandonné. John Carpenter y joue le rôle d'un médecin légiste étrange, apparaissant au début et à la fin du téléfilm pour présenter les histoires, un peu à la manière du gardien des Contes de la crypte.

L’Antre de la folie est l’un des rares films dont le scénario fait explicitement référence à l’œuvre de Lovecraft.

En 1994, Carpenter retrouve le cinéma indépendant avec L'Antre de la folie, un film d’horreur fantastique dont le scénario est inspiré de l’univers de H. P. Lovecraft et, dans une moindre mesure, de celui de Stephen King. Dernier volet de la Trilogie de l’Apocalypse[64], L’Antre de la folie est un film très personnel dans la filmographie de Carpenter[59], celui-ci livrant un véritable hommage aux écrits de Lovecraft, dont il est un grand admirateur[65]. Le cinéaste reprend le poste de compositeur, alors qu’il collabore pour la deuxième fois avec l’acteur Sam Neill, lequel interprétait l’un des rôles titre dans Les Aventures d’un homme invisible.

Aux États-Unis, le film n’est ni un succès critique[66], ni un succès public[67]. Il décroche toutefois deux nominations aux Saturn Awards (dans les catégories meilleur film et meilleur maquillage), tandis que Carpenter remporte le prix de la critique au Fantasporto (le festival du film fantastique de Porto, au Portugal), où le film était également en lice pour le prix du meilleur long-métrage. Comme The Thing ou Jack Burton, L’Antre de la folie s’érigera au fil des années au rang de film culte[68]. Il permet également à Carpenter d’obtenir de nouveau l’appui des studios pour ses futures productions[52].

Ainsi, dès 1995, le cinéaste met en scène Le Village des damnés, un remake du film du même nom de Wolf Rilla, qui était basé sur le roman de John Wyndham Les Coucous de Midwich. Le projet est financé par Universal Pictures, une major avec laquelle Carpenter n’avait pas collaboré depuis The Thing, en 1982. Malgré son important budget de production, le film est un échec en salles[69]. Les critiques sont également défavorables[70], le film recevant par ailleurs une nomination au prix du plus mauvais remake à la cérémonie des Razzie Awards[71].

L’année 1996 marque le retour sur les écrans du personnage de Snake Plissken dans Los Angeles 2013. Une suite de New York 1997 avait déjà été envisagée en 1985, mais le projet n’avait pas abouti car Carpenter n’était pas satisfait du script[72]. La persévérance de Kurt Russell, dont Plissken est le personnage favori, a finalement permis à cette suite de voir le jour[72]. En plus de réendosser le rôle, Russell officie également en tant que producteur, alors qu’il coécrit le scénario avec Carpenter et Debra Hill. Financé par la société Paramount Pictures pour une somme colossale (près de 50 millions de dollars[73]), Los Angeles 2013 est boudé par la critique, qui lui reproche de ne pas suffisamment se démarquer de New York 1997, ou simplement d’en être qu'un « remake déguisé »[74],[75]. Le film enregistre en outre de médiocres résultats au box-office[76].

Déçu par ce nouvel échec, Carpenter pense mettre un terme à sa carrière car, d’après lui, « tourner des films, ce n’est plus marrant »[77]. En 1998, il se voit proposer un nouveau projet : Vampires, dont le scénario est inspiré du roman Vampire$ de John Steakley. Voyant l’opportunité d’en faire un western moderne plutôt qu’un film de vampires traditionnel à l’ambiance gothique[8], Carpenter décide de prendre en main la réalisation. Il signe aussi la bande originale.

Vampires sort en salles en fin d’année et démarre en trombe au box-office[78]. Se heurtant à des critiques mitigées[79], il obtient cependant cinq nominations aux Saturn Awards et en ressort avec trois récompenses[80], incluant le prix du meilleur acteur pour James Woods, celui du meilleur maquillage et de la meilleure musique.

Filmographie récente[modifier | modifier le code]

Après une dizaine d’années d’inactivité, John Carpenter revient au grand écran avec The Ward, en 2010.

