High fantasy

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La high fantasy est un sous-genre de la fantasy, épique, aux thèmes sérieux, narrant la quête d'un(e) jeune héros/héroïne ou d'un groupe de héros luttant contre un redoutable ennemi pouvant revêtir la forme d'un méchant sorcier ou d'un Seigneur du Mal, jouant le rôle de la force antagoniste.

Les caractéristiques que l'on retrouve le plus souvent sont : un monde secondaire (différent du nôtre) très développé, avec sa propre histoire et sa propre géographie, la présence importante de la Magie, notamment des créatures magiques, un cadre médiéval, souvent un découpage en de nombreux tomes, une histoire prenant la forme d'une quête, ayant souvent des prophéties pour moteur.

Définition[modifier | modifier le code]

La high fantasy se différencie de l'heroic fantasy par le fait que le héros n'est pas seul mais entouré d'une bande ou d'une guilde (ex : Le Seigneur des anneaux), par des enjeux plus importants (sauver le monde dans de nombreux cas ou détruire le Seigneur des Ténèbres) et par un ton moral plus présent. Un des thèmes récurrents est une lutte manichéenne caractérisée par le rôle décisif d'un Élu du Bien dans ce conflit.

On l'appelle parfois fantasy épique en référence aux grandes batailles, aux explosions de magie et aux enjeux colossaux que certaines œuvres peuvent receler.

Le magazine de fantasy et de science-fiction Locus, l'a ainsi qualifiée de big commercial fantasy (BCF) à cause de la quantité de cycles élevés au rang de best-sellers.

La high fantasy peut être mêlée à n'importe quel sous-genre exceptés l'heroic fantasy, la manner fantasy, ou la fantasy urbaine. Tous ces sous-genres peuvent donc être classés comme des univers appartenant à la low fantasy.

Genèse et historique[modifier | modifier le code]

Le créateur de la high fantasy est souvent considéré comme étant Tolkien. Cet auteur a conçu une synthèse personnelle d'un ensemble de mythes anglo-saxons et scandinaves dans son œuvre magistrale, Le Seigneur des anneaux, parue durant la période d'après-guerre (1954-1955). Il créa un univers d'une cohérence inédite avec sa mythologie, ses légendes, son histoire, sa géographie, et ses peuples avec leurs coutumes, leur langue et leur écriture. On peut dire qu'il a certainement influencé consciemment ou non la plupart des écrivains de fantasy qui lui ont succédé.

Son monde, appelée Arda (selon lui, notre terre dans des temps ancestraux), a été exploité dans pas moins d'une quinzaine de livres. Son travail a même été poursuivi par son fils qui s'est chargé de transmettre les œuvres que Tolkien n'avait pu terminer de son vivant.

Toutefois, tandis que cet écrivain notoire mettait en forme son chef-d'œuvre, un ami de ses amis de nationalité irlandaise, Clive Staples Lewis, rédigea, pour la jeunesse, le cycle de Narnia où l'on retrouvait déjà quelques idées maîtresses de Tolkien : monde purement imaginaire, créatures issues des mythes anglo-saxons et scandinaves, importance primordiale de la nature, quête menée par de jeunes héros pour délivrer un monde menacé par des puissances maléfiques.

Le succès phénoménal des aventures du Porteur de l'Anneau à travers la Terre du Milieu, notamment dans le milieu de la contre-culture, provoqua un regain d'intérêt de la part des éditeurs pour la fantasy. Ainsi, furent ressorties des cartons les nouvelles de Robert E. Howard, de Fritz Leiber. On commanda de nombreuses nouvelles du même genre à d'autres auteurs, comme Michael Moorcock, et la fantasy revint pour un temps sur le devant de la scène.

Quatorze ans après le Seigneur des Anneaux, Ursula K. Le Guin, connue comme auteur de science-fiction, décida d'écrire à son tour de la fantasy. En 1968, parut le premier livre du Cycle de Terremer. Ici encore, on assiste à la naissance d'une œuvre remarquable et originale, d'après les critiques spécialisées. Son univers est cohérent et on s'aperçoit d'autant plus de l'originalité comparativement aux cycles d'aujourd'hui.

Étrangement, on traverse ensuite une période de vache maigre, longue d'une dizaine d'années, où les œuvres de high fantasy se font rares.

En 1979, le livre L'Histoire sans fin de Michael Ende, auteur d'origine allemande, se démarque par une certaine originalité avec le glissement d'un anti-héros nommé Bastien Balthazar Bux, dans un monde existant grâce à l'imagination humaine. Cette fois-ci, l'ennemi est de toute autre nature, et bien plus redoutable car non personnifiée : le Néant.

Dans les années 1980, en revanche, aux États-Unis, c'est l'explosion de parutions dédiées à la high fantasy. On voit soudainement apparaître des dizaines de cycles façon Tolkien avec univers fouillé, quête d'un groupe de héros pour sauver le monde, combats et voyages épiques, peuplades aux cultures prononcées. D'abord en 1982, La Belgariade de David Eddings (suivie plus tard de La Mallorée) s'illustre par une trame historique classique mais un humour omniprésent.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Héros[modifier | modifier le code]

C'est souvent un garçon ou un jeune homme, un peu perdu, qui ne connaît pas grand-chose au-delà de son village natal. Un jour, il va être projeté hors de son quotidien par un élément perturbateur :

Peu à peu, ce jeune héros prend conscience du conflit qui se joue entre les tenants du Mal et les tenants du Bien. Il comprendra également le rôle qu'il a à jouer dans ce conflit, ou dans les problèmes du monde ; souvent celui d'un Élu destiné à faire triompher le Bien. Cet élu est aidé par son mentor, souvent un magicien :

  • Gandalf du Seigneur des Anneaux ;
  • Zedd de L'epée de vérité;
  • Ogion du Cycle de Terremer ;
  • Zedd de l'Épée de Vérité ;
  • Moiraine de La Roue du Temps ;
  • Belgarath de La Belgariade ;
  • Fin Raziel dans Willow ;
  • Etc.

