Dolomites

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Dolomites
Carte de localisation des Dolomites.
Carte de localisation des Dolomites.
Géographie
Altitude 3 343 m, Marmolada
Massif Alpes
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région autonome
Région
Trentin-Haut-Adige
Vénétie
Géologie
Roches Roches sédimentaires
Les Dolomites *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Image estivale du Gruppo del Focobon
Image estivale du Gruppo del Focobon
Coordonnées 46° 36′ 47″ N 12° 09′ 47″ E / 46.61306, 12.1630646° 36′ 47″ Nord 12° 09′ 47″ Est / 46.61306, 12.16306  
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Type Naturel
Critères (vii) (viii)
Superficie 135 911 ha
Zone tampon 98 512 ha
Numéro
d’identification
1237rev
Zone géographique Europe et Amérique du Nord **
Année d’inscription 2009 (33e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Les Dolomites (en italien Dolomiti) sont un massif des Préalpes orientales méridionales. Elles s'élèvent en Italie (Trentin-Haut-Adige et Vénétie). Depuis le 26 juin 2009, les Dolomites sont inscrites au Patrimoine mondial de l'UNESCO.

Au sens large, elles sont également un ensemble des Alpes composé des Alpes de Fiemme et des Préalpes vicentines.

Avant de prendre le nom de « Dolomites », en hommage à Déodat Gratet de Dolomieu, elles étaient couramment appelées Monti Pallidi, les « montagnes pâles ».

Avec ses 3 343 mètres d'altitude, la Marmolada est le point culminant du massif.

Géographie[modifier | modifier le code]

Panorama sur le Hohe Tauern, qui borde les Dolomites au nord, depuis le Plan de Corones.
Panorama sur les Dolomites depuis la Marmolada.

Situation[modifier | modifier le code]

Massif du Sella depuis Selva di Val Gardena
Le massif de la Marmolada depuis celui des Fanes
Le massif de la Marmolada depuis le Sass Pordoi
Le massif du Sassolungo, ou Langkofel, depuis l'Alpe di Siusi
Le versant oriental du massif du Sassolungo, ou Langkofel
Le massif des Odle, ou Geislerspitzen
Massif des Fanes
Sciliar
Le massif du Catinaccio, ou Rosengarten, vu de Cornedo all'Isarco

Les limites du massif sont assez variables selon les points de vue, mais traditionnellement, elles sont telles qu'il est entouré des Alpes de Zillertal et du Hohe Tauern au nord, des Alpes carniques au nord-est, des Préalpes carniques à l'est, des Préalpes vicentines au sud-ouest, des Alpes de Fiemme à l'ouest et des Alpes de Sarntal au nord-ouest.

Il est bordé par l'Isarco au nord-ouest, la Rienza au nord et le Piave à l'est.

Partition[modifier | modifier le code]

  • Massif du Sella
  • Massif de la Marmolada
  • Massif du Tofane
  • Massif du Sassolungo
  • Geislerspitzen
  • Massif de Puez
  • Massif des Fanes
  • Sciliar
  • Catinaccio
  • Marmarole
  • Massif du Schiara
  • Dolomites de Braies
  • Dolomites de Sesto
  • Vette Feltrine
  • Monti del Sole
  • Pale
  • Civetta
  • Cadini

Principaux sommets[modifier | modifier le code]