Le succès de Vampires encourage Carpenter à poursuivre sa carrière de metteur en scène. Quelques années plus tard, en 2001, le cinéaste est déjà de retour avec Ghosts of Mars, un film de science-fiction dont l’action se déroule sur Mars. Carpenter, qui n’avait pas situé l’action d’un film ailleurs que sur Terre depuis Dark Star, en 1974, compose la bande originale et participe à l’écriture du scénario. Ghosts of Mars s’apparente davantage à un « western martien » plutôt qu’à un réel film de science-fiction[8]. Sorti aux États-Unis durant l’été 2001, il partage fortement la critique[81] et les spectateurs[8]. De surcroît, c’est un échec commercial[82].

Épuisé par le tournage et déçu par le score de son film au box-office[8], Carpenter déclare qu’il compte quitter Hollywood pour de bon[83].

Après la sortie de Ghosts of Mars, le réalisateur s'accorde donc une longue pause, ne repassant derrière la caméra qu'en 2005 pour filmer un épisode de la première saison de la série télévisée Les Maîtres de l'horreur, intitulé La Fin absolue du monde (Cigarette Burns). Présentant des similitudes scénaristiques avec L'Antre de la folie, cet épisode est considéré comme l'un des plus réussis de la série[84],[85]. L’année d’après, il renouvelle l’expérience dans le cadre de la deuxième saison en réalisant l'épisode Piégée à l'intérieur (Pro-Life), qui est beaucoup moins bien accueilli[86],[87].

John Carpenter ne revient au grand écran que plusieurs années après, en 2010, soit presque dix ans après la sortie de son dernier long-métrage. Son nouveau film, The Ward, est une production indépendante dont le casting est presque exclusivement féminin, comprenant entre autres Amber Heard. À cette occasion, Carpenter revient à un genre qu’il affectionne particulièrement : l’horreur. The Ward est présenté dans le cadre du Festival international du film de Toronto, mais il n’est diffusé en salles qu’à partir de 2011[88]. Il faut attendre le mois de juillet pour qu’il soit distribué aux États-Unis, alors que certains pays (dont la France) ne sont limités qu’à une sortie en DVD[88]. Même si le retour de Carpenter était attendu de longue date, le film n’est pas bien accueilli par la critique, qui juge The Ward comme étant décevant et loin des « classiques » du cinéaste[89].

Projets[modifier | modifier le code]

En 2010 toujours, deux nouveaux projets de réalisation sont dévoilés pour Carpenter : Fangland[90] et Darkchylde[91]. Le premier consisterait en une adaptation d’un roman écrit par John Marks, dont l’histoire est centrée sur les vampires. Hilary Swank y interprèterait le rôle principal. Le second serait également une adaptation, d’un comics cette fois. Le site première a publié cette dernière information quelques jours après que Carpenter a subi une attaque cardiaque lors d’une séance de dédicaces, dans le cadre d’une convention sur le cinéma fantastique en Floride[91]. D’après le site, le cinéaste s’en est toutefois bien remis avant d’entamer la promotion de The Ward.

D’autres projets ont également été évoqués, comme l’adaptation du jeu vidéo Dead Space dont le scénario n’est pas sans rappeler celui de The Thing[92],[n 6]. Par ailleurs, Carpenter a lui-même déclaré fin 2011 qu’il était en train de travailler sur un western gothique, un genre qu’il souhaite mettre en scène depuis ses débuts en tant que cinéaste[93].

Style[modifier | modifier le code]

Mise en scène[modifier | modifier le code]

Alfred Hitchcock compte parmi les réalisateurs qui ont le plus influencé Carpenter.

Cinéphile dès son plus jeune âge, John Carpenter voue une grande admiration aux films d’épouvante et à la littérature fantastique. Très influencé par le cinéma des années 1950, il estime que la mise en scène doit rester « invisible », étant uniquement au service de l’histoire qu’il a choisie de raconter[5]. Ses films se caractérisent ainsi par des scénarios et une réalisation épurés, une musique minimaliste, la recherche constante d’une efficacité absolue de la narration, des montages limpides[94].

Parmi les films qui ont le plus influencé sa décision de devenir réalisateur, Carpenter cite notamment Sueurs froides, Rio Bravo et Planète interdite[95].

Formé à l’art de la série B, le cinéaste a réalisé la majeure partie de ses long-métrages dans le cocon du cinéma indépendant, tournant souvent avec des budgets très minces. Très vite, il s’est distingué en mettant en scène des films d’horreur, de science-fiction et des films fantastiques, y apportant un style très personnel, fondé notamment sur le minimalisme de son travail[96].

