Jirō Taniguchi

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Jirō Taniguchi
Jirō Taniguchi au festival de bande dessinée de Lucques 2011
谷口 ジロー
Nationalité Drapeau du Japon Japonaise
Date (66 ans)
Mangaka
Employeurs Shōgakukan
Futabasha
Kōdansha
Akita Shoten
Maître Kyūta Ishikawa
Première œuvre Kareta heya

Jirō Taniguchi (谷口 ジロー, Taniguchi Jirō?) est un auteur de mangas seinen et gekiga, né le à Tottori, au Japon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jirō Taniguchi nait le à Tottori, au Japon, d'une famille « endettée, assez pauvre » : son père est coiffeur, sa mère femme de ménage et employée de pachinko[1],[2]. Enfant à la santé fragile, il passe beaucoup de temps à lire et à dessiner[2].

Lecteur dans sa jeunesse de mangas shōnen, il s'intéresse au seinen et au gekiga à partir de la fin des années 1960 sous l'influence de Yoshihiro Tatsumi et du magazine Garo[3]. Il décide de devenir mangaka en 1969, et monte alors à Tokyo où il devient l'assistant de Kyūta Ishikawa. Il publie sa première bande dessinée en 1970 : Kareta heya, puis devient assistant de Kazuo Kamimura. C'est à cette époque qu'il découvre la bande dessinée européenne, alors inconnue au Japon, et dont le style (netteté et diversité du dessin), notamment celui de la Ligne claire, va fortement l'influencer[4],[5].

Il finit par prendre son indépendance et s'associe dans les années 1980 avec les scénaristes Natsuo Sekikawa (également journaliste) et Caribu Marley, avec lesquels il publiera des mangas aux styles variés : aventures, policier, mais surtout un manga historique, Au temps de Botchan, sur la littérature et la politique dans le Japon de l'ère Meiji. C'est à cette époque qu'il décide de limiter ses sorties éditoriales, bien qu'il travaille toujours « huit à neuf heures par jour »[4].

À partir des années 1990, il se focalise sur les choses de la vie quotidienne, et sur les relations entre êtres humains, mais aussi entre les hommes et les animaux, avec L'Homme qui marche et Terre de rêves. Suivront L'Orme du Caucase, Le Journal de mon père et Quartier lointain, édités en France dans la collection Écritures de l'éditeur Casterman.

Autour du thème de la relation entre l'homme et la nature, il s'attache particulièrement à l'alpinisme, avec K, Le Sauveteur, Le Sommet des dieux et avec la nouvelle La Terre de la promesse (dans le recueil Terre de rêves).

Son atelier se trouve dans le quartier de Kumegawa (久米川?) de la ville de Higashimurayama (banlieue ouest de Tokyo)[4],[6].

Regards sur l'œuvre[modifier | modifier le code]

À ses débuts, Jirō Taniguchi s'inspire avec Natsuo Sekikawa du roman noir américain, avec pour objectif d'en faire une version BD humoristique, sans grand succès[7]. Il est également influencé par les romans animaliers, notamment ceux d'Ernest Thompson Seton dont il s'inspire pour Blanca (du nom d'un des chiens de Lobo the King of Currumpaw), et auquel il rendra hommage dans Seton[8].

Ses histoires plus récentes traitent de thèmes universels comme la beauté de la nature, l'attachement à la famille ou le retour en enfance. Il s'inspire d'ailleurs de sa vie personnelle : souvenirs de son enfance à Tottori dans Le Journal de mon père et Quartier lointain, débuts de mangaka à Tokyo dans Un zoo en hiver, ou relations avec ses animaux domestiques dans Terre de rêves.

Son dessin, bien que caractéristique du manga, est cependant accessible aux lecteurs qui ne connaissent que la bande dessinée occidentale. Taniguchi dit d'ailleurs trouver peu d'inspiration parmi les auteurs japonais[9], et est plus influencé par des auteurs européens, tels Jean Giraud, avec qui il a publié Icare, ou François Schuiten, proche comme lui de La Nouvelle Manga, mouvement initié par Frédéric Boilet, le promoteur du manga d'auteur en France. Il finit ainsi par sortir en France, en 2007, un titre sous le format de bande dessinée, La Montagne Magique, prépublié au Japon en décembre 2005 au format classique[10], puis une série de quatre tomes intitulée Mon Année à partir de novembre 2009, en collaboration avec le scénariste Jean-David Morvan, en attente de prépublication au Japon[11],[12].

