Nicholas Ray

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Nicholas Ray

Nom de naissance Raymond Nicholas Kienzle
Naissance
Galesville, Wisconsin, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Décès (à 67 ans)
New York, États-Unis
Profession Réalisateur, scénariste, acteur
Films notables Les Amants de la nuit,
Johnny Guitare,
La Fureur de vivre,
Traquenard,
Les 55 jours de Pékin

Nicholas Ray, de son vrai nom Raymond Nicholas Kienzle, est un réalisateur, scénariste et acteur américain né le à Galesville (Wisconsin) et mort le à New York (New York).

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le plus jeune de quatre enfants. Son père, qui a déjà eu deux filles d'un mariage précédent, est alcoolique. Allemand catholique, il devient luthérien. Sa mère travaille dans le domaine artistique.

Nicholas Ray étudie d'abord à l'Université de Chicago qu'il quitte en 1932. Il déménage par la suite à New York et change de nom. Puis il retourne au Wisconsin, invité par Frank Lloyd Wright, avec qui il étudie dans une école d'architecture, nommée Taliesin. Il quitte à nouveau cette école… pour revenir à New-York.

Avec à peine 100 dollars en poche, il rejoint un groupe de Théâtre d'Improvisation de New-York. C'est là qu'il rencontre le producteur Elia Kazan, surtout connu pour sa façon peu commune de pousser ses étudiants dans leurs limites ; c'est cette façon d'enseigner qui marque Nicholas Ray pour le reste de sa vie. D'ailleurs, lorsque Kazan produit son premier film à Hollywood Le Lys de Brooklyn, il est engagé comme assistant.

Il commence alors à réaliser ses propres films. Le premier s'intitule Les Amants de la nuit. En 1949, il produit Secret de femme, mettant en vedette Gloria Grahame, qu'il épouse à la suite du tournage. Puis se succèdent les tournages : Les Ruelles du malheur avec Humphrey Bogart, Le Violent en 1950. Viennent ensuite Born to Be Bad, de Les Diables de Guadalcanal (avec John Wayne), La Maison dans l'ombre , Les Indomptables et Johnny Guitare, un succès au box-office.

Après cette réussite, Nicholas Ray rencontre la compagnie Warner Bros., qui lui demande de réaliser La Fureur de vivre. Ce film doit être, au départ, une vision des travaux du Docteur Robert M. Lindner sur les adolescents violents. Warner Bros, qui avait acheté les droits de cette œuvre, envisage de faire appel à deux jeunes acteurs principaux (Marlon Brando et Sidney Lumet). Cependant, aucun des deux n'accepte de participer à ce projet.

Le sujet de la délinquance juvénile est omniprésent dans les médias américains depuis longtemps à l'époque et c'est ce qui incite Ray à s'engager dans le projet. Il a d'ailleurs déclaré à ce sujet: «Ce n'était ni le psychopathe ni le fils d'une famille mal famée qui m'intéressait». Peu après, Ray commence cependant à écrire sa propre histoire, intitulée The Blind Run, une histoire crue de 17 pages qui est une série de scènes choquantes et brutales et d'actes criminels. Se joint à lui le producteur David Weisbart, avec qui il refond l'histoire pour la rendre plus acceptable. Par la suite, Ray réalise toute l'absurdité de l'étude dont Rebel Without a Cause doit exposer les théories : les méchants viennent de petites familles pauvres, les riches sont les gentils. «C'est totalement faux, dit Ray. C'est nous tous».

Pour peaufiner le scénario de Rebel, il fait appel à un dynamique auteur de 32 ans, Stewart Stern. Ray sélectionne James Dean afin de jouer le personnage principal du long métrage. Les deux hommes ont beaucoup en commun ; ils ont par exemple eu un mauvais père (le père de Dean l'a abandonné à l'âge de six ans).

La bande sonore du film bénéficie du concours de Leonard Rosenman, qui a composé la musique pour À l'est d'Éden.

Cependant la Warner Bros reste de glace par rapport au choix de l'acteur principal. La compagnie veut plutôt des jeunes acteurs, des étoiles montantes, comme Robert Wagner, Tab Hunter ou John Kerr. Pour trouver la vedette féminine du film, il fait appel à Natalie Wood, alors âgée de 16 ans.

James Dean meurt peu après, une semaine avant la grande première du film Géant. Alors que son destin tragique l'inscrit dans la légende, Ray est au bout du rouleau. La mort de Dean représente une grande perte pour lui. Voulant désespérément le remplacer, il réalise Le Roi des rois et Les 55 jours de Pékin. Cependant, il est victime d'un malaise cardiaque sur le plateau de 55 Days. Cela sonne le glas de sa carrière. Il a tout perdu. Il devient de plus en plus exalté au sujet de James Dean, affirmant que ce dernier lui a légué des biens matériels, comme par exemple ce fusil qu'il exhibe devant des étudiants de la Sorbonne.

