Nicholas Ray

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Nicholas Ray

Nom de naissance Raymond Nicholas Kienzle
Naissance 7 août 1911
Galesville, Wisconsin, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Décès 16 juin 1979 (à 67 ans)
New York, États-Unis
Profession Réalisateur, scénariste, acteur
Films notables Les Amants de la nuit,
Johnny Guitare,
La Fureur de vivre,
Traquenard,
Les 55 jours de Pékin

Nicholas Ray, de son vrai nom Raymond Nicholas Kienzle, est un réalisateur, scénariste et acteur américain né le 7 août 1911 à Galesville (Wisconsin) et mort le 16 juin 1979 à New York (New York).

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le plus jeune de quatre enfants. Sa mère est artiste. Son père, allemand catholique devenu luthérien, a déjà deux filles d'un mariage précédent, il est alcoolique et violent avec ses enfants.

Nicholas Ray étudie d'abord à l'Université de Chicago qu'il quitte en 1932, il déménage ensuite à New York et change de nom. Puis il retourne au Wisconsin, invité par Frank Lloyd Wright, avec qui il étudie à Taliesin, une école d'architecture. Il quitte à nouveau cette école pour revenir à New-York.

Avec à peine 100 dollars en poche, il rejoint le groupe du Théâtre d'Improvisation de New-York. Il y rencontre le producteur Elia Kazan, surtout connu pour sa façon peu commune de pousser ses étudiants jusqu'à leurs limites ; cette façon d'enseigner marque Nicholas Ray pour le reste de sa vie. D'ailleurs, lorsque Kazan produit son premier film à Hollywood Le Lys de Brooklyn, il est engagé comme assistant. Nicholas épouse, en 1936, Jean Evans (née Jean Abrams), une journaliste qui lui donne un fils, Anthony (dit Tony) né en 1937, et dont il divorce en 1940. Il commence alors à réaliser ses propres films, le premier Les Amants de la nuit, puis en 1948, Secret de femme, avec Gloria Grahame, qu'il épouse à la suite du tournage, en 1948. Il s'en sépare en 1950, après avoir surpris Gloria couchant avec Tony (qui n'avait que 13 ans à l'époque). Gloria et Nicholas ont un fils Timothy.

Ray enchaîne les tournages : Les Ruelles du malheur avec Humphrey Bogart, Le Violent, en 1950. Viennent ensuite Born to Be Bad, de Les Diables de Guadalcanal (avec John Wayne), La Maison dans l'ombre, Les Indomptables et surtout Johnny Guitare, qui remporte un très grand succès.

Après cette réussite, Nicholas Ray est contacté par la Warner Bros.. La Warner qui a acheté les droits de Rebel Without a Cause, un livre écrit par le psychiatre Robert M. Lindner en 1944, sur les adolescents violents, lui demande d'en réaliser l'adaptation cinématographique et envisage, pour les rôles principaux, de faire appel à Marlon Brando et Sidney Lumet. Mais ceux-ci refuse le projet.

Le sujet de la délinquance juvénile, omniprésent depuis longtemps dans les médias américains, incite Ray à s'engager dans le projet : «Ce n'était ni le psychopathe ni le fils d'une famille mal famée qui m'intéressait». Ray commence cependant à écrire sa propre histoire, The Blind Run, une histoire crue faite d'une suite de scènes choquantes et brutales, d'actes criminels, en 17 pages. Avec le producteur David Weisbart, il refond l'histoire pour la rendre plus acceptable. Ray réalise toute l'absurdité des théories de Lindner dont Rebel Without a Cause (La Fureur de vivre) doit faire état : les méchants viennent de petites familles pauvres, les riches sont les gentils : «C'est totalement faux, dit Ray. C'est nous tous».

Pour peaufiner le scénario de Rebel, Ray fait appel à un dynamique auteur de 32 ans, Stewart Stern. Et sur les conseils de Kazan, Ray choisit James Dean pour jouer le personnage principal[1]. La Warner Bros doute du choix de l'acteur principal, elle aurait plutôt aimé de plus jeunes acteurs, des étoiles montantes, comme Robert Wagner, Tab Hunter ou John Kerr. Le rôle principal féminin revient à Natalie Wood, alors âgée de 16 ans, avec qui Ray aurait eu une liaison durant le tournage. La bande sonore du film bénéficie du concours de Leonard Rosenman, qui a composé la musique pour À l'est d'Éden.