  • Marmolada ou Punta Penia (Marmolada), 3 343 m
  • Punta Rocca (Marmolada), 3 309 m
  • Antelao, 3 263 m
  • Tofane central (Tofane), 3 241 m
  • Tofane intérieur (Tofane), 3 238 m
  • Punta Ombretta (Marmolada), 3 230 m
  • Tofane antérieur (Tofane), 3 225 m
  • Monte Civetta (Civetta), 3 220 m
  • Monte Cristallo, 3 216 m
  • Sorapiss, 3 205 m
  • Cima di Vezzana (Pale), 3 192 m
  • Cimon della Pala (Pale), 3 184 m
  • Sassolungo (Sassolungo), 3 181 m
  • Monte Pelmo, 3 169 m
  • Cima dei Tre Scarperi (Dolomites de Sesto), 3 162 m
  • Piz Boè (Sella), 3 152 m
  • Piz Popena, 3 152 m
  • Croda Rossa d'Ampezzo (Dolomites de Braies), 3 148 m
  • Dreischusterspitze (Dolomites de Sesto), 3 145 m
  • Cima Bureloni (Pale), 3 132 m
  • Punta Grohmann ou Sasso Levante (Sassolungo), 3 128 m
  • Torre Innerkofler (Sassolungo), 3 098 m
  • Croda dei Toni (Dolomites de Sesto), 3 094 m
  • Cima Undici (Dolomites de Sesto), 3 092 m
  • Spallone del Sassolungo (Sassolungo), 3 081 m
  • Piz dles Cunturines (Fanes), 3 077 m
  • Monte Serauta (Marmolada), 3 069 m
  • La Varela (Fanes), 3 055 m
  • Cima di Focobon (Pale), 3 054 m
  • Pizzo Serauta (Marmolada), 3 035 m
  • Furchetta (Geislerspitzen), 3 030 m
  • Sass Rigais (Geislerspitzen), 3 027 m
  • Sasso delle Dieci (Fanes), 3 026 m
  • Catinaccio d'Antermoia (Catinaccio), 3 004 m
  • Dente del Sassolungo (Sassolungo), 3 001 m
  • Tre Cime di Lavaredo (Dolomites de Sesto), 2 999 m
  • Punta delle Cinque Dita (Sassolungo), 2 998 m
  • Pala di San Martino (Pale), 2 987 m
  • Cima Pisciadù (Sella), 2 985 m
  • Catinaccio (Catinaccio), 2 981 m
  • Sassopiatto (Sassolungo), 2 969 m
  • Sasso delle None (Fanes), 2 967 m
  • Haunold (Dolomites de Sesto), 2 966 m
  • Croda Rossa di Sesto (Dolomites de Sesto), 2 965 m
  • Sass Pordoi (Sella), 2 952 m
  • Cima Fradusta (Pale), 2 939 m
  • Cimon del Froppa (Marmarole), 2 932 m
  • Cima Bastioni (Marmarole), 2 926 m
  • Croda dei Baranci (Dolomites de Sesto), 2 922 m
  • Puezspitzen (Puez), 2 918 m
  • Boéseekofel (Sella), 2 910 m
  • Sass dla Crusc (Fanes), 2 907 m
  • Monte Mulaz (Pale), 2 906 m
  • Cima Piatta Alta (Dolomites de Sesto), 2 905 m
  • Cima delle Busazze (Civetta), 2 894 m
  • Punta Civetta (Civetta), 2 892 m
  • Cima Scalieret (Catinaccio), 2 887 m
  • Monte Agnèr (Pale), 2 871 m
  • Pala di Meduce (Marmarole), 2 864 m
  • Cima Canali (Pale), 2 846 m
  • Picco di Vallandro (Dolomites de Braies), 2 839 m
  • Cima Cadin di San Lucano (Cadini), 2 839 m
  • Cima Eötvös (Cadini), 2 837 m
  • Croda Grande (Pale), 2 839 m
  • Cima Dantersass (Sassolungo), 2 825 m
  • Sass Maor (Pale), 2 814 m
  • Torri del Vajolet (Catinaccio), 2 813 m
  • Croda di Re Laurino (Catinaccio), 2 813 m
  • Cima Sforcella (Catinaccio), 2 810 m
  • Croda del Becco (Dolomites de Braies), 2 810 m
  • Monte Sella di Sennes (Dolomites de Braies), 2 787 m
  • Cima di Ball (Pale), 2 783 m
  • Croda Davoi (Catinaccio), 2 745 m
  • Cima della Rosetta (Pale), 2 743 m
  • Cima della Madonna (Pale), 2 733 m
  • Monte Moiazetta (Civetta), 2 727 m
  • Puezkofel (Puez), 2 723 m
  • Crepe di Lausa (Catinaccio), 2 719 m
  • Torre di Valgrande (Civetta), 2 715 m
  • Cima die Mezzo del Principe (Catinaccio), 2 705 m
  • Cogolo di Larsec (Catinaccio), 2 679 m
  • Monte Sella di Vigil (Dolomites de Braies), 2 673 m
  • Sassongher (Puez), 2 665 m
  • Torre d'Alleghe (Civetta), 2 649 m
  • Torre Coldai (Civetta), 2 600 m
  • Monte Schiara (Schiara), 2 565 m
  • Sciliar ou Monte Petz (Sciliar), 2 562 m
  • Monte Talvena (Schiara), 2 542 m
  • Cima di Mede (Civetta), 2 504 m
  • Monte Pelf (Schiara), 2 502 m