Devenu alcoolique et joueur compulsif, sa fortune fond à vue d'œil. En 1969, à 58 ans, il rencontre à l'université de Chicago sa quatrième et dernière femme, Susan Schwartz, une étudiante âgée de 18 ans.

Il meurt d'un cancer des poumons le 16 juin 1979.

Nicholas Ray et le renouveau d'Hollywood[modifier | modifier le code]

Nicholas Ray est l'un des initiateurs de l'évolution du cinéma hollywodien dans l'après-deuxième guerre mondiale, avec entre autres Elia Kazan. Les traits marquants de ce nouveau cinéma est la figure de l'anti-héros: loin des canons d'avant-guerre, les personnages principaux de ces films sont des «perdants», des marginaux, des héros vieillissants ou fatigués, en décalage avec leur milieu ou leur époque. Cela est particulièrement vrai dans l'œuvre de Nicholas Ray où, le plus souvent, le héros ou un des personnages principaux connaît une fin tragique.

Même quand il s'attaqua à un genre hollywodien par excellence, la superproduction biblique, avec Le Roi des rois (d'ailleurs inspiré par le maître du genre, Cecil B. De Mille, qui réalisa un film du même titre et sur le même thème en 1927), le traitement de son sujet resta dans la tonalité du reste de sa filmographie, puisque contrairement à la pratique antérieure, qui choisissait en général ses thèmes dans l'Ancien Testament et en tout cas dans une approche laudative, exultante et pieuse, il choisit de traiter ce qui fait le cœur du Nouveau Testament et des Évangiles, la vie de Jésus, mais en s'attachant moins tant à l'aspect religieux du thème qu'au parcours terrestre de l'individu dans un mode de narration proche de celui du peplum, parcours qui, d'un point de vue objectif, est celle d'un loser, rejeté par les institutions religieuses hébreuses et condamné à mort par l'occupant romain, si l'on ne considère pas le devenir de son message.

La spécificité de Nicholas Ray dans le cinéma américain et plus spécialement hollywodien est que, contrairement à beaucoup de ses contemporains (Elia Kazan et Joseph Losey, déjà cités, mais aussi Jules Dassin et bien d'autres cinéastes du début des années 1950), sa filmographie reste inscrite dans le «cinéma de genre» (western, film noir, superproduction «antique», peplum...) mais aussi que, contrairement à ses autres contemporains «classiques», dans chaque genre où il s'illustre il dynamite les canons : le personnage central est donc souvent un «anti-héros», les personnages masculins apparaissent souvent faibles ou emplis de doute, dans nombre de ses films le personnage fort est une figure féminine, enfin il introduit souvent un élément qui fera le cœur des films de genre dans les décennies suivantes, celui de la violence sans but. L'œuvre de Sam Peckinpah ou de Don Siegel (pourtant son contemporain), de même que celle de bien des réalisateurs italiens de western spaghetti, au premier rang desquels Sergio Leone, sont très redevables des thématiques et de l'esthétique de Nicholas Ray.

Le tragique dans l'œuvre de Nicholas Ray[modifier | modifier le code]

Un trait paradoxal de ce réalisateur est l'absence réelle de suspense dans ses films dont c'est pourtant un ressort essentiel (films noirs, westerns, thrillers). On peut le considérer comme un auteur tragique en ce sens que la trajectoire de ses personnages est le plus souvent prévisible dès le début du film, d'une manière assez similaire aux procédés de la tragédie grecque.

Comme dans la tragédie, Nicholas Ray fait reposer la tension du récit non sur l'indétermination mais sur cette prévisibilité, le spectateur étant alors captivé par une attente contradictoire entre l'anticipation d'une fin inéluctable et le désir de voir les héros échapper à cette fin.

Influence[modifier | modifier le code]

Dans les décennies suivant son apogée, Ray reste une influence majeure pour de grands réalisateurs :

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Un article lui est dédié[modifier | modifier le code]

Ecrit en 1961 une article: Un étranger ici-bas : Nicholas Ray en Amérique écrit dans la revue Etudes cinématographiques par Jean-Pierre Bastid

Récompenses et propositions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Propositions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Wagner : Nicholas Ray, Rivages, 1987
  • Bernard Eisenschitz : Roman américain - Les vies de Nicholas Ray, Christian Bourgois, 1990.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]