James Dean meurt peu après, une semaine avant la première de Géant. Alors que par son destin tragique Dean entre dans la légende, Ray est anéanti par sa mort. Il épouse en 1958 une danseuse Betty Utley dont il divorce en 1964, après la naissance de deux filles : Nica et Julie. Ray réalise Le Roi des rois et Les 55 jours de Pékin. Le malaise cardiaque qui le terrasse sur le plateau des 55 jours brise sa carrière, il devient alcoolique et joueur compulsif, il perd sa fortune. De plus en plus exalté au sujet de James Dean, il affirme que ce dernier lui a légué des biens matériels[2].

En 1969, à 58 ans, il rencontre à l'université de Chicago sa quatrième et dernière femme, Susan Schwartz, une étudiante âgée de 18 ans. Il meurt d'un cancer des poumons le 16 juin 1979. Ses derniers mois de vie ont été filmés par son ami Wim Wenders qui l'avait fait jouer dans L'Ami américain.

Nicholas Ray et le renouveau d'Hollywood[modifier | modifier le code]

Nicholas Ray est l'un des initiateurs de l'évolution du cinéma hollywodien dans l'après-deuxième guerre mondiale, avec entre autres Elia Kazan. Les traits marquants de ce nouveau cinéma est la figure de l'anti-héros: loin des canons d'avant-guerre, les personnages principaux de ces films sont des «perdants», des marginaux, des héros vieillissants ou fatigués, en décalage avec leur milieu ou leur époque. Cela est particulièrement vrai dans l'œuvre de Nicholas Ray où, le plus souvent, le héros ou un des personnages principaux connaît une fin tragique.

Même quand il s'attaqua à un genre hollywodien par excellence, la superproduction biblique, avec Le Roi des rois (d'ailleurs inspiré par le maître du genre, Cecil B. De Mille, qui réalisa un film du même titre et sur le même thème en 1927), le traitement de son sujet resta dans la tonalité du reste de sa filmographie, puisque contrairement à la pratique antérieure, qui choisissait en général ses thèmes dans l'Ancien Testament et en tout cas dans une approche laudative, exultante et pieuse, il choisit de traiter ce qui fait le cœur du Nouveau Testament et des Évangiles, la vie de Jésus, mais en s'attachant moins tant à l'aspect religieux du thème qu'au parcours terrestre de l'individu dans un mode de narration proche de celui du peplum, parcours qui, d'un point de vue objectif, est celle d'un loser, rejeté par les institutions religieuses hébreuses et condamné à mort par l'occupant romain, si l'on ne considère pas le devenir de son message.

La spécificité de Nicholas Ray dans le cinéma américain et plus spécialement hollywodien est que, contrairement à beaucoup de ses contemporains (Elia Kazan et Joseph Losey, déjà cités, mais aussi Jules Dassin et bien d'autres cinéastes du début des années 1950), sa filmographie reste inscrite dans le «cinéma de genre» (western, film noir, superproduction «antique», peplum...) mais aussi que, contrairement à ses autres contemporains «classiques», dans chaque genre où il s'illustre il dynamite les canons : le personnage central est donc souvent un «anti-héros», les personnages masculins apparaissent souvent faibles ou emplis de doute, dans nombre de ses films le personnage fort est une figure féminine, enfin il introduit souvent un élément qui fera le cœur des films de genre dans les décennies suivantes, celui de la violence sans but. L'œuvre de Sam Peckinpah ou de Don Siegel (pourtant son contemporain), de même que celle de bien des réalisateurs italiens de western spaghetti, au premier rang desquels Sergio Leone, sont très redevables des thématiques et de l'esthétique de Nicholas Ray.

Le tragique dans l'œuvre de Nicholas Ray[modifier | modifier le code]

Un trait paradoxal de ce réalisateur est l'absence réelle de suspense dans ses films dont c'est pourtant un ressort essentiel (films noirs, westerns, thrillers). On peut le considérer comme un auteur tragique en ce sens que la trajectoire de ses personnages est le plus souvent prévisible dès le début du film, d'une manière assez similaire aux procédés de la tragédie grecque.

Comme dans la tragédie, Nicholas Ray fait reposer la tension du récit non sur l'indétermination mais sur cette prévisibilité, le spectateur étant alors captivé par une attente contradictoire entre l'anticipation d'une fin inéluctable et le désir de voir les héros échapper à cette fin.

Influence[modifier | modifier le code]

Dans les décennies suivant son apogée, Ray reste une influence majeure pour de grands réalisateurs :

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

articles[modifier | modifier le code]

Récompenses et propositions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Propositions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Wagner : Nicholas Ray, Rivages, 1987
  • Bernard Eisenschitz : Roman américain - Les vies de Nicholas Ray, Christian Bourgois, 1990.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les deux hommes ont beaucoup en commun ; ils ont par exemple eu un mauvais père (le père de Dean l'a abandonné à l'âge de six ans)
  2. comme ce fusil qu'il exhibe devant des étudiants de la Sorbonne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]