Le cadre d’action de ses films est souvent réduit, étant limité à un espace unique comme une ville, une maison ou une église. Assaut, The Thing et Prince des ténèbres sont autant de huis-clos où les personnages se retrouvent piégés dans un lieu cloisonné, sans la possibilité d’en sortir. Le cinéaste aime utiliser ce procédé afin de révéler la nature profonde des personnages, lesquels n’ont d’autres choix que de se défendre pour survivre[94]. Chez Carpenter, les antagonistes sont une incarnation abstraite du « Mal », représentés par des ombres ou des entités dépersonnalisées : les fantômes dans Fog, la créature métamorphe de The Thing, la voiture meurtrière dans Christine. Le cinéaste joue ainsi sur la peur de l’inconnu, et il renforce d’autant plus l’aspect angoissant de son œuvre qu’il ne justifie pas les actes de ces antagonistes[96].

Passionné de westerns, Carpenter a fait de nombreux clins d’œil au genre dans sa filmographie, affirmant que la plupart de ses réalisations peuvent s’interpréter comme tel, sous une forme ou une autre[13]. Ses films d’action, notamment, reprennent de nombreux éléments inhérents au genre, le protagoniste principal y étant systématiquement dépeint comme l’archétype du anti-héros, cynique et solitaire (Napoleon Wilson dans Assaut, Snake Plissken dans New York 1997 et sa suite, Jack Crow dans Vampires)[97].

Scénarios[modifier | modifier le code]

Les thèmes chers à Carpenter renvoient à une vision négative de la société et de ses représentants. Ainsi, outre les thèmes récurrents abordés dans ses films d’horreur, comme la violence, la paranoïa ou l’invasion extra-terrestre, le cinéaste est porteur d’un discours politique qui dénonce un pouvoir corrompu et l’apathie de la société face à celui-ci[98]. Carpenter aime d’ailleurs se définir comme un cinéaste en marge des grandes majors d’Hollywood (symbole du pouvoir dans l’industrie cinématographique), refusant leurs exigences et leurs contraintes. Il déclare que s’il exerce ce métier, c’est avant tout pour lui[99].

Si la plupart des films de John Carpenter sont basés sur des scénarios originaux[n 7], le réalisateur a également adapté un roman de Stephen King avec Christine et réalisé plusieurs remakes, comme Assaut, The Thing et Le Village des damnés. De même, il a tourné un film qui se veut un hommage (et non une adaptation) à l’œuvre de H.P. Lovecraft avec L’Antre de la folie[100], et donné une suite à l’un de ses propres films avec Los Angeles 2013.

Côté casting, Carpenter a plusieurs partenaires récurrents comme Kurt Russell (avec lequel il a tourné cinq long-métrages dont un téléfilm) et Donald Pleasence (trois films). Cependant, c’est avec Charles Cyphers que le cinéaste a le plus collaboré, l’ayant dirigé à six reprises dont deux fois dans un téléfilm. Carpenter a pour habitude de nommer ses personnages d’après le nom de personnes qu’il a réellement connues. Ainsi, le Ben Tramer mentionné dans Halloween n’est autre qu’un ancien camarade d’école du réalisateur, alors que le personnage interprété par Jamie Lee Curtis dans Fog est nommé d’après le nom d’une ancienne petite amie[1].

Pseudonymes et caméos[modifier | modifier le code]

L’utilisation de pseudonymes est une constante dans les films de Carpenter. Dans Assaut, le cinéaste est crédité au montage sous le nom de "John T. Chance", en hommage à Rio Bravo[101]. Il est crédité en tant que scénariste ou acteur sous plusieurs autres noms tels que James T.Chance, Martin Quatermass et Rip Haight.

Outre son rôle de metteur en scène, de monteur et de compositeur, Carpenter a effectué de nombreux caméos dans ses propres films. Ils n’ont cependant jamais été crédités, sauf dans Les Aventures d’un homme invisible et dans Le Village des damnés, mais sous le pseudonyme de Rip Haight. De manière récurrente, on peut apercevoir le cinéaste sous les traits d’un pilote d’hélicoptère[101], tandis que dans Assaut, il interprète l’un des nombreux assaillants tués en essayant d’entrer dans le commissariat[12].