Principales vallées[modifier | modifier le code]

Principaux cols routiers[modifier | modifier le code]

  • Col Sella, 2 244 m
  • Col Pordoi, 2 239 m
  • Col de Giau, 2 236 m
  • Col Valparola, 2 192 m
  • Col Gardena, 2136
  • Col de Falzarego, 2 105 m
  • Col Fedaia, 2 057 m
  • Col Valles, 2031
  • Col Rolle, 1 984 m
  • Col de San Pellegrino, 1 918 m
  • Col Campolongo, 1 875 m
  • Col Tre Croci, 1 805 m
  • Col Staulanza, 1 773 m
  • Col Costalunga, 1 741 m
  • Col Duran, 1 601 m
  • Col Cereda, 1 369 m

Principaux lacs[modifier | modifier le code]

  • Lac d'Alleghe
  • Lac d'Auronzo (artificiel)
  • Lac de Braies
  • Lac de Dobbiaco
  • Lac de Fedaia (artificiel)
  • Lac de Landro
  • Lac de Misurina
  • Lac de Pieve di Cadore (artificiel)
  • Lac de S.Croce

Géologie[modifier | modifier le code]

Les Dolomites étaient, il y a des millions d'années, un massif de corail. Les bastions dolomitiques se composent en grande partie de récifs coralliens pétrifiés ayant grandi dans la Téthys à la fin du Trias inférieur. Ces roches sont appelées dolomies et portent différentes variantes de noms selon leur nature précise et leur localisation.

Géomorphologiquement parlant, la rupture se fait entre les Alpes vallonnées et les récifs raides de calcaire. Ceux-ci s'élèvent dans un jaillissement vigoureux, parfois parfaitement vertical, jusqu'à une hauteur d'environ 3 000 mètres et sont aplatis au sommet. D’où l'aspect si singulièrement « architectural » des Dolomites, qui se décline dans une impressionnante variété formelle : donjons, tourelles, clochers, coupoles, cirques, forteresses ou murailles démantelées qui dominent, tout d’un bloc, des paysages de forêts ou de pâturages.

La délimitation très nette et la modeste étendue des massifs expliquent leur multiplicité, ainsi que celle des courtes vallées qui les séparent, reliées entre elles par autant de cols. Ces massifs étaient jadis recouverts de glaciers notables, mais désormais le seul encore existant est celui de la Marmolada. Contrairement aux autres montagnes calcaires, les Dolomites ne possèdent pratiquement pas de grottes et le phénomène karstique y est quasiment inexistant.

Ce relief en plateau présent sur la plupart des chaînons et ses paysages lunaires auraient inspiré Dino Buzzati dans son roman Le Désert des Tartares et sont à l'origine d'une série de dessins et de toiles du peintre Zoran Music autour de 1975.

Végétation[modifier | modifier le code]

Les alpages sont nombreux. Sur son flanc occidental, le massif compte notamment le plus grand pâturage d'altitude d'Europe : l'Alpe de Siusi. Jusqu'à 1 800 m en versant nord (ubac) et 2 200 m en versant ensoleillé (adret), la végétation est formée par des forêts, principalement de conifères : sapin rouge, sapin blanc et pin sylvestre, et plus haut pin cembro et pin des montagnes.

Nombre d'espèces de fleurs sont protégées : la campanule, le crocus, l'ancolie des Dolomites, l'orchidée des Alpes, l'edelweiss, l'œillet des Alpes, l'achillée des Alpes, etc. Beaucoup d'alpages sont connus pour leur magnificence et leur prospérité au printemps.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat des Dolomites en général est essentiellement continental. En été, il pleut beaucoup, du coup les alpages sont très verts ; le pic des précipitations est atteint en juillet, avec 130 à 135 mm dans le massif du Sella par exemple. En automne, les chutes de neige précoces assurent généralement un bon manteau blanc pour l'hiver. Les températures sont sensiblement inférieures à celles enregistrées dans les Alpes occidentales, et même à celles du reste des Alpes orientales. Janvier et décembre sont les mois les plus froids, alors que juillet et août sont les plus doux. Cependant, l'arrivée soudaine d'une masse d'air froid peut apporter des chutes de neige en plein été.