Ce héros a bien sûr des capacités extraordinaires qui font d'ailleurs de lui l'Élu, souvent des pouvoirs magiques exceptionnels. Parfois, ce héros en devient un par hasard : Frodon et Willow ainsi, plus héros par hasard que suite au destin.

Son rôle est souvent de mener une quête aux implications diverses (trouver un objet, détruire un objet, trouver une puissante sorcière, etc.) dont il sortira toujours grandi. Étant donné qu'il commence le cycle en tant qu'enfant, il deviendra adulte grâce ou à cause de toutes les aventures qu'il a menées, des combats qu'il a gagnés et des ennemis puissants qu'il a vaincus.

Autres personnages[modifier | modifier le code]

La high fantasy se distingue de l'heroic fantasy par le fait que le héros n'est pas totalement seul ou simplement accompagné de son meilleur ami.

Il peut être entouré ou chapeauté par un groupe et mène une quête aux implications diverses.

Il existe toutefois des exceptions, dans le cadre, par exemple, du cinéma où l'on peut trouver un seul héros luttant contre l'établissement du Mal (Jen le Gelfling dans Dark Crystal ; Atreju dans L'Histoire sans fin).

Ce groupe est composé de personnages ayant chacun ses propres capacités et donc pouvant apporter son aide en propre au héros ou à l'héroïne.

La high fantasy a tendance à développer beaucoup plus les personnages secondaires que le fait l'heroic fantasy, par exemple…

Monde[modifier | modifier le code]

L'univers en high fantasy est, dans de nombreux cycles, immense, riche, et on en découvre une partie avec le voyage du héros, un voyage qui peut prendre la forme d'une quête. C'est un monde très développé, un véritable monde secondaire, avec sa propre histoire, ses propres peuples. Certains auteurs poussent le détail jusqu'à construire de véritables langues : on peut de nouveau citer Tolkien avec le Quenya et le Sindarin, entre autres.

Pour signifier le manichéisme de l'œuvre, on y voit souvent un territoire entier dédié aux puissances du Mal où le Seigneur des Ténèbres ou le « méchant » règne en maître. Au summum, ces terres sont totalement corrompues par le mal qui y règne (le Mordor, la Dévastation…).

Dans ces mondes, on rencontre régulièrement des civilisations non-humaines ou des créatures issues du folklore et des mythes ou tout simplement inventées par l'auteur. Ainsi, les elfes dans Le Seigneur des anneaux, les dragons de Terremer, les Ogiers de La Roue du temps, les Sidhe dans l'Arcane des épées

L'une des différences avec l’heroic fantasy est que ces créatures ne sont pas toujours adversaires des humains, et parfois même, alliés comme le Dragon rouge dans l’Épée de Vérité.

Magie[modifier | modifier le code]

La magie est souvent très présente dans les œuvres de high fantasy, même si, souvent, elle reste contrôlée par quelques personnes seulement. Les sorciers forment donc souvent une sorte de caste à part, respectée ou haïe selon les cas.

Enjeux[modifier | modifier le code]

Structure récurrente[modifier | modifier le code]

Une structure particulière se retrouve dans plusieurs des œuvres représentatives. Celle du récit initiatique et de la quête d'un jeune héros pour sauver son monde. Une prophétie sert souvent de mécanisme narratif, de support à l'histoire et finira par s'accomplir sous une forme ou une autre à la fin du cycle.

Les récits de high fantasy sont épiques, remplis de batailles, de duels magiques, d'intrigues de cour complexes. L'atmosphère y est davantage féerique et les sujets plus moraux que dans l'heroic fantasy.

On y rencontre beaucoup de cycles-fleuve allant parfois jusqu'à une dizaine de tomes afin d'exploiter le monde gigantesque créé par l'auteur.

Quelques cycles représentatifs[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste d'œuvres de high fantasy.

Le plus connu :

Quelques classiques :

D'autres

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Œuvres d'autres médias[modifier | modifier le code]

Sur écran[modifier | modifier le code]

Les films, dans l'ordre chronologique 
les téléfilms et séries
les films d'animation, mangas et séries d'animation

Illustrateurs[modifier | modifier le code]

Brian Froud fut l'inspirateur de créatures pour le film Dark Crystal.

John Howe travailla sur le tournage du Seigneur des anneaux, et conçut également des couvertures pour la seconde trilogie de L'Assassin royal, de Robin Hobb.

Alan Lee, autre illustrateur reconnu se consacrant à l'univers de la Terre du Milieu. Il travailla sur le tournage de Legend. Il reçut l'Oscar de la direction artistique pour le troisième volet cinématographique du Seigneur des anneaux.

Boris Vallejo dépeint des mondes où règnent diverses créatures fantastiques, quoiqu'il s'apparente plus à l'heroic fantasy.

Jeux[modifier | modifier le code]