Technique[modifier | modifier le code]

Image[modifier | modifier le code]

Visuellement, les films de John Carpenter se caractérisent par un éclairage et une photographie minimalistes, des caméras statiques, des travellings lents et l'utilisation du steadicam. Il se décrit comme ayant été influencé par Howard Hawks, Alfred Hitchcock, Nigel Kneale et par la série télévisée La Quatrième Dimension[1].

Carpenter est reconnu pour sa grande maîtrise technique[5],[102], qui lui permet d’installer et de faire monter la tension chez le spectateur. Souvent, ce sentiment de tension est posé dès la scène initiale ; ensuite, il ne cesse de se développer, jusqu’à atteindre son paroxysme dans la séquence finale[94]. Carpenter joue beaucoup avec les mouvements de caméra, les cadrages et l’utilisation de la bande sonore, ce qui est le cas en particulier dans Halloween où le tueur ne cesse d’apparaître dans chaque coin de l’image, à l’arrière et l’avant-plan[96].

Dans la plupart de ses films, Carpenter utilise également une technique qu’il appelle la « cheap scare » (littéralement, la peur pas cher), qui consiste à faire apparaître un objet ou une personne de manière soudaine dans le champ pour effrayer le spectateur[101]. Ce procédé de mise en scène, souvent intensifié avec la musique, est notamment employé dans Halloween, Fog et The Thing. Le hors-champ et la suggestion figurent également parmi ses techniques récurrentes[94].

Une autre constante dans l’œuvre « carpentérienne » est le cadre d’action des films, lesquels se déroulent généralement de nuit. Les scènes en voiture et en hélicoptère sont fréquentes, de même que la mise en scène de transformations corporelles et l’utilisation des effets visuels[101].

Musique[modifier | modifier le code]

« Je travaille instinctivement, et c'est particulièrement vrai au plan musical, cela n'a rien d'intellectuel, c'est seulement très émotionnel. J'improvise presque tout, et cela surgit instinctivement du musicien qui sommeille en vous. C'est aussi une forme d'expression non littéraire. La musique occupe une grande place dans ma vie, et j'ai seulement trouvé préférable de composer personnellement les bandes originales de mes films. »[103]
— John Carpenter

À l'exception de The Thing, Starman, Les Aventures d’un homme invisible, et The Ward, John Carpenter a toujours composé la musique des films qu'il a réalisés. Parfois en collaboration avec Alan Howarth, Shirley Walker, Dave Davies ou Jim Lang. Selon le cinéaste, une fois qu’un film est monté, la musique constitue la « couche d’émotion pure » à ajouter[103]. Aussi préfère-t-il composer lui-même la bande originale de ses long-métrages, car, selon lui, il s’agit de « la forme d’expression artistique la plus directe ». Carpenter avoue cependant être incapable d’écrire la moindre note de musique, bien qu’il sache en jouer.

La musique est un élément incontournable des films de Carpenter. Elle a beaucoup contribué à sa notoriété et à l’ambiance horrifique de ses long-métrages. Le succès d’Halloween, par exemple, est souvent attribué à sa bande originale[104]. À ce propos, le cinéaste déclare : « Je crois que l'aspect répétitif et minimaliste de la mélodie a permis d'accroître la tension des images. »[103]. Carpenter compose la musique de ses films le plus souvent à l’aide d’un synthétiseur, avec des accompagnements au piano[1].

Le cinéaste a également fondé un groupe de rock, plutôt dans un esprit de récréation, The Coupe de Villes, avec ses deux amis Nick Castle et Tommy Lee Wallace. Le trio interprète une chanson figurant sur la bande originale de Halloween[19], ainsi que la chanson du générique de fin dans Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (dans laquelle c'est Carpenter lui-même qui chante)[105]. En 1985, le groupe a publié confidentiellement un album intitulé Waiting Out The Eighties[106].

Carpenter a aussi composé la bande originale de Sentinel Returns, un jeu vidéo de puzzle conçu par Geoff Crammond et sorti en 1998, sur PlayStation[107].