Sur les thèmes qu'il traite dans ces mangas, Jirō Taniguchi déclare[13] :

« Si j'ai envie de raconter des petits riens de la vie quotidienne, c'est parce que j'attache de l'importance à l'expression des balancements, des incertitudes que les gens vivent au quotidien, de leurs sentiments profonds dans les relations avec les autres. [...] Dans la vie quotidienne, on ne voit pas souvent des gens hurler ou pleurer en se roulant par terre. Si mes mangas ont quelque chose d'asiatique, c'est peut-être parce que je m'attache à rendre au plus près la réalité quotidienne des sentiments des personnages. Si on y pénètre en profondeur, une histoire peut apparaitre même dans les plus petits et les plus banals évènements du quotidien. C'est à partir de ces moments infimes que je crée mes mangas. »

Jirō Taniguchi se dit également influencé par le cinéaste Yasujirō Ozu, chez qui on retrouve le même rythme et la même simplicité[4] :

« C'est une influence directe. J'ai été marqué par Voyage à Tokyo et Printemps tardif. Je les ai vus enfant, mais sans en apprécier toute la portée. Je m'y suis vraiment intéressé quand j'avais 30 ans. J'aime l'universalité et l'intemporalité de ses histoires et la simplicité efficace avec laquelle il les raconte. Aujourd'hui, j'y pense à chaque fois que je dessine un manga. »

Outre Voyage à Tokyo, ses films préférés sont Barberousse d'Akira Kurosawa et Le Retour d'Andreï Zviaguintsev[14]. Et pour lui, Osamu Tezuka, Utagawa Hiroshige, Edward Hopper, Vincent van Gogh et Gustav Klimt sont les cinq plus grands dessinateurs de l'Histoire[14].

Listes des œuvres[modifier | modifier le code]

Jirō Taniguchi à Paris en 2010

Années 1970 :

  • Kareta heya (嗄れた部屋?, littéralement « Une chambre rauque »)[note 1], 1970
  • Lindo!3 (リンド!3?), 1978, 4 volumes, réédité en 2004 en 1 volume, scénario de Natsuo Sekikawa
  • Mubōbi toshi (無防備都市?, litt. « Une ville sans défense »), 1978, 2 volumes, scénario de Natsuo Sekikawa

Années 1980 :

  • Jiken-ya kagyō (事件屋稼業?), 1980 (Trouble is my business, depuis 2013), scénario de Natsuo Sekikawa
  • Ōinaru Yasei (大いなる野生?, litt. « Les Grandes Régions Sauvages »), 1980, recueil de 7 nouvelles, augmenté à 10 lors de sa réédition en 1985
  • Ao no senshi (青の戦士?, litt. « Le Soldat en bleu »), 1980-1981, scénario de Caribu Marley
  • Hunting Dog (ハンティングドッグ?), 1980-1982, 2 volumes
  • Live! Odyssey (LIVE!オデッセイ, Live ! Odessei?), 1981, 3 volumes, 2 lors de ses rééditions en 1987 et 1998, scénario de Caribu Marley
  • Knuckle Wars (ナックルウォーズ?), 1982-1983, 3 volumes, 2 lors de sa réédition en 1988, scénario de Caribu Marley
  • Shin-jiken-ya kagyō (新・事件屋稼業?), 1982-1994, 4 volumes, 5 lors de sa réédition de 1994, 6 lors de celle de 1996, scénario de Natsuo Sekikawa
  • Seifū ha shiroi (西風は白い?, litt. « Le Vent d'ouest est blanc »), 1984, recueil de 8 nouvelles, scénario de Natsuo Sekikawa
  • Rude Boy (ルードボーイ, Rūdo bōi?), 1984-1985, collaboration avec Caribu Marley
  • Blanca (ブランカ, Buranka?), 1984-1986 (Le Chien Blanco, 1996, Blanco volumes 1 et 2, 2009), 2 volumes
  • Enemigo, 1985 (Enemigo, 2012), scénario de M.A.T.
  • Kaikei shuten Hotel Harbour View (海景酒店 Hotel Harbour View?)[note 2], 1986, scénario de Natsuo Sekikawa
  • K, 1986 (K, 2006), scénario de Shirō Tōzaki
  • Botchan no jidai (ぼっちゃんの時代?), 1987-1996 (Au temps de Botchan, 2002-2006), scénario de Natsuo Sekikawa, fresque en cinq volumes évoquant l'ère Meiji et ses écrivains
  • Chikyū hyōkai-ji-ki (地球氷解事紀, litt. « L'Ère de la fonte glacière »?), 1987-1988, 2 volumes
  • Genjū jiten (原獣事典?), 1987-1990 (Encyclopédie des animaux de la préhistoire, 2006), one shot
  • Garōden (餓狼伝?), 1989-1990 (Garôden, 2011), scénario de Baku Yumemakura, one shot