Histoire[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

Les Dolomites sont le berceau du ladin et forment la frontière linguistique entre l'allemand et l'italien. Les Ladins habitent avant tout quatre vallées partant du Sella : le Val Gardena, le Val di Fassa, la vallée de la Cordevole (Livinallongo) et le Val Badia.

Événements historiques[modifier | modifier le code]

Ouvrage militaire du front des Dolomites

Les migrations des populations ont abouti à faire du massif des Dolomites le domaine linguistique ladin, bien que partiellement germanisé, avec l'apparition du Tyrol et l'intégration du Trentin dans le Saint-Empire romain germanique dès le Moyen Âge, par les colons bavarii, et malgré la remontée actuelle de l'italien depuis le sud alors que le ladin lutte depuis longtemps pour sa survie.

La frontière entre l'Allemagne ou plus exactement l'Autriche et l'Italie passait pendant tout le Moyen Âge jusqu'à l'époque napoléonienne, ainsi que durant la période de 1866 à 1918, par les Dolomites. Elle suivait approximativement la limite actuelle entre la province autonome de Bolzano d'une part et le Trentin et la Vénétie d'autre part, exception faite de Cortina et de la haute vallée du Cordevole, qui étaient autrichiennes.

En 1915, lorsque l'Italie entre en guerre aux côtés des Alliés, le front s'installe le long de la frontière, dans les montagnes. Les Italiens, malgré leurs offensives, réussissent seulement à occuper Cortina et la haute vallée de la Cordevole. À beaucoup d'endroits, des traces de la guerre (tunnels dans la roche, fortifications, éclats d'obus rouillés) sont encore visibles, en particulier celles des bombardements du Col di Lana. Bon nombre de chemins de randonnées actuels étaient alors des voies d'approvisionnement.

Activités[modifier | modifier le code]

Stations de sports d'hiver[modifier | modifier le code]

San Martino di Castrozza et la chaîne des Pale di San Martino
Monte Paterno et Tre Cime di Lavaredo
Le refuge Falzarego
Le refuge du Plattkofel

Alpinisme[modifier | modifier le code]

Terrain de jeu de Walter Bonatti, c'est dans les Dolomites que l'on trouve des voies techniques en dentelles et les plus belles via ferrata qui y trouvent leur origine au début du XXe siècle. La roche se prête particulièrement bien à ce genre de pratiques.

En particulier, le massif du Sella offre des voies magnifiques et est considéré comme un des paradis pour les grimpeurs.

Un téléphérique mène du col Pordoi au sommet du Sass Pordoi, départ de nombreuses courses à ski au travers du massif du Sella. Une autre course, probablement la plus fameuse, est celle qui part du Val Mesdi et qui permet d'atteindre après une heure de marche à pied le plateau du Sella. L'itinéraire est étroit et très raide. Ces courses sont réservées à de très bons skieurs.

Il est aussi possible de faire le Tour du Sella (Sellaronda) par les quatre vallées : Fassa, Livinallongo, Badia et Gardena.

Randonnée[modifier | modifier le code]

Les Dolomites sont traversées par dix chemins de randonnée différents. Le chaînon du Schiara se prête par ailleurs très bien à cette pratique.

Environnement[modifier | modifier le code]

Au sud du massif, dans la région de Belluno, au-dessus de la vallée du Piave, se trouve depuis 1990 le Parc national des Dolomites bellunesi, sur une superficie de 31 512 ha.

De plus, de nombreux parcs naturels régionaux ont été créés, comme ceux du Puez-Geisler, de Fanes-Sennes-Prags, de Sciliar-Catinaccio, de Paneveggio-Pale di San Martino, ou encore des Dolomites de Sesto.

Les Dolomites sont inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2009. Le site concerné mesure 141 903 ha. Il protège « une série de paysages de montagne hautement distinctifs et de beauté naturelle exceptionnelle »[1].

Économie locale[modifier | modifier le code]

Grâce aux activités évoquées précédemment, la manne principale du massif est le tourisme, tant en été qu'en hiver.

Mais l'élevage dans les alpages pratiqué par la population de manière traditionnelle a également un attrait touristique et est pratiqué principalement de nos jours pour la production alimentaire artisanale, si bien que sa fonction originelle a perdu son importance.

Dans certaines régions des Dolomites, l'artisanat typique (sculptures sur bois) a une grande tradition et prend un rôle économique important.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]