Héritage[modifier | modifier le code]

« En France, je suis un auteur, en Allemagne, je suis un cinéaste. En Grande-Bretagne, je suis un réalisateur de film d'horreur. Aux États-Unis, je suis un raté. » [99]
— John Carpenter

Au fil de ses quarante ans de carrière, John Carpenter s’est bâti une grande réputation en tant que cinéaste indépendant. Bien qu'il se soit essayé à de nombreux genres, il s’est principalement distingué en réalisant des films d’horreur et de science-fiction, y incluant un style très personnel. Mais cette reconnaissance fut longue à obtenir, surtout aux États-Unis. Carpenter le reconnaît avec ironie[99], expliquant par ailleurs :

« Ce qui me rend marginal à Hollywood, c’est que je suis incapable de tourner des films destinés au grand public. »[108]

Ainsi, si certains de ses films ont su captiver le public dès leur sortie en salles, d’autres n’ont en effet acquis leur renommée que bien plus tard, lors de leur commercialisation sur le marché de la vidéo.

Dès ses débuts en tant que cinéaste, Carpenter a dû faire face au scepticisme du public américain avec Dark Star[109]. L’accueil réservé à Assaut ne fut pas plus chaleureux[1], alors que le film obtint un grand succès en Europe[12]. Par la suite, Fog, New York 1997 et Halloween, surtout, ont réussi à séduire le public, avant que celui-ci se déchaîne contre The Thing et Jack Burton. Entre-temps, Starman avait été le plus grand succès critique du réalisateur, alors qu’il s’agit de son film le moins personnel. Ensuite, à partir de la fin des années 1980, la côte de Carpenter a fortement décliné aux États-Unis.

Alain Pelosato, auteur de nombreuses études sur le cinéma fantastique, parle d’un réalisateur « sous-estimé car il s’est cantonné dans le cinéma fantastique. Mais il est celui qui l’a le plus renouvelé, modernisé. »[110]. Il ajoute : « Formidable fantastiqueur, il sait utiliser toutes les ressources du cinéma pour tenir en haleine le spectateur. »[111]

Carpenter a toujours été très populaire en Europe, notamment en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne. En Espagne aussi, il jouit d’une solide réputation, faisant partie de ce que le pays a coutume d’appeler le clan des « 3 C » de la terreur, avec David Cronenberg et Wes Craven[112].

Reconnaissance tardive[modifier | modifier le code]

La méthode de travail de Carpenter n’a jamais coïncidé avec la politique d’Hollywood.

Certains films de Carpenter ont été réprouvés par la critique et les spectateurs lors de leur sortie en salles, ce qui est le cas notamment de Assaut, The Thing et Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin. Par la suite, ils ont bénéficié d'un nouvel intérêt lors de leurs sorties en VHS puis en DVD, trouvant leur public des années après leur exploitation en salles[113]. Fog et Invasion Los Angeles figurent également parmi les films du cinéaste qui sont devenus des « classiques » longtemps après leur sortie[113].

La réévaluation de ces long-métrages sur des sites recensant des critiques en provenance d’internautes ou de journalistes témoigne de cette reconnaissance tardive. Sur le site anglophone Rotten Tomatoes, par exemple, Dark Star recueille désormais 79% de critique favorables[114], tout comme The Thing[114], le « Tomatometer » culminant à 97 % pour Assaut[114], à 82 % pour Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin[114] et à 89% pour Invasion Los Angeles[114].

Cependant, ce regain d’intérêt a surtout concerné The Thing, à tel point que le film a fini par développer un véritable culte. Largement sous-estimé lors de sa sortie en salles, il est désormais considéré par beaucoup comme l’un des plus grands films d’horreur jamais réalisés[1],[115], doublé du « chef-d’œuvre » de John Carpenter[43],[116]. Sur l’IMDb, il figure à la 146e place du top 250 des internautes, avec une moyenne de 8,1/10[117].

Sinon, dans sa revue de juillet 1999, le magazine Première a placé Assaut dans sa liste des « 50 classiques méconnus du cinéma »[118]. En 1995, L’Antre de la folie est classé 10e meilleur film de l’année par les Cahiers du cinéma[119]. En 2006, Halloween est choisi par la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis pour figurer au National Film Registry en tant qu’œuvre « culturellement, historiquement ou esthétiquement importante »[120]. Quant à Carpenter, il reçoit en 2010 le « Lifetime Achievment Award » décerné par le Freak Show Horror Film Festival[121].

D’autre part, plusieurs de ses films ont été réédités en DVD pour des éditions spéciales, agrémentées de nombreux bonus. Par exemple, des éditions collector ont été réservées à Halloween, New York 1997, Christine, The Thing, Assaut et Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin[1]. Au Royaume-Uni, certains films sont sortis avec un commentaire audio de Carpenter et de ses collaborateurs (comme Roddy Piper dans Invasion Los Angeles ou Jeff Bridges dans Starman) mais ceux-ci ne sont toujours pas parus aux États-Unis[1].