Années 1990 :

  • Samurai non grata (サムライ・ノングラータ, Samurai-nongurāta?), 1990-1991, scénario de Toshihiko Yahagi
  • Aruku hito (歩くひと?), 1990-1991 (L'Homme qui marche, 1995), one shot
  • Benkei in N.Y., 1991-1995, scénario de Jinpachi Mōri
  • Kaze no shō (風の抄?), 1992 (Kaze no shô, le livre du vent, 2004), one shot, scénario de Kan Furuyama
  • Inu o kau (犬を飼う?, litt. « Élever un chien »), 1991-1992 (Terre de rêves, 2005), recueil de 5 nouvelles
  • Hitobito Series: Keyaki no ki (人びとシリーズ「けやきのき」, Hitobito Shirīzu : Keyaki no ki?, litt. « Série sur les humains : Le Zelkova du Japon »), 1993 (L'Orme du Caucase, 2004), recueil de 8 nouvelles, scénario de Ryūichirō Utsumi
  • Mori e (森へ?, litt. « vers la forêt »), 1994
  • Chichi no koyomi (父の暦?), 1994 (Le Journal de mon père, 1999), one shot
  • Kodoku no gourmet (孤独のグルメ, Kodoku no gurume?), 1994-1996 (Le Gourmet solitaire, 2005), one shot, scénario de Masayuki Kusumi
  • Kami no inu Blanca II (神の犬 ブランカII, Kami no inu Buranka II?, litt. « Le Chien divin, Blanca II »), 1995-1996 (Blanco volumes 3 et 4, 2010), 2 volumes
  • Icare (イカル, Ikaru?), 1997 (Icare, 2005), one shot, scénario de Mœbius
  • Haruka-na machi e (遥かな町へ?), 1998 (Quartier lointain, 2002), 2 volumes
  • Tōkyō genshi-kō (東京幻視行?), 1999
  • Sōsakusha (捜索者?, litt. « L'enquêteur »), 1999 (Le Sauveteur, 2007), one shot

Années 2000 :

  • Kamigami no Itadaki (神々の山嶺?), 2000-2003 (Le Sommet des dieux, 2004), 5 volumes, scénario de Baku Yumemakura
  • Ten no taka (天の鷹?, litt. « Le Faucon du ciel »), 2001-2002 (Sky Hawk, 2009)
  • Sampo mono (散歩もの?), 2003-2005 (Le Promeneur, 2006), scénario de Masayuki Kusumi
  • Tōdo no tabibito (凍土の旅人?), 2004 (L'Homme de la toundra, 2006), recueil de 6 nouvelles
  • Hareyuku sora (晴れゆく空?), 2004 (Un ciel radieux, 2006), one shot
  • Seton (シートン, Shīton?), 2004-2006 (Seton, depuis 2005), 4 volumes indépendants parus, scénario de Yoshiharu Imaizuma sur Ernest Thompson Seton
  • Mahō no yama (魔法の山?), prépublié en 2005 (La Montagne magique, 2007), one shot
  • Sensei no kaban (センセイの鞄?, litt. « Le Sac du professeur »), 2008 (Les Années douces, 2010-2011), 2 tomes, d'après le roman de Hiromi Kawakami
  • Fuyu no dōbutsuen (冬の動物園?), 2008 (Un zoo en hiver, 2009), one shot
  • Mon année, 2009, 4 volumes, scénario de Jean-David Morvan
  • Taniguchi Jirō Senshū (谷口ジロー選集?, litt. « Sélection/anthologie de Jirō Taniguchi  ») : Inu o kau to 12 no tanpen (犬を飼うと12の短編?, litt. « Élever un chien et 12 histoires courtes »), 2009 (Jirô Taniguchi, une anthologie, 2010), one shot regroupant les recueils Inu o kau (Terre de rêves) et Tōdo no tabibito (L'Homme de la toundra), ainsi que deux nouvelles inédites : La Lune finissante (秘剣残月, Hiken zangetsu?) et Une lignée centenaire (百年の系譜, Hyakunen no keifu?)[note 3]

Années 2010 :

  • Nazuke enumono (名づけえぬもの?), 2010
  • Furari. (ふらり。?), 2011 (Furari, 2012), one shot inspiré de la vie de Tadataka Inō
  • Ryōken tantei (猟犬探偵?), 2011-2012 (Les Enquêtes du limier, 2013), 2 tomes, d'après le roman St Mary no ribbon (セント・メリーのリボン, Sento Merī no ribon?) d’Itsura Inami
  • Kōya yori (荒野より?, From Wilderness), 2012, recueil de nouvelles reprenant notamment Nazuke enumono

Œuvres collaboratives[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

L'oeuvre de Jirō Taniguchi a fait l'objet d'une exposition monographique en France : "Eloge du détour", produite en 2012 par l'Abbaye de Fontevraud, sous la direction artistique de Xavier Kawa-Topor, commissariat de Ilan Nguyen. Cette exposition a été présentée en différents lieux en France dont la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l'Image à Angoulême.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

(ja) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en japonais intitulé « 谷口ジロー » (voir la liste des auteurs)

  1. Cette première œuvre est parfois évoquée en français sous le titre Un été desséché ou Une chambre fanée
  2. 酒店 peut se lire également sakamise, saketen ou sakadana
  3. Ont également été réédités dans cette anthologie Blanca et Kami no inu Blanca II, en un tome chacun

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ja) Japon, Japon, Asukashinsha,‎ 2005, 232 p. (ISBN 4-87031-6994)
  2. a, b et c Sabrina Champenois, « Trait très sensible », Libération, le 22 novembre 2010
  3. Un monde manga, documentaire de Hervé Martin-Delpierre et Jérôme Schmidt, France, 2004. Extrait consacré à Jirō Taniguchi sur Dailymotion
  4. a, b, c et d Stéphane Jarno, « Le croqueur d'ordinaire », Télérama, no 3014,‎ 21 octobre 2007 (lire en ligne)
  5. Jirō Taniguchi, La Montagne magique, Casterman,‎ 2005 (ISBN 9782203003224, présentation en ligne), préface
  6. (ja) Frédéric Boilet, « 写真で見るヌーベルまんが 5 », sur http://www.boilet.net/,‎ 6 août 2004 (consulté le 3 juillet 2009)
  7. Vincent Bernière, « Les Contemplatifs : Jirô Taniguchi », Beaux Arts hors-série, no 2H,‎ novembre 2008, p. 144 (ISSN 0757-2271) :

    « Il débute difficilement sa carrière [...] par de courts récits influencés par le hard-boiled américain. Son scénariste, Natsuo Sekikawa, résume assez bien la situation d'alors : « Les rares critiques favorables classaient toujours nos créations dans le genre polar. Nous comprenions que ces critiques ne nous étaient pas hostiles, nous ne pouvions pas protester, mais notre intention n'avait jamais été de faire du polar. Non, nous avions l'ambition d'écrire des récits humoristiques. » »

  8. Jirō Taniguchi, Blanco, vol. 1, Sakka,‎ 11 mars 2009, 1e éd., 280 p. (ISBN 9782203020924)
  9. (ja) Tim Lehmann, Manga: Masters of the art [« マンガマスター―12人の日本マンガ職人たち »], Japon, Bijutsu shuppansha,‎ janvier 2005, 256 p. (ISBN 456850273X) : « 日本で一番影響を受けているんじゃないか »
  10. (ja) « Historique de Young Jump - année 2005-2006 », sur Young Jump, Shueisha (consulté le 14 décembre 2009)
  11. Laurence Le Saux, « Jean David Morvan, plus que jamais franco-japonais », sur Bodoï,‎ 7 décembre 2009 (consulté le 14 décembre 2009)
  12. « Mon année - Printemps », sur Dargaud (consulté le 14 décembre 2009)
  13. Jean-Philippe Toussaint et Corinne Quentin, « Rêveries d'un promeneur solitaire », Castermag, no 23,‎ été 2008, p. 4 (lire en ligne)
  14. a et b Arnaud Bordas, « Jirô Taniguchi - Un Japonais à Paris », Le Figaro Magazine, no 801,‎ 1er août 2009, p. 68 (ISSN 0184-9336, lire en ligne)
  15. « M. Frédéric Mitterrand a assisté au 14 juillet à Koriyama », sur Ambassade de France au Japon (consulté le 21 juillet 2011)
  16. Remise de décoration à Mme Keiko KISHI (Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres), Mme Reiko KRUK, (Officier dans l’ordre des Arts et des Lettres), M. Jiro TANIGUCHI (Chevalier dans l’ordre des Arts et des Lettres), M. et Mme Shin et Yuko KIBAYASHI, Ministère de la Culture et communication, le 15 juillet 2011
  17. a et b « Quartier Lointain », sur Allociné (consulté le 2 novembre 2010)
  18. « Quartier Lointain », sur théâtre contemporain (consulté le 28 septembre 2011)
  19. Le Gourmet Solitaire adapté en drama, Manga-news.com, le 19 décembre 2011

Documentation[modifier | modifier le code]

  • Jirō Taniguchi (int. Franck Aveline), « Entretien avec Jirô Taniguchi », dans L'Indispensable n°0, février 1998, p. 24-38.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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