Un grand nombre de réalisateurs ont aussi exprimé leur admiration vis-à-vis de l’œuvre de Carpenter, incluant Robert Rodriguez, Paul W. S. Anderson, Guillermo Del Toro, Paul Thomas Anderson et Quentin Tarantino[1].

Influence[modifier | modifier le code]

Dans Scream, Wes Craven multiplie les références à Halloween, dont il s’est largement inspiré.

John Carpenter est reconnu comme l’un des réalisateurs les plus accomplis et les plus influents de son époque[121]. Surnommé le « Maître de l’Horreur »[101], il a mis en scène des long-métrages qui ont eu un impact considérable sur le cinéma du genre. Halloween, par exemple, est considéré comme le précurseur du mouvement slasher[104], un sous-genre du film d’horreur. Sorti en 1978, il a ouvert la voix à de nombreuses suites[n 8] ainsi qu’à plusieurs séries de films d’horreur à succès, comme Vendredi 13, Les Griffes de la nuit et Scream.

Scream, premier du nom, est d’ailleurs un film qui a fortement subi l’influence d’Halloween, le réalisateur Wes Craven y faisant de multiples références. Dès la scène d’ouverture, quand le tueur demande à son interlocutrice quel est son film d’horreur préféré, au téléphone, celle-ci répond en effet « Halloween ». Plus tard, entre autres références, la meilleure amie de la protagoniste principale avoue que l’histoire qu’elles vivent lui évoque un film de « Wes Carpenter »[122], lequel est bien sûr un réalisateur fictif reprenant le patronyme de Carpenter et le prénom de Craven. À la fin, le personnage de Randy Meeks se sert de Halloween pour exposer les « règles » à suivre pour survivre dans un film d’horreur[122].

Certains de ses films ont en outre fait l’objet d’adaptation littéraire ou vidéoludique. C’est le cas de New York 1997, qui a été adapté sous forme de roman[123], le personnage de Snake Plissken ayant par ailleurs inspiré le héros d’une saga de jeu vidéo : Metal Gear Solid[124]. Quant à The Thing, il a donné naissance au jeu du même nom dont l’action se déroule directement après les évènements du film[125].

Depuis le milieu des années 2000, plusieurs long-métrages de Carpenter sont également sujets à des remakes, en particulier ses films d’horreur. En 2005, Rupert Wainwright met en scène une nouvelle version de Fog (produite par Carpenter), alors que la même année paraît Assaut sur le central 13, d’après Assaut, du français Jean-François Richet. En 2007, Rob Zombie réalise et produit un remake de La nuit des masques avec Halloween, auquel il donne une suite deux ans plus tard. Puis en 2011, The Thing sort en salles, se revendiquant comme une préquelle du film original.

Les parodies n’ont pas manqué non plus. Le film de Carpenter qui en a subi le plus est certainement Halloween, l’IMDb relevant près de quatre cent connexions entre le film et d’autres œuvres, notamment cinématographiques et télévisuelles[126]. Le Village des damnés a quant à lui été parodié par Les Simpson, dans l’épisode Sbartacus présent dans la onzième saison[127], alors que Christine s’est vu parodié dans Scary Scream Movie[128].

Surnoms[modifier | modifier le code]

De par sa longue carrière et sa filmographie singulière, John Carpenter s’est vu attribuer un certain nombre de surnoms, souvent en référence à son talent pour susciter l’angoisse. Parmi ses surnoms les plus fréquemment utilisés, on pourra citer le « Maître de l’Horreur », le « Prince des ténèbres »[101] (d’après son film éponyme), « JC »[1], ou encore « Big John », lequel est souvent employé par les inconditionnels de Carpenter[116],[129],[130], et parfois par les journalistes eux-mêmes[131].

Vie privée[modifier | modifier le code]

John Carpenter a entretenu une relation amoureuse avec la scénariste et productrice Debra Hill, avec qui il commença à travailler lors de la préparation du film Assaut, en 1975. Le couple s’est séparé en 1978, au moment où Carpenter rencontra l’actrice Adrienne Barbeau sur le tournage du téléfilm Meurtre au 43e étage. Ils se sont mariés le 1er janvier 1979, puis ont divorcé en 1984. Cette même année, leur fils John Cody est né, le 7 mai[1].

Malgré leur séparation, Carpenter et Debra Hill ont poursuivi leur collaboration sur plusieurs films, incluant Fog, New York 1997 et Los Angeles 2013.

Depuis 1990, Carpenter est marié à la productrice Sandy King, laquelle a participé à la production de plusieurs réalisations du cinéaste comme Invasion Los Angeles, L'Antre de la folie, Los Angeles 2013 et Ghosts of Mars[1].

Carpenter est un grand amateur de jeux vidéo, auxquels il joue occasionnellement avec son fils John Cody. Il apprécie notamment les jeux de tirs et les jeux d’action, citant Dishonored, God of War et Assassin's Creed III parmi ses jeux préférés[101]. Le cinéaste a d’ailleurs plusieurs fois collaboré dans le milieu puisque, en plus d’avoir composé la bande originale de Sentinel Returns, il a écrit en duo avec Steve Niles le scénario de F3AR, un jeu de tir subjectif sorti à l'été 2011[132].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Courts-métrages[modifier | modifier le code]

  • 1962 : Revenge of the Colossal Beasts, réalisé à 14 ans
  • 1963 : Terror from Space, réalisé à 15 ans
  • 1969 : Captain Voyeur, retrouvé dans les archives de l´USC en 2011[133]
  • 1969 : Warrior and the Demon, crédité en tant que Johnny Carpenter
  • 1969 : Sorceror from Outer Space
  • 1969 : Gorgo versus Godzilla
  • 1969 : Gorgon, the Space Monster

Scénariste[modifier | modifier le code]

Dans les sections Scénariste, Compositeur, Acteur et Producteur, les films dont le réalisateur n’est pas précisé sont de Carpenter.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Compositeur[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Résultats au box-office[modifier | modifier le code]

Film Budget Drapeau des États-Unis États-Unis[76] Drapeau de la France France [16] Monde Monde
Dark Star 60 000 $[134] N/A 15 795 entrées[134] N/A
Assaut 100 000 $[15] N/A 133 566 entrées[135] N/A
Halloween, la nuit des masques 325 000 $[76] 47 000 000 $[76] 283 934 entrées[16] 60 000 000 $[22]
Le Roman d'Elvis 2 100 000 $[136] N/A 51 239 entrées[136] N/A
Fog 1 000 000 $[16] 21 378 361 $[76] 942 885 entrées[16] N/A
New York 1997 6 000 000 $[16] 25 244 626 $[76] 1 278 378 entrées[16] N/A
The Thing 15 000 000 $[38] 19 629 760 $[76] 562 478 entrées[16] N/A
Christine 9 700 000 $[44] 21 017 849 $[76] 981 177 entrées[16] N/A
Starman 24 000 000 $ [16] 28 744 356 $[76] 411 022 entrées[16] N/A
Les Aventures de Jack Burton dans les
griffes du Mandarin
25 000 000 $ [51] 11 100 000 $[76] 766 894 entrées[16] N/A
Prince des ténèbres 3 000 000 $[16] 14 182 492 $[76] 169 515 entrées[16] N/A
Invasion Los Angeles 4 000 000 $[16] 13 008 928 $[76] 177 294 entrées[16] N/A
Les Aventures d'un homme invisible 40 000 000 $[16] 14 358 033 $[76] 284 996 entrées[16] N/A
L'Antre de la folie 8 000 000 $[76] 8 924 549 $[76] 182 061 entrées [16] N/A
Le Village des damnés 22 000 000 $[69] 9 418 365 $[76] 144 975 entrées[16] N/A
Los Angeles 2013 50 000 000 $[16] 25 477 365 $[76] 293 540 entrées[137] 42 179 912 $[16]
Vampires 20 000 000 $[76] 20 308 772 $[76] 482 383 entrées[16] 28 877 297 $[16]
Ghosts of Mars 28 000 000 $[76] 8 709 640 $[76] 409 296 entrées[16] 14 079 832 $[16]
The Ward 10 000 000 $[138] 7 760 $[139] N/A 1 252 014 $[139]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Les informations ci-après sont extraites de l’Internet Movie Database[140].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur
Festival international du film fantastique d’Avoriaz
  • 1979 : Prix de la critique pour Halloween
  • 1980 : Prix de la critique pour Fog
  • 1988 : Prix de la critique pour Prince des ténèbres
Festival international du film de Catalogne
  • 2006 : "Carnet Jove - Special Mention" pour Les Maîtres de l'horreur (épisode Cigarette Burns)
  • 2008 : "Time-Machine Honorary Award"
Los Angeles Film Critics Association
  • 1979 : "New Generation Award"
CableACE Awards
  • 1991 : Meilleur scénario pour El Diablo
Fantasporto
  • 1995 : Prix de la critique pour L’Antre de la folie
National Film Registry
  • 2006 : Sélection pour Halloween
Freak Show Horror Film Festival
  • 2010 : Lifetime Achievment Award pour l’ensemble de sa carrière

Nominations[modifier | modifier le code]

Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur
Fantasporto
  • 1989 : Meilleur film fantastique pour Invasion Los Angeles
  • 1993 : Meilleur film fantastique pour Les Aventures d’un homme invisible
  • 1994 : Meilleur film fantastique pour Petits cauchemars avant la nuit
  • 1995 : Meilleur film fantastique pour L’Antre de la folie
Festival international du film de Catalogne
  • 1995 : Meilleur film pour Le Village des damnés
  • 2001 : Meilleur film pour Ghosts of Mars
  • 2006 : Meilleur film pour Les Maîtres de l’horreur (épisode Cigarette Burns)
Festival international du film de Chicago
  • 1978 : Hugo d’or pour Assaut
  • 1978 : Hugo d’or pour Halloween
Prix Hugo
  • 1976 : Meilleur film pour Dark Star
Science Fiction and Fantasy Writers of America
Prix Edgar-Allan-Poe
  • 1979 : Meilleur téléfilm pour Meurtre au 43e étage
Festival international du film fantastique d’Avoriaz
  • 1984 : Grand Prix pour Christine
Young Artist Awards
Razzie Awards
Prix Bram Stoker
  • 1999 : Meilleure musique pour Vampires
International Horror Guild
  • 1999 : Meilleur film pour Vampires

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ouvrages :
    • (en) Gilles Boulenger, John Carpenter: the prince of darkness, Los Angeles, Silman-James Press,‎ 2003, 296 p. (ISBN 9781879505674)
    • (en) Ian Conrich et David Woods (dir.), The cinema of John Carpenter : the technique of terror, Londres, Wallflower,‎ 2004, 219 p. (ISBN 978-1-904764-14-4)
    • (en) Colin Odell et Michelle Le Blanc, John Carpenter, Harpenden, Kamera Books,‎ 2009, 160 p. (ISBN 9781842433386)
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  • Revue :
    • (fr) « John Carpenter : Hors-série collection réalisateurs », Mad Movies, no 1,‎ 2001

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jamie Lee Curtis est la fille de Janet Leigh, l’interprète du personnage de Marion Crane qui se fait tuer dans la mythique scène de la douche dans Psychose. Psychose est le film qui a inspiré John Carpenter pour réaliser Halloween.
  2. D’après le site Allociné dans sa rubrique "secrets de tournage", Carpenter aurait fait appel à Lee Van Cleef par amour pour Sergio Leone.
  3. Le "second" projet en question n’est autre que E.T. l’extra-terrestre. Son succès fut tel que Columbia Pictures a attendu deux ans avant de produire Starman.
  4. Parmi tous les films de John Carpenter, Starman est le seul à avoir été nommé aux Oscars.
  5. Les Aventures d’un homme invisible est l’un des rares film de John Carpenter dont le titre n’est pas précédé de la mention "John Carpenter’s", marque distinctive des films produits par le cinéma indépendant.
  6. Dans Dead Space, l’histoire se déroule à l’intérieur d’un vaisseau spatial dont les membres d’équipage ont été infectés par un virus et transformés en monstres. Selon le site gamerblog.fr, les scénaristes auraient en partie puisé leur inspiration dans le film de Carpenter.
  7. Carpenter a écrit les scénarios de près de la moitié de ses films, dont certains en collaboration avec Debra Hill.
  8. Après La nuit des masques, sept autres films de la franchise Halloween ont été tournés, mais aucun ne fut réalisé par Carpenter.

Références[modifier | modifier le code]

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